Overblog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Un mouvement politique ouvert, Libéral et Social, Réformiste et réaliste.

Publicité

En leur âme et conscience

Réforme de la Constitution : un appel de Jean-Marie Bockel aux parlementaires de gauche. Cet appel a été publié dans l le Figaro du 16 juillet...



Dans les jours qui viennent sera soumis au Congrès le projet de réforme constitu­tion­nelle promis par Nicolas Sarkozy avant son élection.

Chacun doit mesurer combien les dispositions qu’elle contient, tant en termes de revalorisation du rôle du parlement qu’en matière de rapprochement des citoyens de la décision politique, constituent de véritables avancées attendues depuis si longtemps par nos concitoyens.

Il reprend notamment nombre des avancées pour lesquelles la gauche a milité depuis si longtemps et pour lesquelles elle n’a pas trouvé la majorité des trois cinquièmes nécessaire à leur transcription dans la constitution lors des législatures où elle a été majoritaire.

La limitation de l’usage de l’article 49 dans son troisième alinéa qui permet qu’une loi soit adoptée sans débat, garantit qu’une discussion sincère et argumentée aura lieu au Parlement. Elle fait que le gouvernement ne pourra plus « passer en force », sans même obtenir une véritable conviction de sa propre majorité. Ce sont les citoyens qui seront les gagnants d’une telle avancée, ils y trouveront la garantie que l’exécutif ne pourra se réfugier dans la facilité et devra - devant tous - exposer à chaque moment, avec clarté, ses projets et les moyens qu’il entend utiliser pour les mettre en œuvre. Pour qui a en tête les vingt dernières années de notre vie politique, quel progrès ! Qui pourrait considérer cela comme une petite affaire ?

La fixation commune de l’ordre du jour du Parlement, entre le gouvernement et les parlementaires, permettra de rapprocher les citoyens et les représentants, qu’ils ont élus directement, de la décision politique. Cela va permettre aux électeurs, à travers le rapport de proximité qu’ils entretiennent avec leur élu, de peser directement sur les priorités de l’action législative. Là encore, le citoyen est le bénéficiaire, la démocratie est la gagnante.

L’avis des parlementaires sur les nominations importantes effectuées par le Président de la république, la possibilité de référendums d’initiatives populaires, la limitation du nombre de mandats présidentiels : autant de choses, qui, nous le savons bien, sont chères au cœur des Français qui se reconnaissent dans la gauche. Ce n’est d’ailleurs pas surprenant puisque la commission qui a préparé ce projet de réforme alliait compétence et pluralisme, ce qui mérite d’être souligné.

Certes, on m’objectera que le projet gouvernemental ne reprend pas l’intégralité des propositions que la gauche a pu faire au cours des trente dernières années. J’apporterai à cette objection deux réponses. La première, est que si les électeurs avaient souhaité que ce fût, d’abord, à partir des propositions de la gauche que soit conçu ce projet, ce sont les partis de gauche qu’ils auraient porté à la direction des affaires de notre pays. La seconde, c’est que, depuis le temps que la gauche porte ces projets de modernisation de notre démocratie, elle n’a jamais tenté véritablement de les faire partager et de les faire aboutir, comme le Président de la République a souhaité que cela soit fait aujourd’hui.

Il faut dire sereinement, mais fortement, que devant de telles avancées, il est du devoir des élus de la gauche d’associer, pour ce texte, leurs voix à celles de la majorité pour faire progresser notre maison commune, la République.

Devant une question si importante, les élus du peuple qui sont issus des partis de la gauche doivent assumer la responsabilité qui est la leur, devant leurs électeurs plus que devant les instances dirigeantes de leur parti, c’est leur devoir, et c’est leur droit, afin d’émettre un vote favorable pour que soient inscrites dans les faits des avancées incontestables.

En dépit des consignes de François Hollande, j’appelle les parlementaires socialistes à rester libres et à voter ce texte selon leur conscience. Alors que ce sont les électeurs de la gauche qui depuis tant d’années ont exprimé le plus clairement leur souhait de ces réformes, ne serait-il pas paradoxal de voir les dirigeants des partis de gauche les faire échouer ?

Il y a près de 40 ans lorsque Charles De Gaulle a proposé une grande réforme du Sénat, la gauche n’a voulu voir que sa position d’opposition et a refusé cette occasion. Depuis elle ne cesse de crier l’urgence de la réforme du Sénat. Va-t-on revoir les mêmes erreurs ? Devra-t-on attendre 40 ans encore la modernisation de nos institutions ? Tous ensemble, il faut prendre le train de la réforme constitutionnelle dont la démocratie française a besoin.

Jean-Marie Bockel

Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
M
Je ne comprends rien à ce que raconte Shona qui n'a jamais écrit semble t-il...Ou est-ce un nouveau pseudo? <br /> <br /> Il semble en tous cas qu' elle souhaiterait que l'ordre du jour soit en réalité fixé majoritairement par la minorité!!!!!<br /> <br /> Enfin elle nous annonce que la gauche fera une réforme....Ah! ce serait en effet un scoop!<br /> <br /> En attendant j'espère qu'elle se réjouit de la victoire de la démocratie que signifie le vote à plus de 60% de la réforme de la Constitution dont l'opposition profitera.
Répondre
S
"1 - Sur l'ordre du jour : je ne sais pas si vous m'avez lu mais je ne vois pas très bien la progression quand cela signifie que c'est en réalité le groupe majoritaire qui détiendra 3/4 du temps de définition de l'ordre du jour."<br /> <br /> C'est un peu normal? Ca sert à ça de gagner les éléctions.<br /> <br /> Pour ce qui est de la réforme du Sénat, lorsque la gauche sera en position politique de le faire, elle le fera, parce que le pays le voudra. Et puis si le Sénat est si nul, pourquoi ils y en rien fait dans les années ils étaient au pouvoir.
Répondre
M
lain Lambert, un des deux derniers sénateurs de l'UMP opposé à la réforme des institutions, a annoncé sur son blog qu'il changeait de position et voterait finalement pour "par affection et par raison politique", lundi au Congrès de Versailles.<br /> <br /> AFP
Répondre
M
Le député du Pas-de-Calais, Jack Lang (PS), également vice-président de la commission Balladur s'est expliqué sur les raisons pour lesquelles il votera lundi la révision constitutionnelle dans un entretien à Libération.<br /> "Voter contre une réforme que j'ai en partie inspirée relèverait de la schizophrénie", estime l'ancien maire de Blois qui déclare: "je voterai le texte".<br /> M. Lang estime que sa position n'est pas une rupture avec le PS. "Par leur nature certains textes -notamment les textes constitutionnels- peuvent justifier un vote concordant de l'ensemble des formations politiques", dit-il en précisant que "cette conception est celle de nos amis des autres démocraties européennes".<br /> <br /> "Le projet soumis au Congrès de Versailles comprend cinquante propositions qui, toutes, marquent une avancée positive et parfois plus audacieuse que ne l'était le projet socialiste de juin 2006", estime le député. M. Lang rappèle cependant que "beaucoup de nouveautés viennent de la gauche elle-même" et admet que le texte "comporte des lacunes auxquelles, en quinze ans de pouvoir, nous n'avons jamais su porter remède".<br /> AFP<br /> <br /> Belle réponse notamment à ceux qui à gauche comme John G- refusent ce texte pour des raisons politiciennes et par opposition systématiques
Répondre
J
Je constate que l'on me demande... il y en a juste qui travaille (et qui parte en we) sans passer leur temps sur des forums qu'ils dénigrent par ailleurs... Mais revenons à l'essentiel, cette fameuse révision constitutionnelle. <br /> <br /> 1 - Sur l'ordre du jour : je ne sais pas si vous m'avez lu mais je ne vois pas très bien la progression quand cela signifie que c'est en réalité le groupe majoritaire qui détiendra 3/4 du temps de définition de l'ordre du jour. Encore une fois, tant qu'on aura pas fait le choix entre présidentiel et parlementaire mais que l'on restera dans le pire des systèmes (présidentiel sans le dire, avec des pouvoirs exorbitants), cette mesure ne sert à rien. Sans parler du fait qu'au Sénat, c'est encore pire : que se passera-t-il quand la gauche sera au pouvoir et que de toutes façons, le Sénat ne sera jamais à gauche puisque la droite refuse d e le réformer ? Comme le dit très bien Robert Badinter, cette révision garantit en réalité le fait que la gauche ne puisse jamais faire de révision constitutionnelle (sauf à avoir plus de 400 députés). <br /> <br /> 2 et 3 - Bonnes propositions, effectivement. Je ne dis pas que tout est à jeter. C'est l'équilibre général du texte qui pose problème ;<br /> <br /> 4 - A ce niveau-là, c'est beaucoup plus flou que cela dans le texte : on ne comprend pas comment les parlementaires peuvent s'y opposer. Cela nous renvoit au règlement de l'Assemblée en réalité ; <br /> <br /> 5 - Sur l'exception d'inconstitutionnalité : enfin, effectivement, c'est la droite (le Sénat) qui l'a bloquée pendant des années ; <br /> <br /> 6 - Ouais ; <br /> <br /> 7 - Référendum d'initiative populaire : n'y suis pas opposé, bien au contraire : je trouve les conditions de convocation d'un référendum trop contraignante. <br /> <br /> Enfin, vous ne parlez pas du point qui fâche : <br /> - le cumul des mandats : vous pouvez prétendre que les socialistes ont un double langage sur ce sujet, du moins certains c'est vrai. Mais ni S. Royal ni une bonne partie de ses proches (A. Filippetti, D. Batho, N. Belkacem, V. Peillon, D. Assouline...) n'ont renié cet engagement ; <br /> <br /> - la réforme du Sénat : comme vous le savez, il ne s'agit pas de loi électorale mais de modifier dans la Constitution l'intitulé du rôle du Sénat. Sinon, on tombe sous la coupe de la jurisprudence du Conseil constitutionnel de 2000 censurant la réforme du mode de scrutin. On est donc obligés de passer par la Constitution et cela, la droite le sait très bien (voir justement le rapport de Raincourt à ce sujet). Je suis désolé, mais c'était pour moi un préalable indispensable et je suis bien heureux que les socialistes n'aient pas cédé sur ce point ; <br /> <br /> - la prise en compte du temps de parole du PR : le coup d'éclat permanent n'est pas comptabilisé, l'aumône proposée par Sarkozy in extremis était invraisemblable (le fameux "droit de réponse"). Encore une fois, c'était la moindre des règles démocratiques. De la même manière, aucun contre-pouvoir n'existe vraiment . Je ne comprends pas par exemple pourquoi, dans le cadre du quinquennat, on maintiendrait le droit de dissolution ; <br /> <br /> - la décentralisation : la réforme de 2003 (l'acte II) a mis une pagaille indescriptible. Il fallait des engagements de type constitutionnel, notamment sur la péréquation. Rien de tout cela. <br /> <br /> Et enfin, sur la forme, comme je l'ai déjà écrit, vous savez très bien que Sarkozy n'est certainement pas de Gaulle voire Jospin en 2001 qui a fait voter la LOLF à l'unanimité (mais sans s'en vanter outrageusement). Il n'a cherché qu'à diviser le PS, certainement pas à créer un dialogue serein qui aurait vraiment piéger les socialistes (voir l'initiative des 17). Alors, le PS a mille fois raisons de s'y opposer : les conditions d'un consensus ne sont absolument pas réunies.
Répondre
M
Quel mauvais esprit! <br /> <br /> Ce genre de raison me semble s'appliquer bien davantage aux socialistes raisonnables, contraints pour cette raison, de voter contre un texte qu'ils approuvent dans ses grandes lignes.
Répondre
E
Bernard Debré annonçait trois raisons pour avoir changé d'avis, et on en lit que deux.<br /> <br /> La troisième, qui est, à l'évidence l'unique, est la crainte d'être privé d'investiture aux prochaines législatives.
Répondre
M
LE FIGARO. Pourquoi avez-vous finalement décidé de voter cette réforme ? <br /> Bernard DEBRÉ. J'ai chan­­gé d'avis pour trois raisons. D'abord, je ne veux pas m'associer aux socialistes, qui sont en train de chercher à débaucher des élus UMP pour voter contre la réforme. L'attitude de François Hollande qui appelle sur son blog les députés UMP à venir le rejoindre me hérisse. Ensuite, nous sommes dans une période économique et sociale difficile, et il est important que l'on serre les rangs derrière le président de la République. Si la réforme des institutions ne passe pas au Congrès de Versailles, ce sera une défaite personnelle de Nicolas Sarkozy, qui l'affaiblira dans sa politique intérieure mais aussi à l'extérieur. Or le chef de l'État mène actuellement deux opérations de politique extérieure fondamentales : il est le président de l'Union européenne pour six mois, et il veut édifier l'Union pour la Méditerranée, une idée avancée par mon père il y a vingt-cinq ans. Michel Debré y voyait une source de paix, et je suis très content que Nicolas Sarkozy reprenne cette idée.<br /> <br /> Lire la suite sur LeFigaro.fr
Répondre
M
Alors, John, on ne veut (peut) pas répondre à Elie? C'est pourtant vous qui avez (de manière pas très habile il est vrai), lancé le débat....
Répondre
E
Revenons à la réforme constitutionnelle.<br /> Un point de vue intéressant, et qui rappelle des choses oubliées et beaucoup dhypocrisies:<br /> <br /> http://tinyurl.com/6mvpl9
Répondre