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Revue de presse (extraits)
Nathalie Schuck. Le Parisien 14 07 08
Les 43 dirigeants européens et du Sud invités à Paris, hier, ont donné naissance à l'Union pour la Méditerranée. Pour la première fois, Israël et la Syrie se sont assis à la même table. L'ambition de Sarkozy : faire de l'UPM un tremplin vers la paix.
DANS LA COUR DE L'ELYSEE, les berlines du Premier ministre israélien, Ehud Olmert, et du président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, se garent côte à côte. Les deux dirigeants rejoignent Nicolas Sarkozy pour poser mains serrées devant les caméras du monde entier….
….Nous n'avons jamais été aussi proches d'arriver à un accord », sourit Olmert en couvant du regard le « Docteur » Abbas. Le processus de paix israélo-palestinien est pourtant embourbé depuis des mois. Emu, le Premier ministre israélien confie que c'est un des plus beaux jours de sa vie. Hier, son avenir politique s'est pourtant assombri avec de nouvelles révélations de corruption. Jovial, Abbas tresse une couronne de louanges à son « grand ami » Sarkozy. Le président français, qui avait déjà réconcilié la veille le Liban et la Syrie, boit du petit-lait et se voit déjà en médiateur de « paix ». Un mot qu'il prononce quinze fois en... six minutes.
….Ravi, le président se laisse aller à des confidences sur ce sommet « historique ». « L'UPM, c'est la paix ! Vous vous rendez compte ce que ça représente pour le président Bachar al-Assad, pour Abdelaziz Bouteflika d'être à la même table que le Premier ministre israélien ? »…..
Jean-Claude Kiefer. Les Dernières Nouvelles d’Alsace. 14 07 (résumé Nouvel Obs)
"Évidemment, en assistant à une naissance, il est impossible de prédire l'avenir de l'enfant. Les optimistes diront que la construction européenne, garante de la paix sur notre continent, a timidement commencé à la fin de la Seconde Guerre mondiale autour de quelques projets communs. Les pessimistes souligneront que nos nouveaux partenaires sont - pour la plupart d'entre eux - loin d'être des démocrates et que dans leurs pays tout peut basculer d'un jour à l'autre. Néanmoins, l'aventure mérite d'être tentée.
Pour l'Europe, à condition qu'elle la porte vraiment, elle sera sans risques puisqu'un échec ne signifiera rien d'autre que le retour à la situation actuelle faite de relations plus ou moins chaleureuses avec l'une ou l'autre capitale arabe. Un succès sera prometteur pour tous en prouvant que les riverains de la Méditerranée peuvent prendre leur destin en mains, sous moins de tutelle américaine. Une perspective qui ne plaît pas aux plus atlantistes des Européens..."
Chantal Didier . L’est Républicain 14 07
"La paix par l'économie et le commerce. Ce qui a permis la réconciliation entre Français et Allemands peut-il ouvrir la voie au dialogue entre Israël et les pays arabes ? Les discours lors du sommet de l'Union pour la Méditerranée ont souvent évoqué "le rêve" ; à tout le moins est-ce le pari de Nicolas Sarkozy. Et un premier pas a été franchi, hier, puisque Israéliens, Syriens, Libanais, Algériens siégeaient à la même table (...) En concurrence avec Paris pour le leadership de l'Europe, l'Allemagne a tenté de diluer l'initiative française en voulant la réduire à une relance du processus de Barcelone. Reste que le rassemblement des 43, hier à Paris, qui a fait oublier la bouderie de Kadhafi, constitue un succès pour Nicolas Sarkozy. Même s'il est désormais attendu aux actes."
Yves Thréard. Le Figaro, 15 07 08
….La France des Champs-Élysées offrait un autre visage. Généreux, tourné vers l'autre, porteur d'universalité. Sous le ciel bleu de Paris, elle célébrait la paix, le dialogue entre les peuples, l'espoir. Soufflait un vent d'universalité. Ce qui n'est pas le moins singulier un jour de fête nationale.
Parmi les troupes d'abord. C'est un contingent de 145 Casques bleus, originaires de 25 pays différents, qui a ouvert la revue. Suivi par des soldats français œuvrant au Liban. Dans les airs, survolaient des avions et des hélicoptères venus de toute l'Europe. En clôture, la descente de sept parachutistes déployant les drapeaux français, de l'ONU et de l'Union européenne fut majestueuse.
Dans la tribune officielle ensuite. Plus de quarante chefs d'État ou de gouvernement étrangers étaient présents. Avec des cohabitations que d'aucuns auraient jugées improbables jusque-là. L'Israélien Ehoud Olmert, le Palestinien Mahmoud Abbas, le Syrien Bachar el-Assad, le Libanais Michel Sleimane, assis à quelques mètres les uns des autres. Sous le regard du secrétaire général des Nations unies, le Coréen Ban Ki-moon, invité d'honneur de la cérémonie.
Universalité dans les témoignages enfin. Avec la lecture de la Déclaration universelle des droits de l'homme par Kad Merad, comédien d'origine algérienne. Plus tard, à l'Élysée, le chef de l'État remettra la Légion d'honneur à Ingrid Betancourt, citoyenne franco-colombienne. Et appellera à la libération du Franco-Israélien Gilad Schalit, retenu à Gaza depuis deux ans. Autant d'exemples de la France de la diversité et de l'ouverture sur le monde….