Overblog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Un mouvement politique ouvert, Libéral et Social, Réformiste et réaliste.

Publicité

Faut-il encadrer les loyers?

 Un texte de janvier 2008 de Jean-Louis Caccomo...


Puisque Michel Rocard propose de généraliser l’enseignement de l’économie, constatant l’inculture économique des français, je lui suggère aussi de réfléchir à cette occasion à la conception de l’économie que se font nos responsables politiques.

Les français s’inquiètent à juste titre pour leur pouvoir d’achat. Mais, c’était déjà l’argument de campagne de Georges Marchais qui voulait abattre le capitalisme, de Valery Giscard D’Estaing qui voyait le bout du tunnel, et le souci officiel de François Mitterrand qui voulait changer la vie et Jacques Chirac qui se proposait de réparer la fracture sociale. Non seulement, le problème est toujours là, mais il aura empiré à force de prendre le problème à l’envers. Car aucun Président de la république n’est en mesure de distribuer des salaires et autres primes à volonté dans la mesure où les dirigeants politiques ne créent pas de richesses mais usent – ou abusent ? – de leur pouvoir pour déplacer la richesse : ce qu’ils distribuent (de manière visible) à Pierre, ils l’auront pris (de manière cachée) à Paul.

Sachant que la demande découle de l’offre, que les revenus sont générés par la combinaison viable des facteurs de production (capital et travail), tout ce qui contrarie l’offre empêche l’épanouissement du revenu. En France, on a précisément un problème d’offre, mettant en cause notamment la quantité (en effectifs et en durée) et la qualité (en compétence et en motivation) de la population active (effectivement au travail). Et tout problème structurel d’offre dégénère en un appauvrissement général, car rien ne peut sortir d’un champ qui n’aura pas été au préalable retourné et ensemencé. A terme, c’est non seulement le pouvoir d’achat qui périclite, mais aussi l’épargne des français (qui est toujours de la consommation future) qui se trouve menacée et sans laquelle aucun pouvoir d’achat futur ne pourra être généré.

 

Face à cela, le parti socialiste, qui n’a toujours pas entamé un début de révolution culturelle, propose notamment d’encadrer les loyers. Par principe, en tant qu’économiste, je suis contre toute mesure qui limite artificiellement la concurrence, sachant que la concurrence est bénéfique pour le consommateur. Or le loyer est un prix, et toute mesure visant à encadrer les prix se retourne contre le consommateur, ici le locataire. Généralement, toute mesure qui part d’un bon sentiment finit par se retourner contre celui qu’elle était censée protéger ou aider. Tous les pays qui ont encadrés les prix, notamment pour les produits de première nécessité, ont provoqué la pénurie dans les secteurs visés par le contrôle des prix. A quoi sert-il d’avoir des produits bon marché qui deviennent, dans la pratique, introuvables ? Seul le prix réel des choses importe, pas le prix officiel.

La liberté des loyers est de nature à attirer des nouveaux propriétaires, provoquant une concurrence accrue entre les propriétaires, ce qui est finalement favorable aux locataires et à tous ceux qui cherchent à se loger. Il faut toujours avoir une vision dynamique des processus économiques à l’œuvre dans tous les secteurs. A l’inverse, l’encadrement des loyers repousse les propriétaires, qui ne sont pas toujours dans la mesure d’amortir leurs investissements immobiliers, ce qui conduit à la rareté. Ajoutée à toutes les mesures qui contraignent déjà ou fragilisent l’offre de logements, et vous avez une pénurie structurelle qui pousse à la hausse des loyers, même encadrés.

Finalement, on se retrouve dans la situation de devoir encadrer des loyers à un niveau bien plus élevé que seraient des loyers libres sur un marché plus ouvert et concurrentiel. Rappelons-nous que la plupart des prix des biens de consommation étaient encadrés dans les années 70 en France, ce qui n’a nullement empêché la France d’être un pays inflationniste. Ce sont des notions de base dans l’analyse économique que, manifestement, nos élus peinent à comprendre.

 

Jean-Louis Caccomo,

http://caccomo.blogspot.com/

Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
M
Comme vous avez pu le remarquer Jean-Louis Caccomo n'est pas le seul intervenant de ce blog et il aurait été intéressant de  débattre de ses idées, qui, à l'évidence ne recueillent pas l"unanimité. On peut tout à fait estimer que l'encadrement des loyers est une bonne politique, encore faut-il le démontrer...Et ce n'est à mon avis pas si facile...c'est peut-être pourquoi au lieu de le faire, vous préférez nous informer tous que vous nous quittez. Libre à vous...je le regrette évidemment.
Répondre
G
Il est tout à fait légitime qu'un disciple fidèle de la pensée de F. Von Ayek, comme l'est J.L Caccomo, trouve une tribune pour s'exprimer. Il est d'ailleurs tout aussi normal, dans une société pluraliste, que   quelques économistes marxistes  continuent à croire en leur rêve brisé.  On ne peut contraindre personne à revenir au principe de réalité.  Défendre les idées d'un libéralisme dogmatique est d'autant plus méritoire qu'elles sont partout en perte de vitesse .  Alain Madelin a cessé d'en être le héraut  en France et même  la société du Mont Pèlerin est devenue bien silencieuse.  Mais ces dogmes, dépassés depuis la fin  du Thatcherisme,  de Reagan, de Pinochet  et des premières expériences catastrophiques  de libéralisation des pays de l'ex bloc communiste, continuent de fasciner un certain nombre d'anciens militants de gauche, souvent parmi les plus doctrinaires. Ils ont tellement peur de passer pour les derniers gauchistes, qu'ils seront bientôt les derniers ultralibéraux. Je n'ai rien contre les débats d'idées, même désuètes. Mais mon temps de lecture étant limité, je vais cesser de lire  ce blog.  A tout prendre une lecture des causes du déclin Espagnol après Philippe II ou des querelles Bysantines me paraissent malheureusement plus éclairantes  sur l'actualité Française  que  des gloses de Ayek ou de Trotsky.
Répondre