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Un mouvement politique ouvert, Libéral et Social, Réformiste et réaliste.

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Le Projet d'IES (5)

L’éducation  est  la meilleure garantie de compétitivité de nos économies  et la meilleure arme qui puisse être fournie aux individus dans le monde changeant d’aujourd’hui.

 

 

Le constat

 

Malgré une des plus fortes dépenses d’éducation des pays de l’OCDE, les performances de notre enseignement ne correspondent pas  à nos attentes. Prétendument égalitaire, le système  tend à reproduire voire à accentuer les inégalités: l’enseignement favorise ceux qui disposent des meilleures chances au départ et les situations d’échec scolaire touchent d’abord les enfants de familles défavorisées. Les 80 000 élèves  qui, à l’entrée au collège ont de grandes difficultés de lecture, les  150.000 jeunes qui sortent  annuellement  du système sans diplôme  viennent  essentiellement  de ces dernières.

 

Cet échec de la  formation initiale, frustrant pour les individus, pèse sur la réussite collective et la cohésion sociale. Une  rénovation  du service public de l’éducation doit avoir ce double objectif: le rendre plus performant et plus égalitaire. Lui permettre d’élever  le  niveau de formation de tous  y compris des meilleurs   et   en faire la condition  de la mobilité sociale.

 

 

Les propositions 

 

Décentralisation, personnalisation et ouverture sont les maîtres mots d’une nouvelle  organisation  de l’éducation.   

 

Sans nier la  nécessité d’une  cohérence  nationale, il faut diffuser les responsabilités et les prises d’initiative.  Une administration centrale allégée, en collaboration avec les régions, sera concentrée sur quelques fonctions essentielles: fixer  les cadres généraux des programmes, réaliser une péréquation des moyens, contrôler, veiller au respect des normes de compétence des maîtres, valider les diplômes.

 

Au delà sera laissée une grande part à l’initiative. Les Régions adapteront les grands axes indiqués par l’administration centrale.   Les chefs d’établissements et  les   équipes d’enseignants se verront fixer des objectifs et disposeront  d’autonomie pour y parvenir.   C’est à eux qu’il appartiendra de  donner corps au projet éducatif, d’adapter les  programmes à partir des socles définis, de diversifier les méthodes, de  déterminer les itinéraires pédagogiques. 

 

La nécessité de ne laisser personne en route, sans abaisser le niveau général, ni limiter les possibilités des meilleurs, conduira à des formes de pédagogie et d’encadrement qui tiennent compte d’aptitudes et d’intérêts différents. On n’apprend pas forcément de la même façon à tous, la lecture ou la grammaire. 

 

L’égalité des chances, condition de la mobilité sociale, ne peut résulter d’une « égalité républicaine » de façade  mais  exige des politiques différenciées. Elle   exige une inégalité des traitements, consistant à    identifier   les différences existant entre les élèves, et y adapter les parcours et les méthodes d’enseignement. Ceux qui suivent bien ne doivent pas être ralentis.  Pour ceux qui ont des difficultés,  des dispositifs de soutien doivent leur permettre de continuer à suivre  le parcours normal, ou de le quitter provisoirement.

 

La solution des ZEP a échoué parce que ce n’est pas à l’échelle d’un territoire que l’on doit apporter des moyens supplémentaires. Ce sont des individus qui sont menacés par l’échec scolaire, ce ne sont pas des zones où les efforts se diluent. C’est au niveau d’une école, de quelques classes, de quelques élèves que les efforts doivent être ciblés, c’est comme cela qu’ils pourront être adaptés  et apporter des résultats.

 

Tout en maintenant  un socle commun, il faut  introduire une diversification des parcours, appuyée sur des dispositifs d’orientation transparents, agissant dans le cadre d’un dialogue  avec les élèves et les familles.  Des filières professionnelles parallèles à la filière générale  doivent mener  vers les secteurs   porteurs d’emplois et dans lesquelles on affirmera aussi  le souci de développer les capacités d’adaptation aux  évolutions des techniques et des métiers. Des passerelles existeront entre types d’enseignement, entre classes.

 

Pour répondre à ce souci de diversification, la situation des enseignants et les conditions de leur  travail doivent évoluer. Leur  recrutement doit  s’ouvrir à  des personnes venant d’autres horizons. La formation doit être davantage axée sur la pédagogie, la capacité à « mener » un groupe, à le motiver que sur une accumulation de connaissances théoriques.  

 

Le chef d’établissement aura des pouvoirs de gestion et d’animation de son équipe  au choix de laquelle il participera de  manière décisive. Il participera à la  valorisation des compétences en recourant à des modalités motivantes d’évaluation, en donnant plus de poids au  mérite et aux résultats qu’à  l’ancienneté.

 

Le nombre d’enseignants ne peut  s’accroître. Une meilleure organisation, la réorientation des professeurs des disciplines en surnombre,  une limitation des détachements, l’intervention d’intervenants extérieurs  permettront une meilleure allocation des moyens.

 

L’autonomie supplémentaire dont les enseignants  bénéficieront, associée au  développement de formations pratiques, et à  des modalités de rémunération incitatives,  entraîneront un engagement  plus important.

 

Ils doivent travailler en équipe, être  davantage présents  dans les établissements,  pour l’encadrement d’activités collectives, la participation aux études aidées,  les contacts avec les parents, pour le suivi de certains élèves et pour assurer le remplacement de leurs collègues absents pour de courtes durées.  Ils doivent se former aux nouvelles techniques de communication et d’information,  et y recourir largement.

 

L’ouverture de l’école se manifestera par l’acceptation du pluralisme et d’une émulation régulée. Les écoles seront évaluées de manière publique.  Cette évaluation permettra de corriger les faiblesses, d’évaluer les moyens nécessaires, de mobiliser les acteurs et les pouvoirs publics. Elle  permettra aux familles d’avoir une information objective sur les méthodes, les projets et les performances des  différents établissements publics ou privés. La carte scolaire sera supprimée. 

 

L’école doit s’ouvrir  sur son environnement social et culturel,  développer des rapports de coopération avec les acteurs locaux, renforcer les contacts et les liens  avec les familles.

Notre système d’enseignement doit  s’ouvrir sur le monde du travail et y familiariser les élèves. L’entreprise doit devenir un des  partenaires de l’école, au travers de réunions d’informations, de travaux dirigés, de stages. Une relation plus concrète doit s’instaurer entre les formations terminales et le monde professionnel.

 Cette transformation de l’école doit trouver son prolongement dans l’amélioration de  l’enseignement supérieur. L’Université est ouverte aux titulaires d’un baccalauréat, mais moins de 40% d’une génération y ont accès  contre plus de 60% aux Etats-Unis. Plus grave encore,  le nombre de ceux qui en sortent ou qui s’en éloignent sans diplôme  (près de la moitié des inscrits en première année), ce  qui  rend nécessaire une orientation mieux  adaptée en fin d’études secondaires, un entretien au moment de l’inscription et la possibilité pour ceux qui sont en échec à la fin de la première année d’université, de bénéficier d’une réorientation.    

 

Notamment du fait de la concurrence  des grandes écoles, on a laissé   l’université française se paupériser.  La France est le seul pays européen où un  étudiant coûte moins cher à la collectivité qu’un lycéen.

 

Des  moyens  importants doivent lui être fournis qu’il  serait injuste de  faire reposer uniquement  sur l’impôt alors que les universités ne concernent qu’une minorité de familles.

 

Le financement public, sera complété par deux autres sources de financement. Principalement,  une augmentation  sensible des droits universitaires. En compensation, des bourses plus importantes en montant mais plus ciblées en nombre de bénéficiaires, fortement   variables en fonction des revenus. Les étudiants pourront aussi avoir largement recours à des prêts  à taux zéro, garantis par l’Etat, dont  les remboursements seront  prélevés sur les futures rémunérations, proportionnellement à celles-ci. Ce système qui entraîne  sa propre rentabilité, et permet une responsabilisation des individus fait reposer l’essentiel du financement sur les utilisateurs et   ceux qui en ont besoin.

 

Les universités pourront obtenir  des  moyens supplémentaires par des  contrats avec des entreprises ou des collectivités, notamment pour la formation permanente (elles doivent jouer un rôle accru dans la formation professionnelle, en devenant en collaboration  avec l’entreprise un des lieux de la  formation tout au long de la vie). 

 

Ces moyens ne seront efficacement utilisés que si une réorganisation permet aux universités - et à leurs présidents - d’être responsables. Une pleine autonomie doit leur permettre de gérer leurs moyens en s’affranchissant  des règles de la comptabilité publique, de recruter leurs professeurs,  d’adopter leurs modalités de fonctionnement.  Les universités doivent diversifier leurs échanges, conclure des partenariats avec des universités étrangères, des entreprises et des  collectivités locales, des organismes de recherche.

 

Leur rôle accru dans la recherche ira de pair avec la réorganisation totale des organismes de recherche publique comme le CNRS.

 

 

 

 

La santé publique est un objectif d’intérêt général dont la réalisation passe par  une mobilisation et une responsabilisation de tous. Elle exige une politique énergique de protection de notre environnement et d’interdiction des produits polluants, elle exige   aussi  une politique de  prévention ciblée sur les plus jeunes  et les populations à risques.

 

Le constat 

 

L’augmentation de la durée de vie, le développement de techniques médicales coûteuses, les demandes croissantes  de soins conduisent à une augmentation des dépenses médicales, aggravée par une gestion à la fois laxiste et rigidifiée du système. Cette augmentation légitime doit être maîtrisée.

 

Les propositions

 

Pour être à la fois  acceptée et  utile, une  réforme doit répartir équitablement les responsabilités et  les efforts entre les différents  niveaux de revenus, entre les  générations, entre les acteurs.

 

Le cadre de la   politique de santé, l’objectif de dépenses, l’étendue de la prise en charge collective – le  « panier de soins » remboursé- les recettes, le contrôle des résultats, doivent  dépendre du Parlement. La  gestion se fera dans un cadre régional, avec   une large  autonomie donnée aux conseils d’administration des caisses.

 

Les médecins remplissent une mission de service public, ce qui doit conduire à  donner  un sens plus civique à son exercice.

 

Durant leur période d’activité ils seront régulièrement  évalués, dans leurs compétences et dans  leurs  pratiques.

 

Un exercice collectif et coordonné  de la médecine sera encouragé par des regroupements d’un généraliste et de spécialistes au sein d’un même cabinet, ou par  des liaisons en réseau. Les médecins doivent s’organiser, pour l’installation de « maisons médicales de garde » qui décongestionneraient les services d’urgence  des hôpitaux.

 

Les collectivités publiques prendront des mesures fiscales ou sociales incitatives pour que l’installation de médecins soit mieux répartie sur le territoire.

 

Les hôpitaux, source de la moitié du déficit de l’assurance maladie, doivent échapper à une bureaucratie paralysante et  disposer, dans un   cadre régional, d’une autonomie de gestion ainsi que d’une souplesse d’organisation.

 

L’hôpital est le domaine de la bureaucratie,  corseté par des règles rigides,  par le statut du personnel et bridé dans ses  capacités d’initiative et de réactivité.  Sont nécessaires l’autonomie la plus large du conseil d’administration et la responsabilisation des équipes soignantes, dans le respect  des objectifs fixés. A cette autonomie doit répondre une évaluation publique  en terme  de coûts et de résultats,  sur un plan  quantitatif mais également qualitatif de satisfaction des malades et des familles. On  doit aussi  recourir largement au  partenariat public privé pour tout ce qui touche à la construction, l’entretien et la gestion des hôpitaux, voire à une coopération médicale avec les cliniques privées.

 

La distribution des médicaments sera  maîtrisée avec une prise en compte des besoins de la recherche conduisant à un prix de vente suffisant des médicaments nouveaux et au  recours accru  aux génériques et  au  non remboursement des médicaments insuffisamment efficaces.

 

La responsabilisation des patients et des  usagers du système de soins aura pour conséquence   que ceux-ci ne doivent pas pouvoir demander tous types de  soins avec une fréquence illimitée. Ils  doivent  admettre  soit une restriction  soit  une  participation financière en proportion de leurs revenus.

 

Les prestations et allocations ne peuvent continuer à être accordées de manière générale et égalitaire.  La notion d’équité  doit  nous conduire   à prendre en compte  les disparités financières. On doit  mettre à contribution les plus hauts revenus. Cela pourra passer par des cotisations différenciées, les remboursements modulés de la médecine de ville en fonction du revenu,  une franchise… Comme le recommande  Bernard Kouchner «  la France doit faire partager le coût de sa protection sociale à ses habitants proportionnellement à leurs revenus. » 

 

Par ailleurs, dans cette optique de responsabilisation des assurés, combien d’abus ne  devraient plus être tolérés....

 

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