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PRESENTATION

 

 

Contact: marcdhere.mdh@gmail.com 

 RECONQUÊTE est un  mouvement en construction. Ce n'est pas un parti politique, mais un Cercle de Réflexion et d'Action, ouvert à tous ceux, à quelque parti qu'ils appartiennent, ou sans parti, qui se reconnaissent dans ses valeurs et  principes. La Responsabilité et l'équivalence entre droits et devoirs à tous les niveaux,  le libéralisme économique,  la solidarité,  le choix d'une évolution réaliste et progressive dans le social et le sociétal,  l'Europe... 

 

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12 juin 2009 5 12 /06 /juin /2009 14:13

par Denis Delmas, Le Monde daté du 11 06 09
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J
e suis le président discret d'une entreprise très visible. Diriger un institut de sondages exige flegme et sang-froid, tant il semble convenu que chaque campagne électorale aura désormais sa séquence anti-sondeurs, aussi paradoxale qu'injuste, approximative et infondée.

J'aurais presque fini par en prendre un parti résigné et rester silencieux si vous n'aviez délibérément choisi, M. Bayrou, de pousser vos arguments à notre encontre jusqu'aux portes de la diffamation. De plus, l'accusation ne vient pas cette fois-ci des extrêmes. Je peux comprendre quels furent votre désarroi et votre surprise en cette avant-veille d'élection : TNS Sofres aura été le seul institut à avoir publié des chiffres clairs, illustrant une dynamique électorale qui vous était défavorable, et dont vous avouerez qu'elle s'est amplifiée et a été largement confirmée par les urnes. Mais en quoi sommes-nous coupables d'avoir été les plus clairvoyants ?

Vos déclarations ont été sans équivoque : "Il y a des gens qui possèdent des instituts de sondage, il y a des gens qui gouvernent les instituts de sondage par les marchés qu'ils leur donnent, il y a des gens qui se font les chefs d'orchestre des sondages", "Je dirai tout ce que je sais des sondages et des manipulations. Et je dirai qui et je dirai comment... J'ai des informations (...), ceci est poussé. Ce n'est pas pour constater un mouvement. C'est pour faire naître un mouvement. Il y des moments où les sondages sont des armes. Et ils servent aux puissants pour essayer d'éviter ce qu'ils ne veulent pas..."


En résumé, vous nous accusez de modifier sciemment les résultats de nos sondages, pour favoriser les puissants en échange de contrats. Et vous deviez révéler les informations que vous détenez à propos des prétendues manipulations de nos sondages.

Au-delà de l'invective personnelle adressée à Brice Teinturier lors de l'émission "A vous de juger" sur France 2, vous avez publiquement jeté la suspicion sur une entreprise dont je m'honore tous les jours de l'éthique et de la rigueur professionnelle.


JAMAIS PRIS EN DÉFAUT

Depuis plus de quarante-cinq ans, des milliers de clients du monde entier nous font confiance, chaque jour, pour leur délivrer des résultats et des analyses objectifs, rigoureux et impartiaux. A supposer que vous ne nous fassiez pas le crédit de la déontologie, que serions-nous allés sacrifier ce capital confiance pour quelques sondages publiés qui ne pèsent qu'à peine 1 % dans nos activités ?


Nous faisons partie d'un groupe international, présent dans plus de cent pays, coté aux
Bourses de Londres et de New York. Nos actionnaires sont multiples, connus, n'ont rien de mystérieux ; et nos dirigeants ne regardent que de très loin la vie politique française.

TNS Sofres, leader français des études, est régulièrement audité, développe les plus hauts standards de qualité, et n'a jamais été pris en défaut, depuis sa création, sur des questions de déontologie ou de respect des règles communes à notre profession. Aucun des dirigeants de notre société ne bénéficie, en plus du contrat de travail qui le lie à TNS Sofres, d'une activité "personnelle" de conseiller ou de consultant auprès d'un média, d'un parti politique ou du gouvernement.


Nous accuser publiquement de falsifier volontairement les résultats de nos sondages est donc totalement faux et scandaleux. Vous nous aviez donné rendez-vous après le scrutin afin de révéler les preuves de notre éventuelle corruption. Vous nous avez contactés dès lundi 8 juin afin de nous indiquer que vous vous étiez "trompé". J'en prends acte et en déduis que vous reconnaissez que les accusations portées contre TNS Sofres étaient sans fondements.


Il est temps désormais que s'établisse une relation plus mature entre les hommes politiques, les médias et les instituts de sondages. Pour le plus grand bien de la vie politique. M. Bayrou, il existe des pays sans sondages, je ne vous souhaite pas d'y vivre.


Denis Delmas est président de TNS Sofres.
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22 mai 2009 5 22 /05 /mai /2009 22:41

Par jacques Marseille, Le Point du 14 05 09
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90 % d'entre eux sont fiers de leur patrie et 34 % se déclarent très heureux.
Jamais peuple n'aura exprimé un tel sentiment d'appartenance à son pays et une telle joie de vivre. Ce peuple à nul autre pareil qui va tellement bien qu'on l'imagine facile à gouverner, c'est le peuple de France ! Un peuple qu'ausculte pour la quatrième fois depuis 1989 l'enquête Valeurs, mise en oeuvre par une équipe de sociologues et de politologues réunis dans l'Arval (Association pour la recherche sur les systèmes de valeurs).



« Fiers d'être français »

En 1981, 82 % des Françaises et des Français étaient très ou assez « fiers d'être français ». En 2008, ils sont 90 %, 89 % pour les hommes et 91 % pour les femmes. Un sentiment aussi fort chez les 18-29 ans (88 %) que chez les 45-59 ans (87 %), chez les non-diplômés (91 %) que chez les diplômés (87 %), légèrement moins fort à gauche (87 %) qu'à droite (95 %). Etrange paradoxe, à l'heure où de nombreux auteurs annoncent la fin des nationalismes et au moment où la repentance à l'égard des « crimes » commis en son nom gagne nos élites compassionnelles, de voir 90 % des Français se dire « fiers d'être français ». Les plus chagrins verront dans cette fierté la « béquille identitaire » de personnes déboussolées par la mondialisation et se raccrochant à la nation. Les plus lucides y verront la maturité d'individus pouvant s'affirmer fiers d'être français sans être immédiatement soupçonnés d'être nationalistes. Un jugement confirmé par le fait que, si 43 % des Français estiment que pour être français il « faut avoir des origines françaises », ils sont 98 % à penser qu'être français, c'est d'abord « respecter la loi et les institutions françaises » et 96 % à penser que c'est « d'être capable de parler le français ». Incroyables Français qui donnent le sentiment d'avoir lu et relu la conférence de Renan qui, en 1882, écrivait que la nation, « la plus haute réalité idéale que nous atteignons [...], s'exprime par le consentement clairement exprimé de continuer la vie commune ».



« Très heureux »

Encore plus étrange : 34 % des Français se déclarent en 2008 « très heureux » et 56 % « assez heureux ». Ils étaient 19 % en 1981 à se déclarer « très heureux » et 70 % à se déclarer « assez heureux ». Au total, donc, 90 % des Français sont « heureux », un score exceptionnel confirmé par le fait que, sur une échelle de 1 à 10, 24 % se disent « très satisfaits de la vie qu'ils mènent en ce moment » (9-10) et 51 % « assez satisfaits » (6-8). Seul un quart des Français est peu satisfait de la vie !

Autre surprise de l'enquête Valeurs, le fait d'être un homme ou une femme n'a aucun effet sur le sentiment de bonheur : les deux genres sont également épanouis. Mieux encore, le fait d'être Français d'origine ou d'avoir des racines étrangères n'introduit aucune différence : les personnes issues des immigrations successives apparaissent parfaitement intégrées, au moins à l'aune du sentiment de bonheur. Enfin, contrairement à l'image mythique du bonheur rural, ceux qui vivent à la campagne ne se sentent ni plus ni moins heureux que ceux qui vivent dans les grandes agglomérations, où la vie trépidante ne provoque aucun pessimisme particulier.

Unique bémol, mais il est de taille, à ce bonheur national brut, seuls 2 % (contre 4 % en 1989) des Français se disent « très satisfaits du fonctionnement de la démocratie dans le pays » et 37 % « assez satisfaits » (contre 41 % en 1981).

Un paradoxe qui peut s'énoncer en une seule formule, que ceux qui nous gouvernent doivent méditer : « Je vais très bien, mais la France va mal. »

Jacques Marseille
Le Point, 14 05 0ç

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23 avril 2009 4 23 /04 /avril /2009 13:24


Par Jean Kaspar, dans JK news letter n° 31
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Un long conflit (bien trop long) a touché la GUADELOUPE et la MARTINIQUE.

 

L'État a décidé d'organiser dans ces départements des ÉTATS GÉNÉRAUX pour tenter,

avec l'implication de tous les acteurs concernés, de répondre aux attentes d'une

population en soif de reconnaissance, qui veut être considérée comme une enfant à

part entière de la République tout en affirmant ses racines et son identité et

souhaitant prendre toute sa place dans la construction d'un développement

économique, générateur de progrès social pour tous.

 

L'enjeu est de taille. Je regrette que certains aient décidé de pratiquer la politique de la chaise vide. Cela peut conduire à une occasion manquée. Ces États Généraux sont une porte entrebâillée qui, en s'ouvrant davantage, peut contribuer à tracer les voies d'un projet mobilisateur permettant de répondre aux espérances de ces populations. Pour ne pas décevoir les attentes, trois conditions fondamentales sont à réunir :

 

1. Ne pas oublier que tout conflit laisse des traces et que des plaies doivent être

cicatrisées. Cela suppose de la part des interlocuteurs institutionnels (en particulier chez

les représentants de l'État et du monde patronal) une capacité d'écoute, une prise en

compte de l'aspiration à la dignité très forte dans cette population et une certaine

modestie de leur part.

 

2. Pour construire l'avenir, il n'est pas possible d'ignorer l'Histoire avec sa part de

lumière mais aussi d'ombres. On ne construit pas l'avenir en refusant d'assumer cette

histoire ou en voulant la gommer. À l'inverse, il ne faut pas s'enfermer dans l'histoire

car l'avenir ne se construit pas en se contentant de regarder dans le rétroviseur.

 

3. Il faudra que chacun des acteurs sache faire preuve d'audace pour :

 

 jeter les bases d'une grande ambition économique, sociale, écologique et

culturelle adaptée à la réalité de ces départements ;

 

 traduire dans les faits la volonté de lutter contre toutes les formes d'inégalité et

d'exclusion ;

 

 permettre que l'exercice d e s responsabilités politiques, administratives,

économiques, et sociales soit représentatif de la réalité socioculturelle de ces

départements ;

 

 imaginer un dialogue social renouvelé dans les entreprises car fondé sur des

stratégies de coopération avec les représentants du personnel et, en dehors de

l'entreprise, mieux associer les populations à la définition des choix économiques

et sociaux;

 

 accorder une priorité absolue à la formation initiale et professionnelle et à

l'emploi des jeunes car la jeunesse constitue le fondement de tout avenir ;

 

renouveler les rapports de ces départements avec la métropole et leur espace

géographique.

 

Si chacun des acteurs concernés par ces États Généraux sait conjuguer AUDACE

avec COURAGE, AMBITION avec MODESTIE, ces États Généraux ouvriront alors

les voies à une espérance mobilisatrice et transformatrice.

 


Jean Kaspar
JK News letter 31

 

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22 mars 2009 7 22 /03 /mars /2009 09:14


entretien avec Régis Bigot ( EXTRAITS)

jeudi, 5 mars 2009

 

 

Le Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie

(Crédoc) publie début mars un rapport sur les classes moyennes. Pour Régis

Bigot, directeur adjoint du département des conditions de vie, auteur de l’étude,

les classes moyennes, dont les revenus stagnent, vivent sous le poids des

dépenses contraintes.

 

 

 

Qui sont les classes moyennes ?

Définir les classes moyennes n’est jamais très simple. Les sociologues ont plutôt tendance à retenir comme critère la profession catégorie sociale ; les économistes penchent plutôt pour utiliser la répartition des revenus. C’est cette option que nous avons retenue, il nous semble d’ailleurs que c’est celle qui est de plus en plus souvent utilisée.

 

Une fois qu’on a choisi le critère, reste à déterminer les seuils à partir desquels on délimite

l’appartenance aux classes moyennes. Pour construire notre typologie, nous avons étudié en

détail la distribution des revenus en France, tout en essayant de tenir compte des représentations que les Français se font de la stratification sociale....

 

La réalité est que la moitié de la population vit avec moins de 1510 € par mois après avoir payé ses impôts, pour une personne. Cela donne une idée de la manière dont se répartissent les revenus en France. L’autre chiffre intéressant à avoir en tête est que 50% de la population gagne entre 1100 € et 2600 € par mois avant impôt. C’est cette fourchette que nous avons retenue pour définir les classes moyennes. Et comme ce n’est pas la même chose de gagner 1100 € et 2600 €, nous avons créé une distinction entre les classes moyennes inférieures et les classes moyennes supérieures (au seuil de 1750 €). Dans cette typologie, 30% de la population gagne moins que les classes moyennes et 20% gagne plus.

 

Les classes moyennes s’appauvrissent-elles ?

Non. On parle parfois d’une paupérisation ou d’un déclin des classes moyennes en France, c’est exagéré. Depuis les années 1970, le revenu des classes moyennes a progressé un peu chaque année. Les classes moyennes sont même aujourd’hui un peu plus nombreuses qu’elles ne l’étaient au début des années 1980 : elles représentent 52% de la population, contre 48% il y a 25 ans. L’augmentation n’est pas spectaculaire, mais elle contraste avec ce qu’on observe en Grande-Bretagne ou en Allemagne, où les classes moyennes ont effectivement décliné durant la même période.

 

D’où vient alors ce sentiment ?

Ce qui se passe, c’est que le niveau de vie des classes moyennes augmente très lentement.

Ainsi, entre 1998 et 2006, le revenu mensuel médian a progressé de 24 € chaque année seulement, passant de 1320 à 1510 €. La moitié de la population gagne cette somme, je le rappelle. Par contre, en haut de l’échelle des revenus, les 600 000 personnes les plus riches, qui gagnaient 8 500€ par mois il y a dix ans, gagnent aujourd’hui 10 800 € par mois,

ce qui correspond à une augmentation du revenu mensuel de 287 € chaque année. 14%

d’augmentation en huit ans pour le revenu médian, 27% pour les hauts revenus : les classes

moyennes ont l’impression de vivre dans une société à deux vitesses.

 

Les chiffres récents publiés par le ministère de l’économie au sujet de l’impôt de solidarité sur la fortune corroborent ces résultats : en haut de l’échelle sociale, les revenus et le patrimoine

augmentent plus rapidement. Le nombre de foyers fiscaux assujettis à l’ISF a progressé de 7% en 2008 : 565 000 ménages disposent aujourd’hui d’un patrimoine supérieur à 770 000 €.

Le malaise vient en partie de ce décalage avec les hauts revenus. Les inégalités ont toujours

existé, mais avant, les classes moyennes vivaient avec l’espoir d’une ascension sociale. D’ailleurs, dans les années 1960, il fallait environ 12 années pour que les classes moyennes atteignent le niveau de vie des catégories aisées. Aujourd’hui, 35 années sont nécessaires, et encore, si tout se passe bien et qu’on ne rencontre aucun "incident" dans son parcours professionnel. Au fond, les classes moyennes font du surplace et elles ont l’impression, comparativement aux plus riches, qu’elles reculent. L’autre raison du malaise tient à l’augmentation des frais liés au logement, à l’eau, au gaz, à l’électricité, aux assurances... ce que l’on appelle les dépenses contraintes ou pré-engagées. Ce sont ces charges auxquelles on doit faire face chaque mois sans possibilité de les reporter ou d’arbitrer à court terme. Or, depuis les années 1980, ces dépenses contraintes augmentent continuellement, et plus rapidement que le revenu des classes moyennes. La pression croissante des dépenses contraintes est particulièrement forte chez les catégories modestes : elles représentaient 21% du budget des classes moyennes inférieures en 1979, contre 38% aujourd’hui.  Chez les hauts revenus, elles n’ont progressé que de 7 points (27% aujourd’hui).

 

La pression sur les classes moyennes n’est pas seulement financière. Elle tient aussi à la précarité professionnelle croissante qu’on observe depuis la fin des années 1970. Durant toutes ces années, le chômage s’est développé, les postes à temps partiel se sont multipliés, de même que les emplois à durée déterminée. La dégradation du marché de l’emploi, qui touche en premier lieu les catégories modestes, épargne les hauts revenus mais fragilise les classes moyennes. Aujourd’hui, une partie importante des classes moyennes  l’impression d’être sur un siège éjectable. Et elle s’inquiète encore plus pour les générations qui suivent : 76% des Français ont l’impression que leurs enfants auront un niveau de vie inférieur au leur.

 

Vous ne pensez pas que les politiques publiques ont joué un rôle ?

En partie, mais elles ne sont pas seules responsables. L’écart des revenus entre les classes

moyennes et le haut de l’échelle n’est pas décrété par l’Etat, même si ce dernier emploie

plusieurs millions de personnes. La divergence des revenus est d’abord le résultat du système de rémunération au sein des entreprises. C’est aussi la conséquence de la liberté de chacun de créer et de faire fructifier sa propre entreprise. Je ne dis pas qu’il faut entraver la liberté

d’entreprendre, il faut au contraire favoriser l’éclosion des talents individuels, créateurs de

richesse. Mais la contrepartie de cette liberté, il faut bien le reconnaître, c’est le développement des inégalités.

 

C’est là que l’Etat peut intervenir pour empêcher que le fossé entre les plus riches et les classes moyennes ne se creuse trop profondément. En veillant à ne pas décourager les initiatives individuelles, l’Etat peut néanmoins introduire des règles de redistribution des richesses. Les instruments à sa disposition sont nombreux : impôts, aides sociales, dépenses publiques, réglementation sociale, etc. En jouant sur ces leviers, l’Etat peut laisser les inégalités se développer ou il peut au contraire les limiter.

 

Quand on diminue les droits de successions, on renforce le risque d’une concentration du

patrimoine entre les familles les plus riches ; lorsqu’on diminue le seuil maximal d’imposition, on

laisse le champ libre à l’envolée des hauts revenus ; lorsqu’on diminue l’impôt sur le revenu, on

réduit le mécanisme de redistribution entre les riches et les pauvres..

 

Les mesures envisagées par le président de la République pour amortir les effets de la

crise sont-elles en mesure de répondre aux attentes des couches moyennes ?

Elles y répondent en apparence : la plupart des gens, individuellement, sont toujours contents de payer moins d’impôt. Et une partie des classes moyennes serait effectivement concernée par la suppression de la première tranche de l’impôt sur le revenu. Mais une partie seulement.

Rappelons que seuls la moitié des Français paient l’impôt sur le revenu (54% exactement en

2007). En définitive, les classes moyennes inférieures bénéficieront moins de cette mesure que les classes moyennes supérieures.

 

Surtout, diminuer l’impôt sur le revenu conduit à limiter l’efficacité de cet instrument fiscal, qui

est l’un des rares à redistribuer les cartes entre les riches et les pauvres. En effet, alors que

certains impôts sont forfaitaires (la redevance audiovisuelle par exemple) ou proportionnels (la

TVA ou la CSG), l’impôt sur le revenu est progressif : on paie proportionnellement plus d’impôt

lorsqu’on est aisé. Force est de constater que les politiques modifient souvent l’impôt sur le

revenu, car c’est un impôt impopulaire : les contribuables font eux-mêmes le chèque à

l’administration fiscale, contrairement à d’autres taxes qui passent plus inaperçues, comme la

TVA ou la CSG.

Pour compenser les pertes fiscales liées à la suppression de la première tranche de l’impôt, on

aurait pu imaginer une augmentation d’impôt payée par les plus riches, dont on constate

l’envolée des revenus depuis une dizaine d’années. Car le risque d’une réduction de l’impôt sur le revenu non compensée, c’est la diminution corrélative des services publics financés par cet impôt. Diminuer l’impôt sur le revenu, c’est retirer de l’argent à l’éducation, à la santé, à la justice, etc. Or, ces services d’intérêt général contribuent en grande partie à garantir l’égalité des chances.

 

Régis Bigot

Propos recueillis par Pascale Delhaye

 

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20 janvier 2009 2 20 /01 /janvier /2009 15:10

Un billet d'humeur de Pierre Lehalle...


Tout le monde se dit : mais que s’est-il donc passé ? Pourquoi des banques et établissements financiers des plus solides s’effondrent-ils alors que leurs notes et classements étaient au plus haut moins d’un an avant ?

Pourquoi des entreprises de la plus grande puissance mondiale connaissent des difficultés d’une dimension que rien n’annonçait ? Qui pensait que l’automobile américaine allait s’effondrer il y a moins d’un an en  menaçant des centaines de milliers d’emplois ?

Pourquoi tous ceux dont le métier depuis vingt ans est de suivre, commenter prévoir l’activité économique mondiale n’ont-ils rien vu ?


Pourquoi a-t-on dit au début : c’est la crise du crédit immobilier américain, ce n’est pas grave ? Puis c’est la crise du système financier américain, c’est circonscrit !

Pourquoi a-t-on dit ensuite : ce sera une secousse violente et brève ; puis ce sera grave mais l’économie réelle ne sera pas durablement touchée ; puis c’est grave, mais ce n’est pas 29 !

 

Parce qu’il aurait fallu faire taire celui qui aurait dit : ils se rattrapent, ils se goinfrent ! Ils s’en mettent plein les poches tant que ça marche, parce qu’ils savent que ça ne marchera pas éternellement ; il aurait fallu faire taire celui qui aurait vendu la mèche au lieu de passer à table avec les copains !

 

C’est que pendant 70 ans, ils ont eu peur, les bougres !

Vous pensez, Monsieur, ces cons de pauvres sont capables de suivre un autre système !


Dans l’extraordinaire partie de poker menteur qui a duré 7O ans, il fallait empêcher que les ouvriers de l’ouest croient que la Révolution allait améliorer leur sort, pendant que les bolchéviques faisaient croire qu’ils rattrapaient l’Amérique ! Il a fallu lâcher sur le pouvoir d’achat et, pour maintenir des revenus suffisants, sous-payer les matières premières des pays pauvres avec la complicité tacites des élites ouvrières des pays riches. Mais ça n’a pas suffit !


A un moment, il aurait fallu une bonne guerre, mais avec les armes nucléaires ce n’était plus possible, alors il y a eu la première crise de 73 et l’inconvertibilité du dollar, et puis miracle, ceux d’en face mentaient encore plus et n’ont pas pu tenir la mise, ce fut le miracle de 89 et la victoire par KO du capitalisme sur le soviétisme !

Alors là, ils se sont dits : il faut rattraper, d’urgence, le temps et le pognon perdus ! Cela ne durera pas éternellement, alors profitons-en.


Dès 93, c’est le dé-bridage des règles du crédit, la performance annuelle de 15% sur les fonds propres, les délocalisations systématiques, les parachutes dorés, la belle vie quoi !


Au bout de dix ans, comme le pouvoir d’achat des travailleurs avait baissé et qu’il y avait de plus en plus de chômage, on a inventé l’endettement permanent car, même quand un riche claque du pognon, ça ne suffit pas pour faire tourner les usines ; il faut bien que les ouvriers de Ford achètent des Ford pour que l’usine tourne. Alors, on leur vend leur propre maison deux fois à crédit : une fois pour l’acheter et une autre fois pour continuer à consommer. Pendant ce temps la fête continue et comme il faut toujours plus d’argent pour que ça tourne, on fait monter le pétrole, on fait monter les matières premières, on dit que c‘est normal, que c’est comme ça que ça marche. Et puis un jour ça pète, même ça pète grave !  Et là, soudain, le Roi est nu ! Le système ne fonctionne plus, c’est la grande foirade !

Alors on se tourne vers les Etats, ces pelés, ces empêcheurs de gagner en rond, et on leur demande l’aumône, l’argent des pauvres !


Voilà où on en est aujourd’hui.

Maintenant, comment on fait ?
 
Pierre Lehalle

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17 décembre 2008 3 17 /12 /décembre /2008 16:40

Interview de Malek Boutih (PS), donné au Point.fr
.à la suite du discours de Nicolas Sarkozy et de la nomination de Yazid Sabegh comme Commissaire à la diversité...


Malek Boutih : "Yazid Sabeg a des capacités certaines, c'est le moins que l'on puisse dire, pour diriger des grands projets.
C'est un chef d'entreprise en pointe dans l'économie française. Son parcours plaide pour lui, je ne vois pas aujourd'hui ce qui peut l'empêcher d'agir d'autant moins que ce qui est important, c'est
le discours présidentiel sur lequel il va s'appuyer.

Il y a dans ce discours une volonté affirmée avec un calendrier et des objectifs extrêmement précis. Je suis certain que, de ce point de vue, Yazid Sabeg devrait pouvoir réussir sa mission. Il trouvera des obstacles, des lenteurs, des pesanteurs, mais je crois qu'il a l'appui du président de la République. Je souhaite bonne chance à ceux qui voudraient freiner le plan sur la diversité. Par contre, dans mon camp [le Parti socialiste, NDLR], il y a besoin d'avoir quelqu'un qui fasse aussi bouger les choses.

Les dirigeants du Parti socialiste viennent de recevoir, là, une leçon de la part du président de la République."

Malek Boutih (PS)
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9 novembre 2008 7 09 /11 /novembre /2008 11:29


Invité le 13 septembre à l'Université d'été du Cercle de la Diversité Républicaine, je vous propose ci-dessous l'essentiel de l' intervention
que j'y ai faite
..Texte déjà publié.


 

......Un mot d’abord pour vous rappeler que La Gauche Moderne est un parti de centre gauche qui soutient Nicolas Sarkozy dans sa politique de réforme, et s’inscrit clairement dans la Majorité présidentielle. A ce titre  nous sommes un exemple vivant de la diversité,  au moins politique, force de gauche au sein d’une majorité principalement constituée de forces de droite et du centre.

 

Oui,  parce qu’elle apporte de nouvelles idées et de  nouveaux talents, parce qu’elle est source de dynamisme et de renouvellement, la diversité   peut être une richesse et une chance pour notre pays et pour ce vieux continent qu’est l’Europe, qui aurait bien tort de se replier sur lui-même, de refuser de s’ouvrir à d’autres populations, d’autres cultures…Cela signifie notamment  que l’Europe et la France  ne doivent pas adopter une attitude fermée vis-à-vis de l’immigration mais qu’elles doivent admettre que celle-ci peut être bénéfique. Cela signifie-t-il que toute immigration doit être acceptée sans limite et sans contrôle ?  Certainement pas, et la conception  française d’une immigration contrôlée, régulée et résultant d’une coopération avec les pays source, est une conception juste, en passe d’être acceptée par l’ensemble de l’Union européenne.

 

Mais, pour pouvoir bénéficier des chances procurées par la diversité due à l’immigration, il faut  que les conditions d’intégration, de vie et de travail de ces nouvelles populations soient garanties : on doit s’assurer que les immigrants ont la possibilité et la  volonté de s’intégrer à la société française et  faire en sorte de créer les conditions pour qu’ils y parviennent.   Cela exige   une lutte sans faiblesse contre les discriminations, (notamment pour le logement et l’emploi) ; la recherche d’une égalité des chances, toujours renouvelée; des efforts pour éviter que ne se créent des ghettos, qui conduisent à un communautarisme qui peut représenter un danger pour la République.

 

 A l’inverse, l’universalisme abstrait de la pensée républicaine française, qui refuse de prendre en considération l’expression des particularismes conduit à l’échec. On ne peut faire comme si le citoyen était seul et nu face à l’Etat, sans autre appartenance qu’à la République.  Il existe, au sein de notre pays des communautés  qui se ressentent ainsi, et au sein desquelles se nouent des liens naturels et s’expriment entraide, compréhension, sentiment de sécurité, qui ne se retrouvent pas ailleurs.   Ces communautés correspondent à  des cultures différentes et l’affirmation de leur égale  dignité doit conduire à leur permettre concrètement de  s’exprimer et de  se manifester, évidemment  dans le respect des principes de la République. Les uns doivent pouvoir exprimer à leur manière, ce qu’ils sont, ce qu’ils croient, d’où ils viennent, et les autres recevoir et accepter ce message fait à la fois de proximité et d’étrangeté. Les uns doivent pouvoir exprimer leur diversité, les autres la comprendre et l’accepter.

 

Une société démocratique sûre de ses valeurs,  ne peut refuser ces réalités diverses, en veillant toutefois à ce  que ces communautés plus ou moins formelles n’enferment pas  les individus dans le cadre et le moule de leurs origines,  dans des règles et des hiérarchies pesantes  et  impossibles à contester. Sans verser dans le communautarisme qui consisterait à ne considérer ces populations que sous cet aspect culturel, religieux  ou ethnique  et à leur reconnaître en tant que tel des droits, on ne peut ignorer leur besoin de partager  leur histoire, leurs usages, leurs nostalgies et leur demander de taire ou d’oublier leurs différences.

On ne peut pas  leur parler de valeurs communes  et d’avenir partagé, si on leur demande d’abandonner leur mémoire, de renoncer à une culture, à certains modes de pensée. Aucune réelle intégration n’est possible  dans la négation ou l’effacement de son identité et de son passé. L’engagement  de tous vers un  même destin collectif, ne peut concerner que des populations assurées de leur présent, informées  et fières de leur passé. Ce destin collectif ne peut s’envisager  que si sont respectées les cultures et  les valeurs, à la condition qu’elles ne soient pas contradictoires  avec la démocratie, le respect des droits de l’homme et la laïcité.  Puisque le sujet est abordé ces jours-ci, disons que c’est seulement dans le cadre d’une laïcité, ouverte et positive, une laïcité comprise comme un espace dédié à la libre expression, et au respect de l’autre, que peut s’épanouir la diversité.

 

 La cohésion sociale, tellement nécessaire n’est pas contradictoire avec la diversité culturelle. Au contraire,  c’est  par  une juste reconnaissance des différences culturelles et de civilisation, par la claire  reconnaissance  des communautés de fait,  que l’on évitera le refuge dans un communautarisme clos et  agressif et donc la fragmentation sociale.

 

Mais, cette valorisation des identités particulières ne peut  se concevoir sans limites. La diversité doit exister dans un cadre d’unité qui la dépasse. Une référence commune est nécessaire, de même qu’une volonté d’adhésion  active à la société d’accueil, une capacité à partager histoire et valeurs, à envisager un avenir commun. Cela exige que le pays d’accueil soit capable de faire naître ce sentiment d’adhésion, qu’il y aide, mais que les arrivants sachent aussi s’y engager. Pourquoi  ne pas reconnaître que l’intégration doit faire appel à la réciprocité, et qu’aux droits répondent des  devoirs. 

 

Je voudrais, pour terminer, élargir mon propos en rappelant que vouloir la diversité c’est accepter et vouloir et aller vers l’épanouissement et la capacité de participation de tous, y compris les plus faibles et les plus vulnérables, c’est faire en sorte que chacun et chacune dans nos villes et nos banlieues, ait, au-delà  d’une égalité de droits juridiques et politiques, une égalité des chances, une « égalité des possibles ». Plus que l’égalité formelle c’est une équité concrète qui est alors nécessaire.

Est-ce l’égalité que de vouloir  la même école et les mêmes moyens pour tous, quand sait que les possesseurs d’un patrimoine culturel et vivant dans un environnement privilégié seront avantagés ? Est-ce égalitaire de laisser chaque individu dans la même situation face à l’emploi quand on sait qu’un  jeune d’origine immigrée aura trois  fois moins de chances d’être embauché qu’un Français dit «  de souche » ?  Est-ce égalitaire d’attribuer les mêmes allocations familiales à des familles aisées et à des  familles défavorisées ?  N’est-il pas plus juste et plus conforme à l’équité, de traiter de manière différenciée, certains quartiers, certaines catégories de population, certains individus surtout, pour leur permettre de combler leur retard ? 

L’égalité –dite républicaine -  pensée à travers le prisme abstrait de l’uniformité et de l’universalité,  est en elle même porteuse d’inégalités et  vouloir traiter de la même manière des situations différentes est en soi porteur d’injustice.  On ne peut poser le principe d’égalité en faisant comme si il n’y avait pas de différences au départ  entre les individus, et que tous, passant  dans le même moule, devaient  en retirer le même profit. Quand une inégalité existe à l’origine, l’égalité de traitement est une manière de prolonger cette inégalité. L’inégalité ne se combat pas par l’égalité. Seule une inégalité compensatrice, une « discrimination positive », traduction malheureuse  de « l’affirmative action » anglo-saxonne, peut  atténuer l’inégalité de départ.

    Il  faut donner plus à ceux qui partent avec  moins, à ceux qui cumulent les handicaps, si l’on veut que tous aient des chances comparables de réussite et d’épanouissement.  A l’école, pour la formation professionnelle, pour l’accès à la culture, pour le logement, pour l’emploi, la mise en œuvre de cette « discrimination positive »  permettra à chacun de retrouver une chance, et à la société française, parce qu’elle favorisera une diversité acceptée, de trouver une véritable cohésion sociale, basée sur l’équité, la solidarité et le respect de l’autre.......

............ 

 

Marc d’Héré

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13 septembre 2008 6 13 /09 /septembre /2008 16:50
Invité aujourd'hui à l'Université d'été du Cercle de la Diversité Républicaine, je vous propose ci-dessous l'essentiel de l' intervention que j'y ai faite..


 

......Un mot d’abord pour vous rappeler que La Gauche Moderne est un parti de centre gauche qui soutient Nicolas Sarkozy dans sa politique de réforme, et s’inscrit clairement dans la Majorité présidentielle. A ce titre  nous sommes un exemple vivant de la diversité,  au moins politique, force de gauche au sein d’une majorité principalement constituée de forces de droite et du centre.

 

Oui,  parce qu’elle apporte de nouvelles idées et de  nouveaux talents, parce qu’elle est source de dynamisme et de renouvellement, la diversité   peut être une richesse et une chance pour notre pays et pour ce vieux continent qu’est l’Europe, qui aurait bien tort de se replier sur lui-même, de refuser de s’ouvrir à d’autres populations, d’autres cultures…Cela signifie notamment  que l’Europe et la France  ne doivent pas adopter une attitude fermée vis-à-vis de l’immigration mais qu’elles doivent admettre que celle-ci peut être bénéfique. Cela signifie-t-il que toute immigration doit être acceptée sans limite et sans contrôle ?  Certainement pas, et la conception  française d’une immigration contrôlée, régulée et résultant d’une coopération avec les pays source, est une conception juste, en passe d’être acceptée par l’ensemble de l’Union européenne.

 

Mais, pour pouvoir bénéficier des chances procurées par la diversité due à l’immigration, il faut  que les conditions d’intégration, de vie et de travail de ces nouvelles populations soient garanties : on doit s’assurer que les immigrants ont la possibilité et la  volonté de s’intégrer à la société française et  faire en sorte de créer les conditions pour qu’ils y parviennent.   Cela exige   une lutte sans faiblesse contre les discriminations, (notamment pour le logement et l’emploi) ; la recherche d’une égalité des chances, toujours renouvelée; des efforts pour éviter que ne se créent des ghettos, qui conduisent à un communautarisme qui peut représenter un danger pour la République.

 

 A l’inverse, l’universalisme abstrait de la pensée républicaine française, qui refuse de prendre en considération l’expression des particularismes conduit à l’échec. On ne peut faire comme si le citoyen était seul et nu face à l’Etat, sans autre appartenance qu’à la République.  Il existe, au sein de notre pays des communautés  qui se ressentent ainsi, et au sein desquelles se nouent des liens naturels et s’expriment entraide, compréhension, sentiment de sécurité, qui ne se retrouvent pas ailleurs.   Ces communautés correspondent à  des cultures différentes et l’affirmation de leur égale  dignité doit conduire à leur permettre concrètement de  s’exprimer et de  se manifester, évidemment  dans le respect des principes de la République. Les uns doivent pouvoir exprimer à leur manière, ce qu’ils sont, ce qu’ils croient, d’où ils viennent, et les autres recevoir et accepter ce message fait à la fois de proximité et d’étrangeté. Les uns doivent pouvoir exprimer leur diversité, les autres la comprendre et l’accepter.

 

Une société démocratique sûre de ses valeurs,  ne peut refuser ces réalités diverses, en veillant toutefois à ce  que ces communautés plus ou moins formelles n’enferment pas  les individus dans le cadre et le moule de leurs origines,  dans des règles et des hiérarchies pesantes  et  impossibles à contester. Sans verser dans le communautarisme qui consisterait à ne considérer ces populations que sous cet aspect culturel, religieux  ou ethnique  et à leur reconnaître en tant que tel des droits, on ne peut ignorer leur besoin de partager  leur histoire, leurs usages, leurs nostalgies et leur demander de taire ou d’oublier leurs différences.

On ne peut pas  leur parler de valeurs communes  et d’avenir partagé, si on leur demande d’abandonner leur mémoire, de renoncer à une culture, à certains modes de pensée. Aucune réelle intégration n’est possible  dans la négation ou l’effacement de son identité et de son passé. L’engagement  de tous vers un  même destin collectif, ne peut concerner que des populations assurées de leur présent, informées  et fières de leur passé. Ce destin collectif ne peut s’envisager  que si sont respectées les cultures et  les valeurs, à la condition qu’elles ne soient pas contradictoires  avec la démocratie, le respect des droits de l’homme et la laïcité.  Puisque le sujet est abordé ces jours-ci, disons que c’est seulement dans le cadre d’une laïcité, ouverte et positive, une laïcité comprise comme un espace dédié à la libre expression, et au respect de l’autre, que peut s’épanouir la diversité.

 

 La cohésion sociale, tellement nécessaire n’est pas contradictoire avec la diversité culturelle. Au contraire,  c’est  par  une juste reconnaissance des différences culturelles et de civilisation, par la claire  reconnaissance  des communautés de fait,  que l’on évitera le refuge dans un communautarisme clos et  agressif et donc la fragmentation sociale.

 

Mais, cette valorisation des identités particulières ne peut  se concevoir sans limites. La diversité doit exister dans un cadre d’unité qui la dépasse. Une référence commune est nécessaire, de même qu’une volonté d’adhésion  active à la société d’accueil, une capacité à partager histoire et valeurs, à envisager un avenir commun. Cela exige que le pays d’accueil soit capable de faire naître ce sentiment d’adhésion, qu’il y aide, mais que les arrivants sachent aussi s’y engager. Pourquoi  ne pas reconnaître que l’intégration doit faire appel à la réciprocité, et qu’aux droits répondent des  devoirs. 

 

Je voudrais, pour terminer, élargir mon propos en rappelant que vouloir la diversité c’est accepter et vouloir et aller vers l’épanouissement et la capacité de participation de tous, y compris les plus faibles et les plus vulnérables, c’est faire en sorte que chacun et chacune dans nos villes et nos banlieues, ait, au-delà  d’une égalité de droits juridiques et politiques, une égalité des chances, une « égalité des possibles ». Plus que l’égalité formelle c’est une équité concrète qui est alors nécessaire.

Est-ce l’égalité que de vouloir  la même école et les mêmes moyens pour tous, quand sait que les possesseurs d’un patrimoine culturel et vivant dans un environnement privilégié seront avantagés ? Est-ce égalitaire de laisser chaque individu dans la même situation face à l’emploi quand on sait qu’un  jeune d’origine immigrée aura trois  fois moins de chances d’être embauché qu’un Français dit «  de souche » ?  Est-ce égalitaire d’attribuer les mêmes allocations familiales à des familles aisées et à des  familles défavorisées ?  N’est-il pas plus juste et plus conforme à l’équité, de traiter de manière différenciée, certains quartiers, certaines catégories de population, certains individus surtout, pour leur permettre de combler leur retard ? 

L’égalité –dite républicaine -  pensée à travers le prisme abstrait de l’uniformité et de l’universalité,  est en elle même porteuse d’inégalités et  vouloir traiter de la même manière des situations différentes est en soi porteur d’injustice.  On ne peut poser le principe d’égalité en faisant comme si il n’y avait pas de différences au départ  entre les individus, et que tous, passant  dans le même moule, devaient  en retirer le même profit. Quand une inégalité existe à l’origine, l’égalité de traitement est une manière de prolonger cette inégalité. L’inégalité ne se combat pas par l’égalité. Seule une inégalité compensatrice, une « discrimination positive », traduction malheureuse  de « l’affirmative action » anglo-saxonne, peut  atténuer l’inégalité de départ.

    Il  faut donner plus à ceux qui partent avec  moins, à ceux qui cumulent les handicaps, si l’on veut que tous aient des chances comparables de réussite et d’épanouissement.  A l’école, pour la formation professionnelle, pour l’accès à la culture, pour le logement, pour l’emploi, la mise en œuvre de cette « discrimination positive »  permettra à chacun de retrouver une chance, et à la société française, parce qu’elle favorisera une diversité acceptée, de trouver une véritable cohésion sociale, basée sur l’équité, la solidarité et le respect de l’autre.......

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Marc d’Héré

 

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4 septembre 2008 4 04 /09 /septembre /2008 13:28
Par Brice Hortefeux. Propos recueillis par Charles Jaigu, Le Figaro 03 09 08...(EXTRAITS)...



LE FIGARO. Vous faites partie des ministres que Nicolas Sarkozy réunit régulièrement et à qui il demande de porter sa parole dans les médias. François Fillon vous demande de rester discrets. Comment allez-vous gérer cette contradiction ?

Brice HORTEFEUX. Le premier ministre a aussi dit, à juste titre, que le président de la République, comme lui-même, recevait qui il voulait, quand il le souhaitait. Que le président rencontre quelques-uns de ses ministres, cela me semble naturel, et c'est l'inverse qui serait surprenant ! Nicolas Sarkozy veut réunir régulièrement autour de lui quelques proches pour écouter, partager et expliquer. Il considère, à juste titre, que cela nous permet de mieux jouer collectivement la partition gouvernementale. Que nous demandent les Français ? D'être imaginatifs, collectifs et solidaires. Ces réunions y contribuent.

Certains y voient un gouvernement bis…
Ni bis, ni ter, ni quater, il n'y a qu'un seul gouvernement, entièrement tendu vers un unique objectif : réformer notre pays pour garantir son avenir et celui des nouvelles générations.

Il y a néanmoins une divergence entre le président et le premier ministre à ce sujet. Est-ce un problème ?
Pour moi, la seule mesure de la bonne entente au sein du couple exécutif est de savoir si les réformes sont mises en œuvre. Et la réponse est évidemment oui. Mais une vérité s'impose : les succès d'hier ont été possibles grâce à Nicolas Sarkozy. Ceux de demain le seront aussi. Nul besoin de chercher dans un trousseau la clé des succès de l'avenir, ce sera Nicolas Sarkozy !

..........

La rentrée du gouvernement n'est-elle pas facilitée par les difficultés du Parti socialiste à la veille de son congrès ?

Nous avons besoin d'une opposition car, comme l'a voulu Nicolas Sarkozy en faisant voter la réforme des institutions, celle-ci est indispensable à la vie d'une démocratie. Si, auparavant, le Parti socialiste avait au moins le ministère de la parole, aujourd'hui, il n'exerce plus que le ministère du silence ! Observez l'absence totale de propositions sur l'éducation, le chômage, la solidarité, la fiscalité, l'immigration, etc. C'est la Berezina de l'imagination et le vide de la pensée. On n'entend plus que le brouhaha des ambitions et le murmure des conspirations.

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Si Patrick Devedjian décidait de quitter le secrétariat général de l'UMP, seriez-vous prêt à assumer la responsabilité du parti ?

Par tempérament, je suis un homme de missions, pas d'ambition. Je suis donc à la disposition du président de la République pour accomplir le rôle qu'il souhaite me voir assumer. Souvenons-nous cependant qu'animer le parti majoritaire n'est jamais une tâche facile, et je sais que Patrick Devedjian souhaite œuvrer au service du président.

..............

La polémique sur le financement du RSA ne montre-t-elle pas que vos électeurs s'agacent d'un président qui préfère séduire la gauche au lieu de gouverner à droite ?

D'abord, rappelons une vérité sur son financement : sur 1 000 euros perçus au titre des intérêts du capital, seulement 11 seront prélevés pour financer le RSA. Surtout, après des années d'assistanat, enfin, une prime est accordée au travail. C'est en totale cohérence avec tout ce qui a été affirmé par Nicolas Sarkozy lors de la campagne présidentielle afin de réhabiliter le travail et récompenser l'effort. Ce n'est pas une évolution économique, c'est une révolution sociale !

Un an après la polémique sur le test ADN, quel bilan faites-vous de votre action au ministère de l'Immigration ?
En un an, beaucoup de choses ont changé. Un nouveau ministère régalien a été créé. Nous avons des principes, une politique et des moyens. Cette politique est aujourd'hui comprise par les Français, par nos partenaires européens et par les pays d'émigration. Elle s'appuie sur trois principes qui recueillent un large consensus : d'abord, la France a le droit de choisir qui peut venir sur son territoire. Ensuite, un émigré en situation légale doit pouvoir s'intégrer dans de bonnes conditions. Enfin, tout étranger en situation irrégulière doit être reconduit, de manière volontaire ou contrainte.


La totalité de cet article sur Le Figaro.fr

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28 juillet 2008 1 28 /07 /juillet /2008 11:30

La chronique d'Alexandre Adler. Le Figaro du 26 juillet. (Extraits)

L'antisémitisme est une bien vilaine chose, même sur le plan esthétique, si l'on oublie Wagner et Céline ; en tout cas, sur le plan moral et, bien souvent, sur le plan politique, malgré les satisfactions que certains y cherchent à court terme. Mais si l'on accepte un point de vue plus immanent que transcendant, on y verra surtout les vertiges et les trébuchements de sociétés, au demeurant forts diverses, qui sont en train de perdre leurs repères essentiels.

Examinons donc, sous cet angle, l'affaire Siné. Il ne devrait pas y avoir le moindre doute sur le caractère antisémite des propos de l'auteur. Rappelons tout à trac et dans un ordre dispersé la récidive : Siné a déjà été condamné sévèrement par les tribunaux pour des propos outrageants, et avait déjà comme témoins de moralité quelques-uns des pétitionnaires en sa faveur tels le pontifiant Michel Polac ou l'amusant Guy Bedos. Sans la précaution rhétorique de l'antisionisme, ce sont les juifs qui sont présentés comme les maîtres de l'argent et de la société française. Sans préjuger de l'inévitable réponse des tribunaux, on aurait pu imaginer que la presse et l'opinion reconnaissent le tranquille courage du directeur de Charlie Hebdo, Philippe Val, qui, après avoir épuisé les moyens de sauver la face de Siné, a pris acte de l'incompatibilité morale de sa présence et de celle dudit dessinateur, caricaturiste, au sein d'une même publication.

Mais cette attitude pleine de rectitude ne plaît pas aux amis de Siné. Certains invoquent son grand âge, qui semble ne pas avoir joué à l'endroit de Maurice Papon ; d'autres lui prêtent un «tempérament d'anar» qui, à leurs yeux, justifierait tous les excès. On leur répondra sur ce point que de grands intellectuels anarchistes français, comme Octave Mirbeau et Bernard Lazare, ont été des professeurs d'antiracisme, et spécifiquement de dreyfusisme……

….Qu'est-ce qui unit de par le monde un islamiste marocain, un communiste russe déçu, un pasteur africain-américain ségrégationniste à l'envers, un intellectuel anglais semi-aristocratique et antiaméricain… et un adversaire rabique du président Nicolas Sarkozy, qui voit en lui l'inacceptable promotion de l'étranger ? L'antisémitisme sert ici de ciment à un authentique vertige identitaire. Qui sommes-nous ? Où allons-nous ? Et pourquoi les juifs semblent-ils ne pas souffrir de ce même vertige ? La réponse est d'ailleurs simple : les juifs aussi, de par le monde, souffrent de ce même vertige. Mais revenons un instant sur la haine antisarkozyste : on aura beau rappeler que le président n'est ni juif par la religion ni même très majoritairement par l'origine, de même qu'on constatera que le président s'est illustré depuis un an par une attention sans faille aux difficultés du monde arabe et a incarné, parfois à tort à mon avis, un recentrement assez sceptique de la politique européenne de la France : qu'importe, dans une mondialisation impétueuse que certains, à droite comme à gauche, vivent comme une agression permanente, un homme, Nicolas Sarkozy, proclame, sans cesse, qu'il est une opportunité pour une France qui peut se secouer de la rancœur petite-bourgeoise de la corporation et de l'éloge de la paresse, et voici que les antisémites, comme un essaim de mouches, s'en prennent à sa personne, ou, le cas échéant, à celle de son fils.

Le degré d'horreur et de mépris que cette attitude produira chez nos concitoyens, au-delà des clivages politiques traditionnels, est un test en grandeur réelle de la santé de notre corps politique. La France tombe souvent très bas, mais se relève ensuite plus haut que n'importe laquelle des autres nations de l'Europe. Aujourd'hui, on voit en tout cas qui a la trempe d'un Zola, d'un général Picard : c'est Philippe Val. Et qui a la bassesse de Drumont, de Maurras ou de Bernanos : ce sont les pétitionnaires semi-trotskistes en faveur de l'éternel stalinien Siné.


Alexandre Adler
LeFigaro

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