Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

PRESENTATION

 

 

Contact: marcdhere.mdh@gmail.com 

 RECONQUÊTE est un  mouvement en construction. Ce n'est pas un parti politique, mais un Cercle de Réflexion et d'Action, ouvert à tous ceux, à quelque parti qu'ils appartiennent, ou sans parti, qui se reconnaissent dans ses valeurs et  principes. La Responsabilité et l'équivalence entre droits et devoirs à tous les niveaux,  le libéralisme économique,  la solidarité,  le choix d'une évolution réaliste et progressive dans le social et le sociétal,  l'Europe... 

 

Recherche

10 avril 2011 7 10 /04 /avril /2011 15:09

 

Les conclusions du  débat organisé par l’UMP sur la laïcité, me paraissent  assez intéressantes, même si elles ne sont  pas bouleversantes…Ce qui n’était d’ailleurs pas souhaitable.   Elles ne méritent, me semble-t-il,  ni l’excès d’honneur que lui accordent ses auteurs,  ni l’indignité à laquelle les condamnent ses contempteurs.

Que le Front National y soit opposé c’est naturel, ce débat  visant à apporter quelques réponses  aux problèmes qu’il soulève. Or on sait que le F.N. ne peut prospérer qu’en l’absence de solution aux questions qu’il pose. Toute solution apportée, à condition qu’elle se traduise en actes et ne se limite pas à des paroles, lui enlève une occasion d’indignation et de propagande.

Que les  socialistes soit contre, c’est normal, leur opposition est systématique et universelle.

Mais, que  les centristes et les radicaux chantres de la laïcité le soient aussi, c’est curieux et même un peu  surprenant. Sont-ils vraiment opposés aux mesures qui ont suivi ce débat, jugent-ils que ce débat et les propositions qu’il a entraînées  ne surviennent pas au bon moment ? …Sans qu’on sache très bien quand viendra ce « bon moment »?

Sont-ils opposés à ce code de la laïcité, réclamé par plusieurs organisations laïques, précédé d’une solennelle résolution parlementaire. Ce code pourtant aurait l’avantage d’organiser les normes existantes, de les rendre plus claires  et mieux comprises, de consacrer et de pérenniser des  solutions jurisprudentielles, de proposer des solutions à quelques contentieux non tranchés, de donner une valeur réglementaire à certaines circulaires (évidemment pas à  celle sur les Roms, qui, si elle a très justement ému les centristes, ne les a tout de même pas conduit à démissionner !…)?  On se demande pourquoi ils refusent ce code ou pourquoi souhaitent-ils en retarder l’élaboration.

Sont-ils opposés à l’enseignement du principe de laïcité, à l’école et à une formation à la laïcité des agents des services publics, ou souhaitent-ils en retarder l’application, estimant que ce n’est pas le moment ?  Et qu’en est-il de cette proposition de l’UMP d’étendre les exigences de neutralité aux collaborateurs occasionnels du service public, ou de celle interdisant de récuser un agent du service public en raison de son sexe ou de sa religion supposée (exemple à l’hôpital).  Jugent-ils  ces mesures inutiles, critiquables ou intervenant trop tôt ?... Faut-il attendre ?

Est-il inutile  ou nocif, de rappeler que, dans le cadre d’un service public, les convictions religieuses, politiques ou philosophiques n’autorisent pas à invoquer un traitement spécifique de nature à mettre en cause son bon fonctionnement, mais que, dans cette limite, des aménagements peuvent être trouvés, par exemple concernant les prescriptions alimentaires (menus végétariens) et les fêtes religieuses (dates des examens ou concours) ?     Et de prévoir une interdiction de se soustraire aux programmes scolaires obligatoires tels que les enseignements de « sciences de la vie et de la terre », d’« éducation physique et sportive » et d’éducation civique ? Peut-on affirmer clairement par voie législative que, sauf manifestations à caractère traditionnel, l’exercice du culte hors des lieux de culte est subordonné  à déclaration préalable, ou est-ce incongru,  non souhaitable ou impossible ?

Est-il enfin malsain, dans le respect de la loi,  de se pencher quelque peu sur le financement des lieux de culte, l’origine ou la collecte  des fonds et d’examiner la possibilité de certaines interventions de la part des collectivités locales, au lieu, comme le recommandait Jean-Louis Borloo, l’autre soir,  de fermer les yeux, de ne pas trop essayer de savoir comment les choses se passent, ni comment les collectivités agissent ? …Les choses ne sont peut-être pas forcément très légales, mais n’allons pas chercher et laissons faire disait-il, à peu près si j’ai bien compris… Pour un adepte de la transparence!...

Ces propositions et quelques autres qui ont suivi le débat de l’UMP, qui n’est pas mon parti et dont beaucoup de choses me séparent,  me paraissent de bon sens et non dénuées d’intérêt.

Bien entendu, on n’est pas obligé  de les approuver toutes,  rien n’interdit alors d’en débattre !  Mais il semble, justement, que cela soit interdit !  Thème sacré !  Sujet tabou ! Laissons les problèmes et les questions sans réponse s’accumuler, n’en disons rien…J’ai bien peur, alors  que le F.N. soit celui qui profite le plus de ce silence. Malheureusement.

Marc d’Héré

Sur ce sujet sensible, je crois nécessaire de  préciser à nouveau,  que ce que je publie sous ma signature n’engage que moi, et en aucun cas quelque organisation politique que ce soit.  D’ailleurs il s’agit, en l’occurrence,  de ce qui me semble juste, sans être le moins du monde certain de détenir la vérité…Qu’un débat s’engage sur ce sujet, me paraitrait particulièrement utile.

Voir sur ce même blog, 2 articles : 

Laïcité, 26 propositions de l’UMP, 6 avril : http://marcdhere.over-blog.com/article-laicite-26-propositions-de-l-ump-71137906.html

Libres propos politiques, 30 mars : http://marcdhere.over-blog.com/article-libres-propos-politiques-1-70587338.html

 

Repost 0
Published by Marc d'Here - dans Laïcité et religions
commenter cet article
6 avril 2011 3 06 /04 /avril /2011 14:03

 

Certaines peuvent être appliquées dès maintenant. D’autres constituent la contribution de l’UMP dans la préparation du projet 2012

 

Produit d’un très gros travail réalisé depuis le mois de novembre tant par les Think-Tanks de la métropole, de l’Outre-mer et de l’étranger, des fédérations militantes UMP françaises et étrangères et fruit de très nombreuses rencontres entre le secrétaire général et les représentants des grandes religions, d’associations diverses et variées, Jean-François Copé présente ce mardi 5 avril les 26 propositions de l’UMP sur la laïcité dans le cadre des débats sur le projet 2012.

Au cœur du pacte républicain, la laïcité reconnait à tous les citoyens des droits (liberté de conscience et de culte) et des devoirs (respect des droits d’autrui et respect de l’ordre public).
Si la loi de 1905 est la colonne vertébrale de la laïcité, sa rédaction au début du XXème siècle a permis d’organiser les rapports entre la République et  les cultes catholique, protestant ou juif. Elle n’intégrait pas l’Islam qui est devenu en ce début de XXIème siècle la 2ème religion de France.

Pour permettre une laïcité de rassemblement dont le premier adversaire à combattre est l’ignorance et bien que notre famille politique a depuis longtemps œuvré pour la promotion de la laïcité et pour favoriser le passage d’un « islam en France » à un « islam de France », l’UMP estime nécessaire certaines clarifications parce que :

  • des valeurs essentielles de la République sont remises en cause à certaines occasions – l’égalité entre les hommes et les femmes, la neutralité de l’État et de ses agents… – et que cela fragilise l’ensemble de la communauté nationale ;
  • parce que des extrémistes cherchent à instrumentaliser la religion à des fins politiques, au détriment des croyants qui sont, toujours, les premières victimes de ces manœuvres ;
  • parce que tant que des problèmes perdureront, ils fragiliseront la construction d’un islam de France dans une République laïque.

Nos propositions se déclinent en trois parties :
A)    3 propositions pour un « code de la laïcité et de la liberté religieuse » ;
B)   10 propositions pour réaffirmer le principe de laïcité ;
C)   13 propositions pour garantir la liberté religieuse dans la République.


A)     3 propositions pour un « code de la laïcité et de la liberté religieuse »

  1. Adopter une résolution parlementaire (art. 34-1 de la Constitution) réaffirmant l’attachement de la représentation nationale aux principes républicains, et spécialement à ceux de laïcité et de liberté de conscience.
  2. Elaborer un recueil exhaustif des textes (lois, règlements et circulaires) et jurisprudences relatifs au principe de laïcité (d’ici la fin du premier semestre 2011
  3. Rédiger un code au sens strict du terme  (après 2012)

L’intérêt de la proposition réside dans la possibilité de :
    reprendre l’ensemble des normes législatives et réglementaires actuellement en vigueur sous une forme codifiée, ce qui permet de les organiser plus clairement ;
•    donner valeur réglementaire à certaines circulaires dont la légalité est aujourd’hui contestable en raison de leur caractère « normateur » (CE Sect. 18 déc. 2002, Mme Duvignères) ;
•     consacrer par voie normative des solutions en l’état jurisprudentielles ;
•    fixer de nouvelles règles, législatives ou réglementaires, permettant d’apporter des solutions à des questions qui n’ont pas encore été résolues par voie contentieuse.


B)    10 propositions pour réaffirmer le principe de laïcité 
1)    Consacrer, par voie législative, l’interdiction faite à quiconque de se prévaloir de ses croyances religieuses pour s’affranchir des règles communes régissant les relations entre collectivités publiques et particuliers

2)    Prévoir expressément, dans le cadre du programme scolaire obligatoire, un enseignement relatif au principe de laïcité ; en lien avec la présentation des grandes religions, qui est déjà intégrée dans les programmes et qui doit être maintenue, le contenu et le niveau d’enseignement seront déterminés par le ministère de l’éducation nationale.

3)    Mettre en place une formation obligatoire à la laïcité de l’ensemble des agents des services publics (fonctionnaires et contractuels, dans le cadre des fonctions publiques d’État, territoriale et hospitalière).

4)    Développer en lien avec les grands pôles universitaires un module de formation aux principes républicains et, spécialement, à la laïcité, ainsi qu’à l’histoire de France, à la sociologie des religions, à la rhétorique…, notamment pour les ministres du culte.

5)    Etendre les exigences de neutralité et de laïcité des agents des services publics aux collaborateurs occasionnels du service public (hors le cas des aumôneries, bien évidemment).

6)    Etendre les obligations de neutralité qui s’imposent dans les structures publiques, aux structures privées des secteurs social, médico-social, ou de la petite enfance chargées d’une mission de service public ou d’intérêt général.

7)    Interdiction de récuser un agent du service public à raison de son sexe ou de sa religion supposée (ses convictions religieuses ne sauraient être connues puisque les agents du service public sont tenus au devoir de neutralité) – voie législative.

8)    Rappeler que, dans le cadre d’un service public, les convictions religieuses, politiques ou philosophiques n’autorisent pas à invoquer un traitement spécifique de nature à mettre en cause son bon fonctionnement mais que, dans cette limite des aménagements peuvent être trouvés, par exemple concernant les prescriptions alimentaires (menus végétariens) et les fêtes religieuses (dates des examens ou concours) – voie législative.

9)    Interdiction de se soustraire au programme scolaire obligatoire (sont ici spécialement visés les enseignements de « sciences de la vie et de la terre », d’« éducation physique et sportive » et d’éducation civique qu’il s’agisse de l’« histoire-géographie-éducation civique » au collège ou de l’« éducation civique, juridique et sociale » au lycée) – voie législative.

10)    Veiller au strict respect par l’audiovisuel public des clauses des cahiers des charges relatives aux émissions religieuses.



                   C) 13 propositions pour  Garantir la liberté religieuse dans la République

1)    Permettre aux entreprises, pour des raisons précises, d’intégrer dans leur règlement intérieur des dispositions relatives au port de tenues et signes religieux.

2)    Permettre aux entreprises d’intégrer dans leur règlement intérieur des dispositions encadrant les pratiques religieuses (prière, restauration collective…).

3)    Organiser une formation spécifique pour les responsables de ressources humaines et les inspecteurs du travail.

4)    Elaborer un « guide des bonnes pratiques de la liberté religieuse et du vivre ensemble dans les entreprises »

5)    Prévoir expressément la possibilité de baux emphytéotiques avec option d’achat pour les nouveaux lieux de culte et généraliser le recours aux garanties d’emprunt par des collectivités locales – voie législative (proposition de la commission Machelon).

6)     Prévoir que, en vertu d’une exigence de transparence financière, les fonds étrangers visant à la construction et à l’entretien de lieux de culte transitent obligatoirement par une fondation nationale pour la construction des lieux de culte en France, chaque culte créant sa propre fondation – voie législative.

7)    Prévoir que, en vertu d’une exigence de transparence financière, la collecte des fonds auprès des fidèles en vue de la construction et de l’entretien des lieux de culte se fait par le biais d’une association – voie législative

8)     Clarifier, simplifier et parfois assouplir le régime juridique associatif applicable à l’exercice de la liberté de culte, notamment en supprimant certaines dispositions obsolètes – voie législative

9)     Affirmer clairement par voie législative que, sauf manifestations à caractère traditionnel, l’exercice du culte hors des lieux de culte est subordonné à déclaration préalable.

10)    Sans mettre en cause le principe de neutralité des parties communes dans les cimetières, confirmer les principales dispositions de la circulaire du 19 février 2008, encourageant les maires à développer les carrés confessionnels – voie législative.

11)    Clarifier le régime de protection sociale des ministres du culte et l’assouplir afin de permettre que l’ensemble des personnels cultuels soit concerné.

12)    A terme, les propositions précédentes étant mises en œuvre et produisant leurs effets, engager une réflexion sur les moyens d’éviter que des ministres du culte aient un lien de subordination avec un État étranger.

13)    Mieux encadrer l’exercice de l’abattage rituel.

 

 

UMP

 

 

 

Repost 0
20 février 2011 7 20 /02 /février /2011 19:54

 

Le 09 Février...

 

Monsieur le Président,
Mesdames et Messieurs les Ministres,
Mesdames et Messieurs,

Je suis heureux de me retrouver une fois de plus parmi vous pour ce diner annuel du CRIF qui est devenu au fil du temps un rendez-vous républicain où se trouvent assis à la même table les représentants de toutes les religions, de toutes les croyances et de toutes les opinions. L'esprit d'ouverture, de respect mutuel qui préside traditionnellement à ce dîner est exemplaire de la façon dont nous devrions apprendre à vivre ensemble avec nos différences.

Monsieur le Président, je ne répondrai pas point par point à votre discours si dense. Permettez-moi seulement d'y faire écho en reprenant pour commencer quelques uns des mots que j'ai prononcés il y a trois ans devant la KNESSET, sur un sujet qui me tient très à cœur :

« Au Moyen-Orient se mélangent et s'affrontent depuis des millénaires des peuples qui ont donné à l'humanité tout entière ce qu'il y a sans doute de plus élevé dans la pensée, de plus beau dans la religion, de plus important dans le savoir. Au Moyen-Orient, tous dans leurs prières parlent d'amour, de justice et de paix. Au Moyen-Orient, tous aiment la vie. Tous sont les enfants d'Abraham. Et tous ont la Bible en partage. ...

...Juifs, chrétiens, musulmans, doivent se rappeler la parole du Prophète Isaïe :
« Je ferai de Jérusalem mon allégresse. Et de mon peuple ma joie. On n'y entendra plus jamais le bruit des pleurs et le bruit des cris.
Ils bâtiront des maisons, ils les habiteront.
Ils planteront des vignes, ils en mangeront les fruits.
Ils ne travailleront plus en vain et ils n'auront plus des enfants pour les voir périr. »

L'amitié franco-israélienne est une profonde et sincère amitié.
La paix pour Israël et pour la Palestine est une nécessité pour la paix du monde. »

Qu'il me soit permis de rajouter que les vrais amis d'Israël doivent convaincre Israël que la meilleure des sécurités pour elle, c'est l'existence d'un État palestinien moderne et démocratique, en paix et viable. Nous tous qui, pour des raisons différentes, sommes attachés à Israël -- et en ce qui me concerne, c'est toute ma vie politique que j'ai affirmé cette amitié ; Israël et sa sécurité sont pour la France, non-négociables --, mais dans le même temps, la France dit aux dirigeants d'Israël : « vous devez négocier pour construire la paix ». Il n'y aura pas de sécurité pour Israël sans la paix. Et nous qui sommes des amis solides, inébranlables, nous avons ce devoir de vérité. Je tenais à vous le dire ici, au CRIF, comme je l'ai dit à la Knesset. C'est si facile de tenir un discours pour une salle, un discours pour une soirée. C'est plus difficile de bâtir pour l'avenir et de bâtir pour la vie. C'est un engagement, je vous le dis, qui est très structurant pour la France.

Bien-sûr, il y a les évènements de Tunisie et d'Egypte. Ils ont, ces évènements, une dimension sans doute historique. Ces peuples, je veux dire le peuple tunisien et le peuple égyptien, avec une audace qui les a surpris eux-mêmes, ont dit avec force qu'ils voulaient vivre autrement. Nul n'a le droit de les condamner pour ce qu'ils ont eu le courage de dire.

Ce début d'un printemps des Peuples est positif parce qu'il est authentique.

Les manifestants de Tunisie ou d'Égypte n'ont pas crié « à bas l'Occident », ils n'ont pas crié « à bas l'Amérique », ils n'ont pas crié « à bas Israël ». Ils n'ont pas prôné un retour vers le passé d'un âge d'or islamique mythifié. Et ces manifestants ne se sont attaqués à aucune minorité, Monsieur le Président.

Je me garderai bien de conclure trop vite ; qui peut dire quelles seront les étapes à venir ? Nous avons eu déjà tant de mal à distinguer les étapes récentes. Et qui peut exclure des dérives brutales ou totalitaires ? Personne.

Mais c'est donc notre devoir d'aider ces mouvements ; ce qui ne veut pas dire nous ingérer, avec parfois un certain manque de dignité. ..

...Quelle meilleure garantie pour la sécurité d'Israël que d'avoir à ses côtés des États qui seraient devenus démocratiques et des peuples libres qui n'auraient pas à chercher ailleurs, quoi, la compensation de leurs propres frustrations ?

Vous connaissez ma conviction : la meilleure garantie de sécurité pour Israël c'est l'existence à ses côtés d'un État palestinien démocratique, viable et souverain.

Je suis convaincu qu'il est possible, qu'il est urgent, de relancer le processus de paix.

Je suis convaincu qu'une reprise des négociations directes serait un signal supplémentaire d'espoir pour tous les peuples de la région.

Les paramètres d'un accord de paix sont connus depuis longtemps. Je ne sous-estime nullement les difficultés de cette négociation mais je vous le dis comme je le dis aux deux camps en présence : le risque de paix est bien moins dangereux que les risques de l'immobilisme.

J'affirme d'ailleurs que la paix entre les Israéliens et les Palestiniens est un problème pour chacune de nos démocraties, parce que sur ce conflit qui n'en finit pas se nourrit le terreau du terrorisme et de l'extrémisme dont nous souffrons aussi.

Vous le savez je plaide également pour une reprise des discussions entre Israël et la Syrie. Malgré le mur de méfiance accumulée, je suis convaincu que cette paix-là aussi est possible.
Et quelle transformation stratégique pour Israël si une normalisation accompagnait une restitution du Golan ! Elle conduirait à un changement radical de la situation des mouvements qui chaque jour, depuis le Liban ou depuis Gaza, menacent Israël !

Je n'oublie pas non plus notre compatriote, j'ai dit notre compatriote car dès mon élection j'ai dit que Gilad SHALIT je le voyais comme un Français et que toucher à Gilad SHALIT, c'était s'attaquer à la France. Il vit aujourd'hui son 1690ème jour de captivité et d'isolement à Gaza. Je l'ai dit à ses parents Noam et Aviva, jamais nous n'abandonnerons leur fils à son sort. Un sort que rien, je dis bien rien, ne saurait justifier ! Rien.

Il est un dernier point de notre politique étrangère dont je veux dire un mot ici : l'Iran. Que les choses soient claires : le monde ne peut pas accepter un Iran doté de l'arme nucléaire et de missiles dont la portée s'allonge d'année en année, en violation complète de la loi internationale. Un Iran qui, il est vrai, chaque jour alimente l'extrémisme.
A travers des sanctions croissantes il ne s'agit pas de punir le peuple iranien mais de faire comprendre à ses dirigeants que le coût de leur politique irresponsable se fera tous les jours plus lourd, pour eux et pour leur régime. Jamais je n'accepterai que des dirigeants iraniens menacent de rayer Israël de la carte. Et cette position la France l'a affirmée à de multiples reprises. Jamais la France n'acceptera cela.

Soyez certain Monsieur le Président que le droit d'Israël à vivre en paix et en sécurité, c'est une priorité diplomatique et stratégique pour la France. Mais je veux dire avec la même force que le conflit du Proche-Orient ne doit pas avoir d'impact sur les relations que des Français entretiennent avec d'autres Français.
Nous devons donc à tous les niveaux de la société et de l'État faire œuvre de pédagogie.
J'en appelle à la responsabilité de chacun, individuellement, et à la responsabilité de tous.
Le jugement en appel des tortionnaires et des assassins d'Ilan HALIMI est de ce point de vue, je le crois, exemplaire. Non seulement il a permis d'établir la terrible réalité mais il a rappelé que dans notre pays, agresser ou tuer quelqu'un en fonction de sa religion ou de son origine était un facteur aggravant.
Il a rappelé, aussi, que personne ne pouvait se prévaloir d'un conflit qui se déroule à des milliers de kilomètres pour justifier son crime. ...
.........

....Bien sûr, ce travail de pédagogie ne passe pas uniquement par les seules décisions de justice.

L'Ecole doit jouer un rôle essentiel. Les enseignants font un travail important, je leur en suis reconnaissant.

Les médias, et plus particulièrement ce média fédérateur qu'est la télévision, jouent eux aussi un rôle essentiel.
Et qu'il me soit permis ici de féliciter ici le groupe France Télévisions pour le travail de mémoire que le service public accomplit.
Cette politique mérite d'être saluée et d'être encouragée.
Je connais peu de chaînes de télévisions en Europe qui, comme les chaînes du groupe France Télévisions, ont diffusé à des heures de grande écoute une série documentaire comme les commandos de la mort qui a permis à des millions de téléspectateurs français de découvrir l'horreur de la Shoah par balle qui fit plus d'1,5 millions de morts à l'Est de l'Europe.

...Mais comme vous venez de le souligner à l'instant, la haine de l'autre, Monsieur le Président, trouve un terreau trop fertile dans la crise économique, sociale et morale qui secoue aujourd'hui le monde.
Les boucs émissaires ; vous appelez ma vigilance, vous avez raison. Mais puisqu'il en est ainsi, je voudrais conclure mon propos en disant un mot du judaïsme. Ce sont des sujets qui m'ont toujours passionné et sur lesquels j'ai des convictions.

Je veux dire en tant que chef de l'Etat, que le judaïsme a contribué à forger l'identité de la France et chacun d'entre vous, continue à participer à cette alchimie subtile qui fait de nous des Français.

Si la France a des racines chrétiennes, je l'ai rappelé et pourquoi le nier puisque c'est la vérité, la France a aussi des racines juives.
La présence du judaïsme est attestée en France avant même que la France ne soit la France, avant même qu'elle ne soit christianisée.
Il existe en France des bains rituels juifs contemporains de nos églises romanes et des synagogues aussi ornées que des chapelles baroques.
Oui le judaïsme fait partie des racines de la France et chaque Français, quelle que soit sa confession ou son origine, peut en être fier.
Cette longue histoire deux fois millénaire est bien une histoire commune même si personne n'oublie qu'elle a été tachée, déchirée, par la haine et la persécution.

Il ne faut pas oublier les expulsions, les spoliations, les conversions forcées, le port de la rouelle auquel fera sinistrement écho bien des siècles plus tard un autre morceau de tissu jaune.
Je n'oublie pas que la République qui avait émancipé les juifs condamna DREYFUS aux travaux forcés pour ensuite reconnaître et annuler cette monstrueuse injustice.
Je n'oublie pas la période sombre de la collaboration qui vit la Loi mise au service d'une politique antisémite odieuse.
Je n'oublie pas que les forces de l'ordre françaises, sous l'uniforme français, se présentèrent au petit matin du 16 juillet 1942 au pied d'immeubles soigneusement sélectionnés pour arrêter des Français, les parquer au Vel'd'hiv pendants trois jours et trois nuits avant de les envoyer dans des trains français vers les camps de la mort.
Je n'oublie pas ces femmes et ces enfants arrachés au sommeil pour être projetés contre un mur de haine par ceux-là mêmes dont la mission aurait été de les assister et de les protéger.

Je n'oublie rien de tout cela mais notre France n'est pas celle-là, justement parce qu'elle regarde cette histoire en face.
Notre Histoire de France c'est l'Histoire que nous avons construite ensemble, une histoire qui nous est commune et que personne ne peut venir nous contester, vous contester.
Car devant l'Histoire de notre pays, il n'existe pas de communautés ou de minorités. Il existe une seule et même communauté de destin, une communauté qui s'est voulue, un jour de 1789, communauté nationale.
Nous appartenons tous, vous et moi, à cette Histoire-là et à cette France-là.
Cette France, c'est la France qui a vu en des temps très anciens, il y a plus de 15 siècles, juifs et chrétiens pleurer ensemble la mort de Saint HILAIRE, évêque d'Arles et dont les chroniques nous disent que les chants hébreux couvraient de leur plainte ceux des chrétiens.
C'est la France du Salomon de Troyes, le Rabbin RACHI qui vivait en Champagne au XIe siècle et dont l'enseignement talmudique rayonna sur toute l'Europe médiévale.
C'est la France de l'Abbé GREGOIRE montant à la tribune exiger une citoyenneté pleine et entière pour les juifs de France.
C'est la France de ZOLA, c'est la France des CAMONDO, cette lignée qui s'est éteinte pour avoir versé tout son sang pour la France et qui nous a laissé son nom et ses magnifiques collections, faisant ainsi du Peuple Français son seul héritier.
C'est la France de PROUST, c'est la France des Justes, qui vit des milliers de Français de toute condition sauver l'Honneur de la France en sauvant des innocents traqués et pourchassés par la gestapo.
Ces Justes dont les petits enfants peuvent faire désormais le pèlerinage à Yad Vashem grâce à la fondation France- Israël et au magnifique travail de Nicole GUEDJ.

Cette France là, cette France de BLUM, de MANDEL, de CASSIN, de MENDES, sans doute de Robert BADINTER et de l'abolition de la peine de mort.
La France de Simone VEIL et de la liberté des femmes à disposer d'elles mêmes.

Cette France-là est notre bien commun, quelle que soit notre confession ou nos origines.

Voilà la France que tous ceux qui vous ont précédés portaient dans leur cœur alors même que la France semblait les abandonner. Eux savaient bien que la France ne se résumait pas à un vieux Maréchal, à son gouvernement et à ses délateurs.
La France qui incarnait, alors, leur espérance n'était pas celle de la collaboration.
C'était la France de Londres, la France Libre, la France de la Résistance.
La France du Vercors, des Glières, du Chambon sur Lignon.

Et ce n'est pas un hasard, Monsieur le Président, si la communauté juive française est la communauté juive la plus importante d'Europe. Il y a, parmi d'autres, une raison à cela que tous nos compatriotes devraient savoir, depuis bientôt deux mille ans, les juifs participent à la vie et à l'histoire d'un pays qui est le leur.

Je sais et je comprends la place particulière que l'Etat d'Israël occupe dans le cœur des juifs du monde entier.
Pour la France l'existence de l'Etat d'Israël est une exigence de la conscience universelle et jamais les juifs de France, jamais, n'auront à choisir entre leur conscience et leur Patrie.

Parce que la France, la France fidèle à elle-même est le pays de la liberté de conscience, le pays dont toutes les valeurs s'opposent irréductiblement au racisme et à l'antisémitisme.
Et pour nous Français la liberté religieuse n'est pas négociable.

Ceux qui croient, ceux qui prient dans le respect des lois de la République ont le droit au respect et à la protection de la République. C'est cela la laïcité.
La prière est silencieuse, la prière n'offense personne, la prière n'agresse personne.

En revanche toute atteinte contre un lieu de culte ou une sépulture doit être regardée comme une atteinte à la République et à ses valeurs fondamentales.
Car c'est alors une forme de sacrilège non plus contre une religion en particulier mais contre toutes les religions, contre toutes les croyances et au fond contre l'Humanité.
Ces attaques ne sont d'ailleurs pas réservées à la seule communauté juive. Mosquées, chapelles, cimetières catholiques ou musulmans ne sont pas épargnés par ce vandalisme religieux.
Chacun, en France, a le droit de ne pas croire en Dieu, personne n'a le droit de le blesser dans ce qu'il a de plus cher en violant la tombe de ses Pères.

Cependant, chacun comprendra aisément que dans le cas des synagogues et des cimetières juifs, ces violences prennent un écho très particulier. Car ces violences font le même bruit que celui des vitrines brisées pendant la nuit de cristal et comment ne pas penser à ce qui a suivi...

...Alors, Monsieur le Président, en concluant votre propos, vous citiez ce vieux proverbe Yddish qui dit qu'un juif est « heureux comme Dieu en France », eh bien permettez-moi de vous dire que mon seul souhait et mon seul objectif, c'est que chacun de vous puisse tout simplement ne jamais cesser se sentir heureux et fier d'être Français. La France a besoin de tous ses enfants. Ici, c'est notre pays, ici c'est votre place, ici vous contribuez à l'identité et au rayonnement de la République Française.

Nicolas Sarkozy

 

Voir sur ce même blog, discours de Nicolas Sarkozy à Colombey les deux églises:  

 

http://marcdhere.over-blog.com/article-discours-de-nicolas-sarkozy-a-colombey-les-deux-eglises-le-9-novembre-2010-60681705.html

 

 

 

Repost 0
Published by Nicolas Sarkozy - dans Laïcité et religions
commenter cet article
28 octobre 2010 4 28 /10 /octobre /2010 14:13

 

Chronique irrespectueuse d'Hugues Serraf, que je reprends de son  blog "Commentaires et Vaticinations".

 

Etre un « bon catholique » est un jeu d'enfant. Et je ne parle pas de votre bon catholique « standard », qui mange du cabillaud le vendredi, s'abstient de travailler le dimanche, se confesse à l'occasion, assiste régulièrement à la messe, ne convoite pas la femme du voisin et ne fait l'impasse sur aucune célébration majeure…

Non, je parle ici du catholique de compétition : celui qui s'investit dans les affaires de sa paroisse, enchaîne les retraites studieuses en monastère ou les pèlerinages à Lourdes, se couvre littéralement la tête de cendres le lendemain du Mardi-Gras et trouve toujours le moyen, en dépit d’une existence exemplaire et intégralement dédiée au respect de la parole du Seigneur, d'avouer au moins un péché véniel à son directeur de conscience par semaine…

Le très bon catholique, donc… Mais ça reste un jeu d'enfant. D'enfant de chœur, même.

 

 

Etre un bon musulman, c'est presque aussi facile. Cinq courtes prières par jour, éventuellement regroupées en une session unique les jours où vous êtes à la bourre. Pas de porc, pas trop d'alcool (pas d'alcool du tout, c'est réservé au musulman d'excellence qui fait la course avec le catholique de compétition) et, si possible (ce qui le devient d'ailleurs de plus en plus depuis l'arrivée du low-cost, l'avion ayant pas mal contribué au développement de l'islam dans le monde), au moins une fois dans sa vie, un séjour à la Mecque…

Trop fastoche, d'être un bon musulman, voire un très bon musulman.

 

Maintenant, être un bon juif, même un bon juif « standard », c'est une autre paire de manches. Ah, mais je vous vois venir et vous pensez sans doute qu'il suffit de se coiffer du même chapeau à larges bords que Delon et Belmondo dans « Borsalino » (d'un borsalino, quoi !), de se promener avec une épaisse redingote de laine sombre en plein mois de juillet et d'éviter soigneusement le Justin Bridou pour réussir le test… Quelle naïveté ! Pour être un authentique bon juif, il faut en réalité respecter à la lettre 613 prescriptions dont les multiples interdits alimentaires popularisés par « La vérité si je mens »  ne sont qu'une microscopique partie. 613 prescriptions dont l'observance absolue vous contraindrait, si elle était humainement possible, à passer vos journées à marmonner vos louanges à l'Eternel sans interruption ― de la prière du lever à la prière du coucher.

 

Bon, il existe bien quelques prescriptions suffisamment passe-partout pour qu'un catholique ou un musulman, même médiocrement doué, ne soit pas trop décontenancé s'il décidait de participer à cette émission de téléréalité où les gens échangent leur vie le temps d'un week-end et qu'il se  retrouvait immergé dans une famille de juifs orthodoxes du XIXe arrondissement (ça marche aussi avec d'autres arrondissements, mais cette précision vous permet de vivre la chose truc plus intensément). C'est sûr, « ne pas tuer », « ne pas voler », « respecter son père et sa mère », même un bouddhiste s'en tirerait avec les honneurs  ― et Dieu sait pourtant à quel point les bouddhistes méprisent les honneurs.

Mais pour le reste, accrochez-vous …

 

   Pour lire la suite vous pouvez vous reporter au blog "Commentaires et Vaticinations"

 

Repost 0
Published by Hugues Serraf - dans Laïcité et religions
commenter cet article
9 octobre 2010 6 09 /10 /octobre /2010 08:08

 

Rome -- Vendredi 8 octobre 2010

 

 

Monsieur le Cardinal Secrétaire d'État,
Éminences,
Excellences,
Mesdames, Messieurs,


Je suis très heureux de vous accueillir aujourd'hui à la résidence de France, à l'issue de ma visite au Saint Siège. Votre présence parmi nous Monsieur le Cardinal Secrétaire d'Etat, premier collaborateur du Souverain Pontife, nous honore et elle témoigne de ce lien si particulier qui a toujours uni le Siège apostolique à la France.

 

La France n'oublie pas qu'elle a avec l'Église 2000 ans d'histoire commune et qu'elle partage avec elle, aujourd'hui, un trésor inestimable de valeurs morales, de culture, de civilisation qui sont inscrites au cœur de son identité.

L'Église avec les moyens spirituels qui lui sont propres, la République française avec les moyens politiques qui sont les siens, servent un grand nombre de causes communes.

Que veulent-elles ?
 

Elles veulent la justice.
Elles veulent l'équilibre.
Elles veulent la paix.
Elles veulent la fraternité.

Alors pourquoi ne se parleraient-elles pas ?
Pourquoi ne travailleraient-elles pas ensemble ?

 

Elles n'ont pas les mêmes responsabilités mais elles ont la même exigence contre tout ce qui porte atteinte à la dignité de la personne humaine.
C'est le devoir de l'Église envers tous les hommes.
C'est le devoir de la France envers tous les peuples.

Alors pourquoi ne réuniraient-elles pas leurs efforts ?

 

Je crois à la distinction du spirituel et du temporel comme un principe de liberté.
Je crois à la laïcité comme un principe de respect.
Mais l'Église ne peut pas être indifférente aux problèmes de la société à laquelle elle appartient en tant qu'institution, pas plus que la politique ne peut être indifférente au fait religieux et aux valeurs spirituelles et morales. Il n'y a pas de religion sans responsabilité sociale, ni de politique sans morale.

Alors pourquoi, chacune s'efforçant de comprendre l'autre et de la respecter, chacune restant à sa place et dans son rôle, mais conscientes qu'elles aient des idéaux communs, l'Église et la République française ne seraient-elles pas davantage aux côtés l'une de l'autre pour proposer à l'humanité un sort meilleur que celui qui lui semble promis aujourd'hui par l'accumulation de tant de déséquilibres et d'injustices ?

 

Le moment est crucial.

De crises économiques et financières en crises écologiques, de crises identitaires en crises sociales et politiques, nous courons au désastre si nous ne faisons rien.

Soyons bien conscients qu'il ne s'agit pas seulement d'un problème d'économie ou de finance. Dans toutes ces crises, il y a une dimension intellectuelle et morale.

La crise financière de 2008 doit nous ouvrir les yeux : un monde uniquement gouverné par la rente, la spéculation, l'appât du gain à court terme et, disons-le, par l'égoïsme et le cynisme, n'est pas viable.

 

Les mesures que nous devons prendre, les changements que nous devons opérer dans nos comportements, dans nos choix, doivent être une réponse à cette crise si profonde des valeurs qui est la cause de tout.

 

Réparer l'injustice faite au peuple palestinien qui a le droit d'avoir un État et garantir au peuple juif qu'il puisse vivre en sécurité dans ses frontières, c'est un impératif moral !

J'ai dit au Saint-Père combien son déplacement en Terre Sainte, en mai 2009, avait frappé les esprits et combien son appel à une solution juste et durable avait été écouté avec respect.

 

Dimanche s'ouvrira le Synode des Evêques pour le Moyen-Orient. Il permettra de rappeler à l'ensemble de la communauté internationale une réalité trop souvent oubliée : la présence des chrétiens en Terre Sainte est non seulement cruciale pour l'avenir du christianisme mais aussi pour la Paix. Comment croire au dialogue si les chrétiens d'Orient, qui ont toujours été un pont entre les communautés, ne peuvent plus accomplir cette mission ? Comment ne pas voir que le respect de la diversité est la clé de l'avenir d'un Moyen-Orient où pendant tant de siècles toutes les religions et toutes les cultures ont vécu ensemble.

 

Réformer la gouvernance mondiale, y faire participer tous les continents et pas seulement les plus riches, pour que des milliards d'hommes et de femmes ne se sentent plus exclus quand on discute des affaires du monde, c'est un impératif moral !

 

Réguler la finance pour éviter que la folie spéculative n'entraine une fois encore le monde au bord du gouffre, en finir avec les paradis fiscaux, taxer les transactions financières pour avoir les moyens d'arracher les pays les plus pauvres à la misère, c'est un impératif moral !

Stabiliser les marchés de matières premières pour que des millions d'hommes, de femmes et d'enfants dans le monde ne soient pas réduits périodiquement à la famine par des variations de prix aberrantes, c'est un impératif moral !

 

Conditionner la liberté du commerce à la réciprocité, au refus du dumping monétaire, au respect de normes fondamentales en matière de droit du travail, de la santé, de l'environnement, c'est un impératif moral !

 

Réguler internet pour en corriger les excès et les dérives qui naissent de l'absence totale de règles, c'est un impératif moral !

 

Lutter contre l'immigration illégale qui produit tant de détresse et de drames, qui prive les pays les plus pauvres de leurs forces vives, c'est un impératif moral !

 

Il n'y a pas d'économie sans règles.
Il n'y a pas de vie en société sans règles.
Il n'y a pas de liberté sans règles.

La loi de la jungle, la loi du plus fort, du plus malin, du plus cynique, c'est le contraire de la liberté, de l'égalité, de la fraternité, c'est le contraire de la civilisation.

Voilà l'enjeu.

 

C'est dans cet état d'esprit que la France présidera le G8 et le G20 à partir de la fin du mois de novembre.

Elle y consacrera toute son énergie.
Mais la mobilisation de toutes les forces non seulement politiques, mais aussi morales et spirituelles ne sera pas de trop. Car la partie décisive se joue d'abord dans les consciences. Son issue dépend de l'engagement de tous les hommes de bonne volonté et bien sûr d'abord de celui des responsables politiques, mais aussi de celui de toutes les autorités intellectuelles, morales, religieuses.

 

Permettez-moi pour conclure de citer Péguy :
« La foi que j'aime le mieux, dit Dieu, c'est l'espérance (...)
Cette petite espérance qui n'a l'air de rien du tout »

 

L'espérance nous en sommes tous comptables.
La rendre à tous ceux qui aujourd'hui l'ont perdue, voilà notre devoir commun.

Si nous avons foi dans nos valeurs, dans nos idéaux, si nous avons profondément ancrés en nous la conviction d'œuvrer pour le bonheur des générations futures, alors rien ne nous arrêtera.
 

Au milieu des difficultés de toutes sortes, c'est en nous-mêmes d'abord qu'il nous faut faire vivre l'espérance.
C'est depuis toujours la vocation de la France.
C'est depuis toujours la mission de l'Église.

 

Nicolas Sarkozy

 

 

Repost 0
Published by Nicolas Sarkozy - dans Laïcité et religions
commenter cet article
12 septembre 2008 5 12 /09 /septembre /2008 15:01



Le pape Benoît XVI est arrivé aujourd'hui à l'Elysée, où il a été accueilli au pied du perron, sur le tapis rouge, par Nicolas Sarkozy.

Le président français et le souverain pontife doivent s'entretenir en tête-à-tête, échanger des cadeaux puis prononcer chacun un discours, dans lesquels ils devraient évoquer la question controversée de la laïcité.

Dépêche AFP

 

 

Discours de Nicolas Sarkozy (EXTRAITS)

 

"Dans la République laïque qu'est la France, tous, très Saint-Père, vous accueillent avec respect en tant que chef d'une famille spirituelle dont la contribution à l'histoire du monde, à la civilisation et à l'histoire de France n'est ni contestable ni contestée." C'est en ces termes que Nicolas Sarkozy a entamé son discours après avoir accueilli Benoît XVI sur le perron de l'Élysée, vendredi en milieu de journée . "Je veux en votre présence adresser aux catholiques de France tous les voeux pour la réussite de votre visite", a-t-il ajouté.

Plusieurs dizaines de personnalités du monde politique, dont l'ensemble du gouvernement et le maire socialiste de Paris Bertrand Delanoë, ainsi que les plus hautes autorités religieuses, ont pris place dans la salle des Fêtes de l'Élysée. La présidente du Medef Laurence Parisot ou le metteur en scène Robert Hossein étaient également présents pour assister à ce discours très attendu. Clou de son discours, le chef de l'État a appelé au respect d'une "laïcité positive" en France car "se priver des religions serait une folie", "une faute contre la culture et contre la pensée". Et d'expliquer : "La laïcité positive, la laïcité ouverte, c'est une invitation au dialogue, à la tolérance et au respect. C'est une chance, un souffle, une dimension supplémentaire donnée au débat public." "Nos sociétés ont besoin de respect, de dialogue et de tolérance", a-t-il également estimé, jugeant "légitime pour la démocratie de dialoguer avec la religion".

D'autre part, Nicolas Sarkozy a consacré un long passage de son allocution à la "dignité des personnes" qui est, selon lui, "le vrai trésor de l'Europe et son secret le plus précieux". Il a affirmé que cette "dignité" est d'ailleurs au coeur de son action avec la mise en oeuvre de mesures telles que le Revenu de solidarité active (RSA), le contrôleur général des prisons, le combat contre la maladie d'Alzheimer ou encore la "si délicate question de l'immigration".

"Nous ne mettons personne devant l'autre, mais nous assumons nos racines chrétiennes", a également martelé le chef de l'État. Mais s'il explique avoir "souvent eu l'occasion de parler des racines chrétiennes de la France", il précise : "Ça ne nous empêche pas de tout faire pour que nos compatriotes musulmans puissent vivre leur religion à égalité avec toutes les autres." "Oui la France est multiple", a-t-il relevé, évoquant une "diversité que nous considérons comme une richesse"……

Ségolène de Larquier. Le Point.fr (extraits)

 

 

Benoît XVI veut, comme Sarkozy une laïcité qui assume le rôle des religions dans la société. (EXTRAITS)

 

 "En ce moment historique où les cultures s'entrecroisent, une nouvelle réflexion sur le vrai sens et l'importance de la laïcité est devenue nécessaire", a déclaré Benoît XVI au palais de l'Elysée.

Il a jugé "fondamental" d'"insister sur la distinction entre politique et religieux" afin de "garantir aussi bien la liberté religieuse des citoyens que la responsabilité de l'État envers eux".

Mais il a souligné "la fonction irremplaçable de la religion pour la formation des consciences et de la contribution qu'elle peut apporter, avec d'autres instances, à la création d'un consensus éthique fondamental dans la société".

Ces déclarations constituent une réponse de Benoît XVI aux thèses développées par Nicolas Sarkozy, depuis son déplacement au Vatican en décembre 2007. Le président cherche à faire évoluer la stricte laïcité à la française, qui institue une séparation rigide entre la religion et l'Etat.

"Nous assumons nos racines chrétiennes", a réitéré vendredi le président français, devant le souverain pontife. "Ce serait une folie de nous priver (des religions, ndlr), tout simplement une faute contre la culture et contre la pensée. C'est pourquoi j'en appelle à une laïcité positive", a ajouté M. Sarkozy, qui revendique ses convictions catholiques.

Ces conceptions de la relation entre l'Etat et la religion suscitent de fortes réactions du camp laïc, encore très puissant en France. Le Conseil national des associations familiales laïques a dénoncé vendredi "l'intrusion permanente dans le champ politique" de la religion depuis l'arrivée de Nicolas Sarkozy à l'Elysée.

Le souverain pontife devait, vers 15h30 GMT, prononcer un discours très attendu devant quelque 700 représentants du monde de la culture au Collège des Bernardins, un magnifique édifice cistercien racheté et restauré par le diocèse de Paris qui vient de rouvrir ses portes après cinq ans de travaux.

A cette occasion, il devait encore développer le thème récurrent de son pontificat sur le rôle que doit jouer la religion dans l'arène publique. Le pape aura eu auparavant une rencontre avec les représentants de la communauté juive de France, et des représentants de la communauté musulmane figuraient parmi les invités au Collège des Bernardins.

AFP et Emmanuelle Andréani, Le Point.fr (Extraits)

 

Ces quelques extraits de presse, pour servir de base à un débat, si certains le souhaitent…..

 

Repost 0
Published by Marc d'Here, extraits de presse - dans Laïcité et religions
commenter cet article