Overblog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Un mouvement politique ouvert, Libéral et Social, Réformiste et réaliste.

Publicité

La crise, refuser le discours convenu


Sur la crise internationale et sur ses répercussions en France, règne un discours unique et convenu, qui occulte ou refuse de reconnaître un certain nombre d’évidences que je vais essayer de mettre en lumière.

 

La crise que nous vivons est une crise internationale, venue des Etats-Unis, d’une ampleur que nous  n’avons jamais connue, et il est donc impossible que la France puisse  y échapper. Cela doit être constamment rappelé et devrait rester en toile de fond de toute explication ou recherche de solution.  Or, quand il est question de la crise en France, cet aspect est de plus en plus souvent « oublié », notamment par les divers opposants. On a presque l’impression à les écouter (vérifiez-le, c’est saisissant), que la responsabilité principale de la crise incombe à Nicolas Sarkozy et qu’elle ne touche la France que parce que les solutions qu’il propose et met en pratique sont inadaptées.
A l’inverse il semble, à lire certains, que  l’application des « solutions » du PS ou des syndicats (si elles étaient cohérentes entre elles et applicables !) agirait instantanément et que les Français se trouveraient alors miraculeusement transportés dans un monde « hors crise ».  Ce n’est pas dit comme cela, mais il suffit d’entendre les leaders de l’opposition, certains syndicalistes médiatiques (et la plupart des journalistes du service public) pour sentir que cela est largement sous-entendu.

 

 

La crise internationale n’épargne personne, aucun pays. Pourtant, la France est sans doute un des pays qui a été le moins touché par la crise financière et aujourd’hui par la crise économique. Cette réalité, fort peu souvent relevée en France, mais remarquée par la presse anglo-saxonne, n'est jamais reconnue par l’opposition, et toujours exclue des débats lorsqu’un orateur a la malencontreuse idée de la rappeler. Les raisons  de cette relative protection de notre pays sont diverses, dues certainement à notre organisation économique et sociale, mais on ne peut tout à fait exclure que la politique menée par le gouvernement depuis deux ans et sa réactivité depuis six mois n’y soient pour quelque chose.

 

Loin de rester inerte face à la crise (les bras ballants disait Mme Royal avec la justesse habituelle de ses expressions !), Nicolas Sarkozy a réagi très vite, a tout fait pour entraîner les autres Européens, a favorisé au  maximum la coordination des plans européens, et a provoqué la réunion du G20, qui devrait tenir une nouvelle réunion à Londres le 2 avril, dont l’objectif est tout simplement de lancer les bases d’une refondation du capitalisme. Si l’on a, bien sûr, oublié et passé par profits et pertes cette action particulièrement efficace (il est de bon ton dans le discours unique d’aujourd’hui de nier l’importance de la présidence française  de l’Europe !), il serait utile, au lieu de la dénigrer, de soutenir la volonté de Nicolas Sarkozy, de parvenir à faire de cette réunion capitale de Londres un succès et une étape vers une nouvelle régulation du capitalisme. Un appui des forces politiques  et sociales françaises et européennes donneraient à Sarkozy et à Angela Merkel, un poids, une légitimité et une capacité de convaincre supplémentaires.

 

Le plan de relance de 26 milliards (dont 75% doivent être utilisés en 2009) venant après les plans de soutiens aux institutions financières, suivi du plan de 7 milliards pour l’automobile, ainsi que par le milliard et demi d’ores et déjà annoncé pour le 18 février, représente un effort important, d’application rapide, et dirigé en priorité vers ce qui est essentiel, l’investissement, condition de la modernisation de l’économie, du renforcement et de la survie des entreprises,  de la préservation de l’emploi. J’ai beaucoup de mal à penser que les syndicats puissent croire qu’une autre orientation basée sur la consommation (à l’aide de primes versées une fois et dont l’effet s’évanouit immédiatement, ou d’augmentation du SMIC qui provoque hausse des coûts et, dans la situation des entreprises,  risques de licenciements), puisse être envisagée.

 

 

Les Français, sont forcément atteints par la crise internationale, mais ils le sont relativement moins, d’une manière  et dans des proportions, qui ne justifient guère l’allure des manifestations que diverses corporations animent  chaque semaine, ou de celle  que l’on nous annonce déjà pour le 19 mars !

En fait, la crise peut avoir des répercussions plus ou moins fortes dans deux domaines : l’emploi et le pouvoir d’achat.  Les actions envisagées par le gouvernement visent très précisément à aider les victimes de l’un et de l’autre.

 

 On peut constater d'abord que certains ne sont en rien exposés directement à la crise, qu’ils traverseront sans rien perdre, ce sont les membres de la fonction publique. 5 millions de personne que la crise ne touchera ni dans leur emploi ni dans leur pouvoir d’achat. Et pourtant, curieusement ce sont eux  qui manifestent. Est-ce par altruisme ? Ou plutôt pour une autre raison dont nous parlerons plus loin, en tous cas, dans ces circonstances encore, le terme de « salariés protégés » les définit parfaitement bien.

Les plus aisés des Français, possesseurs d’actions qui ont perdu une grande partie de leur valeur, titulaires de revenus financiers qui se sont écroulés,  chefs d’entreprises  en difficulté, commerçants atteints par la baisse de la consommation, ont eux été directement touchés par la crise…Mais ils devraient arriver à maintenir un niveau de vie suffisant et de toutes façons ils ne font pas partie de ceux que l’on « plaint », que l’on « défend », ils ne manifestent pas et ne sont donc pas considérés comme victimes de la crise.

 

Reste le cas des  autres salariés du privé cadres, employés, ouvriers. La hausse des prix qui sera vraisemblablement inférieure à 1% en 2009, permettra à l’énorme majorité des salariés de voir maintenu au cours de cette année son pouvoir d’achat. Pour ceux qui risqueraient de connaître des difficultés, des mesures on été prises : doublement en fin d’année 2008 de la prime de rentrée,   prime à la cuve, tarif social du gaz, RSA à partir de juin,  avec une prime « avance » de 200 euros fin mars, augmentations prévues de 5% (comme l’an dernier) de l’allocation adultes handicapés, de l’allocation vieillesse. A ces mesures s’en ajouteront d’autres que le président a prévu de négocier le 18 février avec les syndicats (exonérations fiscales pour 2 millions de personnes, augmentations des allocations familiales, développement de la participation…), peut-être d’autres encore si nécessaire. Au total,  quasiment tous devraient donc voir maintenu en 2009 leur pouvoir d’achat, malgré la crise mondiale. Pourquoi ne le dit-on pas ?

 

Reste le cas de ceux qui perdront leur emploi. C’est la vraie gravité de cette crise, son effet le plus cruel, le plus douloureux. C’est pourquoi tout le plan de relance du gouvernement est tourné vers la préservation de l’emploi, grâce à la poursuite de la politique de réforme et de modernisation de notre pays,  grâce aux efforts faits pour maintenir un  crédit utile à l’économie, grâce à une vigoureuse relance par l’investissement. Cette politique, avec le plan en faveur de la filière automobile, devrait permettre de limiter au maximum le nombre de ceux qui perdront leur emploi, même si, nous le savons ils sont déjà et seront encore trop nombreux.  C’est pourquoi l’autre volet relatif à l’emploi consiste à mieux défendre la situation et le revenu de ceux qui verront leur emploi menacé ou supprimé. Améliorer fortement l’indemnisation du chômage partiel, indemniser les jeunes sans emploi ou en fin de CDD qui se voient mal pris en charge aujourd’hui, augmenter les Contrats de Transition Professionnels qui permettent un maintien intégral du salaire, et une reprise plus rapide  d‘emploi, développer les emplois aidés, accélérer le "plan banlieues"….Tous ces éléments et d’autres que le Président est prêt à négocier avec les syndicats, devraient parvenir à limiter l’augmentation inéluctable du nombre de chômeurs, limiter la perte de revenus pour ces derniers et favoriser leur retour à l’emploi.

 

En définitive, si la situation sera difficile, difficile pour tous les pays du monde, la politique du gouvernement, les plans de relance, la poursuite des négociations avec les partenaires sociaux devraient en  limiter, pour les Français, les effets négatifs et douloureux. Dans ces conditions, voir annoncer, avant même que ne se tienne la réunion du 18 février, une grande manifestation pour le mois de mars, animée par  une fonction publique protégée des effets de la crise, n’a pas beaucoup de logique et peu de sens, sinon un sens politique.
Autant la grève du 29 janvier pouvait se comprendre et se justifier, manifestant un cri d’inquiétude et une demande d’explication et de mesures sociales, autant celle annoncée pour mars, n’a qu’un sens politique : arrêter toutes les réformes de modernisation en cours, conforter tous les petits intérêts corporatistes qui veulent avant tout que demain ressemble à hier, quel qu’en soit le prix et punir la majorité politique actuelle d’avoir osé lancer une politique de réformes pour la menacer d’une alternance qui promettrait un impossible immobilisme. Que des syndicats, comme la CFTC et surtout la CFDT,  prêtent la main à ces manœuvres par crainte de continuer à perdre des adhérents et des soutiens, est  bien triste et bien déconcertant pour ceux qui n’ont pas oublié le temps d’Edmond Maire ou de Nicole Notat.

 

Marc d’Héré 

Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
M
Les autres pays "imitent" le plan national de soutien à l'automobile adopté par le gouvernement français, a affirmé jeudi le président Nicolas Sarkozy lors d'un déplacement dans l'Ain. Le chef de l'Etat s'est félicité de sa "première bonne décision, qui était la décision mixte prime à la casse - bonus malus", s'est-il félicité à Sainte-Julie, en marge de la visite d'une usine de Plastic Omnium-Sygmatec, un sous-traitant de l'automobile.<br /> <br /> "On a été les premiers au monde à la faire", a-t-il poursuivi: "On a été critiqué partout, on a dit que j'étais protectionniste, mais maintenant les autres nous imitent".<br /> Sur la stratégie économique générale, a-t-il insisté, "nous n'avons pas fait d'erreurs. On a fait le plan banque, le plan auto, le plan relance, et ils (les autres pays européens) nous suivent".<br /> <br /> AFP
Répondre
M
Les Européens du G20 réunis dimanche à Berlin sont d'accord pour une régulation et une surveillance de l'ensemble des acteurs des marchés, y compris des fonds d'investissement spéculatifs (hedge funds), ont indiqué des sources gouvernementales allemandes.<br /> AFP
Répondre
M
Bonne nouvelle pour le pouvoir d'achat: les prix àla consommation ont baissé de 0,4% en janvier. Sur un an la hausse de prix n'est plus que de 0,7%.
Répondre
M
La ministre de l'Economie Christine Lagarde a affirmé aujourd'hui que le gouvernement, régulièrement critiqué par le PS pour l'"insuffisance" de son plan de relance, avait mis en place "un plan de 65 milliards d'euros" contre la crise, additionnant pour cela diverses mesures.<br /> <br /> "Qu'avons-nous fait ? Un plan de 65 milliards d'euros, si vous ajoutez les stabilisateurs automatiques, l'effet de la taxe professionnelle, le plan de financement des petites et moyennes entreprises, le fonds stratégique d'investissement et le plan de relance stricto sensu" de 26 milliards d'euros, a énuméré Mme Lagarde, en réponse au député socialiste Jean-Louis Bianco.<br /> <br /> AFP
Répondre
M
Le ministre chargé de la Relance Patrick Devedjian a maintenu aujourd'hui que le plan qu'il était chargé d'appliquer apporterait 1,3 point de croissance et plus de 100.000 emplois en deux ans, lors d'un déplacement sur la plate-forme aéroportuaire de fret de Paris-Vatry (Marne).<br /> <br /> "Nous restons sur l'objectif d'1,3 point de croissance et la création de 150.000 à 200.000 emplois sur deux ans. La construction de 100.000 logements génère 1,2 emploi (pour chaque logement, ndlr) par an, la rénovation 36.000 et les infrastructures 15.000", a déclaré le ministre, venu signer une convention pour le versement anticipé du Fonds de compensation pour la TVA.<br /> <br /> Jeudi, le gouvernement a reconnu que la France serait en récession en 2009 avec un produit intérieur brut (PIB) qui va reculer "d'au moins 1%". Il a ainsi nettement révisé ses prévisions, après un fort recul de l'activité au dernier trimestre 2008.<br /> <br /> En réponse aux attaques du Premier ministre tchèque Mirek Topolanek, qui a signifié qu'il voulait faire du sommet de Bruxelles une plate-forme contre le protectionnisme - avec implicitement la France en ligne de mire -, Patrick Devedjian a souligné que son pays importait plus d'automobiles qu'elle n'en exportait.<br /> <br /> "Nous avons le droit de développer nos territoires, nous avons le droit de créer des emplois dans notre pays, c'est assez paradoxal d'être ainsi taxé de protectionnisme", a répliqué le ministre.<br /> <br /> AFP
Répondre
M
Quelques chiffres viennent de tomber qui viennent justifier les réflexions de cet article.<br /> <br /> Au 4ème trimestre la France a connu une baisse de croissance de 1,2%, ce qui traduit bien la gravité de la crise. En Allemagne la baisse a été de 2,1%, ce qui confirme que la France s'en sor mieux quenos voisins allemands, mais aussi mieux que la plupart des pays.<br /> <br /> Cette baisse de 1,2% est due essentiellement à la chûte des investissements et du commerce extérieur. La consommation, elle,a augmenté de 0,5%. C'est donc bien la preuve que c'est sur les investissements (et l'emploi) qu'il faut faire porter l'effort prioritaire et non sur une consommation qui se maintient. D'ailleurs un autre chiffre publié 3% d'augmentation du salaire de base moyen en 2008, vient montrer qu'il n'y a pas de grave problème de pouvoir d'achat en France ( pour ceux qui ont un emploi). <br /> <br /> L'action engagée par Nicolas Sarkozy en faveur des investissements et l'emploi, le soutien au pouvoir d'achat des plus faibles quil proposera le 18 février, correspondent bien à ce qu'il faut faire.
Répondre
M
Des entreprises n’hésitent plus à se relocaliser en France<br /> Un grand fabricant de meubles français, le groupe Parisot, a fermé l’une de ses usines en Roumanie pour en ouvrir une en France. D’autres entreprises ont choisi de rapatrier leurs activités. Une bonne nouvelle.<br /> Leparisien.fr<br /> <br /> Et le journal donne plusieurs exemples qui vont dans le même sens...Espérons que cette information encourageante sera bien relayée par les médias.
Répondre
S
A Marc : les salariés au SMIC ont un vrai problème de pouvoir d'achat. Les mesures prises vont éviter qu'il ne s'aggrave certes, mais le problème n'en est pas résolu pour autant.<br /> <br /> A Elie Arié : Je reprends la métaphore que j'avais initié dans mon commentaire. Devant la situation actuelle, on peut soit faire comme les gouvernements précédents et appliquer du plâtre pour essayer qu'aujourd'hui continue autant que possible à ressembler à hier (abandon des réformes, traitement social du chômage et de la pauvreté), soit cimenter les fondations de demain, c'est à dire continuer les réformes pour créer les conditions d'un rebond plus marqué quand la conjoncture le permettra. Le plâtre est une solution confortable (et encore) aujourd'hui, mais qui nous appauvrit et qui rend demain plus difficile encore ; le ciment est moins confortable aujourd'hui, mais porteur de plus de richesses demain.<br /> Un bon gouvernement n'est pas celui qui nous distribue aujourd'hui l'argent que nos enfants devront rembourser demain, mais celui qui crée, avec courage, les conditions d'un meilleur demain. Nous avons vécu pendant 30 en empruntant à nos enfants. Il est peut-être temps que cela cesse non ?
Répondre
M
<br /> Le SMIC augmente chaque année plus que l'inflation. Il n'y a donc pas pour ceux qui sont au SMIC "baisse de pouvoir d'achat". Celui-ci progresse même très légèrement...Et les mesures<br /> fiscales notamment que prévoit Sarkozy, vont améliorer ce pouvoir d'achat.<br /> <br /> Alors, que dans l'absolu, le SMIC soit trop bas pour permettre à ceux qui sont à ce niveau d'avoir un pouvoir d'achat suffisant (en fonction de quel critère?), c'est une autre question...Mais qui<br /> n'a rien à voir avec la crise internationale et la réponse qu'y apporte ou doit y apporter le gouvernement.<br /> <br /> <br />
E
(passons sur le discours que tu attribues aux adversaires de Sarkozy: je n'ai, pour ma part, jamais entendu personne nier que la crise vienne des Etats-Unis, ou prétendre que le contre-projet de relance du PS serait assuré du succès : on ne doit pas fréquenter les mêmes gens...).<br /> <br /> Il y a une chose que je ne comprends pas: la crise s'est abattue sur Sarkozy, il n'y est évidemment pour rien, mais elle compromet (au moins provisoirement) sa politique de réformes conçues avant elle, dans un tout autre contexte: et on constate, qu'effectivement, il recule et continuera de reculer devant chacune d'elles (hier le lycée, aujourd'hui la recherche, demain l'hôpital): tout cela est normal, et personne ne lui en fait grief.<br /> <br /> Ce qui me dépasse, c'est qu'il ne dise pas clairement: "La situation a changé, les réformes ne sont plus la priorité", qu'il continue à les lancer comme si de rien n'était, pour reculer à chaque fois devant les manifs, donnant l'image d'un pouvoir faible, et encourageant ainssi les manifs à chaque fois couronnées de succès.
Répondre
M
<br /> <br /> Ton désaccord est tout fait normal, tu fais partie de ceux qui ont ce discours convenu, mais ne fais pas semblant de ne pas comprendre ce que je dis, notamment sur l'origine de la crise ou le<br /> "plan" du PS. slon ta bonne habitude, que j'ai souvent mise en évidence tu transformes les mots employés. Ce n'est pas très correct comme méthode même si elle est assez courante.<br /> <br /> Quand au recul sur les réformes...Certaines sont aujourd'hui plus difficiles à mettre en oeuvre, les oppositions utilisent la crise pour tenter d'imposer l'immobilisme...et le pouvoir a une moins<br /> grande liberté de manoeuvre, mais attendons de voir s'il y a recul ou non. Ne te réjouis pas trop vite.<br /> <br /> Le temps est une composante de la politique: Sarkozy a eu bien raison d'aller vite tant qu'il le pouvait, car il savait bien qu'il y aurait des moments où il faudrait ralentir....<br /> <br /> <br /> <br />
S
Les manifestations nombreuses de ces dernières semaines trouvent leur explication dans le fait qu’une large partie de la population française a vu son pouvoir d’achat décliner depuis près de 10 ans. En effet, le passage aux 35h a favorisé la suppression des augmentations générales des salaires. A cette époque, 13% de la population salariée était au SMIC. 10 ans après, le constat est rude : 37% des salariés sont au SMIC (record mondial). Le désespoir est là. Près d’un salarié sur 4 a vu son niveau de vie relatif baissé et être rattrapé par le SMIC !<br /> Pour le pouvoir d’achat, il faut aussi rappeler que le coût réel de l’immobilier est sous-estimé dans le panier soi-disant représentatif de l’INSEE, que le surcoût de l’essence n’est pas vraiment représenté non plus (le pourcentage est resté fixe à travers les hausses de tarifs), que les remboursements médicaux sont en baisse, que les impôts locaux augmentent, etc. Le problème du pouvoir d’achat est donc réel et aggravé par le déclassement progressif de la classe moyenne.<br /> <br /> Avec la crise, une nouvelle menace s’invite auprès des français : celle du chômage. Pris entre le marteau du chômage et l’enclume du travailleur pauvre, nombre de Français se sentent plus ou moins prisonniers d’une situation où ils ne peuvent qu’être perdants. Le chômage est une menace sérieuse mais l’emploi n’est plus la protection attendue… Face à ces contraintes en ciseaux, les Français ne savent plus où réside l’espoir de jours meilleurs, surtout à un moment où notre pays est très endetté. Tout le monde sent bien qu’on ne peut pas augmenter les prestations sociales ; tout le monde voit bien que les entreprises vont mal, que les délocalisations menacent, et que donc, une hausse générale et massive des salaires serait absolument contre-productive. Les Français ont besoin d’argent mais ne savent plus où le trouver. Les deux sources habituelles, les entreprises et l’Etat, ne sont plus en état d’être ponctionnées.<br /> <br /> Le monde change, et la France a peur. Pendant 30 ans, nos gouvernements successifs ont regardé derrière, avec les Français, plâtrant ici et là pour couvrir les effets des changements et tenter de maintenir les situations passées. Nous sommes aujourd’hui confrontés aux terribles conséquences de ces aveuglements. Le gouvernement actuel regarde devant et tente non plus de plâtrer, mais de cimenter de nouvelles fondations qui permettront la future croissance. Les nombreuses réformes remettent en cause des idées reçues, des avantages parfois, des habitudes toujours. Les Français ont mal à leurs cautères anciens. Ils sont sans repères. La situation sociale est explosive. Ce grondement pourrait se cristalliser sur le plus mauvais des prétextes, contre la meilleure des réformes. Mais les réformes restent plus que jamais nécessaires ! Aidons le président à lutter contre la présidentialite, cette maladie qui pousse les présidents à l’inaction par peur de la réaction.
Répondre
M
<br /> <br /> Je partage en grande partie cette analyse. Mais je pense qu'actuellement il n'y a pas LE grave problème de pouvoir d'achat dont on nous parle beaucoup, pour la raison que les prix<br /> n'augmentent plus et que de nombreuses mesures sont prises pour soutenir le pouvoir d'achat des plus vulnérables et des plus défavorisés.<br /> <br /> <br /> <br />