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Intervention de François FILLON
A l'Assemblée, le premier ministre a exhorté à la confiance face à une crise qui n'est pas celle «du capitalisme en tant que tel», mais celle d'un «capitalisme dévoyé et non régulé» et annoncé la création d'uen structure d'Etat pour renflouer les banques en difficulté.
Le discours de François Fillon : «Nous avons ce débat car la nation a besoin d'être éclairée et rassemblée. Le retour de la confiance passe par notre capacité à faire bloc». A peine son discours lancé à la tribune de l'Assemblée que François Fillon en annonce la couleur : confiance dans le gouvernement et appel à l'unité.
Si le premier ministre ne cache pas la gravité de cette crise, qui «aura des conséquences sur l'activité, sur l'emploi et sur le pouvoir d'achat des Français», il assure en revanche que «les marchés doivent trouver en nous la stabilité et la raison qui leur échappent». Pour cela, il faut «refonder l'architecture financière internationale sur une véritable légitimité politique».
François Fillon rend hommage à l'action de Nicolas Sarkozy, qui a obtenu des initiatives européennes qui sont «tout à l'honneur de notre pays». « Une dynamique européenne est engagée», assure le premier ministre, interrompu par des huées jusqu'à ce que le président de l'Assemblée, Bernard Accoyer, appelle au calme.
Pour autant, le premier ministre martèle que les dirigeants responsables de cette crise seront sanctionnés. « L'Etat n'agit pas pour protéger des dirigeants. Les dirigeants qui se sont affranchis des règles de prudence ne doivent pas compter sur l'Etat pour sauter en parachute doré».
Vient le moment de l'annonce principale de son discours : «Nous devons être en mesure d'intervenir financièrement sans délai, y compris par des prises de participation» dans les établissements en difficulté, explique François Fillon. Pour cela, une «structure juridique» détenue par l'Etat et bénéficiant de sa «garantie explicite» sera créée dans le but d'intervenir financièrement» et «sans délai» en faveur des banques.
Elle permettra de «mettre en oeuvre notre stratégie qui consiste, au cas où une banque serait en difficulté, à la recapitaliser, à en maîtriser la stratégie et la gestion, à la redresser et à remettre les participations de l'Etat sur le marché lorsque les circonstances le permettront».
«Aujourd'hui, cette structure existe et elle porte déjà la participation de l'Etat dans Dexia», exploque le premier ministre, qui précise : « Afin qu'elle puisse disposer de tous les capitaux nécessaires aux interventions qui se justifieraient à l'avenir, le gouvernement sollicitera du Parlement, par voie d'amendement au projet de loi de finances, la garantie explicite de l'Etat».
Le Figaro.fr
Jean-Pierre BRARD (PCF)
Le député (app-PCF) Jean-Pierre Brard a estimé que, pour "calmer le jeu" face à la crise financière, il fallait "fermer les bourses, durant une semaine au moins". "Il faut tout d'abord fermer les bourses, durant une semaine au moins, pour calmer le jeu et que les instances politiques reprennent la main en dehors de la pression des marchés", a-t-il déclaré lors du débat organisé à l'Assemblée nationale sur la crise.
M. Brard a aussi suggéré de "mettre fin à l'indépendance de la Banque centrale européenne et des banques centrales pour les soumettre aux orientations politiques" des Etats. Selon lui, un "pôle financier public et semi-public", avec notamment la Caisse des dépôts, la Banque postale, la Caisse nationale de prévoyance, "doit être créé et chargé de soutenir l'investissement productif créateur d'emplois et de servir l'intérêt général".
M. Brard préconise également "d'interdire pendant cinq ans la vente de participations de l'Etat au capital des entreprises" et de cesser "immédiatement les privatisations" comme à La Poste.
AFP
Nicolas PERRUCHOT (Nouveau Centre)
Nicolas Perruchot, orateur du Nouveau Centre (NC) dans le débat aujourd'hui sur la
crise financière à l'Assemblée nationale, a demandé la "mise à pied des dirigeants fautifs" au sein des entreprises en difficulté financière et la suppression des parachutes dorés.
"Seule la méthode consistant à intervenir de manière temporaire dans le capital des structures financières en difficulté, comme dans le cas de Dexia, est économiquement viable", a déclaré M. Perruchot à la tribune de l'Assemblée nationale. "Mais pour qu'elle soit socialement juste, le Nouveau Centre souhaite que cette intervention soit conditionnée à la mise à pied des dirigeants fautifs et à l'absence de parachutes dorés", a-t-il poursuivi.
Par ailleurs, pour aider les PME, le NC "souhaite la mise en place d'un fonds de garantie destiné aux PME". Il pourra "éventuellement" s'adresser "aux collectivités locales". Par ailleurs, "la régulation des marchés financiers passe d'abord par l'arrêt des ventes à découvert", a-t-il soutenu. Le NC souhaite aussi "réguler certains marchés, en pleine expansion et échappant à tout contrôle".
Il faut encore, "interdire l'intéressement ou les stock-options si les salariés ne bénéficient pas eux aussi d'un système d'intéressement".
AFP
Gilles CARREZ (UMP)
Pour l'UMP, Gilles Carrez se livre à un panégyrique de l'action du gouvernement, qui «fait face avec détermination à cette crise financière sans précédent» tout en refusant de «laisser déraper les déficits publics» et en assurant «l'équité» avec les mesures pour encadrer les parachutes dorés et le RSA. Il se félicite également que la «pression» de la France sur la BCE ait permis d'obtenir une baisse des taux».
Le Figaro.fr
François HOLLANDE (PS)
Le premier secrétaire du PS, François Hollande, a accusé le gouvernement de présenter un budget 2009 "d'ores et déjà décalé" face à la "gravité" de la crise financière, aujourd'hui lors du débat sur la crise à l'Assemblée nationale.
"Votre budget d'ores et déjà est complètement décalé par rapport à la gravité de la crise", a lancé M. Hollande au Premier ministre François Fillon.
"Vos objectifs de croissance ne seront pas tenus ni pour 2009 ni pour 2010. Vous vous obstinez à poursuivre une politique qui ne marche pas. Dans la crise, c'est non seulement injustifiable mais impardonnable", a-t-il ajouté.
"Cette crise, vous l'avez sous-estimée dès le départ", a-t-il lancé à la ministre de l'Economie Christine Lagarde.
M. Hollande a tout de même salué l'action de l'exécutif quand il cherche à rassurer les épargnants ou quand il sauve le groupe bancaire franco-belge Dexia.
Pour soutenir l'investissement, le patron du PS a de nouveau proposé au Premier ministre la création d'"un fonds national de garantie des prêts".
Il a aussi proposé un "soutien de l'investissement privé en modulant l'impôt sur les sociétés".
AFP