Un mouvement politique ouvert, Libéral et Social, Réformiste et réaliste.
Vivre dans la ville
Il faut repenser la ville, limiter les discontinuités et la ségrégation, c'est-à-dire, au-delà des péréquations nécessaires entre communes riches et les autres, au delà de politiques d’urbanisme et de transport, développer la mixité sociale. C’est dans toutes les communes que doivent être construits des logements locatifs sociaux et intermédiaires, en veillant à l’application de la loi « SRU».
Considérer la ville dans son articulation avec ses territoires : périphéries, zone rurales moins denses, bassins d’emploi, bassins de déplacement, etc…Réalisons, notamment dans le cas de Paris, une intégration plus poussée entre ville centre et banlieues.
Les zones urbaines doivent mêler habitations, entreprises, zones de loisirs et d’activités culturelles. Elles doivent mêler aussi les populations.
Pour les sites les plus défavorisés, il faut réhabiliter ou détruire de nombreuses tours et des barres d’immeubles, récréer des logements plus humains, mieux insonorisés, et assurer leur entretien.
Les services publics: poste, écoles, centres médicaux, services sociaux, commissariats, doivent être présents dans ces quartiers. On y fera intervenir les enseignants, les personnels de santé, les travailleurs sociaux, les policiers les plus expérimentés. On y encouragera l’installation de commerces et la création d’entreprises qui bénéficieront d’aides d’autant plus importantes qu’elles emploieront une forte proportion de personnel originaire du quartier. On favorisera la création de maisons de jeunes autogérées, l’aide aux initiatives émanant des habitants, aux associations.
On favorisera l’action d’associations telles que l’ADIE, qui attribue des micro- crédits à des personnes démunies, qui ont un projet de création d’entreprise personnelle. Nous devons faciliter les premiers pas de ceux qui veulent entreprendre, et ils sont nombreux car il y a dans la population des cités une capacité d’enthousiasme, une volonté d’initiative, une énergie auxquelles on doit permettre de s’investir. C’est par l’encouragement aux initiatives locales, en faisant émerger la dynamique du terrain que l’on fera œuvre utile.
Un des fondements d’une politique de la ville, c’est le logement.
L’accession à la propriété sera facilitée grâce à un accroissement des aides individualisées, à des prêts garantis par l’Etat, à la possibilité offerte aux occupants de logements sociaux d’en faire l’acquisition à des prix avantageux. Pour permettre à ceux qui en ont effectivement le droit d’occuper les logements sociaux, la situation des occupants du parc social doit être régulièrement vérifiée pour prévoir la sortie (progressive) de ceux qui dépasseraient les plafonds de revenu y donnant droit.
L’offre de logement doit progresser, des aides seront apportées au secteur privé pour construire des logements à loyers maîtrisés, ainsi que de nouvelles formes de financement. Une politique fiscale doit inciter à l’investissement dans le logement locatif.
Un effort particulier doit être fait en vue de la construction de logements sociaux et intermédiaires dans des quartiers « bourgeois », pour faciliter la mixité sociale.
Les logements vacants seront remis sur le marché ou réutilisés. Des mesures d’incitation pour les propriétaires seront prises, des garanties données sans que ne soit exclue la possibilité de réquisition.
Une revendication des associations, le droit « opposable » au logement, doit être mis en œuvre dans les cinq ans: toute personne sans logement ou indignement logée, pourra, après avoir entrepris des démarches restées vaines, se retourner vers les pouvoirs locaux qui auront l’obligation, sous peine de sanctions de lui fournir un logement décent dans des conditions financières supportables.
Immigration et intégration
Le constat
L’émigration vers nos pays est une donnée, compte tenu du déséquilibre en terme de démographie et de richesse entre le « sud » et le « nord ». L’attraction de la richesse et de la liberté est irrépressible. Il y aura de plus en plus d’immigrés dans nos pays et c’est à partir de cette réalité, que nous devons bâtir nos politiques économiques, sociales ou culturelles, nos politiques d’intégration. Mais, pas plus qu’il y a 15 ans, nous ne pouvons « accueillir toute la misère du monde ».
Les propositions
Même si nous devons affirmer notre vocation d’ouverture, même si nous savons à quel point nous avons et nous aurons encore davantage besoin dans l’avenir de l’immigration, nous devons pouvoir maîtriser les flux migratoires.
Une des premières exigences sera de lutter au niveau européen contre l’immigration clandestine, et de sanctionner ceux qui l’organisent et ceux qui en profitent. Procéder aux reconduites nécessaires, en négociant avec les pays d’origine l’engagement de lutter contre l’émigration clandestine et d’accepter le retour de leurs nationaux expulsés.
Des régularisations auront lieu en prenant en compte la réalité de l’insertion économique, sociale, culturelle, familiale de l’intéressé et sa volonté d’intégration, mais les régularisations massives ou automatiques au bout de dix ans seraient des erreurs dont tous les pays européens souffriraient.
Parce que pour une large part l’immigration clandestine est une immigration de la misère, on doit agir en amont, en mettant en œuvre une politique de coopération et de développement, en travaillant à créer dans les pays d’origine les conditions permettant aux migrants potentiels d’y demeurer. Des partenariats tournés vers l’action concrète doivent être établis avec eux, passant notamment par le financement de projets créateurs d’emploi.
Nous devons nous accorder avec ces pays sur l’entrée de travailleurs pouvant venir se former et travailler en France, quitte à envisager des séjours temporaires, des visas à entrées multiples. Ce peut être le cas pour les migrants très qualifiés, ou pour les étudiants qui doivent pouvoir faire une partie de leur carrière chez nous avant de retourner dans leur pays pour aider à son développement.
On peut définir de multiples critères professionnels et sociaux, en collaboration avec les pays d’origine, pour orienter les entrées d’immigrés vers les secteurs qui ont des capacités d’accueil et d’emploi.
Le regroupement familial, source principale d’entrée d’immigrants légaux, ne peut être refusé mais on peut en réglementer strictement l’application.
Toute politique d’immigration doit trouver une complémentarité dans une politique d’insertion et d’intégration, passant par une attention portée aux immigrés, à leur origine, aux raisons de leur venue, à leur situation.
L’accueil concret des immigrés est une nécessité, avec au minimum l’apprentissage de notre langue, et une information sur nos principes républicains. Ce peut être le rôle d’associations.
Abandonnée et souvent méprisée, la population immigrée s’est repliée sur ses communautés et de la résignation des parents, on est passé à la révolte des enfants contre l’ensemble de ce qu’ils identifient comme un « système social hostile ». Comment leur parler de justice si on ne sait pas les accueillir? Comment leur parler d’égalité alors que les différences de situations sont criantes et que tous pourront constater que les jeunes d’origine immigrée, y compris les diplômés ont trois fois plus de risque de chômage que les « français dits de souche ». Comment leur parler de solidarité et d’insertion dans un pacte républicain alors qu’ils ont vécu dans des cités ghettos, coupés du reste de la société française et conduits à obéir à des modes de fonctionnement communautaires ?
L’objectif d’égalité passe par la mise en place de mesures en faveur de ceux qui sont dans une situation d’inégalité intolérable. L’inégalité ne se combat pas par l’égalité mais par une inégalité inverse, compensatrice. On ne peut continuer à faire comme si il n’y avait pas de différences de départ entre les individus, et que tous passant dans le même moule devaient en retirer le même profit, comme s’il fallait, au nom d’un universalisme abstrait, unifier tout le monde sous la loi républicaine. Cela a donné des résultats désastreux, empêchant l’intégration et développant en réaction les formes de communautarisme que l’on voulait éviter.
On doit faire en sorte que la mixité sociale devienne une réalité dans des domaines prioritaires. On doit pouvoir ouvrir, comme cela commence à se faire, les préparations et les concours aux grandes écoles aux jeunes originaires des « cités » ou de situation sociale précaire. Passer des conventions avec des lycées, permettant aux meilleurs élèves de bénéficier de formations particulières.
Le respect de l’égalité des chances et de traitement s’impose, alors qu’aujourd’hui les différences de situations sont criantes et douloureuses. Une proposition comme le C.V. anonyme doit être mise en œuvre.
Dans les attributions de logement HLM on doit pouvoir prendre en compte – avec toutes garanties - l’origine ethnique pour éviter les cités enfermées sur elles-mêmes et soumises aux lois communautaires.
Les entreprises, les administrations doivent être incitées à embaucher des personnes issues de l’immigration, et pas seulement pour les emplois créés dans les zones franches.
Au niveau des médias, de la représentation politique, l’Etat, l’administration, les partis politiques doivent s’attacher à faciliter l’ascension de personnes issues de l’immigration.
Les manifestations de racisme et les discriminations seront plus durement sanctionnées.
Chaque action d’intégration doit se traduire par un processus différent. Et cela exige que l’on puisse faire des études statistiques et sociologiques sur les différentes populations, les différentes origines, pour, en en connaissant mieux l’importance et les problèmes, juger de la nécessité d’attitudes ou de politiques adaptées, au lieu de le refuser en vertu de principes abstraits[1]. Il y a des situations différentes, il y a des cultures différentes qui doivent pouvoir s’exprimer dans le respect des principes de
Sans verser dans le communautarisme qui consisterait à ne considérer ces populations que sous cet aspect culturel, religieux ou ethnique et à leur reconnaître en tant que tel des droits, on ne peut ignorer le besoin qui est le leur de partager leur histoire, leurs coutumes, leurs nostalgies et leur demander d’oublier leurs différences. Aucune réelle intégration n’est possible dans la négation ou l’effacement de son identité et de son passé.
Mais cette valorisation des identités ne peut se concevoir sans limites, une référence commune est nécessaire, une volonté d’adhésion active à la société d’accueil est une nécessité, une capacité à partager des valeurs communes, à envisager un avenir commun.
Cela exige que le pays d’accueil soit capable de faire naître ce sentiment d’adhésion et de confiance, et que les arrivants s’y engagent. L’intégration doit faire appel à la réciprocité. Il faut que l’immigrant montre un minimum d’adhésion aux valeurs comme aux modes d’organisation de la société: apprendre à parler et lire notre langue - on doit en contrepartie les y aider gratuitement- accepter nos principes républicains et notamment celui de la laïcité, vouloir prendre sa place dans la société française et européenne.
Pour celui qui choisira de devenir Français, la participation à une cérémonie de prise ou de confirmation de la nationalité française doit revêtir une grande solennité.
[1] La loi interdit à tout organisme public ou privé, d’utiliser des données ethniques, en dehors de la nationalité.