Un mouvement politique ouvert, Libéral et Social, Réformiste et réaliste.
.....Lançons une grande initiative contre les maladies infectieuses et le sida. Facilitons le retour dans leur pays des immigrants hautement qualifiés, notamment des médecins africains, dont la moitié exercent hors d’Afrique. Il est urgent de permettre aux pays les plus pauvres d’atteindre l’auto suffisance alimentaire. Les accords de partenariat économique (APE), qui comprennent un accompagnement tendant à un investissement massif dans l’environnement technique et financier des petites et moyennes entreprises et des exploitations agricoles, constitue une avancée. Allons plus loin et plus vite.
- On l’a dit, un « plan Marshall » est nécessaire pour l’Afrique. Au-delà d’une aide financière accrue, ciblée dans le choix de ses destinataires et des canaux de sa distribution, devrait se développer une logique de partenariat. Ce plan suppose une incitation à la mise en place de l’environnement politique, social et économique qui permettra au développement d’être durable et de profiter aux populations. Les raisons de la malnutrition et des famines, les obstacles au développement, sont davantage liés à des situations de guerre ou de conflits internes qu’à des raisons naturelles ou économiques. Sans paix civile il est illusoire d’attendre un progrès pour l’Afrique : les investissements ne s’y hasarderont pas, les aides seront gaspillées, les potentialités humaines écrasées.
Nous devons tout faire, avec les organisations régionales, pour favoriser la paix et la stabilité politique qui sont la condition des changements nécessaires. Au-delà, notre action doit favoriser des politiques de santé publique, d’éducation, de lutte contre la corruption et de mise en place d’une administration efficace, premier pas vers un Etat de droit, lui-même accélérateur de la croissance, quand il n’en n’est pas la condition. Ce n’est que si, avec notre soutien, des progrès se manifestent dans ces domaines, que les aides financières et techniques trouveront quelque utilité. Mais, ce soutien « qualitatif » est plus difficile qu’une aide économique, parce qu’il exige d’adapter nos interventions à la situation de ces pays, à leurs modes de vie et de pensée. Sachons respecter la diversité d’un monde qui en est aussi la richesse.
Et tout ne doit pas reposer sur nous et les changements n’interviendront pas sans une participation et une volonté des pays africains eux-mêmes. Il est vain de penser que le progrès puisse se passer de la responsabilisation des populations concernées et de leurs gouvernants. On n’a jamais, dans l’Histoire, exporté ni la démocratie, ni le développement, ni l’épanouissement des populations.
- Faisant le choix de la croissance mais en l’accompagnant de préoccupations sociales, éthiques, environnementales, nous voulons la mettre au service du développement humain, en l’orientant vers une diminution des inégalités et de la précarité à l’échelle du monde, en limitant les risques et les nuisances liés aux progrès des sciences et des techniques, en protégeant les ressources de la planète. Favorisons les mécanismes du marché, mais encadrons les. Ouvrons nos marchés aux produits agricoles - sucre, arachide, fruits, café - venant des pays moins développés et reconnaissons leur un droit temporaire à un traitement différencié. Si nous savons la libéralisation des échanges bénéfique pour la croissance, nous devons en accepter des exceptions pour favoriser les plus pauvres. Sur ce terrain aussi « l’inégalité compensatrice » est préférable à une égalité formelle injuste dans ses résultats. Examinons, en tenant compte de ce problème, le soutien de nos exportations agricoles et les garanties de prix qui peuvent fausser la concurrence, comme certaines subventions à nos agriculteurs.
- Le développement doit s’engager sur un chemin nouveau. Nous réalisons que le désir de surconsommation et de recherche de profit immédiat qui anime notre société, a de lourdes conséquences sociales, et altère de manière grave notre environnement, jusqu’à mettre en danger notre planète. L’humanité à toutes les époques avec les armes et les méthodes de son temps, a toujours constitué un risque potentiel pour elle-même. Le progrès permis par son intelligence et son obstination possède aussi sa face sombre. Mais aujourd’hui nous prenons conscience que notre responsabilité s’étend dans l’espace et dans la durée et que notre modèle de développement ne peut, au risque de bouleverser les équilibres, être généralisé. Nous devons passer d’une société de l’excessif et de l’aveuglement à une société de responsabilité.
- C’est tout de suite que nous devons agir, ne laissons pas « les catastrophes être la seule manière que nous ayons d’apprendre », comme le dit Jürgen Habermas. Prenons garde, pour autant, à ne pas tomber dans un intégrisme écologique s’appuyant sur un catastrophisme généralisé et sur l’instauration d’un « principe de précaution » dévoyé dont l’application systématique en vue d’une illusoire élimination de tout risque conduit au refus du progrès, de toute avancée scientifique ou technique. Rien ne peut justifier l’emploi de techniques qui pourraient être destructrices de la biodiversité ou socialement néfastes, ou la mise sur le marché de produits potentiellement nocifs pour la santé. Mais on ne doit pas refuser la nouveauté au nom d’inquiétudes non étayées. Nous devons résister à ces mouvements irrationnels, mêlant la préoccupation légitime de l’avenir à la peur irraisonnée du nouveau et confondant la lutte pour le progrès social avec l’exaltation d’un système où tout serait administré d’en haut, au nom de la lutte contre « les excès du libéralisme ».
- Engageons-nous résolument dans une politique de protection des ressources naturelles, d’économie d’énergie fossile principale responsable de l’effet de serre et dont la pénurie se prépare, et surtout de recherche de nouvelles sources d’énergie. La position défensive, vis-à-vis des menaces sur l’environnement, ne peut suffire, les propositions de limitation de la croissance doivent être évitées, c’est d’une politique offensive dont nous avons besoin, basée sur la recherche et l’innovation. Ce n’est pas l’immobilisme craintif ou le retour en arrière, qui nous apportera la solution, mais bien les efforts, intellectuels, économiques, financiers pour aller de l’avant. Ce sera le meilleur moyen, même si il est coûteux dans un premier temps, de répondre aux dangers qui nous menacent et menacent notre planète.
Suite à venir, prochain chapitre consacré à l'Europe....