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Contact: marcdhere.mdh@gmail.com 

 RECONQUÊTE est un  mouvement en construction. Ce n'est pas un parti politique, mais un Cercle de Réflexion et d'Action, ouvert à tous ceux, à quelque parti qu'ils appartiennent, ou sans parti, qui se reconnaissent dans ses valeurs et  principes. La Responsabilité et l'équivalence entre droits et devoirs à tous les niveaux,  le libéralisme économique,  la solidarité,  le choix d'une évolution réaliste et progressive dans le social et le sociétal,  l'Europe... 

 

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9 novembre 2012 5 09 /11 /novembre /2012 07:25

 

Interview d'Emmanuel Dupuy sur le site atelier-republique.fr :

 

 

Dans cet Interview, Emmanuel DUPUY qui coordonne le Groupe Défense au sein du Comité d’Orientation de l’Atelier de la République réagit à l’actualité : le retrait des troupes françaises en Afghanistan, la position de la France au Mali et en Syrie.
Emmanuel Dupuy préside également l’Institut Prospective et Sécurité en Europe (IPSE) et est responsable pour La Gauche Moderne (Jean-Marie Bockel) des relations internationales, des relations avec la presse et de la fédération des Français de l’Etranger.

 

L’ADLR - La France a décidé de rapatrier ses troupes d’Afghanistan - estimant que sa mission visant à lutter contre le terrorisme était achevée. Dans le même temps, le Président de la République a appelé de ses vœux une opération militaire au Nord du Mali, afin d’y empêcher la mouvance salafiste de menacer la paix et stabilité du Sahel, du Maghreb et au-delà l’Europe. Comment analysez-vous cette dualité qui peut sembler quelque peu contradictoire ?

Emmanuel Dupuy - Il y a, en effet, un paradoxe évident quand - d’un côté, on évoque l’accomplissement d’une opération décennale (ndlr : engageant plus de 130 000 hommes et femmes réunis dans une coalition internationale sous coordination de l’OTAN, depuis 2001) visant à éradiquer la mouvance terroriste liée à Al Qaeda sur les contreforts de l’Hindu Kush et de part et d’autres de la Ligne Durand (ndlr : frontière afghano-pakistanaise), estimée responsable des attentats du 11 septembre et que, dans le même temps, on réveille le spectre de la menace terroriste aux confins du Sahara. Le Ministre des Affaires Etrangères, Laurent Fabius, va même jusqu’à évoquer un nouveau « Sahelistan », à nos frontières.

Je fais partie de ceux qui auraient préféré que notre contingent au sein de la Force Internationale d’Assistance et de Stabilisation (FIAS) reste jusqu’en 2014, voire au-delà, afin d’inscrire l’action de la France dans un calendrier négocié de retrait et de transition politique et sécuritaire. Il en allait de la clarté du message à délivrer à tous ceux qui n’ont pas encore déposé les armes.

Quant à la situation au Mali, je reste convaincu que c‘est avant tout, une affaire africaine et qu’il convenait de laisser agir les pays limitrophes, notamment l’Algérie, en amont. Toutes les voies de la médiation et de la facilitation régionale (ndlr : notamment celles engagées sous l’égide du président burkinabais, Blaise Compaoré) restent encore ouvertes. La menace d’une installation durable d’un foyer terroriste, capable d’entraîner de potentiels candidats au Djihad armé, à quelques encablures des rives de la Méditerranée, reste cependant élevée !


Dans le même temps, François Hollande semble incapable d’avoir une posture efficace face à la crise syrienne. Y a-t-il une réelle rupture avec la politique de son prédécesseur en la matière et au-delà vis-à-vis du Moyen-Orient ?

Emmanuel Dupuy - Inutile de rappeler que la France, au regard de la relance de sa politique méditerranéenne en 2007, par le biais de l’ambitieux projet de création d’une Union pour la Méditerranée, avait des arguments à faire valoir en la matière. L’UPM reste encore un gage de solidarité, de co-développement et de complémentarité entre les 280 millions de riverains du bassin méditerranéen, en prenant en compte la complémentarité d’intérêts entre les 500 millions d’Européens et le milliard d’Africain (à l’horizon 2025). Nicolas Sarkozy avait eu raison d’inviter le président syrien Bashar el-Assad, au même titre que les 43 autres chefs d’Etats, de Gouvernements et d’Organisations intergouvernementales, à Paris, pour son lancement, le 13 juillet 2008.

La Syrie ne menaçait pas encore la stabilité régionale, ni ses voisins - au premier titre desquels le Liban et la Turquie. Depuis, on le sait, Bashar el-Assad masque son incapacité à diriger son pays dans le cadre d’une timide ouverture démocratique, par une radicalisation meurtrière vis-à-vis de son peuple, de son voisinage et de la paix.

Il fallait donc agir et sans doute avec plus de détermination, aux côtés des insurgés syriens et de leurs soutiens que sont les Etats de la Ligue arabe. La mise en place d’une zone d’exclusion aérienne aurait ainsi été un préalable, que nous n’avons pu imposer, et ce malgré les demandes insistantes des syriens qui luttent non contre leur pays mais contre un chef de l’Etat, désormais totalement déconnecté de la réalité.


La menace d’un Iran doté de l’arme nucléaire semble guider une politique israélienne pro-active. Pourtant, Washington semble rétif à des frappes préventives permettant de l’empêcher. Quelle devrait-être la position française face à cette crise larvée ?

Emmanuel Dupuy - La position française reste, sur ce dossier tout au moins, marquée par le principe de réalité et de continuité avec la politique étrangère française depuis Jacques Chirac, bien que plus timidement suivie par son successeur !

L’efficacité des sanctions internationales imposées à l’Iran pour l’empêcher d’accéder au nucléaire militaire semble se confirmer. La devise nationale, le Rial, a été dévaluée de près de 80% il y a quelques jours. La production pétrolière semble gravement touchée (ndlr : l’Iran n’est plus le 4ème pays producteur) et la population semble en rendre comptable l’irresponsabilité et l’inefficacité du chemin choisi par le président Ahmadinejad.

Frapper Téhéran maintenant n’aurait ainsi aucun sens ! Focaliser le projet de défense anti-missile balistique (DAMB) sur la « dangerosité » de l’Etat perse pas plus !

D’autant que nous avons besoin de l’Iran (comme de la Russie) pour assurer la stabilité en Asie centrale, comme pour trouver une issue à la crise syrienne. De ce point de vue, l’évolution du tutorat de Téhéran vis-à-vis de Damas, en même temps que la question du leadership du monde musulman, restent deux enjeux essentiels de la stabilité régionale.

Sur la question afghane, syrienne, irakienne, nous aurons besoin de l’Iran !


Le 6 novembre, le nom du nouveau président américain sera connu, celui de la Chine (quand la succession du président Hu Jintao sera ouverte) le sera très certainement, le 8 novembre prochain, à l’occasion du prochain Congrès du parti communiste. Quels impacts cette nouvelle gouvernance mondiale de ce qu’il est convenu d’appeler le « G-2 » va-elle provoquer, notamment dans le cadre de la montée en puissance de nations émergentes ?


Emmanuel Dupuy - En effet, le 8 novembre prochain, le Congrès du Parti communiste chinois procédera à un renouvellement générationnel d’ampleur exceptionnelle. Le nom du successeur du président chinois Hu Jintao devrait être connu. On évoque souvent le nom du général Ma Xiaotian qui, à 63 ans, devrait devenir à l’occasion du Congrès marquant un nouveau « grand bond en avant », le vice-président de la Commission militaire du Parti communiste.

Deux jours plus tôt, leur grand rival, les Etats-Unis se seront donné un 45ème président. Qu’il s’agisse de Barack Obama, qui effectuerait son second mandat, ou Mitt Romney, qui ramènerait les Républicains au pouvoir après seulement quatre années de mandature démocrate, la politique américaine sera marquée par une réelle rupture stratégique !

Celle de l’éloignement de plus en plus évident vis-à-vis de l’Europe. Barack Obama ne cesse de rappeler que la nouvelle « frontière » américaine était à l’Ouest, remettant sa stratégie pacifique (Pacific Rim Strategy) évoquée l’année dernière au cœur des investissements militaires et du repositionnement stratégique et diplomatique américain. Son adversaire républicain ne dit pas autre chose quand il évoque le rôle que devrait jouer les Etats-Unis dans le monde, en ne citant que les Etats qui en menacent sa suprématie (Iran, Chine, Pakistan)…

En même temps que Washington et Beijing semblent convaincus qu’ils se feront face davantage qu’au niveau commercial, l'émergence de nouveaux acteurs et lieux de décisions dans les relations internationales doit faire évoluer le système international vers plus de représentativité, subsidiarité et efficacité.

La réforme de l’ONU devrait être engagée urgemment, notamment à travers, d’une part, l’élargissement de son Conseil de sécurité aux pays émergents (Brésil, Inde…) et continents non représentés (Afrique, Amérique du Sud) et, de l’autre, la réglementation quant au droit de veto en conformité avec sa « responsabilité à protéger ».

Le G20, réunissant les économies les plus dynamiques, devrait être pérennisé comme outil de coordination et de gouvernance économique. La régulation de nouveaux espaces d’intérêts stratégiques (spatial, maritime, environnement, cybernétique) incite d’ailleurs à la création de nouvelles organisations intergouvernementales, sur la base des agences dédiées des Nations Unies.

Bref, c’est tout l’enjeu de la mise en oeuvre de ce nouveau « solidarisme », cher au radical Léon Bourgeois, qu’il s’agit de promouvoir. La France plus que d’autres devrait avoir son mot à dire…

 

Retrouvez cet article paru le 6 novembre 2012 sur le site atelier-republique.fr

 

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1 novembre 2011 2 01 /11 /novembre /2011 14:30

France-Tunisie : ENNAHDHA siffle la fin de la partie

 

Par Youssef El TOUNSI

 

La victoire du parti ENNAHDHA qui se réclame partisan d’une application modérée de la Charia est incontestable. Et s’il n’a pas la majorité absolue à l’Assemblée Constituante qui vient d’être élue, c’est à raison d’un mode de scrutin, établi pour permettre à la partie la plus large de la population d’être représentée, et ce sera le cas.

 

La démocratie a joué à plein. La prévision faite par de nombreux observateurs selon laquelle les pays arabo-musulmans sont, lorsqu’ils sont librement interrogés, pour un gouvernement fondé sur la loi islamique se révèle juste. Gérard LONGUET a eu tort de dire que 40% ce n’est pas la majorité. Sur un seul tour de scrutin, avec plus de 110 partis, 40% c’est un raz de marée.

 

Conformément à la volonté du peuple tunisien, le secrétaire général d’ENNAHDHA Monsieur HAMADI JEBALI a fait savoir qu’il sera le futur Premier ministre. Il a été précisé que des portefeuilles seront attribués aux autres partis. Par intelligence politique et dans le même esprit, on dit qu’ENNAHDHA soutiendrait à la Présidence de la République l’actuel Premier Ministre, BEJI CAÏD ESSEBSI, un grand démocrate, ancien ministre d’Habib BOURGUIBA, âgé de 85 ans, dont le rôle, selon la nouvelle constitution sera comparable à celui des présidents de la 4e République en France.

    

Intelligence politique qui va au-delà du casting. Il s’agit bien évidemment de faire assumer par l’ensemble des sensibilités politiques, la politique pour laquelle ENNAHDHA a été élu.  

 

ENNAHDHA veut aussi rassurer, il dit être respectueux du droit des femmes et ne pas vouloir remettre en cause leur liberté dans la société tunisienne. Il n’y a aucune raison de mettre en cause sa bonne foi.

 

Mais c’est une chose de ne pas porter atteinte à des libertés acquises depuis un demi siècle, et une autre que d’en garantir l’exercice. Le nouveau pouvoir sera-t-il en mesure de garantir les femmes tunisiennes, contre sa frange extrémiste qui pourrait au quotidien les harceler, par exemple parce qu’elles ne porteraient pas le voile ? Il lui suffirait de laisser faire pour que très vite, une liberté qui ne serait pas contestée en droit soit  dans les faits abolie.

 

De même, la polygamie peut demeurer interdite, mais le nouveau gouvernement osera-t-il engager des poursuites à l’encontre de ceux qui sont ses plus chauds partisans et qui porteraient atteinte à cette règle?

 

De même encore, les Conseils d’Université oseront-ils maintenir des règlements qui interdisent le niqab à l’université contre la volonté d’une partie non négligeable du mouvement islamiste ? Et dans l’affirmative, sera-t-on en mesure de faire respecter ces règlements ?

 

Il ne s’agit pas de faire de procès d’intention aux nouveaux responsables de la Tunisie, mais un risque existe. S’il surmonte cette difficulté, le parti ENNAHDHA  donnera incontestablement un nouveau visage à ce mouvement, qui incite pour l’heure à la perplexité quand ce n’est pas à la méfiance  

 

Car ce qui inquiète, c’est cette attaque contre la langue française, comme première langue étudiée et parlée après l’arabe, lancée par le leader charismatique d’ENNAHDHA, Rached GHANNOUCHI, comme paraissant être un point fondamental de sa politique.

 

Non que quiconque ait à revendiquer un quelconque droit dans ce domaine et il doit être dit que les tunisiens sont libres de privilégier les langues qui aujourd’hui leur apparaissent les plus adaptées à leur enrichissement culturel, à leur ouverture sur le monde et à leur développement économique.

 

Mais était-il opportun de placer ce débat dans une campagne de cette nature ? Son annonce devant une foule lui donne un contenu politique qui va au-delà d’une simple orientation linguistique pour la jeunesse tunisienne. Dans un moment de campagne électorale où s’expriment souvent les passions plus que la raison, le risque de glissement vers un comportement xénophobe ne peut-être exclu.

 

Il est toujours très facile et très efficace de ressortir les vielles lunes de l’anticolonialisme et il suffit de se référer aux nombreux commentaires de tunisiens sur les différents blogs et journaux électroniques pour voir combien s’exprime désormais le rejet de la France et que peu de chose suffit pour ranimer des braises qui ne seront jamais éteintes.    

 

Dans les années 60, Ahmed BEN SALAH avait cru avoir découvert une économie collectiviste qui devait donner à chaque tunisien prospérité et bien être. On sait ce qu’il advint.

 

Lorsque des  politiques partisanes se veulent imposer leur loi à l’économie, sans en avoir pesé avec soin les conséquences, le risque est grand d’aboutir à des catastrophes.

 

Mais à y réfléchir, cela est-il véritablement étonnant ? Prendre ses distances avec la France, n’est ce pas pour la Tunisie la meilleure façon de régler son problème avec les mœurs occidentaux et avec tout ce qu’ils véhiculent au plan des libertés formelles ?

 

Les tunisiens de France ont voté ENNAHDHA majoritairement, plus que ne l’ont fait les tunisiens restés au pays, et les observateurs ont affirmés que c’était en réaction aux discriminations dont ils faisaient l’objet dans ce pays. Peut-être qu’eux-mêmes sont favorables à cette politique, même si pour la plupart ils sont également français. On s’était interrogé lorsque des milliers de franco-tunisiens avaient sifflé l’hymne national de la France à l’occasion d’un match de foot-ball. Est-ce la réponse à cette question ? La vérité peut parfois être cruelle, on le doit à la démocratie.    

 

A bien y réfléchir, ENNAHDHA fait, de son point de vue,  une analyse juste lorsqu’il dit que « le français pollue les tunisiens ». Ce n’est pas une phrase anodine, c’est la clé de l’ensemble du problème.

 

La langue française apporte une autre conception de la société, des valeurs fondamentalement différentes de celles qui existent dans les pays arabo-musulmans. Les dictateurs BOURGUIBA et BEN ALI avait épousé la cause française. Leur peuple ne les a jamais suivis. Sur le fond, les arabes demeurent dans leur grande majorité attachés à l’Islam en tant que mode de vie. Les tunisiens ne dérogent pas à la règle. ENNAHDHA a compris que la façon la plus efficace de combattre les mœurs occidentaux, qui « corrompent » la société tunisienne, est d’éloigner les tunisiens de la langue française.

 

Cette Révolution tunisienne est la victoire posthume du nationaliste arabe Salah BEN YOUSSEF, qui fut en concurrence dans les années 50 avec un Habib BOURGUIBA profondément français et atypique. On ne modifie pas le cours de l’histoire contre la volonté des peuples.

 

Il n’est pas écrit que le France et la Tunisie doivent avoir éternellement un destin commun. Là encore le peuple tunisien qui a recouvré sa liberté est seul à pouvoir se prononcer. Il fera la politique qui lui apparaitra la mieux adaptée à ses intérêts. Quant à la France, l’Europe devrait suffire à son bonheur.

 

Youssef El Tounsi

 

Remarque annexe:

 

Il a toujours été affirmé que l'aide apportée à la Grèce ne l'était que si ce pays montrait une volonté de faire les efforts nécessaires.

Le réferendum annoncé par le socialiste grec Papandreou montre que la réponse n'est pas évidente.

 

L'Europe et le FMI devraient "suspendre" leur aide en attente des résultats du referendum et ne la reprendre qu'en cas de réponse positive...Sinon, tant pis pour les grecs...

 

Marc d'Héré

 

 

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22 septembre 2011 4 22 /09 /septembre /2011 20:07

 

Monsieur le Secrétaire général,

 

Lorsque nous nous sommes retrouvés, ici même en septembre de l’année dernière, lequel d’entre nous pouvait imaginer qu’en un an à peine, le monde, déjà bouleversé par une crise économique sans précédent, allait à ce point changer ?

 

En quelques mois, les « printemps arabes » ont fait se lever une immense espérance.

Depuis trop longtemps des peuples arabes soumis à l’oppression ont pu relever la tête et ont réclamé le droit d’être enfin libres. Avec leurs mains nues, ils se sont opposés à la violence et à la brutalité.

A ceux qui proclamaient que le monde arabo-musulman était par nature hostile à la démocratie et aux droits de l’Homme, les jeunes arabes ont apporté le plus beau démenti.

 

Mesdames et Messieurs, mes chers collègues, nous n’avons pas le droit de décevoir l’espérance des peuples arabes.

Nous n’avons pas le droit de briser leur rêve.

Car si l’espérance de ces peuples était brisée, cela donnerait raison aux fanatiques qui n’ont pas renoncé à dresser l’Islam contre l’Occident en attisant partout la haine et la violence.

 

C’est un appel à la justice qui a ébranlé le monde, et le monde ne peut pas répondre à cet appel à la justice par la perpétuation d’une injustice.

Ce miraculeux printemps des peuples arabes nous impose une obligation morale, une obligation politique de résoudre enfin le conflit du Moyen-Orient.

 

Nous ne pouvons plus attendre !
La méthode utilisée jusqu’à présent, je pèse mes mots, a échoué.
Il faut donc changer de méthode !

Il faut arrêter de croire qu’un seul pays, fut-il le plus grand, ou qu’un petit groupe de pays peuvent résoudre un problème d’une telle complexité.
Trop d’acteurs majeurs sont laissés de côté pour pouvoir aboutir.

 

Je voudrais dire que personne ne peut imaginer que le processus de paix ne puisse se passer de l’Europe, que personne ne peut imaginer que le processus de paix puisse se passer de tous les membres permanents du Conseil de Sécurité, que personne ne peut imaginer que l’on puisse se passer des États arabes qui ont déjà fait le choix de la paix.
Une approche collective est devenue indispensable pour créer la confiance et apporter des garanties à chacune des parties.

Alors bien sûr, la paix sera faite par les Israéliens et par les Palestiniens.
Par personne d’autre.
Et nul ne peut prétendre la leur imposer.
Mais nous devons les aider.

 

La méthode ne fonctionne plus.

Reconnaissons ensemble que fixer des préalables à la négociation, c’était se condamner à l’échec.
Les préalables, c’est le contraire de la négociation. Si l’on veut entrer dans la négociation, qui est le seul chemin possible pour la paix, il ne faut pas de préalables.
 

Changeons de méthode !

 

Tous les éléments d’une solution sont connus : la Conférence de Madrid de 1991, le discours du Président Obama du 19 mai dernier, la feuille de route, l’initiative arabe de la paix et les paramètres agréés par l’Union européenne. Alors cessons de débattre à l’infini des paramètres et que les négociations commencent. Adoptons un calendrier précis et ambitieux.

60 ans sans que cela avance d’un centimètre. Est-ce que cela ne nous impose pas de changer de méthode et de calendrier ?

 

– Un mois pour reprendre les discussions ;
– Six mois pour se mettre d’accord sur les frontières et sur la sécurité ;
– Un an pour parvenir à un accord définitif.

Et la France propose d’accueillir, dès cet automne, une Conférence des donateurs afin que les Palestiniens puissent parachever la construction de leur futur État. La France veut vous dire qu’il ne faut pas chercher d’emblée la solution parfaite, parce que de solution parfaite, il n’y en a pas !

 

Choisissons la voie du compromis, qui n’est pas un renoncement, qui n’est pas un reniement, mais qui permettra d’avancer, étape par étape.

Voilà donc 60 ans que les Palestiniens attendent leur État. Est-ce qu’il n’est pas venu le moment de leur donner de l’espérance ?
Voilà 60 ans qu’Israël souffre de ne pas pouvoir vivre en paix.
Voici 60 ans que la question de la coexistence pacifique des deux peuples palestinien et israélien demeure lancinante.

Nous ne pouvons plus attendre pour prendre le chemin de la paix !

 

Mettons-nous à la place des Palestiniens.
N’est-il pas légitime qu’ils réclament leur Etat ?
Bien sûr que si ! Et qui ne voit que la création d’un Etat palestinien démocratique, viable et pacifique serait, pour Israël, la meilleure garantie de sa sécurité ?

 

Mettons-nous à la place des Israéliens.
N’est-il pas légitime qu’après 60 ans de guerres et d’attentats, ils demandent des garanties pour cette paix si longtemps attendue ?
Bien sûr que si ! Et je le dis avec force : si quiconque à travers le monde menaçait l’existence d’Israël, la France serait immédiatement et totalement aux côtés d’Israël. Les menaces à l’endroit d’un Etat membre des Nations Unies sont inacceptables et ne seront pas acceptées.

 

Nous sommes aujourd’hui devant un choix très difficile. Chacun sait bien – et arrêtons avec les hypocrisies ou la diplomatie d’un jour – chacun sait bien qu’une reconnaissance pleine et entière du statut d’Etat membre de l’ONU ne peut être obtenue dans l’immédiat. La raison première en est le manque de confiance entre les principaux acteurs. Mais disons-nous la vérité : qui peut douter qu’un veto au Conseil de Sécurité n’engendrera pas un cycle de violence au Proche-Orient ? Qui peut en douter ?

 

Faut-il pour autant exclure une étape intermédiaire ? Pourquoi ne pas envisager pour la Palestine le statut d’Etat observateur aux Nations Unies ? Ce serait un pas important, nous sortirions après 60 ans de l’immobilisme, l’immobilisme qui fait le lit des extrémistes. Nous redonnerions un espoir aux Palestiniens en marquant des progrès vers le statut final.

 

Pour marquer leur engagement déterminé en faveur d’une paix négociée, les dirigeants palestiniens devraient, dans le cadre de cette démarche, réaffirmer le droit à l’existence et à la sécurité d’Israël. Ils devraient s’engager à ne pas utiliser ce nouveau statut pour recourir à des actions incompatibles avec la poursuite des négociations.

 

Mes chers collègues, nous n’avons qu’une alternative : l’immobilisme et le blocage ou une solution intermédiaire qui permettrait de donner de l’espoir aux Palestiniens, avec un statut d’Etat observateur. Parallèlement, une même retenue devrait être observée par Israël, qui devrait s’abstenir de gestes qui préjugent du statut final.

L’objectif ultime c’est bien la reconnaissance mutuelle de deux Etats nations pour deux peuples, établis sur la base des lignes de 1967 avec des échanges de territoires agréés et équivalents.

Que cette Assemblée générale, qui en a le pouvoir, décide d’avancer, décide de sortir du piège mortel de la paralysie, décide de renvoyer les rendez-vous manqués et les relances sans lendemain !
 

Changeons de méthode !
Changeons d’état d’esprit !

Que chacun s’efforce de comprendre les raisons de l’autre, les souffrances de l’autre, les angoisses de l’autre.

Que chacun ouvre les yeux et soit prêt à faire des concessions.

 

Et en terminant, je veux le dire avec une profonde et sincère amitié pour le peuple palestinien, je veux dire aux Palestiniens : pensez aux mères israéliennes qui pleurent les membres de leur famille tués dans les attentats. Elles éprouvent la même douleur que les mères palestiniennes à qui l’on annonce la mort brutale d’un des leurs.

Je veux le dire avec une profonde et sincère amitié pour le peuple israélien : Ecoutez ce que criait la jeunesse des printemps arabes. Ils criaient : « Vive la liberté ! ». Ils ne criaient pas : « à bas Israël ». Vous ne pouvez pas rester immobiles alors que ce vent de liberté et de démocratie souffle dans votre région.

 

Je le dis avec une profonde et sincère amitié pour ces deux peuples qui ont tant soufferts : le moment est venu de bâtir la paix pour les enfants de Palestine et pour les enfants d’Israël. Mais il serait trop accablant que l’Assemblée générale des Nations unies ne profite pas de l’opportunité du réveil des peuples arabes au service de la démocratie pour régler un problème qui fait le malheur de ces deux peuples qui, de toutes façons, sont condamnés à vivre à côté les uns des autres. Si nous prenons une solution de compromis, nous redonnerons de la confiance et nous redonnerons de l’espoir.

 

Je veux le dire avec gravité aux représentants de toutes les nations. Nous avons une responsabilité historique à assumer. C’est l’Assemblée général des Nations unies qui porte ce rendez-vous avec l’Histoire.

 

Rassurons Israël et donnons un espoir au peuple palestinien. La solution est sur la table. Préférer la solution du compromis à celle du blocage, car le blocage satisfera peut-être tout le monde ici mais elle créera des violences, des amertumes et des oppositions qui mettront en péril le réveil des peuples arabes.

La France vous dit que la tragédie doit cesser pour une raison simple, c’est qu’elle n’a que trop duré.

Je vous remercie.

 

Nicolas Sarkozy

 

Voir aussi: "un discours qui marque le leadership de la France sur la scène internationale": http://libertesegales.canalblog.com/archives/2011/09/21/22114073.html

 

 

 

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25 août 2011 4 25 /08 /août /2011 10:27

 

Editorial de Pierre Rousselin dans Le Figaro du 23 août.

La chute du régime Kadhafi marque la fin d’une ère, celle où un dictateur pouvait régner sans fin, en pillant les richesses du pays pendant quatre décennies  pour déstabiliser ses voisins et  alimenter le terrorisme international. Le triomphe des insurgés libyens est aussi une victoire pour l’OTAN, sans laquelle leur entreprise avait peu de chances de réussir.

C’est, en particulier, un succès indiscutable pour la diplomatie française. Elle s’est battue en première ligne pour que la communauté internationale se mobilise à l’ONU en faveur de la liberté en Libye et se donne ensuite les moyens militaires d’être fidèle à ses engagements. Bien sûr, tout reste à faire pour construire un pays moderne sur les ruines du système archaïque mis en place par Kadhafi. Mais la fin du tyran doit être saluée et doit être l’occasion de mesurer combien il était justifié de prendre des risques pour défendre les valeurs qui sont les nôtres.

En quelques mois, la France a joué un rôle décisif pour débarrasser le monde de Laurent Gbagbo et du colonel Kadhafi. Dans les deux cas, la « responsabilité de protéger » les populations civiles contre leurs dirigeants a servi de base juridique à une action efficace mandatée par les Nations unies. C’est un principe qui est en train de rendre à l’ONU sa crédibilité dont l’application récurrente fera réfléchir d’autres dictateurs.

D’un point de vue militaire, la stratégie fondée sur l’imposition d’une zone d’interdiction aérienne, accompagnée de frappes ciblées, s’avère justifiée, en dépit des sarcasmes de ceux qui dénonçaient ou bien « l’enlisement », ou bien au contraire le dépassement du mandat de l’ONU. Le fait que Paris et Londres aient, pour la première fois, supplanté Washington dans la conduite d’une opération de l’OTAN ne peut rester sans conséquences pour l’avenir de l’Alliance atlantique. Malgré les réticences allemandes et grâce à la détermination franco-britannique, l’Europe est bien capable d’agir dans son environnement immédiat.

Après avoir gagné la guerre, il reste à organiser la paix. Débarrassée de Kadhafi, la nouvelle Libye aura valeur d’exemple pour l’avenir du « printemps arabe ». Les précédents de l’Irak et de l’Afghanistan ont montré combien la tâche peut être délicate. Le soutien que la France a apporté aux rebelles libyens dès le premier jour lui donne une responsabilité particulière.

Pierre Rousselin

Le Figaro

  Voir aussi: http://marcdhere.over-blog.com/article-portrait-de-candidats-nicolas-sarkozy-82238396.html

 

 

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15 avril 2011 5 15 /04 /avril /2011 08:44

 

TRIBUNE CONJOINTE

 

DE MONSIEUR NICOLAS SARKOZY
PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE

 

DE MONSIEUR BARACK OBAMA
PRÉSIDENT DES ÉTATS-UNIS D'AMÉRIQUE

 

ET DE MONSIEUR DAVID CAMERON
PREMIER MINISTRE DU ROYAUME-UNI

 

PUBLICATION DANS LE FIGARO ; THE TIMES ;
INTERNATIONAL HERALD TRIBUNE ; AL-HAYAT

VENDREDI 15 AVRIL 2011

***


LE CHEMIN VERS LA PAIX


Avec leurs alliés de l'OTAN et leurs partenaires de la coalition, la France, le Royaume-Uni et les États-Unis ont été unis au Conseil de Sécurité ainsi qu'à la Conférence de Paris qui a suivi pour construire une coalition large pour répondre à la crise en Libye. Nous restons unis sur les mesures à prendre pour y mettre fin.

 

Tout en poursuivant les opérations militaires pour protéger les populations civiles, nous voulons regarder vers l'avenir. Nous sommes convaincus que des temps meilleurs attendent le peuple libyen, et qu'un chemin peut être tracé pour y arriver.

 

Nous ne devons jamais perdre de vue les raisons qui ont initialement obligé la communauté internationale à agir. Lorsque la Libye a plongé dans le chaos à la suite des attaques du colonel Kadhafi contre son peuple, la Ligue arabe a exigé des actes. L'opposition libyenne a appelé à l'aide. Dans ce moment de détresse, le peuple libyen s'est tourné vers la communauté internationale. Le Conseil de sécurité des Nations Unies, dans une résolution historique, a autorisé la communauté internationale à prendre toutes les mesures nécessaires pour protéger la population libyenne contre les attaques qu'elle subissait. En réagissant immédiatement, nos trois pays ont arrêté la progression des forces de Kadhafi. Le bain de sang dont il avait menacé les habitants de Benghazi, assiégée, a été évité.

 

Des dizaines de milliers de vies ont été épargnées, mais Kadhafi continue d'infliger jour après jour des atrocités au peuple libyen. Ses missiles et ses obus s'abattaient sur les civils sans défense à Ajdabia. Il essaie d'étrangler la population de Misrata, qui subit un siège digne du Moyen-âge pour l'obliger à se soumettre. Les témoignages de disparitions et d'atrocités sont chaque jour plus nombreux.

 

Aux termes de la résolution 1973 du Conseil de sécurité, notre devoir et notre mandat sont de protéger les civils. C'est ce que nous faisons. Il ne s'agit pas d'évincer Kadhafi par la force. Mais il est impossible d'imaginer que la Libye ait un avenir avec Kadhafi. A juste titre, la Cour pénale internationale enquête sur les crimes contre les civils et les graves violations du droit international qui ont été commises. Il est impensable que quelqu'un qui a voulu massacrer son propre peuple joue un rôle dans le futur gouvernement libyen. Les courageux habitants des villes qui ont fait face aux troupes qui les ont bombardées sans pitié seraient exposés à de terribles représailles si la communauté internationale acceptait une telle solution. Ce serait une inimaginable trahison à leur égard.

 

Cela condamnerait en outre la Libye à être non seulement un État paria mais également un État failli. Kadhafi avait promis de lancer des attaques terroristes contre les navires et les avions civils. Parce qu'il a perdu l'appui de son peuple, tout compromis qui le laisserait au pouvoir se traduirait par davantage de chaos et d'anarchie. Nous savons d'expérience ce que cela peut signifier. Ni l'Europe, ni la région ni le monde ne peuvent se permettre de donner un nouveau refuge aux extrémistes.

 

Il existe un chemin vers la paix porteur d'un nouvel espoir pour le peuple libyen. Un avenir sans Kadhafi, qui préserve la souveraineté et l'intégrité territoriale de la Libye ; un avenir qui restaure son économie, ainsi que la prospérité et la sécurité pour son peuple. Cela doit commencer par une fin réelle des violences qui se traduise par des actes et non par des mots. Le régime doit se retirer des villes qu'il assiège, notamment Ajdabia, Misrata et Zintan, et faire rentrer ses soldats dans leurs casernes. Pourtant, tant que Kadhafi sera au pouvoir, l'OTAN et les partenaires de la coalition doivent maintenir leurs opérations afin que la protection des civils soit maintenue et que la pression sur le régime s'accroisse. Alors pourra commencer une véritable transition d'un régime dictatorial vers un processus constitutionnel ouvert à tous avec une nouvelle génération de dirigeants. Pour que cette transition aboutisse, Kadhafi doit partir, définitivement. Dès lors, il reviendra à l'ONU et à ses États-membres d'aider le peuple libyen à reconstruire ce qui a été détruit par Kadhafi, à réparer les maisons et les hôpitaux, à rétablir les services de base en même temps que les Libyens mettront en place des institutions pour fonder une société ouverte et prospère.

 

Cette vision de la Libye de demain est soutenue par une large coalition de pays, y compris de nombreux États arabes. Ils se sont rassemblés à Londres le 29 mars et ont établi un Groupe de contact qui s'est réuni cette semaine à Doha pour promouvoir une solution à la crise dans le respect de la volonté du peuple libyen.

 

Aujourd'hui, l'OTAN et la coalition agissent au nom des Nations Unies avec un mandat international sans précédent. Mais c'est le peuple libyen, et non les Nations Unies, qui choisira sa nouvelle constitution, élira ses nouveaux dirigeants et écrira le prochain chapitre de son histoire.

 

La France, le Royaume-Uni et les États-Unis n'auront de cesse de mettre en œuvre les résolutions du Conseil de sécurité pour que le peuple libyen puisse décider lui-même de son avenir.

 

 

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20 mars 2011 7 20 /03 /mars /2011 07:17

 

Palais de l'Élysée -- Samedi 19 mars 2011


Mesdames et Messieurs,

 

Aujourd'hui se sont réunis à Paris, sous la présidence conjointe de la France et du Secrétaire Général des Nations Unies, les dirigeants de la Ligue des États Arabes et de l'Union Européenne ainsi que les représentants des États Unis et du Canada.

Ensemble, nous avons décidé d'assurer l'application de la résolution du Conseil de Sécurité exigeant un cessez le feu immédiat et l'arrêt des violences contre les populations civiles en Libye.

 

Les participants sont convenus de mettre en œuvre tous les moyens nécessaires, en particulier militaires, pour faire respecter les décisions du Conseil de Sécurité des Nations Unies.

 

C'est pourquoi, en accord avec nos partenaires, nos forces aériennes s'opposeront à toute agression des avions du Colonel Khadafi contre la population de Benghazi. D'ores et déjà, nos avions empêchent les attaques aériennes sur la ville. D'ores et déjà d'autres avions français sont prêts à intervenir contre des blindés qui menaceraient des civils désarmés.

 

Dès hier, la France, le Royaume-Uni, les États-Unis et les pays arabes ont adressé au colonel Kadhafi et aux forces qu'il emploie, l'avertissement suivant : en l'absence d'un cessez le feu immédiat et d'un retrait des forces qui ont attaqué les populations civiles au cours des dernières semaines, nos pays auront recours à des moyens militaires. Cet avertissement a été repris par tous les participants au Sommet qui vient de s'achever.

 

Le Colonel Kadhafi a méprisé cet avertissement. Au cours des dernières heures, ses forces ont intensifié leurs offensives meurtrières.

 

Des peuples arabes ont choisi de se libérer de la servitude dans laquelle ils se sentaient depuis trop longtemps enfermés. Ces révolutions ont fait naître une immense espérance dans le cœur de tous ceux qui partagent les valeurs de la démocratie et des droits de l'homme. Mais elles ne sont pas sans risque. L'avenir de ces peuples arabes leur appartient. Au milieu des difficultés et des épreuves de toutes sortes qu'ils ont à affronter, ces peuples arabes ont besoin de notre aide et de notre soutien. C'est notre devoir.

 

En Libye, une population civile pacifique qui ne réclame rien d'autre que le droit de choisir elle-même son destin, se trouve en danger de mort. Nous avons le devoir de répondre à son appel angoissé.

L'avenir de la Libye appartient aux Libyens. Nous ne voulons pas décider à leur place. Le combat qu'ils mènent pour leur liberté est le leur. Si nous intervenons aux côtés des pays arabes ce n'est pas au nom d'une finalité que nous chercherions à imposer au peuple libyen mais au nom de la conscience universelle qui ne peut tolérer de tels crimes.

 

Aujourd'hui, nous intervenons en Libye, sur mandat du Conseil de sécurité de l'ONU, avec nos partenaires, et notamment nos partenaires arabes. Nous le faisons pour protéger la population civile de la folie meurtrière d'un régime qui, en assassinant son propre peuple, a perdu toute légitimité.

Nous intervenons pour permettre au peuple libyen de choisir lui-même son destin.

Il ne saurait être privé de ses droits par la violence et par la terreur.

Il est encore temps pour le Colonel Kadhafi d'éviter le pire en se conformant sans délai et sans réserve à toutes les exigences de la communauté internationale. La porte de la diplomatie se rouvrira au moment où les agressions cesseront.

 

Notre détermination est totale.

 

Je le dis avec solennité. Chacun se trouve désormais placé devant ses responsabilités. C'est une décision grave que nous avons été amenés à prendre. Au côté de ses partenaires arabes, européens, nord américains, la France est décidée à assumer son rôle, son rôle devant l'Histoire.

 

Je vous remercie.

 

Nicolas Sarkozy

 

 

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14 mars 2011 1 14 /03 /mars /2011 11:50

 

Ce texte, qui a une certaine force, m'est adressé par le "Parti des Libertés"...Je suis heureux de pouvoir le publier ...

 

 

La haine anti-occidentale et anti-américaine qui conduit un nombre inquiétant de névrosés actifs sur les sites Internet à éprouver de la sympathie pour le tyran libyen n'est rien en comparaison des ravages de l'inertie actuelle des gouvernements européens et américains face à la contre-offensive kadhafiste.

 

Si les Européens et/ou les Américains ne sont plus capables de bombarder les forces libyennes et d'imposer un embargo sur le pétrole contrôlé par Kadhafi, alors ils devront dire adieu pour un certain temps à leur influence internationale.

 

Qui soutient Kadhafi ? D'abord d'autres dictateurs inquiets de la tournure des événements internationaux : Poutine, Hu Jintao notamment. Ensuite, les régimes les plus vermoulus du Moyen-Orient : on comprend bien qu'en Iran le triomphe de la révolution libyenne ne serait pas vu d'un très bon oeil.

 

Obama, sensible aux intérêts des pétro-monarques arabes et craintif à l'idée de s'engager sur un troisième terrain de conflit, après l'Afghanistan et l'Irak, apparaît mou et excessivement calculateur et révèle les limites de son personnage.

 

En Europe, la cohorte des Munichois dans l'âme, notamment dans les pays d'Europe du Nord gagnés par un esprit d'Helsinki qui aurait franchi la Méditerranée, trop contents de s'abriter derrière les principes de non immixtion et de non intervention, oublient leur déclamations démocratiques bêlantes et toutes leurs académies Nobel.

 

Et tous pensent au risque d'embrasement et de hausse du prix du pétrole, à un moment où, manque de chance, le nucléaire est de nouveau critiqué.

 

Mais, toutes proportions gardées, c'est bien le drame munichois de 1938 qui se rejoue. Si dans l'affaire libyenne l'arc dictatorial l'emporte, paralysant l'Onu, et l'arc de la lâcheté triomphe, paralysant l'Union européenne, les pays occidentaux ne tarderont pas à en payer le prix, obligés de céder dans le futur devant les exigences de ces nuisibles dont les antennes se sont si vite touchées. Qu'ils ne croient pas qu'ils paieront le pétrole moins cher !

 

Il sera clair pour tous les Arabes que les grands principes démocratiques vantés par l'Occident sont de la roupie de Sansonnet et que faire confiance à ces abonnés-absents de la liberté est susceptible de les conduire au casse-pipe. Dans les pays qui tentent de se libérer de l'autoritarisme politique (Tunisie, Egypte notamment où rien n'est encore joué), les partis les moins libéraux auront le vent en poupe.

 

Bref, ce qui se joue en ce moment en Libye, c'est un peu de notre liberté future. Baisser les bras aujourd'hui, c'est baisser le regard demain. 


 

partideslibertes.org

 

 

 

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10 mars 2011 4 10 /03 /mars /2011 16:31

 

 

Par Laurent PY

 

Est-ce un hasard si c’est en Croatie que se font sentir les premiers effets des évènements de Tunisie et du Maghreb sur le continent européen ? Depuis quelques semaines, les appels aux manifestations se multiplient sur facebook, dans ce pays dont le régime n’a pourtant rien de comparable avec celui d’un Ben Ali ou d’un Mubarak.

A Split, à Zagreb et dans la plupart des grandes villes, des hommes et femmes de toutes sensibilités se retrouvent pour crier leur colère contre les partis institutionnels (HDZ et SPD), le chômage (qui touche près de 700.000 personnes dans un pays de 4,5 millions d’habitants), la corruption. C’est un véritable vent de révolte qui souffle sur le pays, indique le courrier des Balkans, sans que les intentions soient encore claires[1].

Désir de démocratie, nostalgie et désillusion après la fin du communisme titiste, ou alors sursaut nationaliste ? Parmi les manifestants, les étudiants anti-capitalistes se mêlent aux vétérans de guerre qui s’opposent à la réconciliation en cours avec la Serbie et crient leur haine contre le gouvernement et tous les autres.

Et parmi ces autres, il y a l’Europe, conspuée, dont le drapeau est brûlé sur les places publiques. L’Europe, que les Croates voient s’éloigner chaque jour un peu plus, comme leur rappelait récemment un rapport du cabinet Roland Berger, présenté aux forces économique à Zagreb dans lequel il est dit qu’il faudra attendre 2020 pour que la Croatie atteigne le niveau de vie moyen des 15 premiers pays de l’UE[2].

L’Europe, incapable d’offrir une perspective à ce pays dont les forces vives commencent elles-mêmes à douter devant le manque d’infrastructure, d’investissement (laissé à la Russie), la corruption et la fuite des cerveaux. L’Europe, en proie elle-même aux crises identitaires et aux doutes économiques, dont les exigences persistantes ne sont plus supportées par une grande partie de la population croate.

 

Alors souvenons-nous un petit peu. Il y a vingt ans environ commençait l’horrible guerre des peuples de l’ex-Yougoslavie. C’était le 21 mars 1991[3], en pleines Pâques, dans le Parc de Plivvička Jezera. Quelques jours avant finissait la guerre du Golfe, célébrée comme la victoire de l’Occident qui voyait là le signe du début du règne de la démocratie dans le monde.

 

Curieux souvenir, me direz vous. Curieux et en même temps dangereux car il pourrait faire réapparaître des rancœurs et des haines encore présentes dans les pays des Balkans, au moment où semblent ressurgir des voies nationalistes, mêmes très faibles. N’est-ce pas en commémorant la bataille du Champ des Merles au Kosovo, en 1989 que Milosevič attisa le nationalisme et raviva le rêve de la Grande Serbie. Oui, tout cela est vrai.

Mais au moment où la démocratie souffle sur le Maghreb et le Proche Orient et où la Croatie tremble contre l’Europe, se souvenir du 31 mars 1991 apparaît plus que jamais nécessaire. Car si la commémoration de la guerre peut servir à alimenter la haine identitaire et la violence, elle peut aussi, comme le dit Marc Crépon dans l’excellent numéro du mois de janvier de la revue Esprit[4], jouer le rôle de garde-fous dans la mémoire collective et individuelle face à la tentation toujours présente de la violence et de la barbarie.

1989 avait été pour l’Europe le souffle de la liberté retrouvée et de la main tendue aux pays de l’ex bloc soviétique. Cela fut vrai aussi pour les peuples yougoslaves, mais au prix d’une cruelle barbarie.

Or la liberté, nous dit Lévinas, « consiste à savoir que la liberté est en péril. Mais savoir ou avoir conscience, c’est avoir du temps pour éviter et prévenir l’instant de l’inhumanité[5] ».

 

Se rappeler du 31 mars 1991, c’est se souvenir d'un début de guerre et non pas une victoire. C’est se souvenir d’une défaite, d’une faiblesse qui fut aussi bien celles de pays qui sombrèrent dans la violence pour céder à la pulsion de barbarie, que celle de l’Europe, incapable d’intervenir à ses propres frontières, désunie au point d’être impuissante devant les pires atrocités, d’une Europe qui montrait soudainement un autre visage alors qu’elle se croyait toute puissante et qui n'a pas su aider des peuples en quête de liberté pour les détourner de la violence.

 

Vingt ans après, comme une revanche de l’Histoire, les peuples du Maghreb et du Moyen Orient tracent leur voie dans les pas de l’Occident devant une Europe incrédule. Vingt ans après, les évènements incertains de Croatie, mais aussi de Libye, nous montrent que le pire est encore possible et que l’Europe a besoin de se souvenir de ses faiblesses autant que de ses forces, si elle ne veut pas être rejettée et tomber dans les mêmes erreurs.

Se souvenir du 31 mars 1991, s’est aider l’Europe à se souvenir de ce qu’elle ne doit pas être pour l’aider à prendre ses responsabilités et proposer un avenir aux pays de l’arc méditerranéen, autre que celui de la violence et du désespoir. C’est aussi l’aider à se construire.

 

Laurent PY

 

 

[1] http://balkans.courriers.info/article17029.html

[2] Cité dans Slobodna Dalmacja du 4 mars 2011

[3] même si on peut faire commencer la guerre avant cette date

[4] Marc Crépon, La mémoire des guerres. A propose de la modernisation des commémorations. Esprit. Janvier 2011

[5] Emmanuel Levinas, Totalité et infini

 

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1 mars 2011 2 01 /03 /mars /2011 12:56

 

Par Youssef El Tounsi

 

Il a été reproché à la France de n’avoir rien vu venir, d’avoir tergiversé avant de prendre position en faveur des mouvements qui se sont produits dans les pays arabo-musulmans et depuis lors, d’être demeurée en retrait.

 

Des manifestations en Algérie, au Yémen, en Jordanie, à Bahreïn, au Maroc, en Syrie, en Irak… Peut on imaginer la France, prendre tout de go le parti des manifestants, et par la même, affirmer son hostilité aux régimes en place, avec lesquels elle a entretenu, depuis qu’ils existent, des relations conformes au droit international ?

 

Est-il du rôle de la France d’accompagner, sitôt qu’elles se produisent, les manifestations des pays du monde arabo-musulman, et pourquoi pas, des pays du monde entier, dès lors que l’on estime que leur cause est juste, même lorsque l’on n’en distingue pas les  perspectives.

 

Et quand bien même les distinguerait-on, le temps où des sociétés dominantes distribuaient des brevets de bien et de mal à leurs vassaux, au fur et à mesure des évènements qui se déroulaient sur leurs territoires, est révolu depuis belle lurette.

 

Pour des raisons qui tiennent à l’histoire de la décolonisation, les leaders du monde arabe ont au départ, assis leur autorité  sur un nationalisme souvent exacerbé. Ils ont ensuite élevé l’anti colonialisme, l’anti américanisme, l’anti sionisme, au rang de doctrine politique, et ont désigné l’occident, comme étant l’ennemi à l’origine de tous leurs maux. Ils ont alors contraint leurs peuples à accepter, au nom de ce combat factice, la pauvreté ou même la misère, et à faire le sacrifice de la démocratie et des libertés individuelles.

 

L’intégrisme religieux a été la conséquence la plus directe de cette politique, et c’est sur son fondement, que les pays arabo-musulmans ont justifié de leurs régimes auprès des pays occidentaux.

 

L’une des critiques majeures qui avait été faite contre la politique de Georges BUSH  sur son intervention en IRAK, avait été de dire qu’il était utopique de chercher à instaurer une démocratie dans un pays arabe. L’instabilité et les troubles graves qui s’en suivirent, confirmèrent cette argumentation. On entendit alors de toute part des déclarations surréalistes, nostalgiques de l’ordre que savait faire régner Saddam Hussein. 

 

Instruits, cultivés, éduqués, les peuples des pays arabo musulmans savent aujourd’hui que pour eux, le danger vient en réalité de ceux qui disaient vouloir les protéger et ils n’hésitent pas désormais à sacrifier leur vie pour s’en libérer.

 

Que doit faire la France ? Est-on sûr que les vieux démons, inculqués année après année, depuis temps de temps ne risquent pas de ressurgir dans ces populations malmenées ? Est-on sûr que toute intervention, ne serait ce que  verbale, insuffisamment mesurée, ne procure aux dictateurs aux abois un argument susceptible de leur accorder une rémission.

 

S’il suffisait de dénoncer et de menacer pour régler les conflits, la diplomatie serait un jeu d’enfant. C’est ce qui explique la prudence première d’OBAMA, et sa farouche détermination lorsqu’il lui apparaît que la messe est dite. 

 

Pour les peuples qui se soulèvent, le soutien de la communauté internationale, par son caractère universel et par la neutralité qui en résulte, a infiniment plus de poids que celui d’un Etat, dont l’intervention est toujours sujette à caution, plus encore s’il a été puissance coloniale. 

 

Le simple fait pour le Conseil de Paris d’avoir décidé de donner le nom de Mohamed BOUAZIZI, à une place ou à une rue de Paris, a entrainé la colère quasi unanime des tunisiens, parlant d’ingérence, de frustration et de récupération inacceptable d’un martyr…

 

Dans de tels conflits, le fait pour un Etat de prendre parti est encore interprété comme une façon de dicter aux peuples leurs choix, de leur dire ce que doit être leur conduite, alors qu’au bout du compte ils seront les seuls à en assumer les conséquences.

   

Par ailleurs, la volonté du peuple ne se confond pas toujours avec celle des manifestants, si pertinente soit-elle, et à  un régime despotique ne succède pas de facto une démocratie.

 

Que peuvent dire aujourd’hui les Etats-Unis et la France aux iraniens qui se trouvent  confrontés à l’un des pays les plus intégristes au monde, mettant en œuvre les pratiques les plus barbares, alors que ce sont eux qui ont contribué à chasser le Schah,  au nom de la démocratie et de la liberté, et à mettre en place le régime des mollahs.

 

Qui peut dire aujourd’hui ce que sera demain la Tunisie, qui vient d’écarter Mohamed GHANOUCHI, bras droit de BEN ALI depuis plus de 20 ans, resté en place à raison du vide politique devant lequel s’est trouvé ce pays, et de rappeler, pour le remplacer, BEJI CAÏD ESSEBSI, un ancien ministre de BOURGUIBA, âgé de 84 ans.

 

Qui peut dire aujourd’hui ce que sera demain l’Egypte avec le Haut Conseil Militaire des Forces Armées dont les généraux qui le composent ont tous été nommés par Hosni MOUBARAK ?  Et demain la Libye, après le départ du Guide Suprême…

 

Ces révolutions qui se caractérisent par l’absence de leader et même par l’absence de tout mouvement d’opposition structuré, qui serait en mesure de se substituer aux anciens régimes, rend leur avenir politique illisible.

 

L’ensemble de ces observations permet de dire que la politique de la France, vis-à-vis des pays arabo-musulmans est la plus cohérente qui soit et la seule possible. Sa ligne faite de réserve est sans aucun doute, celle qui aurait été conduite par la gauche au pouvoir.

 

La diplomatie française ne peut s’en tenir qu’à des évidences : soutenir le processus démocratique engagé, proposer le cas échéant des soutiens humanitaires.

 

Les pays arabes lui sont gré de ne pas aller au-delà.

 

La Tunisie est aujourd’hui un exemple pour le monde arabe. C’est un exemple que l’on dit historique. Sa réussite ou son échec est de sa responsabilité, comme le sera celle des autres pays qui ont suivi son exemple. Mais elle ne pourra être qu’une responsabilité exclusive.

   

Youssef El TOUNSI    

 

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28 février 2011 1 28 /02 /février /2011 14:53

 

Palais de l'Élysée -- Dimanche 27 février 2011

 


Mes chers compatriotes,

 

A peine la plus grave crise économique et financière depuis la deuxième guerre mondiale semble-t-elle s'estomper, à peine l'Europe a-t-elle dominé la crise de l'euro que, de l'autre côté de la Méditerranée, se produit un immense bouleversement. Certains peuples arabes prennent leur destin en main, renversant des régimes qui, après avoir été, au temps de la décolonisation, les instruments de leur émancipation avaient fini par devenir ceux de leur servitude. Ces régimes, tous les États occidentaux et tous les gouvernements français qui se sont succédés depuis la fin des colonies ont entretenu avec eux des relations économiques, diplomatiques et politiques, malgré leur caractère autoritaire parce qu'ils apparaissaient aux yeux de tous comme des remparts contre l'extrémisme religieux, le fondamentalisme et le terrorisme.

 

Mais voici qu'à l'initiative des peuples s'esquisse une autre voie. En opposant la démocratie et la liberté à toutes les formes de dictature, ces révolutions arabes ouvrent une ère nouvelle dans nos relations avec ces pays dont nous sommes si proches par l'histoire et par la géographie. Ce changement est historique. Nous ne devons pas en avoir peur. Il porte en lui une formidable espérance car il s'est accompli au nom des valeurs qui nous sont les plus chères, celles des droits de l'homme et de la démocratie. Pour la première fois dans l'histoire, elles peuvent triompher sur toutes les rives de la Méditerranée.

Nous ne devons avoir qu'un seul but : accompagner, soutenir, aider les peuples qui ont choisi d'être libres. Entre l'ingérence qui ne serait pas acceptée et l'indifférence qui serait une faute morale et stratégique, il nous faut tout faire pour que l'espérance qui vient de naître ne meure pas car le sort de ces mouvements est encore incertain. Si toutes les bonnes volontés ne s'unissent pas pour les faire réussir, ils peuvent aussi bien sombrer dans la violence et déboucher sur des dictatures pires encore que les précédentes.

 

Nous savons ce que pourraient être les conséquences de telles tragédies sur des flux migratoires devenus incontrôlables et sur le terrorisme. C'est toute l'Europe alors qui serait en première ligne. Nous avons donc le devoir d'agir avec une ambition qui soit à la dimension des événements historiques que nous vivons. C'est pourquoi la France a demandé que le Conseil européen se réunisse pour que l'Europe adopte une stratégie commune face à la crise libyenne dont les conséquences pourraient être très lourdes pour la stabilité de toute la région. De même l'Europe doit se doter sans tarder de nouveaux outils pour promouvoir l'éducation et la formation de la jeunesse de ces pays du Sud de la Méditerranée, imaginer une politique économique et commerciale pour favoriser la croissance de ces jeunes démocraties qui veulent naître.

 

L'Union pour la Méditerranée, fondée à l'initiative de la France le 13 juillet 2008, doit permettre à tous les peuples de la Méditerranée de bâtir enfin une destinée commune. Le moment est venu de refonder cette Union à la lumière des événements considérables que nous vivons. La France fera des propositions en ce sens à ses partenaires.

 

Mon devoir de Président de la République est d'expliquer les enjeux de l'avenir mais tout autant de protéger le présent des Français. C'est pourquoi, avec le Premier Ministre François Fillon, nous avons décidé de réorganiser les ministères qui concernent notre diplomatie et notre sécurité.

 

Alain Juppé, ancien Premier ministre, homme d'expérience qui a déjà exercé ces fonctions avec une réussite unanimement reconnue sera Ministre des Affaires étrangères. Pour le remplacer au ministère de la Défense, j'ai choisi Gérard Longuet, lui aussi homme d'expérience. J'ai souhaité dans le même temps confier la responsabilité de ministre de l'Intérieur et de l'Immigration à Claude Guéant qui m'a accompagné depuis neuf ans dans toutes les responsabilités que j'ai exercées, en particulier au ministère de l'Intérieur dont il connaît tous les rouages et dont il a occupé tous les postes de responsabilité.

Ainsi les fonctions régaliennes de l'État se trouveront-elles préparées à affronter les événements à venir dont nul ne peut prévoir le déroulement.

 

Mes chers compatriotes, c'est mon devoir de prendre les décisions qui s'imposent quand les circonstances l'exigent. Je connais vos attentes qui sont grandes à juste titre. Je me suis engagé à moderniser la France pour que notre modèle survive à tous les changements si brutaux de ce début du XXIème Siècle. Pour obtenir les résultats que vous attendez et que nous obtiendrons, je me dois de ne faire prévaloir aucune autre considération que le souci de l'efficacité et de l'intérêt général dans le choix de ceux auxquels sont confiées les plus hautes responsabilités de l'État.

 

Dans ces circonstances si troublées la nécessité du rassemblement de tous les Français autour de nos valeurs républicaines est plus nécessaire que jamais. La peur, l'affrontement, l'exclusion n'ont jamais permis de préparer l'avenir, au plan international comme au plan national. A l'inverse le refus de voir les réalités en face exacerbe les tensions.

Mes chers Compatriotes, vous pouvez compter sur ma détermination et sur mon engagement.
 

Vive la République !
Vive la France !

 

Nicolas Sarkozy

 

 

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