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L'entreprise diabolisée

Une nouvelle chronique de Jean-Louis Caccomo...qui devrait favoriser le débat...


A nouveau ressurgit le débat récurrent qui consiste à montrer du doigt l’entreprise capitaliste dont la seule motivation est de faire du profit pour le plus grand bonheur des actionnaires assoiffés du sang des prolétaires. On redécouvre sans cesse l’essentiel et l’évidence : l’objectif de l’entreprise est en effet de créer des richesses, ce qui implique d’être rentable.

C’est un débat déjà engagé au XIX siècle alors que Zola décrit – sans le décrier pour autant - le monde de la finance dans l’Argent. C’est un débat que l’on a connu dans les années 80 alors que l’on disait les français réconciliés avec l’entreprise et que la « gauche-caviar » au pouvoir célébrait le culte de l’argent. Et il aura suffit de nouvelles délocalisations et des difficultés de Renault, le tout sur fond de crise du système bancaire américain, pour relancer le refrain convenu de la loi du profit qui détruit l’homme…

 

Pourtant, une récente enquête annuelle de la Banque mondiale montre que de plus en plus de pays veulent faciliter la vie des entreprises, notamment en s’engageant dans des politiques franches d’assouplissement réglementaire à côté desquelles les réformettes à la française font figure de pâle homéopathie.  Or l’homéopathie n’a guère d’effet contre un cancer généralisé.

Car c’est bien un cancer généralisé qui met à terre notre économie depuis trois décennies. A force de faire peser le fardeau sur les entreprises à travers des réglementations nouvelles et toujours plus complexes, des prélèvements supplémentaires et des contraintes institutionnelles de plus en plus lourdes, comment peut-on encore s’étonner du mouvement de délocalisation ? D’ailleurs, aux USA, des réglementations quelque peu aberrantes ne sont pas pour rien dans l’actuelle crise bancaire américaine, notamment l’obligation d’accorder des prêts à des ménages dont la solvabilité est douteuse, sous le prétexte de ne pas pratiquer de discrimination. En France, on croit encore que l’on peut faire « payer le capital » alors que cette terminologie montre à quel point nous sommes enfermés dans une grille de lecture marxiste dont la pertinence scientifique est nulle. Tout ce qui pèse sur le capital se retournera contre l’investissement, et tout ce qui accroit les difficultés de l’investissement amoindrira nos capacités de croissance et de compétitivité. Et ce sont bien les ménages qui seront les seules victimes en dernier ressort de cette politique qui consiste soi-disant à faire payer les patrons.

 Le résultat de cette hystérie antiéconomique persistante est bien connu. Les petites entreprises meurent peu à peu d’asphyxie, croulant sous le poids des charges, tandis que les grandes entreprises redéployent leurs activités dans les pays qui ont décidé d’offrir un environnement plus favorable à l’activité économique. Le monde est vaste tandis que l’hexagone rétrécit.

Les entreprises sont plutôt en situation de subir ce phénomène – plutôt que de le désirer - car elles n’ont pas d’autres choix que de s’adapter ou de disparaître, au contraire de l’Etat qui peut se permettre de dépenser plus sans évaluer l’efficacité de sa dépense.

Avant d’accuser les entreprises dans un discours populiste aux accents démagogiques faciles, les responsables politiques feraient mieux d’intégrer une fois pour toutes cette réalité, notamment en balayant devant leur propre porte car il n’y a rien de plus dangereux pour l’économie d’un pays qu’un Etat qui ne contrôle plus ses finances.

 Jean-Louis Caccomo

http://caccomo.blogspot.com/

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M
Et bien c'est clair. Et c'est faux. <br /> <br /> On peut réguler la mondialisation, et des règles existent financières, environnementales, économiques, commerciales, sociales ou politiques qui évitent la toitale déréglementation. Et on peut aller plus loin et les organismes internationaux jouent ce rôle. Et quelque chose me dit que la crise actuelle conduira à une plus grande régulation.<br /> <br /> Le sentiment d'impuissance totale vis à vis de ce phénomène n'est pas justifié.
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E
Dis-donc, Marc, on n'est pas dans un commissariat de police, et ce n'est pas de ma faute si tu ne comprends pas ce que je dis et qui est pourtant simple: non, on ne peut pas réguler la dérégulation, uniquement ses étapes et son calendrier.
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M
Ce n'est pas la question, ce n'est qu'un exemple et ton interprétation est d'ailleurs discutable. Mais ce n'est pas la question, tu cherches des faux-fuyants. Confirmes-tu ce que tu as semblé vouloir dire: On Ne peut pas réguler la mondilisation?(commentaire 5)<br /> <br /> Merci de bien vouloir être clair, ce sera plus facile pour la suite du débat.
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E
Mais je suis très clair: l'OMC a sccédé au GATT, mais avec la même mission: non pas "limiter la dérégulation", mais faire franchir de façon supportable, et par étapes, à des pays très inégaux le chemin menant à la dérégulation complète, qui reste l'objectif, mais qui ferait trop de dégâts si elle était instaurée du jour au lendemain.
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M
Toujours dans la superficialité de l'apparence et du "jeu sur les mots". Soyons clairs: Donc tu penses que la mondialisation ne peut pas être régulée? <br /> <br /> Qu'il n'éxiste aucune règle dans les échanges internationaux? Et qu'il ne peut s'en créer de nouelles? C'est absurde!<br /> Qu'aucune coopération internationale, aucune organisation internationale du type de l'OMC ou diverses autres n'a la possibilité d'établir la moindre règle qui "régule" la mondialisation? <br /> <br /> Je t'en prie sois clair Elie.
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E
Si la mondialisation -le terme globalisation me semble d'ailleurs plus exact- de l'économie peut se définir comme la dérégulation progressive des échanges (parce que des échanges, il y en a eu depuis la nuit des temps), vouloir "réguler la mondialisation", c'est-à-dire "réguler la dérégulation", est un oxymore.
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M
Il y a dans cette idée que tu avances de "mise en place de la mondialisation" l'idée que la mondialisation est une création politique "des grandes puissances". <br /> <br /> Je crois que ce n'est pas tout à fait exact: la mondialisation est autant la résultante des progrès techniques qui permettent des échanges multiples et ultra rapides de marchandises, d'informations, d'argent....D'une manière ou d'une autre elle s'est imposée à nous. <br /> <br /> Alors, oui on peut l'orienter, on l'oriente, on lui donne certaines caractéristiques, mais là encore tu recours au mythe: les "grandes puissances", comme si elle étaient toutes d'accord entre elles, s'il y avait un consortium de grands dirigeants, dont les intérêts seraient communs et qui n'auraient aucune difficulté à faire passer leurs décisions ou la défense de leurs intérêts. On croirait être dans un James Bond, ou je pense aussi à ce vieux film (mais c'est de notre génération)de Chabrol, je crois, "Marie-Chantal et le Docteur Kah". <br /> <br /> Il n'y a pas un docteur Kah (avec ses alliés, grandes puissances) caché sur son île qui régente le monde...Et ne jouons pas les Marie-Chantal, qui veut libérer le monde de cette dictature...<br /> <br /> Bien sûr, il y a, résultant de forces diverses contraires ou alliées, un capitalisme financier international qui s'est progressivement imposé, qui fait beaucoup de mal, que nous devons essayer de limiter. Mais il ne résulte pas de la volonté explicite des "grandes puissances coalisées" et d'une mondialisation "fabriquée". C'est, en tous cas avec les organisations internationales notamment, que nous devons le réguler et le limiter. On n'y parviendra pas en refusant la mondialisation (!) ou en cherchant à s'en exclure (!), mais en utilisant la mondialisation et les coopérations internationales qu'elle permet. La mondialisation donne aussi des armes et des possibilités d'action, y compris institutionnelles, y compris pour certaines souhaitées par les "grandes puissances", à ceux qui veulent humaniser et orienter différemment la mondialisation...et ses conséquences.
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E
@ Marc:<br /> <br /> Bien entendu, tout le monde a compris que la citation de Stiglitz est une boutade, même si c'est un effet concret et réel de la mondialisation.<br /> <br /> Mais où vois-tu une ignorance ou une négation de la mondialisation, dans mon bref billet?<br /> <br /> Il s'agit bien d'un système mis en place (cette fois, ce n'est pas une boutade)pour permettre aux entreprises d'échapper aux contraintes nationales que tu cites.<br /> <br /> Un seul exemple: crois-tu que, si les grandes puissances en avaient la volonté, il leur serait impossible de mettre fin aux paradis fiscaux, les redoutables Lichtenstein, îles CaÎman, etc?
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M
Quelques remarques en vrac:<br /> <br /> Le soutien aux entreprises, notamment aux PME, qui doit se traduire par des simplifications administratives et réglementaires, des limitations (conditionnelles?) de charges, des aides à l'exportation est une nécessité....<br /> <br /> Dire que le gouvernement actuel n'agit que de manière homéopathique me semble sévère (encore qu'à la différence d'Elie je ne suis pas certain que l'homéopathie soit inéfficace!)<br /> <br /> Les entreprises, comme tous les acteurs économiques et sociaux, ont aussi des responsabilités et Elie a raison de signaler le scandale (et le coût intolérable) représenté par les parachutes dorés....Elles ont aussi des responsabilités sociales vis vis de leurs salariés,des responsabilités de transparence vis à vis de leurs actionnaires, des responsabilités environementales,des responsabilités éthiques vis à vis de la collectivité ....<br /> <br /> La boutade de Stiglitz ne doit pas être prise au pied de la lettre, la mondialisation est une réalité et la nier ou l'ignorer n'est pas sérieux.
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E
C'est trop facile, de prêter des arguments débiles à ses contradicteurs, pour pouvoir ensuite les ridiculiser à bon compte.<br /> <br /> Recadrons donc la controverse.<br /> <br /> On sait bien que, ce qui a changé, depuis le début des années 1980, c'est la nouvelle répartition du profit des entreprises entre salariés et actionnaires, au profit de ces derniers.<br /> <br /> Ou, plus exactement: le transfert de la part du revenu des salariés des pays riches aux pays à main d'œuvre bon marché, rompant avec l'effet social de l'activité des entreprises au niveau national.<br /> <br /> Un autre élément nouveau, tout à fait contraire aux principes de l'idéologie libérale censée récompenser le mérite et la prise de risques, est l'apparition de "parachutes dorés" aussi mirobolants pour les dirigeants qui ont échoué et qui ont ruiné leur entreprise que pour ceux qui ont réussi et l'ont enrichie: la récompense est déconnectée de la réussite ou de l'échec.<br /> <br /> "La mondialisation, c'est une astuce qu'ont trouvé les dirigeants des entreprises pour piquer leur fric à leurs actionnaires" Joseph Stiglitz, prix Nobel d'économie, ancien dirigeant de la Banque Mondiale et du staff des conseillers économiques de Clinton.
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