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 RECONQUÊTE est un  mouvement en construction. Ce n'est pas un parti politique, mais un Cercle de Réflexion et d'Action, ouvert à tous ceux, à quelque parti qu'ils appartiennent, ou sans parti, qui se reconnaissent dans ses valeurs et  principes. La Responsabilité et l'équivalence entre droits et devoirs à tous les niveaux,  le libéralisme économique,  la solidarité,  le choix d'une évolution réaliste et progressive dans le social et le sociétal,  l'Europe... 

 

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7 novembre 2010 7 07 /11 /novembre /2010 15:36

 

De Luc Rosenzweig, Causeur.fr, du 03 novembre 2010

 

Pendant longtemps, nos observateurs habituels n’avaient pas voulu y croire : leur icône post-raciale, postmoderne, post-tout, Barack Obama, allait se ramasser une raclée majeure aux élections de midterm. Jusqu’à ce que les sondages, dans une lassante répétition, restent bloqués sur le vert pour les Républicains et sur le rouge pour les Démocrates, on avait espéré, dans les principales rédactions françaises que la « magie Obama » allait transformer à nouveau la citrouille en carrosse. Lorsqu’il s’est avéré que cela ne serait pas le cas, il fallait trouver un responsable à cet incroyable comportement de l’électorat d’outre-Atlantique.

Comme il était inconcevable, pour les obamaniaques officiant chez nous dans la politique et les médias, de formuler la moindre critique de l’action du président des Etats-Unis, il fallait trouver d’autres coupables. « Obama dans la bouse, c’est la faute à Fox News. Le peuple n’a rien compris, à cause du Tea Party ! ».

 

Le modèle explicatif de cette défaite annoncée a pris le ton, en France d’une virulente dénonciation de cette « Amérique que nous haïssons », que l’on avait cru balayée en novembre 2008 avec la déroute des Républicains à l’issue de deux mandats de George W. Bush. Obama n’allait pas perdre, on allait « l’abattre », comme le titrait dramatiquement Libération à la veille du scrutin.

C’est tout juste si on ne suggérait pas qu’on allait assister à une nouvelle forme de lynchage dont les meneurs seraient Glen Beck, le pittbull conservateur de Fox News, et Sarah Palin, la mama grizzly de l’Alaska. On laisse également entendre que le vieux fond de racisme de la société américaine est à l’œuvre dans cette entreprise de démolition du premier président noir de l’Union…

 

Obama, trop à gauche pour diriger l’Amérique ?

 

Et si la vraie raison était tout simplement que la majorité des Américains trouvent que Barack Obama est un mauvais président ? Si on a une lecture « européenne » de ses deux premières années de mandat, on ne comprend pas que les électeurs ne lui tiennent pas gré d’avoir étendu la couverture sociale à plus de trente millions de leurs concitoyens, et d’avoir rétabli l’image des Etats-Unis dans le monde.

Sauf que la classe moyenne a découvert que cette extension de la sécu aux plus pauvres augmentait considérablement les tarifs des mutuelles-santé, puisque ce sont les assurances privées qui sont maintenant contraintes, par la loi, d’offrir leurs services à des gens qui ne peuvent pas en payer le prix. Cela vaut particulièrement pour les gens actifs dans le small business ou les travailleurs indépendants qui estiment, en cette période de crise, n’avoir aucunement besoin de ce surcroît de charges. Le plan de relance, dit « stimulus » n’a pas donné les résultats escomptés en termes d’emplois, en dépit d’une injection de 800 milliards de dollars dans l’économie. Quant à la politique étrangère, dont on a fait dans ces colonnes un examen sans concessions, elle n’a pratiquement joué aucun rôle dans ces élections.

Et si Obama était definitely, comme on dit là-bas, trop liberal, à gauche pour diriger un pays dont les valeurs de gauche ne sont pas ancrées dans les profondeurs du peuple ? Les préjugés dont il a pu être victime au cours de ses deux premières années de mandat tiennent d’ailleurs plus à son image d’intello, prof à Harvard qu’à la couleur de sa peau.

 

L’échec du Tea Party, un succès pour les Républicains

 

Et maintenant que va-t-il faire ? Que sera sa vie ? Ses amis démocrates se plaisent à évoquer le scénario de Clinton, étrillé aux midterm de 1994 et réélu triomphalement en 1996.
Peut-être, mais peu probable, à moins que l’on assiste à une rapide amélioration de la situation économique. Tout d’abord une nécessaire lapalissade : Obama n’est pas Clinton, et ne dispose pas de la souplesse idéologique de l’ancien président. Ensuite, son « recentrage » nécessaire pour cogérer le pays avec une Chambre hostile et un Sénat dont il faudra ménager les Démocrates conservateurs peut brouiller définitivement son image et lui aliéner les liberals.

 

Ce sont eux, d’ailleurs qui on causé la défaite d’Al Gore en 2000, en dispersant leurs voix sur le candidat « de gauche » Ralph Nader. Enfin, quoi que puissent penser nos commentateurs patentés, les Républicains ne sont pas des buses. Ils ont tiré les leçons de l’élection de 1996, et ne laisseront pas Obama leur faire porter le chapeau des décisions politiques impopulaires comme Clinton le fit avec succès aux dépens de Newt Gringrich, le président républicain de la Chambre.

 

Dans la perspective de l’élection présidentielle de 2012, l’état-major républicain peut aussi se réjouir de l’échec relatif des candidats étiquetés Tea Party, qui est la cause du maintien d’une courte majorité démocrate au Sénat. Tous les analystes sont d’accord pour estimer que la défaite de Sharron Angle au Nevada et de Christine O’Donnell dans le Delaware, toutes deux pasionarias du Tea Party a privé les Républicains de ces deux sièges cruciaux, qui n’auraient pas échappé aux candidats plus modérés battus lors des primaires. Il ne reste plus à Obama et ses amis à rêver que sa concurrente en 2012 soit Sarah Palin, jugée plus facile à battre qu’un Républicain mainstream. Un pari risqué, car la dame en question a beaucoup, beaucoup appris ces derniers mois. Les paris sont ouverts, aux commentateurs d’établir la cote…

 

Luc Rosenzweig, Causeur.fr,

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Je vous  conseille fortement la lecture régulière du site causeur.fr...Vous ne le regretterez pas!

 

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Published by Luc Rosenzweig, pour causeur.fr - dans Etats-Unis
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30 octobre 2008 4 30 /10 /octobre /2008 18:40

Chroniques publiées par notre ami Laurent Bouvet dans le quotidien Nice Matin
...Et sur son blog... http://laurentbouvet.wordpress.com


La machine à gagner d’Obama

Depuis des années, l’efficacité de ce que les Américains appellent la « machine électorale » était du côté des Républicains (quadrillage du pays grâce à des groupes religieux militants, mobilisation des électeurs le jour du vote, financement…). La stratégie de George Bush reposait notamment sur de grandes opérations de mobilisation pendant les 72 heures précédant le scrutin où chacun avait un rôle précis à accomplir : téléphoner une dernière fois à un ami, aller chercher une personne âgée en voiture, sonner encore une fois chez les voisins…

Cette année, les Démocrates derrière Barack Obama semblent avoir bâti une « machine » à la fois plus puissante, plus moderne et plus efficace que les Républicains. Son financement représente d’ores et déjà un record : plus de 650 millions de dollars ! Alors que John McCain n’a levé « que » 240 millions. La clef de ce succès dans la collecte de fonds repose sur un maillage très serré du territoire, bloc par bloc (quartier par quartier) et un suivi très précis grâce aux nouvelles technologies – la mobilisation des jeunes cerveaux de la Silicon Valley a été fructueuse.

Ainsi Obama a-t-il pu récolter près de 254 millions de dollars en dons de moins de 200 dollars – la limite maximale autorisée par individu étant de 2300 dollars – alors que McCain n’en levait que 53. Cet énorme trésor de guerre lui permet non seulement d’inonder de publicités les télévisions des swing States (ces Etats indécis où va se jouer l’élection) mais encore de porter le combat là où McCain était assuré de la victoire – obligeant ce dernier à dépenser ses « maigres » ressources pour défendre son pré carré.

Les Clinton étaient réputés jusqu’ici avoir construit la meilleure machine électorale démocrate. Elle a permis à Bill d’être élu deux fois à la présidence mais n’a pas permis à Hillary de remporter les primaires. Elle a été vaincue par la machine Obama. Il faudra toutefois attendre le 4 novembre pour savoir si celle-ci peut faire élire un nouveau président démocrate.

Laurent Bouvet 29 10 08

 

Pendant la crise, la guerre continue

 

La crise économique et financière a relégué au second plan les préoccupations internationales des Américains. Pourtant la « guerre contre le terrorisme » lancée par George Bush après le 11 septembre 2001 est loin d’être terminée. Même si l’élection ne se jouera pas sur les enjeux extérieurs, contrairement à ce qu’avait anticipé John McCain qui comptait mettre en avant son expérience de soldat et ses aptitudes de « Commander in Chief », rien n’est réglé pour autant. Le prochain président américain aura à gérer une situation difficile et sans doute à faire face à de nouvelles crises internationales si ce n’est au terrorisme.

En Irak, les choses s’améliorent peu à peu à mesure que le pouvoir local prend le contrôle du pays. Mais les soldats américains sont encore loin du retour et tout peut arriver à n’importe quel moment : attentat, reprise des affrontements entre communautés… En Afghanistan, la situation s’est dégradée depuis un an : les Américains et leurs alliés ont du mal à contenir le retour des Talibans. En cas d’échec, le pays pourrait bien redevenir une base arrière du terrorisme.

Au-delà de ces deux théâtres d’opération, rien n’est réglé ni avec l’Iran qui poursuit son programme nucléaire, ni au Pakistan qui connaît une phase de grande incertitude après le départ de son président pro-américain Pervez Musharraf, ni avec la Russie dont l’intervention cet été en Géorgie a montré qu’elle voulait revenir au premier plan.

Enfin, le problème principal des Etats-Unis à moyen terme reste celui du coût économique (et écologique) de leurs importations énergétiques et de matières premières. Comme le dit Al Gore, ancien candidat à la présidence en 2000 et prix Nobel de la paix : « nous empruntons de l’argent à la Chine pour acheter le pétrole du Golfe persique qui aggrave d’une manière irréversible nos conditions de vie ». Ce qui était vrai avant la crise devient une urgence avec elle dans la mesure où les déficits américains (commercial, budgétaire, balance des paiements…) sont déjà considérables.

Laurent Bouvet 28 10 08

Articles parus dans le quotidien NICE MATIN

 

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25 octobre 2008 6 25 /10 /octobre /2008 19:47
Notre ami, Laurent Bouvet, tient une chronique qutidienne dans  "Nice Matin", sur les élections américaines...Je reprends cet article paru le 24 octobre...


Ni Barack Obama ni John McCain ne sont férus d’économie. Cela ne les a jamais réellement intéressés. Jusqu’au mois de septembre, l’économie n’était pas au cœur de leur discours. Ils parlaient plus volontiers de questions internationales (McCain) ou de questions sociales (Obama). Alors même que les Américains vivaient eux, d’ores et déjà, pleinement la crise depuis un an : celle des subprimes et de l’immobilier (des centaines de milliers de familles ont perdu leur maison), celle de la montée des prix du pétrole et des produits alimentaires.

La crise financière a subitement changé la donne. Obama s’est révélé bien plus solide et bien plus calme face aux événements que McCain. Ce dernier a même prétendu un moment interrompre sa campagne pour retourner à Washington convaincre ses collègues sénateurs d’adopter le plan Paulson première manière (700 milliards de dollars d’argent public pour sauver les banques de la faillite). Résultat : il est apparu sur tous les écrans de télévision du pays comme l’ouvrier de la 25e heure, celui qui arrive après la bataille. Et il a dû se contenter de faire de la figuration aux côtés des responsables économiques de l’Administration Bush.

Son décrochage dans les sondages vient de ce moment précis. McCain qui avait tout misé sur ses qualités de leadership et de discernement, venait de montrer aux Américains qu’il s’agitait en vain, ne sachant que faire, face à une crise majeure.

Obama, au contraire, gagnait ses galons d’homme d’Etat par son calme et son discours rassurant dans la tempête. Non seulement il avait pris ses responsabilités en soutenant les démarches d’urgence de l’équipe Bush, mais en plus il traçait quelques perspectives de changement pour le système financier à venir. Des changements que l’on découvrait inscrits depuis longtemps dans un programme économique (régulation plus forte des marchés, modération des rémunérations patronales, etc.) concocté par une équipe de conseillers de premier ordre. Bref : le changement dans la confiance !

Laurent Bouvet

Chronique “Carnet d’Amérique” publiée dans le quotidien Nice Matin le 24/10/08.

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Published by Laurent Bouvet, Nice matin - dans Etats-Unis
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17 septembre 2008 3 17 /09 /septembre /2008 07:33
...Par Laurent Bouvet...(publié aussi sur son blog: http://laurentbouvet.wordpress.com....)


C’est Willie Brown, ancien maire démocrate de San Francisco qui a le mieux résumé la situation, à l’entame de la dernière phase de la campagne présidentielle américaine, dans
son éditorial du dimanche 7 septembre du San Francisco Chronicle : « Les démocrates ont des ennuis. Sarah Palin a complètement changé la dynamique de cette campagne. Point final. » Et d’ajouter en signe d’avertissement aux Démocrates : « Elle n’a pas besoin de prouver qu’elle est ‘du peuple’. Elle est réellement le peuple ».

Sarah Palin, populaire gouverneur de l’Etat d’Alaska mais largement inconnue jusqu’ici, a littéralement explosé sur la scène politico-médiatique en quelques jours, entre sa désignation comme colistière pour la vice-présidence (1) par John McCain et son discours remarqué devant la convention républicaine. Ce surgissement ressemble d’ailleurs beaucoup à celui de Barack Obama en 2004 lors de son discours devant la convention démocrate alors qu’il était lui aussi inconnu. Derrière cette irruption soudaine, il y a bien sûr un coup tactique audacieux joué par McCain qui montre qu’il sait être fidèle à sa réputation de maverick malgré l’affadissement de sa campagne ces dernières semaines. Mais l’on peut aussi déceler la résurgence d’une conformation habituelle du combat politique américain de ces dernières années : la polarisation autour de deux cultures politiques irréconciliables, ou supposément telles, celle des Démocrates et celle des Républicains. La « bleue » et la « rouge » si l’on suit le code couleur qui les désignent dans les médias américains.

A une nuance, de taille, près, c’est qu’il ne s’agit pas d’un simple revival du célèbre débat sur les valeurs tel qu’il a pu se dérouler en 2004 notamment lorsque Karl Rove en a fait la ligne rhétorique de son champion, George W. Bush. Ce débat existe certes. Les valeurs conservatrices ou traditionalistes plutôt présentes chez les électeurs républicains (contre l’avortement, contre l’interdiction du port d’armes, pour la peine de mort, contre le mariage gay, contre l’euthanasie, contre la recherche sur les cellules souches, favorables au créationnisme, etc.) s’opposent bel et bien à des valeurs progressistes ou modernistes que l’on trouve plutôt chez les Démocrates (pour l’avortement, pour le contrôle des armes, contre la peine de mort, pour la recherche sur l’embryon, etc.). Mais aujourd’hui, une nouvelle dimension s’y ajoute, celle d’une démarcation sociale en même temps que culturelle, jouant à front renversé, opposant l’Amérique populaire, celle des couches modestes, blanches, rurales ou rurbaines… à celle des élites, cosmopolites et vivant dans les grandes villes ! Bref, Palin vs. Obama : deux visages de l’Amérique de demain (ils ont tous les deux la quarantaine), deux chemins vers le « rêve » américain.

Bien sûr, le phénomène Palin soulève autant de questions qu’il semble apporter de réponses aux Républicains dans cette campagne. Dès sa nomination, de multiples « affaires » ont surgi : la grossesse de sa fille de 17 ans, son implication éventuelle dans le licenciement de son beau-frère de la police, ses liens avec des lobbyistes à Washington… Mais ce sont surtout deux autres aspects de son parcours et de sa personnalité qui suscitent des interrogations chez les Républicains – et des attaques chez les Démocrates – : son manque d’expérience et son identité ultraconservatrice.

L’expérience de Sarah Palin en politique étrangère est nulle. Elle a demandé pour la première fois un passeport américain à l’été 2007 afin de rendre visite aux soldats d’Alaska en Allemagne et au Koweït ; elle a même déclaré : « J’ai tellement été occupée par le gouvernement de l’Etat (Alaska) que ne me suis pas tellement intéressé à la guerre d’Irak » ! Outre que cela ôte, symétriquement, un argument aux Républicains contre Barack Obama, l’inquiétude vient surtout de la probabilité, plus élevée pour Palin de remplacer McCain en cours de mandat que pour n’importe quel vice-président avant elle. McCain s’il était élu en novembre, serait en effet le plus vieux président jamais élu pour un premier mandat de l’histoire américaine. L’identité ultraconservatrice de Palin peut également être considérée comme un handicap électoralement : elle n’a pas un profil susceptible de séduire les électeurs indécis ou les indépendants alors qu’il s’agit d’un enjeu capital pour les deux camps. Suivront-ils McCain sans se préoccuper de sa colistière ? Un sondage indiquait récemment que le choix de celle-ci incitait 31% des indécis à moins préférer McCain contre 6% à le préférer davantage.

Pourtant, ces deux handicaps abondamment soulignés par la presse doivent être nuancés. En effet, le manque d’expérience de Palin ne peut lui être reproché de la même manière si l’on s’en tient aux affaires publiques intérieures. Elle est en effet la seule des quatre candidats présents sur les deux tickets de cette présidentielle à être (ou à avoir été) gouverneur : c’est-à-dire en charge d’un exécutif. Les trois autres : Obama, McCain et Joe Biden n’ont jamais été que sénateurs sans aucune responsabilité exécutive. Palin s’est même permis de rappeler à Obama que « le maire d’une petite ville (qu’elle a été) était une sorte de community organizer (ce qu’a été Obama à Chicago) mais avec de vraies responsabilités » ! Son identité apparaît également comme un atout si l’on veut bien voir qu’au-delà du miroir qu’elle tend aux Républicains les plus conservateurs, elle a également fait preuve jusqu’ici d’un réel talent populiste, au sens positif de ce terme dans le vocabulaire politique américain : elle ne fait pas que représenter cette Amérique du peuple, elle l’incarne. Ce talent incontestable pourrait bien aider le ticket républicain à conquérir les cœurs, et surtout les voix,  de toute une frange de cette population modeste que l’on évoquait plus haut. Dans certains Etats stratégiques (les fameux swing states tels que l’Ohio par exemple), dans les petites villes et les zones péri-urbaines, la religion, les valeurs familiales, le culte du travail, la fierté patriotique et le rejet de « Washington » (l’Etat fédéral) comptent au moins autant que les difficultés socio-économiques dans les choix électoraux. Si le ticket McCain-Palin réussit à attirer ne serait-ce qu’une partie de cet électorat qui s’était massivement prononcé pour Hillary Clinton dans les primaires démocrates, et qu’il garde les voix des conservateurs, notamment religieux, qui ont voté pour Bush en 2004, alors la partie pourrait s’avérer particulièrement difficile pour les Démocrates.

Si ceux-ci ont souvent eu en écoutant Barack Obama le sentiment d’avoir trouvé un nouveau Kennedy, il se pourrait bien alors que les Républicains aient découvert en Sarah Palin leur Margaret Thatcher comme l’ont déjà affirmé certains éditorialistes conservateurs.

 

Laurent Bouvet

L(B)log : http://laurentbouvet.wordpress.com

 (1) La Constitution américaine ne reconnaît que deux rôles au vice-président : remplacer le président en cas d’empêchement, de mort, de démission ou d’incapacité (Article II, Section 1), et présider le Sénat, avec voix déterminante en cas d’égalité (Article Ier, Section 3). Compte tenu de l’âge de McCain et des problèmes de santé qu’il a reconnus, on comprend pourquoi c’est davantage la première fonction que la seconde qui intéresse aujourd’hui les Américains.



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