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Un mouvement politique ouvert, Libéral et Social, Réformiste et réaliste.

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Réformer le financement des hôpitaux

Par Elie Arié

 

 

Une récente Tribune Libre du "Monde", signée par un certain nombre de professeurs de Médecine ("L'hôpital public ne doit pas devenir une entreprise »: http://tinyurl.com/4uzs39) s'élevait, comme chaque fois qu'un système tente d'introduire de la transparence dans l'activité médicale, contre la nouvelle tarification à l'activité, pourtant défendue par tous les partis de gouvernement, de gauche comme de droite, et par la Fédération Hospitalière de France, représentant les hôpitaux... publics, et présidée par l'ancien Ministre socialiste de la Santé Claude Evin.

 

Il serait utile que les Français soient informés sur cette question, moins technique qu'il n'y paraît, et qui les concerne évidemment tous au premier chef.

 

 

La tarification à l'activité est intrinsèquement une bonne chose. En gros, on répartit l'Objectif National des Dépenses d'Assurance Maladie entre les établissements en fonction de leur activité réelle, et non plus en fonction d'un budget reconduit à l'identique depuis 20 ans, au mépris des évolutions démographiques de chaque territoire. L'assurance maladie paie désormais un forfait fixe par Groupe Homogène de Séjours (par exemple, une même somme pour chaque appendicectomie sans complication sur un sujet de 15 à 60 ans).

 

Ce qui suppose de savoir précisément ce que coûte chaque activité d'un hôpital donné, et de ce caler sur des pratiques moyennes nationales (tant de jours, de temps médical, de temps infirmier, de coûts administratifs, de temps de bloc opératoire pour mon appendicectomie) pour ne pas perdre d'argent sur un séjour. Ou bien faire des choix stratégiques : un hôpital doit être à l'équilibre dans son ensemble, pas sur chacune de ses activités.

 

Il peut choisir d'équilibrer ses activités non rentables, mais correspondant à des exigences de service public, avec des activités rentables (toutes les réanimations ayant un taux d’occupation inférieur à 50 % sont déficitaires, ça ne veut pas dire qu'on les ferme). Pour prendre les décisions de ce type, la loi permet désormais un dialogue constructif entre ceux qui utilisent et qui fournissent par leur activité la ressource d'un établissement (les médecins) et ceux qui la gèrent (l'administration). Ce dialogue est incontournable dans un système contraint, qui doit être géré et non plus administré.

 

Ce ne sont pas les réformes en cours qui augmentent la durée de vie, et par là-même le besoin de soins, ni la technicité de la médecine. Chaque année le Parlement doit voter un Objectif National des Dépenses d'Assurance Maladie croissant. Le vrai choix de société, c'est le niveau de cet ONDAM, et pas la façon dont on répartit les ressources ainsi définies entre les hôpitaux. On sait qu'on n'a plus assez pour soigner tout le monde avec les structures actuelles. Que faire ? Dire "Il faut des moyens" ? Peut-être, mais il faut voir lesquels, et jusqu’à quel niveau, si on ne veut paqs se cantonner au classique « demander plus à l’impôt et moins au contribuable ».

 

Le deuxième axe de réflexion, c'est réformer non plus les règles de financement, mais les structures hospitalières. Car la tarification à l'activité n'est qu'un outil de redistribution entre les structures existantes. En gros, accepter de regrouper les activités de court séjour (médecine et chirurgie aigües) sur des gros plateaux techniques de territoire qui permettent une meilleure qualité de soins et des économies d'échelles (en plus d'être plus attractifs pour des médecins qui refusent de plus en plus de travailler en petites équipes pour partager les gardes et les astreintes). Pour les petites communes, garder des antennes d'urgences, des services de médecine polyvalente et du moyen séjour, en plus d'activités de gériatrie. Ce système ressemble plus à ce qui se fait ailleurs, et garantit aux communes qui cèdent une partie de leurs activités de court séjour de conserver l'emploi local. En gros, la France est sous-dotée en gériatrie et moyen séjour, mais surdotée en court séjour par rapport à ses voisins. Les patients âgés et les patients de réadaptation/rééducation ne sont pas pris en charge dans les lits (et par les personnels) les plus adaptés, et en plus coûtent plus cher à l'assurance maladie quand ils sont hébergés dans des lits "surmédicalisés" (là où les équipes savent utiliser les équipements complexes, mais pas stimuler ou toiletter un vieux).Perdant/perdant.

 

Aujourd'hui, on a réformé les règles du jeu, mais contrairement à ce que disent Patrick Pelloux et Jean-Pierre Pernaut (étrange collusion de fait), on avance très peu sur les réorganisations territoriales. Parce qu'au pays de Clochemerle, les élus locaux, qui prennent les décisions importantes via les Conseils d'Administration, ne sont jamais d'accord sur les projets de réorganisation territoriale, et préfèrent voir crever à petit feu leur hosto.

 

 De son côté, l'Etat peut imposer les rapprochements, mais ne le fait pas non plus du fait du  même défaut de courage politique. Ce qui fait que tout le monde y perd. Le statu quo est absolument destructeur. J'ai 50 exemples en tête : ce sont les mêmes élus, de droite comme de gauche, qui manifestent avec leurs écharpes tricolores pour sauvegarder une maternité où ils n’enverraient pas accoucher leur chatte, et qui reconnaissent en petit comité qu'ils n'ont pas le choix à 1/2/3 ans des élections. Et qu'ils envoient leur famille se faire soigner au CHU, parce que leur hosto est une calamité. Ce n'est pas l'idéologie dominante aujourd'hui qui crée l'hôpital à 10 vitesses : il existe depuis longtemps.

 

Restent des propositions valables : pourquoi ne pas réajuster les nouvelles règles de financement pour mieux prendre en compte les spécificités du public ? Deux aspects doivent être travaillés, et l'article les relève : la part de forfait pour les missions de service public dans le financement à l'activité, et la remise en cause de la convergence entre tarifs versé au public et au privé pour une même prestation. Cette convergence tarifaire est un vrai cauchemar.

 

Car le vrai problème pointé par ce genre de collectifs, ce sont les rapports entre public et privé. Et là, il y a beaucoup à dire. En gros, le public a encore pas mal de marge pour s'organiser aussi bien, c'est absolument indéniable, mais même s'il y parvenait un jour les dés resteraient pipés. Le privé n'a aucune contrainte, et il finira par toucher autant que l'hôpital pour chaque séjour réalisé.  Il peut embaucher des personnels 5 fois plus rapidement, et se débarrasser de ceux qui plombent le travail des équipes.

 

Il peut pénaliser un praticien qui arrive 1 heure en retard au bloc alors qu'une équipe entière l'attend parce qu'il veut finir ses 18 trous. Il peut ouvrir ou fermer une activité avec la même célérité. Il n'a pas de missions de service public ultra onéreuses à assurer. Il peut s'engager auprès d'un hôpital qui bat de l'aile à boucler un partenariat dont il pourra in fine se retirer quand il voudra. Là où le système est incompréhensible (ou bien hélas l'est-il bien trop), c'est qu'il tolère ces déséquilibres et fait comme s'ils n'existaient pas.

 

Le vrai problème que pose l’hôpital privé est que, devant distribuer des profits élevés à court terme à ses actionnaires, ceux-ci peuvent, à tout moment, décider de se retirer de ce secteur s’ils ne le jugent plus assez rentable, comme ils viennent de le faire en Italie, et ruiner en une journée le laborieux équilibre entre public et privé que le rapport Larcher essaye de mettre sur pied ; nous serions à l’abri de ce risque si, comme aux Etats-Unis, la majorité de nos hôpitaux privés avaient le statut de Fondation, et devaient obligatoirement réinvestir tous leurs profits : mais « la question ne sera pas posée »…

 

 

  

Elie Arié                        

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M
Les mutuelles et assurances complémentaires santé "sont appelées à conforter le financement solidaire de l'Assurance-Maladie à travers une contribution de l'ordre d'un milliard d'euros en 2009", ont annoncé la ministre de la santé, Roselyne Bachelot, et son collègue du budget, Eric Woerth, dans un communiqué commun diffusé lundi soir 28 juillet. Leur nouveau plan, qui doit être détaillé mardi, vise à réduire le déficit de la Sécurité sociale de 4 milliards d'euros l'an prochain, soit pratiquement de son montant actuel. Ils ajoutent que si rien n'est fait, il se creusera chaque année de 2 milliards d'euros, rendant impossible le retour à l'équilibre fixé pour 2011......<br /> <br /> Le Monde.fr
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E
Il y a deux types de cliniques privées:<br /> <br /> -les autonomes,<br /> -celles appartenant à des groupes financiers côtés en Bourse, le principal étant la Générale de Santé.<br /> <br /> Les premières cherchent à naviguer au jour le jour et à éviter le dépôt de bilan; les deuxièmes cherchent à éliminer les activités non rentables et à servir les dividendes les plus élevés à leurs actionnaires.<br /> <br /> L'idée d'une diarchie de direction directeur administratif/directeur médical n'est pas de moi, j'évite les idées personnelles (ce que je suis le seul à penser a très peu de chances d'être exact): j'observe ce qui se fait dans d'autres pays et qui a l'air de mieux marcher.
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M
Ton idée ou ta proposition d'une dyarchie (administratif/médecin) pour diriger l'hôpital, ondition d'une large autonomie ma paraît intéressante. Il faut sans doute la développer, mais développer dans le même temps cette exigence d'autonomie maximum de gestion....Et donc de concurrence régulée?<br /> <br /> Une précision comment sont dirigées les cliniques privées?
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E
@jonh-G<br /> <br /> Oui, c'est un blog non censuré,acceptant la contradiction, pas comme celui de Ségolène Royal ("démocratie radicale et participative" obligent).<br /> <br /> Je connais Marc d' Héré depuis notre période rocardienne; nous avons divergé depuis Mastriocht, lui vers le blairisme, moi vers le chevènementisme; nous connaissons parfaitement nos divergences, qui sont profondes.<br /> <br /> Par contre, il n'est pas abusif de dire que, si vous êtes ségoléno-bayrouo-blairiste (pour autant qu'on puisse savoir où se situe exactement Ségolène Royal, si jamais elle le sait elle-même), vous êtes politiquement beaucoup plus proche de Bockel que moi.
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J
@ Elie, <br /> <br /> vous vous faites même publier sur ce blog! Vous voulez rallier le cabinet du secrétaire d'Etat aux Anciens combattants, M. 0,65% au Congrès du Mans ?
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E
@ Louis Jacques<br /> <br /> Je pourrais vous citer des dizaines d'hôpitaux de "proximité" où le bloc opératoire tourne deux heures par jour, et où tous les praticiens "plein temps" sont au golf à 15 heures, leur journée terminée.<br /> <br /> Je peux même vous en citer un où un chirurgien, élu maire d'une commune voisine, vient opérer une demi-journée par semaine, mais continue à toucher son salaire de plein temps.<br /> <br /> C'est à ce genre de situations que la T2A mettra fin.
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E
@ Pacenonheart.<br /> <br /> Ma réponse était fausse.<br /> <br /> les Groupes homogènes de séjour (GHS) font l'objet d'un tarif, voici la<br /> grille 2008 (ça évolue chaque année). En premier, les tarifs du secteur<br /> public (identiques pour tous, avec cependant des coefficients de transition<br /> appliqués aux tarifs, calculés par établissement, jusqu'en 2012) et puis les<br /> tarifs du secteur privé.<br /> <br /> Vous trouverez l'appendicectomie dans les GHM 06C08V à 06C09W (il y en a 4)<br /> <br /> Les tarifs sont calculés chaque année par le Ministère, la mission T2A et l'ATIH, avec notamment pour le secteur public, référence à l'échelle nationale de coûts élaborée par l'ATIH (leur site est www.atih.sante.fr)
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L
"Il peut pénaliser un praticien qui arrive 1 heure en retard au bloc alors qu'une équipe entière l'attend parce qu'il veut finir ses 18 trous." = je crois qu'il ne faut pas boire trop de vodka avant d'écrire ce genre de chose...
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E
@Paceonheart<br /> <br /> Il faut comprendre que la tarification à l'activité des hôpitaux (qui n'est pas le paiement à l'acte), dite T2A, est une réforme qui se met en place très progressivement, et dont l'aboutissement est prévu pour 2014; actuellement, seule une partie du budget des hôpitaux est déterminée par la T2A; le montant de chaque activité est complexe, déterminé par les ARH (qui vont devenir des ARS) dans le cadre d'un budget global des dépenses de soins voté par le Parlement (Ondam).<br /> <br /> @Marc d'Héré<br /> <br /> L'autonomie des hôpitaux ne peut être totale, et se heurte à deux limites:<br /> <br /> - ils doivent aussi s'intégrer dans un processus d'aménagement du territoire, et de mise en réseau ("qui fait quoi")qu'ils ne feront pas spontanément;la "planification des activités des hôpitaux" me semble indispensable, même si ce terme peut te paraître Gosplan, parce qu'en matière de système de santé, je ne crois pas à l'effet heureux de la main invisible du marché, le consommateur n'étant pas un consommateur éclairé;<br /> <br /> - toute la problématique du système de soins est celle du compromis nécessaire entre les contraintes administrativo-financières et les contraintes médicales, et je suis toujours effaré de la méconnaissance des problèmes médicaux par les administratifs, des problèmes d'organisation par les médecins; il serait dangereux d'accorder une autonomie trop large à des hôpitaux dirigés par des directeurs, et il faut d'abord mettre en place à leur tête (comme c'est le cas dans beaucoup de pays) une diarchie directeur administratif/directeur médical ( un médecin élu par ses pairs), sorte de cohabitation permanente où chacun serait obligé de composer avec les contraintes de l'autre: pas d'autonomie large de gestion avant ce changement préalable.
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M
J'avais remarqué cette tribune du Monde que j'avais désapprouvée, le titre seul montrait que ces professeurs de médecine n'avaient rien compris et ne voulaient rien perdre de leurs privilèges. Je suis heureux de voir que tu condamnes aussi cet immobilisme.<br /> <br /> Je suis assez en accord avec tes analyses et suggestions. <br /> Sur un point il me semble que tu hésites à t'avancer (mais tu en as bien envie) et pourtant il est déterminant. C'est sur la différence entre public et privé: il serait souhaitable, et tu le penses aussi je crois, de donner au public pratiquement les mêmes moyens qu'au privé: autonomie de gestion plus complète notamment dans la gestion et l'utilisation du personnel. Cela pourrait amener un énorme progrès sur le plan du dynamisme, de l'activité, de la ratonnalité et de la réduction des coûts. En contrepartie certaines obligations supplémentaires de service pblic pourraient être négociées avec les cliniques privées. <br /> <br /> En fait j'ai tendance à penser que le point essentiel est là...<br /> Feras-tu le pas pour le reconnaître et soutenir cette proposition?
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