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PRESENTATION

 

 

Contact: marcdhere.mdh@gmail.com 

 RECONQUÊTE est un  mouvement en construction. Ce n'est pas un parti politique, mais un Cercle de Réflexion et d'Action, ouvert à tous ceux, à quelque parti qu'ils appartiennent, ou sans parti, qui se reconnaissent dans ses valeurs et  principes. La Responsabilité et l'équivalence entre droits et devoirs à tous les niveaux,  le libéralisme économique,  la solidarité,  le choix d'une évolution réaliste et progressive dans le social et le sociétal,  l'Europe... 

 

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24 juin 2014 2 24 /06 /juin /2014 07:26

 

Chers amis,

 

 

Je publie aux éditions Christophe Chomant une nouvelle édition, révisée et corrigée du roman historique  «  LA CEINTURE DE LA VIERGE »,   

 

Après trois ouvrages politiques,  dont le dernier « La Déclaration du Président », est sorti à l’occasion de la dernière campagne présidentielle,  je publie ce roman historique médiéval, qui se déroule au  Puy-Notre-Dame, jolie petite ville du Maine-et-Loire, proche de Saumur, où je réside une partie de l’année.

 

A l’occasion d’une visite –attestée - de  Louis XI, j’ai imaginé que la ceinture de la vierge, relique de l’église du Puy-Notre-Dame, avait disparu.

 

Ce sont alors, sur fond de lutte de pouvoir entre l'Eglise et le Roi,  trois jours de recherche, ponctués de surprises et de rebondissements et épicés d’intrigues amoureuses.  

 

On y voit se mêler bourgeois et paysans, moines et clercs, conseillers royaux, gens d’armes, voyageurs et pèlerins, ainsi que de jeunes servantes d’auberge peu farouches.

 

Et c’est autour de l’une d’elles,  que l’on peut regarder comme une allégorie de la liberté, que se focalise progressivement l’intérêt du roman.

 

Vous trouverez ce livre, ou vous pourrez le commander en librairie.  

Références:  La Ceinture de la Vierge de Marc d'Héré, Editions Christophe Chomant, ISBN 978-2-84962-301-5 

 

 Je  peux aussi, si vous le souhaitez, vous adresser cet ouvrage, dédicacé,  à des conditions très préférentielles. Envoyez-moi une demande par mail à l'adresse: marcdhere.mdh@gmail.com  

 

Bien à vous. 

 

Marc d'Héré

 

 

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29 novembre 2013 5 29 /11 /novembre /2013 17:37

 

Chers amis,

 

 

Permettez-moi de vous présenter «  LA CEINTURE DE LA VIERGE »,  que je publie aux Editions de Passy.

 

 Après trois ouvrages politiques,  dont le dernier « La Déclaration du Président », est sorti à l’occasion de la dernière campagne présidentielle,  je publie ce roman historique médiéval, qui se déroule au  Puy-Notre-Dame, jolie petite ville du Maine-et-Loire, proche de Saumur, où je réside une partie de l’année.

 

A l’occasion d’une visite –attestée - de  Louis XI, j’ai imaginé que la ceinture de la vierge, relique de l’église du Puy-Notre-Dame, avait disparu.

 

Ce sont alors trois jours de recherche, agrémentés de luttes de pouvoir entre l’Eglise et le roi et épicés d’intrigues amoureuses.  

 

On y voit se mêler bourgeois et paysans, moines et clercs, conseillers royaux, gens d’armes, voyageurs et pèlerins, ainsi que de jeunes servantes d’auberge peu farouches.

 

Et c’est autour de l’une d’elles,  que l’on peut regarder comme une allégorie de la liberté, que se focalise progressivement, je l'espère, l’intérêt du roman.

 

Vous trouverez ce livre (ou vous pourrez le commander) dans toutes les bonnes librairies. Dans certaines il est classé parmi les "romans historiques", dans d'autres ( à la FNAC notamment)  vous le trouverez parmi les romans policiers. 

 

Pour ceux qui le désirent, je dispose de plusieurs exemplaires que je peux fournir et adresser à des conditions préférentielles. 

 

Bien à vous. 

 

Marc d'Héré

marc_dhere@hotmail.com

 

 

 

 

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25 juin 2010 5 25 /06 /juin /2010 16:28

 

Par Gilbert Veyret...

 

(Toute allusion à des évènements récents ne pourrait être que fortuite ou due à la sur imprégnation médiatique que ces faits auraient pu susciter involontairement chez l’auteur de cette fiction).

En ce temps là, les principales planètes s’affrontaient dans un tournoi de balle aux pieds. C’était un jeu, aux règles assez simples, consistant à faire passer, avec les pieds, un ballon entre des poteaux, plus souvent que l’équipe adverse. Vous me direz qu’avec une telle description, il n’y avait pas de quoi exciter les foules. Et pourtant des milliards d’habitants des diverses planètes consacraient des milliards de leurs monnaies, des milliers d’heures de leur temps et une infinie passion à ces spectacles, souvent plus animés par les supporters et les commentateurs que par les joueurs.

Cette manne retombait principalement sur ceux qui avaient su comprendre que lorsque le pain risquait de manquer, en raison de la crise, il fallait compenser par un surcroit de divertissements. L’absence de grands projets collectifs ou leur échec, pouvait ainsi être sublimée par la victoire symbolique de onze joueurs portant les couleurs locales, après avoir entonné, avec plus ou moins de conviction, un hymne national aux accents généralement guerriers.

Les Shadocks y jouissaient d’une grande réputation remontant à de brillantes victoires passées. Mais la modestie traditionnelle de cette grande nation les avait amenés à faire preuve de beaucoup d’abnégation, en refusant de céder à leurs facilités naturelles. Ainsi lors du dernier tournoi universel, se sont-ils efforcés de trottiner sur les terrains avec l’enthousiasme de bons vivants à qui on aurait dit qu’ils devraient lutter contre leurs excès de poids et de cholestérol par des exercices physiques réguliers. Ou bien, ils faisaient preuve d’une grande distraction en oubliant de tenter de marquer des buts, les rares fois où ils en avaient la possibilité. Ils ont même poussé l’abnégation jusqu’à renoncer à un entraînement qui leur aurait pourtant été fort utile, sans doute par respect du repos dominical.

Plusieurs millions de Shadocks avaient leur propre idée sur la composition de l’équipe idéale. Un référendum aurait peut-être pu faire cette sélection, selon les méthodes de la démocratie participative. Mais il y aurait eu tant de combinaisons possibles que le choix final n’aurait fait que mécontenter la majorité des électeurs. Tandis que l’équipe retenue par le sélectionneur faisait l’unanimité contre lui, restaurant ainsi, à ses dépens, une forme d’unité nationale.

Ce sélectionneur, maniant à la perfection le langage Shadock, avait bien dit aux joueurs que « Plus ils frapperaient moins souvent le ballon, moins ils marqueraient plus de buts » L’interprétation de cet aphorisme était délicate. Il ne fut pleinement compris qu’à l’occasion de l’unique but marqué dans le dernier quart d’heure du dernier match joué. A moins que celui-ci ait été marqué par inadvertance par quelqu’un qui n’avait rien compris de ce que lui disait le coach.

 L’opinion publique fit preuve à l’égard de leur équipe d’une grande incompréhension quand elle fut éliminée prématurément, mais fort logiquement, de la compétition. Cela permit pourtant à l’ensemble de ses supporters de revenir rapidement à leurs activités normales, moins dangereuses pour leur cœur et leurs nerfs. Les plus jeunes pouvaient enfin rejouer eux-mêmes au ballon, activité tout de même plus stimulante que de regarder, avachi sur un canapé, quelques professionnels blasés faire semblant de se disputer une balle.

Mais l’opinion, excitée par des médias prêts à passer quasi instantanément de l’adulation au lynchage, considérait que l’honneur de la nation Shadock avait été gravement bafoué.

L’équipe coupable de n’avoir pas su faire rêver un peuple dont les occasions d’évasion se faisaient de plus en plus rare, était plus critiquée par des propos tenus dans un vestiaire que par ses médiocres performances sur le terrain.

L’expression, certes un peu forte, d’un joueur à l’égard du sélectionneur pouvait provenir d’une forte imprégnation d’un certain cinéma américain qui ponctue ses dialogues d’un vigoureux «  fuck you », environ toutes les dix phrases. Répondant aux injonctions des plus hautes autorités académiques, l’expression avait été, en l’occurrence, francisée. Cela la rendait plus grossière et inacceptable à l’oreille de tous ceux qui feignaient d’ignorer que c’était devenu une des formes de dialogue habituel avec toutes formes d’autorité, policiers, agents de services publics et même les enseignants ; l’acquisition d’un langage, assimilé à un coup de poing, étant de plus en plus précoce. Les seules restrictions à cette agressivité verbale venaient des capacités de rétorsion ou de sanction de ceux qui se sentaient offensés.

Mais ces mercenaires du sport, que des clubs s’achetaient à coups de millions, plaçaient leur seuil d’impunité au niveau de leurs rémunérations qui étaient considérables.

Furieux de l’éviction de l’auteur de propos, sommes toutes banaux dans leur milieu, qu’un traitre avait révélé à des publics ignorants qui ne pratiquaient pas plus ce langage qu’ils ne shootaient dans un ballon, ces joueurs se révoltèrent. C’était une avancée sociale significative ; l’exercice du droit de grève, sans plafond de revenus. Ils obligèrent même le malheureux entraineur offensé à lire leur communiqué par lequel ils affirmaient leur droit à l’autogestion et au vocabulaire de leur choix, sur le terrain comme dans les vestiaires.

La gauche habituée à soutenir toute revendication, qu’elle qu’en fut la nature, n’osa cependant pas les soutenir. Le Président de la République Shadock exprima publiquement son indignation, depuis un voyage lointain. Mais contrairement à ses habitudes d’intervention dans tous les domaines de la vie publique, il n’eut pas le temps de chausser ses crampons pour venir diriger lui-même son équipe en déroute. Il se contenta de convoquer des Etats généraux du ballon rond. Mais ce déferlement de critiques, dans les médias et les bistros, face à une débâcle, inconnue depuis soixante dix ans, devrait donner à ces Etats généraux la même force révolutionnaire et les mêmes effets historiques que ceux de 1789.

 Des garanties auraient toutefois été données aux joueurs, entraineurs et responsables de fédérations les mieux payés, qu’il n’y aurait pas de « nuit du 4 août ».

Aux dernières nouvelles, le Président de la République aurait fixé rendez-vous à un des joueurs emblématiques de cette équipe calamiteuse. Selon des sources Shadocks, généralement bien informées, il serait question de proposer une réforme des règles de ce jeu qui ne semblent pas favorables aux Shadocks, dans leur état actuel.

 Il s’agirait d’autoriser désormais l’usage des mains pour mieux guider le ballon vers les buts adverses, comme ce joueur a eu récemment l’occasion de l’expérimenter avec succès.

 

Gilbert Veyret

 

 

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21 juin 2010 1 21 /06 /juin /2010 15:14

 

Le spectacle ridicule et attristant donné par l’équipe de France de football, sur le terrain et en dehors,  met en évidence l’irresponsabilité des dirigeants de ce sport, et en dit  long sur la déliquescence de  notre société !…

 

Le  sélectionneur de l’équipe de France  doit être un homme responsable doté d’une véritable  autorité qui exige  à la fois  compétence reconnue et, ce qui va ensemble,   capacité à  inspirer confiance à ceux qu’il doit diriger et motiver. Ce n’est, semble-t-il,  pas le cas de Domenech,  ignoré ou méprisé par  ses joueurs, et qui pour durer et donner le change en est réduit à céder  à tous leurs caprices voire tous leurs chantages. 

 Pour des raisons qu’il faudra éclaircir, les dirigeants de la Fédération Française de Football, ont fait, en toute connaissance de cause, il y a deux ans, le choix de prolonger Raymond Domenech à la tête de l’équipe de France, malgré une incompétence qu’ils ne pouvaient ignorer,  une incapacité évidente à « inspirer confiance » et un management laxiste et démagogique qui me fait penser (mais je n’ai pas d’information sur ce point)  qu’il ne doit pas être éloigné de la gauche socialiste, satisfaite et  bien pensante.

 

 

Incapable de manager une équipe de joueurs de haut niveau –ou persuadés de l’être -, le sélectionneur a en outre aggravé ses difficultés en effectuant une sélection absurde.  

 

Il y a sans doute une quarantaine de joueurs français, de valeur à peu près égale, qui pourraient être sélectionnés. Le choix ne doit pas s’effectuer en fonction d’une prétendue plus grande qualité technique (les différences son infimes), ou en retenant systématiquement les joueurs les mieux payés (en pensant  que s’ils sont chers c’est qu’ils doivent être bons !) mais en fonction d’autres éléments qui exigent, il est vrai, plus de subtilité et de courage. 

 Ces éléments c’est d’abord  un  état de forme,  mais surtout une volonté de « faire des efforts »,  une « bonne mentalité », une capacité à « faire équipe », à s’intégrer à un collectif, comme une véritable « fierté » à porter le maillot de l’équipe de France (l’attitude vis-à-vis de la Marseillaise peut  en être un indicateur partiel mais utile)…

A l’évidence les trois joueurs principalement  responsables de la piètre performance de l’équipe de France comme de ses divisions internes, Ribéry, Gallas, Anelka,  ne répondaient à aucune de ces conditions. Et pourtant ils ont été sélectionnés et, plus grave et plus incompréhensible encore, Domenech  les a fait jouer, laissant sur la touche d’autres joueurs bien plus dignes d’entrer en jeu.  Etait-ce de la part du sélectionneur une  absence de lucidité, un manque  d’autorité ou a-t-il  cédé à des raisons ou des pressions extra sportives? Il faudra éclaircir cela aussi…

 

Cet  épisode peu glorieux, va au-delà de l’aspect sportif pour   donner une image de ce qu’est notre  société. Irresponsabilité érigée en principe, mépris de l’autorité, refus du sérieux, de l’effort et du travail.  

 Il est révélateur que non contents de ne pas se fatiguer sur le terrain, (les joueurs gagnent tellement moins en équipe de France que dans leurs clubs) et de trouver normales les insultes (chacun doit pouvoir s’exprimer),  les joueurs se soient mis « en grève » d’entraînement pour manifester leur mécontentement et aller au bout de leur chantage ! En grève, voilà une méthode bien française et bien marquée !

Grève qui d’ailleurs n’a pas choqué plus que cela les « responsables » de la fédération (sauf ce monsieur Valentin qui a eu le courage de  démissionner, quand le président Escalettes poursuit, imperturbable, les vacances qu’on lui paie en Afrique du Sud) ou le pauvre Domenech qui accepte tout, et s’apprête à faire jouer demain ceux que le « collectif des joueurs » lui imposera.   

En effet,  aucune  sanction, et certainement pas financière n’a été envisagée pour ce refus de travail surréaliste et encore jamais vu ! Espérons que tous ces « responsables » et la majorité  des joueurs de cette équipe grotesque, ne seront pas reconduits et qu’on oubliera vite ce triste épisode.

 

 En attendant, tout  cela illustre et explique  bien  les difficultés que rencontrent  Nicolas Sarkozy  et le gouvernement de François Fillon dans leurs efforts pour  réformer la France, mobiliser et motiver les Français !  

 

 

Marc d’Héré 

 

 

P.S.: les joueurs qui commencent à comprendre que leur attitude et leur sottise va leur faire perdre des millions dEuros en contrats publicitaires (quelle marque va vouloir continuer à faire de la pub avec eux?), cherchent à rattraper le coup! On a même vu Ribéry ( oui, Ribéry!)  venir parler de la France et de l'honneur de la représenter!...Vous avez bien lu,  Ribéry!!!  Heureusement, il ne rattrapera rien du tout, et devra s'habituer à disposer de quelques millions de moins...

 

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2 mai 2010 7 02 /05 /mai /2010 15:41

 

Bernard-Henri Levy, Le Point du 29 04 2010...

 

 

Michel Onfray se plaint d'être critiqué sans être lu ?

Eh bien, donc, je l'ai lu.

 

Je l'ai fait en m'efforçant, autant qu'il est possible, de laisser de côté les camaraderies anciennes, les amitiés communes ainsi que, mais cela allait de soi, le fait que nous soyons, tous deux, publiés par le même éditeur.

 

Et la vérité oblige à dire que je suis sorti de cette lecture plus consterné encore que ne le laissaient présager les quelques comptes rendus dont, comme tout le monde, j'avais pu avoir connaissance.

Non que je sois de ceux pour qui l'« idole » Freud doive être intouchable : de Foucault à Deleuze, Guattari et d'autres, beaucoup s'y sont frottés et, sans être d'accord avec eux, je n'ai jamais nié qu'ils aient fait avancer le débat.

 

Ce n'est pas davantage le ressentiment antifreudien, voire la colère, voire même la haine, qui, comme je l'ai lu ici ou là, créent, pour moi, le malaise dans ce « Crépuscule d'une idole » : on fait de grands livres avec la colère ! et qu'un auteur contemporain mêle ses propres affects à ceux d'un glorieux aîné, qu'il se mesure à lui, qu'il règle ses comptes avec son oeuvre dans un pamphlet qui, dans la chaleur de l'affrontement, apporte des arguments ou des éclairages nouveaux, cela est, en soi, plutôt sain - et Onfray l'a d'ailleurs fait, souvent, ailleurs, et avec un vrai talent.

 

Non.

Ce qui gêne dans ce « Crépuscule », c'est qu'il est, soudain, banal, réducteur, puéril, pédant, parfois à la limite du ridicule, inspiré par des hypothèses complotistes aussi abracadabrantes que périlleuses et assumant, ce qui est peut-être le plus grave, ce fameux « point de vue du valet de chambre » dont nul n'ignore, depuis Hegel, qu'il est rarement le meilleur pour juger d'un grand homme ou, mieux encore, d'une grande oeuvre...

 

Banal: j'en prends pour seul exemple la petite série de livres (Gérard Zwang, Pierre Debray-Ritzen, René Pommier) auxquels Onfray a d'ailleurs l'honnêteté de rendre hommage, à côté d'autres, en fin de volume et qui défendaient déjà la thèse d'un Freud corrupteur des moeurs et fourrier de décadence.

 

Réducteur : il faut avoir le coeur bien accroché pour supporter, sans rire ou sans effroi, l'interprétation quasi policière que fait Onfray du beau principe nietzschéen qu'il connaît pourtant mieux que personne et selon lequel une philosophie est toujours une biographie cryptée ou déguisée (en gros : si Freud invente le complexe d'OEdipe, c'est pour dissimuler, p. 111, ses pensées ulcérées à l'endroit de son gentil papa et pour recycler, p. 505, ses non moins vilaines pulsions en direction de sa maman).

 

Puéril : le regret (p. 477) de ne pas avoir trouvé, dans « les six mille pages » des oeuvres complètes, cette « franche critique du capitalisme » qui eût comblé d'aise le fondateur de l'Université populaire de Caen.

 

Pédant : les pages (73-76) où il se demande, gravement, quelles dettes inavouables le fondateur de la psychanalyse aurait contractées, mais sans vouloir le reconnaître, auprès d'Antiphon d'Athènes, d'Artemidore, d'Empédocle ou de l'Aristophane du « Banquet » de Platon.

 

Ridicule : c'est la page où, après de douteuses considérations sur son probable recours à l'onanisme, puis une non moins curieuse plongée dans les registres d'hôtel, « luxueux pour la plupart » (p. 162), où le Viennois aurait abrité, pendant des années, ses amours coupables avec sa belle-soeur, Onfray, emporté par son élan de brigadier des moeurs, finit par le soupçonner d'avoir engrossé ladite belle-soeur alors parvenue à un âge où ce genre de bonheur n'arrive, sauf dans la Bible, que fort rarement.

 

Le complot : c'est, comme dans « Da Vinci Code » (mais la psychanalyse, selon Onfray, n'est-elle pas l'équivalent d'une religion ?), l'image fantasmée de gigantesques « containers » d'archives enterrés, en particulier, dans les caves de la bibliothèque du Congrès de Washington et au seuil desquels veilleraient des milices de templiers freudiens aussi cupides, féroces, rusés, que leur maître vénéré.

 

L'oeil du valet de chambre, enfin : c'est la méthode, toujours bizarre, qui consiste à partir des supposées petites faiblesses de l'homme (son habitude, p. 169, de choisir lui-même, allez savoir pourquoi ! le nom de baptême de ses enfants « en rapport avec sa mythologie personnelle »), de ses non moins supposés travers (désir de gloire, cyclothymie, arythmies cardiaques, tabagisme, humeur vacillante, petites performances sexuelles, peur des trains - je n'invente rien, ce catalogue de « tares » se trouve aux pages 102 et 157 du livre), éventuellement de ses erreurs (telle dédicace à Mussolini, connue depuis toujours mais qu'Onfray semble découvrir et qui, tirée de son contexte, le plonge dans un état de grande frénésie) pour conclure à la non-validité de la théorie dans son ensemble : le sommet est, d'ailleurs, atteint quand, à la toute fin (p. 522), il s'appuie carrément sur le livre de Paula Fichtl, c'est-à-dire sur les souvenirs de la propre femme de chambre, pendant cinquante ans, de la famille Freud puis de Freud lui-même, pour dénoncer les accointances avec le fascisme autrichien de l'auteur de « Moïse et le monothéisme ».

 

Tout cela est navrant.

J'ai peine, en tous les sens du terme, à retrouver dans ce tissu de platitudes, plus sottes que méchantes, l'auteur des quelques livres - entre autres, « Le ventre des philosophes » - qui m'avaient, il y a vingt ans, paru si prometteurs.

 

La psychanalyse, qui en a vu d'autres, s'en remettra. Michel Onfray, j'en suis moins sûr.

 

 

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18 décembre 2009 5 18 /12 /décembre /2009 08:54

Par Roger-Pol Droit, Lepoint.fr du 15 12 09
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Le 4 janvier 2010, cela fera 50 ans qu'Albert Camus nous a quittés. Mise au point.


Méprisé par les intellectuels, détesté par la gauche, tenu à l'écart par la droite, Camus a cheminé longtemps en solitaire. Aujourd'hui, il semble faire l'unanimité. Tout le monde s'accorde à célébrer sa grandeur : écrivain de génie, intensément engagé, mais jamais inféodé, journaliste de haut vol, dramaturge, poète... Même si son corps doit demeurer au cimetière de Lourmarin, il est désormais "panthéonisé".

Malgré tout, un point central demeure incertain : peut-on placer Camus dans le panthéon des philosophes ? Arguments pour : les thèmes majeurs de ses essais - l'absurdité de la condition humaine dans Le Mythe de Sisyphe (1942), la dénonciation des servitudes révolutionnaires dans L'Homme révolté (1957), sans oublier, partout dans son oeuvre, ce balancement sans pareil entre le constat que le monde ne permet aucun espoir et la décision d'agir envers et contre tout. Arguments contre : cet homme de réflexion n'est pas un maître du concept. D'ailleurs, il a tranché lui-même : "Je ne suis pas un philosophe et je n'ai jamais prétendu l'être." Ou encore : "Pourquoi suis-je un artiste et non un philosophe ? C'est que je pense selon les mots et non selon les idées."


On aura tort de croire l'affaire réglée. Camus lui-même a inversé le sens de ces affirmations, ce qui complique le jeu. L'écriture romanesque, à ses yeux, n'est pas moins philosophique que l'analyse théorique. C'est le contraire : "On ne pense que par images. Si tu veux être philosophe, écris des romans." Et, ailleurs : "Les sentiments, les images multiplient la philosophie par dix." Il serait donc malvenu de lui reprocher d'être simple, voire simpliste. Ne pas être un théoricien, avancer sans système ni jargon, passer du théâtre au journalisme et du roman à l'essai, ce serait en fait une façon singulière d'être, en un temps d'épreuves et d'impuissance, plus et mieux philosophe.

D'autant que Camus n'avance pas sans boussole. Sa préoccupation, à l'évidence, n'est pas l'édification d'un système rigoureux. Mais son chemin se définit clairement grâce à une constellation de positions fondatrices - bien connues, pas toujours bien comprises -, à commencer par l'absurde. Si cette notion constitue bien la toile de fond, l'arrière-plan constant de toute sa réflexion, on oublie fréquemment de souligner de quelle manière Camus en renouvelle le sens et la portée. Il ne se contente pas de dire que la réalité est chaotique, irrationnelle et dépourvue de sens. Il précise, dans Le Mythe de Sisyphe : "L'absurde naît de cette confrontation entre l'appel humain et le silence déraisonnable du monde." Il faut donc poser ensemble l'impérieux désir de comprendre qui taraude la solitude humaine et l'absence continue de réponses. En fin de compte, tout demeure pour l'homme à jamais incompréhensible parce qu'insensé : la persistance du mal, l'inexistence du progrès, l'échéance de la mort.


"Je me révolte, donc nous sommes" ( L'Homme révolté )


Faut-il se suicider, pour en finir, plutôt que d'endurer l'absurde ? Le suicide devient alors la première question philosophique. Il faudrait la résoudre avant toute autre, les dilemmes habituels ne venant qu'après. Savoir si la vie vaut la peine d'être vécue serait la question préalable de la philosophie.
Ce n'est pas vraiment la plus brillante idée de Camus. Qui donc s'est jamais réellement demandé : avant de réfléchir à tel ou tel problème, il faut d'abord que je décide si je dois vivre ? Il y a là, décidément, beaucoup d'artifice. On dirait une des constructions dont les philosophes ont le secret : évidente, en apparence, alors qu'elle ne correspond à rien de réel. L'essentiel, toutefois, réside dans la réponse : il ne s'agit pas d'effacer l'absurde, mais au contraire de s'y ancrer, de le maintenir comme un destin assumé, surmonté par le mépris et la joie de l'instant, métamorphosé par la révolte - second maître mot de l'oeuvre. La révolte - contre chaque servitude, chaque humiliation, chaque indignité - est le ciment des complicités humaines, le terreau multiple de toutes les solidarités. "Je me révolte, donc nous sommes" sonne, dans L'Homme révolté , comme une sorte de nouveau cogito. Encore faut-il - c'est là que Camus est vraiment grand - que la révolte ne le cède jamais à la démesure, qu'elle ne se retourne pas contre elle-même, transformant la construction de la liberté en terreur et les victimes en bourreaux.
Ce fut sur ce point que se séparèrent le chemin de Sartre, qui fit cause commune avec les communistes, et celui de Camus. Pour lui, la révolte doit s'exercer aussi contre les révolutions - au nom de la dignité, du respect de l'humain.


Au nom de l'instant, aussi, et de la nature, faudrait-il ajouter. Car s'impose également, dans l'humanisme de Camus, une révolte contre l'omniprésence de l'histoire et l'obsession de son sens. Ne penser qu'à l'histoire alimente la peur de jouir et occulte la lumière du monde. Le corps exige l'instant, la vie choisit nécessairement le présent plutôt que les lendemains. Nos combats seraient toujours des défaites s'ils devaient nous faire oublier l'éclat de la mer ou la douceur sans nom d'une peau.
C'est aussi en raison de ce profond ancrage dans le monde que Camus est un philosophe à la fois si singulier et si solitaire. Il n'appartient évidemment pas à la tribu des rats de bibliothèque, éplucheurs d'arguments et jargonneurs de chapelle - pas plus qu'à celle des voltigeurs d'abstractions ou des artisans de la glose. Ses romans appartiennent à leur manière à sa geste philosophique. L'Étranger , La Peste , L a Chute , comme les nouvelles de L'Exil et Le Royaume , le théâtre, les éditoriaux sont autant de modes de réflexion et d'intervention émanant d'une seule et même vitalité.


Camus pense à partir de l'homme et pour lui


Être philosophe, avec Camus, signifie donc renoncer aux certitudes, mais pas aux luttes, s'efforcer obstinément de penser son temps, endurer le chaos et y tracer sa route. Cela suppose de supporter les malentendus, comme le confirment ses propos, le 10 décembre 1957, à la conférence de presse du prix Nobel : "Les philosophes communistes disent que je suis un philosophe réactionnaire, les philosophes réactionnaires disent que je suis un philosophe communiste. Les athées me trouvent très chrétien, les chrétiens déplorent mon athéisme."
À la question d'un journaliste qui lui demande sa position politique, il répond : "la position d'un solitaire". On pourrait en dire autant de sa position philosophique. En raison d'une dernière singularité, qui rassemble, en sous-main, toutes les autres, Camus pense à partir de l'homme et pour lui. Ce n'est pas seulement héroïque, au coeur du siècle le plus inhumain de toute l'histoire.
C'est aussi, dans la philosophie contemporaine, occuper une place pratiquement désertée. De Heidegger au structuralisme, du positivisme logique à la déconstruction, l'antihumanisme domine sous des formes multiples. Camus, lui, se révolte contre cette désintégration. À ce titre, il appartient sans doute à l'avenir plus qu'au passé.
En 1937, Paul Éluard écrivait : "Le poète est celui qui inspire, bien plus que celui qui est inspiré." On devrait en dire autant de la manière dont Camus incite, encore aujourd'hui, à philosopher dignement.

Roger-Pol Droit
Le Point

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20 octobre 2009 2 20 /10 /octobre /2009 16:33


Anthony Palou

Le Figaro 19 10 09

 

 

 

Alors que «La Dolce Vita» s'apprête à fêter ses 50 ans, le Musée du Jeu de paume, à Paris, nous invite à découvrir l'univers du génial metteur en scène italien, à partir de mardi et jusqu'au 17 janvier prochain.

Federico Fellini, ce mensonge permanent, symbolise comme personne dans le monde du cinéma la créativité. Pour lui, la réalité - qui fut la grande interrogation de son travail (il s'agit bien là d'un génial artisan) -, ce sont ses rêves qu'il s'est plu à dessiner, qu'il s'est plu à filmer. C'est moins la vérité qui l'intéresse que la manière de l'interpréter, de l'absorber tel une éponge. Il fut une projection de lui-même, toujours dans un entre-deux monde. Il ne cessa de s'inventer.

Fellini était, on ne le dira jamais assez, un cinéaste très populaire. Dès La Strada, en 1954, jusqu'en 1983, l'année d'Et vogue le navire. Ensuite, non que son œuvre déclinât (Ginger et Fred et Intervista peuvent être considérés comme des chefs-d'œuvre) mais elle fut un rude combat contre la télévision, devenue pieuvre berlusconienne.


Lors d'un entretien à propos de son Casanova, Fellini - qui considérait le célèbre Vénitien comme un «con» - donnait sa vision du cinéma : «Arriver une bonne fois à l'essence dernière du cinéma, à ce qui, selon moi, est le film total : faire d'un film un tableau. Si quelqu'un se place devant un tableau, il peut en avoir une jouissance complète et ininterrompue. S'il se place devant un écran, un film, non. Tout est dans le tableau, il suffit de le regarder pour l'y découvrir. Le film est un tableau incomplet ; ce n'est pas le spectateur qui regarde, c'est le film qui se laisse regarder par le spectateur.» Quelle lucidité !

Une grande exposition au Musée du Jeu de Paume rend hommage à celui qu'on appelait le «Maestro». Elle est le résultat de quatre années de recherche ; elle est signée Sam Stourdzé. Son objectif ? Décrypter les diverses influences de Fellini, déplier toutes les facettes de son cheminement cinématographique. Ici, pas question de brouiller les pistes, d'«intellectualiser» l'œuvre. Bien au contraire.

 

«Il avait tout compris de son époque»

 

Quatre parties bien distinctes vous invitent dans le monde du metteur en scène : «La culture populaire», «Fellini à l'œuvre», «La cité des femmes » et «L'invention biographique ». Une immense affiche (6 × 3 mètres) de La Dolce Vita vous accueille. Autant dire que nous sommes tout de suite dans le bain, via Veneto reconstitué dans le célèbre studio 5 de Cinecitta. Populaire, donc, et comme bercé par Charlie Chaplin.


Contrairement à la France, qui cantonna Fellini dans les cinémathèques, en Italie, le réalisateur des Vitelloni est dans tous les foyers, et le jour de sa mort fut un deuil national. On n'insistera jamais assez sur le fait que Fellini ne cessa de puiser ses visions dans la rue, le cirque, la magie, la bande dessinée, le roman-photo (Le Cheik blanc en est un et La Strada en deviendra un dans le magazine Nous Deux Films !), la télévision, les paparazzi - terme qu'il inventa - et même le rock'n'roll. Souvenons-nous de la fameuse scène de La Dolce Vita où l'on voit le jeune Adriano Celentano embraser le corps plantureux d'Anita Ekberg.

«Le principe de l'exposition, souligne son commissaire Sam Stourdzé, est de faire dialoguer les films avec les photographies ou des documents graphiques. L'expérience que nous voulons transmettre aux visiteurs, c'est la troisième dimension, l'espace, de voir les coulisses…Ce qui m'a intéressé, ici, c'est la construction par l'image.» Ainsi verrons-nous des centaines de documents : dessins de Fellini (son premier métier, on le sait, fut celui de caricaturiste, son côté potache), journaux d'époque, collections de photos que de potentiels figurants plus felliniens que Fellini lui envoyaient - une vraie cour des Miracles ! -, affiches, etc. « Ce que je voudrais, insiste Stourdzé, c'est que l'on sorte de cet adjectif “baroque” à propos de Fellini. Il est “moderne”». Pour cela, il suffit de voir La Dolce Vita, il avait tout compris de son ­époque.»


L'exposition s'attarde précisément sur ce film culte, démonte les rouages de sa création, explique la fameuse scène primitive de l'hélicoptère lesté d'un Christ bras en croix survolant Rome. Où l'on s'aperçoit que Fellini s'était inspiré des actualités télévisées et des magazines de l'époque. Aussi la fameuse scène du baiser entre ­Marcello Mastroianni et Anita Ekberg dans la fontaine de Trevi. À y regarder de près, contrairement à ce que l'inconscient collectif nous pousse à croire, ce couple mythique ne s'embrasse jamais. Il y re­viendra, d'ailleurs, en 1987, dans le magique et mélancolique Intervista.


Fellini a déclaré lors d'un entretien avec André Delvaux au début des années 1960 que « Charlot est en quelque sorte une chose qui fait partie moins de notre patrimoine culturel que de notre patrimoine fantastique et sentimental ». Ainsi de l'immense Federico Fellini.

Antony Palou
Le Figaro

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9 octobre 2009 5 09 /10 /octobre /2009 09:31

COMMUNIQUÉ

 

 

 

La Gauche Moderne apporte son amical et chaleureux soutien à Frédéric Mitterrand, en même temps qu’elle salue la qualité de son travail en tant que Ministre de la Culture.
 

Faut-il que le Parti socialiste manque d’idées pour aller ramasser celles de Marine Le Pen !


Le procès médiatique injuste fait à Frédéric Mitterrand ne grandit pas ceux qui l’ont intenté. C’est procéder à des amalgames scandaleux que de faire semblant de croire qu’il aurait pu faire l’apologie du tourisme sexuel ou de la pédophilie, ce qu’il n’a fait à aucun moment.

 

Jean-Marie Bockel

La Gauche Moderne,

Vendredi 9 octobre 2009

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2 mai 2009 6 02 /05 /mai /2009 12:28


Les auteurs, associés à cent cinquante autres signataires du monde de la création artistique, s'indignent de l'attitude du Parti socialiste dans le débat parlementaire sur la loi création et Internet.



Le Figaro 30 04 09

Par Jean-Jacques ANNAUD, Guy BEDOS, Sarah BIASINI, Alain CORNEAU, Gérard JUGNOT, Philippe LIORET, Jean-Paul RAPPENEAU, Jean ROCHEFORT, Danièle THOMPSON et Nadine TRINTIGNANT


Madame la Première Secrétaire,


Nous, réalisateurs, scénaristes, compositeurs, auteurs, artistes interprètes, techniciens, producteurs de cinéma ou de musique, éditeurs de musique, distributeurs de films, éditeurs, éditeurs vidéo, exploitants de salles de cinéma, agents artistiques, managers d'artistes et les organisations qui les représentent… sommes atterrés par les positions défendues par le Parti socialiste et voulons exprimer publiquement notre colère.

Nous avons le sentiment d'être les otages d'une bataille politique menée par les députés socialistes contre le projet de loi création et Internet, à laquelle sert d'instrument une «licence globale» rejetée il y a quatre ans et rebaptisée «contribution créative».


La «licence globale» ou «contribution créative» consiste à instituer un forfait obligatoire, qui devrait être versé par tous les abonnés à Internet, contre un droit d'utilisation sans limites et sans cadre de toutes les œuvres cinématographiques, musicales et bien d'autres encore. Une telle mesure irait à l'encontre de toute régulation de nos secteurs culturels, en particulier celui du cinéma, qui figurent parmi les plus dynamiques au monde mais sont également fragiles.

Cette régulation passe notamment par la chronologie des médias pour le cinéma, ainsi que par le respect des droits d'auteur, inventés par la France de Beaumarchais et qui ont, depuis, accompagné avec succès toutes les mutations techniques, industrielles et économiques.

Faut-il rappeler au Parti socialiste, dont les options culturelles ont si fréquemment été partagées et soutenues par beaucoup d'entre nous, que le développement de l'ère numérique ne peut se faire sans respect des droits de propriété littéraire et artistique ?



Aujourd'hui, le Parti socialiste à l'Assemblée n'a de cesse de prétendre que la propriété littéraire et artistique est accaparée par des groupes multinationaux et des privilégiés, mettant ainsi en cause la légitimité même du droit d'auteur.

Cette attitude ignore délibérément que l'économie de nos secteurs culturels s'appuie sur le fait que les œuvres plus exigeantes, moins grand public, bénéficient pour leur financement du succès que connaissent d'autres œuvres.

Chacun a pu constater que nous nous sommes prononcés de façon ultramajoritaire en faveur du projet de loi création et Internet.

Le «coup de théâtre» du 9 avril, qui pourrait engendrer de graves conséquences dans les relations entre le monde de la culture et le Parti socialiste, est très regrettable car cet acte a été accompli au mépris de la défense de la création, des droits d'auteur, de notre diversité culturelle.



Nous avons le sentiment que le Parti socialiste, celui-là même qui était porteur de la loi Lang du 3 juillet 1985 sur les droits d'auteur et les droits voisins, a décidé de tourner le dos au monde de la création et des industries culturelles.

Pour toutes les raisons ainsi exposées, les signataires de cette lettre ouverte souhaiteraient vous rencontrer, Madame la Première Secrétaire, en lien avec la reprise des débats.

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11 décembre 2008 4 11 /12 /décembre /2008 12:36

Entretien paru dans Le Monde daté du 09 11.  Propos recueillis par Daniel Psenny

Producteur, exploitant, distributeur et fondateur de MK2 spécialisé dans le cinéma indépendant, Marin Karmitz a été membre de la commission Copé sur l'avenir de la télévision publique.

 Comment jugez-vous le débat sur la réforme de l'audiovisuel public qui s'est ouvert à l'Assemblée nationale ?

Je le juge en tant que citoyen. Je trouve ce débat irresponsable à l'égard des Français qui aimeraient savoir ce que sera l'avenir de la télévision publique et sa stratégie d'entreprise. Or, on assiste à une vaine guérilla parlementaire de la part de la gauche qui n'a jamais proposé de solutions pour l'audiovisuel public. Elle bloque le débat au risque de mettre en péril la télévision publique en prolongeant l'insécurité qui plane sur l'entreprise. Quant à la droite, elle cède aux nombreux lobbies. Il est urgent de moderniser l'audiovisuel public face aux défis de la révolution numérique, en lui en donnant les moyens. De ce point de vue, Nicolas Sarkozy a peut-être sauvé France Télévisions !


 C'est-à-dire ?

 En annonçant la suppression de la publicité, il a engagé inévitablement la restructuration de France Télévisions, son mode de financement et sa transformation en média global. S'il avait continué à être financé par la publicité, le service public aurait perdu la moitié de son budget publicitaire. Qui aurait payé la différence ?

 

C'est un revirement spectaculaire de votre part. Fin novembre, dans une tribune publiée dans Le Monde, vous dénonciez "un sentiment de trahison"...

 

J'ai le sentiment que l'essentiel, c'est-à-dire la restructuration de France Télévisions vers un média global, n'est pas au coeur du débat à l'Assemblée. Les interventions et les amendements font perdre de vue l'essentiel. La commission Copé a proposé des solutions financières telles que l'indexation de la redevance, les taxes sur les fournisseurs d'accès Internet et le financement de 450 millions par l'Etat qui sont dans la proposition de loi. Personnellement, j'étais opposé à la taxation des chaînes privées pour ne pas faire dépendre le public du privé. Aujourd'hui, elles sont dans un mauvais état financier et il est inutile de les affaiblir davantage. La cohabitation d'un privé fort et d'un public également fort est un gage de pluralisme. La seconde coupure publicitaire pour les chaînes privées est une aubaine pour le service public, qui pourra montrer sa différence éditoriale. Mais, pour cela, France Télévisions doit bénéficier d'un financement pérenne de l'Etat et, pour le moment, il n'y a aucune garantie.

 

La nomination du PDG de France Télévisions en conseil des ministres ne vous inquiète pas pour l'indépendance du service public ?

 

J'ai été très surpris par la décision de Nicolas Sarkozy qui allait totalement à l'encontre de notre recommandation. Mais, finalement, pourquoi pas ? Cela mettra fin à l'hypocrisie, car tout le monde sait que cette nomination a toujours été décidée avec l'accord du pouvoir politique. En le nommant lui-même, Sarkozy sera donc en première ligne sans fusible.

 

C'est ce qui se pratiquait du temps de l'ORTF avec les dérives politiques et les pressions financières...

 

Il n'y a aucun risque de revenir au temps de l'ORTF. Aujourd'hui, avec le pouvoir du numérique, les contre-pouvoirs sont partout. Y compris, et surtout, au sein de France Télévisions avec les syndicats et les sociétés de journalistes. Sur un sujet aussi sensible médiatiquement, le président s'y reprendra à deux fois avant de virer le président de France Télévisions parce qu'une émission lui a déplu.

 

N'est-ce pas illusoire ? Tout comme de croire que le pouvoir ne s'ingérera pas dans les programmes ?

Les programmes relèvent de la responsabilité de ses dirigeants. La droite compte encore dans ses rangs quelques personnalités qui ont de vieux réflexes. Il ne sert à rien, par exemple, de dire que le service public ne doit pas diffuser de télé-réalité. La télé-réalité est un format comme un autre, mais tout dépend ce qu'on en fait. La réforme de l'audiovisuel public ne peut être viable que si on se dirige vers un média global, question qui soulève des passions, notamment chez certains syndicats, dès qu'il est question de repenser l'organisation de l'information ou celle de France 3.


Propos recueillis par Daniel Psenny

Article paru dans l'édition du Monde daté du 09.12.08.

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