Mercredi 8 juillet 2009


Immédiatement après la défaite subie lors de  l’élection présidentielle de 2007, les socialistes avaient appelé à la refondation de leur parti et annoncé leur volonté de reconstruire un puissant parti d’opposition, réuni et rénové, doté d’un vrai projet de gauche.  Deux années ont passé et non seulement le parti socialiste n’a pas avancé sur cette voie, mais il s’est même encore enfoncé.

 

Beaucoup de responsables du parti socialiste  se sont éloignés, souvent  pour rejoindre la majorité présidentielle, ou  lui apporter son aide dans la courageuse politique de réforme qu’elle mène sous l’impulsion du Président de la République. C’est le cas aussi de nombre de ses militants,  qui s’éloignent, collectivement comme ceux qui ont fondé le Parti de Gauche avec Mélenchon, ou individuellement comme ceux qui se contentent, déçus, écoeurés, de ne plus se manifester. Se sont éloignés aussi ses  sympathisants et ses électeurs, comme l’a montrée la récente élection européenne, au cours de laquelle les socialistes sont passés de 30 à 16% des voix !

 

 Cet affaiblissement, ce rétrécissement,  n’ont pas atténué les divisions au sein d’un parti en miettes, plus déchiré que jamais entre les ambitions contradictoires et implacables d’Aubry, Royal, Delanoë, Hollande, Fabius, Hamon, Valls ou  Moscovici, pour ne citer que celles qui s’expriment le plus ouvertement. Aucune  coopération ne peut s’y exercer. Chacun n’agit que pour son intérêt personnel, dans le but d’être le mieux placé pour 2012 et cherche donc essentiellement à neutraliser et à contrer tous les autres. Aucun leader incontesté ne peut se dégager et se faire accepter dans le parti, d’autant moins qu’aucun d’entre eux, n’a l’envergure ou le talent de s’imposer sur la scène nationale.

 

Quand à la « rénovation » et au « projet » ! C’est le troisième échec du parti, le plus grave certainement et qui, pour une grande part, conditionne les deux autres.

Depuis 2007, aucun début de rénovation n’est intervenu, ni dans les méthodes ni dans les propositions. Et cela ne changera pas. Les socialistes n’ont aucune possibilité d’élaborer un projet novateur et réaliste. A cause de leurs divisions bien sûr mais surtout parce qu’ils sont pris dans un  piège dont ils ne sortiront pas. Il n’y a pas place, face à la politique menée par Nicolas Sarkozy, pour un autre projet fondamentalement différent et pouvant alimenter une opposition de  type «  gouvernemental ».

 

Parti de gouvernement (ou du moins se considérant encore comme tel),  le parti socialiste, ne peut, malgré son envie, adopter les positions de l’extrême gauche, ou se contenter des éructations populistes d’un Bayrou. Il  est dans l’obligation pour être crédible, de présenter des propositions,  un projet qui apparaisse cohérent, novateur et  applicable. Or il n’y en n’a pas d’autre que celui de Sarkozy et de la majorité, ou du moins pas d’autre qui puisse apparaître comme une véritable alternative.

 

S’il confirme son abandon d’un projet « révolutionnaire », le PS doit se résoudre à accompagner la réponse de Sarkozy à la crise,  à approuver ses principales réformes,  à adopter ses grandes orientations. Son opposition ne pouvant alors se  manifester que par une éventuelle contestation de l’ampleur, des modalités, du rythme des réformes,  par un désaccord éventuel sur les  méthodes  et par quelques autres propositions marginales. Il n’y a pas d’autre voie sérieuse. Mais cela exigerait que, comme ailleurs en Europe, le Parti socialiste fasse le choix d’une opposition moins « théologique », moins brutale, moins frontale que celle qu’il adopte et à laquelle il ne veut manifestement  pas renoncer. D’ailleurs, s’il le faisait, il perdrait immédiatement ses alliés de la gauche radicale dont il a un impératif besoin au second tour, pour avoir une chance d’être élu. Seule la voie de l’archaïsme, et du  conservatisme flou paraît s’ouvrir devant  lui, mais elle est sans issue.

 

Alors, pour lui point de salut. Il ne sortira pas du piège.   Avec quelques hauts et beaucoup de bas, son  déclin, inéluctable et sans doute plus rapide qu’on ne pouvait le penser il y a deux ans,  se poursuivra. Il se transformera en une petite SFIO, en attendant qu’un vrai parti de gauche,  réaliste,  responsable et rassembleur vienne (en partie avec certains de ses membres actuels) le remplacer. C’est l’objectif de   La Gauche Moderne.

 

Marc d’Héré

 

Ecrire un commentaire - Publié dans : Parti socialiste
Voir les 6 commentaires - Par Marc d'Here - Communauté : Politique française
Mardi 7 juillet 2009


La chonique de Jean-Pierre Robin, Le Figaro économie du 29 juin - «Il est un principe quasi immémorial : on paie comptant ses dépenses récurrentes, pour se nourrir ou se divertir ; on emprunte seulement pour investir».

Voici une histoire qui fait un malheur sur le Net : «Dans un village qui vit du tourisme, il n'y a plus de touristes à cause de la crise. Tout le monde emprunte à tout le monde pour survivre. Les mois passent, misérables. Arrive enfin un étranger qui prend une chambre. Il la paie avec un billet de 100 euros. L'hôtelier court porter le billet chez le boucher, à qui il doit justement 100 euros. Le boucher va aussitôt porter le même billet au paysan qui l'approvisionne en viande. Le paysan,à son tour, se dépêche d'aller payer sa dette à la prostituée à laquelle il doit quelques passes. La “pute” boucle la boucle en se rendant à l'hôtel pour rembourser l'hôtelier qu'elle ne payait plus quand elle prenait une chambre à l'heure. Comme elle dépose le billet de 100 euros sur le comptoir, le touriste, qui venait dire à l'hôtelier qu'il n'aimait pas sa chambre et n'en voulait plus, ramasse son billet et disparaît. Rien n'a été dépensé, ni gagné, ni perdu. N'empêche que plus personne dans le village n'a de dettes. N'est-ce pas ainsi qu'on est en train de résoudre la crise mondiale ?» (sic).


«Auteur inconnu», soulignent les internautes, tout heureux d'invoquer le génie créateur et collectif de la Toile. Dans sa simplicité et dans son apparente étrangeté, l'apologue rappelle un conte oriental. On comprend qu'il plaise. Sauf que l'histoire rapportée est vieille comme l'enseignement de l'économie. Elle fait partie des classiques de la pédagogie dans les facultés. Cela n'enlève pourtant rien à son mérite : elle éclaire merveilleusement la crise bancaire et économique que nous vivons. On s'étonne seulement que les chefs d'État du G20 et la gent politique n'aient pas le talent narratif des profs d'autrefois. Lesquels expliquaient ainsi le circuit économique, l'échange des marchandises, le rôle de la monnaie et la justification de l'emprunt…


L'«étranger», arrivant dans le village avec ses 100 euros, fait figure de sauveur. Il incarne le rôle des banquiers centraux qui ne cessent depuis près de deux ans d'apporter en masse des liquidités pour débloquer la situation. Miracle, l'argent frais d'un touriste permet à tous les villageois d'effacer leurs dettes. L'endettement des uns correspondant aux créances des autres, un effet de dominos vertueux s'est enclenché. L'«étranger» peut ensuite reprendre son billet de 100 euros sans mettre le système en danger : l'hôtelier, le boucher et le paysan ont recouvré leurs créances ; ils n'ont plus peur, ils sont à nouveau en mesure de se consentir mutuellement des crédits. C'est ce que songent à faire, dans un avenir plus ou moins proche, la Fed américaine et la Banque centrale européenne. Elles estiment même nécessaire de retirer les liquidités qu'elles auront distribuées si généreusement, une fois la situation apurée. Car il est à craindre que la machine de l'endettement reparte trop vite. En termes techniques et pompeux, les banquiers centraux parlent de «stratégie de sortie de crise».


La seconde leçon de la fable, qui fait les délices des internautes, porte sur la régulation du crédit, sans doute indispensable. «Tout le monde emprunte à tout le monde», est-il dit. Voilà qui serait plutôt sain : n'est-ce pas ce que vise EDF lorsqu'elle a lancé le 17 juin dernier son emprunt d'un milliard d'euros auprès des particuliers ? Dans un système libéral, les épargnants et les entreprises sont censés équilibrer spontanément leurs besoins respectifs de placement et de financement. De même, les banques devraient-elles théoriquement pouvoir exercer leur métier d'intermédiaires sans besoin d'une banque centrale qui les chapeaute. C'est la théorie de «la banque libre» dont l'économiste Friedrich Hayek s'est fait le partisan le plus incisif. Loin d'être une utopie, ce système a existé en Écosse et au Canada aux XVIIIe et XIXe siècles. Et même en France, avant que Napoléon crée la Banque de France (1800) et lui accorde le monopole d'émission des billets au-dessus de 500 francs. Tout est affaire de confiance.


Un tel dispositif, dérégulé et sans intermédiaire, ne fonctionne manifestement pas bien dans le village. L'hôtelier, le boucher et le paysan, sans parler de leur amie commune, étaient certes parvenus à se financer mutuellement «pour survivre». Mais arrive le moment où ils ne se font plus confiance. Sinon pourquoi s'empresseraient-ils de rembourser leurs dettes dès qu'ils ont du cash ? Ils pressentent que leurs ardoises ont atteint une limite et qu'il serait dangereux d'aller plus loin. On en devine la raison : tous les produits pour lesquels ils s'endettent sont des biens de consommation courante. Or il est un principe quasi immémorial : on paie comptant ses dépenses récurrentes, pour se nourrir ou se divertir ; on emprunte seulement pour investir, acheter son logis ou sa voiture dont l'usage s'étalera sur des années. Un principe qui vaut pour les finances domestiques et celles de l'État, fût-il royal : notre Ancien Régime a disparu faute d'avoir su maîtriser sa dette publique.


De cette fable et du succès qu'elle rencontre chez les internautes, on tirera une double morale. Point besoin de jargon pour comprendre le déroulement de la crise. Si nous voulons éviter de nouvelles mésaventures, il est urgent d'expliquer les principes du crédit à l'opinion publique. À la portée de tous.

Jean-Pierre Robin
Le Figaro économie

Ecrire un commentaire - Publié dans : Economie et social
Voir les 1 commentaires - Par Jean-Pierre Robin - Communauté : Pour un libéralisme humaniste
Dimanche 5 juillet 2009


L'éditorial de Gaëtan de Capèle, Le Figaro du 1er juillet.

Initié par François Fillon lors d'un bref séminaire gouvernemental dimanche dernier, le grand débat national sur les investissements prioritaires du pays pour les prochaines années démarre vraiment aujourd'hui à l'Élysée. Nicolas Sarkozy réunit l'ensemble des partenaires sociaux afin de recueillir leurs propositions sur la meilleure utilisation possible du futur emprunt d'État.


Ce premier rendez-vous est loin d'être anodin. Il témoigne d'un changement de mœurs profond des pratiques sociales en France, désiré et imposé par un président de la République qu'il devient de plus en plus acrobatique de caricaturer en ultralibéral adepte du passage en force. Jamais dans l'histoire les organisations syndicales n'ont été à ce point consultées sur les grands sujets nationaux. Depuis le début de l'année, elles ont été conviées à six reprises à l'Élysée, soit pour négocier (par exemple le volet social du plan de relance), soit pour être informées directement des initiatives internationales du chef de l'État (avant le G20 de Londres et avant son intervention devant l'Organisation internationale du travail). De mémoire de syndicaliste, un tel dialogue est totalement inédit. Ce qui, dit-on, a valu à François Chérèque cette remarque de son lointain et illustre prédécesseur à la CFDT, Edmond Maire : «En six mois, tu as vu davantage le président de la République que moi pendant la présidence de Mitterrand.»


Il faudrait bien sûr être naïf pour ignorer la dimension politique de cette ligne de conduite, surtout en période de crise aiguë où les nerfs du pays sont à fleur de peau. Mais elle ne saurait être réduite, comme on l'entend parfois, à un simple exercice de communication, loin s'en faut. Dès son entrée en fonctions, Nicolas Sarkozy a délibérément choisi de placer les syndicats devant leurs responsabilités, en leur proposant de passer d'une logique purement protestataire à une logique plus constructive de coproduction sociale. Ainsi, avant que la conjoncture se dégrade, les partenaires sociaux ont négocié directement plusieurs textes majeurs - sur la modernisation du marché du travail, sur la représentativité des syndicats… -, que le gouvernement a repris dans la loi.


De même, au plus fort de la crise, le gouvernement a adopté tout un arsenal de mesures pour protéger les ménages les plus exposés : suppression de deux tiers de l
'impôt sur le revenu pour 6 millions de contribuables, aide aux familles modestes ayant des enfants scolarisés, nouvelle convention d'assurance-chômage, développement de l'activité partielle, amélioration du traitement des chômeurs, création d'un fonds d'investissement social, plan d'urgence pour l'emploi des jeunes… Un grand nombre de ces mesures étaient préconisées par les syndicats eux-mêmes, qui n'en espéraient pas tant.


À présent sollicités pour dessiner l'avenir de la France, on attend d'eux autre chose que le catalogue poussiéreux - hausse du smic, maintien des effectifs dans la fonction publique, relance par la consommation… - qu'ils brandissent en toute occasion. Pour la première fois en France, le social va être considéré comme un investissement d'avenir. Le temps est à l'imagination et à l'ambition.

Gaëtan de Capèle
Le Figaro

Ecrire un commentaire - Publié dans : Economie et social
Voir les 0 commentaires - Par Gaetan de Capèle - Communauté : Réformer la France
Jeudi 2 juillet 2009
...Par Elie Arié....Publié aussi dans Marianne2...

Elie Arié, cardiologue et enseignant, revient sur la réforme de la tarification hospitalière qui vient d'être votée dans le silence. Et dont les conséquences nous concernent tous.

Une récente Tribune Libre du Monde, signée par un certain nombre de professeurs de Médecine (
« L'hôpital public ne doit pas devenir une entreprise » ) s'élevait, comme chaque fois qu'un système tente d'introduire de la transparence dans l'activité médicale, contre la nouvelle tarification à l'activité, pourtant défendue par tous les partis de gouvernement, de gauche comme de droite, et par la Fédération Hospitalière de France, représentant les hôpitaux... publics, et présidée par l'ancien Ministre socialiste de la Santé Claude Evin.

Il serait utile que les Français soient informés sur cette question, moins technique qu'il n'y paraît, et qui les concerne évidemment tous au premier chef.


La tarification à l'activité est intrinsèquement une bonne chose. En gros, on répartit l'Objectif National des Dépenses d'Assurance Maladie (ONDAM = la somme totale des dépenses annuelles de la médecine de ville et hospitalière, votée chaque année par le Parlement) entre les établissements en fonction de leur activité réelle, et non plus en fonction d'un budget reconduit à l'identique depuis 20 ans, au mépris des évolutions démographiques de chaque territoire. L'assurance maladie paie désormais un forfait fixe par Groupe Homogène de Séjours (par exemple, une même somme pour chaque appendicectomie sans complication sur un sujet de 15 à 60 ans).

Ce qui suppose de savoir précisément ce que coûte chaque activité d'un hôpital donné, et de se caler sur des pratiques moyennes nationales (tant de jours, de temps médical, de temps infirmier, de coûts administratifs, de temps de bloc opératoire pour mon appendicectomie) pour ne pas perdre d'argent sur un séjour. Ou bien faire des choix stratégiques : un hôpital doit être à l'équilibre dans son ensemble, pas sur chacune de ses activités.

Il peut choisir d'équilibrer ses activités non rentables, mais correspondant à des exigences de service public, avec des activités rentables (toutes les réanimations ayant un taux d’occupation inférieur à 50 % sont déficitaires, ça ne veut pas dire qu'on les ferme). Pour prendre les décisions de ce type, la loi permet désormais un dialogue constructif entre ceux qui utilisent et qui fournissent par leur activité la ressource d'un établissement (les médecins) et ceux qui la gèrent (l'administration). Ce dialogue est incontournable dans un système contraint, qui doit être géré et non plus administré.

Ce ne sont pas les réformes en cours qui augmentent la durée de vie, et par là-même le besoin de soins, ni la technicité de la médecine. Chaque année le Parlement doit voter un Objectif National des Dépenses d'Assurance Maladie croissant. Le vrai choix de société, c'est le niveau de cet ONDAM, et pas la façon dont on répartit les ressources ainsi définies entre les hôpitaux. On sait qu'on n'a plus assez pour soigner tout le monde avec les structures actuelles. Que faire ? Dire « Il faut des moyens » ? Peut-être, mais il faut voir lesquels, et jusqu’à quel niveau, si on ne veut pas se cantonner au classique « demander plus à l’impôt et moins au contribuable ».


Le deuxième axe de réflexion, c'est réformer non plus les règles de financement, mais les structures hospitalières. Car la tarification à l'activité n'est qu'un outil de redistribution entre les structures existantes.

En gros, accepter de regrouper les activités de court séjour (médecine et chirurgie aigües, maternités) sur des gros plateaux techniques de territoire qui permettent une meilleure qualité de soins et des économies d'échelles (en plus d'être plus attractifs pour des médecins qui refusent de plus en plus de travailler en petites équipes pour partager les gardes et les astreintes). Pour les petites communes, garder des antennes d'urgences,des services de médecine polyvalente et du moyen séjour, en plus d'activités de gériatrie.

Ce système ressemble plus à ce qui se fait ailleurs, et garantit aux communes qui cèdent une partie de leurs activités de court séjour de conserver l'emploi local. En gros, la France est sous-dotée en gériatrie et moyen séjour, mais surdotée en court séjour par rapport à ses voisins. Les patients âgés et les patients de réadaptation/rééducation ne sont pas pris en charge dans les lits (et par les personnels) les plus adpatés, et en plus coûtent plus cher à l'assurance maladie quand ils sont hébergés dans des lits « surmédicalisés » (là où les équipes savent utiliser les équipements complexes, mais pas stimuler ou toiletter un vieux).Perdant/perdant.

Aujourd'hui, on a réformé les règles du jeu, mais contrairement à ce que disent Patrick Pelloux et Jean-Pierre Pernaut (étrange collusion de fait),on avance très peu sur les réorganisations territoriales. Parce qu'au pays de Clochemerle, les élus locaux, qui prennent les décisions importantes via les Conseils d'Administration, ne sont jamais d'accord sur les projets de réorganisation territoriale, et préfèrent voir crever à petit feu leur hosto.

De son côté, l'Etat peut imposer les rapprochements, mais ne le fait pas non plus du fait du même défaut de courage politique. Ce qui fait que tout le monde y perd. Le statu quo est absolument destructeur. J'ai 50 exemples en tête : ce sont les mêmes élus, de droite comme de gauche, qui manifestent avec leurs écharpes tricolores pour sauvegarder une maternité où ils n’enverraient pas accoucher leur chatte, et qui reconnaissent en petit comité qu'ils n'ont pas le choix à 1/2/3 ans des élections. Et qu'ils envoient leur famille se faire soigner au CHU, parce que leur hosto est une calamité. Ce n'est pas l'idéologie dominante aujourd'hui qui crée l'hôpital à 10 vitesses : il existe depuis longtemps.


Le privé n'a aucune contrainte

Restent des propositions valables : pourquoi ne pas réajuster les nouvelles règles de financement pour mieux prendre en compte les spécificités du public ? Deux aspects doivent être travaillés, et l'article les relève : la part de forfait pour les missions de service public dans le financement à l'activité, et la remise en cause de la convergence entre tarifs versé au public et au privé pour une même prestation. Cette convergence tarifaire est un vrai cauchemar.

Car le vrai problème pointé par ce genre de collectifs, ce sont les rapports entre public et privé. Et là, il y a beaucoup à dire. En gros, le public a encore pas mal de marge pour s'organiser aussi bien, c'est absolument indéniable, mais même s'il y parvenait un jour les dés resteraient pipés. Le privé n'a aucune contrainte, et il finira par toucher autant que l'hôpital pour chaque séjour réalisé. Il peut embaucher des personnels 5 fois plus rapidement, et se débarrasser de ceux qui plombent le travail des équipes.

Il peut pénaliser un praticien qui arrive 1 heure en retard au bloc alors qu'une équipe entière l'attend parce qu'il veut finir ses 18 trous. Il peut ouvrir ou fermer une activité avec la même célérité. Il n'a pas de missions de service public ultra onéreuses à assurer. Il peut s'engager auprès d'un hôpital qui bat de l'aile à boucler un partenariat dont il pourra in fine se retirer quand il voudra. Là où le système est incompréhensible (ou bien hélas l'est-il bien trop), c'est qu'il tolère ces déséquilibres et fait comme s'ils n'existaient pas.

Le vrai problème que pose l’hôpital privé est que, devant distribuer des profits élevés à court terme à ses actionnaires, ceux-ci peuvent, à tout moment, décider de se retirer de ce secteur s’ils ne le jugent plus assez rentable, et ruiner en une journée le laborieux équilibre entre public et privé que la loi Bachelot tente de mettre sur pied ; nous serions à l’abri de ce risque si, comme aux Etats-Unis, la majorité de nos hôpitaux privés avaient le statut de Fondation, et devaient obligatoirement réinvestir tous leurs profits : mais « la question ne sera pas posée »


Elie Arié

Cardiologue, Enseignant-Associé à la chaire d'Economie et de Gestion des Systèmes de Santé du Conservatoire
Ecrire un commentaire - Publié dans : Santé, protection sociale
Voir les 1 commentaires - Par Elie Arié - Communauté : Réformer la France
Mardi 30 juin 2009


Dans le cadre de la préparation de la première réunion Comité de liaison de la majorité, ce soir, Jean-Marie Bockel vient d’adresser à ses homologues des autres formations de la majorité, Xavier Bertrand pour l’UMP, Hervé Morin pour le Nouveau centre, et Éric Besson pour les Progressistes, le courrier suivant:


Chers Amis,
 

Une émotion – légitime – est ressentie dans le pays à l’idée que le Front national puisse remporter la mairie d’Hénin-Beaumont, à l’issue de la gestion pitoyable et scandaleuse du maire socialiste sortant, aujourd’hui sous

les verrous.


Malgré une campagne volontaire et courageuse de ses forces locales, la majorité sera absente au second tour de l’élection municipale. Mais cela ne signifie pas que nous nous désintéressions de l’issue de ce scrutin emblématique.

C’est pourquoi, je vous propose que lors de sa séance inaugurale, le Comité de liaison de la majorité adopte un appel solennel aux électeurs d’Hénin-Beaumont pour qu’ils votent en faveur du candidat issu d’un parti républicain afin de barrer la route, ce dimanche, à tout ce que représente le Front national.

Bien à vous,


Jean-Marie Bockel

La Gauche Moderne

30 juin 2009  

 

 

Ecrire un commentaire - Publié dans : Vie Politique
Voir les 0 commentaires - Par La Gauche Moderne - Communauté : Politique française

PRESENTATION

 

Marc d'HERE 

 

Contact: ies1@hotmail.fr

 

 Militant socialiste (rocardien) depuis 1974, j’ai  accompagné en 1999 Jean-Marie Bockel, lorsqu’il a créé  le club politique  social libéral « Gauche Moderne ». J’en ai été le  secrétaire général jusqu’en 2006..

Engagé dans la défense du Traité Constitutionnel Européen, je propose à Bernard Kouchner, Elisabeth Guigou, Gérard Collomb et Daniel Cohn-Bendit de créer le « Comité de la Gauche pour le Oui » et j’en assure  l’organisation et le développement.

 Quittant le parti socialiste après le congrès du Mans (2005), ne pouvant accepter l’irréalismeet la démagogie des choix politiques effectués, et refusant une « synthèse » synonyme de confusion, je crée  avec quelques amis socialistes  et centristes,  un mouvement politique réformiste,  de centre gauche « Initiative Européenne et Sociale » (IES)  que je préside depuis janvier 2006.

 

 Ayant soutenu Nicolas Sarkozy lors de l’élection présidentielle, parce qu’il m’apparaissait le plus apte à réaliser les réformes et les changements profonds dont notre pays a besoin,  j’ai choisi de m’inscrire dans  la majorité présidentielle. A nouveau membre de Gauche Moderne, le parti de Jean-Marie Bockel 

 

 Je viens de publier (novembre 2007) « de Rocard à Sarkozy. Itinéraire d’un social libéral » éditions Christophe Chomant. Les personnes intéressées par ce livre peuvent s’adresser à l’éditeur : christophe.chomant@wanadoo.fr ou m’adresser un mail à ies1@hotmail.fr

 

Calendrier

Juillet 2009
L M M J V S D
    1 2 3 4 5
6 7 8 9 10 11 12
13 14 15 16 17 18 19
20 21 22 23 24 25 26
27 28 29 30 31    
<< < > >>

Recherche

Concours

Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus