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Le pape Benoît XVI est arrivé aujourd'hui à l'Elysée, où il a été accueilli au pied du perron, sur le tapis rouge, par Nicolas Sarkozy.
Le président français et le souverain pontife doivent s'entretenir en tête-à-tête, échanger des cadeaux puis prononcer chacun un discours, dans lesquels ils devraient évoquer la question controversée de la laïcité.
Dépêche AFP
Discours de Nicolas Sarkozy (EXTRAITS)
"Dans la République laïque qu'est la France, tous, très Saint-Père, vous accueillent avec respect en tant que chef d'une famille spirituelle dont la contribution à l'histoire du monde, à la civilisation et à l'histoire de France n'est ni contestable ni contestée." C'est en ces termes que Nicolas Sarkozy a entamé son discours après avoir accueilli Benoît XVI sur le perron de l'Élysée, vendredi en milieu de journée . "Je veux en votre présence adresser aux catholiques de France tous les voeux pour la réussite de votre visite", a-t-il ajouté.
Plusieurs dizaines de personnalités du monde politique, dont l'ensemble du gouvernement et le maire socialiste de Paris Bertrand Delanoë, ainsi que les plus hautes autorités religieuses, ont pris place dans la salle des Fêtes de l'Élysée. La présidente du Medef Laurence Parisot ou le metteur en scène Robert Hossein étaient également présents pour assister à ce discours très attendu. Clou de son discours, le chef de l'État a appelé au respect d'une "laïcité positive" en France car "se priver des religions serait une folie", "une faute contre la culture et contre la pensée". Et d'expliquer : "La laïcité positive, la laïcité ouverte, c'est une invitation au dialogue, à la tolérance et au respect. C'est une chance, un souffle, une dimension supplémentaire donnée au débat public." "Nos sociétés ont besoin de respect, de dialogue et de tolérance", a-t-il également estimé, jugeant "légitime pour la démocratie de dialoguer avec la religion".
D'autre part, Nicolas Sarkozy a consacré un long passage de son allocution à la "dignité des personnes" qui est, selon lui, "le vrai trésor de l'Europe et son secret le plus précieux". Il a affirmé que cette "dignité" est d'ailleurs au coeur de son action avec la mise en oeuvre de mesures telles que le Revenu de solidarité active (RSA), le contrôleur général des prisons, le combat contre la maladie d'Alzheimer ou encore la "si délicate question de l'immigration".
"Nous ne mettons personne devant l'autre, mais nous assumons nos racines chrétiennes", a également martelé le chef de l'État. Mais s'il explique avoir "souvent eu l'occasion de parler des racines chrétiennes de la France", il précise : "Ça ne nous empêche pas de tout faire pour que nos compatriotes musulmans puissent vivre leur religion à égalité avec toutes les autres." "Oui la France est multiple", a-t-il relevé, évoquant une "diversité que nous considérons comme une richesse"……
Ségolène de Larquier. Le Point.fr (extraits)
Benoît XVI veut, comme Sarkozy une laïcité qui assume le rôle des religions dans la société. (EXTRAITS)
"En ce moment historique où les cultures s'entrecroisent, une nouvelle réflexion sur le vrai sens et l'importance de la laïcité est devenue nécessaire", a déclaré Benoît XVI au palais de l'Elysée.
Il a jugé "fondamental" d'"insister sur la distinction entre politique et religieux" afin de "garantir aussi bien la liberté religieuse des citoyens que la responsabilité de l'État envers eux".
Mais il a souligné "la fonction irremplaçable de la religion pour la formation des consciences et de la contribution qu'elle peut apporter, avec d'autres instances, à la création d'un consensus éthique fondamental dans la société".
Ces déclarations constituent une réponse de Benoît XVI aux thèses développées par Nicolas Sarkozy, depuis son déplacement au Vatican en décembre 2007. Le président cherche à faire évoluer la stricte laïcité à la française, qui institue une séparation rigide entre la religion et l'Etat.
"Nous assumons nos racines chrétiennes", a réitéré vendredi le président français, devant le souverain pontife. "Ce serait une folie de nous priver (des religions, ndlr), tout simplement une faute contre la culture et contre la pensée. C'est pourquoi j'en appelle à une laïcité positive", a ajouté M. Sarkozy, qui revendique ses convictions catholiques.
Ces conceptions de la relation entre l'Etat et la religion suscitent de fortes réactions du camp laïc, encore très puissant en France. Le Conseil national des associations familiales laïques a dénoncé vendredi "l'intrusion permanente dans le champ politique" de la religion depuis l'arrivée de Nicolas Sarkozy à l'Elysée.
Le souverain pontife devait, vers 15h30 GMT, prononcer un discours très attendu devant quelque 700 représentants du monde de la culture au Collège des Bernardins, un magnifique édifice cistercien racheté et restauré par le diocèse de Paris qui vient de rouvrir ses portes après cinq ans de travaux.
A cette occasion, il devait encore développer le thème récurrent de son pontificat sur le rôle que doit jouer la religion dans l'arène publique. Le pape aura eu auparavant une rencontre avec les représentants de la communauté juive de France, et des représentants de la communauté musulmane figuraient parmi les invités au Collège des Bernardins.
AFP et Emmanuelle Andréani, Le Point.fr (Extraits)
Ces quelques extraits de presse, pour servir de base à un débat, si certains le souhaitent…..