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 RECONQUÊTE est un  mouvement en construction. Ce n'est pas un parti politique, mais un Cercle de Réflexion et d'Action, ouvert à tous ceux, à quelque parti qu'ils appartiennent, ou sans parti, qui se reconnaissent dans ses valeurs et  principes. La Responsabilité et l'équivalence entre droits et devoirs à tous les niveaux,  le libéralisme économique,  la solidarité,  le choix d'une évolution réaliste et progressive dans le social et le sociétal,  l'Europe... 

 

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26 février 2010 5 26 /02 /février /2010 17:39

Editorial de Claude Imbert, Le Point du 25 02...


C'est l'histoire, après un atterrissage forcé dans la jungle, de trois rescapés qui aperçoivent un lion. En toute hâte, deux d'entre eux se rechaussent. « Pensez-vous donc, imbéciles, leur lance le troisième, courir plus vite qu'un lion ? - Non, répondent-ils, mais courir seulement plus vite que toi : tu rassasieras le lion... » Devantla crise financière léonine, ainsi s'angoisse l'Europe aux pieds nus avec son euro livré à la faune des marchés. La Chine et les Etats-Unis, rechaussés, la laissent en plan...


L'Amérique a ses chats à fouetter. Malgré une reprise tonique, la dynamique de sa dette est loin d'être enrayée. Le chômage (9,7 %) reste élevé. La popularité en berne d'Obama encourage un Congrès réticent et une Wall Street effrontée. A l'extérieur, sa diplomatie solitaire patine. Et on n'oubliera pas qu'Obama, né à Hawaii, élevé en Indonésie, reste, dans sa géographie intime, un homme du Pacifique. Son atavisme éclaire d'abord l'Asie. Nouveau tropisme après 43 présidents américains tous issus de la souche européenne !

Quant à la Chine, épanouie sur sa démographie, son modèle autoritaire, ses réserves financières et son essor scientifique, elle devient peu à peu « la banque, l'usine et l'entrepreneur impérial de la planète, ce que furent, il y a peu encore, les Etats-Unis »  (1). Lourd symbole : elle prépare en secret des vols habités vers la Lune, à quoi justement Obama vient, ces jours-ci, de renoncer...


Dans ce Yo-Yo international, l'Europe déconfite médite, ces temps-ci, deux messages. D'abord, Obama lui apprend qu'il ne se rendra pas à la rencontre annuelle Europe - Etats-Unis prévue en Espagne pour mai. Une défection cavalière qui fait jaser. Le second signal, tonitruant, lui fut expédié du sommet écologique et stérile de Copenhague : tandis que les Européens, Français en tête, faisaient grand tralala pour rallier la planète à leurs vues, Obama et son homologue chinois s'enfermaient vite fait dans un bureau et, dans notre dos, canardaient nos coquecigrues comme au tir aux pigeons...


Nous autres, Européens, voyons le Vieux Continent de notre fenêtre.
Son passé tragique nous fait apprécier le chemin parcouru et l'avenir nous berce d'espérance. Mais, vu de Washington ou de Pékin, le jugement est moins flatteur. Ils savent certes que le poids global de l'économie européenne en fait la première du monde. Ils savent ce qui lui reste d'influence au Proche-Orient et en Afrique. Mais ils voient dans notre « union » une machinerie bureaucratique si dépourvue de logiciel politique qu'elle ne peut prétendre au podium international. L'Europe n'a pas d'armée. Sa sécurité reste en grande partie sous parapluie américain. Son plus consistant acquis unitaire, c'est l'euro, qui ne circule que dans 16 de ses 27 pays. Et qui se trouve aujourd'hui secoué par la tourmente financière.

A l'heure où la globalisation du monde porte au pinacle la Chine et les Etats-Unis - deux Etats-continents -, l'Europe est un continent sans Etat. « A qui téléphoner ? » raillait jadis Kissinger. A Merkel et Sarkozy ? A l'exécutif bruxellois de la Commission ? A son nouveau président, Van Rompuy, à son acolyte diplomate, Catherine Ashton ? Les Etats-Unis et la Chine renoncent à déchiffrer un directoire byzantin. Et l'Europe esseulée grelotte.


C'est dans cette mélasse que l'euro se voit testé, éprouvé, secoué par les marchés.
Crise majeure pour une Europe défiée sur son symbole monétaire ? Ou crise salutaire, puisque l'Europe ne progresse qu'avec une épée dans les reins ? Le craquement est venu de la Grèce et de ses gouffres financiers dissimulés. Mais l'euro frémit de voir le cyclone déferler, un jour ou l'autre, sur l'Espagne, le Portugal ou l'Italie. En France, hélas, l'opinion ne serre pas les rangs autour de son écu. Les nostalgiques antieuropéens du « non » à Maastricht font de l'euro un pelé, un galeux. « Sans lui, disent-ils sans rire, une France épanouie effacerait ses déficits colossaux par la dévaluation d'un franc retrouvé, et se porterait comme un charme... » Fadaises !


En vérité, l'alerte grecque fait éclater cette évidence qu'il n'est d'union monétaire qui vaille sans gestion économique. On ne rêvera pas de sitôt d'une gouvernance économique des 27. Mais nous serions soulagés de pouvoir, du moins, fortifier l'euro des 16. Comment ? En donnant à l'Eurogroupe le pouvoir d'imposer des obligations nouvelles à ses membres (2). Excessive ambition que ce signal d'une coordination d'abord budgétaire qui préfigurerait, avec le temps et les moyens, l'harmonisation future des systèmes fiscaux et sociaux ? Peut-être est-ce trop demander ? Mais si l'on ne s'y résout pas, le pire est à craindre. Sans chaussures, l'Europe aux pieds nus dépérira dans la jungle. Nous autres, Européens, devrions savoir que l'Europe est mortelle.



1. Mario Roy. La Presse, Montréal. 2. Voir la suggestion d'Edouard Balladur. Le Figaro du 4 février 2010.

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Published by Claude Imbert, Le Point - dans Economie et social
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commentaires

Marc d'Here 26/04/2010 16:04


Nicolas Sarkozy et José Manuel Barroso, réunis lundi matin à l'Élysée, se sont mis d'accord sur "la nécessité d’une action rapide et résolue" contre la spéculation qui lèse la Grèce, "afin
d’assurer la stabilité de la zone euro", dans le cadre d'une "stratégie économique européenne ambitieuse", a indiqué un communiqué de la présidence. En outre, le chef de l’Etat a souligné "son
engagement personnel pour le maintien d’une agriculture européenne forte et vivante s’appuyant sur une politique agricole commune renouvelée".
JDD


Elie Arié 27/02/2010 11:32


Le seul avantage de la ratification du traité de Lisbonne est d'apporter la preuve qu'il ne peut pas marcher...Une direction tricéphale de l' UE ( le Président, le pays qui dirige l' UE, le
Président de la Commission), une Ministre des Affaires Étrangères qui ne peut pas coordonner des diplomaties divergentes de chaque Etat, et, maintenant (ça vient de sortir...) l'idée d'un Ministre
des Finances de l' UE (ou de la zone Euro? on ne le sait pas au juste...) alors qu'il n'y a pas de gouvernement économique de l'UE ni de remise en cause de l'indépendance de la BCE...Si le ridicule
tue, le traité de Lisbonne ne devrait pas tarder à rendre l'âme (s'il en a une).

La démonstration par l'absurde est toujours probante et souvent amusante: mais était-elle indispensable?


Marc d'Here 27/02/2010 17:32


Pardonne-moi mais je cesse provisoirement de répondre à tes sornettes. Celle-ci venant s'ajouter à ton dernier commentaire sur l'Eurogroupe (auquel j'ai répondu) et d'autres récentes sans
queue ni tête.
Que se passe-t-il Elie?


Elie Arié 27/02/2010 00:10


" En donnant à l'Eurogroupe le pouvoir d'imposer des obligations nouvelles à ses membres": il m'est toujours agréable de voir le thème majeur de la campagne de Chevènement de 2002 repris par tant
d'autres, mais il fallait, hélas! que la crise passe par là pour leur ouvrir les yeux, et que cessent les railleries...


Marc d'Here 27/02/2010 09:33


Tu plaisantes...Promouvoir et renforcer l'Eurogroupe, a toujours été une volonté des pro Européens des rocardiens aux deloristes et  aux centristes...Ceux qui préconisaient le OUI en 2005
défendaient le renforcement de l'Eurogroupe...Cela s'exprimait souvent sous la forme d'un gouvernement économique de l'Europe
C'est par ailleurs une demande constante de Nicolas Sarkozy, et une action résolue de sa part en ce sens...

Chevènement? Tant mieux s'il y devient favorable...Je pense toujours  qu'il n'est pas impossible qu'il se décide à rejoindre la majorité (s'il estime que nous avons une bonne  chance
de gagner!)...Plusieurs de ses amis, parmi les plus lucides, tu le sais bien, ont déjà rejoint La Gauche Moderne...