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Contact: marcdhere.mdh@gmail.com 

 RECONQUÊTE est un  mouvement en construction. Ce n'est pas un parti politique, mais un Cercle de Réflexion et d'Action, ouvert à tous ceux, à quelque parti qu'ils appartiennent, ou sans parti, qui se reconnaissent dans ses valeurs et  principes. La Responsabilité et l'équivalence entre droits et devoirs à tous les niveaux,  le libéralisme économique,  la solidarité,  le choix d'une évolution réaliste et progressive dans le social et le sociétal,  l'Europe... 

 

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10 octobre 2012 3 10 /10 /octobre /2012 05:40

 

par Marie-Sandrine Sgherri, Lepoint.fr du 09 octobre...

 

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Ce discours était très attendu.  François Hollande a fait de la jeunesse et donc de l'école la priorité absolue de son quinquennat. Et dès son arrivée, il a eu à coeur de montrer que cet engagement serait tenu. Son ministre de l'Éducation nationale, Vincent Peillon, a annoncé 40 000 recrutements dès 2013, dont 22 000 créations de postes, pour rattraper la "saignée" du précédent quinquennat. Il s'agissait de montrer que la promesse des 60 000 enseignants recrutés sur le quinquennat serait honorée. Mais parce que tout n'est pas qu'une question de moyens, il s'est aussi engagé à faire voter une nouvelle loi d'orientation et de programmation, et a organisé une vaste consultation dont l'objectif n'était pas moins que de "refonder" l'école. Autant de signes indiquant que le président avait pris la mesure de ce dont souffre l'Éducation nationale : non pas une absence de réformes, mais un trop-plein de réformes, une avalanche d'injonctions, souvent contradictoires, et sans la moindre cohérence.

Pilotage technocratique

Le rapport de synthèse de la concertation remis vendredi à Vincent Peillon faisait ce même constat, dénonçait cette absence de vision, le "pilotage technocratique" du "mammouth" qui empile les mesures, sans contrôler leur mise en oeuvre, ni évaluer leurs résultats. Les observateurs attendaient donc une rupture, et du discours de François Hollande qu'il définisse quelle était sa "vision" pour l'école : dans quelle direction doivent marcher ces 60 000 nouveaux hussards que le président souhaite recruter ? D'autant que, sur les derniers mois du quinquennat précédent, la droite avait tracé son projet : l'autonomie des établissements, l'évolution des missions et du statut des enseignants avec, en ligne de mire, l'idée qu'ils devaient être rémunérés en fonction des services rendus, embauchés par les établissements, voire recrutés sur titre, et non plus sur concours. Il importait donc à la gauche de se réapproprier l'école de la République et d'en finir avec ces errements.

C'est peu de dire qu'en la matière le rapport sur la consultation remis vendredi, puis le discours de la Sorbonne ont déçu. Le rapport d'abord. Il commençait pourtant bien, avec un constat fort, qui dessinait en creux des pistes intéressantes et peu explorées jusqu'alors, comme la question de l'inégalité des territoires, que la Cour des comptes vient de dénoncer dans un référé passionnant.

Elle note en effet que ces inégalités ont pris une ampleur inquiétante. Dans le primaire, les dépenses des communes représentent aujourd'hui 39 % des dépenses globales. Or, les écarts de financement des écoles primaires varient de 1 à 10 ! L'Éducation nationale, elle, n'a aucun instrument lui permettant de connaître dans le premier degré la part prise par les communes.

Les impasses de la Sorbonne

Un tel instrument de pilotage s'imposait donc. Certes, il ne s'agit pas là d'une "vision" pour l'école. Mais si l'école de la République a le souci de l'égalité, ou du moins de l'équité, le moins que l'État puisse faire est de mesurer les inégalités de dotations qui existent là où ce n'est pas lui qui distribue les fonds. Cela concerne - tout de même - 40 % de la dépense intérieure d'éducation* !

De cet intéressant point, qui rejoint un autre projet fort de François Hollande - la nouvelle loi de décentralisation annoncée pour début 2013 -, il n'a pratiquement pas été question à la Sorbonne.

D'autres "oublis" sont notables. Quid des zep, par exemple ? Dans ce même référé, la Cour explique que les établissements les plus en difficulté peuvent être moins dotés que ceux qui ont de bons résultats. La dotation horaire globale est en effet corrélée au nombre d'élèves, et non à leurs difficultés. Las ! En ce qui concerne les zones d'éducation prioritaire, le président de la République a simplement souhaité y voir affectés des enseignants expérimentés et volontaires.

Rien de nouveau sous le soleil : c'est le voeu, resté vain, de tous les ministres de l'Éducation qui se succèdent Rue de Grenelle depuis une vingtaine d'années. Pour y parvenir, il faudrait une politique d'affectation et de mutation des enseignants qui ne soit plus basée d'abord sur l'ancienneté. Là encore, une telle réforme ne saurait tenir lieu de "vision". Mais elle aurait le mérite de donner un début de réalisation à une mesure qui s'impose.

Engagement budgétaire

Le président de la République a également "oublié" le lycée général et technologique. Une excellente nouvelle, car le lycée vient tout juste d'être réformé par Luc Chatel. Il serait bon que les premiers bacheliers de ce millésime sortent (ce sera le cas en juin) avant que l'on songe à opérer un nouveau chambardement. Il a promis en revanche de se pencher sur le lycée professionnel et d'y développer l'alternance. Excellente nouvelle là aussi, puisque, aujourd'hui, ce mode de formation, pourtant plébiscité par le marché du travail, est presque exclusivement pratiqué dans des centres privés.

Le collège a eu droit à son petit mot. Sur ce "maillon faible", où l'échec ne se noue pas - il s'est joué au primaire, voire dès la maternelle -, mais où il explose à la figure d'enseignants démunis, le président a insisté sur le passage CM2-sixième. Le collège sera aussi concerné par la politique de lutte contre le décrochage. Mais cette politique tient en deux mesures : nommer un référent dans les établissements et encourager les initiatives des enseignants. C'est tout ? C'est tout.

En un mot, Hollande a raté son rendez-vous avec l'école. Il a oublié la "vision" qu'attend l'institution depuis au moins 1989, et la grande loi Jospin qui entérinait la massification du secondaire et fixait dans les textes l'objectif des 80 % d'une classe d'âge au bac. En lieu et place, derrière les grandes phrases un peu creuses qui sont le lot de ce type de discours, il y a certes un engagement budgétaire : la loi de programmation va graver dans le marbre les 60 000 créations de postes sur 5 ans promises pendant la campagne. Mais ce n'est pas une "vision". Il invite aussi l'institution à relever le "défi du numérique". Tout en reconnaissant que ce n'est pas un remède miracle, le président veut en faire un "levier du changement". Bref, toujours pas de "vision".

Quelques mesures pour le primaire

La seule chose à retenir, finalement, est que la priorité est bien donnée au primaire. François Hollande lui a d'ailleurs consacré l'essentiel de son discours. Mais là encore, le président a déçu. La notation doit indiquer un niveau, pas le "sanctionner". Comprenne qui pourra ! François Hollande a même botté en touche sur les rythmes scolaires. Certes, le président a dit, comme son ministre avant lui, que la semaine devait être étalée sur neuf demi-journées et que l'année scolaire devait être rallongée. Mais pour y arriver, aucune piste. La concertation en décidera. On se pince ! Un rapport sur les rythmes scolaires a été remis à Luc Chatel l'an dernier. La consultation a de nouveau abordé la question. Franchement, Monsieur le Président, n'est-il pas temps de trancher ?

Mise à part l'augmentation des moyens, qui n'est pas négligeable, la seule annonce véritable sur le primaire concerne les devoirs. Ils seront faits à l'école, après la classe. Si le président dit vrai, ce serait la concrétisation d'une mesure prise en 1956. Il ne faut donc pas désespérer.

 

Par

 

* DIE : l'ensemble des fonds consacré par la nation tout entière à l'éducation (l'État en assure 60 %, les collectivités et les familles prennent en charge l'essentiel du reste).

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28 juillet 2011 4 28 /07 /juillet /2011 16:43

 

Le "Cercle des Libertés Egales" va travailler cet été sur "une politique pour la jeunesse"...Dans ce cadre et pour nourrir ses réflexions je publie cet article récent du Figaro.fr...

 

Luc  Chatel, interrogé par Delphine de Mallevoüe, dans le figaro.fr du 25 juillet dernier...

 

INTERVIEW - Le ministre de l'Éducation dévoile un sondage auprès des 16-30 ans. Ils se déclarent confiants en l'avenir, ambitieux et attachés à la famille.

Sous la houlette de son ministre, Luc Chatel, l'Éducation nationale publie un baromètre jeunesse afin de mieux connaître son état d'esprit et ses valeurs. Réalisé par l'Ifop auprès de jeunes de 16 à 30 ans, il révèle confiance et optimisme sur leur avenir personnel comme professionnel. Se définissant comme réalistes et ambitieux plutôt qu'inquiets ou révoltés, ils privilégient un emploi permettant de concilier carrière et vie familiale plutôt que l'aspect financier ou l'exercice de responsabilités. Et, si le respect et la famille sont les deux valeurs qu'ils jugent les plus essentielles, la spiritualité et la patrie arrivent en queue de classement.  

 

La grande majorité des jeunes (76 %) a confiance dans son avenir personnel. Le sondage révèle en revanche qu'ils n'en ont aucune dans celui de la société française. Des réponses politiques à ce pessimisme ?

 

Ce décalage n'est pas propre à la France. Il a également été observé dans «Enquête : 2011, la jeunesse du monde», menée par Fondapol dans vingt-cinq pays. Avec les mesures prises par notre gouvernement, la France a fait des avancées considérables pour permettre aux jeunes de prendre toute leur place dans la société. Aussi bien en matière d'enseignement supérieur que d'orientation, d'intégration dans le monde de l'entreprise ou de participation aux scrutins électoraux.

 

Quelques exemples précis ?

Nous avons permis aux jeunes, dès 16 ans, de créer leur entreprise via le statut d'autoentrepreneur, de créer leur association, en abaissant la majorité associative à 16 ans, ou encore de devenir député à 18 ans et sénateur à 24 ans. Nous avons aussi augmenté les bourses de 20 %, défiscalisé les revenus étudiants, agi pour leur logement et leur engagement avec la mise en place d'un véritable service civique.

 

Pourquoi avoir commandé ce baromètre ?

Pour aller à rebours des éternels clichés sur la jeunesse. On la caricature toujours comme une population déprimée, désenchantée, défaitiste, en décalage avec le monde environnant. Or, comme le montre ce sondage très positif, ce regard est trompeur. C'est pourquoi nous avons voulu sonder leurs valeurs et leurs attentes afin de développer une politique réaliste de la jeunesse.

 

À la question : «pour vous, la réussite professionnelle, c'est avant tout… ?», les jeunes font une réponse étonnante : «Trouver un emploi qui laisse du temps pour les loisirs et la vie de famille»…

Oui, pour la génération précédente, c'est le résultat de la politique de «la société des loisirs». Mais cette recherche d'équilibre exprime aussi la volonté de réussir sa vie dans toutes ses dimensions, sans cloisonnement.

 

Que répond le ministre de l'Éducation quand seuls 6 à 9 % croient à l'influence du niveau du diplôme et de la durée des études pour réussir sa vie professionnelle ?

C'est un point de faiblesse, c'est vrai. Pourtant je dois leur dire que si le diplôme n'est pas une garantie absolue, il est la meilleure arme qui soit. Les chiffres sont parlants : pendant la crise de 2009, le taux de chômage des non-diplômés a explosé. À l'inverse, comme l'a montré une étude très intéressante, 95 % des diplômés bac + 5 ont trouvé un poste. Nous devons dire et redire la nécessité de la qualification et de la durée d'études car elles sont déterminantes. Il faut une bonne fois pour toutes sortir de «l'école pour tous» pour entrer dans «une solution pour chacun», il n'y a pas d'obligation de moyens mais de résultats. Et la formation qu'elle soit initiale, professionnelle, continue est un bagage indispensable pour cette nouvelle génération qui sera amenée à changer plusieurs fois de métier dans une vie.

 

Luc Chatel, interrogé dans Le Figaro.fr

 

Sondage:

 




  Nota:

En réponse aux absurdités des socialistes et de Jack Lang en particulier, sur la prétendue catastrophique baisse des moyens à l’école, Luc Chatel rappelle que depuis 1990 (année où la gauche était au pouvoir), la France a 35.000 professeurs de plus, pour 500.000 élèves de moins ! (marc d'Héré)

 

 

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15 février 2011 2 15 /02 /février /2011 20:00

 

Par Claude Allègre

Le POINT.FR du 14 février

L'évaluation comparative des systèmes éducatifs des divers pays du monde donne tous les ans aux médias une occasion de se lamenter sur le déclin de notre système éducatif. Les cassandres des "Ya-ka" s'en donnent alors à coeur joie. Les anciens ministres n'ont qu'à bien se tenir ! Ayant passé trois ans de ma vie comme ministre à m'occuper d'un système éducatif dans lequel j'ai baigné depuis mon enfance, je ne suis peut-être pas le moins mal placé pour faire quelques commentaires. 

La véritable égalité, c'est la diversité

Bien sûr qu'au niveau du bac les exigences doivent être les mêmes partout (c'est moi qui ai rétabli en mon temps les mêmes épreuves nationales pour le bac), mais le chemin pour y parvenir doit être diversifié et presque personnalisé tant les disparités des situations, du milieu familial et social sont grandes. Tout l'art de la pédagogie est précisément d'amener à un même niveau tous les élèves en suivant des chemins divers.

La véritable égalité, c'est la diversité. C'est admettre qu'il n'y a pas de disciplines nobles (mathématiques, latin) par rapport à des disciplines prétendument secondaires (sciences naturelles, histoire, musique...). Le but de l'enseignement, c'est de donner un socle de connaissances (cher à mon ami Luc Ferry, vilipendé sans raison) et, plus encore, la possibilité que chacun s'épanouisse et révèle son propre talent ; car les talents véritables sont plus nombreux qu'on le croit.

L'autre tare, conséquence de la première, est la centralisation administrative. L'Armée rouge, à laquelle on comparait volontiers l'Éducation nationale en raison de sa masse, s'est déconcentrée depuis belle lurette ! L'Éducation nationale, elle, reste gérée par le "mammouth" de la Rue de Grenelle. Il faut la décentraliser : recrutements des enseignants au niveau de capes académiques, gestion des carrières, modulation du nombre d'élèves par classe en fonction des difficultés, gestion des absences de professeurs, etc., tout doit être renvoyé au niveau des recteurs. Quand on décentralise, on améliore le système, comme l'ont montré les mesures de déconcentration dans les mouvements et les affectations des enseignants qui permettent aujourd'hui des rentrées paisibles. C'est pour moi la mesure prioritaire.

Examen d'entrée en sixième                            

Seconde priorité. Il faut évacuer le syndrome de l'échec et instaurer des contrôles rigoureux. Celui qui ne sait pas lire ne doit pas pouvoir accéder au collège, quelle que soit son origine sociale ! Lorsqu'on parle d'examen rigoureux, on nous rétorque : "Que va-t-on faire de ceux qui échouent ?" J'ai répondu pendant des années : "Que fait-on de ceux qui ne savent pas nager ? Les jette-t-on dans le grand bain ?"

Le refus de cette évidence marque une attitude affligeante : celle de l'intériorisation de l'échec. Ce qui est prioritaire, ce sont ceux qui échouent ! Je crois pour ma part que la première préoccupation serait au contraire de veiller à ce que le plus grand nombre d'élèves réussissent, quelle que soit leur origine, et que le niveau soit le plus élevé possible !

Or c'est le contrôle rigoureux qui détermine la nature de l'enseignement et son niveau (voyez les concours des grandes écoles ou de médecine !). Il faut donc rétablir un examen d'entrée en sixième pour la lecture et le calcul. Du même coup, on va modifier l'esprit de tout l'enseignement primaire, qui se polarisera sur ces objectifs devenus prioritaires, et on va libérer d'un grand poids l'enseignement du collège ! Mais, symétriquement, il faut rétablir la possibilité de l'apprentissage dès 14 ans comme c'était le cas autrefois. Ceux qui ne veulent pas apprendre de manière scolaire pourraient, au lieu de perturber les classes ou de traîner dans les rues, s'orienter avantageusement vers une professionnalisation précoce avec bien sûr une gratification financière à la clé. Il y a là 400 000 emplois potentiels !

Revaloriser les salaires

Le troisième chantier est celui des enseignants. Ils ne sont pas les propriétaires de l'enseignement, mais ils en sont les indispensables maîtres d'oeuvre. Sans eux, rien n'est possible. Il faut redonner aux enseignants la place éminente qu'ils ont perdue dans la société. Alors qu'il est devenu plus difficile, le métier d'enseignant est aujourd'hui dévalorisé. Aussi ne faut-il pas s'étonner que la profession se féminise à outrance.

Le métier d'enseignant est devenu une activité qui permet d'élever ses enfants et d'avoir avec eux beaucoup de vacances et du temps pour s'occuper de leurs devoirs. Or, s'il faut lutter pour avoir plus de femmes à l'Assemblée nationale ou dans les conseils d'administration des entreprises, quitte à recourir à des quotas, il faut symétriquement instaurer des quotas pour que, dans l'Éducation nationale, 40 % des enseignants soient des hommes. C'est indispensable pour l'équilibre de l'éducation donnée à notre jeunesse. En même temps, et c'est une conséquence de la déplorable inégalité homme-femme, le métier d'enseignant s'est aussi dévalorisé sur le plan salarial. Il faut donc revaloriser les traitements, en tenant compte du dévouement et du mérite des professeurs, qui sont souvent immenses.

Cela dit, les enseignants doivent eux-mêmes participer à la reconquête de leur prestige. J'ai été, bien sûr, un peu malheureux de la teneur des banderoles brandies contre moi lors des manifestations - qu'avais-je fait pour mériter tant d'injures ? Mais j'ai été encore plus choqué lorsque les enseignants ont organisé des autodafés autour du livre que Luc Ferry avait écrit à leur intention pour expliciter sa vision de l'enseignement. Un enseignant qui brûle des livres n'est plus un enseignant !

Reprendre la formation

Certains professeurs refusent aujourd'hui d'appliquer les directives ministérielles, confondant ainsi politique et engagement professionnel ! Comment voulez-vous que des enseignants qui ne respectent ni l'État ni leur ministre soient respectés par les élèves, les parents d'élèves et plus généralement par la société ? Bien sûr, ces comportements ne représentent que 20 % des enseignants, mais c'est cette "couleur" qui imprègne tout.

La formation des enseignants est à reprendre, pour la professionnaliser, vérifier les vocations et revaloriser l'éthique. Si elle est faite au niveau de la maîtrise universitaire, la formation doit être organisée entièrement en alternance dès la première année de maîtrise dans des masters spécialisés. Dans la gestion des carrières, il faut également introduire la diversité. Ceux qui décident d'enseigner dans les quartiers difficiles et qui font bien leur travail doivent avoir des plans de carrière accélérés et des horaires allégés.

Pour tout cela, il faut mettre en place une évaluation rigoureuse et juste des enseignants associant inspection, chefs d'établissement et parents d'élèves. Il faut que les promotions dépendent du talent pédagogique et pas du militantisme syndical. Comment des professeurs pourraient-ils enseigner le besoin de justice à leurs élèves s'ils ont l'impression eux-mêmes d'être victimes d'une injustice organisée ?

Une vraie révolution

Certains de ceux qui liront ces lignes se diront peut-être "mais pourquoi n'a-t-il pas mis en oeuvre ce programme lorsqu'il était ministre ?" La réponse est simple. J'ai essayé, je n'ai pas pu : un Parti et des députés socialistes liés aux syndicats d'enseignants qui freinaient des quatre fers chaque initiative ; des erreurs de communication et de stratégie de ma part que je ne nie pas, mais qui n'étaient pas essentielles ; une surestimation du pouvoir des parents d'élèves ou du soutien du Premier ministre, tous deux pourtant favorables à mes réformes. Des intrigues de cour ont eu raison de moi comme de bien d'autres avant et après moi !

Pourquoi les suggestions que je fais aujourd'hui et qui pourraient débloquer le système en deux ou trois ans pourraient-elles avoir une chance de voir le jour ? D'abord parce que Jean-Pierre Raffarin, en retenant le salaire des jours de travail perdus du fait des grèves, a mis fin aux joyeux happenings syndicaux à répétition. Ensuite, parce qu'il semble que les plus hautes autorités de l'État soient désormais prêtes à soutenir le ministre de l'Éducation contre les protestations chroniques et les grèves désormais sporadiques. Ce qui est une véritable innovation politique ! Et si, par chance, l'imagination s'en mêlait, ce pourrait être une vraie révolution.

Claude Allègre

Lepoint.fr

 

 

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25 février 2010 4 25 /02 /février /2010 09:56




L'orgueil national en prendra un coup derrière la tête : d'après l'OCDE, le système éducatif français est l'un des plus injustes de tous les pays développés.


Le sociologue François Dubet, qui analyse admirablement depuis des années les racines des inégalités, publie au Seuil un livre uppercut, « Les places et les chances ». Il décrit deux grandes conceptions de la justice sociale. D'un côté, l'égalité des places pour chaque classe sociale ; de l'autre, la poursuite de l'égalité des chances. L'égalité des places consiste à réduire le trop grand écart entre les revenus et les conditions de vie des cadres et des ouvriers. L'égalité des chances conserve le cadre social tel qu'il est mais veille à valoriser les plus méritants des classes défavorisées. Pour Dubet, les dispositifs du type boursiers dans les grandes écoles ou cordées de la réussite ignorent une trop grande partie des laissés-pour-compte.


Dans les statistiques, cette préférence pour l'égalité des chances se solde par un cuisant échec. « Sur dix fils de cadre entrés au collège en 1995, huit étaient encore étudiants dix ans après et un seul avait arrêté ses études sans avoir obtenu le bac. Sur dix enfants d'ouvriers en revanche, trois sont dans le supérieur quand la moitié a quitté le système sans le bac », indique le journal Le Monde.

Le plus consternant est l'absence de réactivité face à l'entêtement des statistiques. « Au fil du temps, l'école devient de plus en plus inégalitaire. Les acquis en lecture des élèves de CM2 analysés sur vingt ans montrent que le score des enfants d'ouvriers a été divisé par deux entre 1997 et 2007. Alors que celui des fils de cadres a légèrement progressé », précise encore Le Monde. Les chiffres sont si effarants que l'on se demande comment les Zones d'éducation prioritaires restent encore en vie.

Dans les 254 collèges ambition réussite, les plus exposés socialement, un quart des élèves ne maîtrise pas les notions de base de français à l'arrivée, un sur deux à la sortie. La réforme de la carte scolaire a fini d'achever un équilibre qui n'était qu'illusoire : selon une étude de la direction de l'enseignement scolaire faite à la rentrée 2008, 73 % de ces 254 collèges avaient perdu des élèves. L'égalité des chances n'est donc plus qu'un slogan creux martelé à des fins de marketing politique. Dubet invite la gauche, désespérément aphone sur le sujet à ses yeux, à faire de "l'égalité des places (...) l'un des éléments de sa reconstruction idéologique " (Le Monde). L'école est le seul révélateur de l'impact des inégalités sociales. Les chiffres sont là, d'une violence inouïe. Une révolution idéologique s'impose.

 

Stéphane MENU

http://lgm.federation92.over-blog.com


Complément de Simon-Pierre Trezeguet de La Gauche Moderne Haute Normandie:

Précisons que La Gauche Moderne a publié longuement travaillé sur le sujet, et a rédigé une document de propositions pour lutter contre cette injustice qu'est devenue l'école d'aujourd'hui. Pour faire bref, les efforts doivent porter à la fois sur le primaire, avec une nécessaire exigence de maîtrise des fondamentaux avant de passer aux cycles suivants; et sur le collège, avec une remise à plat du collège, grâce à des parcours plus modulaires, plus adaptés aux rythmes variés des élèves.
Note finale : la violence naît souvent des situations d'échec ; un collège qui permettrait à chacun de s'épanouir dans la réussite serait aussi moins violent.


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11 janvier 2010 1 11 /01 /janvier /2010 20:07

Libération.fr du 11 01
...




Nicolas Sarkozy a réaffirmé lundi à Gif-sur-Yvette sa détermination à imposer plus de diversité à des grandes écoles circonspectes. En présentant ses vœux au monde de l’enseignement et de la recherche dans le cadre de l’école Supelec sur le plateau de Saclay, le chef de l’Etat a jugé «invraisemblables» et «parfaitement déplacées» les
réticences exprimées par les grandes écoles à accueillir 30% d’élèves boursiers, ainsi que le leur a demandé récemment le gouvernement.


Lors d’un discours devant la prestigieuse école polytechnique de Palaiseau fin 2008, Nicolas Sarkozy avait fixé un objectif de 30% d’élèves boursiers dans les classes préparatoires aux grandes écoles.

Selon le ministère, si le taux de boursiers est en moyenne de 22,9% dans les écoles d'ingénieurs, il est seulement de 11,03% à Polytechnique. Et s'il est de 20,7% en moyenne pour les écoles de commerce, il n'est que de 12,3% dans les très sélectives comme HEC ou l'Essec.


Réagissant la semaine dernière à ces objectifs réitérés par la ministre Valérie Pécresse, la Conférence des grandes écoles (CGE) avait refusé ce qu'elle perçoit comme des «quotas», par la voix de son délégué général Pierre Aliphat. Tout en se disant «tout à fait favorable» à ce que les grandes écoles accueillent 30% d’étudiants boursiers.

«J’attends des résultats concrets»

«Les grandes écoles, ce n’est pas réservé à quelques initiés, ni à quelques enfants de la grande bourgeoisie. Les grandes écoles, c’est pour tout le monde, pourvu que l’on travaille, pourvu que l’on ait du talent», a insisté Nicolas Sarkozy. Le chef de l’Etat a donc demandé à ses ministres de l’Enseignement supérieur et de l’Education, Valérie Pécresse et Luc Chatel, et au commissaire à la diversité Yazid Sabeg «de conduire dans les semaines qui viennent un dialogue fructueux avec l’ensemble des parties concernées».


«J’attends des résultats concrets et rapides. Si on les a, le dialogue suffira. Si on ne les a pas, il faudra utiliser un autre moyen. Mais l’objectif de la diversité sociale de nos élites, cet objectif-là, je ne peux pas y renoncer»,
a-t-il menacé.


Le Président s’est toutefois refusé à «l’instauration autoritaire de quotas de boursiers à l’entrée de chaque institution». «Je n’accepterai jamais un système où certains candidats seraient reçus à un concours pour la seule raison qu’ils sont boursiers», a-t-il assuré.


A la place, il a proposé «que l’on diversifie les modes d’accès aux grandes écoles», préconisant notamment «d’augmenter les places pour les bacheliers technologiques dans les écoles d’ingénieurs» ou de «développer de façon significative les admissions parallèles» pour les étudiants qui ne suivent pas de classes préparatoires.

«L’étape suivante est de parvenir à ce même taux de 30% dans chaque grande école, je dis bien dans chaque grande école», a-t-il insisté.

Libération.fr

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7 décembre 2009 1 07 /12 /décembre /2009 15:23

Par Marielle Gallo et Diane Le Beguec, pour La Gauche Moderne
...

dans Marianne 2

La profonde inquiétude, l’émoi, le choc même
, qui ont été suscités par le projet de rendre l’enseignement de l’Histoire et de la Géographie optionnel au lycée pour les terminales scientifiques sont naturels. Certes, ce n’est pas là une question nouvelle. Il s’agit, en réalité, de la conclusion d’années d’errance et d’abandon qui on mis en danger notre École, mais on attend de notre majorité qu’elle marque une rupture avec cela. Au moment où il nous faut réagir contre une évolution qui n’est pas inéluctable, on pourrait faire le mauvais choix : celui d’entériner un processus extrêmement grave.
 
Cela fait des années en effet que l’enseignement de l’Histoire Géographie a été peu à peu vidé de sa substance. Prenons le cas de l’Histoire. Depuis des dizaines d’années déjà les élèves survolent la Révolution française, fondatrice, pourtant, de notre identité politique et nationale. Quant au dix-neuvième siècle, il n’est abordé que sous l’angle de la révolution industrielle, comme si ce siècle fondateur pour notre culture, nos idées, notre système politique, n’était que quantité négligeable. Comment s’étonner, alors même que l’on célèbre la victoire d’Austerlitz, que des étudiants du supérieur, à qui l’on apprend que le dix-neuvième siècle fut politique, demandent ingénument : « Napoléon 1er, Napoléon III, Napoléon Bonaparte, Louis Napoléon Bonaparte… mais enfin, il y en a combien en tout ?! ». Les hebdomadaires français qui publient régulièrement des numéros sur l’Empereur se doutent-ils seulement de l’ampleur du fossé qui les sépare de ces jeunes lecteurs ? Les plus grandes écoles de commerce françaises, devant l’ampleur du désastre, ne peuvent que constater l’urgence qu’il y a à renouveler l’enseignement de la culture générale… Or que nous propose-t-on ? Rendre optionnelle la connaissance du vingtième siècle lui-même ?
 
Beaucoup ont souligné qu’à l’heure où on lance un débat sur l’identité nationale, faire fi du caractère fondamental de certains enseignements du secondaire tels que l’Histoire et la Géographie, est absurde et dangereux. Cela est évident. Le débat sur l’identité nationale n’apparaîtrait plus que comme une péripétie électoraliste si s’opérait une telle réforme. Car l’enseignement secondaire a un double objectif : faire de ces jeunes gens des citoyens, d’une part, et les aider à faire le choix d’un avenir professionnel qui sera fait de spécialisation, d’autre part.
Or l’enseignement de l’Histoire et de la Géographie fait partie de ce socle immuable qui fera de nos jeunes des citoyens éclairés. Il n’est pas d’appartenance nationale sans connaissance de notre histoire collective. Il n’est de construction d’un monde commun, sans l’apprentissage des héritages multiples qui ont façonné la nation française. Partager cet avenir, c’est peut-être avant tout, accepter nos richesses, nos gloires et aussi nos erreurs passées, ce qu’il est convenu d’appeler aujourd’hui « la Mémoire ». Quelle peut-être cette mémoire s’il n’y a plus d’Histoire ? Une mémoire tronquée, déformée, potentiellement instrumentalisée. L’ingratitude à l’égard du passé est le plus souvent le fruit de l’ignorance des faits, qu’ils soient chronologiques, physiques, climatiques, tant l’ensemble de ces déterminations ont façonné l’âme d’un peuple.
Rendre optionnelle la connaissance du vingtième siècle est à proprement parler impensable. Les deux guerres mondiales, le Chemin des dames, la Révolution d’Octobre, la Shoah, la Libération, De Gaulle, la décolonisation, la Guerre froide, le traité de Rome, la chute du Mur, mais aussi 1958, 1968, 1981 : ce ne seraient que de simples mots, de simples dates ?
 
Lorsque Jean-Marie Bockel était Secrétaire d’Etat à la Défense et aux anciens combattants, il avait tenu à rappeler l’importance des commémorations nationales. L’historien André Kaspi avait remis un rapport proposant que la jeunesse soit mieux associée à ces moments symboliques qui participent aussi de l’identité nationale. C’était là dans le droit fil de ce beau projet du Président de la République consistant à lire la lettre de Guy Môquet dans toutes les écoles. Mais un de ces mêmes jeunes sur deux devait en définitive, ignorer les raisons pour lesquelles il se trouve là, quel sens cela aurait-il ? Aussi grande soit sa qualité, il ne suffit pas d’un cours de collège pour comprendre l’histoire formidable et dramatique du vingtième siècle.
Des jeunes de 17, 18 ans, à la veille de devenir citoyens à part entière, ne peuvent pas ignorer le poids énorme qui est désormais le leur, qui, dans une démocratie où chacun participe du pouvoir politique, est le lot de tous les citoyens. Ce serait un risque de dissoudre un peu plus la citoyenneté dans un consumérisme déjà très présent et s’empêcher de fonder la République sur l’exercice de la raison partagée.

Marielle Gallo et Diane Le Beguec, pour La Gauche Moderne
dans Marianne 2
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26 novembre 2009 4 26 /11 /novembre /2009 22:22

Par Valérie Pécresse et  Luc Chatel dans Le Monde du 18 novembre...


L’école républicaine ne serait rien sans ses maîtres. Ce sont eux qui, chaque jour, font vivre notre idéal commun d’émancipation des individus par le savoir et d’effacement des inégalités par l’éducation. Nos maîtres et nos professeurs ont marqué nos mémoires comme ils ont imprimé leur empreinte dans notre histoire.
Mais la nation doit plus à ses professeurs que sa reconnaissance. Elle a envers eux une obligation morale plus profonde encore : elle doit veiller à ce qu’ils disposent de tous les atouts pour enseigner dans les meilleures conditions.


Or les élèves de la décennie 2010 ne sont plus les mêmes que ceux des années 1970. Notre société a changé, nos codes, nos repères et nos ambitions aussi. Car les portes du secondaire et du supérieur se sont ouvertes à des élèves qui, jusqu’ici, achevaient très jeunes leur scolarité. Au bout de ce phénomène historique, il y a une véritable démocratisation de notre école. Mais il y a aussi des conditions d’exercice du métier plus difficiles pour nos enseignants. Souvent, ils doivent donner confiance et envie à des élèves qui ne voient pas toujours l’école comme une chance.


Les professeurs sont donc loin d’avoir la tâche facile. Nous nous devons de les y préparer : comment pouvons-nous accepter qu’un jeune enseignant à peine recruté fasse son premier cours à la rentrée sans jamais avoir bénéficié du moindre contact préalable avec une classe ? Cela n’est pas acceptable.


C’est pourquoi la mastérisation est d’abord une chance pour les enseignants et leurs élèves. Jusqu’ici, un nouveau professeur se formait en deux ans : la première année, il préparait le concours ; la seconde, il débutait devant une classe tout en suivant en parallèle des enseignements pédagogiques. L’apprentissage disciplinaire et la formation professionnelle restaient ainsi cloisonnés. Pourtant, si elles sont bien distinctes, elles ne peuvent rester étanches : enseigner, ce n’est pas seulement savoir, c’est aussi savoir transmettre. Cela s’apprend, au contact des élèves, bien sûr, mais aussi de collègues plus expérimentés.

Mais pour cela, il faut du temps. C’est pourquoi l’entrée dans le métier de professeur se fera en trois ans et sera progressive : pendant leurs deux années de master, les étudiants prépareront le concours, mais effectueront également des stages. Ils commenceront par observer leur tuteur, avant d’assurer eux-mêmes des cours sous le regard de celui-ci, puis seuls quand le moment sera venu.


Peu à peu, ils affineront leur pratique et deviendront ainsi de plus en plus autonomes. Leur formation disciplinaire se nourrira de l’expérience acquise dans les classes. Quant aux enseignements de nature pédagogique, ils seront désormais ancrés dans la réalité du terrain. En somme, nos professeurs seront désormais prêts à aborder leur première année d’enseignement dans les meilleures conditions. Pour eux comme pour nos élèves, cela changera tout.


La mastérisation sera aussi une chance pour nos étudiants. Se destiner aux métiers de l’enseignement, c’est relever un défi mais aussi prendre un risque : celui d’échouer à des concours très sélectifs et au bout, de n’obtenir aucun diplôme correspondant à leur niveau d’études. Par passion pour leur futur métier, nombreux sont les jeunes qui sont prêts à le courir. Mais lorsqu’ils échouent, ils sont désemparés. Quant à ceux qui les réussissent, ils vivent parfois comme un choc la découverte de la réalité des classes.


C’est pourquoi cette entrée progressive dans le métier bénéficiera d’abord aux étudiants. Nous pensons en particulier à ceux qui échouent : s’ils apprennent tôt les résultats des épreuves d’admissibilité, ils pourront suivre de nouveaux enseignements et préparer leur insertion professionnelle.


Notre souci, c’est donc d’élaborer dans la concertation de nouveaux masters, qui ouvrent aux étudiants d’autres débouchés que le professorat. Cela n’a rien d’impossible : une formation généraliste de qualité pour nos futurs professeurs des écoles ou un haut niveau disciplinaire pour nos professeurs du secondaire en puissance donnent de vrais atouts. Encore faut-il préparer les étudiants à les mettre en valeur dans d’autres situations que l’enseignement. C’est aussi l’objet de la mastérisation.


C’est pourquoi cette réforme est aussi une chance pour nos universités. Depuis toujours, celles-ci sont le lieu où les maîtres forment des maîtres. Il était paradoxal de les écarter de la préparation de nos futurs enseignants. Car c’est là, au contact de la recherche et d’enseignants-chercheurs expérimentés que nos étudiants pourront le mieux apprendre leur métier : qu’elle soit disciplinaire ou plus diversifiée, la qualité de leur formation s’en ressentira.


Car la pratique de la recherche aiguise l’autonomie intellectuelle et l’imagination conceptuelle. C’est le meilleur des atouts pour adapter sa manière d’enseigner aux évolutions des savoirs, de la société et des élèves, sans pour autant transiger sur les exigences de niveau. Dans la vie professionnelle, une telle aisance intellectuelle est un talent exceptionnel. C’est dans nos universités qu’il se cultive. La mastérisation accroîtra donc encore leur rayonnement : dans le cadre rénové de l’autonomie, elles pourront ainsi affiner encore leurs stratégies d’insertion professionnelle.


En somme, la réforme de la formation des maîtres est bien plus qu’une réforme scolaire et universitaire. C’est le coeur de la revalorisation du métier d’enseignant. C’est aussi le pari du savoir et de l’intelligence comme remède à la crise. Et c’est une chance pour la nation entière. Ensemble, nous devons la saisir, pour offrir aux générations d’élèves du XXIe siècle ces enseignants qui, comme ils l’ont fait pour nous, sauront en toutes circonstances leur donner confiance dans l’école, dans leur avenir et dans leurs propres chances. Il n’est rien de plus important.


Valérie
Pécresse est ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche ;

Luc Chatel est ministre de l’éducation nationale.

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13 octobre 2009 2 13 /10 /octobre /2009 15:57


COMMUNIQUÉ

 

 


La Gauche Moderne
se félicite du fait que les principes que vient d’exposer Nicolas Sarkozy en ce qui concerne la réforme du lycée, aillent tout à fait dans le sens des propositions qu’elle appelait de ses vœux lors de sa Convention nationale sur l’Éducation :

 

·       Que ce soit du point de vue des valeurs: exigence et responsabilité.

·       Du point de vue des modalités : orientation progressive et réversible, aide personnalisée, rééquilibrage des filières et passerelles entre elles, valorisation des sections technologiques.

·       Du point de vue de la méthode : concertation suivie d' une prise de décision responsable, constance des moyens.

 

La Gauche Moderne avait lors de sa récente Convention nationale sur l’Éducation, adopté un texte programme qui sera publié, avec les actes des débats, très prochainement.

 

La Gauche Moderne,

Mardi 13 octobre 2009

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7 octobre 2009 3 07 /10 /octobre /2009 14:38


COMMUNIQUÉ

 

 

La façon dont l’État s’adresse à la jeunesse à travers l’École, c’est déjà une partie du message qu’il lui transmet. L’État doit donc toujours prendre garde à ne pas brouiller, voire inverser les valeurs qu’il souhaite défendre.


Ainsi, aller à l’École n’est pas une bonté que les élèves font à la société, mais une chance qui leur est donnée par la République. Elle fut conquise de haute lutte, et toute la société paie très cher pour leur offrir cette chance, puisque l’Éducation nationale est, chaque année, le premier budget de la nation.


Donner le sentiment que les élèves, qui feront à l’École la grâce de bien vouloir être présents en cours, méritent une rémunération, sous quelque forme que ce soit, individuelle ou collective, c’est inverser le sens des valeurs. C’est ne pas les aider à comprendre pourquoi ils doivent, non seulement être présents, mais attentifs et actifs dans leur classe, pour acquérir un savoir qui leur permettra d’assurer, à la fois, leur avenir et celui de la société toute entière. Société qui fait effort pour eux, et à laquelle ils doivent cela.


Pour La Gauche Moderne ces principes devraient rester présents dans toute expérimentation que l’État pourrait être conduit à lancer dans le cadre de la lutte contre l’absentéisme.

 

 

La Gauche Moderne,

Mercredi 7 octobre 2009

 

www.lagauchemoderne.org

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9 septembre 2009 3 09 /09 /septembre /2009 21:09

Par Jean-Louis Caccomo
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Le terme « sélection » est un véritable mot-tabou non seulement à l’université mais dans l’univers de l’éducation nationale. Sa simple évocation déchaîne les passions et les polémiques. Comment souvent, les polémiques surgissent à propos de termes dont la définition est si vague qu’ils finissent par devenir des étiquettes fâcheuses dont la fonction n’est plus de signifier mais de mobiliser et de marquer [1].

Si l’on veut que les masters professionnels délivrés dans nos universités soient reconnus par le monde professionnel, il ne faut pas craindre la sélection, au risque d’encourir le reproche – voir le crime – d’être jugé « élitiste ».


Encore faut-il définir l’élitisme dont il est question ici. Je suis élitiste dans le sens où je m’intéresse aux étudiants qui veulent s’en sortir et qui s’en donnent les moyens en s’investissant dans leurs études. Pour eux, je ferai tout mon possible. Les études sont une chance, les études sont un droit mais elles sont aussi un devoir, surtout quand le coût global de ces études est pour une grande partie pris en charge par la collectivité. L’étudiant est donc redevable envers cette collectivité (et ce n’est pas l’inverse comme le croient trop souvent certains étudiants farfelus). Il peut honorer sa dette en réussissant ces études, concrétisant ainsi les espoirs que la collectivité, ses parents et ses professeurs auront mis en lui.

 

Mais je ne suis pas élitiste dans le sens où je considère que ce type d’étudiant peut provenir de tous les horizons et de tous les milieux. Il est donc stupide d’avoir des aprioris en la matière. On peut être issu de bonne famille mais être fainéant, stupide ou profiteur. On peut être d’origine modeste et être travailleur, motivé et doué. Mais on peut être aussi de milieux modestes et être néanmoins fainéant, stupide ou profiteur. La condition sociale n’explique pas tout et n’excuse pas tous les comportements. En parfait économiste, je considère que chacun est responsable de ses actes. Il ne faut donc pas réserver l’université à un milieu particulier. En ce sens, la démocratisation des études est une excellente évolution. Mais ouvrir le panel de sélection ne veut pas dire supprimer la sélection.


Autrement dit, la sélection apriori est condamnable. Aucune discrimination fondée sur la religion, la couleur de la peau, l’aspect physique, la couleur politique ne saurait être légitime ni efficace. Encore une fois, les talents et les compétences peuvent provenir et surgir de partout. C’est pourquoi la Silicon Valley est aussi un véritable melting-pot. Je ne peux pas savoir par avance qui va travailler, qui sera un bon étudiant.

Par contre, il y aura toujours des bons et des mauvais étudiants, des étudiants qui auront travaillé et d’autres pas, ceux qui auront des compétences réelles et d’autres des compétences plus limitées ou inexistantes. C’est pourquoi la sélection s’impose a posteriori, mais uniquement sur la base d’une réelle évaluation des compétences et des motivations. C’est la condition essentielle pour que les diplômes aient un sens et une valeur effective sur le marché du travail. Et c’est un service à ne rendre à personne que de distribuer à tout le monde des diplômes qui auraient perdu toute valeur.

 

 

[1] C’est le cas du terme « libéral ». Je me suis entendu dire un jour que j’étais un libéral dans le mauvais sens du terme tandis que mon interlocuteur était un libéral dans le bon sens du terme. On oublie que, quand les mots ont plusieurs sens, alors ils n’ont plus de sens.

 

Jean-Louis Caccomo,

 

http://caccomo.blogspot.com/

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