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 RECONQUÊTE est un  mouvement en construction. Ce n'est pas un parti politique, mais un Cercle de Réflexion et d'Action, ouvert à tous ceux, à quelque parti qu'ils appartiennent, ou sans parti, qui se reconnaissent dans ses valeurs et  principes. La Responsabilité et l'équivalence entre droits et devoirs à tous les niveaux,  le libéralisme économique,  la solidarité,  le choix d'une évolution réaliste et progressive dans le social et le sociétal,  l'Europe... 

 

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7 décembre 2009 1 07 /12 /décembre /2009 15:23

Par Marielle Gallo et Diane Le Beguec, pour La Gauche Moderne
...

dans Marianne 2

La profonde inquiétude, l’émoi, le choc même
, qui ont été suscités par le projet de rendre l’enseignement de l’Histoire et de la Géographie optionnel au lycée pour les terminales scientifiques sont naturels. Certes, ce n’est pas là une question nouvelle. Il s’agit, en réalité, de la conclusion d’années d’errance et d’abandon qui on mis en danger notre École, mais on attend de notre majorité qu’elle marque une rupture avec cela. Au moment où il nous faut réagir contre une évolution qui n’est pas inéluctable, on pourrait faire le mauvais choix : celui d’entériner un processus extrêmement grave.
 
Cela fait des années en effet que l’enseignement de l’Histoire Géographie a été peu à peu vidé de sa substance. Prenons le cas de l’Histoire. Depuis des dizaines d’années déjà les élèves survolent la Révolution française, fondatrice, pourtant, de notre identité politique et nationale. Quant au dix-neuvième siècle, il n’est abordé que sous l’angle de la révolution industrielle, comme si ce siècle fondateur pour notre culture, nos idées, notre système politique, n’était que quantité négligeable. Comment s’étonner, alors même que l’on célèbre la victoire d’Austerlitz, que des étudiants du supérieur, à qui l’on apprend que le dix-neuvième siècle fut politique, demandent ingénument : « Napoléon 1er, Napoléon III, Napoléon Bonaparte, Louis Napoléon Bonaparte… mais enfin, il y en a combien en tout ?! ». Les hebdomadaires français qui publient régulièrement des numéros sur l’Empereur se doutent-ils seulement de l’ampleur du fossé qui les sépare de ces jeunes lecteurs ? Les plus grandes écoles de commerce françaises, devant l’ampleur du désastre, ne peuvent que constater l’urgence qu’il y a à renouveler l’enseignement de la culture générale… Or que nous propose-t-on ? Rendre optionnelle la connaissance du vingtième siècle lui-même ?
 
Beaucoup ont souligné qu’à l’heure où on lance un débat sur l’identité nationale, faire fi du caractère fondamental de certains enseignements du secondaire tels que l’Histoire et la Géographie, est absurde et dangereux. Cela est évident. Le débat sur l’identité nationale n’apparaîtrait plus que comme une péripétie électoraliste si s’opérait une telle réforme. Car l’enseignement secondaire a un double objectif : faire de ces jeunes gens des citoyens, d’une part, et les aider à faire le choix d’un avenir professionnel qui sera fait de spécialisation, d’autre part.
Or l’enseignement de l’Histoire et de la Géographie fait partie de ce socle immuable qui fera de nos jeunes des citoyens éclairés. Il n’est pas d’appartenance nationale sans connaissance de notre histoire collective. Il n’est de construction d’un monde commun, sans l’apprentissage des héritages multiples qui ont façonné la nation française. Partager cet avenir, c’est peut-être avant tout, accepter nos richesses, nos gloires et aussi nos erreurs passées, ce qu’il est convenu d’appeler aujourd’hui « la Mémoire ». Quelle peut-être cette mémoire s’il n’y a plus d’Histoire ? Une mémoire tronquée, déformée, potentiellement instrumentalisée. L’ingratitude à l’égard du passé est le plus souvent le fruit de l’ignorance des faits, qu’ils soient chronologiques, physiques, climatiques, tant l’ensemble de ces déterminations ont façonné l’âme d’un peuple.
Rendre optionnelle la connaissance du vingtième siècle est à proprement parler impensable. Les deux guerres mondiales, le Chemin des dames, la Révolution d’Octobre, la Shoah, la Libération, De Gaulle, la décolonisation, la Guerre froide, le traité de Rome, la chute du Mur, mais aussi 1958, 1968, 1981 : ce ne seraient que de simples mots, de simples dates ?
 
Lorsque Jean-Marie Bockel était Secrétaire d’Etat à la Défense et aux anciens combattants, il avait tenu à rappeler l’importance des commémorations nationales. L’historien André Kaspi avait remis un rapport proposant que la jeunesse soit mieux associée à ces moments symboliques qui participent aussi de l’identité nationale. C’était là dans le droit fil de ce beau projet du Président de la République consistant à lire la lettre de Guy Môquet dans toutes les écoles. Mais un de ces mêmes jeunes sur deux devait en définitive, ignorer les raisons pour lesquelles il se trouve là, quel sens cela aurait-il ? Aussi grande soit sa qualité, il ne suffit pas d’un cours de collège pour comprendre l’histoire formidable et dramatique du vingtième siècle.
Des jeunes de 17, 18 ans, à la veille de devenir citoyens à part entière, ne peuvent pas ignorer le poids énorme qui est désormais le leur, qui, dans une démocratie où chacun participe du pouvoir politique, est le lot de tous les citoyens. Ce serait un risque de dissoudre un peu plus la citoyenneté dans un consumérisme déjà très présent et s’empêcher de fonder la République sur l’exercice de la raison partagée.

Marielle Gallo et Diane Le Beguec, pour La Gauche Moderne
dans Marianne 2

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Published by Marielle Gallo et Diane Le Beguec - dans Education - recherche
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commentaires

sergiozz 14/12/2009 21:04


Que pensez-vous du clip des jeunes de l'UMP ? Vous êtes d'accord avec le jugement sévère de Luc Ferry ?


Marc d'Here 14/12/2009 21:53


Pas vu.


sergiozz 14/12/2009 17:26


c'est la vérité, je vous l'assure.


Marc d'Here 14/12/2009 19:12


Si vous le dites!


sergiozz 13/12/2009 20:56


Personne ne dit que le but de la réforme du lycée est de supprimer des postes. On ne parle que de la supression de l'histoire en S mais personne ne parle de la supression des maths dans les
sections L, avec la même idée : diminuer le nombre de postes de professeurs.


Marc d'Here 14/12/2009 07:32



!!!!!   !!!!



marc d'HERE 13/12/2009 13:25


Le ministre de l'Education nationale Luc Chatel a déclaré dans une interview à paraître dans le JDD dimanche que l'histoire et la géographie sortaient "renforcées" de la réforme du lycée général,
malgré la suppression de leur enseignement obligatoire en terminale scientifique.

"Si on regarde cette réforme du lycée général, histoire et géographie en sortent renforcées. Elles se retrouvent au coeur du tronc commun de première. Désormais, les élèves de première auront tous
quatre heures hebdomadaires et le même programme pour une culture commune partagée", affirme M. Chatel.


marc d'HERE 10/12/2009 10:50


Je ne suis pas certain d'être en accord avec ce texte, qui ne prend pas en compte la totalité de la réforme.