Un mouvement politique ouvert, Libéral et Social, Réformiste et réaliste.
On lit ces temps-ci, dans la presse, dans le monde des blogs, (et sur celui-ci également) de verbeuses analyses visant à démontrer que cette crise est la dernière crise du capitalisme, et que l’étatisme est durablement de retour, ayant enfin vaincu l’idéologie libérale, appelée à se dissoudre et à disparaître. Les auteurs de ces « analyses » sont-ils véritablement convaincus de ce qu’ils avancent ou prédisent ? Pourquoi pas, après tout, mais je pense qu’ils se trompent gravement.
D’abord, les crises du capitalisme sont récurrentes, celui-ci, pragmatique par construction y a toujours répondu, trouvant même souvent dans la résolution de la crise, un moyen de se rénover et de rebondir. Certes, celle-ci est d’une particulière gravité, mais rien ne permet de penser que le capitalisme ne trouvera pas les moyens de la surmonter et d’en sortir renforcé. Progressivement, la coopération internationale se met en place et c’est de bon augure, même si à ce jour, nous sommes loin de voir le bout du tunnel et si nous pouvons prédire que les difficultés dureront.
Comment en sortir ? Sans avoir une idée précise sur la manière et le moment, on ne peut que constater que partout, des Etats-Unis à la France en passant par la Grande-Bretagne et l’Allemagne, les Etats et les banques centrales interviennent directement pour sauver les banques en difficulté, en allant parfois jusqu’à la nationalisation, accorder largement leur garantie, distribuer des liquidités, soutenir et relancer l’économie….Les étatistes en tirent argument pour asséner que l’idéologie libérale, qui sous-tendait les politiques passées, est en faillite et qu’on en arrive au recours à l’Etat.
Il faut faire observer que l’échec que l’on constate n’est pas l’échec du libéralisme, qui, lui, a toujours prôné l’existence de règles mais celui d’un ultra libéralisme dérégulateur à l’extrême, pas l’échec du capitalisme qui reste la seule forme à ce jour reconnue, de production et d’allocation de richesse, mais celui d’un capitalisme financier, sans mesure et sans contrôle. Et les solutions à moyen terme qui sont avancées, notamment, chez nous, par Nicolas Sarkozy, pour éviter le retour d’une telle crise vont dans le sens d’un capitalisme, mieux régulé, mieux encadré et, moralisé…Toutes solutions qui, signalons-le au passage ont toujours été celles des sociaux libéraux, qui ne peuvent que se trouver en phase avec cette manière de répondre à la crise et de faire évoluer le capitalisme.
Et qu’en est-il de l’intervention de l’Etat ? Dans des circonstances d’exceptionnelle gravité le recours à l’Etat a toujours été la règle, sans que cela ne remette le moins du monde en cause ni le capitalisme ni le libéralisme. En période de guerre, ou pour sortir de la crise de 29, l’Etat est intervenu largement, vigoureusement…mais temporairement.
Il en sera de même cette fois-ci. Et cela ne peut en aucun cas gêner les libéraux sociaux que nous sommes, persuadés que seule l’intervention de l’Etat ou des unions d’Etats, comme l’Union Européenne, peut apporter une solution relativement rapide et atténuer les conséquences économiques et sociales de cette crise. Oui, pourquoi pas, aller jusqu’à la nationalisation partielle ou totale de certaines banques, si c’est nécessaire, pour, une fois la crise et ses conséquences passées, les remettre sur le marché comme l’a très bien dit le Premier ministre François Fillon ? Certains ont cru pouvoir se réjouir en disant à peu près : « comme en 81, nous nationalisons, l’Etat reprend le contrôle et cette fois ce sera durable ! ». J’ai bien peur qu’ils ne soient déçus…encore ! En aucune façon on ne peut assimiler la situation internationale d’aujourd’hui à la situation de la France, à l’époque.
L’intervention directe de l’Etat dans l’économie ne restera qu’exceptionnelle, même si il est probable que les pouvoirs publics, les organisations internationales, établiront certaines règles pour mieux pouvoir contrôler, orienter, limiter un capitalisme financier devenu fou ces dernières années. Et c’est nécessaire. Oui, dans cette mesure un cycle s’achève et on ira vraisemblablement vers plus de régulation et plus de coopération internationale…Un certain nationalisme devrait même se trouver en recul pour la période qui vient.
Mais les corrections et les réformes à venir ne signeront certainement pas la fin du capitalisme, pas plus que celle d’un libéralisme qui, devenant plus régulateur qu’il ne l’a été dans les faits, retrouvera une nouvelle actualté. Les sociaux libéraux y trouveront la justification de leurs idées et de leurs combats….Mais d’ici là il faudra vaincre la crise…
Marc d’Héré