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La culture au coeur du projet européen

L'ancien ministre de la Culture, Renaud Donnedieu de Vabres, exhorte l'Europe à retrouver un contenu par la culture.

Le Figaro 27 06

Identité, fierté, ouverture, racines, création, tradition, modernité, valeurs, autant de mots qui semblent avoir disparu du langage dès qu'il est question d'Europe !

Qui ne voit pourtant que les peuples européens sont en quête de repères, de sens, de réappropriation de leur propre histoire. De liberté et de pouvoir démocratique.

L'actualité, dans sa brutalité et sa violence, trouble en permanence nos concitoyens. Au fur et à mesure que les horizons resplendissants d'un univers mondialisé semblent s'ouvrir, le ciel politique, en fait, s'assombrit, la réalité quotidienne rappelant à chacun la dureté des temps.

Plus l'étranger est proche, plus les frontières s'estompent, plus est grand le besoin de s'identifier, de se localiser, de s'appartenir. De se retrouver.

L'individu, confronté à des cultures, des religions, des modes de vie qui ne lui sont pas familiers, se sent parfois ignoré, broyé, méprisé. Pour savoir accueillir « l'autre », quel qu'il soit, il faut être soi-même en situation de rayonnement, de réussite, d'harmonie.

Alors que l'Europe est le rempart politique le plus solide et le plus efficace pour que soit protégée et valorisée notre diversité, pour que nous réussissions à être une vraie puissance mondiale, force est de constater que les citoyens ont régulièrement une bonne raison d'exprimer leur refus.

Qu'il s'agisse du «plombier polonais» ou de la question de la viande, de la pêche ou de la chasse, il y a toujours matière à se focaliser sur un défi économique, une remise en cause d'acquis jugés menacés par l'aventure européenne. Tel est le paradoxe qu'il nous faut surmonter.

Face à l'inquiétude de l'avenir que manifeste avec force le refus d'Europe, lors des consultations référendaires, il est urgent et impératif de parler culture aux citoyens européens. Faire de la mise en valeur du patrimoine, de l'accueil à la création contemporaine, de la circulation des œuvres et des artistes, de l'éducation artistique de vraies priorités politiques, n'est plus aujourd'hui l'expression nécessaire d'un simple supplément d'âme ou la manifestation élégante de la vie artistique ; c'est, plus fondamentalement, une réponse à l'attente consciente ou inconsciente des peuples européens. Célébrer une langue, cultiver une tradition, accueillir l'architecture contemporaine, faire vivre les expressions culturelles nouvelles, honorer le répertoire, se projeter dans l'avenir grâce à l'histoire, donner le goût de la découverte et de l'innovation, préserver objets et métiers d'art, s'ouvrir aux cultures urbaines sont autant de projets de réconciliation, qui permettent même l'affirmation de notre identité européenne et la reconnaissance de chacun.

Il n'y a pas de contradiction entre l'Europe des arts et la révolution numérique, pas de conflit entre la dimension spirituelle et l'impératif du progrès social, pas d'opposition véritable entre la singularité d'une langue à protéger et la nécessité de la traduction, qui, selon Umberto Ecco, est «le langage de l'Europe». Ce sont des forces qui se nourrissent les unes des autres, dont nous pouvons et devons être fiers.

Comment ne pas voir, en outre, que notre attractivité et notre développement économiques sont principalement fondés sur notre capital culturel et artistique, sur notre potentiel d'intelligences, de savoirs, de créativité et d'imagination ? Culture et croissance sont une rime riche de sens et de conséquences concrètes pour le citoyen !

Nous devons placer la question de la culture au cœur même du projet politique européen. C'est le meilleur moyen d'inspirer une confiance populaire qui nous fera définitivement défaut si nous donnons le sentiment de renoncer à l'atout de la civilisation européenne. Ce n'est pas un repli, une fermeture, un recul de nos ambitions. C'est au contraire l'affirmation dynamique que notre diversité est une richesse et que notre unité est un projet et non un nivellement par le bas. La flamme culturelle européenne nous donne les moyens de tendre la main aux autres cultures du monde, de nouer un dialogue fécond en commençant naturellement par la Méditerranée, Mare Nostrum.

Face à l'intégrisme et aux violences, face à l'uniformisation et à la marchandisation excessives de nos sociétés, l'Europe de la culture est notre nouvelle frontière. C'est aussi le respect dû à chacun, à chaque peuple, à son histoire et à son devenir. C'est l'essence même de la démocratie.

Le président de la République a voulu que la France soit en «tenue» européenne pour mettre en lumière les 26 États membres lors de la présidence française. La saison culturelle européenne, qui débute le 1er juillet et qui accueillera partout en France de très nombreuses manifestations artistiques des 26 autres pays, n'est donc pas un divertissement. C'est un projet politique fondateur !

Commencer par la culture, c'est vouloir enrayer la spirale de la peur qui conduit au refus. C'est centrer notre projet politique sur l'essentiel. C'est conjuguer perspective collective et affirmation de soi. C'est placer l'homme au cœur de notre idéal politique et humaniste. C'est faire de l'Europe un modèle envié. C'est agir pour la prospérité et la paix.

Cela créera la dynamique populaire d'un oui à l'Europe, qui est le défi des temps actuels.

Renaud Donnedieu de Vabres

Le Figaro

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M
Le président français Nicolas Sarkozy et le prince saoudien al-Walid bin Talal Bin Abdulaziz se rendront ensemble, demain, au Louvre à Paris pour la pose de la première pierre des salles d'Art Islamique du musée.<br /> <br /> Le prince saoudien, l'un des hommes les plus riches du monde, sera d'abord reçu, à 11H30 (09H30 GMT), par le chef de l'Etat au Palais de l'Elysée.<br /> <br /> Tous deux se rendront ensuite, à 12H00 (10H00 GMT) au musée du Louvre, cour Visconti, pour la pose de la première pierre des salles d'Art Islamique.<br /> <br /> "A l'occasion de cette cérémonie, le président de la République prononcera un discours en présence du Prince Al-Walid, qui a fait une donation déterminante pour la création de ces salles consacrées aux collections du département des Arts de l'Islam".<br /> <br /> Source AFP
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M
Je crois que l'auteur de l'article a raison.  Particulièrement dans  cette période de doute ou d'éloignement des peuples  vis à vis de l'Union Européenne, la culture peut jouer un grand rôle pour rapprocher l'Europe des citoyens.
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M
Un commentaire qui peut se relier à la culture car il veut illustrer le manque total d'élegance , de générosité et finalement de culture de Ségolène Royal. Après la libération d'Ingrid Bétancourt elle n'a rien trouvé de mieux que de se précipiter sur les micros pour déclarer" cette libération ne doit rien à Nicolas Sarkozy"...Voilà le commentaire politicien et hors sujet qui est le sien. Même certains socialistes ont trouvé cela indécent et minable:<br /> Une "rare mesquinerie" et "un manque d'élégance morale", a fustigé l'ancien "conseiller spécial" de Mme Royal, Jack Lang. Il a jugé "dérisoires" les "querelles autour d'une prétendue récupération politique".<br /> Les fabiusiens sont également montés au créneau. "On veut pouvoir avoir l'air d'être le premier opposant à Nicolas Sarkozy, mais il y a d'autres sujets sur lesquels on peut s'exprimer avec plus de véracité", a déclaré le député PS Philippe Martin.<br /> "Peut-être que le président de la République va surjouer le rôle (...) A ce moment-là cela deviendra peut-être désagréable, mais pour le moment ces critiques ne sont pas du bon niveau", a-t-il estimé.<br /> La libération de Mme Betancourt était aussi à mettre au crédit "de la France, de sa diplomatie de ses associations engagées contre l'oubli, de ses citoyens mobilisés pour la liberté", a rappelé un autre fabiusien, Guillaume Bachelay.<br /> Petite, madame Royal.....
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