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Contact: marcdhere.mdh@gmail.com 

 RECONQUÊTE est un  mouvement en construction. Ce n'est pas un parti politique, mais un Cercle de Réflexion et d'Action, ouvert à tous ceux, à quelque parti qu'ils appartiennent, ou sans parti, qui se reconnaissent dans ses valeurs et  principes. La Responsabilité et l'équivalence entre droits et devoirs à tous les niveaux,  le libéralisme économique,  la solidarité,  le choix d'une évolution réaliste et progressive dans le social et le sociétal,  l'Europe... 

 

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13 mai 2014 2 13 /05 /mai /2014 07:26

 

Par Charles Grave pour l'excellent blog de "l'Institut des Libertés"...

 

 

Thomas Sowell , le grand économiste Américain, est à l’origine de  cette appellation ‘ »Oint du Seigneur » dont je me suis souvent servi dans le passé.Les oints du Seigneur sont ces intellectuels que personne n’a jamais élu mais qui ont des idées très arrêtées sur la façon dont l’économie devrait être gérée au bénéfice des damnés de la terre dont ils sont bien sur les seuls à avoir les intérêts à  cœur.

Leur raisonnement se déroule toujours en trois phases, nous dit Sowell.

  1. Ils commencent par identifier un problème qui peut être réel ou ne pas l’être, peu importe. Ce problème a toujours comme origine commune un « dysfonctionnement » du marché. Comme tout individu normal le sait, la caractéristique du marché est qu’il ne fonctionne pas.
  2. Ils proposent donc une solution, qui bien entendu requiert une forte intervention de l’Etat, ce qui accroîtra leur, pouvoir à eux, puisqu’ils sont les grands Prêtres seuls autorisés à présenter les offrandes sacrificielles à l’idole « Etat ».
  3. Quand  il devient évident que leurs actions ont transformé une situation normale en un vrai désastre, ils expliquent gravement que la catastrophe vient du fait que l’on a appliqué leurs idées beaucoup trop timidement, que la situation eût été bien pire si l’on n’avait rien fait et que d’ailleurs , ils ont un nouveau plan…  ce qui nous ramène à  la phase 1…Et ainsi de suite. (Voir l’Euro par exemple).

 

Thomas Piketty est l’un des grands espoirs Français de la classe Oint du Seigneur (au sens Marxiste du terme) et comme toute cette classe il a ardemment milité pour l’élection de monsieur Hollande à la Présidence de la République.

Une fois élu, le bon garçon qu’est monsieur Hollande a suivi  à la lettre les conseils de monsieur Piketty et a augmenté massivement les impôts sur le Capital. Etape Numéro 1

Le résultat fut bien entendu un désastre complet (Etape Numero 2°, et toujours bien entendu, monsieur Piketty a sorti un gros livre pour expliquer que si sa politique avait échoué c’était parce qu’elle  n’avait pas été ASSEZ appliquée et qu’il fallait l’appliquer au monde entier…(Voir Etape numéro 3 plus haut…). Et ce livre est devenu un « best seller ».

 

L’extraordinaire dans toute cette affaire est que l’analyse de monsieur Piketty  est fondée sur une erreur logique qu’un débutant ne devrait pas faire et que peu de personne à ma connaissance, ont relevé à ce jour.

Sa thèse est la suivante. ( NDLR On s’accroche, ce n’est pas si compliqué)

Si R représente la rentabilité du capital investi et si G est le taux de croissance de l’économie, comme R>G , les profits  croîtront plus vite que les autres revenus, ce qui veut dire que les riches deviendront plus riches et donc les pauvres plus pauvres.

Déjà , voila qui est idiot. Ce n’est pas parce que les riches deviennent plus riches que les pauvres deviennent plus pauvres. Comme le dit le proverbe Chinois, c’est quand les gros maigrissent que les maigres crèvent de faim. Mais enfin, passons sur cette première ânerie. Car l’ânerie suivante est d’une amplitude bien plus considérable.

Piketty  confond à l’évidence la rentabilité sur capital investi et le taux de croissance des profits, ce qui est à peine croyable.  

 

Je suis actionnaire dans une boulangerie industrielle dans le Sud Ouest de la France. Cette affaire a une rentabilité de 20 % sur le capital investi, mais il est hors de question de réinvestir les profits à 20%. Si nous utilisions les profits pour acheter plus de machines ou embaucher plus de gens, nous ne vendrions pas un pain de plus et notre rentabilité s’écroulerait. En termes simples, cela veut dire que la rentabilité marginale du capital et du travail est de … zéro. Les actionnaires prennent donc les profits et se les distribuent, à charge pour eux de les investir dans des endroits où la rentabilité marginale du capital est plus forte.

 

A l’autre extrême, je peux trouver une société qui aura une rentabilité très faible, mais un taux de croissance de ses bénéfices très élevé (je pense à Amazon ou à Samsung)

Toutes les sociétés dans le monde peuvent être  « cartographiées » en fonction de ces deux critères :

-       rentabilité immédiate sur capital investi et

-       croissance des bénéfices,

 

mais comme chacun peut le voir il s’agit de deux notions complètement différentes.

 

Commençons par la croissance des bénéfices: sur le long terme, la croissance des profits ne peut pas être supérieure à la croissance du PIB, sinon, au bout d’un certain temps , les profits représenteraient 99.99% du PIB, ce qui est idiot.Continuons par la rentabilité du capital. Si la rentabilité de ma boulangerie baissait pour se retrouver en dessous du taux de croissance de l’économie, Robligé de la fermer puisque le capital libéré aurait une rentabilité plus forte si j’achetais une obligation d’Etat , dont le rendement est égal au taux de croissance de l’économie (G).

Par construction, TOUTES les activités sans croissance doivent avoir une rentabilité supérieure au taux de croissance de l’économie sinon, elles doivent fermer.

Les deux branches de la démonstration de monsieur Piketty n’ont donc aucun sens économique. Ce cher homme est un ignoramus de la pire espèce, c’est à dire un ignoramus pédant.

 

Ce que fait notre  « oint du Seigneur » c’est simplement de nous resservir le vieux brouet Marxiste de la « paupérisation inéluctable  du prolétariat ». L’histoire des 200 dernières années ainsi que l’émergence de 2 milliards de personnes de la pauvreté la plus absolue a une honnête aisance dans les 20 dernières années montrent à  quel point nous ne sommes pas ici dans l’analyse des faits mais dans des incantations de nature religieuse, faisant appel au pire des sept péchés capitaux, l’Envie…

Il n’en reste pas moins que Marx avait écrit ce qui a été prouvé comme faux par l’expérience bien avant que Bohm- Bawerk, Von Mises, Jevons, Alfred Marshall, Wicksell, Schumpeter ne  publient leurs travaux sur la notion de la rentabilité marginale du capital investi. . .

 

Ces grands hommes essayaient de répondre  à la question suivante: Quelle accroissement de la  rentabilité suis- je en droit d’attendre si je mets au travail une unité supplémentaire de capital? (dans le cas de ma boulangerie, la réponse est zéro, et donc je n’investis pas).

Je plains les élèves de monsieur Piketty tant il semble qu’il n’ait pas compris cette notion alors qu’elle a été mise à  jour il y a plus de 100 ans…

 

La question suivante est bien sur de se demander pourquoi ce livre entaché d’une erreur aussi grotesque est il devenu un best seller?

La réponse nous est fournie par un autre grand économiste et sociologue de la même époque, Wilfredo Pareto. Pour les gens au gouvernement, les théories peuvent se scinder en quatre groupes.

  1. Celles qui sont fausses et inutiles
  2. Celles qui sont vraies et utiles
  3. Celles qui sont vraies et inutiles
  4. Celles qui sont fausses et utiles

Les oints du Seigneur définissent l’utilité d’une théorie non pas en fonction des résultats qu’elle va obtenir dans la vraie vie, pour le peuple, mais en fonction d’un autre critère: cette théorie va t’elle leur permettre d’arriver au pouvoir et de s’y maintenir. Par exemple la Lutte des Classes et le Keynésianisme qui ont toujours amené à  des désastres invraisemblables partout où ces théories ont été appliquées , mais elles ont toujours fort bien servi les intérêts de mes chers Oints du Seigneur.

 

Et la théorie de monsieur Piketty, médiocre avatar de celle de la lutte des classes arrive à point nommé.Mais qui sont ces oints du Seigneur et d’où viennent ils?

 

Schumpeter nous fournit la réponse à cette question.

Dans « Capitalisme, Socialisme et Démocratie » ce grand esprit fait l’analyse suivante :

Le capitalisme, en autorisant la création destructrice entraine une immense augmentation du niveau de vie, qui va permettre un développement foudroyant de l’éducation.

Un certain nombre des gens nouvellement éduqués ne trouveront pas la place dans la Société à  laquelle ils aspiraient et en ressentiront un très fort dépit. En suivant les conseils de Gramsci, ils essaieront de prendre le contrôle du système éducatif et de la Culture pour enseigner aux jeunes que le Capitalisme ne fonctionne pas et qu’il faut le remplacer par le Socialisme. Au bout de trente à quarante ans, le système politique tombera comme un fruit mur dans leurs mains. Ces gens là , nous dit Schumpeter, arriveront à  prendre le contrôle de l’économie en capturant le système politique et nous ramènerons à  terme à  un système clérical où les grands prêtres géreront la pénurie, qu’ils auront créée, à leur profit exclusif. On le voit le « projet » socialiste, c’est le retour à l’Egypte des Pharaons.

 

Que le lecteur me comprenne bien.

En aucun cas, je ne suis contre l’éducation, toute ma vie prouve le contraire.

En revanche, je suis férocement contre un système éducatif CENTRALISE, car si des forces mauvaises en prennent le contrôle, cela met en cause non seulement notre bien être et celui de nos enfants et petits enfants, mais aussi notre Liberté Individuelle.

 

C’est exactement ce qui s’est passé en France.

Une classe Cléricale, mal éduquée , incompétente a pris le pouvoir dans les milieux éducatifs et culturels il y a cinquante ans et elle mène notre pays à sa perte.Le cœur du cancer qui ronge la France, c’est l’Education Nationale et le ministère de la Culture. Et pourquoi cette classe hait-elle à ce point le Libéralisme?

Parce qu’elle sait fort bien, nous dit Raymond Boudon, que dans un système libéral, cette cléricature serait payée à sa juste valeur.

Piketty, incompétent et de nature jalouse en est une émanation parfaite et comme tel, il est fêté dans le monde entier par ceux qui haïssent la Liberté et ils sont nombreux.

 

Rien de nouveau donc, aurait sans doute dit J.F Revel, en riant beaucoup pour dissimuler son indignation.

 

 

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27 octobre 2012 6 27 /10 /octobre /2012 09:49

Reuters et Lepoint.fr...

EXTRAITS...

 

Sanctionné pour sa politique d'austérité, le couple exécutif subit un effondrement de sa popularité, au risque d'être incité à freiner les réformes structurelles et de nuire à la signature de la France que la rigueur budgétaire a permis de protéger.

 

La volonté affichée par le gouvernement de réduire les déficits publics s'est jusqu'ici révélée payante sur les marchés financiers, lui permettant de bénéficier de coûts de financement à des plus bas record pour la France.

 

Le choix de recourir principalement aux hausses d'impôts pour respecter l'engagement de ramener le déficit public à 3% du produit intérieur brut fin 2013 se révèle en revanche coûteux politiquement.

...

 

"Le choc fiscal a aiguisé l'insatisfaction à l'égard d'un exécutif auquel l'opinion reprochait déjà de n'avoir pas répondu à ses attentes primordiales en termes d'emploi et de pouvoir d'achat" renchérit Frédéric Dabi, de l'institut de sondage Ifop. Il relativise toutefois sa chute de popularité, évoquant une phase de stabilisation après un fort recul.

 

François Hollande enregistre le taux d'adhésion le plus faible d'un président sous la Ve République après moins de six mois de mandat, sur fond de cafouillages gouvernementaux à répétition et de flottements autour du thème de la compétitivité en plein ralentissement de la croissance.

 

"Le gouvernement est un peu pris dans un cercle vicieux : d'un côté il met volontiers en avant ses faibles coûts de financement sur les marchés et justifie les hausses d'impôts par la nécessité de les préserver. Mais de l'autre, les augmentations d'impôt sont très impopulaires et risquent de l'empêcher de faire les réformes nécessaires pour la croissance", juge Nicolas Bouzou, économiste du cabinet Asterès.

 

A l'issue des dernières adjudications de dette à moyen et long terme de la semaine dernière, le taux moyen de financement (toutes maturités confondues) de la France est tombé à un nouveau plus bas record de 1,93% selon les dernières données de l'Agence France Trésor (AFT), qui gère la dette de l'Etat.

 

Les perspectives de croissance comme les réformes structurelles sont toutefois perçues comme déterminantes aussi bien par les investisseurs internationaux, qui détiennent près des deux tiers de la dette publique négociable française, que par les agences de notation.

"Si la France n'est pas capable de faire des réformes, les investisseurs vont commencer à s'inquiéter et c'est là qu'on pourrait avoir des problèmes, beaucoup plus que sur le 3% de déficit", prévient Philippe Gudin de Vallerin, chef économiste Europe de Barclays.

"Le 3%, c'est une question totalement annexe, c'est ridicule d'accorder autant d'importance à cela", souligne-t-il. Pour lui, la vraie question est de savoir si la France va renouer avec la croissance et conduire les réformes qui ne l'ont jamais été, notamment sur la compétitivité et le marché du travail.

 

L'écart de rendement à 10 ans entre la France et l'Allemagne tombé la semaine dernière à 51 points de base, au plus bas depuis la résurgence de la crise des dettes souveraines de la zone euro au printemps 2011, a repris depuis 10 points de base.

 

L'agence de notation Standard & Poor's, qui a abaissé jeudi la note à long terme de BNP Paribas et la perspective des notes de dix autres établissements en citant l'augmentation des risques économiques pour le secteur bancaire français, a explicitement évoqué la possibilité de le faire aussi avec la note souveraine de la France.

S&P avait abaissé début 2012 à AA+ la note de la dette souveraine de la France, qui conserve la note maximale "triple A" auprès des deux autres grandes agences, Moody's et Fitch.

Les trois ont toutefois une perspective négative sur la dette française et ont toutes souligné l'importance qu'elles attachent à la mise en oeuvre de réformes structurelles dans leur appréciation de la solvabilité à long terme du pays.

Moody's a signalé qu'elle conclurait "dans les semaines à venir" une évaluation de sa note de la France.

...

 

 

Trois obstacles se conjuguent selon lui [ Nicolas Bouzou] à la mise en oeuvre de réformes en France : l'absence de croissance, la popularité très faible de l'exécutif et un président qui ne s'est pas fait élire sur un programme de réformes importante.

Le gouvernement a toutefois ouvert plusieurs chantiers, de la négociation sur l'emploi au renforcement de la compétitivité.

"La compétitivité des produits français à l'étranger, l' efficacité du système administratif, la taxation de la rente improductive comme l'immobilier plutôt que de la richesse productive comme les entreprises ou l'efficacité énergétique sont autant de sujet politiquement et socialement sensibles", reconnaît Pierre-Olivier Beffy.

 

"Difficile de les attaquer sans être mis à terme au pied du mur par les Français ou les marchés" ajoute-t-il. A moins, bien sûr, que ce ne soit par les deux.

 

 

Marc Joanny avec Jean-Baptiste Vey et Raoul Sachs, édité par Yann Le Guernigou

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22 décembre 2011 4 22 /12 /décembre /2011 20:49

 

Article publié dans le Figaro du 22 12...

 

L'ancien chancelier social-démocrate allemand, auteur des réformes qui ont redonné sa compétitivité à son pays, a été reçu mardi soir par Nicolas Sarkozy. Il explique au Figaro sa vision de la crise de l'euro.

LE FIGARO. - Vous avez engagé des réformes en Allemagne qui sont souvent citées en exemple. Compte tenu de votre expérience, que pensez-vous du processus de réforme engagé en France ?


Gerhard SCHRÖDER. -Je ne conçois pas nos réformes comme un modèle, mais comme une nécessité dont d'autres pays européens vont devoir tenir compte. Les réformes nécessaires en France et en Allemagne ne sont pas toutes les mêmes. En 2003, nous avons lancé l'Agenda 2010 car l'Allemagne était une société vieillissante avec un taux de natalité faible. Il fallait aussi augmenter notre compétitivité face à la mondialisation. La France n'a pas de problème de natalité, mais a les mêmes difficultés en matière de compétitivité. Les réformes entreprises par Nicolas Sarkozy vont dans la bonne direction, en particulier en ce qui concerne les retraites. Même si je ne suis pas certain que la limite de 62 ans soit suffisante. En revanche, il faut peut-être que la France améliore la structure du marché du travail pour obtenir la compétitivité nécessaire.

Vous avez lancé votre cycle de réformes en 2003, et vous avez été battu en 2005. Considérez-vous que Nicolas Sarkozy court le risque de perdre les élections en France ?

Il y a dans les démocraties développées un problème de fond. Les réformes sont difficiles, et leurs effets bénéfiques n'interviennent que des années plus tard. Cela crée un décalage entre la décision et son résultat. Et dans cet intervalle, la démocratie peut vous sanctionner. Je sais de quoi je parle, car j'en ai fait l'expérience. Bien des choses qui ont rendu l'Allemagne forte et dont profite Angela Merkel sont liées à l'Agenda 2010. Je n'ai pas de conseils à donner aux candidats français. Nous avons décidé que les réformes étaient indispensables, au risque de perdre les élections. À l'époque, nous avions eu du mal à convaincre. Il faut une meilleure stratégie de communication. Il faut que le coeur de la campagne porte sur l'explication des réformes.

Daniel Cohn-Bendit a dit qu'il serait plus efficace de conduire les réformes avec un gouvernement d'union nationale. Cela vous paraît-il utile ?

Il faut toujours s'attendre à des surprises avec Daniel Cohn-Bendit. Plus il vieillit, plus c'est un homme d'État ! Je ne pense pas qu'on ait besoin d'un gouvernement d'union nationale pour imposer des réformes. On a juste besoin de volonté et d'une majorité au Parlement. Nous avons prouvé qu'il était possible de le faire avec un gouvernement rouge-vert.

Avez-vous vu François Hollande à l'occasion de votre séjour parisien ?

Non et je n'ai pas prévu de le faire. En tant que premier secrétaire du Parti socialiste, François Hollande a travaillé très étroitement avec Oskar Lafontaine (rival de Gerhard Schröder au SPD, qu'il quittera en 2005 pour fonder Die Linke, un parti « antilibéral », NDLR). Pas avec moi. C'est pourquoi il n'existe pas de relation entre nous.

François Hollande devrait-il défendre, en tant que candidat à la présidentielle, le principe de la règle d'or ?

La règle d'or, que nous appelons, en Allemagne, « frein sur la dette », est un principe raisonnable. Mais il doit offrir assez de souplesse pour réagir à des situations comme celle provoquée par la faillite de Lehman Brothers ou la crise de l'euro aujourd'hui.

Ne craignez-vous pas qu'on plonge l'Europe dans une récession avec toutes ces mesures d'austérité ?

Je le redoute. Il faut un équilibre entre les mesures d'austérité, qui différeront par pays en fonction de leur dette, et une politique de croissance. Je pense que les fonds européens, les fonds de cohésion, doivent servir à stimuler la croissance. La taxe sur les transactions financières, pour laquelle la France s'est particulièrement mobilisée, doit devenir une taxe européenne destinée à financer la croissance.

L'Allemagne devrait-elle participer à cet effort de relance ?

L'austérité seule ne nous sortira pas de la crise, le financement de la croissance doit s'y ajouter. Les pays qui ont encore de la marge de manoeuvre devront en faire davantage. Pour l'Allemagne, cela signifie qu'il faut soutenir la demande intérieure, notamment avec des salaires plus élevés que par le passé.

Au dernier sommet de Bruxelles, on a constaté un nouvel équilibre européen. Approuvez-vous l'idée d'une Europe du premier cercle, bâtie autour d'une plus forte intégration des pays de la zone euro ?

C'est dans la logique même de l'union monétaire. L'erreur fut de ne pas l'avoir fait depuis longtemps ! Quand vous avez une monnaie commune, la coordination doit dépasser la politique monétaire. Il faut aussi coordonner la politique économique et financière, voire la politique sociale. Nous n'avons, en mon temps, pas pu faire cela, car nous avons trop veillé à ce que des pays comme la Grande-Bretagne, dont le but n'a jamais été de rejoindre l'euro, puissent participer aux conversations sur le sort de la zone euro. En ce sens, le « non » très net du président Sarkozy, auquel s'est jointe ensuite Angela Merkel, opposé aux exigences britanniques de faire des exceptions pour la City est une vraie avancée. Cela a clarifié la situation. Mais il est décisif de trouver des formes de collaboration entre les pays extérieurs à la zone euro et la zone euro.

Y a-t-il des précautions à prendre pour que le futur traité ne soit pas saboté par Londres ?

Il faut que les dix-sept pays de la zone euro transposent rapidement les décisions qui ont été prises, sans se laisser déranger par les Britanniques. On ne doit pas tolérer qu'ils retardent le processus de transposition.

Comment jugez-vous le fonctionnement du couple franco-allemand depuis la crise grecque ?

Les décisions qui viennent d'être prises auraient dû l'être il y a dix mois. Mais, à l'époque, l'Allemagne n'était pas prête. C'est une vieille habitude d'entendre les autres pays membres de l'Union se plaindre d'un diktat franco-allemand. Quand les Français et les Allemands renoncent à s'entendre en amont d'un sommet, les autres États membres demandent : « Pourquoi ne vous êtes-vous pas mis d'accord ? Cela aurait fait avancer l'Europe ! »

Certains socialistes français ont parlé d'une « capitulation » de Paris devant Berlin...

Ces affirmations sont fausses. Elles sont dues au contexte électoral. La France n'a pas de raison de penser qu'elle a été lésée. L'Allemagne a par exemple accepté, à Bruxelles, le principe d'une gouvernance économique. C'est une vieille demande française, qui a été longtemps combattue par les partis qui forment aujourd'hui le gouvernement allemand. Je ne dirai donc pas que le point de vue allemand se soit imposé. Les deux côtés ont appris de part et d'autre, et ce n'est pas si mal.

Au début de la crise, l'Allemagne a semblé tentée de jouer sa carte seule dans la mondialisation. Depuis l'été, le ton a changé. L'Allemagne vous paraît-elle décidée à jouer la carte de l'Europe ?

Oui, je pense. Je regrette que le gouvernement allemand ait, au début de la crise, cru bon de se joindre à une campagne populiste à l'égard de la Grèce. Entre-temps, le gouvernement a compris que l'avenir de l'Allemagne est en Europe. C'est pourquoi l'Allemagne est en première ligne pour défendre l'intégration de l'euro. Dieu merci, il n'est pas trop tard, mais j'aurais souhaité que cette prise de conscience arrive plus tôt.

Êtes-vous sûr que la zone euro ne va pas éclater ?

Personne ne peut en être sûr. Un éclatement de la zone euro représenterait une catastrophe pour les gens et pour leur travail. On doit, sans oeillères ni préjugés, employer tous les instruments qui existent pour stabiliser la zone euro.

Y compris en encourageant la Banque centrale européenne à intervenir plus fortement encore sur le marché de la dette ?

Cette question ne doit pas être une question théorique de politique de régulation. Elle doit être abordée sous l'angle de la nécessité d'une intervention de la BCE. S'il n'y a pas d'autre possibilité de stabiliser l'euro, alors il relève de la responsabilité de la BCE de faire quelque chose. Et les responsables politiques devraient soutenir cela.

Dans la panoplie des instruments, il y a les eurobonds. Y êtes-vous favorable ?

Sous certaines conditions, certainement. Bien sûr, on ne peut le faire que si on s'est mis d'accord, au préalable, sur des points essentiels de la politique de stabilité. Je suis favorable au financement par des eurobonds jusqu'à un certain taux, ensuite il reviendrait aux États de porter le risque seuls s'ils continuent de s'endetter. On peut aussi envisager de transformer le FESF en banque, comme le demande la France, afin qu'il puisse être refinancé par la BCE. Actuellement, les conditions ne sont pas encore réunies en Allemagne, mais j'espère qu'elles vont l'être. Et je suis assez sûr que le gouvernement allemand va revoir sa position... si les conditions sont bonnes. Je n'ai pas de relations avec François Hollande. Quand il était premier secrétaire du PS, il travaillait avec Oskar Lafontaine...

Propos recueillis par Charles Jaigu, Marie-Catherine Beuth et Pierre Rousselin

 

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17 novembre 2011 4 17 /11 /novembre /2011 19:27

 

 

Article du Parisien.fr du 17 novembre...

 

Bonne nouvelle pour les petites et moyennes entreprises (PME). Leur financement public va être renforcé et les patrons vont bénéficier d'un interlocuteur unique en régions pour simplifier leurs démarches de recherche de fonds propres. a annoncé ces mesures ce jeudi à l'occasion du troisième anniversaire du Fonds stratégique d'investissement (FSI), détenu à 51% par la Caisse des dépôts et consignations et à 49% par l'Etat.

 

Les financements directs et indirects du FSI augmentés

Ce fonds participe à travers le programme France Investissement à 221 fonds régionaux et nationaux à capitaux principalement privés, qui investissent plus d'un milliard d'euros chaque année pour le financement des petites et moyennes entreprises (PME). «Nous avons décidé de renforcer la contribution publique à ce programme en la portant de 300 à 500 millions par an», a annoncé le chef de l'Etat. «Le FSI contribuera désormais directement à l'effort en faveur des entreprises innovantes grâce à une enveloppe de 250 millions d'euros d'investissements direct», a-til poursuivi.

Aide au financement : un interlocuteur unique en régions


«Je veux aussi que le FSI soit plus présent sur le terrain, en région, et renforce son activité de soutien direct aux PME», a ajouté le président, appelant à une action «mieux coordonnée» des organismes d'aide au financement. Ce soutien à la recherche de fonds sera désormais coordonné au sein d'un guichet unique FSI-régions. Les collaborateurs de cet interlocuteur seront accueillis sur les sites d'Oseo, la banque publique de financement des PME et de l'innovation présente sur tout le territoire et forte de 1600 collaborateurs, précise le Pdg d'Oseo, François Drouin.

Le FSI, doté de 20 milliards d'euros d'actifs à son lancement, apportera de plus 350 millions d'euros à FSI-Régions pour financer directement des entreprises. «L'entrepreneur veut de la simplicité, de la réactivité et de la lisibilité», estime François Drouin.

Leparisien.fr

 

 Voir aussi le discours du Président de la République à Bordeaux (15 novembre 2011) sur la préservation du modèle social français : http://libertesegales.canalblog.com/archives/2011/11/16/22698892.html

 

 

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13 novembre 2011 7 13 /11 /novembre /2011 20:57

 

Editorial de Claude Imbert, dans Le Point du 10 11...

 

Le monde ne nous lâche plus. Il déferle en funestes accélérations qui défient toute maîtrise. Accélération démographique de la fourmilière humaine : il fallut 7 millions d'années pour qu'elle atteigne, il y a deux siècles, son premier milliard, mais elle l'aura depuis multiplié par sept : vertige ! Accélération de la crise du système marchand né d'un fol endettement occidental : vertige ! Accélération, sur notre Vieux Continent, d'un incendie politique qui, parti du foyer grec, met tout l'Euroland dans la panique : vertige ! Accélération, enfin, de l'impitoyable imbrication d'une planète globalisée. Les 20 nations les plus riches de la Terre ont vu, à Cannes, leurs louables gamberges bousculées par une onde de choc prémonitoire : après le coma de la petite Grèce, les convulsions de l'Europe ont remué jusqu'à l'immense Chine, inquiète d'une clientèle aux abois.

 

Pour l'heure, ces séismes et leurs répliques ébranlent surtout le piédestal occidental. Aux Français, fort exposés, il ne reste que l'usage et le courage de la raison. Elle suggère des soins radicaux avant que ne s'imposent les soins palliatifs.

 

Sur l'accélération démographique mondiale, je suis loin de partager l'enjouement des religions natalistes et de maints démographes. Ils sont ravis - nous aussi - de constater, contre Malthus, que la Terre est encore théoriquement capable de nourrir les 9 milliards qui se profilent. Ravis encore de saluer la chute impressionnante de la fécondité dans les pays riches et émergents. Et d'en déduire que la population humaine va enfin décroître dans un demi-siècle.

 

Hélas, la décrue annoncée, lente et inégale, discrédite toute comptabilité globale. Six milliards de pauvres décroîtront moins vite que le milliard de riches. L'Europe rétrécit mais l'Afrique, en doublant, atteindra les 2 milliards. La Chine, avec plus de 20 % de l'humanité, ne détient que 10 % des terres arables et reparle d'"espace vital" ! Surtout, l'inégalité est grosse de migrations massives, de tensions et de conflits autour de ressources limitées en eau et en énergies fossiles. Enfin, et ce n'est pas le moindre, la prolifération actuelle accroît la surcharge écologique, l'effet de serre, les mégalopoles polluées.

 

Les remèdes ? Chez les pauvres, évidemment, l'éducation, l'école des filles : instruites, elles limitent des naissances pour 40 % non désirées. Mais, en Afrique (voire en Amérique), le déclin des puissantes religions natalistes - chrétienté, islam - n'est pas pour demain. Et chez les riches, et ceux qui le deviennent, le frein à la surconsommation, non plus ! Or les pauvres et les émergents en rêvent. Si toute l'humanité consommait comme nous, la vie sur Terre deviendrait intenable. On en est encore loin. Et l'optimisme niche pour les uns dans ce répit. Pour d'autres, dans le refus de rêvasser aux énigmes d'un avenir reculé. L'espérance aux ailes rognées ne vole pas si loin.

 

L'avenir immédiat suffit d'ailleurs amplement à occuper la France. Sa longue incurie lui impose une dure épreuve politique et culturelle. Elle a vécu, trente années durant, au-dessus de ses moyens. Elle l'ignore ou veut l'ignorer. Son peuple vit dans la sacralisation des "avantages acquis", des certitudes acquises."Une société en fin de course vivant d'acquis sociaux", dit un financier chinois.

 

Dans l'Europe, qu'une majorité, à droite et à gauche, soutient encore de ses voeux, la France n'a pas le prestige qu'elle affiche. La fermeté et l'énergie indiscutables de Sarkozy l'ont à deux reprises, en 2008 et ces jours-ci, écartée du gouffre. Mais elle doit ce sauvetage à une entente étroite, acharnée, avec une Allemagne qui se porte mieux qu'elle.

 

La France parle mieux qu'elle n'agit. Elle a plus d'imagination que de capacité. Sarkozy lui-même a, dans ses débuts euphoriques, cédé aux sirènes du déficit et refusé, dans l'état de grâce de son élection, la diète sévère qui désormais s'impose avec une sévérité accrue. La Grèce est agonisante. L'Italie sous une semi-tutelle. La France sent le vent du boulet.

 

On sait où, chez nous, le bât blesse. C'est que le peuple refuse de plus en plus sa confiance aux dirigeants qui ne l'ont que trop abusé. La démocratie représentative bat de l'aile. Le pire se cache dans sa décadence. Quand la providence défaille, c'est l'homme providentiel que l'on invoque vainement avec ses recettes à l'emporte-pièce. Quant à notre élection présidentielle, elle jettera dans la balance le pire : la démagogie. Et le meilleur : la pédagogie de vérités longtemps cachées.

 

Contre le vertige souverainiste, l'Euroland ne se sauvera qu'avec un supplément vital de gouvernance commune. C'est peu dire que le consensus sera difficile à débusquer. S'il advient, il obéira aux règles des pays vertueux. La France doit, mordicus, en faire l'apprentissage. Faute de quoi sa voix, encore audible, se perdra dans le vent...

 

Claude Imbert

 

 Voir aussi l'article: donnons un message d'optimisme: http://libertesegales.canalblog.com/archives/2011/11/10/22640745.html

 

 

 

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6 octobre 2011 4 06 /10 /octobre /2011 10:43

 

Cet article a été écrit en Février 2009...Je n'y change rien, même si certains faits sont liés à l'actualité de l'époque...

 

Sur la crise internationale et sur ses répercussions en France, règne un discours unique et convenu, qui occulte ou refuse de reconnaître un certain nombre d’évidences que je vais essayer de mettre en lumière.

 

La crise que nous vivons est une crise internationale, venue des Etats-Unis, d’une ampleur que nous  n’avons jamais connue, et il est donc impossible que la France puisse  y échapper. Cela doit être constamment rappelé et devrait rester en toile de fond de toute explication ou recherche de solution.  Or, quand il est question de la crise en France, cet aspect est de plus en plus souvent « oublié », notamment par les divers opposants. On a presque l’impression à les écouter (vérifiez-le, c’est saisissant), que la responsabilité principale de la crise incombe à Nicolas Sarkozy et qu’elle ne touche la France que parce que les solutions qu’il propose et met en pratique sont inadaptées.

A l’inverse il semble, à lire certains, que  l’application des « solutions » du PS ou des syndicats (si elles étaient cohérentes entre elles et applicables !) agirait instantanément et que les Français se trouveraient alors miraculeusement transportés dans un monde « hors crise ».  Ce n’est pas dit comme cela, mais il suffit d’entendre les leaders de l’opposition, certains syndicalistes médiatiques (et la plupart des journalistes du service public) pour sentir que cela est largement sous-entendu.

 

 

La crise internationale n’épargne personne, aucun pays. Pourtant, la France est sans doute un des pays qui a été le moins touché par la crise financière et aujourd’hui par la crise économique. Cette réalité, fort peu souvent relevée en France, mais remarquée par la presse anglo-saxonne, n'est jamais reconnue par l’opposition, et toujours exclue des débats lorsqu’un orateur a la malencontreuse idée de la rappeler. Les raisons  de cette relative protection de notre pays sont diverses, dues certainement à notre organisation économique et sociale, mais on ne peut tout à fait exclure que la politique menée par le gouvernement depuis deux ans et sa réactivité depuis six mois n’y soient pour quelque chose.

 

Loin de rester inerte face à la crise (les bras ballants disait Mme Royal avec la justesse habituelle de ses expressions !), Nicolas Sarkozy a réagi très vite, a tout fait pour entraîner les autres Européens, a favorisé au  maximum la coordination des plans européens, et a provoqué la réunion du G20, qui devrait tenir une nouvelle réunion à Londres le 2 avril, dont l’objectif est tout simplement de lancer les bases d’une refondation du capitalisme. Si l’on a, bien sûr, oublié et passé par profits et pertes cette action particulièrement efficace (il est de bon ton dans le discours unique d’aujourd’hui de nier l’importance de la présidence française  de l’Europe !), il serait utile, au lieu de la dénigrer, de soutenir la volonté de Nicolas Sarkozy, de parvenir à faire de cette réunion capitale de Londres un succès et une étape vers une nouvelle régulation du capitalisme. Un appui des forces politiques  et sociales françaises et européennes donneraient à Sarkozy et à Angela Merkel, un poids, une légitimité et une capacité de convaincre supplémentaires.

 

Le plan de relance de 26 milliards (dont 75% doivent être utilisés en 2009) venant après les plans de soutiens aux institutions financières, suivi du plan de 7 milliards pour l’automobile, ainsi que par le milliard et demi d’ores et déjà annoncé pour le 18 février, représente un effort important, d’application rapide, et dirigé en priorité vers ce qui est essentiel, l’investissement, condition de la modernisation de l’économie, du renforcement et de la survie des entreprises,  de la préservation de l’emploi. J’ai beaucoup de mal à penser que les syndicats puissent croire qu’une autre orientation basée sur la consommation (à l’aide de primes versées une fois et dont l’effet s’évanouit immédiatement, ou d’augmentation du SMIC qui provoque hausse des coûts et, dans la situation des entreprises,  risques de licenciements), puisse être envisagée.

 

 

Les Français, sont forcément atteints par la crise internationale, mais ils le sont relativement moins, d’une manière  et dans des proportions, qui ne justifient guère l’allure des manifestations que diverses corporations animent  chaque semaine, ou de celle  que l’on nous annonce déjà pour le 19 mars !

En fait, la crise peut avoir des répercussions plus ou moins fortes dans deux domaines : l’emploi et le pouvoir d’achat.  Les actions envisagées par le gouvernement visent très précisément à aider les victimes de l’un et de l’autre.

 

 On peut constater d'abord que certains ne sont en rien exposés directement à la crise, qu’ils traverseront sans rien perdre, ce sont les membres de la fonction publique. 5 millions de personne que la crise ne touchera ni dans leur emploi ni dans leur pouvoir d’achat. Et pourtant, curieusement ce sont eux  qui manifestent. Est-ce par altruisme ? Ou plutôt pour une autre raison dont nous parlerons plus loin, en tous cas, dans ces circonstances encore, le terme de « salariés protégés » les définit parfaitement bien.

Les plus aisés des Français, possesseurs d’actions qui ont perdu une grande partie de leur valeur, titulaires de revenus financiers qui se sont écroulés,  chefs d’entreprises  en difficulté, commerçants atteints par la baisse de la consommation, ont eux été directement touchés par la crise…Mais ils devraient arriver à maintenir un niveau de vie suffisant et de toutes façons ils ne font pas partie de ceux que l’on « plaint », que l’on « défend », ils ne manifestent pas et ne sont donc pas considérés comme victimes de la crise.

 

Reste le cas des  autres salariés du privé cadres, employés, ouvriers. La hausse des prix qui sera vraisemblablement inférieure à 1% en 2009, permettra à l’énorme majorité des salariés de voir maintenu au cours de cette année son pouvoir d’achat. Pour ceux qui risqueraient de connaître des difficultés, des mesures on été prises : doublement en fin d’année 2008 de la prime de rentrée,   prime à la cuve, tarif social du gaz, RSA à partir de juin,  avec une prime « avance » de 200 euros fin mars, augmentations prévues de 5% (comme l’an dernier) de l’allocation adultes handicapés, de l’allocation vieillesse. A ces mesures s’en ajouteront d’autres que le président a prévu de négocier le 18 février avec les syndicats (exonérations fiscales pour 2 millions de personnes, augmentations des allocations familiales, développement de la participation…), peut-être d’autres encore si nécessaire. Au total,  quasiment tous devraient donc voir maintenu en 2009 leur pouvoir d’achat, malgré la crise mondiale. Pourquoi ne le dit-on pas ?

 

Reste le cas de ceux qui perdront leur emploi. C’est la vraie gravité de cette crise, son effet le plus cruel, le plus douloureux. C’est pourquoi tout le plan de relance du gouvernement est tourné vers la préservation de l’emploi, grâce à la poursuite de la politique de réforme et de modernisation de notre pays,  grâce aux efforts faits pour maintenir un  crédit utile à l’économie, grâce à une vigoureuse relance par l’investissement. Cette politique, avec le plan en faveur de la filière automobile, devrait permettre de limiter au maximum le nombre de ceux qui perdront leur emploi, même si, nous le savons ils sont déjà et seront encore trop nombreux.  C’est pourquoi l’autre volet relatif à l’emploi consiste à mieux défendre la situation et le revenu de ceux qui verront leur emploi menacé ou supprimé. Améliorer fortement l’indemnisation du chômage partiel, indemniser les jeunes sans emploi ou en fin de CDD qui se voient mal pris en charge aujourd’hui, augmenter les Contrats de Transition Professionnels qui permettent un maintien intégral du salaire, et une reprise plus rapide  d‘emploi, développer les emplois aidés, accélérer le "plan banlieues"….Tous ces éléments et d’autres que le Président est prêt à négocier avec les syndicats, devraient parvenir à limiter l’augmentation inéluctable du nombre de chômeurs, limiter la perte de revenus pour ces derniers et favoriser leur retour à l’emploi.

 

En définitive, si la situation sera difficile, difficile pour tous les pays du monde, la politique du gouvernement, les plans de relance, la poursuite des négociations avec les partenaires sociaux devraient en  limiter, pour les Français, les effets négatifs et douloureux. Dans ces conditions, voir annoncer, avant même que ne se tienne la réunion du 18 février, une grande manifestation pour le mois de mars, animée par  une fonction publique protégée des effets de la crise, n’a pas beaucoup de logique et peu de sens, sinon un sens politique.
Autant la grève du 29 janvier pouvait se comprendre et se justifier, manifestant un cri d’inquiétude et une demande d’explication et de mesures sociales, autant celle annoncée pour mars, n’a qu’un sens politique : arrêter toutes les réformes de modernisation en cours, conforter tous les petits intérêts corporatistes qui veulent avant tout que demain ressemble à hier, quel qu’en soit le prix et punir la majorité politique actuelle d’avoir osé lancer une politique de réformes pour la menacer d’une alternance qui promettrait un impossible immobilisme. Que des syndicats, comme la CFTC et surtout la CFDT,  prêtent la main à ces manœuvres par crainte de continuer à perdre des adhérents et des soutiens, est  bien triste et bien déconcertant. Espérons que la réunion du 18 février les fera changer d'attitude. 
 

Marc d’Héré 

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21 août 2011 7 21 /08 /août /2011 18:49

 

Le premier ministre défend «des mesures qui garantissent notre souveraineté financière et sociale».

 

Après de médiocres controverses et dans le meilleur des cas quelques incompréhensions, il faut saluer la mutation politique de la zone euro réalisée cet été sous l'impulsion de Nicolas Sarkozy et de la chancelière Angela Merkel. Une fois encore, c'est confrontée à ses problèmes les plus graves que l'Europe accomplit ses progrès les plus importants.

Après la crise financière de 2008, l'Europe fait face depuis l'année dernière à une crise des dettes souveraines qui trouve en partie son origine dans la première. Certains pays ont vu leur dette s'alourdir considérablement du fait des sommes engagées pour renflouer des pans entiers de leur secteur financier qu'ils ont décidé de nationaliser. Ce n'est pas le cas de la France, qui a retiré 2,7 milliards d'euros de son plan de soutien au secteur bancaire. Les répercussions de la crise financière sur l'économie réelle ont par ailleurs pesé sur les budgets des États. Les difficultés actuelles viennent aussi sanctionner une gestion trop complaisante des finances publiques, avec le vote pendant des décennies de budgets en déficit et une progression de l'endettement.

Cette crise n'est pas propre à la zone euro, dont les niveaux d'endettement et de déficit, rapportés à la taille de son économie, sont plus faibles que ceux des États-Unis ou du Japon. Mais les marchés ont entrepris de tester sa solidité et sa cohésion. Les réponses à apporter sont pour partie nationales.

L'Espagne et l'Italie ont décidé ces dernières semaines des mesures fortes. Sans être frappés par des tensions financières comparables, d'autres pays ont pris des mesures appropriées.

Dès 2007, la France a décidé de s'appliquer la règle de non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux. Une trajectoire de finances publiques a été définie, qui prévoit le retour à un déficit de 3 % en 2013, et elle est intangible. Pour la première fois, en 2010, les dépenses d'assurance-maladie sont restées dans les limites fixées en début d'année. La réforme des retraites a par ailleurs consolidé nos comptes sociaux sur le long terme.

Personne n'a le droit de mentir aux Français sur les efforts que nous devons consentir. Personne ne pourra revenir sur ces mesures qui garantissent notre souveraineté financière et sociale.

Les réponses à apporter sont également européennes.

Une solidarité farouche entre les États membres de la zone euro doit s'imposer face à des tentations égoïstes ou protectionnistes.

Avec la création du Fonds européen de stabilité financière, dont la capacité effective d'intervention a été portée à 440 milliards d'euros, puis la décision le 21 juillet d'élargir ses missions à un rôle préventif, les chefs d'État et de gouvernement de la zone euro ont mis en place en l'espace de quelques mois un véritable fonds monétaire européen. Celui-ci fait la preuve de sa flexibilité et ses moyens sont adaptés aux interventions qu'il mène.

Certains préconisent la création d'obligations européennes, les «eurobonds», qu'ils présentent comme une panacée. Mais ils oublient de dire que cela renchérirait le coût de la dette française et pourrait même remettre en cause sa notation. Surtout, ils feignent de croire que cette solution peut être envisagée, dès à présent, comme une réponse immédiate aux désordres des marchés.

Comment accepter aujourd'hui la mutualisation des dettes publiques à travers les eurobonds alors que la décision de dépenser l'argent public se prend au niveau de chaque État membre ? Comment dissocier la responsabilité financière de la décision de gestion ?

On voit bien qu'en pratique les eurobonds ne peuvent se concevoir sans un renforcement considérable de la discipline budgétaire et de la gouvernance économique au sein de la zone euro. C'est dire qu'ils passeraient par une intégration sur laquelle il n'existe aujourd'hui aucun consensus politique. À cet égard, je trouve paradoxal que certains critiquent les initiatives par lesquelles nous progressons, tout en appelant de leurs vœux la mise en place d'eurobonds.

L'adoption par les États membres de la zone euro d'une règle d'équilibre budgétaire à valeur constitutionnelle et s'imposant aux budgets annuels, telle que proposée par le président de la République et la chancelière allemande à leurs homologues, permettra de s'assurer que chacun présente le plus rapidement possible des comptes tendant vers l'équilibre. Cela donnera à l'assainissement dans la durée des finances des pays de la zone euro une crédibilité qui permettra de rétablir la confiance et de décourager la spéculation. Ce serait une erreur de ne pas l'adopter pour l'avenir dans tous les États membres de la zone euro. La France doit, sur ce sujet, montrer l'exemple. Il en va de l'intérêt national.

Cette discipline collective n'aurait pas de sens sans ambition collective pour la croissance. La croissance de l'Europe passe par un investissement résolu dans l'intelligence et l'économie de la connaissance. Avec le triplement du crédit d'impôt recherche et le programme d'investissements d'avenir, c'est la stratégie retenue par la France. Cela nécessite aussi une meilleure orientation des fonds de cohésion et des fonds structurels européens.

Au-delà, une nouvelle étape est nécessaire dans l'intégration économique des pays de la zone euro. La France défend depuis des années la création d'un gouvernement économique européen. C'est ce que proposent le président de la République et la chancelière allemande.

Dix-sept pays ne peuvent faire le choix d'adopter une monnaie unique sans engager un mouvement de rapprochement de leurs économies, de leurs systèmes fiscaux et de leurs modèles sociaux. La France et l'Allemagne ont toujours été les moteurs de la construction européenne. Cette semaine, avec Nicolas Sarkozy et Angela Merkel, nos deux pays ont décidé de franchir une nouvelle étape, avec notamment la création d'ici à 2013 d'un impôt sur les sociétés commun. À la veille du 50e anniversaire du traité de l'Élysée, par lequel le général de Gaulle et le chancelier Adenauer scellaient la réconciliation entre nos deux pays, la France et l'Allemagne marquent ainsi leur volonté de renforcer leur convergence et fondent une nouvelle gouvernance européenne.

Devant l'ampleur de tous ces défis, j'en appelle à l'unité et au sens des responsabilités de toutes les formations politiques.

Contrainte par ses primaires, l'opposition semble par avance répondre non, quelle que soit la question. Il y a pourtant au Parti socialiste des économistes éclairés et des responsables sincères. Malheureusement, pendant que le président de la République et la chancelière allemande mettent toute leur crédibilité dans la balance pour défendre notre monnaie et que la politique que nous menons garantit le maintien de la notation de la France au plus haut, le Parti socialiste semble attaché à la multiplication des emplois publics et des contrats aidés, montrant ainsi qu'il n'a pas encore pris la mesure des efforts que nous devons accomplir pour tenir nos engagements de réduction du déficit et de la dette.

Un message d'unité nationale est encore la meilleure des réponses aux doutes des marchés et aux craintes des investisseurs. C'est d'ailleurs ce message que la plupart des grandes forces politiques européennes ont choisi de privilégier.

Personne ne demande aux dirigeants socialistes français de renoncer à leurs convictions ni même à leurs ambitions légitimes. Reconnaître les efforts de la France et de l'Allemagne pour sortir de la crise, s'engager sur une «règle d'or» de bon sens, ce serait faire preuve de responsabilité et d'un sens de l'intérêt national qui serait à leur honneur.

François Fillon

Le Figaro, 18 août 2011

 

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16 juillet 2011 6 16 /07 /juillet /2011 11:34

 

Par Marc Landré dans Le Figaro du 16 juillet 2011...

 

Cette mesure, imposée par Nicolas Sarkozy aux entreprises de plus de 50 personnes qui distribuent des dividendes en hausse, est assortie d'exonérations de charges et bénéficiera à 4 millions de salariés. Au moins.

Le Parlement a définitivement adopté mercredi la «prime contre dividendes» imposée par Nicolas Sarkozy aux «entreprises qui se portent bien».

 

• Quel est le principe de cette prime?

Pour le gouvernement, toute entreprise qui distribuera en 2011 à ses actionnaires des dividendes en hausse (par rapport à la moyenne des deux années précédentes) devra verser une prime à ses salariés. «Ce n'est pas une question de pouvoir d'achat mais de principe, a rappelé Xavier Bertrand, le ministre de l'Emploi. Si l'entreprise se porte bien, elle le doit à ses salariés qui ont fait beaucoup de sacrifices pendant la crise et il est juste qu'elle leur verse quelque chose.»

 

• Quelles sont ses modalités?

Le versement d'une telle prime est obligatoire pour les entreprises assujetties de plus de 50 salariés. Elle est facultative dans toutes les autres. Son montant - qui atteindra en moyenne 700 euros, selon le gouvernement - sera fixé par négociation entre les employeurs et les représentants du personnel. La loi ne fixe ni plancher ni plafond. En cas de désaccord avec les syndicats, le chef d'entreprise sera libre d'en fixer le montant.

 

• Y a-t-il des contreparties?

Les primes versées seront exonérées de charges sociales jusqu'à un plafond de 1200 euros. Elles seront en revanche assujetties à la CSG, à la CRDS et au forfait social, soit à hauteur de 14% environ.

 

• Quelles formes pourra-t-elle prendre?

Les entreprises auront la possibilité de la verser «en numéraire», soit via un avantage en nature collectif (prise en charge de tout ou partie d'une mutuelle), via la distribution d'actions gratuites ou via un surcroît de participation ou d'intéressement. Si elles décident de verser une prime, seules celles affichant des dividendes en hausse bénéficieront toutefois des exonérations.

 

• Quand doit-elle être versée?

La loi votée mercredi impose aux entreprises d'ouvrir sous trois mois une négociation pour en déterminer le montant. L'objectif du gouvernement est que la prime soit versée avant la Saint-Sylvestre. Pour les années suivantes, la négociation devra avoir lieu dans les trois mois suivant l'assemblée générale qui fixe la distribution des dividendes.

 

• Combien de salariés sont concernés?

Dans son étude d'impact, le gouvernement estime que quatre millions de salariés devraient en bénéficier. Soit un sur quatre. Mais un amendement permettant aux entreprises de moins de 50 salariés de proposer des plans d'intéressement pour un an (sans plafond des exonérations de charges) au lieu de trois devrait augmenter le nombre de bénéficiaires.

 

• Que risque un patron qui ne respectera pas la loi?

Une sanction pénale pour délit d'entraves, soit 3750 euros d'amende et jusqu'à un an de prison. D'après la loi, la négociation devra obligatoirement avoir lieu après celle annuelle sur les salaires. Mais le risque est grand que les entreprises raisonnent «à enveloppe constante» et minorent les augmentations salariales pour pouvoir verser la prime.

 

 

Marc Landré, Le Figaro

 

 Voir aussi, sur le blog "Social libéral"...

http://marcdhere.over-blog.com/article-nicolas-sarkozy-et-les-investissements-d-avenr-78708815.html

 

 

 

 

  

 

 

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6 juillet 2011 3 06 /07 /juillet /2011 07:16

 

Discours introductif à la Conférence de presse du 27 juin, palais de l'Elysée...

 

 

Monsieur le Premier ministre,
Mesdames et Messieurs les Ministres,

 

Le 22 juin 2009, devant le Congrès réuni à Versailles, j'annonçais que la France allait lancer un grand emprunt pour financer les investissements d'avenir dont elle avait besoin pour garantir sa future croissance.

 

Nous étions confrontés à la plus grave crise économique que le monde ait connue depuis un siècle et la réponse à cette crise mobilisait encore tous les gouvernements du monde.

Mais il ne suffisait pas d'empêcher l'effondrement de nos banques, l'effondrement de nos économies. Il devenait plus urgent encore de préparer l'avenir, de nous donner les moyens de prendre toute notre place dans le monde qui allait sortir de cette crise.

Je me demande d'ailleurs si, chacun d'entre nous, nous avons apprécié à sa juste importance la gravité de la crise que le monde vient de connaître. Je suis très impressionné de voir la capacité de sous-analyse de la force de la crise que nous avons connue, que le monde a connu. Je sais bien que l'actualité chasse l'actualité, mais cette crise fut d'une gravité absolument sans précédent.

 

La crise était un impératif à poursuivre les réformes et à investir.

 

Les chiffres parlent d'eux-mêmes. Depuis 30 ans, la France n'a pas présenté un budget en équilibre. Le déficit et la dette se sont creusés, et dans le même temps le niveau des investissements de l'État n'a jamais cessé de décliner. Le niveau des investissements de l'État est passé de 12,5% des dépenses publiques en 1974 à 7,5% en 2007. La vérité est là, elle est incontestable, nos déficits ont d'abord servi à financer des dépenses courantes au détriment des investissements, donc au détriment de l'avenir. Depuis 30 ans, on accumule les déficits et la part des investissements est passée de 12,5% à 7,5 % des dépenses. Ce chiffre est, me semble-t-il, extrêmement illustratif du chemin que nous devons emprunter et du chemin que nous ne devons pas emprunter.

Relancer les investissements est donc une priorité.

D'ailleurs, quelle crédibilité aurait eu l'autonomie des universités si nous ne leur avions pas accordé les moyens dont elles ont besoin? C'est le plan campus et les investissements d'avenir.

Quelle serait l'efficacité de l'effort engagé pour la recherche publique si, parallèlement, nous n'avions pas favorisé le développement de la recherche privée ? C'est le crédit impôt recherche.

Et des investissements dans les technologies vertes suffiraient-ils à faire émerger une véritable économie verte si nous n'avions pas lancé le grand chantier du Grenelle de l'Environnement ?

 

Le programme des investissements d'avenir que nous avons lancé avec le Premier ministre, François FILLON, le 14 décembre 2009 représente un effort de 35 Mds€. Je crois pouvoir dire que jamais dans son histoire la France n'a fait un tel effort au service de l'investissement.

 

La France dispose d'atouts indéniables : sa démographie, son esprit d'entreprise, des infrastructures modernes, une recherche fondamentale de tout premier rang, des filières d'excellence dans l'aéronautique, l'espace, la santé, l'agro-alimentaire, le numérique. La France dispose de l'énergie nucléaire, donc de la plus grande indépendance énergétique en Europe et, grâce à son agriculture, d'une autosuffisance alimentaire complète.

 

Mais ces atouts ne sont des sources de croissance que si nous savons les faire fructifier par la recherche et par l'innovation. Tout l'engagement qui est le nôtre, c'est que la France demeure une terre de production. La production, le travail sont les véritables richesses. Nous pensons qu'on a trop oublié cette réalité : que toute richesse avant d'être redistribuée doit être produite. Or la France s'est beaucoup intéressée à la redistribution, qui est un sujet considérable, mais il nous semble qu'elle -- la France -- a trop omis la production de richesse. Car une richesse qui n'est pas produite, c'est une richesse qui ne peut pas être distribuée ou redistribuée.

 

La seule façon de profiter de la mondialisation et de ne pas la subir, c'est l'innovation, la recherche, l'investissement. On voit d'ailleurs avec ce qui se passe en Grèce que la réduction des dépenses ne suffit pas pour surmonter la crise. Pour surmonter la crise, il faut la réduction des dépenses et l'augmentation de la croissance. Il n'y a pas de meilleur chemin pour augmenter la croissance que l'innovation, la recherche et l'investissement.

 

Dès l'annonce des investissements d'avenir, nous avons été bien conscients de la difficulté de la tâche qui nous attendait.

 

Les priorités ont été définies par la Commission présidée par Michel Rocard et Alain Juppé. Ces priorités, je n'y reviens pas : vous les connaissez.

Un an et demi après le lancement de ce programme, j'ai voulu faire le point avec vous sur l'utilisation des 35 Mds€ d'investissements d'avenir. Le Commissariat général à l'investissement, -- et je remercie encore René RICOL --, a formidablement travaillé. Nous sommes en mesure de vous dire que d'ici à la fin de l'année sur les 35 Mds d'euros, c'est une vingtaine de milliards d'euros qui aura été engagée pour financer des projets précis.

Avant de répondre à vos questions, peut-être pourrais-je vous dire comment le programme d'investissements d'avenir organise la France de demain.

 

Il y a d'abord eu une méthode, que nous avons voulue avec le Premier ministre. Cette méthode se résume en deux mots : sélection et excellence.
 

Je sais que ce ne sont pas des mots faciles, mais nous avons voulu absolument éviter le saupoudrage qui n'aurait pas créé les moyens d'une croissance supplémentaire. Rien n'aurait été pire qu'un saupoudrage inefficace. Nous avons donc décidé de nous appuyer sur des jurys internationaux et de créer des pôles de développement dans notre pays autour de l'idée d'excellence. Ce mode de sélection a suscité un véritable engouement des chercheurs et des entrepreneurs puisque ce sont près de 1500 projets qui ont été déposés.
Jamais il n'y a eu une telle émulation et un tel dynamisme en France, -- qui est d'ailleurs proportionnel aux financements engagés.

 

Deuxième innovation : l'Etat n'est pas simplement un sélectionneur de ces projets, l'Etat devient un investisseur que nous souhaitons, M. le Premier ministre, avisé. C'est-à-dire que nous avons cherché à limiter les subventions pour privilégier les fonds propres, les prêts, ou quand il y a des subventions pour les assortir de royalties en cas de succès. L'Etat prend des risques au côté des acteurs de la recherche et de l'économie, mais il entend chaque fois que c'est possible en retirer les fruits.

 

Troisième remarque, avec l'effet de levier, nous espérons que les 35 Mds€ publics deviendront 60 à 65 Mds€ grâce au cofinancement demandé aux entreprises, ou apporté par les collectivités locales.

J'entends bien les critiques sur cette méthode de sélection, -- comme toujours dans les critiques il y a du vrai -- , trop sélective peut-être, mais nous avons préféré la sélectivité à l'absence de sélectivité, que l'on a tellement connue dans notre pays et qui s'apparente parfois à un gâchis, il faut le dire.

Procédure lourde ? Disons que nous n'avons pas voulu que l'argent aille directement aux ministères, -- nous en avons parlé avec les ministres --, pour qu'il n'y ait pas la tentation de financer des dépenses courantes avec l'argent qui arrive, ou de dépenser dans des projets que les ministères, -- je veux dire les administrations --, ont dans leurs cartons depuis des années. On a vraiment voulu que cela vienne des chercheurs, des innovateurs, des entrepreneurs pour avoir le maximum de chances de succès.

 

Sur les 35 Mds€, nous avons décidé de consacrer 22 Mds€ à la recherche et à l'enseignement supérieur. Cet effort d'investissement s'ajoute aux financements du plan campus et à l'augmentation de 20% qu'a connue le budget des universités depuis 2007. Tout cela est considérable.

 

Nous avons d'ores et déjà sélectionné 100 projets de laboratoires d'excellence, qui seront dotés de près de 3 Mds€. Ce qui fait litière d'une crainte, ou d'une accusation sur la trop grande centralisation des projets. Dans les documents que l'on vous a remis, -- peut-être les avez-vous déjà vus -- , vous verrez la carte de répartition : ces 100 projets de laboratoires d'excellence, -- je parle sous le contrôle de Valérie PECRESSE -- , sont répartis dans l'ensemble de la France.
Et grâce aux dotations en capital dont ils bénéficieront, ces chercheurs auront pour la première fois une visibilité sur les dix prochaines années.

52 équipements d'excellence, qui positionnent nos laboratoires à la pointe des technologies expérimentales, ont été sélectionnés. Ils bénéficient de 400 M€.

 

Ce que nous voulons, c'est de véritables « éco-systèmes » de l'innovation.

Les Instituts de Recherche Technologique recevront 2 Mds€. Ces Instituts de Recherche Technologique rassemblent au sein d'un partenariat public-privé, sur un site unique, les meilleures équipes de formation, de recherche et de développement industriel. Je le dis sous le contrôle de Christine LAGARDE et d'Eric BESSON, nous voulons garder notre industrie, développer notre industrie, mettre notre industrie à la pointe de l'innovation, tel est le but de ces Instituts de Recherche Technologique.

 

Six IRT ont été désignés. Ce sont autant de vitrines technologiques de la France: aéronautique à Toulouse, nanotechnologies à Grenoble, infectiologie à Lyon, métallurgie et matériaux à Metz, ferroviaire à Valenciennes et Villeneuve d'Ascq, matériaux composites à Nantes. Pardon de cette évocation à la Prévert, mais elle montre que ce n'est pas simplement à Paris et dans la région parisienne. Par ailleurs deux autres projets sont à l'étude, dans le numérique, l'un en Bretagne, l'autre à Saclay.

 

Nous n'avons pas voulu que tous les projets soient sélectionnés dans un seul appel à projets. Le risque était trop grand que l'on passe à côté d'initiatives elles aussi d'excellence. On fait un premier appel à projets, il y en a d'autres d'ici à la fin de l'année, pour donner à des équipes qui auraient perdu la chance de se repositionner et pour être sûr que les mailles du filet n'ont pas laissé passer des initiatives très prometteuses.

 

Nous avons mis un accent particulier sur le domaine de la santé, qui est une filière d'excellence française et par ailleurs un acteur majeur des années à venir, 2,4 Mds€, auxquels s'ajoute 1 Md€ sur des actions périphériques.

 

Nous avons choisi six instituts hospitalo-universitaires qui bénéficieront de 850 M€ afin d'accélérer les transferts des découvertes scientifiques vers le traitement des malades. En vérité, ce dont nous nous sommes rendu compte, c'est que beaucoup de chercheurs français découvraient des nouveaux process mais que ce n'était pas notre industrie qui en profitait et, par ailleurs, qu'il y avait un temps de latence extrêmement long pour que cela s'applique au traitement des malades. Donc ces 6 instituts hospitalo-universitaires, qui seront en quelque sorte 6 supers CHU, s'ajouteront à 8 infrastructures nationales en santé et biotechnologies, et à 10 cohortes de santé publique qui permettront de déterminer sur le long terme les facteurs favorisant les grandes maladies, afin de les prévenir et de les guérir.

 

Nous avons noté avec François FILLON, que les choix en matière de labellisation de ces IHU, qui ont été faits par un jury international indépendant, n'avaient pas abouti à retenir la pathologie du cancer. C'est aussi la règle : on choisit l'excellence, on choisit des jurys internationaux, on n'a pas à modifier le résultat de ces jurys ou alors c'est tout le processus de sélection qui se trouverait mis en cause. Mais nous pensons qu'il est impossible de ne pas avoir un IHU sur la pathologie du cancer et nous avons demandé à Xavier BERTRAND, Valérie PÉCRESSE et René RICOL, au regard de ce que nous avons engagé dans la 2ème phase du plan cancer et des actions pilotées par l'Institut National du Cancer (INCA), de nous faire des propositions sur la question spécifique du cancer.

 

Au début du mois de juillet, nous annoncerons la première sélection des Initiatives d'excellence, qui recevront 7,7 Mds€. Les lauréats préfigureront les sites majeurs pour la recherche scientifique française. Bien sûr, toutes les universités, toutes les écoles ne pourront pas en faire partie. Mais nous allons sélectionner des pôles universitaires d'envergure mondiale qui seront à même de rivaliser avec les meilleures universités du monde. Tous ne seront pas initiatives d'excellence, mais toutes les universités bénéficieront de l'effet d'entraînement de ces pôles.

 

Dans tous les domaines, nous avons souhaité favoriser le lien entre la recherche et sa valorisation. Partout où il y a de la recherche universitaire, il faut organiser sa valorisation, la simplifier, la professionnaliser.

 

Nous allons donc créer 12 sociétés de valorisation, régionales ou pluri-régionales (les « SATT », « sociétés d'accélération du transfert de technologie »). Cinq ont déjà été sélectionnées, les autres projets doivent encore être améliorés, mais à terme c'est sur l'ensemble du territoire que nous voulons structurer la valorisation. 900 M€ ont été inscrits à ce titre. Là encore, la valorisation, c'est essayer que la recherche soit la plus pratique et pragmatique possible.

 

C'est un effort sans commune mesure avec ce qui se faisait jusqu'ici, d'autant plus, qu'en aval, au stade de la création de sociétés, nous mettons également en place un fonds national d'amorçage, doté de 400 M€.

 

Cela ne veut pas dire que seuls les plus « gros » ont leur chance : chaque site universitaire, chaque région doit pouvoir réussir et valoriser ses points forts.

Mais nous considérons que l'élan vers l'excellence n'a jusqu'ici pas suffisamment concerné la formation elle-même : il est indispensable que les initiatives d'excellence en matière de formation puissent être valorisées. Nous avons demandé à René RICOL, en lien avec Valérie PECRESSE, de nous faire des propositions qui permettront de soutenir des projets emblématiques et innovants, s'agissant de la formation elle-même, c'est-à-dire de soutenir toutes les initiatives pédagogiques nouvelles que nous souhaitons développer.

 

Avec le programme d'investissement d'avenir, OSEO a pu accompagner 1700 PME et entreprises de taille intermédiaire (ETI) pour près d'1 Md€. Avec l'aide à la ré-industrialisation, nous aidons les PME à localiser des activités de production en France. Avec le fonds d'amorçage, c'est donc un effort sans précédent au service de l'industrie française que nous faisons.

Par ailleurs, nous investissons dans de grands projets de recherche industrielle, aéronautique, espace, véhicule du futur, énergies renouvelables, efficacité énergétique, recyclage des déchets, les nanotechnologies et le numérique.

 

Ainsi, avec le programme d'investissements d'avenir, nous allons financer le lanceur de nouvelle génération successeur d'Ariane 5, l'hélicoptère X4, les moteurs d'avions du futur consommant moins de carburants ou la nouvelle génération de satellites de télécommunication à très haut débit.

 

En matière d'énergie et de développement durable, le programme d'investissement d'avenir que nous avons défini avec Nathalie KOSCIUSKO-MORIZET s'appuiera sur notre stratégie énergétique. Nous allons consacrer un milliard d'euros aux programmes nucléaires du futur, notamment la 4ème génération.

 

Et nous allons également dégager des moyens importants du Grand emprunt, des investissements du futur, pour renforcer la recherche dans le domaine de la sûreté nucléaire, domaine sur lequel la France dispose d'une avance reconnue.
La ministre a souhaité que nous mettions de l'argent sur la sûreté. Ceci est d'ailleurs tout à fait complémentaire avec les audits que nous avons engagés sur nos centrales. Nous mettons donc de l'argent sur la 4ème génération des réacteurs nucléaires et sur les processus de sûreté nucléaire, ce qui nous permettra de mettre également 1,35 Md€ sur les énergies renouvelables et sur les procédés de production décarbonés.
 

Ainsi, le programme d'investissement d'avenir contribuera au financement d'un démonstrateur de captage et de stockage de CO2 pour la sidérurgie à Florange, projet auquel je tiens tout particulièrement. Plus sur la sûreté nucléaire, plus sur les réacteurs de la 4ème génération, sur le nucléaire, et plus sur les énergies renouvelables. La France n'a pas besoin de faire l'impasse sur un secteur : elle développe l'ensemble de ces secteurs pour que les Français et l'industrie française aient une énergie compétitive, et pour que les Français puissent disposer d'une énergie à un prix qui préserve leur pouvoir d'achat.

Nous soutiendrons également le recyclage, afin de contribuer à l'efficacité énergétique et à une économie plus sobre en matières premières, grâce aux réseaux électriques intelligents, et à la rénovation thermique des logements.

 

Enfin, le numérique sera demain au cœur de l'économie.

Les investissements d'avenir porteront donc à la fois sur les réseaux et sur les contenus. Sur les réseaux, notre idée, c'est le très haut débit pour 70% des Français en 2020 et pour tous en 2025.

 

Investissement stratégique, que nous conduirons avec nos grandes entreprises de haute technologie, comme les centrales de traitement des données, ce qui nous permettra de garder notre indépendance. C'est un sujet sur lequel, sans doute, vous voudrez revenir.

 

Vous le voyez, Mesdames et Messieurs, c'est un choix politique très lourd que nous faisons, de convaincre les Français qu'un emprunt pour créer de la croissance et de la richesse c'est un choix d'avenir et que la réponse à la crise ne réside pas simplement dans les économies sur les dépenses publiques mais aussi dans les gisements de croissance pour demain.

 

La France est confrontée à un monde totalement nouveau, avec des concurrents qui ne nous attendent pas, qui ne sont pas là pour nous rendre service.
Si la France veut rester une grande nation, si la France veut continuer à préserver et à financer son modèle social, la France doit investir massivement : innovation, recherche, université, santé, numérique, industrie.

 

Voilà les choix que nous avons faits. Je suis certain qu'il peut y avoir des critiques sur la méthodologie, mais la volonté politique de privilégier l'investissement comme jamais on ne l'a fait dans notre pays, je crois que cela peut être un sujet de consensus pour tous ceux qui sont préoccupés par l'intérêt général, ce qui devrait être la préoccupation majeure de tous les acteurs politiques dans notre pays.

 

Nicolas Sarkozy

 

 

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11 juin 2011 6 11 /06 /juin /2011 10:20

 

Par Elie Arié, dans Marianne2 du 09 juin...

 

Et si la France était atteinte d’une étonnante dissociation entre, d’une part, le discours que tiennent les Français, y inclus de droite (et pas seulement les journalistes et ceux qui commentent leurs articles), et, d’autre part, leur vision du monde et de l’avenir que seule l’inertie des réflexes conditionnés et du « politiquement correct » les empêche de formuler ?

Et si l’ « attachement au modèle-social-français-que–le-monde-entier-nous-envie » (on se demande d’ailleurs alors pourquoi, au lieu de l’imiter, il s’obstine à s’en éloigner de plus en plus : tous idiots, sauf nous ?) n’était qu’un hommage à un passé panthéonisé dont il serait malséant de dresser l’acte de décès, tout en n’en pensant pas moins ?

Car enfin, faisons l’effort de regarder les choses (c’est-à-dire nous-mêmes) en face.  

Le mouvement des « Indignados », qui touche à sa fin en Espagne, n’a jamais pu être relayé en France ; l’opuscule de Stéphane Hessel dont il tire son nom, « Indignons-nous » a fait un (relatif)  tabac, mais son auteur, ancien rocardien, soutenait DSK avant de se rabattre, faute de mieux, sur Aubry ou Hollande, dont on sait qu’ils ne changeront rien à nos sujets d’indignation ; celle-ci s’apparente davantage à une indignation de type métaphysique, comme celle que nous éprouvons face à des phénomènes contre lesquels nous nous savons impuissants, comme la vieillesse ou la mort, qu’à une indignation politique susceptible de déboucher sur autre chose que...la victoire électorale de la droite la plus libérale (Espagne, Portugal, Grande-Bretagne, et sans doute, demain, Grèce et peut-être France).

Ceux qui proposent concrètement « une autre politique » ont, malgré quelques différences entre eux,  un point commun : ils n’attirent pas plus de 5 % du corps électoral (Chevènement, Mélenchon, le PC, et sans doute Montebourg aux primaires du PS) : or, qui vote, sinon « les indignés » que nous prétendons être ?

En fait, le seul parti qui arrive à capitaliser électoralement cette indignation est le Front national, qui présente une particularité : même ceux qui votent pour lui savent qu’il ne viendra jamais au pouvoir, c’est d’ailleurs la raison essentielle de son succès –autre « non-dit » de notre vie politique. On y opposera l’incapacité de Ségolène Royal (présidentiable possible, elle) à remonter dans les sondages, malgré ses outrances démagogiques de blocages des prix, auxquelles personne ne peut croire.

L’hommage rituel au « programme-du-Conseil-National-de-la-Résistance-qu’il-faudrait-remettre- en-œuvre » s’accompagne d’une extraordinaire capacité à accepter tout ce qui achève son démantèlement, et, contrairement à une légende qui a la vie dure, la France est sans doute un des pays les plus facilement réformables qui soient ; deux exemples, et non des moindres, de cette mise à mort acceptée du programme du CNR :

1 -La réforme des retraites a été rondement menée (17 ans, c’est peu pour un tel bouleversement)  en quatre étapes :

-1993 : réforme Balladur allongeant la durée des cotisations et le mode de calcul (25 meilleures années, désindexation sur les salaires),
-2003 : réforme Fillon alignant la durée de cotisation du régime fonctionnaire sur celle du régime général,
-2007-2010 : réformes Sarkozy sur les régimes spéciaux, sur l’âge légal de départ et sur la durée des cotisations.

Ces réformes se caractérisent à la fois par la faiblesse des manifestations et grèves auxquelles elles ont donné lieu, et par le fait que l’opposition ne les remet pas vraiment en cause.

2- La généralisation progressive des dépassements d’honoraires des médecins, qui change la nature même du système de santé, s’opère dans une indifférence qui ne cesse de me surprendre mais que je suis bien forcé de constater.

Alors, peut-être faut-il tirer les conséquences de tous ces non-dits :

-et si la victoire de Sarkozy, en 2007, était fondamentalement due à son engagement à nous adapter à un monde dont les Français ne veulent pas, mais auquel ils se sont résignés ?

-et si les mêmes causes produisaient le même effet en 2012, encore renforcées par les promesses du PS de pression fiscale accrue sur les classes moyennes (sur qui d’autre ?) , qui la rejettent parce que, comme la majorité des Français, elles ont basculé, elles aussi, dans le « chacun pour soi » ?

Voilà : le « non-dit » vient d’être dit. C’est bien aussi le rôle des médias, non ?

 

Elie Arié

dans Marianne 2

 

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