Un mouvement politique ouvert, Libéral et Social, Réformiste et réaliste.
La Gauche moderne a tenu son congrès fondateur samedi. Pour cette première, son fondateur, l'ancien socialiste Jean-Marie-Bockel, avait invité François Fillon. Le Premier ministre s'est fait un plaisir de taper sur le PS, un parti "divisé", qui n'a que "l'antisarkozysme" pour "projet". Le parti, qui tente de se placer à la gauche de la droite, veut attirer des déçus du PS.
Jean-Marie Bockel tient enfin sa Gauche moderne. Son parti a tenu son congrès fondateur ce samedi à Suresnes, dans les Hauts-de-Seine, un an après sa création, autour du thème de "la réforme juste, condition de la cohésion sociale". Il y avait dans la salle deux invités de marque, "le local de l'étape", le conseiller général des Hauts-de-Seine, Jean Sarkozy, et le Premier ministre François Fillon... Après le psychodrame vécu par le PS la semaine dernière pour se trouver une première secrétaire, le chef du gouvernement ne s'est pas fait prier pour taper sur le Parti socialiste. Le parti d'opposition, a-t-il lancé ne subit pas "seulement une bataille de personnes", mais "une bataille pour savoir quelle doit être la ligne politique". Le PS, a-t-il encore dit, est "ce parti divisé (qui) n'a que pour seul ressort, pour seul projet l'antisarkozysme".
Et afin de semer un peu plus la zizanie dans les rangs socialistes, François Fillon a affirmé que l'ouverture continuerait, lors d'un prochain remaniement gouvernemental. "Tout milite pour que cette ouverture soit poursuivie, parce que le durcissement de l'opposition désarçonne beaucoup d'hommes et de femmes de gauche qui cherchent autre chose qu'un affrontement stérile, et c'est la raison pour laquelle nous devons rester ouverts et rassembleurs", a-t-il expliqué. Il a également salué le "courage" et "l'esprit réformiste" de Jean-Marie Bockel. Et pour les premiers pas de la Gauche Moderne, Bockel a trouvé la main de Nicolas Sarkozy, qui, en déplacement à Doha, a tout de même fait parvenir un message à son secrétaire d'Etat aux anciens combattants, lu à la tribune. "Je souhaite que la Gauche moderne rassemble tous ces Français de gauche éloignés et las des querelles subalternes et dépassées", a écrit Nicolas Sarkozy.
1000 adhérents
Un message d'encouragement bienvenu pour ce parti allié de l'UMP lors des dernières élections municipales, qui se revendique à gauche, tout en ayant des patronages de droite. Logique, somme toute, lorsque l'on souhaite attirer à soi des sarkozystes de gauche ou des socialistes tendance aile droite. Pour l'instant, le parti ne revendique qu'un bon milliers d'adhérents et 150 élus municipaux, dans une vingtaine de régions. Mais le maire de Mulhouse espère que les récents psychodrames du PS feront venir à la Gauche Moderne des déçus du PS. "Il y a une fenêtre qui n'existait pas il y a encore un mois et nous entendons bien l'utiliser. Nous sommes prêts à accueillir des gens qui peuvent critiquer une partie de l'action du gouvernement mais qui sont résolument dans le mouvement, dans l'esprit et la volonté de réformes", a-t-il expliqué aux Dernières nouvelles d'Alsace".
Ce parti, c'est surtout l'occasion pour Jean-Marie Bockel, de justifier l'ouverture, même s'il n'a pas été rejoint dans son initiative par l'autre "traître" du gouvernement, Eric Besson, le secrétaire d'Etat à la Prospective. La Gauche moderne est censée donner "un sens politique et collectif à (son) acceptation de l'ouverture proposée" par Nicolas Sarkozy, a-t-il expliqué au Figaro. Même si c'est a posteriori.
Maud Pierron, Le JDD.fr