Un mouvement politique ouvert, Libéral et Social, Réformiste et réaliste.
Chaque rentrée a sa particularité, chacune, au-delà des constantes (mauvaise humeur syndicale et annonce de manifestations, polémiques artificielles et médiatisées) met en évidence un fait nouveau. La rentrée 2009, me paraît être marquée par un changement de comportement de Nicolas Sarkozy, qui conduit à un changement de perception de son statut, en tous cas de la stature qu’on lui reconnaît. Il est devenu, pour tous et enfin totalement, « le Président ».
Longtemps, dans l’opposition mais aussi dans les médias, on lui a contesté ce statut. On ne remettait pas en cause son autorité, son activité : on parlait, pour le critiquer, d’hyper Président, et dans cette expression, l’importance que l’on donnait au qualificatif « hyper » venait, au lieu de l’exalter, amoindrir le substantif, « président ». Il en fait trop, entendait-on, il est trop présent dans les médias, il se place toujours en première ligne, il ne se situe pas suffisamment au dessus des autres hommes politiques, il est trop partisan, son comportement n’est pas au niveau de sa fonction…oubliant les reproches que l’on faisait à son prédécesseur de n’en faire pas assez, et négligeant le fait que si Sarkozy en faisait « trop » c’est qu’il en faisait « plus encore », mais pas moins que sa fonction ne l’exigeait. Mais, l’image s’imposait, même si elle se modifiait lentement au fil du temps, le cliché s’affirmait : il n’habitait pas sa fonction, il n’était pas assez « président » !
Et que (ou qui) voit-on en cette rentrée ? Un monde politique qui s’agite, et un Président qui consulte l’opposition, lance ou reçoit des rapports concernant le long terme - sur le grand emprunt, sur la nouvelle façon de comptabiliser la richesse – dont il est en charge, travaille dans un relatif silence. On voit des ministres qui ne quittent pas les médias, qui rivalisent de « petites phrases », qui font l’objet de polémiques…On voit le chef du parti majoritaire qui multiplie les positionnements avantageux et les piques vis-à-vis du pouvoir pour chercher à exister …On voit un parti socialiste qui étale, en prime time, ses déchirements, ses tricheries et son incapacité toujours renouvelée à adopter une position commune sur les grands sujets de l’heure…On voit une opposition, multiple et bavarde qui multiplie les combinaisons d’appareil, les réunions plus ou moins secrètes, les recherches d’alliances contradictoires…Et on voit peu le Président.
Nicolas Sarkozy reste extérieur à cette agitation politicienne. Sans ignorer la « politique », ce qui serait une erreur - voire une faute - ses préoccupations sont d’un autre niveau. Il remet l’accent sur la sécurité, première des libertés et première des responsabilités de l’Etat et la lutte, insuffisamment efficace ces derniers mois, contre la délinquance. Il fait cesser les polémiques en intervenant, en son temps, pour prendre les décisions stratégiques comme celle sur la taxe « carbone ». Il se rend au Brésil pour resserrer les liens avec un des plus importants pays émergents, et apporter la touche finale à un contrat essentiel pour nous. Il reçoit Lionel Jospin, Martine Aubry et Valéry Giscard d’Estaing, pour préparer le G20 dont la réunion doit beaucoup à son initiative et dont l’importance sera décisive pour la réalisation de son projet, présidentiel s’il en est, de « refondation et de moralisation » du capitalisme. Comme sa responsabilité l’exige, il en informera les Français. Il est déjà tourné vers la conférence de Copenhague sur le changement climatique, pour le succès de laquelle il déploie une grande activité.
On s’aperçoit que quelque chose a changé, dans l’esprit même des médias et de la classe politique, opposition comprise, dans leur perception, dans le ton de leurs commentaires. En cette rentrée une évidence s’installe, sans qu’on en ait bien conscience parfois. Sarkozy ,tous l'admettent (excepté le dernier carré des anti sarkozystes hystériques et forcenés) s'est doté d'une stature présidentielle ! On peut continuer à critiquer sa politique, à l’attaquer ou à le moquer, à s’opposer à lui. Ce n’est plus à l’homme politique comme les autres que l’on s’oppose, c’est à celui que tous aujourd’hui sont contraints – après deux ans - de reconnaître comme « le Président ».
Marc d’Héré