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 RECONQUÊTE est un  mouvement en construction. Ce n'est pas un parti politique, mais un Cercle de Réflexion et d'Action, ouvert à tous ceux, à quelque parti qu'ils appartiennent, ou sans parti, qui se reconnaissent dans ses valeurs et  principes. La Responsabilité et l'équivalence entre droits et devoirs à tous les niveaux,  le libéralisme économique,  la solidarité,  le choix d'une évolution réaliste et progressive dans le social et le sociétal,  l'Europe... 

 

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25 février 2010 4 25 /02 /février /2010 09:56




L'orgueil national en prendra un coup derrière la tête : d'après l'OCDE, le système éducatif français est l'un des plus injustes de tous les pays développés.


Le sociologue François Dubet, qui analyse admirablement depuis des années les racines des inégalités, publie au Seuil un livre uppercut, « Les places et les chances ». Il décrit deux grandes conceptions de la justice sociale. D'un côté, l'égalité des places pour chaque classe sociale ; de l'autre, la poursuite de l'égalité des chances. L'égalité des places consiste à réduire le trop grand écart entre les revenus et les conditions de vie des cadres et des ouvriers. L'égalité des chances conserve le cadre social tel qu'il est mais veille à valoriser les plus méritants des classes défavorisées. Pour Dubet, les dispositifs du type boursiers dans les grandes écoles ou cordées de la réussite ignorent une trop grande partie des laissés-pour-compte.


Dans les statistiques, cette préférence pour l'égalité des chances se solde par un cuisant échec. « Sur dix fils de cadre entrés au collège en 1995, huit étaient encore étudiants dix ans après et un seul avait arrêté ses études sans avoir obtenu le bac. Sur dix enfants d'ouvriers en revanche, trois sont dans le supérieur quand la moitié a quitté le système sans le bac », indique le journal Le Monde.

Le plus consternant est l'absence de réactivité face à l'entêtement des statistiques. « Au fil du temps, l'école devient de plus en plus inégalitaire. Les acquis en lecture des élèves de CM2 analysés sur vingt ans montrent que le score des enfants d'ouvriers a été divisé par deux entre 1997 et 2007. Alors que celui des fils de cadres a légèrement progressé », précise encore Le Monde. Les chiffres sont si effarants que l'on se demande comment les Zones d'éducation prioritaires restent encore en vie.

Dans les 254 collèges ambition réussite, les plus exposés socialement, un quart des élèves ne maîtrise pas les notions de base de français à l'arrivée, un sur deux à la sortie. La réforme de la carte scolaire a fini d'achever un équilibre qui n'était qu'illusoire : selon une étude de la direction de l'enseignement scolaire faite à la rentrée 2008, 73 % de ces 254 collèges avaient perdu des élèves. L'égalité des chances n'est donc plus qu'un slogan creux martelé à des fins de marketing politique. Dubet invite la gauche, désespérément aphone sur le sujet à ses yeux, à faire de "l'égalité des places (...) l'un des éléments de sa reconstruction idéologique " (Le Monde). L'école est le seul révélateur de l'impact des inégalités sociales. Les chiffres sont là, d'une violence inouïe. Une révolution idéologique s'impose.

 

Stéphane MENU

http://lgm.federation92.over-blog.com


Complément de Simon-Pierre Trezeguet de La Gauche Moderne Haute Normandie:

Précisons que La Gauche Moderne a publié longuement travaillé sur le sujet, et a rédigé une document de propositions pour lutter contre cette injustice qu'est devenue l'école d'aujourd'hui. Pour faire bref, les efforts doivent porter à la fois sur le primaire, avec une nécessaire exigence de maîtrise des fondamentaux avant de passer aux cycles suivants; et sur le collège, avec une remise à plat du collège, grâce à des parcours plus modulaires, plus adaptés aux rythmes variés des élèves.
Note finale : la violence naît souvent des situations d'échec ; un collège qui permettrait à chacun de s'épanouir dans la réussite serait aussi moins violent.


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Published by Stephane Menu - dans Education - recherche
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Marc d'Here 02/06/2010 12:01


Le porte-parole de l'UMP Frédéric Lefebvre a estimé aujourd'hui qu'il n'y avait "aucune raison que l'Education nationale s'exonère d'une réorganisation", alors que le gouvernement étudie des pistes
pour supprimer des effectifs de professeurs.

"L'Education nationale, c'est un budget qui a évolué dans des proportions considérables en terme de moyens depuis 20 ans", a déclaré le responsable du parti majoritaire sur I-télé. "On a 700.000
élèves de moins qu'à l'époque où Lionel Jospin était ministre de l'Education nationale (1988-1992) et on a 50.000 profs de plus, cherchez l'erreur. Ca veut dire que la question, et c'est ce que
veut dire (le ministre de l'Education) Luc Chatel, est une question d'organisation", a-t-il ajouté. "Il n'y a aucune raison que l'Education nationale s'exonère d'une réorganisation", a insisté
Frédéric Lefebvre...

AFP


cellobello 26/02/2010 08:14


@shona

Vous est-il possible de nous communiquer les références de votre étude?
L'expérience australienne paraît intéresante, bien qu'elle soit de bon sens.
J'ignorais qu'il existait des études sur le devenir des très bons élèves.
Merci d'avance.(il est possible que, absente pendant quelques jours, je ne réagisse pas au moment où vous communiquerez)


Shona 25/02/2010 11:59


Lorsqu'on regarde les chiffres, l'on constate ce n'est pas tant la classe sociale qui joue, c'est l'appartenance à une minorité: les 2ème générations, celles dont la langue maternelle n'est pas le
français sont laissées loin derrière. Les pays qui ont les meilleurs résultats la-dessus, eg l'Australie, ont des cours de soutien spécifiques.

Entre parenthèses, les très bons élèves sont aussi mal lotis dans le système français.

La bonne nouvelle, quand même, c'est que les élèves "moyens" s'en sortent très bien.