Un mouvement politique ouvert, Libéral et Social, Réformiste et réaliste.
Le Point.fr
Nicolas Sarkozy a reçu durant près de trois heures les élus des DOM pour faire le point sur la crise en cours dans ces départements. D'après les premières déclarations publiées par l'Élysée, le chef de l'État se rendra en Guadeloupe "dès le calme revenu", pour ouvrir une série d'états généraux avec tous les acteurs sociaux, économiques et politiques. Le but : débattre des grands enjeux de l'outre-mer selon un processus étalé sur trois mois. "Il s'agira de la plus grande consultation jamais réalisée en outre-mer", a assuré jeudi le chef de l'État à une trentaine d'élus de Guadeloupe, Martinique, Réunion et Guyane. Ce cycle de réunions devrait aborder les cinq thèmes de "la formation des prix, les circuits de distribution et le pouvoir d'achat", les "productions locales" et le "développement endogène", "la gouvernance au sens large", les "chantiers de la relance et les grands projets" et "la rénovation du dialogue social".
Ces consultations devraient nourrir "avant la fin du mois de mai" la première réunion du nouveau Conseil interministériel de l'outre-mer, qui déboucherait sur l'adoption d'un "vaste plan de modernisation de l'outre-mer".
D'ici là, Nicolas Sarkozy a détaillé une série de propositions destinées notamment à améliorer le pouvoir d'achat des populations de Guadeloupe, de Martinique, de la Réunion et de Guyane et promis un "effort supplémentaire" de l'État de 580 millions d'euros à leur profit, dont 280 millions pour la mise en place du revenu de solidarité active (RSA). Il a d'abord ajouté 150 millions d'euros pour financer des "améliorations" à la loi pour le développement de l'outre-mer, qui doit être examinée à partir du 10 mars prochain au Sénat.
Parmi ces pistes, il a évoqué l'extension des secteurs visés par les zones franches d'activité et l'extension des exonérations de charges auxquelles elles donnent droit, ainsi qu'un effort fiscal en faveur du logement social. Sur le pouvoir d'achat et l'emploi, Nicolas Sarkozy a proposé de travailler "à une amélioration des conditions de concurrence", notamment avec la grande distribution "pour obtenir rapidement une baisse des prix" et s'est dit prêt à "remettre complètement à plat le système de fixation des prix des carburants". Il a par ailleurs repris la proposition de François Fillon sur une "exonération des charges" sur les augmentations de salaires qu'accorderaient les entreprises à leurs salariés "sous la forme d'une prime".
L'évolution institutionnelle n'est pas un "tabou"
Le président Nicolas Sarkozy a aussi évoqué "la question de l'évolution institutionnelle de l'outre-mer qui n'est à ses yeux pas tabou". "Je suis favorable à la création d'une collectivité unique par département, si c'est le choix de la population", a-t-il donc affirmé tout en rappelant que la création de collectivités uniques, regroupant dans chaque DOM département et région, avait été rejetée lors des référendums de 2003 en Martinique et Guadeloupe. Les quatre DOM sont des régions monodépartementales. Selon le chef de l'État, "dans certains territoires, on souhaite une collectivité unique ou des habilitations législatives plus larges dans le cadre de l'article 73 de la Constitution (ndlr, relatif aux départements), dans d'autres cas, l'accès au régime d'autonomie de l'article 74 de la Constitution (ndlr, relatif aux collectivités d'outre-mer, comme la Polynésie française). "Là encore, rien n'est tabou", a insisté Sarkozy. Concernant la gouvernance des DOM, le chef de l'État s'est enfin déclaré "favorable" à la création d'une collectivité unique par département d'outre-mer, "si c'est le choix des populations".
Lors de cette rencontre, Nicolas Sarkozy est également revenu sur l'"assassinat" d'un syndicaliste du LKP en Guadeloupe. "Il n'est pas question de tolérer que, dans un État de droit comme la France, la vie de nos compatriotes soit mise en danger. Nos compatriotes attendent que l'État les protège."
Le Point.fr
Réactions des élus :
AFP et lepoint.fr
Voici les réactions de quelques élus d'outre-mer aux mesures et propositions qui leur ont été présentées jeudi soir à l'Elysée par Nicolas Sarkozy :
- Victorin Lurel, président PS du Conseil régional de Guadeloupe: "au total, sous réserve d'expertise pour celles et ceux qui sont les premiers intéressés, c'est une avancée significative (...) c'est un travail qui commence, j'espère que les partenaires qui sont en train de discuter comprendront qu'il est de l'intérêt du pays, comme disait Maurice Thorez, d'arrêter une grève et que des avancées significatives ont été faites".
- Lucette Michaux-Chevry, sénatrice UMP de Guadeloupe: "ses décisions sont claires. Il a répondu pendant des heures aux questions de tout le monde et il a essayé de bien faire comprendre qu'il a pris le temps de la réflexion et qu'il avait un projet pour répondre à nos préoccupations (...) comme on dit chez nous +il faut bon désordre pour mettre en ordre+".
- Jean-Paul Virapoullé, sénateur UMP de la Réunion: "on a eu des avancées ce soir très solides (...) les résultats ne vont peut-être pas arriver dans quinze jours, mais ça va permettre de bien débattre de ces avancées et de mettre la pression pour que nous élus et le gouvernement ne baissions pas les bras dans les mois qui viennent et pour que ce qui a été dit, soit réellement fait".
- Alfred Almont, député UMP de la Martinique: "nous avons reçu des réponses aux préoccupations qui s'expriment aujourd'hui. Les services du président ont bien travaillé. Le président prend des engagements qui sont forts (...) de vraies solutions ont été proposées, l'essentiel maintenant c'est qu'elles soient mises en oeuvre".
- Alfred Marie-Jeanne, président du Conseil régional et député indépendantiste de la Martinique: "il est très difficile de dire si on est satisfait ou non. Le président a reconnu qu'il y avait crise. On lui a répondu que, même s'il n'y avait pas de crise mondiale, la situation en Martinique aurait +pété+ parce que c'est une accumulation des insuffisances passées, du mépris avec lequel nous avons par moment été traités. Nous avons des jeunes formés qui n'ont pas d'emploi, tout ça fait un mélange détonnant".
AFP et Lepoint.fr