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Martine Aubry est premier secrétaire du parti socialiste. Dans des conditions confuses et vraisemblablement peu fiables, elle l’emporte de 102 voix, ce qui est très faible, mais pas tout à fait insignifiant. Cette « victoire », contestable (et qui sera peut-être contestée devant les tribunaux, voire annulée) était prévisible, comme l’était la défaite dès le début du Congrès de Bertrand Delanoë. Je me permets de reprendre ici ce que j’écrivais le 1er septembre, au lendemain de l’université d’été de La Rochelle (voir sur ce blog l’article : les socialistes au lendemain de La Rochelle)
« Bertrand Delanoë d’abord, qui devait être le grand triomphateur de cette université, ne l’a manifestement pas été, et a donc subi un, relatif, revers. Dans le combat qu’il mène et qu’il a officiellement annoncé, pour conquérir le parti, il a trouvé peu de soutiens et ceux qu’il semble avoir obtenu évoquent davantage l’archaïsme que la rénovation, le passé que l’avenir (Jospin! Guigou, Hollande…). Dépourvu de convictions, ne sachant trop quelle sera la meilleure ligne pour lui, il godille……
Ségolène Royal, elle, confirme qu’elle disparaît peu à peu du film. De passage à La Rochelle, elle a lancé à quelques militants en extase un « Aimez-vous les uns les autres », particulièrement bien adapté à la situation, avant de disparaître pour éviter tout débat. Elle garde des groupies fanatiques, beaucoup même, mais ne bénéficie plus d’aucun soutien de poids dans le parti….
Echec du couple médiatique Delanoë-Royal, réussite de Martine Aubry. Sans y toucher, elle s’impose au centre du jeu (je me permets de rappeler que je l’avais annoncé le 11 juillet sur ce blog). Ses soutiens vont, semble t-il, de Mauroy à Fabius en passant par Cambadélis, Montebourg (qui ont du soir au lendemain abandonné Moscovici), les fédérations du Nord et du Pas-de-Calais…Elle ne dit rien non plus, sinon que le PS doit se mettre au travail, mais elle le dit avec autorité. Et son prestige est toujours grand auprès des militants, qui lui sont reconnaissants (les militants PS sont des gens bizarres !) d’avoir imposé les 35 heures, responsables pour une grande part de leurs défaites. Aujourd’hui c’est sans doute elle la mieux placée pour devenir « Premier secrétaire », d’autant qu’elle pourrait bénéficier in fine, du soutien de la prétendue gauche du parti (Hamon, Emmanuelli, et peut-être même, ce qui fait rêver, Mélenchon et Lienneman….).
Si j’essaie de me projeter encore davantage dans l’avenir, en sachant que c’est bien risqué, je dirais que Martine Aubry sera Premier secrétaire. »
Voilà ce que j’écrivais le 1er septembre…La politique finalement est une chose assez logique et il suffit de regarder avec objectivité, quelles sont, dans une période donnée, les forces et les faiblesses des uns et des autres…
J’ajoutais, toujours dans ce même texte :
« Elue difficilement et otage de la partie archaïque du parti (la gauche Emmanuelliste et quelques sociaux démocrates version 1936), soumise au feu roulant des critiques, fraternelles, des autres leaders socialistes, Martine Aubry ne pourra pas rénover le parti. Rien d’important ni de courageux ne se fera et c’est un parti toujours sans projet, et perclus de divisions, qui choisira en 2011 son candidat pour la Présidentielle ». …
Encore trop tôt pour dire si j’avais raison, mais je pense en tous cas toujours, que la situation du parti rend sa rénovation impossible. Je faisais enfin une dernière prévision, qui elle, paraît aujourd’hui bien audacieuse, mais sait-on jamais !
….. « Difficile de trouver le futur lauréat dans cet amas de candidats qui diront tous à peu près la même chose, et ne défendront aucune idée nouvelle. J’avoue ne pas pouvoir me prononcer même si, connaissant l’habileté de Hollande (plus libre qu’en 2007) et le talent de communicateur de Delanoë, je ne serais pas surpris que cela se joue entre eux deux ! Tant pis, alors pour le socialisme et le PS….Mais je peux me tromper. »
Marc d’Héré
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