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Un mouvement politique ouvert, Libéral et Social, Réformiste et réaliste.

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Réflexions sur la Justice

La justice est  un des régulateurs de la démocratie. Aujourd’hui, son efficacité largement  insuffisante fait de la justice un service public auquel nos concitoyens font peu  confiance, et la récente affaire d’Outreau n’a fait qu’aggraver un sentiment déjà largement répandu. Cette situation est dramatique dans l’optique d’une société dans laquelle  chacun doit pouvoir croire à ses chances d’avenir. Comment espérer avoir sa « chance » si on a le sentiment  que la justice sera incapable de faire valoir nos droits, de permettre la sécurité,  d’appliquer et de faire respecter le droit et l’équité ? 

 

Un premier  point demande une amélioration décisive : celui des délais dont la longueur même   constitue dans bien des cas une grave  injustice[1]. La justice, tant au civil qu’au pénal   doit être plus rapide, il est inadmissible que l’on doive parfois attendre 4 ou 5 ans pour obtenir un jugement. Ne nous laissons pas troubler par les arguments convenus  selon lesquels une  justice plus rapide serait une justice moins sûre, quand on sait que l’extrême lenteur de la justice actuelle n’empêche pas sa piètre performance. Cela pourrait être pire nous dit-on … qui le croira ? Un particulier saisissant la justice doit pouvoir obtenir une décision dans le délai d’une année. Dans le même esprit tout doit être fait pour empêcher les manœuvres dilatoires, les procédures interminables : l’appel ne doit pas être la norme, et  sauf cas particulier il  ne devrait pas être suspensif, ce qui bien souvent, et si les juges font bien leur travail, le rendra inutile. La mise en avant du manque d’effectifs correspond à une  réalité mais est loin de représenter  l’essentiel du  problème. Une volonté politique pourrait en tous cas y  répondre, les « juges de proximité » représentant déjà un premier pas en ce sens et leur nombre comme l’étendue de leur compétence doivent croître. On pourrait également faire  appel à  des fonctionnaires d’autres ministères, titulaires de diplômes juridiques et  qu’une formation adaptée  rendrait vite opérationnels. On pourrait  recourir  largement  à  des procédures simplifiées, médiation, conciliation, arbitrage avec appel aux magistrats pour contrôle; développer   l’échevinage  qui permettrait  aux citoyens de participer davantage au service public de la justice; confier à d’autres opérateurs que les magistrats, auxiliaires de justice ou autres,  ce qui n’est pas strictement judiciaire, ce qui n’exige pas une décision judiciaire. Comme pour d’autres services publics tels que l’école ou la sécurité, les professionnels doivent se concentrer sur les missions essentielles, les tâches d’assistance, d’accompagnement, de complément pouvant  relever d’autres intervenants et concerner plus directement l’ensemble de la société. Il faut simplifier et humaniser une procédure archaïque et  complexe dont le trop fréquent  non respect est cause de ralentissements considérables et  provoque  de nombreux dénis de justice. Il faut enfin oser  sortir du perfectionnisme et du juridisme derrière lesquels s’abritent et se protègent  les magistrats. Des procédures comme le « plaider coupable » seront encouragées, si on sait les entourer de garanties suffisantes.  Et simplifions  la carte judiciaire, qui est certainement  une des plus compliquées et des plus coûteuses au monde et rénovons la pour tenir compte des évolutions démographiques et de la délinquance.

 

Il est essentiel aussi, d’insérer dans la société le  corps exagérément clos et largement corporatiste des magistrats, rendant à son rythme, dans un formalisme désuet, et sans en être tenu pour responsable,  des décisions souvent  obscures.   La formation ne peut demeurer celle trop  abstraite et scolaire qu’elle est aujourd’hui. Nul ne devrait pouvoir  juger sans avoir exercé  précédemment, une autre  fonction. Il faut  renouveler et élargir le recrutement,  prévoir des passerelles avec d’autres secteurs de la fonction publique, le principe d’une carrière entièrement faite dans la magistrature ne  devant plus être la règle. Les plus jeunes juges ne devraient pas commencer dans des postes où la responsabilité est individuelle, comme juge d’instruction ou juge des enfants, mais exercer d’abord des fonctions  où celle-ci est collégiale, en Cour d’Appel par exemple.

 

Il faut repenser le rôle des magistrats, et les responsabiliser en définissant des moyens d’évaluer régulièrement leurs compétences et leurs résultats. A-t-on fait des statistiques, par tribunal, sur le nombre de décisions confirmées ou infirmées en appel,  ce peut être une piste d’évaluation, parmi  de nombreuses autres.  On doit pouvoir lier  pour partie  rémunération et avancement  au mérite et aux résultats,  permettre  le regard des citoyens sur le   travail et sur  le fonctionnement de la justice, donner  la possibilité aux justiciables de mettre en cause la responsabilité de ceux qui jugent car, si l’indépendance de la justice est nécessaire, nous devons éviter que le système ne fonctionne en vase clos, en dehors de toute légitimité démocratique. Un CSM, élargi, composé, à côté d’une toute petite minorité de  magistrats, d’une  majorité de représentants de la société civile, de juristes, d’élus et d’autorités indépendantes, pourrait jouer ce rôle d’évaluation et  de contrôle démocratique. Il devrait en outre  pouvoir être saisi par tout justiciable souhaitant porter  une réclamation contre un magistrat, réclamation qui, pour être recevable, devra préalablement être jugée suffisamment fondée par une commission indépendante.

 

Marc d’Héré  

 



[1] Montesquieu écrivait déjà: « Souvent l’injustice n’est pas dans le jugement, elle est dans les délais. »

 

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M
La ministre de la Justice Rachida Dati a salué le rapport du groupe de travail sur une nouvelle répartition des contentieux et son concept de "justice sans audience" à travers le développement de procédures allégées."L'ensemble de vos propositions contribue à recentrer l'intervention du juge sur les contentieux nécessitant de dire le droit", a déclaré la ministre lors de la remise du rapport du groupe de travail présidé par l'universitaire Serge Guinchard.Le groupe de travail installé en janvier a formulé 65 propositions pour un "allègement" procédural, notamment dans les litiges quotidiens ou les divorces à l'amiable. Il préconise un transfert vers d'autres professions de missions dévolues aux tribunaux, comme l'enregistrement des pactes civils de solidarité (Pacs) qui serait confié à l'officier d'état civil.Mme Dati a souhaité "aller plus loin" que le rapport en "déjudiciarisant" certaines infractions routières c'est-à-dire en continuant de les sanctionner mais sans passer par un juge, dans le cas de "primo-délinquants".AFP<br />
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B
Chouka ou corbeau ? Comment fait on pour accéder au site ?
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U
meme pas la peine de parler de justice , puisque elle sert les injustices .<br /> mais cela devient criant ,puisque le gouvèrnement est largué:-))ce n'est plus l'état qui gère les affaires ,mais , c'est la finance intèrnationales qui dicte ses lois .<br /> enfin, c'est mon avis ;-)
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B
OUI. Certains droits peuvent être intemporels mais la justice des hommes doit être dans le temps de la société et des individus.C' est aussi pour cela que Camus a dit que "entre la justice et sa mère, il choisissait sa mére". La justice est féconde, le temps stérilise. Oui au transfert de personnels de l'Etat à la Justice. Les justiciables et les citoyens y gagneront.   jm bouquery
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