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Le discours de Nicolas Sarkozy devant l'Organisation internationale du travail était annoncé comme un des premiers temps forts d'une nouvelle «séquence politique» de son quinquennat. A Genève, le chef de l'Etat a défendu lundi après-midi, devant les 183 membres de l'organisation, créée en 1919 pour promouvoir le travail décent, une «révolution» sociale. Voici ses principales déclarations et propositions.
» Le rôle de l'OIT. Nicolas Sarkozy a prôné lundi à Genève un renforcement du rôle de l'Organisation internationale du travail face aux grandes institutions financières. «Il faut que l'OIT puisse avoir son mot à dire auprès de l'OMC, du FMI et de la Banque mondiale », a expliqué le président de la République.
Le chef de l'Etat souhaite ainsi que les normes votées par l'OIT soient rendues obligatoires. «Une norme qui n'est pas obligatoire n'est pas une norme, c'est comme une feuille qui s'envole dans le vent», a-t-il insisté sous une nuée d'applaudissements.
De fait, la France prend «l'engagement de ratifier à très bref délai la Convention sur le travail maritime et la convention cadre sur la santé», car «quand on veut que les autres fassent la même chose que soi, mieux vaut faire soi-même ce qu'on doit faire en temps et heure», a ajouté Nicolas Sarkozy.
» La régulation de la mondialisation. Nicolas Sarkozy a plaidé avec force lundi pour une régulation de la mondialisation. «Il faut changer de modèle de croissance, il faut réguler la mondialisation», a-t-il lancé, ajoutant que «le monde ne peut pas être gouverné par la seule loi de l'offre et de la demande» et appelant de ses vœux «un système de règles qui tire tout le monde vers le haut au lieu de tirer chacun vers le bas».
Le chef de l'Etat a en particulier souhaité que des règles internationales limitent le dumping social et environnemental. Pour les pays les moins développés, il a souhaité que ces règles s'accompagnent d'un renforcement de l'aide au développement.
«Il faut tout revoir», a encore martelé Nicolas Sarkozy, énumérant «la surveillance prudentielle des banques, la réglementation des hedges funds, les règles comptables, les modes de rémunération».
» Les décisions du G20. Nicolas Sarkozy a tout à la fois défendu les décisions prises par le G20 le 2 avril à Londres, et enjoint à ne pas en réduire la portée. «Céder à cette tentation serait une faute historique», a-t-il lancé, appelant notamment les Etats-Unis à se montrer plus ambitieux.
«Je le dis à tous les chefs d'Etat et de gouvernement du G20 : c'est pour chacun d'entre nous une responsabilité historique d'aller au bout de ce que nous avons entrepris, c'est une responsabilité historique de ne laisser aucun groupe de pression, aucune bureaucratie, aucun intérêt particulier y faire obstacle.»
» La crise. «Ce qui est irresponsable aujourd'hui, c'est de croire que la crise est une parenthèse et qu'après la crise, tout pourra recommencer comme avant», a déclaré le président français. «Cette analyse est absolument suicidaire.»
«La crise nous rend de nouveau libres d'imaginer. C'est le moment d'aller le plus loin possible», a encore estimé Nicolas Sarkozy.
Le Figaro.fr
Réaction de La Gauche Moderne:
Un discours fondateur pour sortir de la Crise
Lors de son adresse à la 98e session de la conférence internationale du travail, Nicolas Sarkozy a prononcé
un discours fondateur pour la réforme des institutions internationales que rend indispensable la Crise
mondiale que nous connaissons.
« La Santé, la Culture, la biodiversité, le climat, le Travail ne sont pas des marchandises comme les autres »
a t il dit, proposant une nouvelle architecture des instances internationales ou la liberté du commerce ne
peut être systématiquement placée au dessus de toutes les valeurs humaines et l’OMC le seul régulateur de
la vie et de l’avenir des sociétés.
Il a su proposer, au nom de la France, à la communauté internationale, un ensemble de mesures et de dispositions qui peuvent être prises très rapidement pour mettre fin dans les meilleurs délais aux ravages sociaux et civilisationnels que provoque la Crise dans le monde.
• Rétablir un juste partage de la richesse créée, juste partage, dont le manque est la cause première de la
crise, entraînant les autres, c’est aujourd’hui le chantier prioritaire pour que ne réapparaissent pas, à court
terme les mêmes problèmes, qui ont fait éclater la Crise.
• Mettre fin au dumping monétaire qui menace de faire éclater les systèmes sociaux des pays développés,
tout en maintenant les populations des pays émergents loin de la richesse qu’elles crées, est une autre urgence.
En concluant par ces mots graves :
« Ou nous aurons la raison ou nous aurons la révolte.
Ou nous aurons la justice ou nous aurons la violence.
Ou nous aurons des protections raisonnables ou nous aurons le protectionnisme. »
Nicolas Sarkozy a montré qu’il était bien l’homme d’État que la France attendait.
L’Europe peut s’enorgueillir qu’il porte dans les instances internationales, la voix de la raison et du courage, la voix des valeurs sociales par lesquelles l’Europe s’est distinguée et qu’aujourd’hui elle doit apporter au monde.
Tel est le message dans lequel une gauche de son temps peut se reconnaître. Tel est le message, n’en doutons
pas dans lequel la gauche européenne saura se reconnaître.
Tel est le message dans lequel se reconnaît La Gauche Moderne, celui de la réforme juste !
La Gauche Moderne
16 juin 2009