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Alors que les résultats définitifs du vote des militants du PS ne sont pas encore connus, les résultats provisoires m’amènent à quelques réflexions.
Le nombre de votants n’a pas été élevé (moins de 130.000 semble-t-il), malgré l’importance de l’enjeu et la dramatisation des derniers jours. Cela confirme que le parti socialiste a perdu la quasi-totalité des nouveaux militants qui l’avaient rejoint lors de la présidentielle et que son déclin s’affirme. On s’en doutait mais cette faible participation en est une illustration.
Le grand perdant de cette consultation est Bertrand Delanoë. C’est bien sûr une défaite personnelle pour le maire de Paris dont le seul talent, celui de la communication, ne peut cacher la cruelle absence d’idées ou de propositions. Alors qu’avec son arrogance habituelle il pensait recueillir 50%, des voix, il n’en regroupe que la moitié (à peine plus d’un tiers à Paris même). Défaite personnelle donc, mais aussi défaite collective de la vieille sociale démocratie, incapable de sortir de ses schémas usés et de ses dogmes dépassés. Le soutien apporté par les apparatchiks passéistes que sont Jospin, Hollande, Guigou, Eyraud (et malheureusement aussi Rocard qui n’avait rien à faire dans cette galère…), ne l’a pas aidé. Pour eux aussi c’est un désaveu. Sauront-ils le comprendre et l’admette ?
Ségolène Royal remporte la première manche. Elle termine en tête, mais avec un score moitié moindre que celui qu’elle avait obtenu lors de la consultation des militants pour la présidentielle. Elle suscite trop d’oppositions internes, elle divise trop le parti pour pouvoir être élue « premier secrétaire » (sauf combinaisons particulièrement obscures, qui, ne sont pas totalement impossibles).
C’est peut-être Martine Aubry (autour de 25% elle aussi, comme Delanoë) qui pourrait tirer les marrons du feu, si elle abandonne sa rigidité naturelle et parvient à un accord avec Benoît Hamon, qui, représentant la « gauche » du parti approche les 20%. Ce score, particulièrement élevé, et l’obstination dont fera certainement preuve Hamon (même si le départ annoncé de Mélenchon, de Dolez et de leurs amis l’affaiblit quelque peu), sont une garantie de l’impossible rénovation du parti.
En effet, divisé comme il ne l’a jamais été, balkanisé en courants ou chapelles de force comparables, avec une gauche qui pèsera en interne, et une autre qui le concurrencera en externe et dont il recherchera l’alliance, le parti n’a aucune chance de pouvoir se moderniser. Quel que soit le vainqueur, celui-ci (ou celle-ci), vivra les mois et les années à venir soumis à une surenchère continuelle de gauche. Sous le regard et le discours attentif de ses « camarades », chaque proposition de rénovation sera critiquée et démolie. Le conservatisme et l’immobilisme continueront, sous un discours de gauche, à s’imposer, et les défaites à représenter l’avenir électoral de ce qui a été un grand parti.
Sans leader reconnu, sans projet affirmé, sans propositions fortes et avec de moins en moins de militants, le déclin du parti socialiste est inéluctable. C’est ailleurs, que se construira la rénovation de la gauche, un ailleurs où La Gauche Moderne a bien l’intention de prendre toute sa place.
Marc d’Héré