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Contact: marcdhere.mdh@gmail.com 

 RECONQUÊTE est un  mouvement en construction. Ce n'est pas un parti politique, mais un Cercle de Réflexion et d'Action, ouvert à tous ceux, à quelque parti qu'ils appartiennent, ou sans parti, qui se reconnaissent dans ses valeurs et  principes. La Responsabilité et l'équivalence entre droits et devoirs à tous les niveaux,  le libéralisme économique,  la solidarité,  le choix d'une évolution réaliste et progressive dans le social et le sociétal,  l'Europe... 

 

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23 décembre 2009 3 23 /12 /décembre /2009 16:03

Henri Guaino
, intérrogé par Charles Jaigu et Henri du Limbert dans Le Figaro.fr  du 22 décembre
...


LE FIGARO. - Le débat sur l'identité nationale a été lancé le 25 octobre. Près de deux mois plus tard, les Français, selon les sondages, désapprouvent la manière dont il est mené. A-t-il été mal posé ?

Henri GUAINO. - Je préférerai toujours la démocratie du débat à la démocratie du sondage… Ceux qui critiquent le bien-fondé de ce débat alimentent eux-mêmes la discussion et c'est très bien ainsi. Une démocratie vivante, ce n'est pas une démocratie où tout le monde se tait, c'est une démocratie où l'on parle des problèmes qui préoccupent les gens.


Mais les Français ne s'intéressent-ils pas plus à leur pouvoir d'achat ou au chômage qu'à l'identité nationale ?

Ce n'est pas exclusif. On peut à la fois avoir peur de perdre son emploi et être angoissé de perdre son identité, de voir dénaturer son cadre de vie ou disparaître. Le modèle social français fait aussi partie de l'identité nationale. Dans la crise économique, quand le sentiment de la précarité et de vulnérabilité sociale s'accroît, on a encore plus besoin de la solidarité nationale, on a encore plus besoin d'éprouver le sentiment d'appartenance à une nation qui protège.


Que pensez-vous des dérapages auxquels a donné lieu le débat ?

Les dérapages sont scandaleux et doivent être condamnés. Mais il y a un plus grand risque à ne pas discuter des problèmes qu'à accepter d'en débattre. Il est assez paradoxal que ceux qui passent tout leur temps à vanter les mérites de la démocratie participative se mettent à expliquer qu'il est dangereux de donner la parole aux citoyens. Qu'ils se rassurent, les Français sont des gens raisonnables imprégnés d'une vieille culture humaniste qui les rend assez peu réceptifs aux thèses racistes. Le plus grand risque, c'est qu'à voir le racisme partout, dans tous les replis de l'âme nationale, on finisse par le banaliser.


Jean-Marie Le Pen se réjouit que le gouvernement mette fin «à la pensée unique » sur l'immigration. Comment prenez-vous cet «éloge » ?

J'ai toujours récusé la pensée unique, qui est une maladie de l'intelligence. C'est elle, en vérité, qui fait le lit des extrêmes. Ce débat sur l'identité, c'est un moyen de ne pas laisser la nation et l'immigration à l'extrême droite ou à l'extrême gauche.


Si le débat a été détourné, comment faut-il le relancer
?

Il faut l'élever, l'élargir. L'immigration, la religion, cela fait partie du débat. Mais ce n'est pas tout le débat. La mondialisation a fragilisé les identités. Tout concourt, en particulier dans les vieilles nations développées, à cette crise identitaire. Elle suscite des doutes, des peurs, des rejets. Dire qu'il n'y a pas sujet à débat parce que tout le monde est d'accord pour dire que l'identité française, c'est la liberté, l'égalité, la fraternité et la laïcité, c'est un peu court. D'abord parce qu'autour de chacun de ces principes il y a un débat.
Depuis des années, certains contestent l'égalité au nom de l'équité. Depuis des années s'opposent ceux qui voient la laïcité comme un refus de toutes les religions et ceux qui la voient comme principe de respect de toutes les croyances. Les partisans de la République une et indivisible s'opposent à ceux qui prônent le droit à la différence et le communautarisme. La France a toujours refusé de se penser comme une juxtaposition de cultures et de communautés qui n'ont rien à se dire, ni à échanger, qui ne veulent pas se mélanger. Que reste-t-il de ce consensus national 'hui ?


Dans les banlieues, on vous répondra : ce sont de beaux discours.

Les ghettos urbains, la relégation de certaines parties de la population, les discriminations sont une trahison des valeurs qui sont au cœur de notre identité ! Si l'on demande aux jeunes issus de l'immigration, aux jeunes des quartiers en difficulté, de respecter les valeurs et les devoirs de la République, on se doit de les respecter soi-même, on se doit de bâtir une République qui tienne ses promesses.
La République, c'est d'abord une exigence morale. Sommes-nous capables de discuter sereinement et intelligemment de ce que cette exigence qui est au cœur de notre identité implique pour chacun d'entre nous ?


Que répondez-vous à Alain Juppé qui juge «détestable» tout ce qui peut «dresser les communautés les unes contre les autres, et en particulier les musulmans contre les autres» ?

La République ne reconnaît pas de communautés, elle ne reconnaît que des citoyens libres et égaux en droits et en devoirs. Nous devons travailler à unir les Français, les citoyens, à ne pas les dresser les uns contre les autres. Cet idéal est-il encore partagé ?


Il y a quatre ans, lors du débat sur la Constitution européenne, le projet d'inscrire les racines chrétiennes de l'Europe dans le préambule avait suscité la polémique. Y étiez-vous favorable ?

Non. La France a été façonnée par 1 500 ans de civilisation chrétienne. Mais cela n'avait rien à faire à mes yeux dans un texte de nature constitutionnelle.


Le groupe UMP va déposer mercredi une proposition de loi pour l'interdiction totale de la Burqa. Y êtes-vous favorable ?

Il ne faut rien accepter qui viole nos valeurs les plus fondamentales. Mais il ne faut blesser personne. Attendons les conclusions de la mission parlementaire pour voir jusqu'où doit aller l'interdiction.


Êtes-vous d'accord avec la proposition faite par plusieurs parlementaires d'interdire les drapeaux étrangers dans les mairies ?

C'est la première fois dans notre histoire que des jeunes Français définissent leur identité par opposition à l'identité française. C'est une question qu'il nous faut regarder en face tous ensemble.


Le choix de charger les préfectures d'animer ces débats a-t-il été une erreur ?

La préfecture, c'est la maison de la République ! Le préfet, c'est le représentant de la République ! On peut trouver trop restrictif de cantonner le débat à l'intérieur de la préfecture. Mais ce que j'entends de la part de gens qui se disent républicains me laisse parfois pantois.


Êtes-vous choqué par les attaques contre Éric Besson ?

Oui, ces attaques d'ordre personnel sont indignes.


Dans sa tribune au Monde, le chef de l'État invite les communautés religieuses à «la discrétion». Mais la communauté musulmane prend cette recommandation pour elle seule.

Dans la République, la pratique religieuse doit être accomplie sans ostentation. C'est un principe de respect vis-à-vis de ceux qui n'ont pas les mêmes croyances.


Les catholiques aussi ?

Bien sûr.


Que se passerait-il si un musulman demandait que les cloches des églises ne sonnent plus au nom de la «discrétion» souhaitée par le chef de l'État ?

Les clochers rythment la vie de nos villages depuis des siècles. Ce n'est pas un problème religieux, mais un problème de civilisation, un problème de société, un problème de tradition.


Que répondez-vous aux accusations de «pétainisme» lancées au PS ?

C'est aussi stupide que le slogan «CRS = SS» de Mai 68.


Quel sera le dernier acte du débat ?

J'espère une nouvelle conscience nationale, un nouveau consensus républicain, une actualisation des valeurs au nom desquelles nous, Français, nous vivons ensemble et que le monde attend que nous portions.


La discrimination positive fait-elle partie de l'identité nationale ?

Oui, si la discrimination positive, cela veut dire rétablir l'égalité des chances, comme la République l'a toujours fait pour les boursiers, ou pour l'aménagement du territoire, ou encore pour les handicapés. Non, si c'est donner des droits différents à des communautés différentes.


Quand les débats doivent-ils se terminer ?

Éric Besson a proposé de les prolonger jusqu'à la fin de l'année 2010.


Regrettez-vous que ce débat se soit déroulé quelques mois avant les élections régionales ?

Il y a des élections tous les ans.

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22 décembre 2009 2 22 /12 /décembre /2009 08:33

Par Gérard Pancrazi
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Nadine MORANO  a raison de ne pas se laisser impressionner par ce terrorisme médiatique qui sévit depuis un certain temps en France et qui devient véritablement insupportable. On   « jette aux chiens » un bout de phrase, qui sera reprise de place en place, clamée avec une sourde indignation et présentée dans tous les médias comme étant le comble de l’ignominie. Une fois que tout cela a bien fait son effet, on se passe son auteur de plateau en plateau de télés et de radios, afin de l’amener à expier publiquement l’impardonnable faute qu’il finira souvent par reconnaître en s’excusant, en bafouillant des regrets ou en tentant de faire admettre qu’il s’était mal exprimé.
Qu’il reconnaisse ou non son crime, le procès se terminera en faisant défiler sur ces mêmes plateaux des témoins à charge d’une totale impartialité puisqu’ils se déclarent tous amis de l’accusé, faussement gênés, s’indignant pour les plus courageux, feignant pour certains autres de lui trouver de mauvaises excuses, l’accablant ainsi  mieux que ne pourraient le faire ses propres adversaires.

 

Nadine MORANO  a raison de dire qu’elle maintient ses propos, car ce qu’elle dit est juste. Toute la communauté maghrébine de France souffre de la mauvaise image que certains de ses membres, relayés par ces mêmes médias, donnent d’elle.

 

C’est pour cela, et non parce qu’ils sont racistes, que nombre de chefs d’entreprises préfèrent souvent embaucher un asiatique, un indien, un européen, plutôt qu’un magrébin. Et ce n’est pas être raciste que de le constater et de le déplorer comme moi-même qui suis issu de cette région du monde pour laquelle je nourris une véritable passion. Et ce n’est pas rendre service aux jeunes gens issus de l’immigration que de leur laisser croire, lorsqu’ils ne trouvent pas de travail, que c’est à raison de leurs origines. Les aider c’est leur dire de se battre contre cette image.  

 

Tout parent dont l’enfant se rend à un entretien d’embauche lui recommande de soigner son langage sa tenue, de montrer le mieux de lui-même seule façon de convaincre un employeur qu’il peut lui faire confiance. Un chef d’entreprise dont l’objectif est de faire gagner de l’argent à son entreprise choisira son salarié en fonction de ce seul critère. S’il a un doute sur sa capacité à l’atteindre à raison de sa mauvaise présentation, de son accoutrement, de son comportement, quelle que soit sa couleur de peau, il ne l’embauchera pas. C’est comme cela en France et dans tous les pays du monde. C’est le message que Nadine MORANO a voulu faire passer, respecter les gens c’est en premier lieu leur tenir un langage de vérité.

 

Nadine MORANO est  victime de sa sincérité. Il est toujours plus facile d’avoir un langage convenu, démagogique, flatteur que de dire ce qui est. Il est plus facile de dire à son enfant qui a de mauvaises notes que c’est de la faute de son professeur, que de lui dire que c’est  parce qu’il ne travaille pas. Il est beaucoup plus facile pour un journaliste en mal de notoriété de taper sur tout ce qui peut ressembler au pouvoir en exhibant comme un trophée une phrase sortie de plusieurs heures de débats que de chercher a avoir une réflexion sérieuse sur un sujet grave, qui touche à la paix sociale.

 

Aujourd’hui les petites phrases, les petits coups bas les petites rumeurs les petits ragots trouvent une très large place au sein de nombreux médias, on discrédite, on dévalorise, on injurie, parfois sous couvert d’humour, mais qu’on y prenne garde, ce type de manipulation a souvent des effets pervers. Chacun sait que l’on ne joue pas impunément avec les mœurs d’une société, il est temps que la Presse en prenne conscience, mais j’ai un doute sur sa capacité à y parvenir. Homme de gauche depuis toujours, j’adresse toute mon estime à Nadine MORANO que je ne connais pas, sinon comme une authentique femme du peuple.

 

Gérard PANCRAZI       

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9 décembre 2009 3 09 /12 /décembre /2009 08:38


Dans une tribune publiée par Le Monde, dans son édition datée du 9 décembre, Nicolas Sarkozy, s'exprime pour la première fois publiquement après le référendum en Suisse sur les minarets. Le président de la République rappelle les valeurs de tolérance et d'ouverture de la France et appelle au respect mutuel entre "ceux qui arrivent" et "ceux qui accueillent".

 

Par référendum, le peuple suisse vient de se prononcer contre la construction de nouveaux minarets sur son territoire. Cette décision peut légitimement susciter bien des interrogations. Le référendum impose de répondre à la question posée par oui ou par non. Peut-on répondre par oui ou par non à une question aussi compliquée, qui touche à des choses aussi profondes ? Je suis convaincu que l'on ne peut que susciter des malentendus douloureux, un sentiment d'injustice, blesser les âmes en apportant une réponse aussi tranchée à un problème qui doit pouvoir être résolu au cas par cas dans le respect des convictions et des croyances de chacun.

Mais comment ne pas être stupéfait par la réaction que cette décision a suscitée dans certains milieux médiatiques et politiques de notre propre pays ? Réactions excessives, parfois caricaturales, à l'égard du peuple suisse, dont la démocratie, plus ancienne que la nôtre, a ses règles et ses traditions, qui sont celles d'une démocratie directe où le peuple a l'habitude de prendre la parole et de décider par lui-même ?


Derrière la violence de ces prises de position se cache en réalité une méfiance viscérale pour tout ce qui vient du peuple. La référence au peuple, c'est déjà, pour certains, le commencement du populisme. Mais c'est en devenant sourd aux cris du peuple, indifférent à ses difficultés, à ses sentiments, à ses aspirations, que l'on nourrit le populisme. Ce mépris du peuple, car c'est une forme de mépris, finit toujours mal. Comment s'étonner du succès des extrêmes quand on ne prend pas en compte la souffrance des électeurs ?

Ce qui vient de se passer me rappelle comment fut accueilli le rejet de la Constitution européenne en 2005. Je me souviens des paroles parfois blessantes qui ont été proférées contre cette majorité de Français qui avait choisi de dire non. C'était opposer irréductiblement la France du oui à celle du non, ouvrir une fracture qui, si elle avait dû se creuser davantage, n'aurait jamais permis à la France de reprendre sa place en Europe.

Pour réconcilier la France du oui et celle du non, il fallait d'abord essayer de comprendre ce qu'avaient voulu exprimer les Français. Il fallait admettre que cette majorité ne s'était pas égarée, mais qu'elle avait, comme la majorité des Irlandais ou la majorité des Néerlandais, exprimé ce qu'elle ressentait et rejeté en toute connaissance de cause une Europe dont elle ne voulait plus parce qu'elle donnait le sentiment d'être de plus en plus indifférente aux aspirations des peuples.

Ne pouvant changer les peuples, il fallait changer d'Europe. La France du non a commencé à se réconcilier avec celle du oui à partir du moment où, au lieu de la juger, on a cherché à la comprendre. C'est alors que, dépassant ce qui la divisait, la France a pu prendre la tête du combat pour changer l'Europe.


RIEN NE SERAIT PIRE QUE LE DÉNI


Alors, au lieu de vilipender les Suisses parce que leur réponse ne nous plaît pas, mieux vaut nous interroger sur ce qu'elle révèle. Pourquoi en Suisse, pays qui a une longue tradition d'ouverture, d'hospitalité, de tolérance, un tel rejet peut-il s'exprimer avec tant de force ? Et que répondrait le peuple français à la même question ?

Au lieu de condamner sans appel le peuple suisse, essayons aussi de comprendre ce qu'il a voulu exprimer et ce que ressentent tant de peuples en Europe, y compris le peuple français. Rien ne serait pire que le déni. Rien ne serait pire que de ne pas regarder en face la réalité des sentiments, des préoccupations, des aspirations de tant d'Européens.


Comprenons bien d'abord que ce qui s'est passé n'a rien à voir avec la liberté de culte ou la liberté de conscience. Nul, pas plus en Suisse qu'ailleurs, ne songe à remettre en cause ces libertés fondamentales.

Les peuples d'Europe sont accueillants, sont tolérants, c'est dans leur nature et dans leur culture. Mais ils ne veulent pas que leur cadre de vie, leur mode de pensée et de relations sociales soient dénaturés. Et le sentiment de perdre son identité peut être une cause de profonde souffrance. La mondialisation contribue à aviver ce sentiment.


La mondialisation rend l'identité problématique parce que tout en elle concourt à l'ébranler, et elle en renforce en même temps le besoin parce que plus le monde est ouvert, plus la circulation et le brassage des idées, des hommes, des capitaux, des marchandises sont intenses, et plus on a besoin d'ancrage et de repères, plus on a besoin de sentir que l'on n'est pas seul au monde. Ce besoin d'appartenance, on peut y répondre par la tribu ou par la nation, par le communautarisme ou par la République.

L'identité nationale c'est l'antidote au tribalisme et au communautarisme. C'est pour cela que j'ai souhaité un grand débat sur l'identité nationale. Cette sourde menace que tant de gens dans nos vieilles nations européennes sentent, à tort ou à raison, peser sur leur identité, nous devons en parler tous ensemble de peur qu'à force d'être refoulé ce sentiment ne finisse par nourrir une terrible rancœur.


Les Suisses comme les Français savent que le changement est une nécessité. Leur longue histoire leur a appris que pour rester soi-même il faut accepter de changer. Comme les générations qui les ont précédés, ils savent que l'ouverture aux autres est un enrichissement. Nulle autre civilisation européenne n'a davantage pratiqué, tout au long de son histoire, le métissage des cultures qui est le contraire du communautarisme. Le métissage c'est la volonté de vivre ensemble. Le communautarisme c'est le choix de vivre séparément. Mais le métissage ce n'est pas la négation des identités, c'est pour chacun, vis-à-vis de l'autre, la reconnaissance, la compréhension et le respect.

C'est de la part de celui qui accueille la reconnaissance de ce que l'autre peut lui apporter. C'est de la part de celui qui arrive le respect de ce qui était là avant lui. C'est de la part de celui qui accueille l'offre de partager son héritage, son histoire, sa civilisation, son art de vivre. C'est de la part de celui qui arrive la volonté de s'inscrire sans brutalité, comme naturellement, dans cette société qu'il va contribuer à transformer, dans cette histoire qu'il va désormais contribuer à écrire. La clé de cet enrichissement mutuel qu'est le métissage des idées, des pensées, des cultures, c'est une assimilation réussie.

 

SE GARDER DE TOUTE OSTENTATION


Respecter ceux qui arrivent, c'est leur permettre de prier dans des lieux de culte décents. On ne respecte pas les gens quand on les oblige à pratiquer leur religion dans des caves ou dans des hangars. Nous ne respectons pas nos propres valeurs en acceptant une telle situation. Car, une fois encore, la laïcité ce n'est pas le refus de toutes les religions, mais le respect de toutes les croyances. C'est un principe de neutralité, ce n'est pas un principe d'indifférence. Lorsque j'étais ministre de l'intérieur, j'ai créé le Conseil français du culte musulman (CFCM) pour que la religion musulmane soit mise sur un pied d'égalité avec toutes les autres grandes religions.

Respecter ceux qui accueillent, c'est s'efforcer de ne pas les heurter, de ne pas les choquer, c'est en respecter les valeurs, les convictions, les lois, les traditions, et les faire – au moins en partie – siennes. C'est faire siennes l'égalité de l'homme et de la femme, la laïcité, la séparation du temporel et du spirituel.


Je m'adresse à mes compatriotes musulmans pour leur dire que je ferai tout pour qu'ils se sentent des citoyens comme les autres, jouissant des mêmes droits que tous les autres à vivre leur foi, à pratiquer leur religion avec la même liberté et la même dignité. Je combattrai toute forme de discrimination.


Mais je veux leur dire aussi que, dans notre pays, où la civilisation chrétienne a laissé une trace aussi profonde, où les valeurs de la République sont partie intégrante de notre identité nationale, tout ce qui pourrait apparaître comme un défi lancé à cet héritage et à ces valeurs condamnerait à l'échec l'instauration si nécessaire d'un islam de France qui, sans rien renier de ce qui le fonde, aura su trouver en lui-même les voies par lesquelles il s'inclura sans heurt dans notre pacte social et notre pacte civique.


Chrétien, juif ou musulman, homme de foi, quelle que soit sa foi, croyant, quelle que soit sa croyance, chacun doit savoir se garder de toute ostentation et de toute provocation et, conscient de la chance qu'il a de vivre sur une terre de liberté, doit pratiquer son culte avec l'humble discrétion qui témoigne non de la tiédeur de ses convictions mais du respect fraternel qu'il éprouve vis-à-vis de celui qui ne pense pas comme lui, avec lequel il veut vivre.


Nicolas Sarkozy

Le Monde du 9 décembre 2009

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3 décembre 2009 4 03 /12 /décembre /2009 20:51

Max Gallo, intervient dans le débat sur l'identité nationale.
Lepoint.fr du 02 12
...

L'historien et écrivain Max Gallo se mêle au débat sur l'identité nationale, qui sera défendu vendredi par François Fillon. Sans détour.

lepoint.fr : Le débat sur l'identité nationale est-il nécessaire ?

Max Gallo : Je le crois, parce que l'ensemble des nations traverse une période de transition marquée par les nouvelles technologies. Ces dernières modifient les rapports des hommes entre eux, des hommes à leur État et des hommes à la politique. Je pense en particulier à la spontanéité et à l'immédiateté de l'intervention du citoyen par le biais d'Internet. Cette période est aussi marquée par des variations des équilibres démographiques, avec de grands déplacements de population, au moins pour quelques décennies encore. Naturellement, tout cela modifie ou, du moins, interroge la conception habituelle que nous avons de la nation. Sans compter que notre histoire nationale est celle d'un pays ouvert qui n'est pas composé d'une population homogène. En chaque Français, il y a un étranger.

Certains estiment que l'identité nationale est une affaire d'histoire et qu'il ne convient pas aux politiques de l'accaparer...
Ces gens ne connaissent pas l'histoire. Depuis les Capétiens en passant par Louis XIV jusqu'à l'époque révolutionnaire et la IIIe république, le pouvoir s'est soucié de la question de l'identité nationale. Prenons un exemple flagrant : en 1879-1880, la République décide de fixer la date de la fête nationale au 14 juillet et de fixer l'hymne national. C'est bien évidemment une intervention politique. Quand la Constituante décide de passer de l'expression "roi de France" à l'expression "roi des Français", c'est la même chose. Le 10 juillet 1940, le maréchal Pétain a évidemment forgé une nouvelle identité en choisissant "travail, famille, patrie" comme devise à la place de "liberté, égalité fraternité". À chaque instant de notre histoire, il y a eu interrogation sur la question de l'identité nationale et, à chaque fois, les politiques sont intervenus dans le débat. Aujourd'hui, il s'agit de l'ouvrir et non de le fermer. Nous sommes heureusement en République : j'imagine que le gouvernement n'a pas l'intention d'imposer quoi que ce soit.

Qu'est-ce qu'être français aujourd'hui ?
Premier point : être français, c'est aimer la France, c'est-à-dire connaître son histoire, aimer les paysages travaillés par les hommes : nous avons bâti un espace monumental urbain qui nous définit. C'est une définition affective, mais très importante. Il n'y a pas de réflexion sur le fait d'être français si on ne commence pas à dire que l'on a un lien particulier fait d'attirance et d'amour pour son pays.
Deuxième point : Fernand Braudel a parlé de "problématique centrale de la nation". C'est une notion intéressante parce qu'elle signifie qu'il n'y a pas de points fixes, mais des points de repère qui encadrent l'identité nationale. Il y a d'abord le droit du sol : on ne demande pas à un Français quel sang coule dans ses veines parce que nous avons toujours été parcourus par des peuples venant du Nord, de l'Est, du Sud, et dont beaucoup se sont enracinés. Il y a ensuite l'égalité, permanente en France depuis le Moyen-Âge. On ne peut pas toucher à cette symbolique de l'égalité des chances sans déclencher des fureurs. Il y a aussi le rôle de l'État, la laïcité et la langue. Il faut parler le français. La construction de la langue a commencé au XVIe siècle, en 1539, avec l'édit de Villers-Coterrêts qui a imposé dans les textes juridiques la langue française. Qui dit langue dit école. Puisque nous avons en nous une part d'étranger, elle a un rôle central. C'est le lieu où se forge la citoyenneté. Ce qui amène à un autre point : le rapport individuel des citoyens avec l'État. C'est ce qui nous oppose au communautarisme. Il y a aussi "la sociabilité française", c'est-à-dire notamment l'égalité homme-femme, qui s'est forgée dans l'amour courtois, les favorites, les femmes savantes... Nous avons toujours imposé au rapport homme-femme une règle qui existe dans fort peu de pays : l'épanouissement de la femme. Un autre point, c'est la conscience du risque d'émiettement de la nation parce que nous sommes divers. Il y a toujours un risque de "guerre de religion". Pas seulement des frondes, d'affrontements politiques, mais aussi de guerres civiles violentes. Il y a enfin la vocation universaliste. Elle renvoie au rôle qu'a joué la France à l'intérieur du catholicisme. La France était la fille aînée de l'Église. D'une certaine manière, elle est devenue Marianne, la fille aînée des Républiques.

Pourquoi le risque d'émiettement de la nation est-il fort aujourd'hui ?
Il y a une responsabilité des élites qui, depuis 30 à 40 ans, n'ont jamais tenu de discours sur l'identité nationale. Par peur de l'extrême droite, ils ont abandonné au Front national la symbolique nationale. Ils n'ont pas tenu de grands discours sur l'intégration. Surtout, la réalité sociale et économique ne favorise pas l'intégration : il n'y a plus d'école ni de service militaire... Nous n'avons pas dit aux immigrés que nous sommes un pays qui a déjà une histoire dans laquelle ils doivent s'insérer pour la modifier, comme nous l'avions fait sous la IIIe république avec les immigrés italiens, polonais. Ce n'est pas parce qu'ils étaient européens que c'était plus facile. Il ne s'agit pas de dire "nous sommes des Gaulois", mais "il y a des Gaulois". Autrement dit, il s'agit de souligner que la France ne commence pas avec l'arrivée sur le sol de la dernière vague d'immigration. C'est la question du rapport à l'histoire. C'est pour ça que j'ai toujours été réservé sur la question de la repentance. Autant je crois qu'il ne faut rien dissimuler de l'histoire nationale, et Dieu sait si elle est riche en crimes, en erreurs, en guerres injustes, en esclavage, autant je pense qu'il ne faut pas en faire une histoire criminelle. L'histoire de France ne vaut ni plus ni moins que les autres histoires nationales. Mais on oublie souvent qu'il n'y a jamais d'intégration immédiate. Je suis fils d'immigré italien : en 1893, il y a eu des pogroms contre les Italiens. Il ne faut jamais demander au nouvel arrivant de renoncer à cette part étrangère de lui-même. Elle enrichit la nation à condition qu'elle s'inscrive dans cette problématique centrale de la nation et de ces paramètres que j'ai définis.

Quel est l'apport de l'immigration à l'identité nationale ?
La France s'est construite dans un amalgame permanent entre des individus arrivant de l'étranger et puis ce sol, ce lieu, cette histoire de France. Nous sommes quand même le pays de la reine Marie de Médicis, de Richelieu, de Mazarin, de Léon Gambetta. Autrement dit, nous sommes ouverts. Pour des raisons géographiques, puisque nous sommes le Finistère européen, traversé du nord au sud. Nous sommes à la fois flamands et occitans, germaniques et celtes. Si, à l'évidence, il y a des racistes en France, la France n'est pas et n'a jamais été un pays raciste. Elle est le pays d'une histoire, de l'étranger dans chaque Français.

Comment renforcer l'identité nationale ? En chantant la Marseillaise à l'école, par exemple ?
En apparence, cette mesure ne change rien. On peut même en sourire, voire la contester. En réalité, c'est important d'avoir un discours sur l'identité nationale. J'espère qu'on renforcera l'enseignement du français, le principe de la laïcité, et le respect des symboles nationaux, républicains. Il faut aussi que l'intégration puisse se réaliser au travers de la vie sociale et économique. Cela passe par des mesures ponctuelles, modestes, mais rigoureuses, comme peut-être le CV anonyme. Mais ces questions doivent être étudiées techniquement et expérimentées.

Max Gallo dans Le point.
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6 novembre 2009 5 06 /11 /novembre /2009 16:56


Quelques réflexions à propos de la création d’un Ministère de l’immigration, de l’intégration, de l’identité nationale et du codéveloppement


 
Par Jean-Claude SOMMAIRE, ancien Secrétaire
général du Haut Conseil à l’intégration (été 2007)


texte écrit à l'été 2007 

                   

Deux questions de fond  me sembleraient intéressantes à débattre, posément et tranquillement, à propos de la création de ce Ministère, dans l’esprit de ce que certains appellent « l’éthique de la discussion ».

 

La première pourrait  se rapporter au lien à reconnaître, ou non, entre immigration et identité  nationale, et la seconde à la légitimité, éthique et morale, d’un Ministère ayant à intervenir sur ces deux thèmes ainsi associés.

 

Un lien entre immigration et identité nationale ?

 

Tant sur un plan conceptuel que  sur un plan pratique et de bon sens, il me semble  difficile de pouvoir dire, qu’aujourd’hui, il n’existerait aucun lien entre immigration et identité nationale même si, évidemment, la question de l’identité nationale ne saurait se réduire à la seule question de l’immigration.

 

Il faut d’abord rappeler qu’en référence à la Révolution, la conception française de la Nation repose sur le principe de l’adhésion individuelle des citoyens aux  valeurs républicaines (le célèbre «  plébiscite » de Renan renouvelé chaque jour) et non sur l’appartenance à un groupe d’origine ethniquement défini, à la différence, par exemple, de la nation allemande.

 

En application de ce principe,  la Nation française a toujours été présentée comme  une construction politique  qui s’est enrichie d’apports migratoires successifs (rappelons qu’un  français sur quatre a un grand-parent issu de l’immigration) en prenant largement appui sur une école publique républicaine qui, depuis la fin du  XIX ème siècle,  a permis, avec succès, une « francisation » rapide des descendants de ces immigrés et  leur plein accès à la  citoyenneté.

 

L’une des  difficultés de la période actuelle est que ce « modèle français d’intégration », historiquement assimilationniste, qui   conduisait les enfants de migrants à devoir oublier leurs origines culturelles pour se fondre, individuellement, dans la communauté des citoyens, ne fonctionne plus aussi bien que par le passé. En effet les jeunes générations issues de l’immigration la plus récente, au lieu de devenir des « français à part entière », deviennent trop souvent des « français entièrement à part » assignés à résidence dans des quartiers en cours de ghettoïsation.

 

Les émeutes urbaines  qui ont eu lieu dans ces quartiers à  l’automne 2005 trouvent sans doute, pour partie, leur origine dans les contradictions d’un modèle qui conjugue maintenant dangereusement, notamment pour nos jeunes compatriotes issus de l’immigration coloniale, une mauvaise intégration économique et sociale  associée à la  non reconnaissance de la singularité de leurs racines culturelles et familiales. Dans ces conditions l’adhésion de ces jeunes  aux valeurs communes  devient plus problématique et peut  expliquer le développement de la délinquance et des violences urbaines ainsi que les   diverses formes de replis communautaires qui sont  observées dans ces lieux de relégation.

 

Cette grave  crise de l’intégration que nous connaissons ne doit toutefois  pas nous conduire, par commodité ou par paresse intellectuelle, à ne plus vouloir voir le lien, incontestable, qui continue à exister entre immigration et identité nationale. On ne peut pas  renier aujourd’hui ce dont on s’est félicité hier. Les enrichissements anciens de notre identité nationale par les  Pablo Picasso, Yves Montand, etc., et, plus globalement, par  tous les travailleurs immigrés qui ont contribué à notre développement économique ont simplement fait place, maintenant, à de nouveaux apports, plus divers et d’origine plus lointaine, qui, eux aussi, vont influencer notre identité collective.

 

Dans de nombreux quartiers de multiples signes témoignent, dans l’espace public, des modifications en cours de notre environnement du fait d’une immigration maintenant majoritairement extra européenne et à dominante musulmane. (développement de commerces ethniques, création de lieux de culte musulmans, port du voile islamique, etc.).Ces évolutions qui ne sont pas anodines alimentent un légitime  sentiment  de dépossession identitaire chez nos concitoyens« français de souche » qui y habitent depuis longtemps (« on n’est plus chez nous »), notamment chez ceux qui n’ont  pas la possibilité matérielle d’aller vivre ailleurs.

 

Cette double désespérance, identitaire et sociale, de certains  de nos compatriotes les plus anciens, par ailleurs confrontés au quotidien à la petite délinquance ethnique, et de  certains de nos jeunes compatriotes les plus récents, en manque de reconnaissance sociale,  alimente, depuis 20 ans, le développement parallèle du Front national et du communautarisme islamique (voir sur ce dernier point le très intéressant rapport de l’inspecteur général Obin sur les signes et manifestations d’appartenance religieuse à l’école). Cette situation, préoccupante et lourde de dangers pour l’avenir de notre « vivre ensemble » ne peut pas être ignorée.

 

La création d’un Ministère de l’immigration, de l’intégration, de l’identité nationale et du codéveloppement par le Président de la République récemment élu n’est peut-être pas la bonne réponse à apporter à la crise de l’intégration que nous connaissons actuellement mais  on ne peut pas méconnaître, pour autant, la réalité des problèmes qui se posent aujourd’hui à notre pays et qui fragilisent notre cohésion sociale.

 

Il serait notamment utile de réfléchir sereinement à ce qu’il conviendrait de faire pour  que l’immigration qui, hier, enrichissait et confortait  notre identité nationale ne contribue pas, demain, à la fragiliser. Notre identité collective ne pourra pas être, dans le futur, ce qu’elle a été dans le passé mais il y a matière à s’inquiéter quand on voit se développer, dans notre pays, une fracture sociale qui devient de plus en plus une fracture urbaine, ethnique, culturelle et confessionnelle. Une telle situation peut nourrir ce que Amin Maalouf appelle des « identités meurtrières » qui se construisent et se développent en recherchant l’affirmation de soi par la négation des autres. Cela mérite réflexions et débats.

 

La légitimité, éthique et morale, d’un Ministère de l’immigration, de l’intégration, de l’identité nationale et du codéveloppement ?

 

Tout a été dit sur ce que pouvait, symboliquement,  représenter la création d’un «Ministère» chargé à la fois de l’immigration et de l’identité nationale et beaucoup des arguments présentés ne plaident pas en faveur de cette initiative. Une appellation politiquement plus neutre et moins ambiguë aurait été plus opportune, par exemple « Ministère de la population, de l’immigration, de l’intégration et du codéveloppement ». Cette dénomination, du fait de l’existence, depuis longtemps, d’une « Direction de la population et des migrations », traditionnellement rattachée au Ministère chargé des affaires sociales, aurait suscité moins de critiques.

 

Cependant reste posée la question de fond, qu’on ne peut pas évacuer, de la légitimité, éthique et morale, d’un Etat démocratique à se préoccuper de l’avenir de son peuplement au plan ethnique, culturel et religieux. Est-il illégitime de s’interroger sur les conséquences pour notre pays d’une immigration désordonnée, à dominante familiale et musulmane, très largement originaire du Maghreb et d’Afrique sub-saharienne? D’autres pays démocratiques, respectueux des droits de l’homme, se sont- ils autorisé à avoir ce type de débat ? Certains de ces pays ont-ils pris des mesures pour orienter leur immigration en fonction de ces critères ? La France devrait-elle et pourrait-elle faire quelque chose dans ce domaine ? Est-ce à l’Europe de se saisir de ce sujet?

 

Il semble difficile, aujourd’hui, dans le contexte de la crise de l’intégration que nous connaissons, de  faire l’impasse sur ces questions. Polémiquer sur la réponse apportée par le Président de la République nouvellement élu, aussi discutable puisse-t-elle être, en oubliant les réalités de terrain ne relève pas de l’éthique de la responsabilité. Ne pourrait on parvenir, dans notre pays, sur des questions de société aussi délicates, à dire les choses sans excès mais aussi sans faux semblant ? Avant de se déchirer sur des principes ne pourrait-on pas, d’abord, essayer de  se retrouver sur un diagnostic partagé des problèmes que nous avons à résoudre?

 

Cela n’a peut-être  pas été remarqué mais nos voisins italiens, dans un contexte très différent du nôtre, l’Italie étant un pays d’immigration récente encore peu confronté aux problématiques de rapprochement familial, ont largement freiné leur immigration africaine pour y substituer une immigration roumaine et ukrainienne. Le Danemark, il y a quelques années, sous un gouvernement social démocrate me semble-t-il, c’est interrogé sur ce que serait la composition ethnique de sa population dans quelques décennies. Les pays de l’Europe du nord qui, au contraire de la France, se sont largement ouverts à l’immigration de travail des nouveaux membres de l’Union européenne n’ont-ils pas aussi, pour certains, cherché à rééquilibrer leur immigration ?

 

Surtout, le Canada, et notamment le Québec, qui ont des politiques très volontaristes de peuplement par l’immigration, ont décidé, il y a déjà longtemps, d’éviter qu’un groupe ethnico- culturel ne devienne trop important. A cet effet des bureaux  de recrutement installés dans différentes régions du monde veillent à maintenir un équilibre entre les sources de recrutement mais, à  certains moments, des mesures dissuasives ont été prises pour freiner un flux particulier, notamment l’immigration chinoise.

 

En France dans son récent ouvrage « Le temps des immigrés », François Héran, directeur de l’INED, expose, à juste titre, que l’immigration est un phénomène inéluctable appelé à devenir le principal  facteur de croissance de notre population et que le brassage de ces populations nouvelles dans la société française est devenu un défi majeur à relever au même titre que celui du vieillissement. Ce démographe de référence, qui ne prend toutefois pas en compte les difficultés actuelles de l’intégration, écarte l’irréalisme de l’immigration zéro et évoque des hypothèses allant de « l’infusion durable » à « l’intrusion massive ».

 

Cette réflexion devrait être poursuivie au regard des difficultés d’intégration que nous connaissons actuellement car si François Héran évoque, à échéance de quelques dizaines d’années, une société française plus colorée se rapprochant progressivement du « modèle réunionnais », lequel est une authentique réussite multiculturelle sur un fond d’assistanat, il serait peut être plus réaliste de se projeter dans une France développant le « modèle neuf trois ». Quel est le niveau souhaitable de développement, pour notre pays, de ce « modèle neuf trois » : l’infusion durable ou l’intrusion massive? De quelle réelle  marge de manœuvre disposons nous dans ce domaine ? Peut-on le  faire évoluer vers un modèle de type réunionnais avec  moins de discriminations, moins d’assistanat, moins de délinquance, plus de reconnaissance des cultures et des identités ? Il faudrait aussi pouvoir débattre de ces questions.

 

Evidemment l’une des difficultés à l’ouverture d’un tel débat est  que les marges de manœuvre dont nous disposons pour réguler les flux sont assez limitées, sauf à remettre en cause des droits fondamentaux garantis au plan national et au plan européen. Aujourd’hui l’essentiel de notre immigration légale est très majoritairement à dominante familiale, par le biais du regroupement familial à proprement parler (un étranger résident en France fait venir son conjoint et ses enfants) mais, de plus en plus, par le biais des mariages « mixtes » (un français d’origine étrangère, vivant en France, épouse un conjoint étranger de même origine, vivant à l’étranger).En tant que pays d’immigration ancien nous avons ainsi à gérer un phénomène d’accroissement continu des communautés présentes sur notre sol à partir des pays d’origine. De plus, dans ce dernier cas, aucune condition de maîtrise du français, de ressources et de logement ne sont exigées ce qui ne facilite pas l’intégration des nouveaux arrivants et les rend très dépendants des dispositifs d’aide sociale.

 

Sans doute cherche-t-on actuellement, à juste titre, à mieux encadrer le regroupement familial et à mieux contrer les mariages de complaisance mais il semble bien difficile de pouvoir réduire ainsi, de façon réellement significative, ce qui a été appelée, un peu à tort, l’immigration « subie » (rappelons quand même que celle-ci résulte de l’application de textes juridiques que nous nous sommes librement donnés  en cohérence avec nos principes démocratiques). L’immigration « choisie »  qui va être développée, pour d’excellentes raisons dont il aurait été sans doute  utile de mieux débattre, s’ajoutera à l’immigration « subie » mais ne s’y substituera pas.

 

Le seul domaine dans lequel un discours de fermeture et des mesures restrictives (encadrement renforcé du droit d’asile, régularisations plus difficiles, etc.) peuvent avoir un certain effet est peut-être celui de l’immigration irrégulière, celle-ci étant susceptible de se déplacer, partiellement, vers des pays plus accueillants. Toutefois le risque de voir s’accroître encore le nombre des « sans papiers », qui pèsent déjà très lourdement sur tous nos dispositifs sociaux d’aide et d’accueil, est aussi très réel. Cela pourrait être le cas avec les nombreux étrangers qui  entrent régulièrement en France, avec un visa, pour voir un de leurs proches parents installé dans notre pays, mais qui ne repartent pas à l’expiration de celui-ci, si toutes perspectives de régularisation leur sont désormais interdites.

 

Bien entendu le codéveloppement ouvre des pistes intéressantes pour contenir les flux africains mais, en termes quantitatifs, il risque de demeurer encore longtemps à un niveau très modeste par rapport aux enjeux en cause. Le grand partenariat euro-africain, autour de la Méditerranée, proposé par le Président de la République peut ouvrir, à terme, d’autres perspectives plus ambitieuses mais il faudrait alors qu’il ne se limite pas aux pays de l’Europe du sud et qu’il soit étendu à l’Afrique sub-saharienne.

Jean-Claude SOMMAIRE

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5 novembre 2009 4 05 /11 /novembre /2009 10:04

Par Gilles Casanova pour La Gauche Moderne
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Lorsqu’il y a 25 ans, surgissait électoralement, à l’occasion des européennes, le
Front National, qui s’était illustré localement l’année précédente à Dreux, comment ne pas percevoir que c’était la question de l’identité nationale française, qui, parce qu’elle avait été trop longtemps oubliée, surgissait sous une forme exacerbée par les difficultés économiques du moment, et allait nourrir un discours populiste d’extrême droite.

La gauche, comme la droite, ont choisi à ce moment là de condamner le Front National, mais sans répondre à cette question qui avait fait renaitre l’extrême droite française de ses cendres. Le vocabulaire de la nation, comme son drapeau ont vite étés abandonnés à Jean-Marie le Pen, sans débat, sans combat, par beaucoup de responsables politiques qui craignaient, plus que tout d’être dénoncés comme « ringards » ou « France-moisie » par les médias dominants de l’époque. Ils ont choisi le seul terrain de l’antiracisme pour contrer la progression de l’extrême droite, avec l’insuccès que l’on sait.

Aujourd’hui, 25 ans plus tard, c’est parce qu’il a osé poser cette question, dans la campagne présidentielle, sans détour, que Nicolas Sarkozy a fait reculer massivement le vote en faveur du Front National.

C’est dans cette situation nouvelle que, conformément à l’intitulé de ses fonctions, Éric Besson lance ce grand débat national.

Ceux qui osent accuser la majorité de faire une diversion politicienne avant les élections régionales devraient avoir honte d’eux-mêmes. Quel meilleur moment pour avoir un débat si important, et qui a miné la vie politique de notre pays pendant 25 ans, faute d’avoir eu lieu, qu’avant les élections ? Si on veut faire un vrai débat, et pas un simulacre, alors il faut le faire, tout naturellement, à ce moment là, qui est celui où les Français s’intéressent le plus à la politique. Et quelles leçons devrait-on recevoir de ceux qui n’ont jamais voulu ou jamais su lancer ce débat, pendant les nombreuses années où ils étaient au gouvernement du pays…

Ce débat, auquel La Gauche Moderne prendra toute sa part, doit sortir de la forme manichéenne et excessive qu’il a pris faut d’être mené.

·        D’un côté, on trouve une vision restrictive de l’identité française, passéiste. Une vision qui sert d’abord à exclure, sous prétexte de préserver la Nation. Dans le slogan, « la France, aimez-là ou quittez-là », on sent bien que c’est la seconde proposition qui a la faveur de l’auteur. Il s’agit là d’une vision ancienne de la France, fondée au temps du colonialisme, lorsque les nations européennes avaient le sentiment d’apporter La civilisation à des barbares de par le monde. Elle sous-tend une vision de l’assimilation des nouveaux arrivants – qui pour la plupart viennent de territoires qui furent nos anciennes colonies – qui ne correspond plus à l’état de la planète. C’est l’assimilation par contrition, devant la grandeur de la France, et la reconnaissance de l’œuvre civilisatrice universelle de la colonisation, qui es là proposée. Chercher à imposer cela aux enfants et aux petits enfants des combattants de l’indépendance algérienne, par exemple, c’est être certain de créer sur notre sol rancœur et désamour à l’égard de la Nation, chez des femmes et des hommes, souvent jeunes, qui n’ont pas eu et n’auront pas d’autre patrie que celle qui est inscrite sur leur carte d’identité : la France. C’est s’assurer qu’immigration rimera durablement avec délinquance, spécialement dans la jeunesse.

·        De l’autre côté, de beaux esprits, souvent intellectuels protégés du monde et de ses dures réalités, se sont plus à prendre le strict contrepied de cette position. La France coupable de tant de siècles de colonisation « doit payer ses dettes de sang ». Comment ? Les arrières petits enfants des colonisateurs – que nous sommes collectivement – doivent accepter tout ce qui plaira au dernier arrivant venu. On devra accueillir tous ceux qui le souhaitent sans aucun contrôle, et les faire bénéficier de nos régimes sociaux très favorables. Tous les droits pour les « enfants des victimes de la colonisation », aucun devoir, en retour leurs aïeux ayant déjà donné… Voilà pour la version d’extrême gauche. Une version plus modérée, mais dans le même esprit, est répandue chez nombre de responsables socialistes. Il ne s’agirait plus pour la France, d’assimiler, comme elle l’a fait pendant des siècles, des populations venues d’ailleurs pour faire, avec elles – à égalité de droit et de devoirs entre les anciens et les nouveaux arrivants – une culture française collective et contribuer à un Génie national propre. Au contraire, la France devrait devenir une nation multiculturelle, dans laquelle les arrivants et leurs descendants pourraient vivre dans leur propre culture – à côté de la culture française d’origine – une vie rythmée par les programmes des chaines satellites du pays d’origine de leurs anciens. À la société française d’aplanir d’éventuelles difficultés, liées au plein exercice de leurs coutumes ou cultes parfois exigeants. Cette société désarticulée, qui est bien souvent celle qui prévaut dans les banlieues de nombre de grandes villes, il n’est pas besoin de grands efforts pour la généraliser au pays tout entier, mais quel avenir aurait-elle. Le chaudron ainsi créé, éclaterait vite…

Dans les deux cas, ce qui frappe, c’est le renoncement à la France.

·        On ne fera pas la France de demain en imposant à ceux qui la rejoignent de renier leur culture ou leur passé. On ne leur imposera pas de relire l’histoire du seul point de vue des colonisateurs notamment. Ceux qui proclament cela ont déjà renoncé, il n’est qu’à lire le fait que, bien souvent, ils présentent la France comme envahie, voire asservie par les étrangers. Il n’y a pas d’espoir dans cette voie

·        On ne fera pas plus la France de demain en l’abaissant, comme si elle n’avait plus la force de parler à d’autres civilisations, comme si elle n’avait plus rien à dire au monde, ni même à ceux qui la rejoignent venant de tant de régions différentes.

La voie que nous proposons ne renonce pas à l’assimilation, mais au sens plein du terme. C’est d’une double assimilation qu’il s’agit, et c’est cela qui a « fait France » pendant tant de siècles. Jusqu’au milieu du XX° siècle, la France a su assimiler l’apport culturel et civilisationnel que portaient avec eux les nouveaux arrivants, et leur faire bénéficier en retour de ce génie spécifique qui ne s’est jamais dissout dans un pays ou la nationalité n’a jamais été liées à la couleur de la peau, ni la religion, ni l’origine, mais à la volonté de vivre ensemble.

Il faut retrouver cette dynamique que les difficultés de la décolonisation ont un temps interrompue. Il faut retrouver la force de montrer aux jeunes générations issues de l’immigration quel avenir prometteur la France peut leur proposer si ils jouent le jeu de la construire pleinement, sans renoncer en rien à leur histoire, à leur origine, ou leur religion, ce que la France n’a jamais demandé à personne. Il faut retrouver la force de montrer aux anciens combien cette jeunesse va contribuer, elle aussi, à faire de la France un pays moderne capable de garder son haut niveau de solidarité et de protection sociale.

Ce sont, notamment, les initiatives et les mesures pratiques qui permettront d’aller dans ce sens que La Gauche Moderne défendra au sein de la majorité présidentielle, comme elle les expliquera dans le cadre du débat d’ensemble qui s’engage.

Gilles Casanova
La Gauche Moderne 

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1 novembre 2009 7 01 /11 /novembre /2009 19:53

Le Figaro du 27 10
 
  • EDITO - «Alors que l'immigration a profondément changé  la physionomie de la France, que la mondialisation est un fait, s'interroger sur l'identité nationale n'est pas saugrenu». Par Paul-Henri du Limbert.

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Demandez à un homme de gauche de vous parler des valeurs de la République, il sera intarissable et souvent émouvant. Dites-lui que tout cela forme l'identité  d'un peuple, il commencera à vous regarder de travers. Et ajoutez que cette « identité nationale » est la grandeur de la France, il vous tournera le dos.


Nicolas Sarkozy connaît par cœur la gauche française, ses tabous et ses contradictions. Et c'est bien pourquoi il lance aujourd'hui, par l'intermédiaire d'un ancien responsable PS, Éric Besson, ce grand débat sur l'identité nationale. Le PS n'a que des coups à prendre.

Pourtant, s'ils n'avaient pas peur de leur ombre, les socialistes pourraient se saisir de ce débat d'une façon volontariste et en profiter pour remettre leurs idées au clair. Au lieu de dire, comme Vincent Peillon, que la burqa «ne menace pas» l'identité du pays alors que chacun est persuadé du contraire, ils pourraient s'interroger sur les dérives du communautarisme, qui jour après jour ronge la chère «République une et indivisible». Il est arrivé souvent à Jean-Pierre Chevènement de tempêter contre cette gauche oublieuse de son histoire et de son corps de doctrine, mais ce fut en vain. Il y a vingt-cinq ans, alors ministre de l'Éducation, il avait suggéré que l'on chante La Marseillaise à l'école. Ses camarades d'alors lui avaient conseillé de calmer ses ardeurs républicaines.


Un quart de siècle plus tard, alors que l'immigration a profondément changé la physionomie de la France, que la mondialisation est un fait, s'interroger sur l'identité nationale n'est pas saugrenu. C'est, par exemple, ce qui anime le maire PCF de Vénissieux, André Gerin, quand il lance le débat sur l'interdiction de la burqa. Il explique fréquemment que dans sa commune on parle et pratique toutes les langues et toutes les religions du monde, et que si on ne définit pas quelques valeurs communes, on court à la catastrophe. On connaît beaucoup de maires socialistes, de petites ou de grandes villes, qui en privé disent la même chose mais se taisent en public « pour ne pas faire le jeu du Front national ». Cette politique de l'autruche leur a valu le cuisant 21 avril 2002 et la défiance de la classe ouvrière.


À cinq mois des régionales, il y a bien sûr dans le lancement de ce débat une part de tactique. Quand Mitterrand, avant chaque élection, évoquait le droit de vote pour les immigrés dans le but de favoriser le vote FN et d'affaiblir la droite, on criait au génie politique. Nicolas Sarkozy n'est pas obligé d'être moins habile que son prédécesseur.

P. H. du Limbert
Le Figaro
Article déjà publié sur http://lgm.paysdelaloire.over-blog.com
 

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22 octobre 2009 4 22 /10 /octobre /2009 17:17

Par Simon-Pierre Trezeguet
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Le surendettement est une plaie sociale, qui frappe d’abord les plus fragiles.  Ce constat est largement partagé, les mesures pour lutter contre ce phénomène connues.  Pourtant, grâce à un lobbying efficace des bénéficiaires de ces pratiques (organismes de crédit à la consommation, grandes surfaces, etc.), rien ne bouge.  Une discussion au Parlement est prévue pour cet hiver à ce sujet.  Il ne s’agit pas ici de stigmatiser tel organisme financier, ni même d’interdire tel type de crédit (revolving).  Il s’agit uniquement de proposer la mise en place des mécanismes qui permettent d’éviter que des ménages se retrouvent surendettés, souvent sans que cela soit lié à un manque de revenus.

 

Quelles mesures prendre ?

1/ Mettre en place le fichier positif.  Aujourd’hui, la France dispose d’un fichier négatif, c’est-à-dire listant les ménages présentant des incidents de paiement.  Le fichier positif, qui a été mis en place avec succès en Belgique (réduction drastique du nombre de surendettés), consiste à tenir un fichier de tous les crédits contractés par les ménages, l’objectif étant que les organismes de financement n’accordent pas de nouveau crédit aux ménages déjà lourdement endettés (seuil à définir : 40% du revenu disponible ?).  Bien sûr, des garde-fous s'imposent pour qu'un tel fichier ne soit pas exploité commercialement (la Belgique a trouvé les parades, inspirons-nous en).

 

2/ Abaisser le taux de l’usure à 10-12% (taux interbancaire plus 10% ?).  Cela limitera mécaniquement les taux des crédits court-terme, qui atteignent souvent plus de 16% aujourd'hui, et abaissera le niveau de risque que les organismes financiers sont prêts à prendre.

 

3/ Impliquer le Trésor Public : les amendes ou impôts non-payés finissent par représenter des montants très importants.  Cela aggrave la difficulté des ménages fragiles.  Le Trésor Public accepte souvent un échelonnement du paiement, parfois même l’impose par le biais d’une saisie sur salaire, mais accepte rarement d’effacer les pénalités de retard.  Quand on gagne le SMIC, un paiement de 90 euros représente un gros montant.  Sauf à effectuer des démarches, compliquées quand on travaille, le paiement est exigé en une fois.  Sans doute faut-il prévoir un paiement en 6 fois sans frais pour toutes les amendes.

 

4/ Limiter la vente couplée produit/crédit et clarifier les engagements des cartes Magasin de fidélité et de paiement.  Aménagement de la maison, loisirs : de nombreux commerces s’appuient sur des mensualités très faibles pour vendre leurs produits.  C’est l’accumulation de ces petits crédits qui souvent crée les conditions du surendettement.  De même, les cartes Magasin sont souvent des crédits revolving déguisés.  Il convient de réfléchir à mieux séparer vente du produit et financement, et à mieux informer les consommateurs des services qu’ils achètent.

 

En conclusion, quelques pistes simples à mettre en oeuvre existent.  D'autrres pays se sont déjà emparés de ce sujet, avec réussite.  Exhortons nos députés à agir dans le sens de l'intérêt général ! Lutter contre le surendettement, c'est oeuvrer à la cohésion sociale...

Simon-Pierre Trezeguet
Article publié sur le blog La gauche Moderne Haute Normandie

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4 octobre 2009 7 04 /10 /octobre /2009 09:57


Sous le patronage d'IES, Initiative Européenne et Sociale

 

Les Amis de "La Gauche Moderne" - Paris

 

vous convient le lundi 5 octobre 2009

à une conférence-débat

 

"La laïcité en 2009 : tour d'horizon d'actualité"

 

avec Guy ARCIZET, Antoine SFEIR, Eric FERRAND

et le témoignage de KARIMA (Insoumise et dévoilée, éditions Luc Pire, 2009)

 

 à 20 heures (précises), au cinéma l'Entrepôt, 7 rue Francis de Préssensé, 75014 Paris .

Métro Pernety

RSVP - amis.lgm@gmail.com

 

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25 août 2009 2 25 /08 /août /2009 17:55

Nathalie Kosciusko-Morizet dans Le Figaro du 24 08 09

La secrétaire d'État chargée de la Prospective et du Développement de l'économie numérique se saisit de cette question, qui revient au cœur des débats en période de crise.

 

Le débat public français vient de se saisir de la question du déclassement. C'est une bonne chose. Le « déclassement », c'est l'inversion de l'ascenseur social. Si les générations se succèdent de telle sorte que les enfants sont mieux lotis que les parents, en termes de revenus, d'éducation ou de bien-être, alors l'ascenseur monte. Dans le cas contraire, l'ascenseur social descend : on est «déclassé». La lecture de l'étude récentede Camille Peugny (1) m'a incitée à solliciter les experts du Centre d'analyse stratégique (CAS), qui m'ont remis leur rapport (2). Leur travail corrige quelques idées reçues par trop alarmistes et plaide pour un triple refus : celui du déni, celui de la dramatisation et celui de la résignation.


Le phénomène de déclassement existe et il progresse : il a augmenté ces dernières années (on compte aujourd'hui 22 à 25 % de déclassés), et il est accentué par un déclassement de type contextuel, lorsque des enfants exercent une profession semblable à celle de leurs parents, mais avec des contraintes sociales plus fortes et des moyens qui s'en trouvent proportionnellement amoindris. Il s'agit donc d'une réalité objective, qui affecte une partie non négligeable de la population ; il s'agit également d'une réalité subjective, parce que la crainte du déclassement est diffuse. Il fallait donc en prendre une mesure exacte, sans déni. Mais l'ascenseur fonctionne encore en France : la mobilité ascendante des générations reste majoritaire. À la différence de ce que l'on observe dans de nombreux pays développés, les classes moyennes maintiennent leur position. Pas de dramatisation, donc, et pas davantage de résignation, parce que l'action publique n'est pas dépourvue de ressources. Le rapport le montre, en proposant quelques pistes. Je voudrais toutefois attirer l'attention sur deux de ses leçons.


L'une concerne la manière dont les jeunes perçoivent leur avenir, l'autre le statutdes femmes. Le rapport dresse un constat préoccupantde la manière à tout le moins pessimiste dont les jeunes perçoivent leur avenir. C'est une crainte partiellement fondée : le chômage des jeunes en France est un fléau. Sous une forme scolaire, le déclassement touche, trois ans après l'entrée dansla vie active, environ 10 % d'une classe d'âge. Le déclassement professionnel est plus fréquent aujourd'hui qu'hier à l'issue d'une période de chômage,puis dans la seconde partie dela carrière professionnelle. C'est le signe d'une insuffisance des dispositifs d'accompagnement des transitions professionnelles et, parmi eux, de l'accèsà la formation continue. Voilà qui conforte la nécessité d'une réforme de l'orientation scolaire et professionnelle, et qui demande encore de développer des formes innovantesde financement de la formation. En la matière, je croisque le prêt à remboursement contingent au revenu est une piste à approfondir. Les projets législatifs sur la formation continue joueront leur rôle, notamment par la mise en place d'un fonds nationalde sécurisation des parcours professionnels.


Trois priorités stratégiques devront guider l'action publique : l'amélioration des perspectives d'insertion initiale et d'évolution sur le marché de l'emploi ; la correction des défauts de marché conduisant à un accroissement de la part des dépenses contraintes ou pré-engagées dans le budget des ménages (au premier rang desquelles le logement) ; le rétablissement d'un rapport de confiance dans l'avenir qui suppose une plus grande lisibilité des mécanismes d'investissement et d'assurance de l'État-providence.


Ce seront les leviers d'une action qui va donc se heurter au « ressenti » de déclassement. Que l'inquiétude sociale diffuse suscite un sentiment de déclassement supérieur à sa réalité objective mérite toutefois qu'on s'y attarde. Que l'inquiétude soit exacerbée par la crise et par l'effondrement actuel de l'emploi est bien sûr compréhensible, mais le déclassement touche davantage les femmes, les jeunes et les chômeurs de longue durée.

Voilà qui est parfaitement choquant et qui doit être pris en compte par le débat public, au moment où l'emprunt national nous donne l'occasion de réfléchir collectivement à nos priorités. Je m'emploierai à ce qu'une meilleure connaissance du déclassement y apporte sa contribution.


(1) « Le Déclassement », Grasset (2009). (2) « La mesure du déclassement. Associer une action et une pédagogie sur les nouvelles réalités sociales ».

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