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 RECONQUÊTE est un  mouvement en construction. Ce n'est pas un parti politique, mais un Cercle de Réflexion et d'Action, ouvert à tous ceux, à quelque parti qu'ils appartiennent, ou sans parti, qui se reconnaissent dans ses valeurs et  principes. La Responsabilité et l'équivalence entre droits et devoirs à tous les niveaux,  le libéralisme économique,  la solidarité,  le choix d'une évolution réaliste et progressive dans le social et le sociétal,  l'Europe... 

 

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9 septembre 2009 3 09 /09 /septembre /2009 21:09

Par Jean-Louis Caccomo
...


Le terme « sélection » est un véritable mot-tabou non seulement à l’université mais dans l’univers de l’éducation nationale. Sa simple évocation déchaîne les passions et les polémiques. Comment souvent, les polémiques surgissent à propos de termes dont la définition est si vague qu’ils finissent par devenir des étiquettes fâcheuses dont la fonction n’est plus de signifier mais de mobiliser et de marquer [1].

Si l’on veut que les masters professionnels délivrés dans nos universités soient reconnus par le monde professionnel, il ne faut pas craindre la sélection, au risque d’encourir le reproche – voir le crime – d’être jugé « élitiste ».


Encore faut-il définir l’élitisme dont il est question ici. Je suis élitiste dans le sens où je m’intéresse aux étudiants qui veulent s’en sortir et qui s’en donnent les moyens en s’investissant dans leurs études. Pour eux, je ferai tout mon possible. Les études sont une chance, les études sont un droit mais elles sont aussi un devoir, surtout quand le coût global de ces études est pour une grande partie pris en charge par la collectivité. L’étudiant est donc redevable envers cette collectivité (et ce n’est pas l’inverse comme le croient trop souvent certains étudiants farfelus). Il peut honorer sa dette en réussissant ces études, concrétisant ainsi les espoirs que la collectivité, ses parents et ses professeurs auront mis en lui.

 

Mais je ne suis pas élitiste dans le sens où je considère que ce type d’étudiant peut provenir de tous les horizons et de tous les milieux. Il est donc stupide d’avoir des aprioris en la matière. On peut être issu de bonne famille mais être fainéant, stupide ou profiteur. On peut être d’origine modeste et être travailleur, motivé et doué. Mais on peut être aussi de milieux modestes et être néanmoins fainéant, stupide ou profiteur. La condition sociale n’explique pas tout et n’excuse pas tous les comportements. En parfait économiste, je considère que chacun est responsable de ses actes. Il ne faut donc pas réserver l’université à un milieu particulier. En ce sens, la démocratisation des études est une excellente évolution. Mais ouvrir le panel de sélection ne veut pas dire supprimer la sélection.


Autrement dit, la sélection apriori est condamnable. Aucune discrimination fondée sur la religion, la couleur de la peau, l’aspect physique, la couleur politique ne saurait être légitime ni efficace. Encore une fois, les talents et les compétences peuvent provenir et surgir de partout. C’est pourquoi la Silicon Valley est aussi un véritable melting-pot. Je ne peux pas savoir par avance qui va travailler, qui sera un bon étudiant.

Par contre, il y aura toujours des bons et des mauvais étudiants, des étudiants qui auront travaillé et d’autres pas, ceux qui auront des compétences réelles et d’autres des compétences plus limitées ou inexistantes. C’est pourquoi la sélection s’impose a posteriori, mais uniquement sur la base d’une réelle évaluation des compétences et des motivations. C’est la condition essentielle pour que les diplômes aient un sens et une valeur effective sur le marché du travail. Et c’est un service à ne rendre à personne que de distribuer à tout le monde des diplômes qui auraient perdu toute valeur.

 

 

[1] C’est le cas du terme « libéral ». Je me suis entendu dire un jour que j’étais un libéral dans le mauvais sens du terme tandis que mon interlocuteur était un libéral dans le bon sens du terme. On oublie que, quand les mots ont plusieurs sens, alors ils n’ont plus de sens.

 

Jean-Louis Caccomo,

 

http://caccomo.blogspot.com/

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Published by Jean-Louis Caccomo - dans Education - recherche
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commentaires

Vladimir Vodarevski 13/09/2009 14:29

La sélection existe dans le système français. La selection par l'argent, comme cela est justement signalé dans les commentaires. La sélection par l'échec, des étudiants n'ayant pas le niveau se retrouvent à l'Université, et perdent deux ou trois ans.Il y a surtout la sélection par l'absurde. La France a des écoles de commerce, où l'on entre pour bénéficier d'un réseau de relations, après des classes préparatoires. Ce sont dont a priori des élèves aisés, mais néanmoins doués, qui entrent dans ces écoles. Pour apprendre quoi? Tout juste à gérer. Ces étudiants seraient mieux à l'Université, et surtout plus utiles, et pourraient devenir chercheurs, acquérir une culture, économlique, scientifique, littéraire. Il y a là un gâchis.Demême, les écoles commes Centrale ou polytechnique drainent des cerveaux très intelligents. pour quoi faire? Des dirigeants d'entreprises qui se partagent les postes entre anciens. Et la recherche? Et l'innovation? Et la création de start up, à la mode de la Silicon Valley?Autre exemple de sélection absurde, les IUT. Ce sont des instituts qui offrent des formations reconnues, et qui sélectionnent leurs étudiants. Le résultat, c'est qu'ils attirent des étudiants capables d'aller loin dans les études universitaires, et refusent le public pour lequel ils ont été créés, qui se retrouve à l'Université, sans grande chance d'aller très loin.Le débat sur la sélection est donc réducteur. La sélection existe, c'est un fait. Elle est absurde. Il faut améliorer l'orientation. Orienter les étudiants vers les filières qui leur conviennent, et qui leur permettent d'exprimer tout leur potentiel.

Marc d'Here 13/09/2009 21:21


Oui la sélection existe est elle est nécessaire. La fausse pensée de gauche qui la refuse à l'entrée à l'Université est responsable de ses déviations (sélection par l'argent ou par l'échec). C'est
encore une malheureuse idée d'une gauche populiste...


Elie Arie 11/09/2009 15:34

La sélection va plus loin que de ne recruter que de bons étudiants: elle consiste aussi à sélectionner, dans chaque filière, en fonction des besoins estimés, et à ne plus former 8 000 sociologues par an sans avenir professionnel.Evidemment, c'est plus simple en économie planifiée; mais, après tout, si on a décidé d'adapter la politique d'immigration aux besoins de l'économie, pourquoi ne pas le faire, aussi, pour la politique de l' Université?

Marc d'Here 11/09/2009 15:39



OK. Cela ne remet pas en cause ma réponse à ton commentaire. L'autonomie reste nécessaire...ou utile.



Elie Arie 11/09/2009 14:04

J'ai dit que, lorsqu'il existe une sélection à l'entrée des Universités, l'autonomie/concurrence ne s'impose plus comme seul moyen de parvenir à la qualité, et qu'alors des méthodes planificatrices sont possibles, en donnant les exemples des Universités soviétiques (dont le haut niveau n'était contesté par personne); je faisais également remarquer  que l'esprit de la récente réforme hospitalière, en France, allait, au contraire,dans l'esprit d'une planification étatisée et centralisatrice.

Marc d'Here 11/09/2009 15:27


Merci de répéter, mais ce n'était pas ce que j'entendais par expliquer.
Je ne suis pas d'accord avec toi, je pense que ton raisonnement est un peu court: tu estimes que quand il y a sélection à l'entrée (donc de bons étudiants) l'autonomie ne s'impose plus...Mais
l'autonomie a un autre intérêt: celui de donner des moyens supplémentaires, de sélectionner les professeurs,  de moduler leurs activités, de passer des contrats avec le privé....Elle
demeurerait donc nécessaire, même en cas de sélection des étudiants à l'entrée


Elie Arie 11/09/2009 09:56

Je ne te contesterai pas le droit d'avoir le dernier mot sur ton blog- qu'il ne faudrait pas assimiler au droit d'être le plus convaincant.

Marc d'Here 11/09/2009 13:46


Ce n'était pas mon but.
J'aurais préféré connaître tes arguments, anti autonomie des Universités, ou du moins, car je ne voudrais pas déformer ta pensée, tendant à considérer l'autonomie des universités comme subalterne (
mais peut-être la centralisation comme essentielle...)


Elie Arie 11/09/2009 09:04

Je n'ai pas dit ça.Efin, bon

Marc d'Here 11/09/2009 09:52



Tu peux dire ce que tu veux, tu sais et même te contredire, ce qui est un droit imprescriptible!



Elie Arie 11/09/2009 00:32

Alors l'autonomie n'est pas la panacée!(comme on le voit, d'ailleurs, dans la réforme hospitalière du même gouvernement, qui consiste en une reprise en main des hôpitaux par ces préfets sanitaires que seront les directeurs des Agences Régionales de la Santé).

Marc d'Here 11/09/2009 08:47


Tu es  contre l'autonomie des universités...Intéressant!


Elie Arie 10/09/2009 23:22

L'auteur oublie tout de même la sélection par l'argent, qui ne se limite pas aux droits d'inscription mais inclut aussi les moyens de vivre en ne faisant qu'étudier, et ce serait le rôle des bourses d'y remédier.À noter qu'une sélection rendrait inutile l'autonomie des Universités...L'Union Soviétique avait des Universités de très haut niveeau, absolument pas autonomes, mais avec une sélection des meilleurs très sévère à l'entrée.

Marc d'Here 11/09/2009 00:25


Oui et alors?....