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«Dire la vérité», une deuxième fois, aux Français. Un mois après le discours de Toulon qui traitait de la crise financière, Nicolas Sarkozy s'est exprimé, jeudi, pour dire comment il voulait faire face à «la crise de confiance qui frappe l'économie mondiale».....
Cette fois-ci, il était à Argonay, en Haute-Savoie, petite ville dans les environs d'Annecy......
Devant environ sept cents personnes, militants pour partie, Nicolas Sarkozy a dressé le bilan de son action à la tête du conseil européen. Il a salué «une Europe qui change». «L'Europe technocratique est en passe de céder la place à une Europe plus politique, qui débat, qui décide, qui agit», s'est-il félicité. «C'est l'Europe qui a apporté la réponse la plus forte à la crise financière, qui a proposé le sommet mondial pour refonder le capitalisme», a martelé Sarkozy. «Le nouvel ordre mondial, c'est autour des propositions de l'Europe qu'il se construira !», s'est-il même enthousiasmé…
En attendant cette hypothétique refondation de la finance mondiale, le chef de l'État a pressé ses collaborateurs ainsi que les services de Bercy de mettre au point deux mesures phares :
la suppression partielle de la taxe professionnelle et
la création d'un fonds souverain à la française. .....
Il a également rappelé le vaste programme d'investissements directs de l'État. Un «New Deal» de 175 milliards d'euros, correspondant à la somme que l'État compte injecter sur trois ans, notamment dans la recherche et les transports. En outre, canaux, voies ferrées, énergies renouvelables, taux préférentiels pour l'isolation des maisons, plan en faveur de l'économie numérique, travail le dimanche… sont désormais sur la table du gouvernement.
«C'est le volontarisme qui sera le meilleur antidote à la dangereuse tentation du protectionnisme, de l'anticapitalisme et du dirigisme bureaucratique», a prévenu Nicolas Sarkozy en promettant de ne ralentir à aucun prix le train des réformes.
Il a, au passage, répondu à ceux qui jugent caduc le projet de budget 2009, qui repose sur une hypothèse de croissance de 1 %. «La croissance, nul ne peut dire aujourd'hui ce qu'elle sera», observe le chef de l'État. Et à ceux qui lui reprochent «d'aller trop vite», il s'est contenté de répondre «tout dépend par rapport à qui on me compare !».....
Les principales mesures annoncées par le chef de l'État
• Exonération totale et définitive de taxe professionnelle pour les nouveaux investissements réalisés entre le 23 octobre 2008 et le 31 décembre 2009. L'opération ne coûtera rien à l'État en 2009 et 2010 et pèsera pour 1,1 milliard en 2011.
• Création d'un fonds d'investissement stratégique géré par la Caisse des dépôts pour apporter des fonds propres supplémentaires aux PME, développer de petites entreprises très innovantes, ou pour stabiliser le capital d'entreprises qui seraient la proie de prédateurs.
• Intervention de la Caisse centrale de réassurance pour prendre le relais des assureurs crédits.
• Nomination de René Ricol comme médiateur entre les banques et leurs clients.
Charles Jaigu
Le Figaro, 24 10 08