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Lancement du Nouveau parti anticapitaliste, coalition Verts-Bové-Hulot... à côté d’un PS divisé, d’autres gauches s’organisent
M.E. et P.V.
Libération : mardi 26 août 2008 (Extraits)
Aux marges du PS, l’heure est à l’optimisme. Des socialistes qui vont se regarder le nombril jusqu’à leur congrès ; une économie qui prend l’eau ; des Français de plus en plus sensibles au développement durable… Autant de données qui font le miel d’Olivier Besancenot et du pôle écologiste en voie de constitution…
……Le Nouveau Parti anticapitaliste (NPA), qui va se substituer à la LCR, entend bien se monter indépendant et refuser tout accord de gestion avec des socialistes «social-libéralisés». Les écologistes, dont le spectre s’étale de l’antilibéral noniste José Bové à l’europhile Daniel Cohn-Bendit en passant par les Verts, les amis de Nicolas Hulot et de nombreux associatifs, pourraient, eux, tailler des croupières au PS, puisque chassant peu ou prou sur les mêmes terres électorales.
Avec plus de 4% des voix à la présidentielle (et 1,5 million de voix), Olivier Besancenot occupe le vide laissé sur l’échiquier politique par les partis de l’ex-gauche plurielle. Le facteur trotskiste a su capter toutes les impatiences : les nouveaux militants du NPA (lire page 4) «ont des attentes extrêmement fortes d’efficacité immédiate», expliquait dans le Monde ce week-end, la chercheuse du Cevipof, Florence Johsua. «Nous, promet Besancenot, nous n’attendrons pas 2012 pour résister, pour combattre et chercher à stopper la politique de Nicolas Sarkozy.»….
…..Sur un autre créneau, le NPA entend aussi faire pièce aux partis de la gauche institutionnelle : celui de la riposte au gouvernement. «Nous creusons le même sillon : continuer à paraître comme les opposants les plus efficaces à la politique de Nicolas Sarkozy et du Medef», revendique Olivier Besancenot……
Si la dynamique de rassemblement des écologistes lancée ce week-end à Toulouse prend, voire permet aux Verts de se dépasser en un «nouveau parti écologique» , elle donnera du fil à retordre à Sarkozy comme au PS. Le paradigme écolo remet en cause «le logiciel traditionnel de la croissance avec plus ou moins de redistribution des richesses selon qu’on est de droite ou de gauche», explique un «nouvel écologiste»…..
…..Et quid côté PS ? Pour l’heure, les Verts continuent de participer au comité de liaison de la gauche et un séminaire d’une journée est prévu. «Hollande croit qu’on va surtout mordre sur le Modem. Mais un duel Harlem Désir face à Dany pendant les européennes ça leur fout les chocottes», sourit un député Vert.
Le PS pris dans ses grandes manœuvres
Les stratégies des leaders en vue du prochain congrès empêchent le PS de se faire entendre.
DAVID REVAULT D’ALLONNES
Libération: mardi 26 août 2008 ( Extraits)
Une rentrée socialiste placée sous le signe de la concurrence tous azimuts. A la compétition interne exacerbée par l’approche du congrès de Reims, en novembre, s’ajoute désormais, pour le PS, la pression externe. Pression qui, ces derniers jours, s’est accentuée, entre le rassemblement de la «galaxie écologiste», initié lors des journées d’été des Verts, et les avancées d’Olivier Besancenot sur la voie de son Nouveau Parti anticapitaliste (NPA)…….
…….Les socialistes, pourtant, ne peuvent l’ignorer : «Les autres partis de gauche se nourrissent de nos faiblesses», résume Benoît Hamon. Alors que le PS, qui n’a guère réussi à faire entendre sa voix depuis l’élection de l’omniprésident, offre plus que jamais le visage d’un syndicat d’écuries rivales, le député européen juge la situation «symptomatique». «Les Verts, Dany [Cohn-Bendit] en tête, proposent une liste allant de Bové à Hulot, un vrai rassemblement politique dépassant les clivages, alors que nous en sommes encore à préserver boutiques et prés carrés. Quant à Besancenot, par la manière dont il arrive à incarner concrètement l’opposition à Nicolas Sarkozy en parlant hôpitaux, services publics et conditions de travail, il crée un débouché politique au mécontentement des gens.»
Calendrier oblige, ces absences socialistes ne devraient pas, du moins à court terme, se résorber. «On est conscient que, d’ici la mi-novembre, les grandes manœuvres vont nous occuper, estime le député européen Henri Weber, proche de Laurent Fabius. Et qu’on ne sera toujours pas audible. Sur la question du pouvoir d’achat ou de la croissance, nos propositions glissent comme sur les ailes d’un canard…»
L’offensive des Verts et d’Olivier Besancenot présente tout de même un mérite : souligner, en creux, le déficit d’unité et de combativité du PS. Et fournit du coup des pistes pour la suite des opérations.
Candidat à la succession de François Hollande, le député Pierre Moscovici brosse ainsi le profil idéal du futur patron du parti : «Nous avons besoin d’un premier secrétaire qui se coltine le sale boulot, qui mette le parti au travail et fasse de l’opposition tranchante, entre dans le lard, soit sans arrêt sur le créneau, et qui ne cherche pas à se ciseler une image pour la présidentielle. Il nous faut aussi une équipe de direction organisée en contre-gouvernement, et non plusieurs voix qui s’expriment dans le désordre.»……
David Revault d’Allones