Un mouvement politique ouvert, Libéral et Social, Réformiste et réaliste.
CRISE et RELANCE.
Sans changer de cap, ce qui serait, dans la situation d’aujourd’hui, une mauvaise chose, le Président a, le 18 février dernier, avancé d’importantes propositions destinées non pas à une illusoire « relance par la consommation », mais à soutenir les plus vulnérables et ceux qui pourraient être durement atteints par la crise.
Ces mesures représentent un pas dans le bon sens, les syndicats l’ont admis (à la différence du PS et de Bayrou !). Pourtant ils vont sans doute décider aujourd’hui de maintenir la journée de grève et de manifestations du 19 mars. Même si on peut juger qu’il aurait été logique (et profitable à l’économie) qu’ils y renoncent, on peut comprendre leur souhait de vouloir faire pression pour obtenir davantage. D’autant plus que, au cours de la réunion du 18 février, le Medef, par la voix de Laurence Parisot, s’est montré particulièrement fermé à toute avancée, et opposé à discuter salaires ou nouvelle répartition du profit dans l’entreprise. Ce refus de négocier est difficilement défendable et montre à quel point le patronat français est déconnecté de la réalité et inconscient de la provocation que représente son attitude. Le 19 mars c’est largement pour faire pression sur le patronat que les syndicats manifesteront.
INFLATION et POUVOIR D’ACHAT.
Les prix ont baissé en France de 0,4% en décembre, limitant la hausse sur les douze deniers mois à 0,7%. Ce très bas niveau d’inflation est une bonne nouvelle et c’est la confirmation de ce que j’écrivais dans mon billet de la semaine dernière (réflexions sur l’actualité) : il n’y a pas, en France, de baisse sensible de pouvoir d’achat due à la crise internationale, pour la plus grande partie de la population.
Pour ceux qu’une baisse de pouvoir d’achat menace tout de même ou atteint, les mesures annoncées par le Président (meilleure indemnisation du chômage partiel s’ajoutant aux contrats de transition professionnelle, baisse de 66% de l’impôt sur le revenu, ou prime compensatrice pour 6 millions de contribuables, soutien particulier en direction des jeunes, des familles…) représenteront une garantie ou au moins une forte limitation de cette baisse. Il se confirme que la France est un des pays les moins touchés par les effets de la crise, et que les Français en seront relativement protégés.
GUADELOUPE.
Attendons les résultats de la négociation qui reprend et espérons que suite aux déclarations de Nicolas Sarkozy et aux mesures avancées par le gouvernement, ils seront enfin positifs malgré les efforts de Besancenot et surtout de Ségolène Royal pour essayer d’envenimer les choses. Malgré aussi l’attitude jusque là fermée et rigide du patronat guadeloupéen, guère plus ouvert que celui de métropole.
EUROPE.
L’Europe devrait se présenter unie et offensive au G20 du 2 avril à Londres. La réunion intermédiaire organisée à Berlin (une réunion des pays membres de l’Euro a été refusée par les Allemands, constamment en retard et en retrait depuis le début de cette crise, malgré leurs très mauvais résultats) a permis semble-t-il d’avancer. Cette réunion a confirmé une unité de vue des Européens du G20 pour demander davantage de régulation et de contrôle des marchés, y compris des Hedge Funds, des sanctions contre les paradis fiscaux, et, incidemment, un renforcement du rôle et des moyens du FMI. Toutes choses qui vont dans le sens de ce que Nicolas Sarkozy affirme comme nécessaire depuis le début de la crise, et qui avaient justifié la première réunion du G20, à son initiative. Cette position unitaire de l’Europe permet d’être relativement optimiste sur la réunion de Londres.
UNIVERSITES.
Les grèves éparses et les manifestations corporatistes d’enseignants-chercheurs et d’étudiants d’extrême gauche, appuyées par le PS, continuent. Certes, des maladresses ont été commises, y compris par le Président de la République, et les modalités de l’évaluation des enseignants-chercheurs sont à revoir, mais les négociations sérieuses devraient pouvoir s’engager avec la médiatrice désignée. L’essentiel est en tous cas de maintenir la loi sur l’autonomie des universités, que les tenants de l’immobilisme et les opposants systématiques voudraient voir abroger. Les présidents d’Universités, largement dépassés par le mouvement qu’ils tentent de suivre, tiennent majoritairement à cette loi, dont ils savent les bienfaits, mais manifesteront-ils le courage nécessaire pour la soutenir ?
HÔPITAL
Roselyne Bachelot défend avec beaucoup de talent sa réforme de l’hôpital et de la santé, attaquée surtout (en plus des socialistes pavloviens) par les médecins libéraux et quelques caciques de l’UMP. On y reviendra plus longuement dans les prochaines semaines.
RUMEUR.
Une rumeur, reprise récemment par Le Nouvel Obs (a-t-il une grande crédibilité ?), voudrait que Nicolas Sarkozy envisage de confirmer et de parachever sa politique d’ouverture en offrant le poste de Premier ministre à Dominique Strauss-Kahn, avant les présidentielles. Ce serait logique, conforme aux idées profondes, comme aux objectifs communs des deux hommes. Avant que naisse cette rumeur j’avais eu l’occasion, il y a quelques mois, d’envisager cette éventualité et de la souhaiter…A suivre.
Marc d’Héré