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Contact: marcdhere.mdh@gmail.com 

 RECONQUÊTE est un  mouvement en construction. Ce n'est pas un parti politique, mais un Cercle de Réflexion et d'Action, ouvert à tous ceux, à quelque parti qu'ils appartiennent, ou sans parti, qui se reconnaissent dans ses valeurs et  principes. La Responsabilité et l'équivalence entre droits et devoirs à tous les niveaux,  le libéralisme économique,  la solidarité,  le choix d'une évolution réaliste et progressive dans le social et le sociétal,  l'Europe... 

 

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22 mai 2014 4 22 /05 /mai /2014 15:02

 

Olivier Paye, le JDD

 

Nicolas Sarkozy a signé jeudi une tribune sur l’Europe se voulant à la fois réaliste et enthousiaste. Il y reprend certains thèmes de sa campagne présidentielle de 2012. L’occasion de constater à quel point son discours sur l’Union européenne a conservé une certaine permanence.

 

 

Nicolas Sarkozy entendait frapper fort jeudi en signant une tribune de six pages sur l’Europe dans l’hebdomadaire Le Point, à trois jours des élections européennes. Depuis quinze ans, ses positions sur l’Union européenne ont été marquées d’une certaine constance, malgré quelques évolutions notables.

Virage sur le couple franco-allemand

En février dernier, Nicolas Sarkozy estimait depuis Berlin que le couple franco-allemand était un "trésor sacré". Dans Le Point, l’ancien président de la République, dont l’association avec Angela Merkel lui a valu le surnom de "Merkozy", propose carrément "la création d'une grande zone économique franco-allemande cohérente et stable au cœur de la zone euro". En 2005, pourtant, celui qui était alors président de l’UMP jugeait lors d’une convention de son parti que "l’Europe n’a plus de moteur parce que le couple franco-allemand ne suffit plus pour donner une impulsion acceptée par 25 pays. (…) Nous devons ouvrir le couple franco-allemand aux quatre autres grands pays européens", plaidait-il. Une position qui n’est pas sans rappeler celle défendue par François Hollande qui, lors de la présidentielle de 2012, affirmait souhaiter s’allier aux pays du sud, Italie en tête.

Pour une refonte de Schengen

C’est l’autre proposition phare développée par Nicolas Sarkozy dans Le Point : la réforme du traité de Schengen établissant la libre-circulation des biens et des personnes. "C'est une évidence qu'il faut suspendre immédiatement Schengen I et le remplacer par un Schengen II auquel les pays membres ne pourraient adhérer qu'après avoir préalablement adopté une même politique d'immigration", écrit-il. Il ne disait pas autre chose lors de la campagne présidentielle de 2012, expliquant à l’époque dans sa lettre aux Français que "l’Europe doit adopter une législation commune en matière d’asile et d’immigration", menaçant de suspendre la participation de la France au traité et de rétablir des contrôles aux frontières.

Rogner les compétences communautaires

Nicolas Sarkozy en a assez de cette Commission européenne et de sa "prétention à tout réglementer et tout régenter", comme il l’exprimait en février. "Il faut aujourd'hui supprimer au moins la moitié des actuelles compétences communautaires", dit-il dans Le Point, jugeant que Bruxelles devrait gérer tout au plus une dizaine de politiques "prioritaires" (industrie, agriculture, recherche, etc.). Une position dans la droite ligne de sa campagne de 2012, alors qu’il promettait de geler la participation française au budget européen, escomptant une économie de 600 millions d’euros par an pour les finances de l’Etat.

Dès 2006, toutefois, il invitait lors d’un discours à la fondation Robert Schuman les différents partis européens à soumettre un candidat à la présidence de la Commission qui serait désigné dans la foulée des élections européennes. Cela n’a finalement pas été le cas en 2009, mais devrait l’être cette année.

Une Europe de la "raison"

En 1999, Nicolas Sarkozy, alors tête de liste du RPR pour les élections européennes, estimait que « l'Europe est l'affaire des gens passionnément raisonnables, et, cela tombe bien, je me sens passionnément raisonnable ». Quinze ans plus tard, rien n’a changé. "Je veux invoquer la Raison si présente dans l'histoire de la pensée française", écrit-il dans Le Point, après avoir déjà écrit aux Français en 2012 que les "racines" de l’Europe plongent dans la culture "des Lumières et du rationalisme". Mais aussi dans la culture "judéo-chrétienne", ce qu’il se garde de rappeler aujourd’hui. Sans doute faut-il y voir la disgrâce de son conseiller de l’époque, le maurrassien Patrick Buisson.

 

Olivier Faye - leJDD.fr

jeudi 22 mai 2014

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15 octobre 2013 2 15 /10 /octobre /2013 18:58

 

Je vous invite à lire la tribune sur l'Union Européenne que je viens de publier sur le site du Nouvel Obs+.

 

http://leplus.nouvelobs.com/contribution/955956-l-europe-est-trop-complexe-5-idees-simples-pour-avancer-enfin.html

 

 

Je vous rappelle l'article sur l'impopularité de Hollande que j'ai publié sur le même support il y a quelques jours.

 

http://leplus.nouvelobs.com/contribution/952761-hollande-plus-impopulaire-que-sarkozy-pourquoi-cela-devrait-durer.html

 

Amicalement.

 

Marc d'Héré

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11 février 2013 1 11 /02 /février /2013 08:50

Chers amis,

  

Vous trouverez sur le site du Nouvel Obs "plus", une tribune que j'ai publiée sur l'évolution souhaitable de l'Europe:

 

http://leplus.nouvelobs.com/contribution/775866-referendum-de-cameron-pourquoi-l-europe-a-deux-vitesses-est-necessaire.html

 

Bien à vous.

 

Marc d'Héré

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14 août 2012 2 14 /08 /août /2012 07:57

 

Sur le blog de Céline Martin...

 

Dans une interview accordée à Libération, le commissaire français donne quelques précisions sur la future union bancaire, mais juge nécessaire d'aller vers le fédéralisme. Pour Michel Barnier, l'Union européenne doit se transformer en profondeur ou disparaitra.

 

MB + CL'entretien publié dans le quotidien Libération, vendredi 3 août, expose la vision à moyen terme du commissaire au Marché intérieur, issu des rangs de l'UMP. Pour le Français, il n'y a aucun doute : "Il s'agit d'aller vers une fédération européenne, car la crise à montré qu'on ne pouvait pas s'en sortir tout seul."

 

En plus des habituelles intégrations économique, financière ou industrielle, l'ancien ministre de Nicolas Sarkozy est favorable à l'émergence d'une réelle démocratie européenne avec "de nouvelles institutions, comme un ministre des finances ou un président de l'Union élu par le Parlement européen avant de l'être au suffrage universel".

 

Michel Barnier considère que les Européens doivent aller vite et fixe 2016 comme date butoir. "Le temps nous est compté." A plus court terme, ses services vont travailler tout l'été d'arrache-pied sur la proposition d'union bancaire que la Commission doit présenter au début du mois de septembre. "Si on soutient collectivement nos établissements, il est logique qu'on les surveille collectivement. En outre, cela permettra de briser le cercle infernal qui voit la dette bancaire alimenter la dette publique".

 

Dès janvier 2013, Michel Barnier prévoit qu'un superviseur intégré unique soit mis en place à l'échelle de la zone euro. La tâche sera confiée à la Banque centrale européenne. Petites ou grandes, toutes les banques doivent être concernées par cette supervision, estime le commissaire. "Notre objectif est que l'union bancaire au sein de la zone euro soit complète courant 2013." Pour éviter que la BCE n'ait à prendre des décisions politiques lors de crises bancaires, "une autorité de résolution", qui pourra s'appuyer sur le mécanisme européen de stabilité, est aussi à l'étude.

 

Dans le même temps, M. Barnier rappelle sa volonté d'aller plus loin dans la régulation des marchés et juge nécessaire de punir "pénalement" ceux qui les manipulent, faisant référence au scandale du Libor.

 

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14 décembre 2011 3 14 /12 /décembre /2011 22:42

 

Dominique Reynié interrogé sur le site Atlantico...Le 13 décembre...

 

Atlantico : François Hollande a déclaré ce lundi sur RTL vouloir « renégocier le traité de la zone euro » s’il était élu en 2012. Cela vous parait-il possible ?

Dominique Reynié : Non ce n’est pas possible. Je crois que c’est une posture de campagne qui ne le sert pas. Ce ne sera pas possible car ce sont des négociations compliquées sur des sujets dont la fragilité est extrême. Il s’agit de faire signe aux Européens dans leur ensemble, d’obtenir l’accord des gouvernements concernés et en même temps de rassurer tous les acteurs du système, qu’il s’agisse de la Banque centrale européenne, de la Commission ou des marchés financiers. Arriver à un tel compromis, c’est comparable aux travaux d’Hercule.

Le traité repose sur un pré-accord de 26 Etats sur 27 lLe Royaume-Uni ne participera pas au nouveau pacte budgétaire). En disant cela, François Hollande se retrouve en quelques sortes dans la position de David Cameron.

 

Un François Hollande nouvellement élu, avec une plus grande légitimité qu’une Angela Merkel en fin de course, pourrait-il inverser la tendance à la table des négociations ?

Je pense que c’est tout à fait marginal. Il s’agit encore une fois de 26 Etats qui se sont mis d’accord au cours de longues discussions, qui n’ont d’ailleurs pas démarrées hier. Je crois que l’on peut avoir une certaine énergie quand on arrive au pouvoir mais aucune majorité n’aura assez de force pour inverser ce que 26 pays ont voulu faire ensemble. Renégocier le traité serait un contre-pied total, François Hollande se briserait le front sur un mur.

François Hollande ne projette pas l’image d’un homme qui sait négocier avec autorité. Les Français ont retenu la négociation avec les écologistes. C’était une négociation franco-française avec un parti minuscule, rien à voir avec les échanges qui pourraient l’attendre avec 26 autres Etats souverains.

 

Ce serait donc uniquement une posture électorale ?

Oui je le pense. C’est d’autant plus curieux que je crois que cela complique son chemin vers l’Elysée. Les observateurs qui s’interrogent sur ce que pourra être la France en 2012 vont regarder François Hollande comme quelqu’un qui émet des signaux contradictoires.

Ce n’est pas encourageant pour les marchés financiers et les agences de notation. Il avait jusqu’à lors un discours raisonnable, il est maintenant en train de desservir sa propre candidature. Le discours sur le nucléaire, le discours sur la dépense publique (augmentation des postes de fonctionnaires), les emplois jeunes, et maintenant le discours sur l’Europe. Voilà quatre thèmes dont on peut dire avec assurance qu’ils ne donneront lieu à aucune action dans le sens que souhaite François Hollande, ou alors ce serait de l’atrophie. Tout cela rend sa candidature moins crédible. Il ne pourra simplement pas faire tout ce qu’il dit.

Soit on pense qu’il est capable de tenter cela, mais qu’il échouera, et c’est anxiogène. Soit on pense qu’il n’est pas question pour lui de tenter quoi que ce soit, et l’on va se demander au fond ce que valent ses engagements.

 

L’UMP qualifie l’intention de François Hollande de « folle et aventureuse ». Qu’en pensez-vous ?

Je dirais plutôt périlleuse. François Hollande n’est pas vraiment connu par les observateurs, il n’a pas de passé gouvernemental. Personne n’imagine qu’il pourra tendre dans un autre sens un accord européen. Dans un univers très fragile qui n’a plus rien à voir avec les élections précédentes, il peut couter très cher de vouloir, ne serait-ce que dans un moment ostentatoire, tenter quelque chose de la sorte. Cela pourrait déstabiliser nos relations avec  les marchés, nos partenaires européens et les grandes institutions comme la Banque centrale et le FMI.

Je ne comprends pas pourquoi François Hollande se complique la vie. Il avait jusque-là la réputation d’être quelqu’un de particulièrement européen. Il abime cette image et prend des risques avec les électeurs du centre, qui sont très européens. Il se replace à gauche en quelques sortes. Il favorise le « Montebourg-isme » au centrisme, ou environ 3% contre 20%, c’est une vraie erreur de calcul.

 

Propos recueillis par Jean-Benoît Raynaud

 

A lire aussi, communiqué du Cercle des Libertés Egales: http://libertesegales.canalblog.com/archives/2011/12/05/22892205.html

 

 

 

 

 

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10 décembre 2011 6 10 /12 /décembre /2011 14:36

 

De Gilles Norroy...

 

Le psychanalyste Jacques Lacan professait que l’on finissait parfois par devenir ce que son nom signifie.

C’est sans doute ce qui arrive à Arnaud Montebourg avec ses déclarations sur l’Europe de Bismarck que la Chancelière Angela Merkel serait supposée vouloir réinstaurer.

 

Arnaud Monte-Bourg veut s’accrocher à l’esprit de clocher.

Encore quelques jours et il nous parlera des boches et ajoutera « on les aura ».

Il faut s’interroger sur les frustrations personnelles que révèlent ces propos inadmissibles.

 

Depuis plusieurs années Arnaud Montebourg s’emploie à la fois à cultiver un provincialisme appuyé en même temps que des ambitions nationales. Il  s’efforce d’être en même temps un baron local et un chevalier de la rue de Solferino, cumulant sans vergogne, malgré les engagements de son parti, les fonctions de député et de président de Conseil Général.

Sa fête de la rose de Frangy en est chaque année le moment fort, celui où les « people de gauche » vont rencontrer les vrais gens sur fond de graillon et de chants de colonie de vacances.

 

Cette année il avait mis Chevènement à l’honneur (il aurait du en profiter pour le lancer sur l’Allemagne mais ce dernier ne confond pas forcement souverainisme et vulgarité).

Ce qui est attristant pour un socialiste c’est de mêler sa voix à celle de Marine le Pen qui a le même appétit pour les fêtes populaires, l’apéro saucisson bal musette, et la détestation de l’Europe.

 

J’ai gardé des amis au Parti Socialiste. Au-delà des différences politiques les valeurs européennes sont un point de rassemblement des démocrates.

La construction européenne a été marquée par des grands tandems franco Allemand :

Le Général de Gaulle et Conrad Adenauer, Giscard d’Estaing et Helmut Schmidt, François Mitterrand et Helmut Kohl, aujourd’hui Nicolas Sarkozy et Angela Merkel.

On peut observer que de bien des cas ces tandems réunissaient un socialiste et un chrétien-démocrate qui s’honoraient de construire ensemble l’Europe.

 

Qu’Arnaud Montebourg veuille, pour des calculs politiciens, au moment même où la crise peut réveiller de vieilles peurs, détricoter la construction européenne est à la fois pitoyable et dangereux. Il devrait méditer la phrase de François Mitterrand : « le nationalisme c’est la guerre ».

Ceux qui considèrent que l’Europe est un combat essentiel trouveront  toutefois avec l’élection de  Jean-Marie Cavada à la présidence du Mouvement Européen une raison d’espérer.

Ce mouvement rassemble des Européens de tout bord.

 Je me  réjouis d’y retrouver des socialistes qui  sont des  européens sincères.

 

Gilles NORROY

 

Note : le socialiste Hollande a mollement et tardivement condamné les déclarations germanophobes de Montebourg et autres…

Marc d’Héré

 

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7 décembre 2011 3 07 /12 /décembre /2011 10:44

 

Madame et Messieurs les Ministres,
Mesdames et Messieurs les parlementaires,
Monsieur le Maire de Toulon, cher Hubert,
Mes chers concitoyens,

I

l y a trois ans, le 25 septembre 2008, au pire moment de la tourmente financière qui allait plonger l'économie mondiale dans la plus grande crise depuis la deuxième guerre mondiale, c'est dans cette même salle que je me suis adressé aux Français.

Je n'ai pas écouté ceux qui me conseillaient de ne rien dire de peur qu'en disant la vérité, on créât la panique. J'avais la conviction que pour sauver la confiance, pour éviter la peur, il fallait au contraire dire la vérité aux Français.

Cette vérité, les Français étaient prêts à l'entendre.
 

Leur dire la vérité, c'était leur dire que la France ne pouvait pas rester à l'abri d'une crise planétaire.
C'était leur dire que cette crise était grave, qu'elle allait durer, qu'elle aurait des conséquences sur la croissance, sur le chômage, sur le pouvoir d'achat.

 

Leur dire la vérité, c'était leur dire que tout le système bancaire était menacé, que leurs économies déposées dans les banques étaient menacées mais que nous ne laisserions aucune banque faire faillite, que nous ne permettrions pas qu'un seul Français perdît un seul centime de ses dépôts.

Pas une seule banque n'a fermé ses portes, pas un seul centime de dépôt n'a été perdu grâce au plan de sauvetage bancaire et aux garanties apportées par l'État.

Ce ne sont pas les banquiers qui ont été secourus.
Ce ne sont pas les actionnaires des banques qui ont été protégés.
Ce sont les économies des Français qui ont été sauvées ainsi que leurs emplois car la faillite d'une banque aurait entraîné celle de toutes les autres et c'est l'économie tout entière qui, privée de crédit, se serait effondrée.

Et cela n'a pas coûté un centime au contribuable.

 

Dire la vérité aux Français, c'était leur dire que l'État ne pouvait pas indéfiniment financer ses dépenses courantes et ses dépenses de solidarité par l'emprunt, parce qu'un jour, il faut payer ses dettes.

 

Dire la vérité aux Français, c'était leur dire que la crise était une crise structurelle qui nécessitait des réponses structurelles, qu'elle appelait à accélérer le rythme des réformes, non pas à l'arrêter ou à le ralentir.

 

Dire la vérité aux Français, c'était leur dire que pour sortir de la crise il faudrait travailler davantage et non pas moins.

Je sais que la vie d'un grand nombre de Français est plus difficile aujourd'hui, après trois ans de crise.

Je sais que malgré toutes les mesures qui ont été prises, beaucoup de Français ont souffert et continuent de souffrir.

Chacun a dû faire des efforts, chacun a dû faire des sacrifices.

Mais prenons le temps de regarder autour de nous dans quelle situation se trouvent les pays européens qui n'ont pas pris à temps la mesure de la crise, qui n'ont pas fait à temps les efforts nécessaires. Ils ont été obligés de baisser les salaires et les retraites et d'augmenter massivement les impôts.
 

En 2008, j'ai dit que le capitalisme devait être refondé. J'ai dit qu'il fallait moraliser la finance.

Le G20 que la France avait voulu, contribua à sauver la confiance qui se trouvait partout ébranlée.

On peut toujours déplorer qu'il ne soit pas allé assez vite ou assez loin. Mais si nous regardons d'où nous venons et ce qui a été accompli depuis 3 ans, c'est une véritable révolution qui a commencé : pour les rémunérations des traders, pour les paradis fiscaux, pour les banques, pour les marchés de matières premières, rien ne sera plus comme avant.

En septembre 2008, ici, à Toulon, au cœur de la tourmente, j'avais tracé une perspective : celle d'un capitalisme de production, d'une mondialisation régulée, d'une finance encadrée, d'un développement durable, d'un nouveau rôle pour l'État dans l'économie, d'une nouvelle gouvernance européenne et mondiale.
Au-delà de l'urgence à laquelle le gouvernement de François Fillon a dû, avec courage et une détermination auxquelles je veux rendre hommage, faire face jour après jour, pour protéger les Français, la politique de la France s'est résolument inscrite depuis quatre ans dans cette perspective. Pas un jour je n'ai renoncé à un seul de ces objectifs.

* * *

Mais aujourd'hui, la peur est revenue.
Cette peur qui détruit la confiance.
Cette peur qui paralyse les consommateurs, qui empêche l'investisseur d'investir, l'entrepreneur d'entreprendre, le patron d'embaucher, le banquier de prêter.

Cette peur porte un nom : c'est la peur pour la France de perdre la maîtrise de son destin.

 

La seule façon de conjurer cette peur c'est de dire la vérité.

La vérité, c'est que la crise n'est pas finie et qu'il ne peut pas y avoir de projet politique qui ne procède d'un diagnostic de la crise et de son ampleur. Nier la crise c'est s'interdire toute perspective d'avenir.

Ce que l'on appelle la crise de la dette souveraine qui frappe l'Europe de plein fouet, c'est la même crise qui se poursuit. C'est la crise de la dette privée qui se prolonge en crise de la dette publique. C'est la même crise, qui après avoir frappé les banques, frappe les États.

Cette crise frappe tous les grands pays développés, quelles qu'aient été les majorités de gauche ou de droite qui les ont gouvernés et les politiques qu'elles ont menées au cours des dernières décennies.

 

Il faut chercher les causes communes qui ont conduit le monde dans la situation où il se trouve aujourd'hui.

C'est dans l'instauration, à partir de la fin des années 70, d'une mondialisation sans règle autre que celles qui garantissaient la liberté du commerce que se trouve l'origine des difficultés actuelles.

A la fin des années 70, par une sorte de retour du balancier, l'idéologie du laisser-faire a triomphé au point de faire oublier au monde toutes les leçons qui avaient été tirées de la Grande Dépression des années 30. La globalisation financière s'est installée pour compenser artificiellement les ravages que la mondialisation sans règle provoquait dans les économies des pays développés.

C'était nécessaire pour que les excédents des uns puissent financer les déficits des autres.

C'était nécessaire pour que l'endettement puisse compenser la baisse inacceptable du niveau de vie des ménages dans les pays développés.

C'était nécessaire pour financer un modèle social qui croulait sous les déficits.

C'était inéluctable pour que le capital financier puisse aller chercher ailleurs les profits qu'il ne pouvait plus espérer dans les pays développés.

 

Ainsi s'est mise en place une gigantesque machine à fabriquer de la dette.

Ainsi les pays développés ont-ils cherché leur salut dans la seule voie qui leur restait : la fuite en avant dans l'endettement.

 

Dans certains pays comme la France, c'est l'État qui s'est endetté. Pas un seul budget en équilibre depuis 1974 ! Dans d'autres pays comme l'Angleterre ou l'Espagne ce sont les ménages qui pendant longtemps se sont endettés. Dans d'autres encore, comme aux États-Unis, les ménages et l'État se sont endettés en même temps.

 

La croissance extravagante du secteur financier qui a disséminé d'invraisemblables quantités de dettes a eu pour conséquence la financiarisation de l'économie. Elle l'a mise sous la domination exclusive de la logique spéculative et l'obsession du court-terme. On en connait les conséquences dramatiques sur l'industrie, sur l'environnement, sur les inégalités et sur la dégradation de la valeur du travail.

Dès lors que la fuite en avant dans l'endettement devient impossible parce que les prêteurs ne veulent plus prêter, parce que l'immense pyramide des dettes jusque-là dissimulée par la complexité et la sophistication de la finance globale apparait aux yeux de tous comme un risque énorme, alors commence un nouveau cycle économique.

 

Ce nouveau cycle sera bien différent du précédent. Le cycle qui s'annonce sera un cycle de désendettement qui ramènera le balancier de l'économie vers le travail et la production que les pays développés avaient eu tendance à trop sacrifier.

Le passage d'un grand cycle d'endettement à un grand cycle de désendettement va s'accompagner d'un ajustement auquel toutes les politiques économiques des pays développés vont se trouver confrontées.

 

Je ne crois pas qu'il serait économiquement juste, ni moralement acceptable d'imputer aux Français les difficultés que nous vivons.

Nous ne sommes pas à la fin des Trente Glorieuses. Nous ne sortons pas de trente ans de prospérité dont il faudrait corriger les excès.

Nous ne sortons pas de trente années où les Français auraient refusé de faire le moindre effort pour faire face à la concurrence des pays émergents.

Depuis trente ans les Français ne consomment pas plus qu'ils ne gagnent. Au contraire, ils épargnent. Les ménages français sont parmi ceux qui dans le monde épargnent le plus.

Depuis trente ans, dans leur immense majorité, les Français subissent plus de stress, plus de tensions, plus de fatigue. Ils ont, de plus en plus de mal à se projeter dans l'avenir. Je pense, en particulier, aux jeunes générations qui ont des difficultés de plus en plus grandes pour entrer dans la vie active.

 

Cette situation a été d'autant plus mal vécue que depuis 30 ans les efforts des Français pour être plus productifs ont été considérables. Ils ont été courageux.

 

Et surtout, depuis trente ans, ceux qui travaillent et qui sont proportionnellement de moins en moins nombreux ont vu peser lourdement sur leurs revenus la charge de ceux, de plus en plus nombreux, qui vivent plus longtemps, de ceux qui font des études de plus en plus longues, de ceux qui sont au chômage, de ceux que les accidents de la vie ont plongé dans la détresse.

 

Dire la vérité aux Français c'est leur dire que cette situation, insoutenable dans la durée, se trouve aggravée si brutalement par la crise qu'il est impossible de continuer ainsi.

C'est pour cette raison que la réforme des retraites ne pouvait plus être différée et qu'il a fallu en accélérer le calendrier. Contester cette réalité, c'est mentir gravement aux Français. La réforme que nous avons mise en œuvre qui garantit le financement des retraites des Français pour l'avenir était une décision socialement juste. Permettre la retraite à 60 ans sans financement était une décision socialement injuste.

 

Dire la vérité aux Français c'est ne rien leur cacher des conséquences de la crise et des efforts qu'elle implique pour tous.

Si les Français éprouvent un malaise quand ils s'interrogent sur leur avenir et celui de leurs enfants c'est qu'ils ont le sentiment que leur vie est ballotée par des crises dont ils ne sont pas responsables, qu'ils ne sont plus maîtres de leur avenir.

Pour rendre aux Français la maîtrise de leur avenir, il faut rendre à la France la maîtrise de son destin. Et pour cela elle doit entrer de plain-pied dans le nouveau cycle économique. Elle doit s'y préparer.

 

Il y a trois façons de répondre à la crise.

La première, c'est de la nier. Expliquer que ce n'est pas grave, que la crise n'est qu'un prétexte. C'est mentir aux Français et préparer des catastrophes dont la France ne se remettrait pas.

La seconde, c'est de faire le choix exclusif de l'austérité, de la rigueur, de la déflation. Ce serait le choix de la baisse des salaires et des retraites. Ce serait le choix de faire porter tout le poids de la crise sur le pouvoir d'achat. Ce serait le choix qui tirerait tout vers le bas, un choix qui prendrait le risque de plonger l'économie dans la récession et même dans la dépression.

 

Il y a un autre choix possible. Celui de répondre à la crise par le travail, par l'effort et par la maîtrise de nos dépenses. C'est un ajustement par le haut. C'est un choix qui préserve le niveau de vie. Entre la baisse des retraites et travailler plus longtemps, je choisis la deuxième solution. Entre gagner moins et travailler davantage, je suis convaincu que la deuxième solution est préférable à la première, qu'elle est plus juste et qu'elle nous permettra de sortir de la crise au lieu de l'aggraver. Ce choix de l'effort, du travail, c'est la politique que suit avec constance le gouvernement.

 

Dans le monde tel qu'il est, avec les défis que nous avons à relever, avec ce que sont les tendances de la démographie, la retraite à 60 ans et les 35 heures ont été des fautes graves dont nous payons aujourd'hui lourdement les conséquences et qu'il nous a fallu réparer.

La crise est d'abord un révélateur de nos faiblesses. Mais pour peu que nous sachions en tirer les leçons, les crises nous indiquent aussi la voie à suivre pour reconstruire et elles donnent à la politique une responsabilité et un champ d'action au fond sans précédent depuis la deuxième guerre mondiale parce qu'il faut tout imaginer, tout réinventer.

 

Il nous faut d'abord de nouveau parer à l'urgence, en évitant de devenir une cible pour la spéculation en brisant le doute sur notre capacité à maîtriser notre endettement et à rembourser nos dettes. Car le doute nous fait payer plus cher notre dette.

En réduisant nos déficits, nous diminuons l'emprise que les marchés exercent sur nous, nous préservons la maîtrise de notre destin.

Pour réduire nos déficits nous devons éliminer nos mauvaises dépenses, celles qui sont inutiles, celles que l'on peut supprimer sans diminuer la qualité du service public, celles que l'on peut compenser par un effort raisonnable de productivité, celles qui sont le fruit d'une mauvaise gestion, d'un mauvais contrôle, celles que l'on a laissé dériver par manque de courage pour réformer ou par défaut d'anticipation.

Depuis des décennies, nous dépensons trop et souvent mal. Cela ne peut plus durer. L'habitude qu'avait prise l'Etat d'être un guichet où l'on répondait oui, non pas à ceux qui en avaient le plus besoin mais à ceux qui pouvaient protester le plus et bloquer le plus. Cela ne peut plus durer.


Nous devons diminuer nos dépenses courantes, en étant plus attentifs à l'utilité de la dépense publique. Nous devons continuer à réduire les effectifs de la fonction publique en maintenant la règle du non renouvellement de un départ sur deux à la retraite. Nous devons le faire avec détermination. Mais aussi avec sang-froid, raisonnablement, sans nous laisser gagner par la fébrilité et les emballements des marchés.

C'est pour cela que, dans le même temps que nous économisons, nous devons continuer d'encourager le travail et donc les heures supplémentaires, préserver les allègements de charge et nous devons continuer d'investir, car la clé de notre avenir est dans la productivité et dans la compétitivité.

 

La France a des atouts exceptionnels pour affronter toutes les concurrences et toutes les épreuves. De tous les grands pays développés, il est celui dont le système institutionnel a le mieux résisté à la crise. Grâce à ses institutions il peut être gouverné même quand les temps sont difficiles. Ce n'est pas en passant à la VIe République qui ne serait en réalité qu'un retour à la IVe que la France maîtrisera mieux son destin. Nous avons connu l'époque des marchandages entre partis. Le résultat, ce fut l'impuissance, l'abaissement et la confusion. Dans un monde où il faut décider vite et avec sang-froid, sans à priori idéologique, c'est une fantaisie coupable que la France ne peut pas se permettre.

Quand l'économie mondiale est entrée en récession, le modèle social français s'est révélé efficace pour amortir le choc. Il a contribué à ce que l'économie recule moins en France qu'ailleurs.

 

Mais qui peut penser le maintenir sans l'adapter aux conditions qui sont celles de notre époque ?

 

On n'éduque pas, on ne soigne pas comme hier. La délinquance n'est pas la même qu'hier. Les inégalités ne sont pas les mêmes. Et surtout, il est apparu une nouvelle inégalité celle qui fait la vie plus difficile à ceux qui travaillent au bas de l'échelle par rapport à une minorité qui voudrait profiter du système sans assumer sa part des devoirs.

 

On ne peut pas financer notre protection sociale comme hier en prélevant uniquement sur les salaires quand les frontières sont plus ouvertes et qu'il faut faire face à la concurrence de pays à bas salaires. La réforme du financement de notre modèle social est devenue urgente.

Nous ne pouvons pas garder la même organisation de notre protection sociale que celle de l'après-guerre alors que ceux qui changent plusieurs fois d'entreprise, de secteur, de métier, tout au long de leur vie active sont de plus en plus nombreux.

Face à la tourmente économique et financière, disposer comme la France d'un État fort adossé à une longue tradition administrative est apparu comme un atout considérable, tandis qu'un État faible, dépourvu de toute autorité, est apparu comme l'une des causes principales qui ont conduit bien des pays à être emportés par la tourmente.

 

La France a des atouts que bien des pays dans le monde lui envient. Elle a une démographie dynamique, une jeunesse nombreuse, des entrepreneurs, des chercheurs et des ingénieurs de talent, une main d'œuvre de grande qualité, travailleuse, bien formée. Elle a une longue tradition industrielle et agricole, des savoir-faire qui sont issus du travail de plusieurs générations.

Ce n'est pas en renonçant à notre indépendance énergétique et en boudant l'énergie nucléaire dans laquelle la France a investi depuis un demi-siècle tant d'intelligence et d'argent qu'elle valorisera au mieux ses atouts.

Ce n'est pas en choisissant une politique de partage du travail qui a échoué partout dans le monde que la France tirera le meilleur parti de ses ressources.

Cette voie tourne le dos au progrès.

 

C'est le travail qui crée le travail, c'est l'investissement qui engendre l'investissement.

Travailler plus et mieux, se former plus et mieux, investir massivement et mieux, ce sont les principaux leviers par lesquels la France se mettra en phase avec le nouveau cycle économique.

Alors qu'en France comme dans la plupart des grands pays développés frappés par la crise mondiale, le chômage augmente, nous avons le devoir de chercher toutes les solutions pour créer des emplois. La crise ne doit pas nous faire baisser les bras. Et ce n'est pas parce qu'il y a une élection présidentielle qu'il faut attendre.

 

C'est dès à présent qu'il faut se battre pied à pied, qu'il faut mobiliser toutes les intelligences, toutes les bonnes volontés. Nous ne gagnerons pas la bataille de l'emploi sans les chefs d'entreprise, sans les partenaires sociaux. C'est pourquoi en janvier prochain j'inviterai tous les partenaires sociaux à participer à un sommet sur l'emploi pour que chacun puisse apporter des solutions, faire des propositions. Il faudra avoir le courage d'affronter les grandes questions et de lever les tabous sur les freins à la compétitivité française.

 

Sur l'emploi on n'a pas tout essayé. Quand on voit monter le chômage, on n'a pas le droit de dire qu'on y peut rien, même si tout ne dépend pas de nous. Mais à la fin il n'y a que la croissance qui viendra à bout du chômage de masse.

 

A l'entrée d'un cycle de désendettement qui porte en lui-même des tendances récessives, l'action en faveur de la croissance doit être plus vigoureuse que jamais. Ce moment crucial où se dessine un nouveau modèle de croissance, c'est celui qu'il ne faut pas manquer.

La triple révolution du numérique, de l'écologie et de la connaissance change tout. Elle bouleverse les modes de production. Elle fait glisser la croissance du matériel à l'immatériel, de la quantité à la qualité, de la standardisation à l'innovation.

A côté du capital et du travail, elle donne une importance nouvelle à ces facteurs de production que sont l'intelligence, le savoir, l'imagination. L'autonomie des universités, le Grenelle de l'Environnement, le crédit d'impôt recherche, les 35 milliards d'investissements d'avenir dans l'enseignement supérieur, dans la recherche, dans les technologies du futur préparent cette immense révolution. Il faut persévérer.

 

Ce n'est pas le moment de nous décourager, de nous rétracter, de nous replier sur nous-mêmes, de nous réfugier dans l'immobilisme, dans la précaution, de rejeter le progrès.

C'est le moment de travailler, d'investir, d'entreprendre. C'est le moment où l'État doit redevenir innovateur, entrepreneur, investisseur, où il doit entraîner ceux qui inventent, qui créent, qui entreprennent. OSEO, le Grand Emprunt, le Fonds Stratégique d'Investissement, ce sont des outils de financement de cette révolution de long terme. Il faut persévérer dans cette voie.

 

Mais nous ne reprendrons pas la maîtrise de notre destin tout seul. Nous ne domestiquerons pas la finance tout seul. Nous ne changerons pas les règles de la mondialisation tout seul. Nous ne retrouverons pas le chemin de la croissance tout seul.

 

Chacun doit comprendre que la France est tellement engagée dans le monde, que son économie est tellement plongée dans l'économie mondiale, qu'il n'y a pas de différence entre la politique intérieure et la politique extérieure, entre la politique nationale et la politique européenne, Au-dedans et au dehors, c'est une seule et même politique qu'un pays comme le nôtre doit mettre en œuvre pour faire face à une seule et même crise qui est mondiale.

Dire la vérité aux Français c'est leur dire que l'isolement n'est pas une solution, que nous n'avons pas le choix entre l'ouverture et la fermeture parce que la fermeture serait mortelle pour notre économie, pour nos emplois, pour notre niveau de vie. Les sociétés fermées n'ont qu'un destin possible : le déclin. Le déclin économique, intellectuel, moral.

 

C'est cette lucidité, cette acceptation du réel qui nous permettra de peser en Europe et dans le monde et d'être capable de fixer les limites que nous n'entendons pas voir dépasser.

Ainsi, nous refuserons d'effacer nos frontières. Elles sont la condition de notre liberté, de notre démocratie, de notre solidarité.

Ainsi, nous défendrons notre identité, notre culture, notre langue, notre façon de vivre, notre modèle social.

Ainsi, nous n'accepterons pas une immigration incontrôlée qui ruinerait notre protection sociale, qui déstabiliserait notre société, perturberait notre façon de vivre, bousculerait nos valeurs. L'immigration est féconde si elle est maîtrisée pour que ceux que nous accueillons puissent être accueillis dans les meilleures conditions possibles, pour qu'ils prennent en partage notre histoire, nos valeurs, notre façon de vivre.

Régulariser tous les étrangers en situation irrégulière, c'est la certitude de créer un appel d'air incontrôlable.

Ainsi nous ne pourrons tolérer la persistance des dumpings, des concurrences déloyales, le pillage de nos technologies qui détruisent nos usines.

 

Au fond la seule façon de nous protéger est d'être les artisans d'un changement avec les autres plutôt que de nous engager dans une aventure solitaire qui serait sans issue.

Ayons conscience que si nous échouons à changer ensemble les règles du jeu, le monde risque de sombrer dans le chacun pour soi et le protectionnisme et nous irons à la catastrophe, parce qu'alors nous risquons de refaire pas à pas le chemin tragique qu'a emprunté le monde dans les années 30.

Il y a une réalité que chacun doit comprendre, que chacun doit accepter : la souveraineté ne s'exerce qu'avec les autres.

 

L'Europe, ce n'est pas moins de souveraineté, mais davantage de souveraineté parce que c'est davantage de capacité d'agir.

On défend mieux sa souveraineté avec des alliés, que tout seul. C'est la grande leçon de l'histoire du XXème siècle. Renoncer à notre place de membre permanent du conseil de Sécurité et à notre droit de véto ne serait ni plus ni moins qu'une faute. Nous n'aurions pu aider les peuples de Libye et de Côte d'Ivoire à se libérer.

 

La France et l'Allemagne, après tant de tragédies, ont décidé d'unir leur destin, de regarder ensemble vers l'avenir. Revenir sur cette stratégie serait impardonnable.

L'histoire et la géographie ont fait l'Allemagne et la France rivales ou partenaires. En faisant le choix de l'amitié le Chancelier Adenauer et le Général de Gaulle ont fait un choix historique.

L'Allemagne et la France unies, c'est l'Europe toute entière qui est unie et forte. La France et l'Allemagne désunie, c'est l'Europe toute entière qui est désunie et qui est affaiblie. Je recevrai lundi prochain à Paris la chancelière Merkel et ensemble nous ferons des propositions pour garantir l'avenir de l'Europe.

Chacun a son histoire, chacun a ses blessures. Quand on parle de la monnaie, l'Allemagne se souvient de son histoire. Nous devons la comprendre et nous devons la respecter.

Chacun a ses institutions, sa culture politique, sa conception de la Nation. L'une est fédérale, l'autre est unitaire. Il faut comprendre cette différence. Il faut la respecter.

 

La France et l'Allemagne ont fait le choix de la convergence. Je ne reviendrai jamais sur ce choix. Cela ne veut pas dire que l'une veut se mettre à la remorque de l'autre, ni que les deux veulent renoncer à leur identité jusqu'à se confondre.

Le choix de la convergence, ce n'est pas celui de l'imitation mais celui des leçons tirées en commun de l'expérience de chacun.
Le choix de la convergence c'est celui du travail en commun, de l'effort partagé pour construire au cœur de l'économie européenne une zone de stabilité et de confiance qui sera le moteur de la compétitivité européenne. Je ferai tout pour qu'il en soit ainsi.

 

L'Europe n'est plus un choix. Elle est une nécessité. Mais la crise a révélé ses faiblesses et ses contradictions. L'Europe doit être repensée. Elle doit être refondée.

Il y a urgence. Le monde n'attendra pas l'Europe. Si l'Europe ne change pas assez vite, l'Histoire s'écrira sans elle.

C'est la conviction de la France et de l'Allemagne.

L'Europe a besoin de plus de solidarité. Mais plus de solidarité exige plus de discipline.

C'est le premier principe de la refondation de l'Europe.

Car la solidarité ne doit pas être un encouragement au laxisme.

L'Europe a besoin de plus de politique. Je veux dire de plus de responsabilité politique.

L'Europe sans politique, l'Europe en pilotage automatique qui ne fait qu'appliquer aveuglément les règles de la concurrence et du libre-échange est une Europe qui ne peut pas faire face aux crises. C'est une Europe désarmée. C'est une Europe qui est condamnée à subir. Cette Europe-là, nous n'en voulons pas.

L'Europe a besoin de plus de démocratie. Parce que l'Europe est une entreprise qui ne peut pas réussir sans les peuples. Parce que si les peuples se méfient de l'Europe, l'Europe reculera. L'Europe plus démocratique, c'est l'Europe où ce sont les responsables politiques qui décident.

Plus de politique, c'est le deuxième principe de refondation de l'Europe.

 

La refondation de l'Europe, ce n'est pas la marche vers plus de supranationalité. Ce n'est pas la réouverture des vieilles querelles entre les partisans de l'Europe des nations et de l'Europe fédérale.

L'Europe se refondera en tirant pragmatiquement les leçons de la crise. La crise a poussé les chefs d'États et de gouvernements à assumer des responsabilités croissantes parce qu'au fond eux seuls disposaient de la légitimité démocratique qui leur permettait de décider. C'est par l'intergouvernemental que passera l'intégration européenne parce que l'Europe va devoir faire des choix stratégiques, des choix politiques.

 

Au sein de la zone Euro, il nous faut décider maintenant aller sans crainte vers davantage de décisions prises à la majorité qualifiée.

L'Europe ouverte à tous les vents, l'Europe qui ne se protège par contre les dumpings, l'Europe qui ouvre ses marchés sans exiger la réciprocité de la part de ses concurrents, l'Europe qui laisse entrer des produits de pays qui ne respectent pas les règles sociales ou environnementales, ça ne peut plus durer. L'Europe doit négocier pieds à pieds la défense de ses intérêts commerciaux.

L'Europe qui fait appliquer à l'intérieur le principe de la libre circulation et qui ne contrôle pas ses frontières extérieures, ça ne peut plus durer. Schengen doit être repensé.

L'Europe qui tolère le dumping social et le dumping fiscal entre ses États membres, l'Europe qui supporte que les subventions qu'elle verse à certains de ses membres pour les aider à combler leur retard sur les autres puissent servir à baisser leurs charges et leurs impôts pour faire aux autres une concurrence déloyale, ça ne peut plus durer.

L'Europe ne peut pas laisser ses groupes industriels à la merci de tous les prédateurs du monde, parce qu'elle leur interdit de se regrouper au nom d'une fausse conception de la concurrence, L'Europe ne peut plus ignorer la nécessité absolue d'une politique industrielle, pour soutenir nos filières et nos exportations.

L'Europe doit défendre sa politique agricole commune car dans un monde de ressources rares, la sécurité alimentaire est un élément essentiel de l'indépendance.

 

L'Europe va devoir faire des choix cruciaux dans les semaines qui viennent.
Ces choix ne peuvent plus être ceux des années 80.

La crise est un accélérateur.
La crise est un défi majeur pour l'Europe. Le plus grand défi sans doute qu'elle ait eu à relever depuis qu'elle existe.

Ne nous le cachons pas, l'Europe peut être balayée par la crise si elle ne se ressaisit pas, si elle ne change pas.

Mais dans l'Europe, il y a l'Europe à 27 et il y a l'Europe de l'Euro.

Au cœur de la crise européenne, il y a la crise de l'Euro. C'est la plus grave. Elle peut tout emporter. Que restera-t-il de l'Europe si l'Euro disparaît, si le cœur économique de l'Europe s'effondre ?

 

Au moment de faire le choix de l'Euro, nous nous sommes divisés entre partisans du oui et partisans du non. Chacun avait ses raisons, ses arguments qui étaient respectables.

Mais le débat est derrière nous. L'Euro existe. Sa disparition aurait des conséquences dramatiques pour les Français. Elle rendrait notre endettement ingérable. L'effondrement de la confiance paralyserait tout. Les Français s'appauvriraient... Nous n'avons pas le droit de laisser se produire un tel désastre.

 

Prenons la crise de l'Euro pour ce qu'elle est : une crise de crédibilité, une crise de confiance.

Elle ne peut se résoudre qu'en restaurant la crédibilité, en restaurant la confiance.

Si nous voulons que l'Euro survive, nous n'avons pas le choix : nous devons opposer une solidarité sans faille à tous ceux qui doutent de la viabilité de l'Euro et qui spéculent sur son éclatement.

Il doit être absolument clair que tous les pays de la zone Euro seront solidaires les uns des autres. Il doit être clair que ce qui a été fait pour la Grèce, dans un contexte très particulier, ne se reproduira plus, qu'aucun État de la zone Euro désormais ne sera mis en défaut. Il doit être absolument clair qu'à l'avenir aucun épargnant ne perdra un centime sur le remboursement d'un prêt accordé à un pays de la zone Euro. C'est une question de confiance et la confiance conditionne tout.

 

Il doit être clair que cette solidarité sans faille, tous les Etats et toutes les institutions y travaillent sans relâche.

C'est la raison d'être du Gouvernement de la zone Euro que la France a voulu et qui réunira les chefs d'État et de Gouvernement pour décider ensemble.

C'est la raison pour laquelle la France a proposé la création d'un Fonds monétaire européen qui sera pour l'Europe l'instrument de sa solidarité, qui sera en mesure de venir en aide aux pays en difficulté. Ce Fonds mobilisera les ressources nécessaires pour offrir un rempart face à la spéculation. Nous le pérenniserons, le renforcerons et je souhaite que nous lui permettrions de décider, à la majorité qualifiée.

 

Naturellement, la Banque Centrale Européenne a un rôle déterminant à jouer. Il y a des débats sur ce que lui autorisent ses statuts. Je ne veux pas entrer dans ces débats. La BCE est indépendante. Elle le restera. Je suis convaincu que face au risque déflationniste qui menace l'Europe la Banque Centrale agira. A elle de décider quand et avec quels moyens. C'est sa responsabilité. Nul ne doit douter qu'elle l'assumera, et, d'ailleurs je me félicite de ce qu'elle ait commencé à le faire.

 

Cette solidarité sans faille n'est pas envisageable sans une discipline plus stricte. Si l'on veut plus de solidarité, il faut plus de discipline budgétaire. Nous devons discuter ensemble de nos politiques budgétaires, non pour qu'elles soient les mêmes partout alors que les situations sont différentes, mais pour qu'elles se rapprochent au lieu de s'écarter les unes des autres. Examinons en commun nos budgets. Instaurons des sanctions plus rapides plus automatiques et plus sévères pour ceux qui ne respectent pas leurs engagements. Renforçons les dispositifs de prévention pour que les dérives que nous avons connues ne se reproduisent plus. Chaque pays de la zone euro doit adopter une règle d'or qui inscrira dans son ordre juridique l'objectif d'équilibre budgétaire. La France doit l'adopter. L'idéal si chacun faisait preuve de responsabilités, serait de le faire avant la Présidentielle. Si tel n'était pas le cas, il faudrait le faire immédiatement après.

 

Il ne peut y avoir de monnaie unique sans que les économies convergent. Si les écarts de niveau de vie, de productivité, de compétitivité se creusent entre les pays, l'Euro se révèlera tôt ou tard trop fort pour les uns, trop faible pour les autres ; et la zone euro éclatera.

 

La convergence, ce doit être le maître mot de la zone euro.

Ce processus sera nécessairement long et difficile.

Depuis le début de la crise de la dette, reconnaissons-le, l'Europe a déçu. Pas assez vite, pas assez loin, pas assez fort. J'entends ces critiques. Parfois, j'ai partagé l'impatience des observateurs. Mais la tâche était si difficile. Le Traité de Maastricht s'est révélé imparfait. Il prévoyait des mécanismes de préventions, mais bien lacunaires, des sanctions, peu appliquées et aucun instrument d'urgence.

 

Nous avons dû tout réinventer, tout reconstruire, et nous avons redécouvert que parfois nos conceptions de la politique économique ou de l'union monétaire étaient demeurées différentes, en dépit de 10 ans de vie commune.

 

Maintenant, dans une situation extrême, après le long chemin que nous avons parcouru, nous devons revenir à l'essentiel et le réaffirmer solennellement. C'est pourquoi la France milite avec l'Allemagne pour un nouveau Traité.

Plus de discipline, plus de solidarité, plus de responsabilité assumées devant les peuples un véritable gouvernement économique. Tel est notre vision de l'avenir de la Zone Euro et de la future réforme des Traités.

 

C'est pour que dans le monde de demain l'Europe puisse encore faire entendre sa voix et faire vivre une très ancienne idée de la civilisation à laquelle elle tient par-dessus tout que la France se bat.

C'est pour que dans le monde de demain chacun, en se développant, contribue au développement des autres au lieu que chacun cherche à se développer au détriment des autres que la France se bat.

C'est pour que dans le monde de demain la coopération prévale sur la confrontation que la France se bat.

C'est pour que dans le monde de demain ses valeurs, son mode de vie, sa culture ne soient pas condamnées à disparaître que la France se bat.

 

 

C'est pour que les Français ne voient pas s'évanouir tout ce qu'à force de travail, d'intelligence, de générosité, ils ont construit de grand, de beau que la France se bat, qu'elle se bat à l'intérieur et à l'extérieur.

Ce combat, la France le mène sans arrogance, mais sans relâche, avec la conviction qu'au plus fort de la pire des crises économiques qui n'ait jamais menacé le monde depuis trois quarts de siècle, il porte une espérance qui ne doit pas s'éteindre.

 

Vive la République.
Vive la France.

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5 décembre 2011 1 05 /12 /décembre /2011 23:52

 

Sur le blog du Cercle des Libertés Egales, le communiqué publié à la suite de l'accord Markel/Sarkozy:

 

 

Communiqué du Cercle des Libertés Egales sur l'accord Merkel-Sarkozy: http://libertesegales.canalblog.com/archives/2011/12/05/22892205.html
 

 

Marc d'Héré 

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17 octobre 2011 1 17 /10 /octobre /2011 09:35

 

Extraits de « Plus belle la gauche- pour une gauche moderne », de marc d’Héré et Gilles Casanova, publié en février 2010 aux éditions de Passy

 

Nous devons aller vers une Europe capable de choisir et de mener des politiques. S’il faut réagir contre la propension de la Commission Européenne à traiter de manière technocratique d’une multitude de sujets touchant à la vie quotidienne, l’Europe doit disposer d’une plus grande capacité, à proposer, à décider rapidement et à agir, pour les questions économiques sociales et environnementales, ainsi que pour la politique extérieure à chaque fois que ce sera possible, compte tenu de la différence dans la perception du monde et des relations internationales existant encore entre des pays récemment sortis de l’orbite soviétique et des pays qui vécurent de l’autre côté la guerre froide.

Au-delà des institutions, les progrès et les avancées de l’Europe sont affaire de politique et de volonté, comme Nicolas Sarkozy l’a montré lors de la récente présidence française de l’Union. Parce que l’unité et l’efficacité n’exigent pas l’uniformité, on peut envisager une Europe ne reposant pas sur un seul mode de fonctionnement mais s’enrichissant d’accords partiels et de coopérations renforcées. Construisons une Europe des projets.

Au sein de cette Europe, unie tout en acceptant la diversité, le noyau représenté par l’Euro-groupe doit se renforcer. Pour tirer tout le profit possible de notre monnaie commune, pour faire sortir l’ensemble de l’Europe d’une certaine mollesse économique, et la rendre plus réactive, un « gouvernement économique » des États de l’Euro, efficacement dirigé, s’avère de plus en plus nécessaire. La Banque Centrale Européenne ne peut conserver comme seul objectif la lutte contre l’inflation, on doit y ajouter – comme c’est le cas pour la Banque Centrale des États-Unis – la recherche de la croissance. Il serait utile aussi, tout en affirmant son indépendance, de faciliter ses contacts avec l’exécutif européen, plus encore que ne le prévoient les traités.

L’Europe a dans sa mission d’assurer la protection de ses citoyens. Mais, l’Europe qui protège ne peut pas être l’Europe qui s’enferme. Si nous devons repousser la tentation du protectionnisme qui représenterait un danger mortel pour nos économies, nous n’avons pas vocation à devenir un espace ouvert à tous les vents, sans contrôle, sans maîtrise, sans responsabilité. On ne peut accepter toute forme ou tout niveau, aussi élevé et injuste soit-il, de dumping social, fiscal ou environnemental. Nous « devons être ouverts mais pas naïfs », a pu dire fort justement Michel Barnier, lors des dernières élections au Parlement européen. Ce sont des protections raisonnables qui éviteront le protectionnisme. Les échanges qui sont une nécessité absolue, doivent pouvoir se dérouler sur un mode équilibré et coopératif, avec des contreparties qui permettent à chacun d’être gagnant. L’Europe doit pouvoir aussi protéger ses intérêts stratégiques, en permettant par exemple à la Commission de mettre son veto en cas de prise de participation étrangère dans des actifs européens qui seraient considérés comme stratégiques.

Protéger les Européens c’est à l’évidence permettre l’élévation constante des garanties données aux salariés et aux citoyens. La Gauche Moderne y est particulièrement attachée et a eu, à plusieurs reprises l’occasion de l’affirmer. C’est aussi rendre l’Europe plus forte dans le cadre d’une mondialisation qui s’impose à tous. C’est lui permettre de développer une stratégie économique et politique, d’accroître sa compétitivité et de créer des emplois durables. Elle le fera prioritairement en encourageant le développement de la formation, et en concentrant les efforts budgétaires et les investissements sur la recherche et l’innovation – d’abord pour l’énergie[1], les transports et les nouvelles technologies environnementales, fortement créatrices d’emplois. Elle le fera aussi en encourageant les échanges et les coopérations intra européennes, en favorisant une politique de ré industrialisation, en développant les pôles de compétitivité, en favorisant l’émergence de grands groupes européens, en permettant le lancement de programmes d’infrastructures, en réorientant la Politique Agricole Commune et en limitant son coût. Elle le fera en développant une stratégie commune de sortie de crise et de réduction des déficits. Le maintien à un haut niveau des politiques structurelles et des aides régionales, concrétisera la solidarité vis à vis des régions les plus pauvres et particulièrement  des pays de l’ancien bloc de l’Est.

La flexisécurité – élément emblématique du social libéralisme – parce qu’elle répond aux exigences de performance économique et de justice sociale en permettant à la fois de donner aux entreprises la souplesse, condition de leur compétitivité et aux salariés la formation et la sécurité nécessaires à leur épanouissement personnel, doit être le socle du modèle économique et social européen. Les éléments qui la constituent doivent résulter de négociations entre acteurs sociaux.

L’Europe est appelée à jouer un rôle moteur dans l’action internationale entreprise pour la moralisation et la transformation du capitalisme. Elle doit peser de tout son poids pour qu’une régulation financière s’impose au niveau international, et doit au plus vite établir en interne, toutes les règles qui avec cet objectif pourront, sans défavoriser ses entreprises et ses citoyens par rapport aux autres, s’appliquer à son territoire sans attendre un accord international Cela pourra concerner une meilleure supervision des banques et organismes financiers, leur orientation vers l’économie réelle plus que vers la spéculation, la juste rémunération du risque, et l’harmonisation de la protection des épargnants. Les relations des banques européennes avec les paradis fiscaux qui maintiendront inchangées leurs pratiques seront interdites.

L’Europe doit s’affirmer comme un acteur de la coopération internationale pour la défense des droits de l’Homme, contre tous les intégrismes, ainsi que pour le maintien ou le rétablissement de la paix. Cela rend nécessaire la constitution d’une défense européenne, à laquelle nos partenaires devraient être incités à participer davantage, capable d’agir en coopération étroite avec l’Otan, d’autant plus complètement que celle-ci aura reconnu l’existence et l’importance stratégique de cette défense européenne.

L’Europe doit s’ouvrir sur le monde, et notamment sur les régions qui lui sont proches. Particulièrement concernée pour des raisons historiques et culturelles par les pays et les peuples méditerranéens,  elle sait bien qu’il existe une dangereuse fracture économique, démographique, sociale entre les rives de cette mer, qu’il est urgent de réduire.  L’Union Pour la Méditerranée, constituée des 27 pays européens et de la quasi-totalité de ceux bordant le sud et l’est de la Méditerranée, s’efforcera de développer un fructueux dialogue des cultures et de répondre aux défis qui se posent à la région : développement économique, migrations, environnement, énergie et développement durable, sécurité et terrorisme. Elle pourra s’affirmer aussi comme un outil pour la paix au Moyen-Orient.

 

 



[1] Prenons modèle sur l’ancienne CECA, pour créer une Agence Européenne de l’Energie, chargée de la recherche d’énergies nouvelles, de leur exploitation, de leur développement, financée notamment par une « taxe carbone » instituée dans tous les pays d’Europe et à ses frontières.

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11 octobre 2011 2 11 /10 /octobre /2011 13:21

 

Editorial de Claude Imbert dans Le Point du 29 09...

 

L'envahissement de la crise s'éternise. Nous avons, en 2008, frôlé le gouffre, nous continuons de le longer. Revient en mémoire que la crise dite de 1929 n'imposa ses malheurs qu'au fil des années 30. Pour en sortir, l'expertise tant économique que politique n'a rien de rassurant : sa cacophonie transpire le désarroi.

 

Les économistes, unis pour n'avoir rien vu venir, se divisent pour dire où aller. Un festival ! Faut-il ou non "sortir" une Grèce insolvable ? Veut-on un euro requinqué ou d'ores et déjà condamné ? Et, chez nous, faut-il le tour de vis pour réduire la dette ou la relance pour réveiller la croissance ? Un peu ou pas d'inflation ? Avec ou sans impôts nouveaux ? Avec ou sans charger la TVA ? Et j'en passe... Comme je suis à la fois moins savant mais moins surpris par ce qui nous accable, je m'en tiens aux convictions inchangées où je jouais les Cassandre,"à l'insu de mon plein gré"...

 

Mon antique conviction, c'est que le mal originel français tient à la dette, et à son addiction, depuis trente ans, par tous nos pouvoirs de gauche ou de droite. A sa sacralisation par les "avantages acquis" de Mitterrand, bâtardise du Programme commun de la gauche. Et, à droite, à sa perpétuation dans le slogan électoraliste de la "fracture sociale" cher à Chirac.

 

On vous dira que ce fut un mal de pays riches et, à des degrés divers, général en Occident. Qu'il a installé en Europe, et à l'abri abusif des recettes du docteur Keynes, un emballement général, tant privé que public, des déficits. Et, dans des Etats-providence d'une providence ruineuse, l'euphorie d'un accroissement insensé des dépenses publiques. Oui, et alors ? Un mal partagé reste un mal...

 

De surcroît, on vous dit moins que l'obésité de l'Etat français est, elle, monstrueuse. Qu'en Europe des pays ont résisté au mal et d'autres non. Que l'Allemagne, avec la réforme magistrale du socialiste Schröder, a remis sa machinerie en marche et que, si son endettement s'est emballé dans la crise, il était et redevient enviable. La Suède a réduit en dix ans, drastiquement, ses dépenses publiques sans pénaliser sa croissance. Laquelle repart en Allemagne, où le chômage baisse quand le nôtre s'enkyste.

 

Même si l'on simplifie à l'excès, on voit qu'en Europe le Nord se soignait quand le Sud s'enfonçait. La Grèce, dans ses vices, n'est qu'un extrême cas clinique. Mais au tréfonds de maints pays du Sud, France incluse, il y avait une Grèce qui sommeille.

 

Pour la France des 35 heures, de RTT qui octroient à des millions de Français deux ou trois semaines annuelles de vacances de plus que chez nos pairs, où l'âge légal de la retraite fut à grand-peine porté à seulement 62 ans, bref dans un pays où l'on travaille moins qu'ailleurs et où la pression fiscale sur le travail est accablante, il n'y aura pas de répit à la méfiance des marchés prêteurs sans une sorte de révolution culturelle et sociale. C'est peu dire qu'elle ne sera guère prêchée dans le nouveau Sénat...

 

Fillon, bouche d'or, avait trouvé un "pays en faillite" et il suggère pour les retraites un nouveau tour de vis. Il a raison ! Mais accrochons nos ceintures ! Quand l'Etat prodigue déversait sa manne sur une France sociale, je lui voyais déjà les dents rentrantes du brochet qui engoule mais ne dégorge pas. Comment désormais l'y contraindre sans lui arracher la tête ?

 

Voici ma seconde conviction : la vulnérabilité identifiée de la Terre, la pression démographique, la solidarisation planétaire du commerce et des médias, du porte-conteneurs et d'Internet, ont changé la face du monde, mais nous continuons de sous-estimer la mondialisation. Et avec elle l'émergence inexorable des peuples pauvres délivrés de la domination tricentenaire de l'Occident.

 

Cette lame de fond jette l'Europe au pied du mur. Soit elle affirme sa solidarité pour sauver ses cigales du Sud et parvient à mutualiser la dette grecque. Soit elle enterre un demi-siècle d'idéal communautaire. Les optimistes croient qu'au bord du gouffre l'Europe abandonnera son statu quo intenable. Les pessimistes, voyant que la construction élitaire de l'Europe n'a jamais enflammé les peuples, croient que les fourmis, à commencer par l'Allemagne, ne voudront plus payer pour les cigales. Et que sonnent "le déclin et la chute" du Vieux Continent (1).

 

Voici bel et bien la grande affaire du siècle : le meilleur ou le pire à notre porte. L'Europe est un géant économique du monde. Mais elle gît encore sur le flanc, comme Gulliver à Lilliput, empêtrée par des nains politiques. Dans cette fable, Swift moquait leurs divisions débiles. Qu'est-ce donc qui alors l'inspirait ? Je vous le donne en mille : un krach. Celui de 1720...

 
Claude Imbert 

 

 

1.Time Magazine : "The Decline and Fall of Europe", 22 août 2011.

 

Voir aussi: http://libertesegales.canalblog.com/archives/2011/10/10/22292172.html

 

 

 

 

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