Un mouvement politique ouvert, Libéral et Social, Réformiste et réaliste.
François Bayrou vient de remporter un beau succès médiatique, lors de l’université d’été du MoDem, mais il a sans doute commis une erreur qui devrait lui coûter assez cher dans les mois qui viennent (les réactions de l’électorat sont souvent lentes) et sans doute aux prochaines élections européennes et régionales.
Globalement, il a fait du Bayrou : critiques démagogiques et mesquines souvent à caractère personnel, camouflage du vide de ses propositions sous des formules habiles et, reconnaissons le, assez percutantes, évocation satisfaite du destin qui l’attend dont il veut se persuader et persuader, au delà de Marielle de Sarnez et de Corinne Lepage, qu’il est national….Mais cela, ne lui a, jusqu’ici, pas nui, cela ne lasse pas encore le public et les médias en redemandent, il est donc naturel qu’il continue.
L’erreur c’est d’avoir clairement annoncé son opposition absolue et sur des bases « de gauche » à Nicolas Sarkozy et au gouvernement, et d’appeler pour battre Sarkozy en 2012 à une alliance avec le Parti socialiste.
François Bayrou de gauche, évidemment cela en fait sourire plus d’un, mais cette posture ne peut que troubler un électorat qui, à la différence des militants, est demeuré pour une grande part de droite ou de centre droit. Tous les sondages montrent que l’électorat de Bayrou, qui ressemble encore beaucoup à celui de l’ancienne UDF, traditionaliste, libéral et social, aura du mal à avaler cet abandon du centre par Bayrou et ce choix délibéré d’opposition sans nuances au Président et à la majorité présidentielle.
La réaction sera lente, sans doute, car les difficultés économiques provisoires, conduisent certains de ses électeurs à un agacement, à des impatiences, voire au rejet de certaines mesures, …mais c’est conjoncturel et les électeurs du MoDem, reviendront à la majorité présidentielle (dans la mesure où ils l’ont abandonné ce qui n’est pas le cas de tous, loin de là), quand la situation s’améliorera et que les imprécations de Bayrou sur le thème populiste « la République est en danger » auront montré leur ridicule. La plupart ont soutenu un Bayrou, qui disait « ni à droite ni à gauche », « on soutient quand c’est bien, on s’oppose quand il le faut » et non pas, on s’oppose sur tout, on attaque sur tous les plans le Président, et on choisit la gauche ! Et, en effet la réaction sera d’autant plus forte de la part de ces électeurs que cette opposition de Bayrou se veut sur des bases prétendument de gauche et qu’il veut s’allier (sans le moindre petit accord programmatique) à un Parti socialiste rejeté, dans le seul but de battre l’union de la droite, du centre, et de la gauche moderne qui forme la majorité présidentielle. Il y aura, à n’en pas douter, après les flonflons de la fête, incompréhension, malaise puis rejet. Le temps fera son office….
Perdant la plus grande part de ses électeurs de droite et du centre droit, il ne gagnera pas grand-chose à gauche. Le Parti socialiste a beau être en décrépitude, il sait bien que Bayrou ne souhaite se rapprocher de lui que pour aiguiser à court terme ses divisions internes et à plus long terme, pour l’utiliser au profit de son ambition, ou plus précisément, de son obsession présidentielle. Il faut avoir la naïveté ( ?) d’un Peillon, l’inconséquence de Royal, pour souhaiter une alliance avec Bayrou. Sauf pour quelques élections locales, où les voix du MoDem seront toujours bonnes à prendre si nécessaire, le parti socialiste refusera cette demande d’alliance et saura facilement convaincre ses militants et ses électeurs de sa nocivité ne serait-ce qu’en mettant en évidence le caractère inconstant, peu fiable, et fondamentalement de droite de Bayrou.
Bayrou, à la fois trop sûr de lui (son populisme plait beaucoup aux médias), et voulant rompre sa solitude politique, change encore de stratégie ou plutôt de tactique, mais cette fois-ci il semble qu’il soit allé trop loin…Il va tout faire pour essayer de « rattraper » le coup (Marielle de Sarnez a commencé dès lundi)…mais je doute qu’il y parvienne. C’est sans doute l’erreur de trop.
Marc d’Héré