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Un mouvement politique ouvert, Libéral et Social, Réformiste et réaliste.

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Pour en finir avec le Sarko pessimisme

Par Michel Godet, professeur au CNAM et membre du Conseil d'Analyses Economiques

Propos recueillis par Sylvie-Pierre Brossolette, Le Point du 03 07 08
...

Le président Sarkozy a été élu il y a un an pour réformer le pays et mettre un coup d'arrêt à son déclin relatif : notre niveau de vie est inférieur de 10 % à celui des Anglais alors qu'il était de 10 % supérieur en 1980 ! Après plusieurs décennies d'immobilisme, d'accumulation de dettes et dix ans de ruineuses RTT, il était temps de siffler la fin de la récréation et de remettre le pays sur les rails du travail car, plus les fourmis s'activent, mieux les cigales vivent.

Un an après, le bilan des réformes est pour le moins surprenant : les Français sont plutôt déçus et moroses, et la crise internationale ne leur donne guère le moral, car elle affecte leur porte-monnaie. Pourtant, ils comptent toujours majoritairement sur Nicolas Sarkozy pour sortir la France des sables de l'immobilisme. Les opposants n'ont plus la force de résister au changement. Il est vrai que la gauche est divisée entre les tenants d'un libéralisme social confiant dans l'économie de marché régulée et les orphelins des utopies étatiques et révolutionnaires. Ajoutons que l'enchaînement des vacances de Pâques d'une région à l'autre, des ponts du mois de mai et des récupérations de RTT ont réduit les fenêtres de mobilisation nationale de ce printemps. Pendant l'été, les cigales vont chanter et à la rentrée le Parlement aura légiféré sur plusieurs lois essentielles concernant la modernisation de l'économie, la représentativité syndicale, le temps de travail et sans doute les institutions. On n'avait pas entrepris autant de réformes à la fois depuis le général de Gaulle.

Les médias comme l'opposition et les partenaires sociaux ont peine à suivre un président qui est sur tous les fronts à la fois et en ouvre sans cesse de nouveaux (régimes spéciaux, statut des fonctionnaires, loi de modernisation de l'économie, réforme judiciaire, livre blanc sur la défense, réforme de la représentativité syndicale...), surtout quand la volonté de réforme rencontre un obstacle. Saluons la tactique gagnante qui rappelle celle du stratège chinois Sun Tzu dans « L'art de la guerre », cinq siècles avant notre ère. Les partenaires sociaux ont dû embaucher et n'ont jamais autant travaillé !

 

Malgré les résistances, les hésitations, le prix à payer, voire les reculs face aux taxis, aux pharmaciens, les succès sont au rendez-vous : alignement des régimes spéciaux sur la fonction publique, service minimum dans les transports, autonomie des universités, réforme des syndicats, relance du dialogue social. Nombre de ces réformes sont en demi-teinte, et on aurait aussi pu faire plus vite et mieux pour réduire la dépense publique et instaurer un service maximum plutôt que minimum dans les écoles, où 20 % d'enfants sont en échec scolaire. Les urnes et l'état de grâce auraient légitimé l'enterrement des 35heures. Le gouvernement aurait ainsi évité les récentes larmes de crocodile des syndicats pour y toucher le moins possible. Il a tenu bon et l'échec de la manifestation du 17juin a montré que sur cette question, comme sur celle des retraites, l'intérêt général devait primer sur un dialogue social trop récent pour ne pas être immature.

 

Faute de réformes, la France a moins bien profité de la croissance récente que ses partenaires, l'Allemagne notamment, qui avec ses excédents extérieurs colossaux compense nos déficits et nous garantit un euro fort. Si nous étions restés avec le franc, le pétrole serait encore plus cher à la pompe et nous aurions à subir l'humiliation des dévaluations et les déchirements des réformes d'urgence. Cette facilité de l'euro n'est pas sans revers. Gardons le vent des réformes en poupe, nous serons mieux à même de profiter du retour de la croissance mondiale et en capacité de distribuer à nouveau du pouvoir d'achat autrement qu'en laissant filer la dette, c'est-à-dire en prenant dans la poche de nos enfants. Alors le président, populaire ou non, pourra être fier d'avoir tenu ses promesses de modernisation et redressé la France !

Michel Godet, professeur au CNAM et membre du Conseil d'Analyses Economiques/
Propos recueillis par Sylvie-Pierre Brossolette pour Le Point du 03 07

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E
Pour l'employabilité des seniors: on ne va pas faire de paris, l'avenir nous départagera. Pour mon papier sur la santé: il me semble que l'usage français de laisser le choix du titre à celui qui le publie, et qui a davantage de recul que l'auteur,  n'est pas si mauvais...à condition qu'il n'en déforme pas le sens!
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M
Evidemment ce n'est pas la panacée! mais il peut y avoir des choses intéressantes dont, dans  une certaine mesure, on pourrait s'inspirer.
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T
Le modèle anglais n'est pas la panacée, contrairement à ce que laisse entendre l'économiste ultra-libérale Michel Godet. http://democratie-sociale.over-blog.org/article-2533049.html
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M
Cher Elie, je ne peux pas être d'accord avec toi. Sur la flexisécurité d'abord, une double réponse: Dans notre pays, le problème est que les mesures destinées à "garantir" les salariés sont si nombreuses et si fortes qu'elles en viennent à bloquer  la croissance et l'emploi. Ce n'est pas la "sécurité" (ou ce que l'on croit être la sécurité) qui manque mais bien la flexibilité. Pour  parvenir à une véritable  "flexisécurité"  c'est donc les les mesures de flexibilité qu'il faut privilégier. Et pourtant, malgré cette évidence, la sécurité des salariés, sécurité réelle pour le coup,  est tout de même  développée: quand le chômage baisse, la sécurité des salariés, moins soumis aux risques du chômage, augmente. L'unification ANPE/UNEDIC, permettra un suivi plus personnalisé des chômeurs, une plus grande facilité à retrouver un emploi, et donc une plus grande sécurité. Même chose pour le RSA. Et la récente loi sur la modernisation du marché du travail qui reprend un accord des partenaires sociaux comprend des mesures qui vont dans ce sens, permettant notamment une rupture amiable du contrat de travail avec possibilité pour le salarié de s'inscrire au chômage....et le CNE, qui autorisait une si longue période d'essai(!) est supprimé. Sur les personnes handicapées, l'Allocation pour personnes handicapées, si je ne me trompe, augmente dès cette année de 5% et augmentera de 5% chaque année...Et les mesures prises pour accroitre leur meilleure intégration sont déjà suivies d'un début d'effet, par exemple à l'éducation nationale où dès cette année des milliers de jeunes handicapés supplémentaires sont accueillis. Sur l'employabilité des seniors les mesures décidées sont nombreuses et importantes, concernent le privé et le public, tu ne peux les décrier de cette façon.   Si on en est à l'annonce, c'est la première étape, rien ne permet de dire  que l'on se limitera là. Il est certain qu'elles entreront en application,  et que l'on n'en restera pas, comme tu le prétends, sans justification, "à l'annonce"! D'ailleurs  certaines mesures de coercition sont prévues vis à vis des entreprises qui ne joueraient pas le jeu.Un denier mot cher Elie, je vais publier ton papier sur la santé, je ne crois pas avoir de titre, peux-tu m'en proposer un?
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E
L'ennui est que les réformes de Sarkozy n'ont que peu de rapport avec ses discours: il parle de "flexisécurité", mais n'augmente que la flexibilité et pas la sécurité; il annonce un plan pour les handicapés, mais sans moyens financiers ni calendrier; il recule l'âge du départ à la retraite, mais les mesures pour accroître l'"employabilité des seniors" restent des effets d'annonce, ce qui revient à augmenter la durée du chômage (ou des préretraites), mais pas celle du travail; etc.
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