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Un mouvement politique ouvert, Libéral et Social, Réformiste et réaliste.

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Une gauche utile

L’élection de Nicolas Sarkozy ouvre un nouveau cycle politique. Il convient aujourd’hui de tirer les leçons de cette campagne électorale et de préparer l’avenir en prenant nos responsabilités.

Certains d’ente nous dans cette élection ont fait le choix de Ségolène Royal, d’autres de Bayrou et certains, c’est mon cas, ont préféré soutenir Nicolas Sarkozy. Faut-il en rester là ?

Cela amène à répondre à deux questions :

-         Que devient la gauche après cette élection ?

-         Que faut-il faire pour poursuivre notre combat pour une société dynamique et solidaire ?

IES a apporté une contribution utile au débat depuis plus d’un an.  Son Blog se classe parmi les premiers de la catégorie politique. Dès notre création, nous avions annoncé la couleur : nous nous prononcions clairement pour un centre-gauche ouvert et moderne. Pour beaucoup d’entre nous venus du Parti Socialiste, ce qui s’est passé dans les derniers moments de la campagne de Ségolène Royal a le goût amer d’une victoire posthume. Pour nous qui avons connu la défaite au sein du PS en avançant la notion de social-libéralisme (0.67 % des voix au Congrès du Mans !), qui avons été conspués pour avoir  oser  parler d’une alliance au centre, les prises de position tardive de la candidate et de ses affidés ont le mérite de nous donner raison….. trop  tard. La campagne de Ségolène a été conforme à ce que nous avions pronostiqué : médiocre et confuse. Il n’en restera pas sans doute pas  grand-chose, si ce n’est ce ton d’institutrice donnant une dictée à des enfants retardés en lisant des textes parfois bien écrits lorsqu’ils étaient ceux… d’Aurélie Filippetti.

La modernité politique revendiquée par Ségolène Royal aura été à une véritable  modernisation ce que le Canada Dry est à l’alcool : la couleur et le goût (discutable) mais pas la réalité. Comme le dit Marc Lazar dans son article dans Libération : «  le PS est le seul en Europe a avoir choisi la politique de l’autruche »

Le PS et François Hollande ont voulu, par manque de courage ou de lucidité, faire l’économie d’un vrai changement politique,  voulant croire qu’une candidate new style (pour le dire vite) suffirait à faire vendre un produit dépassé, périmé,  déjà servi à maintes reprises. En s’obstinant à conserver le même logiciel politique ils ont perdu le contact avec la réalité et manqué leur rendez-vous avec l’histoire.

Je ne crois pas que la modernisation du PS soit aujourd’hui possible malgré les déclarations de notre ami D.S.K : l’histoire ne repasse pas les plats. Il est vraisemblable que le PS devienne une sorte de SFIO (comme le dit ce dernier) qui mettra 20 ans à mourir et n’a plus  d’autres fonctions que de préserver une solidarité alimentaire entre ceux qui vivent de ce système politique.

Quels bilans peut-on tirer à l’issue de ces élections ?

Le premier est que l’union de la gauche a vécu. Avec moins de 2 % pour le PC, à peine 1 % pour les verts, l’union n’a plus de sens électoral, ce que Baylet remarque à juste titre. Quand à l’impossible synthèse avec la gauche fière d’être antilibérale, il ne reste plus que Fabius a faire semblant de croire que cela pourrait être possible.

Le deuxième c’est que Bayrou cherche en quelque sorte à occuper la place social-démocrate vide laissée par le PS mais pour quel programme et quel projet politique autre que celui d’être l’entrepreneur de lui-même ?

Le troisième c’est que la diabolisation de Nicolas Sarkozy qui était finalement la seule stratégie de la gauche (et de Bayrou) a fait long feu. Quel scandale d’ailleurs que de vouloir jouer cette stratégie de la peur au lieu d’avancer des propositions utiles aux français.

Aujourd’hui les hommes qui luttent depuis des années pour moderniser la gauche ont finalement le choix entre deux options :

Ou bien poursuivre un épuisant combat pour essayer de faire rattraper au PS ces années perdues.

Ou bien saisir la main tendue par le nouveau président et accepter, tout en gardant sa liberté,  l’ouverture  qu’il  propose.

Que Bernard Kouchner ait saisi cette occasion de se rendre utile, qu’avec lui Eric Besson, Martin Hirsh, Jean-Pierre Jouyet, prennent ce chemin, ne relève pas d’une palinodie politique mais d’une constatation : une autre gauche est possible, un centre gauche moderniste  peut s'affirmer   dans le cadre de la majorité présidentielle et être utile. 
Militant de gauche de toujours je crois pouvoir dire ce que pour moi représente un idéal de gauche : ce n’est pas seulement se placer du côté des plus démunis mais aussi être du côté du mouvement plutôt que celui de la conservation, du côté des salariés des entreprises plutôt que des lords propriétaires comme ont su le faire  les travaillistes anglais…..

Les repères ont bougés, la réaction, pour parler comme les socialistes du début du 20° siècle, est aujourd’hui du côté d’un Parti Socialiste englué dans sa sociologie de fonctionnaires plutôt  que dans celui de Nicolas Sarkozy qui manifeste une véritable volonté de changement et de rénovation. La gauche traditionnelle est aujourd’hui  davantage une sorte de coalition des antis (libéraux, mondialistes) qu’une force de proposition. Et tout laisse à penser que cette politique tournant le dos aux réalités, serait bien moins profitable aux salariés et aux démunis que le projet de  Nicolas Sarkozy qui veut donner une nouvelle chance à chacun de profiter de la relance de la croissance et du dynamisme social … 

Il n’y a aujourd’hui rien d’indigne à s’affirmer de gauche et à s’inscrire, en toute indépendance dans  la majorité présidentielle. Comme aux grandes heures de l’Histoire (telle que le Général de Gaulle et Mendès-France ont su l’écrire) il faut dépasser les clivages partisans pour rassembler les forces qui œuvreront pour répondre aux défis de l’époque.

Comme dans de nombreuses démocraties modernes (Allemagne, Italie, Brésil….) une politique de rassemblement peut réunir sur des objectifs de transformation,  des hommes et des femmes qui diffèrent par leur sensibilité et leurs parcours.

Il faut donner acte à Nicolas Sarkozy de vouloir tenir ses promesses d’un gouvernement efficace, car resserré et ouvert à d’autres courants. 

Il ne s’agit nullement de lui  donner un blanc-seing, encore moins de souscrire à tous ses propos (je ne me retrouve pas par exemple dans son analyse de Mai 68) mais d’affirmer une contribution utile aux français, cohérente avec les valeurs de solidarité que nous défendons.

Quelle forme doit prendre ce pôle de gauche : rassemblement politique dans le cadre d’un parti radical regroupé, regroupement organique dans un parti-social libéral européen aux côtés de Christian Blanc, convergence intellectuelle autour de la République des Idées ? Nous retrouver autour de  Bernard Kouchner, exclu du PS, qui prendra peut-être, plus tard une initiative politique,….

Gilles NORROY

 
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