Un mouvement politique ouvert, Libéral et Social, Réformiste et réaliste.
Philippe Petit France-Antilles Martinique 17.07.2009
Je n'ai pas voté Sarkozy à l'élection présidentielle de 2007. Les valeurs d'ouverture, de tolérance, de liberté auxquelles je suis attaché, traditionnellement de Gauche, étaient portées au deuxième tour par la candidate du Parti socialiste.
Et même si on pouvait douter de ses qualités de Femme d'Etat..., je suis resté fidèle à la ligne tracée par mon parti qui portait alors le nom de MLM (Mouvement Libéral Martiniquais) ; ligne qui souhaitait ardemment une union de la Gauche martiniquaise non indépendantiste par delà les querelles de chef.
Ligne hélas utopique, puisque visiblement, ni les chefs de partis ni leurs lieutenants ne désiraient s'entendre et entretenaient de manière factice des oppositions fratricides et stériles aussi bien au Conseil général que dans les Communautés d'agglomération.
Ligne hélas stérile, puisque au nom de l'idéologie, le mot libéral de notre mouvement, mot libertaire -et donc de gauche, s'il en faut-, n'était pas reconnu comme tel au nom du politiquement correct... par les intellectuels français et donc... par nos intellectuels locaux pourtant non assimilationnistes...
Ligne hélas irréaliste, puisque conformément à la fameuse phrase de Staline, « le Pape combien de divisions ? » , ces partis qui ne se veulent surtout pas Staliniens, excommuniaient un des leurs, qui simplement n'avait pas de mairie à leur apporter dans la besace de l'union.
Aujourd'hui, je suis donc encore plus libre pour écouter, entendre et analyser des propos qui viennent de l'autre camp sans y mettre des a priori idéologiques, voire voter autrement et me réserve après des années de politique loyale le droit, ou mieux, le devoir d'ouverture vis-à-vis du gouvernement actuel, voire de son parti l'UMP, mettant l'Outre-mer devant ses responsabilités dans la France moderne.
Après assemblée générale et débat, notre mouvement libéral proche des aspirations du peuple et non pas de ses élites, faisait donc peau neuve et prenait le nom de Mouvement Libéral Populaire, s'affiliant à un parti national plus proche de sa philosophie, « La Gauche Moderne » , présidé par Jean-Marie Bockel, libéral socialiste et actuel secrétaire d'Etat à la Justice et aux Libertés.
La Posture
Le 18 Décembre 2008, 5 ans après la consultation populaire du 7 décembre 2003 sur la Collectivité unique, art 73, ces mêmes élus de gauche qui étaient à l'époque tous pour l'article 73 -indépendantistes compris-, décidaient de changer de braquet en embarquant sur l'article 74. Quelle mouche les avait donc piqués ?
Sachant que le gouvernement fidèle à sa ligne réformatrice avait saisi la commission Balladur en charge de la réforme des collectivités locales -et donc proposait enfin une Collectivité Unique à la place de la Région et du Département dans le cadre de l'article 73- il leur fallait à tout prix exister face au Président de la République française : « nou pa piti pasé pèson » .
Ainsi naquit pour une question de posture la volonté de saborder dès le départ une question qui quelque temps auparavant faisait l'unanimité de la classe politique martiniquaise hormis quelques frileux de la droite FMP.
Dès lors, ce fut la course au plus disant pour se parer du label officiel de l'autonomie Césairienne, alors que nous le sommes déjà en grande partie depuis les lois de décentralisation de 1982 qui avaient valu à Césaire de prononcer le moratoire après l'élection de Mitterrand en 1981.
Autonomie marquée par trois avancées majeures :
- La suppression de la tutelle administrative,
- Le transfert du pouvoir exécutif pour le Département et la Région,
- La transformation de la Région en collectivité territoriale inscrite dans la Constitution : la loi constitutionnelle du 28 mars 2003 pose le principe de l'autonomie financière des collectivités, leur droit à l'expérimentation et institue le référendum décisionnel local ainsi que le droit de pétition pour les électeurs.
Dans ce cadre, l'article 73 autorise de surcroit les collectivités concernées à avoir une habilitation pour adapter les lois et règlements applicables de plein droit dans le champ de leur compétence, ou une habilitation pour fixer elles-mêmes les règles applicables sur leur territoire. Que demander encore sur le plan de l'autonomie alors que le 74 n'apporte rien de plus sur le plan des compétences à choisir ? (article74, 4ème alinéa).
L'imposture
En outre, l'article 74-1 n'apporte aucune garantie d'application de plein droit des lois demeurant de la compétence de l'Etat qui « peut, par ordonnances étendre, avec les adaptations nécessaires les dispositions de nature législative en vigueur en métropole » . Il peut donc, mais n'a aucune obligation, d'autant plus que « les ordonnances sont prises en conseil des ministres après avis des assemblées délibérantes et du Conseil d'Etat » .
Qui prendrait le pari aujourd'hui que le Président Sarkozy, avec les caisses de l'Etat vides actuellement et certainement pour quelques années encore, augmenterait automatiquement le SMIC au 1er juillet chaque année des fonctionnaires d'Etat ou les prestations indexées sur le SMIC des titulaires des minima sociaux dans une collectivité autonome 74 ?
Notre mouvement ne pouvait donc être complice de cette imposture ; car en effet, pour pallier ce risque, faut-il déjà avoir un potentiel fiscal important. Avec une population en majorité en chômage, vivant du RMI et des jobs, il paraît pour le moins aléatoire de penser que le carnet de commande augmenterait du jour au lendemain, sauf à casser les prix et donc à diminuer le niveau de vie!
Comme nous le rappelions plus haut, l'immense Césaire lui-même à osé prôner le moratoire. Sans être un exégète de sa pensée, aurait-il soutenu le 74 aujourd'hui ? Je n'en suis pas sûr. Le discours fondateur de son parti, le PPM en 1958, prônant la reconnaissance constitutionnelle du mot région dans une France fédérée d'Etats et de Régions, a été pris en compte en grande partie entre les réformes de 1982 et 2003.
Compétences minimum obligatoires : transport, environnement
C'est la raison pour laquelle le MLP prône sans ambages (et avec moins d'élus que ne le propose le Congrès, -nous pensons que 60, y compris l'exécutif, est un maximum-) une Collectivité Unique, une Assemblée Unique, un Exécutif responsable devant l'Assemblée, dans l'article 73 avec des compétences propres sur le transport et l'environnement au minimum.
Tout le monde reconnait la nécessité d'un transport par rail et par mer, d'une dépollution des sols propice à la création d'une industrie agroalimentaire basée sur les racines (ignames, dachine, patate douce, etc...), et des rivières et zones côtières. Nous aurons l'occasion de nous étendre sur notre projet lors des échéances à venir.
Ainsi que le Président de la République le rappelait, le tourisme, vecteur de notre croissance ne peut venir doper l'emploi qu'une fois les infrastructures de transport et d'industrie dépolluée réalisées...
Un président fédérateur... et fédéraliste
En tournant le dos à l'immobilisme et à l'assistanat, en acceptant le principe d'une consultation populaire et en procédant par étapes, le président de la République a clairement et démocratiquement ouvert le chemin de la responsabilité des Outre-mer et plus particulièrement de la Martinique au sein de la République Française.
En parlant d'une réforme globale des collectivités territoriales de la France hexagonale et de l'Outre-mer, donc de la Martinique, en s'appuyant sur la déconcentration des services administratifs aux mains d'un préfet plus fort, en parlant de l'unité et de la singularité au sein de la République, le Président de la République fait l'éloge du fédéralisme, synthèse de l'assimilation et de l'autonomie.
Viendra sans doute le jour ou la Constitution française, dans ses articles premiers, non seulement parlera d'une Constitution Fédérale, mais inclura les notions de peuples (au pluriel) de France et d'emblèmes régionaux flottant officiellement et sans complexe à côté du drapeau tricolore bleu blanc rouge comme cela se fait déjà en France sans problème en Corse, au pays Basque ou en Bretagne...
Dans cette volonté, le Mouvement Libéral Populaire prendra donc toutes ses responsabilités devant le peuple martiniquais et lui donne rendez-vous au mois d'Octobre, à la fin des états généraux de l'Outre-mer, pour lui indiquer son point de vue sur la consultation populaire à venir en fonction de la ou des questions posées. D'ici là, nous vous souhaitons d'excellentes vacances.
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