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Contact: marcdhere.mdh@gmail.com 

 RECONQUÊTE est un  mouvement en construction. Ce n'est pas un parti politique, mais un Cercle de Réflexion et d'Action, ouvert à tous ceux, à quelque parti qu'ils appartiennent, ou sans parti, qui se reconnaissent dans ses valeurs et  principes. La Responsabilité et l'équivalence entre droits et devoirs à tous les niveaux,  le libéralisme économique,  la solidarité,  le choix d'une évolution réaliste et progressive dans le social et le sociétal,  l'Europe... 

 

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10 avril 2013 3 10 /04 /avril /2013 10:29

 

Le Nouvel Obs a enfin accepté de sélectionner l'article que j'avais  publié sur son site. Cela permettra à cet article (légèrement modifié) d'être lu par des milliers de lecteurs au lieu de quelques centaines.

 

Merci de vous y reporter, et, si vou le souhaitez, de le recommander!

  

http://leplus.nouvelobs.com/contribution/805961-.html

 

Marc d'Héré

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5 avril 2013 5 05 /04 /avril /2013 06:26

 

 

 

Lire un  nouvel article que j'ai publié sur le site du Nouvel Obs plus

 

http://leplus.nouvelobs.com/contribution/805961-.html

 

 

 

Bien à vous

 

Marc d'Héré

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19 décembre 2011 1 19 /12 /décembre /2011 14:52

 

Guillaume Peltier, sur le site Atlantico, le 07 décembre...

 

Le 25 septembre dernier, à peine arrivée au Sénat pour proclamer la victoire de la gauche dans la Chambre des Sages, Martine Aubry, candidate déchue à la primaire socialiste, se précipite pour affirmer qu’elle fera du droit de vote et d’éligibilité des étrangers non européens aux élections locales « la priorité » de la gauche. Seulement voilà, ce 8 décembre 2011, dans un Sénat à majorité de gauche, les socialistes sont décidés à aller jusqu’au bout, mais sont-ils vraiment soutenus par les Français ?

 

Fait marquant, un an avant l’élection présidentielle de 2007, ce même item recueillait 65% d’opinions favorables. En somme, depuis l’automne 2006, la proposition d’instaurer le droit de vote des étrangers aux élections locales a perdu 16 points d’adhésion de la part des Français… Une mesure qui, contrairement aux socialistes, est bien loin d’être une priorité pour les citoyens Français. Et il faut noter que la question ne précise par le droit d’être élu pour les étrangers, ce que propose le PS dans son projet et le texte étudié au Sénat qui stipule : le droit de vote et d'éligibilité aux élections municipales est accordé aux étrangers.  : "Sur ce sujet, le fait par exemple de mentionner ou non, à côté du droit de vote, le droit d’éligibilité pour les étrangers, aurait pu durcir les réponses" ( ndlr : Il y a huit jours un sondage BVA / Le Parisien indiquait que 61% des Français étaient favorables au droit de vote des étrangers non communautaires aux élections locales).

 

Le détail de l’enquête Ifop, publiée le 1er décembre, démontre que les 50-64 ans sont les plus réticents à cette mesure, puisque 56% de cette classe s’y oppose. Les 65 ans et plus la rejette à 52%, tandis qu’un Français sur deux âgé de 35 à 49 ans se dit pas d’accord avec cette mesure. Certains pourront parler d’une courte majorité mais l’évolution de ces chiffres en 5 ans prouve un rejet grandissant de la proposition socialiste. L’adhésion par classe socioprofessionnelle à la proposition des socialistes d’accorder le droit de vote aux personnes étrangères non ressortissantes de l’Union Européenne démontre que le fossé ne cesse de se creuser entre le parti de Martine Aubry et l’électorat ouvrier qui ne lui est plus acquis. En 2006, 66% des employés, 60% des ouvriers et 52% des retraités se prononçaient en faveur de l’instauration du droit de vote des étrangers… Aujourd’hui, 54% des ouvriers se disent « pas d’accord » avec cette proposition. De même que 52% des employés ou encore 53% des retraités s’y opposent.

 

66% des sympathisants UMP, ou encore 52% des sympathisants du Mouvement démocrate de François Bayrou s’opposent à la proposition socialiste. A noter qu’au sein même des sympathisants de gauche, le droit de vote des étrangers ne fait pas l’unanimité, puisque presque un tiers des sympathisants de gauche (30%) s’y s’oppose en 2011. Là encore, et comme le démontre le graphique ci-dessous, le degré d’adhésion au droit de vote des étrangers s’effondre depuis 2006, même auprès des sympathisants de gauche (-4 points auprès des sympathisants communistes ; -6 points auprès des sympathisants socialistes ; très étonnant -23 points auprès des sympathisants Verts en 2006 et EELV aujourd’hui). En 2011, cette proposition séduit encore moins à droite et chute de 18 points auprès des sympathisants UDF/MoDem, moins 19 points auprès des sympathisants UMP et enfin moins 27 points chez les sympathisants du FN.

 

Cette question du droit de vote est symbolique. Serpent de mer de la politique française et promesse de la gauche depuis Mitterrand, elle révèle deux camps à gauche : ceux qui proposent de réconcilier la gauche et l’électorat populaire en ne faisant pas de cette question une priorité, et ceux qui proposent au contraire à la gauche de se créer une nouvelle majorité électorale autour des jeunes, des diplômes et des minorités (cf le rapport de Terra Nova). A ce débat stratégique au sein de la gauche, se greffe un calendrier politique entre la droite et la gauche : Nicolas Sarkozy s’est opposé à cette idée récemment devant les maires de France et le Sénat débattra de la question… demain. Le tout, à six mois de la présidentielle...

__________________________________________

Sondage Ifop/Europe 1/Paris Match
Echantillon de 1040 personnes
Réalisé du 2 au 4 novembre 2011

Guillaume Peltier pour la Lettre de l'opinion et Jérôme Fourquet pour l'IFOP

 

 

Lire le manifeste pour une Eurozone solidaire et intégrée:  http://libertesegales.canalblog.com/archives/2011/12/18/22995094.html

 

 

 

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21 novembre 2011 1 21 /11 /novembre /2011 16:14

 

Les limites à la double nationalité

 

Le billet d’Eric SEYDOUX

 

 

Jusqu’à ce que l’on connaisse le résultat du vote des franco-tunisiens aux élections tunisiennes  pour élire une Assemblée Constituante, je ne voyais pas l’inconvénient qu’il pouvait y avoir à posséder une double nationalité et le débat qui avait été ouvert sur ce sujet, en particulier par la droite républicaine, n’avait mis en évidence aucun argument de nature à rendre pertinent une remise en cause de cette situation.

 

D’autant que ce débat était fondé sur un procès d’intention, fait aux binationaux issus des pays arabo-musulmans, consistant à dire, selon l’expression de Jean-Marie LE PEN, qu’ils étaient « des français de papier ».

 

Il y avait certes des indices, mais très insuffisants, pour laisser penser que ces franco-tunisiens étaient plus tunisiens que français. On rappelle à cet égard les incidents survenus à l’occasion d’un match de football, lorsque des milliers de tunisiens, ne se contentant pas d’encourager le pays de leur origine, ce qui n’est nullement choquant, sifflèrent l’hymne national au stade de France, qui pour le temps d’un match devint terre étrangère. Folklore communautaire avait-on dit...  

 

Avec le vote démocratiquement exprimé par les tunisiens de France, qui pour la plupart ont la nationalité française, qui vivent en France depuis de nombreuses années et qui pour beaucoup y sont nés, les choses se sont clarifiées. En votant majoritairement en faveur d’ENNHADHA, choix tout à fait respectable, ils ont par la même fait valoir que nombre d’entre eux avaient opté majoritairement pour un parti dont l’histoire et les références, peuvent faire penser que sa vocation est de s’éloigner de certains des grands principes républicains, contenu dans le bloc de constitutionnalité, fondement intangible de la nation française au sein de l’Europe.

 

Il y a des marqueurs de la nationalité française : laïcité, égalité entre homme et femme, prohibition de la répudiation et de la polygamie, prohibition du voile intégral dans l’espace public, prohibition de l’homophobie, des châtiments corporels…. Il s’agit de règles qu’un citoyen français ne peut transgresser, même en invoquant sa seconde nationalité et même s’il se trouve dans le pays de sa seconde nationalité. Ces principes sont si forts, si inhérents à la qualité de français, qu’ils ne peuvent disparaître aux frontières de la France pour ceux qui ont la nationalité française.

 

On peut donc avoir deux ou plusieurs nationalités, à une condition essentielle, que ces nationalités  soient compatibles entre elles.

 

L’immigration européenne n’a posé aucun problème car il s’agissait de peuples dont les mœurs et les valeurs étaient parfois différentes, mais totalement conciliables avec celles de la société française.

 

Les binationaux issus de l’immigration des pays arabo-musulmans, devenus français souvent par nécessité économique, rejettent cette nationalité plus parce qu’ils ont l’impression d’avoir trahi la nation de leur cœur, que par adhésion à des valeurs d’un autre âge.

 

La nationalité étant constituée de deux éléments de nature différente : un sentiment d’appartenance à une nation, que l’on exprime justement par l’adhésion à ses mœurs et à ses valeurs et l’octroi d’un statut juridique créateur de droits et d’obligations, pourquoi alors ne pas accorder aux immigrés qui le souhaitent, un statut juridique suffisamment protecteur, afin qu’ils ne soient pas obligés de subir une nationalité qui ne correspond pas à leurs aspirations profondes ?

gpancrazi.over-blog.com/

 

Eric Seydoux

 

 

 

 

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25 septembre 2011 7 25 /09 /septembre /2011 06:52

 

 

Le billet d’Eric SEYDOUX

 

Confession à Médiapart...

 

Mon rêve aurait été d’être infirmier, comptable, chauffeur, majordome, femme de ménage et même pourquoi pas médecin, d’une personnalité célèbre, qui m’aurait honoré de sa confiance, je crois que j’aurais assez bien réussi.

 

D’un tempérament plutôt discret et réservé, je sais ne jamais rien voir, ne jamais rien entendre, me faire oublier, être transparent, ignoré, au point que personne ne se rend jamais compte de ma présence, on parle devant moi, ouvertement, sans limite, on vit devant moi et moi  je suis là, je vois tout, j’entends tout mais je n’existe pas.

 

Je sais dissimuler mes émotions et même s’il le faut, manifester avec la plus grande conviction qui soit, une émotion contraire. Rien de ce que je vois, de ce que j’entends ne peut m’émouvoir, je suis totalement insensible à tout.

 

Une autre de mes qualités qui fait que j’aurais assez bien réussi dans ce job, est que je suis complètement amoral. La vertu  n’est pas mon fort et de toute façon, dites vous bien que nous ne sommes pas là pour ça. Un chauffeur conduit, un comptable compte, une infirmière et un médecin soignent …

 

Les manquements que j’observe me laissent de glace, il se peut même à l’occasion que l’on me demande d’en être le complice, ou même le faussaire, je n’y vois aucun inconvénient, cela aussi fait parti du job.

 

Une autre qualité qui aurait fait que j’aurais réussi, est que j’ai une très bonne mémoire. Cela sert énormément dans le travail et pour éviter toute défaillance, je vais même jusqu’à prendre des notes, sur tout, à propos de tout, même si a priori cela paraît sans aucun intérêt.

 

Ainsi je me rappelle de tout, même plusieurs années après, on pourra me demander tel jour, qui est venu, à quelle heure, à quelle heure est-il parti, était-il seul, accompagné de qui, avait-il quelque chose dans les mains en entrant, en sortant, comment était-il habillé ? Une enveloppe ? Grosse, petite, épaisse. Parfois, même si c’est assez rare, je photocopie, je n’exclus pas à priori les enregistrements. Mon patron pourra compter sur moi, je retiens tout, je conserve tout. Mais non, il n’a pas eu besoin de me le demander cela fait partie du job.  

 

Et puis cela va de soi, je suis discret, très discret, une tombe. D’ailleurs reconnaissez qu’on n’a jamais vu quelqu’un arriver à la télévision avec une mallette pleine de billets de banque  d’une main, un ordre de mission dûment signé de l’autre, venir s’exclamer : « vous vous rendez compte ce que l’on m’a demandé de faire ! »

 

Non, c’est sur le tard que tout se gâte. Oui, quand on n’est plus en situation. C’est toujours après avoir quitté ses fonctions que cela se produit, parfois 10 ans après, parfois moins, parfois plus.

 

Il y a avec l’âge des choses que l’on ne peut plus supporter. Et puis il y a la conscience, cette terrible conscience qui a tout à coup besoin qu’on la libère, un besoin de contrition, un besoin de repentir, de reconnaître devant ses frères, que l’on a péché par pensée par action et par omission… Bien sûr, la logique serait la confession, mais cela fait tellement longtemps que je n’ai plus été à l’église…

 

Non, c’est trop ringard, je n’y arriverais pas. D’après ce que j’ai lu, il y a de nos jours d’autres solutions, cela revient un peu au même, ce sont aussi des confessions, mais qui correspondent mieux à notre temps.

 

Aller tout dire à la police, mais le droit et la morale ne font pas nécessairement bon ménage et puis là je deviens une balance. Très peu pour moi, je n’ai pas que des qualités, mais être une balance de flic, ça jamais. 

 

L’autre solution est de devenir une « source de journaliste ». Ca  je veux bien. Et puis il y a pas mal d’avantages. On peut devenir une star en quelques heures tous les médias parlent de vous, je dois avouer que cela n’est pas fait pour me déplaire.

 

Il paraît d’ailleurs qu’une entreprise s’est spécialisée dans ce type d’affaire. Il me semble qu’elle se nomme  MEDIAPART, c’est facile à retenir, c’est un média pour les particuliers qui ont quelque chose à dire. C’est la meilleure de toutes, elle s’occupe de tout, c’est certainement vers elle que j’irais.

 

Un rêve, je suis  devenu une star, par la grâce de MEDIAPART et avec sa bénédiction, je pourrai désormais le dire chaque  matin en me regardant dans la glace, avec une certaine fierté, je suis une star.  

 

Toute la presse est de mon côté, on me soutient, on vante mon courage, on loue ma franchise et ma vertu, on s’apitoie sur les souffrances que j’ai dû endurer, les courriers des lecteurs ne parlent que de moi, je réponds aux interviews. Oui cela a été difficile, mais que faire, mon honnêteté, ma foi et le besoin de vérité ont balayé mes derniers scrupules. Un livre est envisagé, il paraît qu’on n’a même pas besoin de savoir écrire, cela tombe bien. Peut-être même un CD et pourquoi pas un DVD, j’en ai toujours rêvé. J’ai bien d’autres choses à dire croyez moi, j’ai beaucoup d’idées, et puis, comme ils ont su si bien  le dire à MEDIAPART, il ne faut plus que cela recommence !   

 

Eric Seydoux

 

gpancrazi.over-blog.com/         .         

 

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10 mai 2011 2 10 /05 /mai /2011 14:29

 

DISCOURS DE M. LE PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE
A l'occasion de la journée commémorative des mémoires de la traite
de l'esclavage et de leurs abolitions

 

Jardin du Luxembourg, Paris...10 mai 2011 

 

Ils furent des millions ;
Ils furent enchaînés ;
Ils furent déportés d'un continent à l'autre ;
Ils furent battus ;
Ils furent asservis.

 

Cela dura des siècles.

On leur prit tout : leur liberté, leur dignité, leur vie, leurs rêves, leurs espoirs, leurs joies.
On leur retira le nom d'Homme.
On en fit du bétail et de leurs enfants aussi.
 

On prit la peine cependant d'édicter un « code noir » :
« Pour le voleur : la mort.
Pour celui qui a frappé son maître : la mort.
Pour le fugitif : les oreilles coupées et une marque au fer rouge.
Pour le récidiviste : le jarret coupé et une deuxième marque au fer rouge. A la troisième tentative : la mort. »

Cela dura des siècles.

 

En plein XIXe, en Guyane, un maître pouvait, en toute légalité, infliger à une femme de 66 ans, mère de 11 enfants, 43 coups de fouet, 5 pour avoir manqué à l'appel, 9 pour injures, et 29 pour menaces.

Le maître avait tous les droits. Pour les faire valoir il avait le fouet, le cachot, la chaîne, le carcan, ou la barre, ce lit de douleur muni d'une poutre percée de trous où l'on enfermait les jambes de l'esclave.

Il pouvait passer un carcan à une mère l'empêchant d'allaiter son enfant nouveau-né.

Il pouvait infliger à l'esclave fautif un séjour dans une cage en bois plein où l'on ne pouvait entrer qu'en rampant et où l'air ne pénétrait que par quelques trous.

Un huissier qui saisissait les biens d'un domaine pouvait vendre à l'encan une mère de quarante ans avec ses six enfants, payables au comptant.

On dressait spécialement des chiens pour donner la chasse aux esclaves fugitifs.

Cela dura des siècles.

 

Après les fonds de cale épouvantables des négriers ; les baraques répugnantes et malsaines des plantations.
Une vie de douleur, de désespoir, d'humiliation, d'insultes, une vie qui n'était plus une vie mais une longue souffrance qui ne finissait jamais, qui se transmettait de générations en générations comme un destin tragique que les enfants héritaient de leurs pères et contre lequel, ils ne pouvaient rien.

Pour échapper à ce sort, il ne restait que le suicide.

De temps en temps, une révolte sanglante, sauvagement réprimée, perturbait à peine ce commerce de chair humaine sur lequel s'édifiaient des fortunes.

Cela dura des siècles.

 

Et pendant tous ces siècles, un long cri de douleur traversa l'Atlantique.

Les maîtres disaient : « la côte d'Afrique est une bonne mère ». Mais c'était une mère meurtrie.

Et au cri des mères africaines auxquelles on arrachait leurs enfants répondait en écho celui des esclaves enchaînés auxquels on avait arraché même le souvenir de l'amour maternel.

Ce cri était celui dont parlait Césaire :
« Et ce pays cria pendant des siècles que nous sommes des bêtes brutes (...)
J'entends de la cale monter les malédictions enchaînées, les hoquettements des mourants, le bruit d'un qu'on jette à la mer... les abois d'une femme en gésine... des raclements d'ongles cherchant des gorges... des ricanements de fouets... des farfouillis de vermine parmi les lassitudes... ».

 

Ce cri qui hantera pour les siècles des siècles tous les descendants d'esclave, ce cri qui continuera de résonner pour les siècles des siècles dans toute l'Afrique noire, ce cri s'adresse à toute l'Humanité parce que la traite et l'esclavage furent les premiers crimes contre l'Humanité.

 

Cet esclavage fut pire encore que celui de l'Antiquité car il ne trouva pas seulement sa justification dans l'intérêt économique, dans l'appât du gain. Il la trouva aussi et même d'abord dans le racisme. Ce qui rend la traite et l'esclavage comparable à l'entreprise d'extermination totalitaire c'est qu'ils ont trouvé leur justification intellectuelle et morale dans l'idée de race inférieure.

Ce n'est pas un hasard si l'esclavage est réapparu brutalement en plein XXe siècle dans les camps de concentration.

Il fallait que l'esclave ne fût pas considéré comme tout à fait humain pour être traité de façon aussi inhumaine.

 

L'esclavage ne fut pas une grande entreprise délibérée d'extermination mais ce fut une immense entreprise d'exploitation qui fit énormément souffrir et qui tua massivement. Elle ne fut possible que parce qu'il fut admis qu'une partie du genre humain n'avait pas autant de droits que les autres parce qu'elle n'avait pas les mêmes qualités que les autres.

Où a conduit ce préjugé ? A donner un prix, une valeur marchande à ce qui ne doit pas en avoir. La vie humaine n'a pas de prix nous dit la conscience universelle. Elle a une valeur infinie.

 

Dès lors que la vie devenait une marchandise, qu'elle se trouvait réduite à sa valeur de marché, qu'elle avait un prix, le sentiment de la fraternité humaine s'effaçait derrière la comptabilité.
Le négrier qui prévoyait que 25% de sa cargaison ne survivrait pas au voyage ne regardait ce chiffre que comme un élément de son prix de revient dont il se servait pour calculer sa marge.

L'esclave qui se suicidait savait qu'il ne ferait aucune peine à son maître mais qu'il lui infligerait une perte financière. Et l'on a vu des esclaves se donner la mort en groupe dans le seul but de ruiner leur propriétaire.

Le maître ne partageait pas plus la souffrance de l'esclave que le négrier. Il se sentait dans son bon droit. Il logeait et il nourrissait l'esclave en échange de son travail et il était convaincu que celui-ci ne pouvait travailler que sous le fouet. Il était convaincu que c'était dans sa nature. Il était convaincu d'être un civilisé qui prenait à sa charge un sauvage congénitalement imperméable à toute forme de civilisation. Et c'était la conviction de l'Occident qui croyait à sa supériorité, qui croyait que sa civilisation était la seule, l'unique civilisation.
C'était la conviction de l'Occident qui a mis longtemps à comprendre, à admettre qu'il pouvait y avoir d'autres formes de civilisations aussi belles, aussi grandes, aussi fécondes et qu'en les reconnaissant, en les respectant, il s'enrichissait davantage qu'en cherchant à les dominer ou à les détruire.
 

Oui, il a fallu longtemps pour que l'Occident comprenne, admette qu'il avait autant à apprendre des autres que les autres avaient à apprendre de lui, qu'il y avait dans les autres civilisations autant de trésor de sagesse humaine que dans la sienne.

Ce préjugé de supériorité qui ne fut pas seulement un préjugé culturel mais qui fut aussi un préjugé racial, a été la grande faute de l'Occident.
Il a été la cause d'une blessure profonde, ineffaçable.
Cette faute est inexpiable, irréparable.

Cela dura des siècles.

 

Vint la Révolution française.
Elle mit dans la pensée des esclaves l'idée de liberté. Il y eut des révoltes et des répressions.
Mais les esclaves qui s'étaient libérés par les armes avaient définitivement perdu leur âme d'esclave.

C'est dans ce moment décisif qu'à Saint-Domingue parut Toussaint Louverture.

Avec des esclaves, il forgea une armée.
Avec cette armée, il fit un État.

Châteaubriand l'appela : « le Napoléon noir ».
Lamartine disait : « cet homme fut une Nation ».

Face aux Espagnols, aux Anglais, à Leclerc, dans la paix comme dans la guerre, dans l'administration comme dans la conquête, sans y avoir été préparé, sans avoir été éduqué, formé, il fit preuve des plus belles qualités d'intelligence, de caractère et de courage qui sont un démenti jeté violemment à la face de ceux qui voulaient croire à l'infériorité d'une race éternellement vouée à l'esclavage.
Il mourut au fond d'un cachot.
 

Mais le peuple que Toussaint avait réveillé et qui avait préféré risquer l'anéantissement en se battant jusqu'à l'extrême limite de ses forces plutôt que de redevenir esclave, avait pris goût pour toujours à la liberté. Le 1er juillet 1804, ce peuple libre proclama la République d'Haïti. Il voulait en faire « la patrie des Africains du nouveau monde et de leurs descendants ».
L'émancipation s'était faite dans la souffrance et l'Histoire n'a rien épargné à cette terre de douleur où, depuis plus de deux cents ans, des hommes libres qui ne doivent leur liberté qu'à eux-mêmes, au milieu des pires épreuves, donnent à l'humanité tout entière une grande leçon de dignité.

Aboli par la Convention en 1794, rétabli en 1801, l'esclavage perdura encore presque un demi-siècle.
 

En 1830, la France interdit la traite. Mais elle continua en contrebande en toute impunité. Et dans les plantations, dans les habitations comme l'on disait aux Antilles, l'esclave continuait de travailler sous le fouet.

Il a fallu attendre 1848 pour que la patrie des droits de l'Homme mît fin à cette barbarie, indigne de ses valeurs.

En 1794, il y avait eu l'Abbé Grégoire.
En 1848, il y eut Schœlcher.

 

Quand l'on regarde les documents que l'on m'a montrés tout à l'heure, l'on se demande comment des consciences humaines ont pu hésiter si longtemps. Comment des consciences éclairées par les Lumières, façonnées par l'héritage de la Chrétienté ont pu supporter si longtemps l'insupportable.

Sans Schœlcher, il aurait fallu attendre encore.
On disait qu'il fallait d'abord éduquer les esclaves.
On disait que l'économie des colonies allait s'effondrer.
On disait qu'il fallait indemniser les maîtres.
Schœlcher déclara qu'il fallait décréter l'abolition, sans restriction et sans délai.
Il affirma que l'esclavage était un vice politique aussi bien qu'un vice moral, un attentat au bon sens comme à l'équité et que c'était un crime.
Il affirma que la liberté ne pouvait être vendue.
Il proclama qu'il fallait détruire ce préjugé de couleur.
Il dit encore : « il n'y a pas de droit contre le droit ».
Et à ceux qui réclamaient une compensation pour les maîtres il répondait « si la France doit une indemnité elle la doit bien sans doute à ceux qui ont souffert autant qu'à ceux qui en ont profité ».

 

Les esprits étaient mûrs. Ne vit-on pas en 1844 les ouvriers de Paris adresser à la Chambre des députés une pétition demandant l'abolition ?
Schœlcher eut gain de cause. Les maîtres cédèrent. Les chaînes tombèrent. Ce grand honnête homme, comme disait Césaire, fit honneur à la France, à ce qu'elle aspirait à incarner aux yeux du monde depuis qu'elle avait proclamé que tous les hommes naissaient libres et égaux en droits.

On dira que beaucoup de temps avait été perdu, que l'Angleterre avait décrété l'abolition quinze ans plus tôt. Mais songeons que les États-Unis d'Amérique ne le firent que dix-sept ans plus tard, dix-sept longues années de souffrances supplémentaires. Songeons qu'il y aura des esclaves au Brésil jusqu'en 1888.
L'abolition commençait l'émancipation. Elle ne l'achevait pas. En théorie, l'égalité des droits fut solennellement reconnue. En pratique, la route vers l'égalité réelle était encore longue.

 

En fait d'égalité, ce fut davantage celle des devoirs que celle des droits.
Vingt-trois mille Antillais et Guyanais, dix mille Réunionnais, allèrent se battre sur les champs de bataille de la Grande Guerre et des milliers d'entre eux y laissèrent leur vie. Vingt-cinq ans plus tard, leurs fils iront mourir en Italie, sur les plages de Provence, à Royan et dans la plaine d'Alsace.

Dans ces deux guerres, le sang des anciens esclaves se mêla à celui des tirailleurs africains, leurs frères par-delà les mers, par-delà les siècles, par-delà la douleur.

Oui, l'égalité des devoirs et des sacrifices ! Mais, reconnaissons-le, l'égalité des droits se fit attendre - car le système colonial perpétuait l'injustice.
Certes, la République prit en charge les meilleurs élèves. Elle leur donna des bourses. Elle les éleva. Elle fit avec des descendants d'esclaves, des agrégés, un gouverneur général, un grand poète, un président de Sénat.
Certes, il y eut Félix Éboué, dont le nom figure sur l'un des états civils que l'on m'a montrés tout à l'heure. Il y eut Monnerville. Il y eut Césaire et quelques autres. Mais tant d'autres continuèrent à porter sur leurs épaules une fatalité venue du fond des âges.

Il y avait eu 1848.
Il y eut 1946, la fin du système colonial, la départementalisation.
 

Elle était la promesse de l'égalité des droits économiques et sociaux. Nouvelle étape sur la voie d'une émancipation si ardemment déniée depuis si longtemps. Cette promesse tarda à être tenue. Ce fut encore une souffrance.

 

 

En 1958, Aimé Césaire dira à André Malraux : « pour nous le mot destin signifie tout ce dont les Antilles souffrent, et jusqu'à cette difficulté d'être qui les caractérise. Le destin, c'est, pour nous, tous nos handicaps naturels (...) Et surtout, et plus encore, cette formidable accumulation d'obstacles qu'au cours des siècles ont accumulée devant nous l'injustice et la rapacité des hommes. Un peuple assoiffé de justice, de reconnaissance et de dignité. Un peuple qui a connu la déportation, l'esclavage, l'oppression et l'humiliation, deux siècles durant, ramené au niveau de la bête et de la chose. Je pèse sa circonspection devant l'avenir... ».

Les descendants des esclaves n'ont jamais demandé des excuses. Ils ont demandé, ils demandent encore que l'on reconnaisse leur blessure.
Ils n'ont pas demandé de réparation. Ils ont demandé de la compréhension et le respect de leur singularité, de leur identité meurtrie.
Ils n'ont pas demandé de droits particuliers.
Ils n'ont pas exigé plus de droits que les autres au motif qu'ils avaient davantage souffert.
 

Ils ont seulement demandé la liberté, l'égalité et la fraternité pleines et entières. Ils ont demandé que nous donnions à ces mots tout leur sens.

La liberté, la République la leur a donnée en 1848.
L'égalité, la République la leur a promise en 1946.
La fraternité, c'est ce que la France leur doit après des siècles d'oppression, d'exploitation et de misère et deux guerres à mourir côte-à-côte pour le même idéal.

La liberté, c'est le Droit qui la garantit.
L'égalité, c'est la raison qui l'exige.
La fraternité, c'est le cœur qui l'appelle.

Le Droit, la Raison et le Cœur, voilà par quoi nous pouvons donner un sens à un avenir commun.
De la souffrance d'une mémoire partagée, d'une histoire douloureusement assumée ensemble, nous devons faire la source d'une espérance nouvelle.
 

Si nous commémorons aujourd'hui l'abolition de la traite et de l'esclavage, ce n'est pas pour répéter indéfiniment le passé au point d'en devenir prisonnier, ce n'est pas pour mettre en concurrence les mémoires et les souffrances, ce n'est pas pour diviser, c'est pour comprendre, pour unir et pour construire.

 

Pas plus que la mémoire humaine ne doit oublier la Shoah, elle ne doit oublier l'esclavage, parce que l'une et l'autre expriment une leçon universelle. La plainte lugubre que le souvenir du sang, de la torture et des crimes fait jaillir des prisons de Gorée et des camps de la mort, dit à chaque conscience humaine qu'elle se détruit elle-même lorsqu'elle consent à ce que des hommes deviennent des animaux domestiques ou des marchandises, lorsqu'elle accepte que des hommes soient exploités jusqu'à l'humiliation, jusqu'à la perte de leur dignité, jusqu'à leur aliénation totale.

Nous n'en avons pas fini avec cette leçon.

L'émancipation, jamais accomplie, toujours menacée reste le grand problème de l'humanité et l'idéal inachevé de notre République.
N'y a-t-il plus dans le monde d'injustices, d'atteintes à la dignité humaine, de nouvelles formes de servitude et d'esclavage qui nous révoltent ?
Le racisme, l'antisémitisme, la ségrégation, la discrimination, la marchandisation de l'Homme, ont-ils à ce point disparu que notre conscience puisse rester en paix ?
Avons-nous assez lutté contre la misère qui dégrade l'Homme et qui le pousse à subir la loi du plus offrant que nous puissions dormir tranquille ?
Avons-nous assez fait pour la liberté, l'égalité et la fraternité que nous puissions nous tenir quitte de tout ?

 

Un poète africain a écrit :
« Ma mémoire n'est pas courte
J'ai une mémoire longue, longue, infinie (...)
Ma mémoire est celle de mes frères et de mes sœurs
Celle de mes pères et mères
Celle de toutes les générations
De mon peuple
Qui a souffert
Tout le temps.

Affamés exsangues
Criblés de blessures
Des centaines
Des millions
De travailleurs forcés déplacés
Ont souffert leur martyre.

Ma mémoire
Qui juge
Qui condamne
Ne pardonne pas ».

 

Comment pardonner ce qui est impardonnable ?
Il ne faut pas pardonner. Il ne faut pas oublier. Pour rester éveillé, vigilant, attentif, la conscience en alerte.
Car si nous ne sommes pas responsables des fautes de nos aïeux, nous ne pouvons pas nous exonérer de la responsabilité de celles que nous pourrions commettre en invoquant la terrible excuse des lâches : « nous ne savions pas ! ».
Car c'est à nous de savoir et c'est à nous d'agir.

Toussaint et Schœlcher firent ce qu'ils avaient à faire.
Les Justes firent ce qu'ils avaient à faire.
Permettez-moi de finir sur cette question qui devrait sans cesse tourmenter notre âme :
« Et nous ? ».

 

Vive la République !
Vive la France !

 

Nicolas Sarkozy

 

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18 avril 2011 1 18 /04 /avril /2011 05:57

 

Un article déjà ancien d'Alexis Brezet, dans le Figaro magazine du 21 février...

 

Cette fois, c'est dit! Le multiculturalisme est mort, sinon vraiment enterré. Après Angela Merkel, après David Cameron, Nicolas Sarkozy vient de signer son constat de décès : «Oui, le multiculturalisme est un échec. Si on vient en France, on accepte de se fondre (se fondre !) dans une seule communauté, la communauté nationale.» C'était la semaine dernière, et c'est à peine si on en a parlé. Même la gauche n'a pas bronché ! C'est à des silences comme celui-ci que l'on mesure qu'une révolution est en marche.

 

Trente ans pour en arriver là ! Trente ans que les bons apôtres de la « diversité », sur les décombres du vieux principe d'assimilation, professent l'idée folle selon laquelle des « communautés » différentes, cultivant chacune sa propre culture et ses propres valeurs, pourraient coexister harmonieusement au sein d'un même ensemble national ! Trente ans que l'on nous tympanise avec les « droits des minorités », cependant que la majorité n'aurait que le devoir de s'adapter, bon gré mal gré. Trente ans que l'on nous dit que «les étrangers sont ici chez eux» (Mitterrand), que les racines de l'Europe «sont autant musulmanes que chrétiennes» (Chirac), ou que «le métissage est notre défi» (Sarkozy)...

 

Enfin ! Voici donc que les yeux se dessillent et que, dans toute l'Europe, l'idéologie multiculturaliste est jugée à ses fruits. Une souffrance pour la majorité, dépossédée de son identité. Un malheur pour les minorités, enfermées dans leurs particularismes. Et, de part et d'autre, une exaspération réciproque lourde de conflits...

 

Et maintenant, que fait-on? Car il ne suffit pas de reconnaître une erreur pour en épuiser les effets ni de poser le juste diagnostic (encore fallait-il le faire !) pour guérir la maladie. Il faut réparer ce qui peut l'être, et prévenir de nouveaux dégâts. Bref, ne pas se contenter de parler, mais agir - et obtenir des résultats.

 

Débattre de «l'exercice des cultes» et de la laïcité, ainsi que le propose Jean-François Copé ? Bien sûr qu'il le faut ! A condition de ne pas s'abriter derrière des pudeurs de chaisière («les» cultes, en quoi posent-ils problème ?) et d'aborder sans fard la question de la compatibilité de l'islam - qui, jusqu'à preuve du contraire, prétend toujours assujettir la vie, privée et publique, de ses fidèles aux règles de la charia - avec les principes républicains.

A condition, surtout, de répondre par des décisions politiques aux questions posées par l'organisation de ce fameux «islam de France» qui, pour l'instant, reste un vœu pieux. Gare au débat pour le débat ! La récente consultation sur l'identité nationale, qui n'a débouché sur rien de concret, hormis la nécessaire loi anti-burqa, ne fut pas un succès tel qu'il faille à tout prix recommencer.

 

Renforcer la lutte contre l'immigration clandestine, ainsi que Brice Hortefeux vient de s'y engager ? Evidemment, c'est nécessaire ! Le débarquement de Lampedusa - annonciateur, hélas !, d'autres exodes - montre combien l'Europe, et la France, sont désarmées.

 

Mais, quand on aura résolu ce mystère qui fait que chez nous 20 % seulement des clandestins arrêtés sont effectivement reconduits aux frontières, il faudra bien s'intéresser aussi à l'immigration légale, que continue de protéger un étrange tabou. Chaque année, outre les clandestins et les demandeurs d'asile, la France accueille environ 180 000 immigrés légaux, dont 15 000 seulement au titre du regroupement familial. Les autres ? «Immigration choisie.» Pourquoi ? Par qui ? En Grande-Bretagne, David Cameron vient de diminuer de 20 % le nombre de visas accordés aux immigrés non-européens. Et nous ? Sans réduction des flux migratoires - illégaux et légaux -, toutes les belles théories sur «l'assimilation républicaine» ne sauraient servir, au mieux, qu'à amuser la galerie...

 

Ne nous racontons pas d'histoire: tourner effectivement la page de trente années de multiculturalisme (et d'immigration incontrôlée) n'ira pas sans mal. Le temple du« multikulti » est vide, mais ses gardiens, de gauche ou de droite, restent vigilants. Ils n'attendront pas longtemps (d'ailleurs, ils ont déjà commencé) avant de dénoncer les «dérapages», la «stigmatisation», la «surenchère politicienne», la «récupération électoraliste»... et le «populisme», évidemment.

 

Le peuple ? En voilà une idée ! Aux campagnes des partisans de la « diversité », il est une arme que personne n'a jamais opposée : la souveraineté populaire, justement. Sans doute est-ce la raison pour laquelle tous les gouvernements ont, peu ou prou, renoncé. Le peuple, Nicolas Sarkozy, avec son projet sur les jurys populaires, veut l'associer davantage aux décisions de justice, ainsi qu'à la question épineuse de l'application des peines. Fort bien. Mais ne serait-il pas au moins aussi urgent de confier aux Français le soin de trancher des questions qui touchent à l'essentiel : leur identité et leur destin. Comment ? En les consultant, tout simplement.

 

Alexis Brezet

 

 

RAPPEL: La publication de cet article ne signifie pas mon plein accord avec toutes les idées exprimées et tous les termes employés...Mais je l'ai trouvé intéressant, clair et susceptible de faire réfléchir et  de provoquer un débat utile.

 

 

 Voir aussi: "Ni cet excès d'honneur, ni cette indignité": http://marcdhere.over-blog.com/article-ni-cet-exces-d-honneur-ni-cette-indignite-71416115.html

 

Voir encore "Le multicul a échoué partout et c'est tant mieux" d'Elizabeth Levy: http://marcdhere.over-blog.com/article-le-multicul-a-echoue-partout-et-c-est-tant-mieux-67552185.html

 

 

 

 

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19 février 2011 6 19 /02 /février /2011 07:58

 

Par Elisabeth Levy, sur l'excellent site, causeur.fr, que je continue à vous recommander...

 

 

Après Angela Merkel, après le Premier ministre britannique David Cameron, Nicolas Sarkozy a donc, à son tour, prononcé l’échec du multiculturalisme, s’attirant la réprobation des belles âmes qui n’ont entendu qu’une diversion islamophobe, autrement dit une façon un brin dégoûtante de surfer sur la peur suscitée dans une partie de l’opinion non pas par l’islam comme religion mais par les revendications identitaires d’une partie de nos concitoyens musulmans.

Même l’excellent Guillaume Erner, subtil commentateur des médias sur France Inter qui me fait l’amitié de venir croiser le fer ici-même, estime, en invoquant le philosophe canadien Charles Taylor, que le multiculturalisme est la colonne vertébrale de nos sociétés et qu’y renoncer, ce serait aussi renoncer aux « escarpins taille 43 des drag-queens » et aux panneaux de signalisation en basque – ce qui d’ailleurs, ne peinerait pas plus que cela la jacobine que je suis.

 

Peut-être Nicolas Sarkozy n’a-t-il pas lu Taylor avec suffisamment d’attention. Cette polémique montre en tout cas qu’il est nécessaire de s’entendre sur le sens d’un mot lourdement piégé.

 

Le multiculturalisme au sens où l’a employé le président n’est pas la diversité culturelle qui fait depuis longtemps partie de la vie et des valeurs des sociétés européennes, mais une modalité particulière du « vivre-ensemble » dans laquelle ce ne sont pas les individus mais les groupes ou communautés qui s’intègrent à leur pays d’accueil, chacun pouvant non seulement conserver des singularités mais aussi jouir de droits spécifiques allant jusqu’à des tribunaux particuliers comme en Angleterre où il existe des cours islamiques et rabbiniques.

 Au demeurant, contrairement à la Hollande ou à la Grande-Bretagne, la France n’a jamais adopté ce modèle d’intégration et si des tensions se manifestent aujourd’hui autour de l’islam, c’est précisément parce que le multiculturalisme s’impose sans que nous l’ayons voulu.

 

À défaut d’avoir une réponse simple, la question peut-être posée simplement. Quelles sont les différences que nous acceptons et quelles sont celles que nous rejetons parce qu’elles sont contraires à nos mœurs ? Où s’arrêtent les arrangements raisonnables, où commencent les accommodements déraisonnables ? Il s’agit de définir un équilibre subtil entre tolérance et exigence, compromis et interdit. Que les femmes portent des boubous, des mini-jupes ou des saris, que les Français mangent du couscous ou des cuisses de grenouille, qu’ils pratiquent ramadan ou kippour, non seulement cela ne gêne personne mais cela participe à l’enrichissement par la différence.

Mais nous ne pouvons tolérer que des gens soient contraints de faire ramadan ou kippour, que les piscines prévoient des horaires séparées pour filles et garçons ou que les femmes soient cachées sous leurs burqas, parce que la liberté de pensée et la mixité sont au cœur de notre monde commun.

 

Au bout du compte, le multiculturalisme, c’est le règne du « c’est mon choix » – ou plutôt celui de ma communauté. Devrait-on, à ce compte-là, accepter qu’une femme promène son ami en laisse comme on l’a vu aujourd’hui à Carcassonne ? Sous les atours séduisants de la tolérance, une société dans laquelle chacun, ou plutôt chaque groupe, ferait ce qui lui plait, ne serait plus une société mais un agrégat d’individus et de clans promis à la guerre de tous contre tous.

 

Elisabeth Levy,

Causeur.fr

 

 

  Voir aussi sur le blog http://marcdhere.over-blog.com

 

l'article "Elisabeth Levy, Eric Zemmour, un pavé dans la bienpensance"   http://marcdhere.over-blog.com/article-elisabeth-levy-eric-zemmour-un-pave-dans-la-bienpensance-51767149.html

 

 

 

 

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17 février 2011 4 17 /02 /février /2011 08:55

 

 

Envoi d'un ami,  Pierre Lehalle...

 

L’enquête montrant que la France fait partie des pays dont la population est la plus pessimiste sur l’avenir, loin derrière les pays européens, les pays en développement et même des pays en guerre doit avoir une réponse politique et non pas simplement une forme d’étonnement médiatique : tiens ! Ça alors, ah ! Ces français jamais contents, etc….

 

C’est en fait le signe que les français sont parfaitement conscients que le pays s’enfonce dans un appauvrissement général et que demain sera pire qu’aujourd’hui. Leur piètre opinion des politiques montre qu’ils n’attendent rien de ce côté-là et qu’ils ne voient rien d’autre à faire qu’à se protéger bec et ongles et pas à pas sur le chemin de cette descente. Les manifestations sur la retraite en sont une éclatante illustration. Chacun sait bien que avec l’allongement de la durée de la vie et celle des études, on ne peut pas conserver en l’état un  système qui a été crée quand il y avait deux ou trois fois plus d’actifs que de retraités, mais chacun se dit et dit : « encore une minute Monsieur le bourreau ! », Ou bien, « Mais la France est riche ! Il faut prendre l’argent là où il est ! »

 

Pour se convaincre que la politique de l’autruche n’est plus possible, il suffit de regarder la carte que vient de sortir Eurostat sur le PIB des régions françaises par rapport à celles de l’Europe. Sur 25 régions, seules trois, l’Ile de France, Rhône Alpes et Provence Côte d’Azur ont un P.I.B. par habitant supérieur à la moyenne des Régions européennes à 27 ! Quand on sait en plus que l’élargissement de l’Union a eu pour effet de baisser de 10% le P.I.B. moyen, on mesure, en se souvenant de la place de la France dans l’Europe des 15, la vitesse et l’ampleur de la descente.

 

Bref, la France est en train de rater la nouvelle révolution économique, comme la Chine ou l’Espagne au 19° siècle avaient raté la première, et l’Angleterre la deuxième au lendemain de la seconde guerre mondiale.

 

Quand on regarde pourquoi certains pays ont réussi ces mutations et pourquoi d’autres  ont échoué, on s’aperçoit, sans être un marxiste forcené, que tous ceux qui ont échoué, ont eu en commun que leurs structures sociales, crispées sur leurs « positions », ont bloqué le développement des forces productives nouvelles.

 

Au contraire les pays qui ont su adapter leurs rapports sociaux pour laisser s’exprimer les nouvelles forces productives se développent rapidement, soit parce qu’ils ne sont pas bridés par des groupes sociaux qui n’existaient pas (ah ! Ah ! En Asie !), soit parce qu’ils ont su en Europe du Nord ou en Allemagne évoluer avec les nouvelles donnes.

 

Et on peut lire ce qui se passe en ce moment dans les pays arabes comme le seul moyen qui reste aux jeunes et aux nouvelles couches modernistes pour réformer, y compris par la Révolution, des rapports sociaux qui empêchent ces pays de s’adapter aux nouveaux modes de productions qui permettraient de les  développer.

 

Est-ce trop tard pour la France ? Montrera-elle une nouvelle fois que ses rapports sociaux trop rigides ne lui permettent de se développer que par la Révolution ? Pas forcement, quoique chaque année qui passe nous rapproche du point de non retour de l’exclusion et rendra l’exercice plus difficile.

Il nous faut faire à nouveau une véritable « nuit du 4 août » de toutes les situations acquises des plus petits jusqu’aux plus riches et adopter ce qui marche ailleurs, ou dire, comme les dockers de Marseille : « si notre métier est mort, que tout le monde meure avec nous ! ».

Attention aux démagogues et aux populistes : Voici venu à nouveau le temps nécessaire du courage politique. Qui osera prendre le flambeau la gauche ou la droite ?

 

Pierre Lehalle,

 

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9 novembre 2010 2 09 /11 /novembre /2010 13:32

 

Pascal Bruckner,  dans lemonde.fr du 06 11

Les grèves récentes auront montré le spectacle stupéfiant de lycéens manifestant pour leur retraite. Etrange inversion des temps : avant même d'avoir commencé une vie d'adultes, ces adolescents aux tempes grises pensent déjà à la clore. L'avenir doit être écrit à l'avance et l'existence sécurisée du début à la fin. On songe à ce sondage publié il y a quelques années où 70 % des Français de moins de 30 ans se souhaitaient une carrière de fonctionnaire, protégée de tous les aléas.

Les jeunes sont donc bien à l'avant-garde du plus grand parti de la France : le parti de la peur. Les Français ont peur du monde, peur des autres, et plus encore, de leur propre peur. Et ils accroissent leur frayeur en voulant éliminer le moindre risque. C’est un effroi entretenu jour après jour par les médias et  l’intelligentsia et qui vient d’abord de notre incapacité à maîtriser un univers devenu trop complexe pour nous.

 

La passion française pour la grève est moins un signe de vitalité que de routine, bel exemple d'une conquête transformée en rituel, voire en symptôme dépressif. Olivier Besancenot n'avait-t-il pas proposé en 2003 de créer un grand parti de la grève ? Les enfants pourraient en faire partie avant d'avoir occupé le moindre emploi !

 

Même si le mouvement d'octobre a été motivé par la détestation de Nicolas Sarkozy, il fut surtout une façon d'exorciser la méchanceté du monde, cette pression de tous sur chacun que l'on nomme la globalisation. Le recours systématique à la grève naît d'un sentiment de dépossession : notre pays a cessé depuis longtemps d'être "la nation indispensable" dont les coutumes et les lois influencent les autres sociétés.

 

Nos voisins européens ont été surpris de nous voir descendre dans la rue pour deux années de travail supplémentaires quand eux-mêmes ont déjà accepté la retraite à 65 voire 67 ans. Ils y ont vu un trépignement d'enfants gâtés qui préfèrent casser leurs jouets plutôt que d'accepter une réforme, au demeurant incomplète.

 

Dira-t-on que nos compatriotes, fidèles à leur esprit frondeur, ont osé se cabrer quand les autres peuples se sont couchés ? Mais, au final, la loi est passée et les arrêts de travail n'étaient rien d'autre qu'une grosse colère pour avaliser une décision impopulaire. Il nous faut penser ce paradoxe d'une révolte qui est une forme subtile de renoncement. On s'insurge parce qu'on s'est déjà résigné. La grève est l'autre visage du consentement.

 

Allergie à l'adversité

Dans l'Hexagone, les pessimistes professionnels pullulent - l'essayiste et pamphlétaire Philippe Muray en fut l'un des plus talentueux ; mais s'ils se moquent de tout, ces atrabilaires prennent leur désespoir très au sérieux. On ne plaisante pas avec le désenchantement ! Voyez les trois doctrines dominantes qui se partagent le marché des idées chez nous : la repentance qui exhorte les Français à la honte d'eux-mêmes, le catastrophisme qui brandit le spectre de la fin du monde, la victimisation qui nous dépeint en parias. Toutes ont un trait commun : la culture de la jérémiade.

 

France doit rimer avec souffrance, nous ne sommes jamais assez reconnus, assez aimés, payés, soignés, cajolés, récompensés. La nation entière n'est qu'un immense syndicat de plaignants. Et pourtant, sommes-nous si mal lotis que ça en Europe ?

 

L'Etat-providence continue à nous protéger mieux qu'ailleurs, l'espérance de vie n'a jamais été aussi longue, la médecine aussi performante. Nos atouts dans le domaine de l'éducation, de la recherche restent immenses. La beauté de nos paysages, l'appétit pour la culture, le goût de la conversation font encore de notre contrée une de celles où il fait le meilleur être.

 

Nous n'avons jamais aussi bien vécu et jamais autant gémi. Si la gauche avait un tant soit peu de courage, elle dirait aux Français : battez-vous pour la justice sociale mais cessez de geindre, vous êtes encore des privilégiés parmi les nations. Ne donnez pas à vos difficultés le caractère fantasmatique d'une tragédie. En définitive, la fatigue française ne naît pas d'un surcroît d'activité mais d'un excès d'abstention. Nous avons depuis longtemps renoncé à lutter sinon contre nous-mêmes, pareils à ces insectes enfermés dans un bocal et qui se dévorent à défaut de pouvoir s'échapper.

 

La crainte nous paralyse, notre allergie à l'adversité accroît notre faiblesse. On ne mobilise pas une grande nation à partir d'une déploration collective ! Place de l'Odéon, à Paris, se dresse la statue de Danton sur laquelle est gravée la célèbre formule : "De l'audace, encore de l'audace, toujours de l'audace." Où est le parti de l'audace aujourd'hui ?

 

 

Pascal Bruckner, écrivain et essayiste

 

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