Overblog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Un mouvement politique ouvert, Libéral et Social, Réformiste et réaliste.

Publicité

Pour Rocard,Sarkozy est un homme de droite ouvert



Entretien avec MICHEL ROCARD ,
député européen

Propos recueillis par Philippe Martinat et Henri Vernet

Le Parisien | 26.09.2008,

 

Sarkozy est-il de gauche?

Michel Rocard.
Evidemment non ! Le fait d’être de droite ou de gauche est l’affaire de toute une vie, d’une continuité, d’une grille de choix permanente. Les amitiés et les relations de M. Sarkozy sont clairement dans le grand capital, clairement à droite. Et sa ligne politique aussi : on le voit dans l’inhumanité avec laquelle il traite le problème de l’immigration.

Mais c’est un homme de droite qui a de fortes pulsions réformatrices. Il a envie de changer des choses. Et en tant que président de la République il veut maintenir la cohésion sociale en France. Je rappelle que le revenu de solidarité active (RSA) est une idée sur laquelle nous avons nous-mêmes beaucoup travaillé au Parti socialiste. Et ce RSA correspond trait pour trait à l’allocation compensatrice de revenu que les groupes de réflexion du PS avaient soumise à Lionel Jospin lorsqu’il était Premier ministre.

Le RSA est donc bien une mesure de gauche ?

C’est d’abord une mesure sociale intelligente. Pourquoi vouloir tout étiqueter et classer ? Je suis content de voir resurgir ce revenu de solidarité, mais cela ne fait pas pour autant du président un homme de gauche. La droite française défend de manière inconditionnelle un régime économique nommé capitalisme. Or ce régime a subi depuis trente ans une formidable révolution interne. La croissance et le plein-emploi ont disparu. Le quart de la population est précaire, chômeur ou pauvre. Que même des hommes politiques de droite se rendent compte qu’il y a là une erreur d’aiguillage du capitalisme, c’est la moindre des choses ! Cela n’en fait pas des hommes de gauche pour autant, mais cela rend des convergences possibles.

Quel est le principal critère qui empêche, selon vous, de considérer Nicolas Sarkozy comme quelqu’un de votre camp ?


Cela a toujours été le critère fiscal. Le paquet fiscal a confirmé que Nicolas Sarkozy est un homme de droite.

« Pas trop de règles mais une éthique »


Mais là, il veut s’en prendre aux parachutes dorés, donc pénaliser les plus riches…

Je l’espère bien ! Henry Ford, qui fut un grand industriel, et qui incarnait la droite paternaliste, disait qu’il ne fallait pas trop de règles dans le capitalisme, mais qu’il fallait, du coup, une éthique. Il trouvait scandaleux que les grands patrons se payent plus de 40 fois le salaire moyen des gens qu’ils commandent. Nous sommes passés aujourd’hui à 300 ou 350 fois plus ! L’équité a disparu, le système n’est plus vendable à des électeurs. Et Sarkozy le comprend parfaitement.

Sarkozy cherche-t-il à brouiller les pistes entre droite et gauche ?

Disons que c’est un homme de droite ouvert. La crise est suffisamment grave pour qu’on respecte ce qu’en dit le président sans y voir, en plus, de la manoeuvre politicienne.

Quelles autres mesures d’inspiration de gauche, comme le RSA, lui souffleriez-vous ?

Pour sortir de la crise, il faut s’attaquer aux paradis fiscaux, développer une régulation financière beaucoup plus ferme, s’attaquer aux rémunérations excessives, limiter les OPA et probablement interdire qu’elles servent à dépecer les entreprises. Sur tout ça, il peut y avoir une grande convergence entre une droite réformatrice et intelligente ce qui est le cas de Nicolas Sarkozy et une gauche non révolutionnaire. S’il y a un sommet mondial, comme il le demande, il y aura sûrement des gouvernements de gauche qui y participeront.

Son épouse Carla peut-elle l’inspirer ?

Oui. C’est d’ordre privé mais c’est tout à fait possible, on est toujours influencé par ceux qu’on aime. La composition du gouvernement avant même l’épisode Carla Bruni avait montré que ce n’est pas un homme sectaire.

Le Parisien

Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
M
Ah et bien voilà qui est intéressant! Vous pourriez un peu développer?...
Répondre
C
Sarkozy est une erreur de la République... Une honte !
Répondre
M
Je redonne ma réponse, sans référence à Chevènement...Rapidement:<br /> <br /> Sarkozy de droite?: je le dis expressement dans l'article "Sarkozy ne mène pas une politique de droite". Je dis, il est de droite (tradition, réflexes,...), mais la politique qu'il mène n'est pas de droite (je ne dis pas forcément de gauche) et peut convenir à des hommes de gauche ou du centre (Rocard dit convergences possibles...On n'est pas si loin).<br /> <br /> Cela dit, je ne suis pas totalement d'accord avec Rocard, qui, appartenance PS oblige, fait des critiques à Sarkozy que je ne trouve pas justifiées (immigration notamment..). <br /> <br /> Pour le reste, il faudrait tout reprendre tellement c'est à côté de la plaque...<br /> <br /> Prenons les parachutes dorés par exemple: d'abord, STP, ne fais pas comme Royal ou Bayrou en prétendant que Sarkozy devait tout faire en 16 mois! Je t'en prie, cesse avec ce jeu qui n'est pas digne. Elu pour 5 ans on jugera en mai 2012 de ce qu'il a fait ou pas.<br /> <br /> Ensuite la loi TEPA prévoit, si je ne me trompe, que les parachutes dorés ne peuvent être attribués si on laisse l'entreprise en perte ou qqhose d'approchant. C'est déjà quelque chose. Enfin le MeDef a l'air de vouloir bouger sur ce point et Sarkozy est décidé. Dire qu'il n'a rien fait est faux et sans objet, il a commencé et il lui reste 4 ans.<br /> <br /> Ensuite ce qu'il dit sur le capitalisme n'est pas nouveau, il l'a dit notamment à Agen pendant la campagne et à d'autres moments. Le ton peut être un peu différent, quelques mesures proposées différentes, parce que entre temps il y a eu une crise très grave, et penser, dire et vouloir strictement la même chose en cas de crise ou non serait absurde et dogmatique. Et même irresponsable. Mais le fond est le même...C'est bien pour cela que je l'ai suivi et que je continue.<br /> <br /> <br /> Changer la capitalisme à lui tout seul, ou la France toute seule! On n'est pas en meeting PS, pour sortir ce genre de phrase. C'est, bien entendu, avec les autres Européens, avec les E.U. qu'il faut modifier certaines règles, réguler davantage la mondialisation et la finance internationale...Et il peut d'autant plus le dire, qu'il avait déjà insisté devant Merkel, pour cela, il y a plusieurs mois,( là non plus il n'était pas resté immobile) et qu'aujourd'hui, la gravité de la crise fait qu'il ya une prise de conscience internationale et même américaine semble-t-il...<br /> <br /> Alors voilà, mais tout cela tout cela est bien connu...
Répondre
M
Je parle mon cher Elie des deux grands paragraphes qui précèdent...Nous n'allons pas noius disputer sur Chevènement qi, je dois te l'avouer m'indiffère totalement, donc pas de problème. <br /> <br /> Quand j'étais au PS j'ai signé et écrit des textes de contribution ou de motion que je ne renie en rien, sauf adaptation évidemment à une situation économique et sociale qui a changé.<br /> <br /> Enfin pour la mauvaise foi, je récuse absolument et je suis persuadé que tu ne le penses pas.
Répondre
E
Alors là, devant tant de mauvaise foi, les bras m'en tombent!<br /> <br /> Tu te bornes à critiquer les positions de Chevènement, qui sont les miennes, en fonction de "ce qu'elles étaient à une certaine époque" en refusant de lire ce qu'elles sont aujourd'hui...et tu en attends des débats constructifs!<br /> <br /> Dois-je, à mon tour, m'en tenir, en ce qui te concerne, à tes positions telles qu'elles étaient lorsque tu étais au PS?
Répondre
M
Je ne fais pas semblant, je ne l'ai pas lue. Mais c'était un peu la position de Chevènement à une certaine époque. Peut-être a-t-il changé...Je m'en réjouis, come je me réjouis que tu n'aies trouvé que ça à contester à ma réponse. C'est bien, je suis sûr que nos débats seront maintenant plus constructifs.
Répondre
E
@ Marc:<br /> <br /> Un peu gonflé, d'écrire "On n'est pas chez Chevènement pour vouloir la France toute seule"<br /> <br /> C'est ton droit de ne pas lire l'analyse de Chevènement que je t'ai envoyée, mais il n'est pas intellectuellement honnête de faire semblant de l'avoir lue:<br /> <br /> http://www.chevenement.fr/Aider-le-peuple-francais-a-renouer-avec-son-Histoire-pour-construire-une-Europe-des-peuples-dans-le-monde-multipolaire_a669.html?PHPSESSID=0d81206c395edbffae6d75d76b679a37
Répondre
A
Je cite Jean-Christophe Cambadélis, député socialiste de Paris, qui dénonce "le faux pas" de Michel Rocard, suite à ses déclarations qualifiant Nicolas Sarkozy de représentant d'une "droite réformatrice et intelligente".<br /> Je trouve que Cambadélis aurait pu aussi traiter Rocard de "traître" de "faux-frère" et de "vendu"... de manière à élever encore un peu le débat d'idées cher au aprti socialiste.
Répondre
M
Rapidement: <br /> Sarkozy de droite: je le dis expressement dans l'article "Sarkozy ne mène pas une politique de droite". Je dis, il est de droite (tradition, réflexes,...), mais la politique qu'il mène n'est pas de droite (je ne dis pas forcément de gauche) et peut convenir à des hommes de gauche ou du centre (Rocard dit convergences possibles...On n'est pas si loin).<br /> <br /> Cela dit, je ne suis pas totalement d'accord avec Rocard, qui, appartenance PS oblige, fait des critiques à Sarkozy que je ne trouve pas justifiées (immigration notamment..). <br /> <br /> Pour le reste, il faudrait tout reprendre tellement c'est à côté de la plaque...<br /> <br /> Prenons les parachutes dorés par exemple: d'abord, STP, ne fais pas comme Royal ou Bayrou en prétendant que Sarkozy devait tout faire en 16 mois! Je t'en prie, cesse avec ce jeu qui n'est pas digne. Elu pour 5 ans on jugera en mai 2012 de ce qu'il a fait ou pas.<br /> <br /> Ensuite la loi TEPA prévoit, si je ne me trompe, que les parachutes dorés ne peuvent être attribués si on laisse l'entreprise en perte ou qqhose d'approchant. C'est déjà quelque chose. Enfin le MeDef a l'air de vouloir bouger sur ce point et Sarkozy est décidé. Dire qu'il n'a rien fait est faux et sans objet, il a commencé et il lui reste 4 ans.<br /> <br /> Ensuite ce qu'il dit sur le capitalisme n'est pas nouveau, il l'a dit notamment à Agen pendant la campagne et à d'autres moments. Le ton peut être un peu différent, quelques mesures proposées différentes, parce que entre temps il y a eu une crise très grave, et penser, dire et vouloir strictement la même chose en cas de crise ou non serait absurde et dogmatique. Et même irresponsable. Mais le fond est le même...C'est bien pour cela que je l'ai suivi et que je continue.<br /> <br /> <br /> Changer la capitalisme à lui tout seul, ou la France toute seule! On n'est pas chez Chevènement pour vouloir la France toute seule, on n'est pas en meeting PS, pour sortir ce genre de phrase. C'est, bien entendu, avec les autres Européens, avec les E.U. qu'il faut modifier certaines règles, réguler davantage la mondialisation et la finance internationale...Et il peut d'autant plus le dire, qu'il avait déjà insisté devant Merkel, pour cela, il y a plusieurs mois,( là non plus il n'était pas resté immobile) et qu'aujourd'hui, la gravité de la crise fait qu'il ya une prise de conscience internationale et même américaine semble-t-il...<br /> <br /> Alors voilà, mais tout cela tout cela est bien connu...<br /> <br /> Essaie pour une fois de ne pas regarder les choses systématiquement de manière négative, demande toi s'il n'y a pas aussi parfois des côtés positifs...Et ne répête pas trop souvent ce que dit le journal militant qu'est devenu le Monde( ce qui ne lui réussit pas d'ailleurs)...
Répondre
E
Bien: partons, cette fois, dans la discussion du bon pied, en laissant de côté mes astuces que tu ne sembles pas apprécier, fondées sur un procès d'intention: je ne crois pas à cette soudaine conversion de Sarkozy non pas à l'intervention ponctuelle de l'État dans l'économie en cas de situation exceptionnellement grave, mais à un changement durable des règles du capitalisme par l'État: pour moi, il ne s'agit que d'un coup médiatique sans lendemain, et de la poursuite (réussie, mais pour un temps seulement) de la déstabilisation de la gauche: après les débauchages de quelques unes de ses personnalités, le débauchage d'une partie de son discours: mais uniquement du discours, pas des actes.<br /> <br /> Même si c'est l'avenir qui nous départagera, mon scepticisme s'appuie tout de même sur des faits concrets: c'est la 3ème fois en 2 ans (la 2ème fois,en mai 2007, après son élection)qu'il annonce son intention de s'attaquer aux parachutes dorés abusifs;les 2 premières n'ont été suivies d'aucune action. Je ne le lui reproche pas, d'ailleurs, parce que je vois mal comment l'État pourrait intervenir dans ce qui relève du contrat entre un salarié d'une entreprise et son Conseil d'Administration: je lui reproche d'entretenir l'illusion qu'il pourrait le faire. <br /> <br /> Au-delà, il entretient l'illusion, très franchouillarde, que l'Etat français pourrait modifier le capitalisme mondial, par quelques discours bien sentis, dans l'univers de la globalisation financière, et imposer des règles à des entreprises qui, en dehors des PME, n'ont de français que leurs origines anciennes, mais pas leur capital, et qui peuvent facilement délocaliser leur siège si la France leur créé trop d'ennuis (Total réalise 90% de ses bénéfices hors de France, il peut se passer des 10% restants): il n'y a d'action possible qu'au niveau mondial, et je n'ai encore entendu personne, à part le président vénézuélien Chavez, féliciter Sarkozy pour son nouveau discours.<br /> <br /> Si je me trompais (et, là, ce n'était pas une astuce), compte tenu du discours que tu développes depuis un certain temps sur le rôle de l'État dans l'économie (hors circonstances exceptionnelles),et ne te faisant pas l'injure de croire que tu soutiens une personne quel que soit son discours politique, tu devrais, logiquement, te trouver en opposition avec le Sarkozy nouveau, s'il n'est pas factice (je note, au passage, que "la gauche moderne" ne semble pas gênée par le passage de cette interview de Rocard où il confirme que Sarkozy reste un homme de droite, alors que tu nous a longuement expliqué qu'il ne menait pas une politique de droite...).<br /> <br /> Mais je crois que tu n'auras pas à affronter un tel cas de conscience.
Répondre