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Contact: marcdhere.mdh@gmail.com 

 RECONQUÊTE est un  mouvement en construction. Ce n'est pas un parti politique, mais un Cercle de Réflexion et d'Action, ouvert à tous ceux, à quelque parti qu'ils appartiennent, ou sans parti, qui se reconnaissent dans ses valeurs et  principes. La Responsabilité et l'équivalence entre droits et devoirs à tous les niveaux,  le libéralisme économique,  la solidarité,  le choix d'une évolution réaliste et progressive dans le social et le sociétal,  l'Europe... 

 

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27 mars 2011 7 27 /03 /mars /2011 20:10

 

Par Laurent Py...

 

 

J’ai rédigé ce texte le lendemain du premier tour des élections cantonales. Ceci explique qu’il ne soit plus tout à fait d’actualité…il s’agissait d’une première réaction, un peu naïve, que j’avais décidé de laisser de côté. Et puis j'ai décidé d'attendre les résultats du second tour pour le publier en me disant qu'il ne changeront pas fondamentalement ce que j'ai à dire. Je vous le livre car j’espère que nous n’avons pas fini de parler de ces élections malgré ou à cause des résultats de ce soir. J'attends vos réactions !

 

 

Les résultats des élections cantonales de dimanche dernier nous ont choqué à plus d’un titre. La forte abstention et la poussée d’un Front National qui cristallise le mécontentement, le vote accordé à des candidats inconnus et qui n’ont que l’étiquette pour se faire apprécier, tout cela reflète un mécontentement et une perte de confiance qui malheureusement semblent s’installer. Devant cette situation qui se répète malheureusement à chaque élection lorsque les Français n’ont plus confiance en leurs élus, les injonctions au sursaut moral et les prises de positions idéologiques ne pourraient bien ne faire qu’empirer la situation. Car derrière le Front National se sont des électeurs en perte de repère qui se cachent. Stigmatiser ces électeurs avec un air de supériorité en s’en détachant sous couvert de « front républicain » c’est attiser l’idée que UMP ou PS c’est la blanc bonnet et bonnet blanc et nourrir le discours de tous les extrêmes. D’ailleurs la vitesse avec laquelle se délient en général les « front républicains » ne traduit une fois de plus que la célèbre myopie de la politique qui pourrait bien être une des raisons de plus du désengagement civique.

 

Pourtant tout le monde s’accorde à dire que ce à quoi il faut faire barrage en premier lieu c’est aux raisons qui poussent les électeurs à choisir les partis du mécontentement (qu’ils soient de gauche comme de droite). « Le mauvais choix n’est pas entre les idéologies, il est entre les moyens » disait Edgar Faure. Or que nous proposent les partis pour endiguer la montée des extrêmes ? Ils campent en général sur leurs positions continuant à voir le monde à travers leurs programmes, certains de leur capacité à pouvoir changer les choses. La gauche met l’accent sur la crise, l’absence de sécurité matérielle, le délitement des services publics assimilé à l’abandon, le besoin d’assistance au risque de l’infantilisation et la nécessaire augmentation du pouvoir d’achat sans vouloir voir tous les changements, tandis qu’une partie de la droite critique le laxisme, prône plus d’adaptation et voudrait revenir à l’identité, à la nation et à la sécurité au risque de la stigmatisation et de la remise en cause d’une certaine forme de solidarité nationale. Les bons esprits pensent s’en sortir en affirmant qu’il faut certainement un peu de tout cela pour revenir à une situation « normale ». On en oublie presque que cela dure depuis plus de vingt ans…et que le mal ne touche pas seulement la France, mais la plupart des grandes démocraties d’Europe. Rares sont les élus ou les prétendants qui s’interrogent sur leur rôle, sur leur manière de faire la politique, sur l’adaptation des institutions aux nouveaux enjeux, sur la place des citoyens, sur la manière de leur redonner envie de s’engager, éventuellement sur les nouveaux devoirs qui doivent accompagner les nouveaux défis et les nouvelles possibilités, bref rares sont ceux – mais je me trompe peut-être – qui osent tenir un discours vrai sur leur rôle, la démocratie elle-même et son fonctionnement, sur leurs faiblesses et sur ce qui serait à faire pour endiguer la lente mais certaine perte de contrôle.

 

En un sens, cela est compréhensible. Aborder ces questions, c’est prendre le risque de se faire taxer de démagogue. Le « tous pourris » n’est-il pas le fond de commerce de tous les extrêmes, qu’il s’agisse d’un Mélenchon ou d’une Le Pen ? Sans sombrer dans un discours facile et médiatique qui tendrait à nier le travail considérable fait par nos élus, leur dévouement et la rudesse de leur tâche, je pense qu’il est possible et nécessaire de s’interroger sur ces questions de manière rationnelle en portant la réflexion sur le fonctionnement de nos institutions. Parce que le centre a toujours eu comme souci de contribuer à l’éducation des citoyens et à l’épanouissement de chacun en cherchant à multiplier la possibilité d’influer sur son environnement et sur sa propre vie, parce qu’il est moins enclin aux prises de positions populistes pour se rapprocher des besoins réels, parce que je connais sa préférence pour les débats et le travail de fond plutôt que pour les premières places sur les scènes médiatiques, je pense que c’est lui qui est le plus à même de porter ce débat aujourd’hui. Je n’ai pas la réponse, mais je suis persuadé que le mal est si profond que nous ne pouvons plus faire l’impasse sur ces questions : le fonctionnement de notre démocratie est-il adapté aux nouveaux enjeux et surtout permet-il de redonner confiance aux citoyens pour ne pas avoir à exprimer à chaque fois leur mécontentement par le choix des extrêmes ?

 

Dominique Bourg et Kerry Whiteside dans leur livre « Vers une démocratie écologique » (La République des idées, Seuil, octobre 2010) ont commencé ce travail en lançant quelques idées. Je ne les partage pas toutes : l’opposition entre démocratie représentative (la démocratie des modernes de Benjamin Constant) et enjeux écologiques extraterritoriaux et supra générationnels me semble trop simple quand on sait la manière dont certains élus ont su, de par le passé, aborder des problèmes tous aussi impalpables, par anticipation et courage politique. Surtout, je continue à penser que les institutions supranationales ont un rôle essentiel á jouer dans les questions environnementales. Mais je retiens de leur livre un questionnement sur la place des citoyens et des scientifiques dans notre démocratie et m’interroge avec eux sur la question de savoir s’il ne serait pas temps d’introduire une part de participation directe dans la démocratie représentative. Nous savons que cela se fait de plus en plus au niveau local : conseils de quartiers, conseil des résidents étrangers, etc. Pourquoi ne pas l’institutionnaliser au niveau national ? Lorsqu’un enfant se plaint de ne pouvoir obtenir ce qu’il veut, lorsqu’il en veut à ses parents incapables de lui offrir ce qu’il aimerait, lorsqu’il commence à se rebeller contre une autorité jugée inadaptée, le comportement responsable des parents n’est-il pas celui qui consiste à l’associer pour lui montrer les difficultés, à tenir compte de ses propositions pour mieux préciser ses attentes et mieux arriver au résultat, éventuellement à le faire faire et ainsi à l’aider à grandir ?

 

Je ne suis ni un constitutionnaliste, ni un spécialiste, mais j’avais déjà proposé lors des débats su le Contrat de Première Embauche qu’il existe une chambre qui rassemble des acteurs de la société civile, des associations, des chercheurs spécialistes, des citoyens tirés au sort, qui puissent donner un avis sur les lois et suivre leur mise en application. Certains diront qu’il s’agit du rôle du Conseil Economique et Social. Mais celui-ci est-il suffisamment visible et symbolique ? Non, d’autant plus qu’il n’associe pas les citoyens. Avec une chambre nouvelle, cela changerait. L’initiative et le vote des lois resteraient aux représentants élus, mais ceux-ci seraient obligés de consulter cette chambre nouvelle qui pourrait lui soumettre des propositions et surtout se verrait confiée l’évaluation des lois. Cela permettrait en quelque sortie de disposer d’un contrôle intermédiaire. Les citoyens tirés au sort profiteraient de cette participation qui stimulerait la participation citoyenne plutôt que de la tenir à distance et encouragerait l’engagement associatif et le travail d’expertise scientifique.

 

Ce n’est là bien sûr qu’un exemple qui nécessiterait d’être précisé, mais je pense qu’il devient urgent de faire des propositions qui s’attaquent aux causes des dissidences civiques et au sentiment d’impuissance généralisé ; des propositions qui dépassent le cadre de la prochaine élection et de la modification de la loi électorale pour rendre notre pays et ses habitants plus apte à s’attaquer, COLLECTIVEMENT et dans le respect de la diversité, aux défis actuels et futurs.

 

 

 

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24 mars 2011 4 24 /03 /mars /2011 10:34

 

Portraits de candidats, par Eric Seydoux

 

Nicolas SARKOZY, l’intuitif.

 

On le disait à terre, fini, écrabouillé, terminé, mangé tout cru le Nicolas, par une Marine aux dents longues et un Dominique explosif. Même pas au second tour, cela ne s’était jamais vu, quelle humiliation. STRAUSS KAHN 60%, SARKOZY 40. Ouah ! Sans commentaire. Arlette CHABOT attendait avec l’impatience que l’on devine de pouvoir l’interviewer, pour lui demander s’il comptait vraiment se présenter.

 

La presse prévoyait, sans plus tarder, de « sortir » des sondages avec « l’hypothèse » FILLON, peut-être même avec l’hypothèse JUPPE, désormais en embuscade, et qui, pour bien montrer qu’il n’est plus le même homme qu’il y a 20 ans, a chaussé des lunettes de vue, qui modifient sa physionomie, mais apparemment pas ses visées présidentielles, sans que l’on puisse dire encore si c’est mieux ou moins bien.

 

Les députés de la majorité, murmuraient des phrases incompréhensibles pour le profane, aux  oreillettes des journalistes,  plus prudents, les responsables du mouvement, les yeux brillants d’incertitude et le regard hagard,  réfléchissaient intérieurement à tous les scénarios possibles, tandis que  les militants de base, complètement désemparés, s’interrogeaient entre l’abstention et le vote Front National.

 

Dominique STRAUSS KAHN, pensait que le moment était maintenant venu de se montrer  aux abonnés de Canal +, dans son petit appart, en train de faire sa popote et de défroisser lui-même ses costumes, magnifique tableau d’une famille d’expatriés, avec au second plan l’épouse, tournant et retournant une salade verte…  

 

A Solférino, les rapports de force les plus invraisemblables se mettaient en place pour la répartition des maroquins ; d’aucuns très excités, attendaient ce moment depuis si longtemps, d’autres calmaient le jeu, faisant valoir leur incontestable prééminence, tandis que les premiers ministrables,  silencieux, demeuraient tapis dans l’ombre pour ne pas compromettre leurs chances.

 

Les écolos se demandaient s’il valait mieux attendre le deuxième tour pour se répartir les circonscriptions législatives, ou le faire  tout de suite, ce que préconisait  Daniel COHN BENDIT, Marielle de SARNEZ continuait de marteler à qui voulait l’entendre que c’était le tour de François, tandis que narquois,  Jean Luc MELENCHON éructait en hurlant aussi fort qu’il en était capable, que rien n’était joué.

 

Et puis patatras ! BHL déboule comme un fou, si l’on peut dire, sur le perron de l’Elysée, avec deux libyens à ses trousses, qu’il ramène de BENGHAZI où il vient de passer quatre jours, ce sont des membres du Conseil National de la Révolution, ils veulent parler au Président ! Coup de chance, le Président qui a justement un trou dans son emploi du temps les fait entrer dans son bureau, il ne peut pas refuser cela à BHL qui est un ami. Ces derniers lui expliquent la gravité de la situation, que KADHAFI n’a jamais été aussi fou et qu’il va tous les tuer, qu’il faut absolument faire quelque chose.

 

En grand animal politique qu’il est, agissant comme à son habitude à l’intuition, Nicolas SARKOZY n’hésite pas une seconde, il ramène tout son petit monde sur le perron et annonce à la presse médusée qu’il reconnaît le Conseil National de la Révolution libyenne comme seul interlocuteur libyen de la France et décide de saisir le Conseil de Sécurité en urgence pour créer une zone d’exclusion.

 

Hurlements de la classe politique, c’est du grand n’importe quoi, qui sont ces types, par qui et comment ont-ils été nommés quelle est leur légitimité, pourquoi aller se mettre dans ce guêpier, Alain JUPPE n’a même pas été informé, il a appris ce qu’il se passait par un journaliste, il est furieux, BHL est-il le nouveau ministre des affaires étrangères ?

 

Habile comme une fouine, Bernard Henri LEVY fait le tour des plateaux de télé pour assurer que tout va bien, qu’on ne peut laisser massacrer le peuple Libyen par un psychopathe, il rend hommage au courage du Président, à sa clairvoyance et doucement, la situation se retourne.

 

L’incroyable se produit, les libyens de BENGHAZI défilent avec des drapeaux français, qu’ils plantent aux frontons des immeubles publics de leur ville à côté du drapeau libyen qui remplace celui du Guide fou, on voit ce peuple admirable défiler en criant  merci, merci la France, les gens qui sont dans les rues disent toute leur gratitude à la France et à son président.

 

C’est une deuxième révolution qui vient de se produire, dans les pays arabes, la France n’est plus la puissance coloniale au passé sulfureux, juste bonne à donner des permis de séjours, elle est désormais aux yeux du monde arabe qui a les yeux fixés sur BENGHAZI, le pays sur qui l’on peut compter pour sa liberté, ce n’est pas seulement celui de la liberté passive du droit d’asile, c’est désormais celui qui agit pour donner la liberté aux pays qui le sollicitent, c’est vraiment le pays des droits de l’homme reconnus par la communauté arabe et ce n’est pas un mince satisfécit.

 

La France a aussi su entraîner l’ensemble des nations libres derrière elle. Depuis la fin de la colonisation, jamais personne n’a vu la rue arabe avec un drapeau français à la main, sauf parfois pour le bruler en même temps que celui des Etats-Unis d’Amérique. Aujourd’hui la France a un Président courageux, qui lui a redonné en quelques heures son prestige, sa dignité, son honneur, auprès de ces populations qui ne voyaient depuis des décennies et des décennies, en ce pays, qu’un pays dominateur, arrogant et même méprisant.

 

On ne peut aujourd’hui se rendre encore bien compte de ce qu’a fait en quelques heures le président SARKOZY, il a changé l’image de la France, quelle que soit la suite des évènements, plus rien ne sera jamais comme avant. Les Français qui iront dans n’importe quel pays arabo-musulman, pourront désormais faire preuve de fierté. Ils ne seront plus, pour les plus anciens, ces fils de colonisateurs qui ont fait suer le burnous de leurs ancêtres, ou pour les plus jeunes, ces touristes justes bons à bronzer et à s’empiffrer à bon marché dans des hôtels qui leurs sont réservés. Les Français seront désormais ceux qui sont venus au secours des peuples arabes opprimés.

 

Nicolas SARKOZY profitera obligatoirement de cet acte de bravoure, que l’histoire retiendra certainement comme l’un des plus illustres de la 5e République.

   

Il est sûr que la donne est aujourd’hui complètement changée. 65% des français l’approuvent seuls les communistes et le Front National sont contre. Mais ce qu’il a offert au nom de la France aux pays arabo musulmans, n’a pas de prix, pas même celui d’une élection présidentielle.

 

Eric Seydoux

 

 

 

 

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22 mars 2011 2 22 /03 /mars /2011 14:45

 

Portraits de candidats, par Eric Seydoux

 

Dominique de VILLEPIN, le bilan.

 

 

Cet aristocrate mondain à la belle prestance, ainsi qu’il a pu être décrit, est entré en politique par la voie élyséenne. Diplomate de profession, il fait partie de ces hommes qui déboulent un jour dans la vie publique sans crier gare, et qui immédiatement y trouvent leurs aises. On a du mal à se rendre compte que Dominique de VILLEPIN, qui fait partie depuis plusieurs années du « top 10 » des sondages pour les élections présidentielles, est un novice en politique. Il n’a jamais  exercé une quelconque fonction élective et il n’est connu du grand public que depuis février 2003, pour avoir prononcé aux Nations Unies, son fameux discours sur l’opposition de la France, à la guerre en Irak.  

Classé dans la catégorie des flamboyants, sa faconde à nulle autre pareille, alliée à une verve de poète déclamateur, sont certainement en grande partie, à l’origine du charisme dont il se trouve doté.

Le bilan politique de Dominique de VILLEPIN est toutefois des plus décevants. 

 

Le conseiller élyséen 

En 1997, il a été l'un des principaux instigateurs de la décision prise par Jacques CHIRAC, de dissoudre l'Assemblée Nationale.

Cela a eu pour conséquence une défaite cuisante pour la droite, alors majoritaire, aux élections législatives ; un manquement dont on se demandera, pendant longtemps encore, comment il a pu être commis par des hommes politiques de ce rang.

Cela a permis à Jacques CHIRAC, qui au final n’en fut pas fâché, de jouir, plusieurs années durant, de la douce  langueur présidentielle, que les cohabitations procurent parfois aux présidents de la 5e République.

 

Le ministre des affaires étrangères

 

-Le 14 février 2003, Dominique de VILLEPIN, a prononcé devant le Conseil de Sécurité des Nations Unies son fameux discours sur l’opposition de la France à la guerre en Irak.

 

La grandiloquence qu’il crut devoir utiliser pour cette annonce, lui valut en ces lieux, une étrange ovation.

 

Ce discours fut présenté, sur tous les bords politiques, comme un moment exceptionnel de bravoure de l’histoire de France et du gaullisme, et la classe politique unanime rendit hommage à sa grandeur et à son courage.

 

L’histoire aura à choisir avec une autre thèse.

 

L’hostilité de la France, à une intervention de la communauté internationale en Irak, ne nécessitait pas que Dominique de VILLEPIN adopte, devant l’Assemblée Générale des Nations Unies, ce ton exagérément emphatique, encore dans toutes les mémoires.

 

Cette théâtralisation, devait donner à son discours, le caractère d’une condamnation publique de la France contre ses alliés de toujours, alors même que cette intervention avait sinon pour objet, au moins pour effet, d’abattre l’une des dictatures les plus sanglantes de la planète.

-Dominique de Villepin est à l’origine en juillet 2003 d’une opération en Colombie, visant à délivrer Ingrid BETANCOURT, dont il est proche depuis sa vie d’étudiant. Ce sera un fiasco des plus cuisants, pour lequel la France dut  présenter des excuses.

-En Côte d’Ivoire, il s’est entremis pour tenter de rapprocher Laurent GBAGBO et les auteurs d’un putsch manqué. Il a obtenu en janvier 2003, des belligérants, la signature des accords Kléber, qui s’avéreront très vite être un échec.

 

Le Premier ministre

Premier Ministre le 31 mai 2005, positionné comme rival de Nicolas SARKOZY, il se donne « cent jours » pour redonner confiance aux Français.

-En octobre, éclatent des incidents en banlieue, 5 000 voitures sont brûlées en moins de deux semaines. Dominique de Villepin décrète alors l'état d'urgence, prolongé de trois mois quelques jours plus tard par un vote au Parlement, afin de permettre aux préfets de décréter le couvre-feu.

-Après le contrat nouvelle embauche,  Dominique de Villepin a lancé le contrat première embauche, qui rencontre l'opposition des syndicats et de la gauche. D’'importantes manifestations, des grèves, le blocage des universités, ont conduit Jacques Chirac, à demander la non application de la loi qui avait été votée. Ce contrat sera ainsi abrogé de fait, comme le sera d’ailleurs, quelques temps plus tard, le contrat nouvelle embauche.  

 

L’opposant à Nicolas SARKOZY

En mai 2006, il est mis en cause dans l'affaire Clearstream et mis en examen l’année suivante, il a été relaxé en première instance.

A la suite de ces poursuites judiciaires qu’il impute à Nicolas SARKOZY, il va mener une opposition virulente à sa politique et à sa personne.

Il n’hésite pas à parler de risque révolutionnaire pour la France.

Il signe avec 16 autres personnalités politiques de tous bords, l'« appel du 14 février » pour une vigilance républicaine, lancé par l'hebdomadaire Marianne.

Il a déclaré, avec la force qu’on lui connaît, que « Nicolas Sarkozy est un  problème pour la France. »

 

Epilogue

A l’heure où le président de la République, rehaussant le prestige de la France dans le monde arabo-musulman et sur la scène internationale, vient d’obtenir des nations unies, le vote d’une résolution visant à venir au secours du peuple libyen qui se bat pour sa liberté en brandissant le drapeau français, Dominique de VILLEPIN présente un bilan politique sommes toutes des plus médiocres.

L’essentiel des responsables de son mouvement « République Solidaire », créé en juin 2010, ont rejoint le gouvernement, et on ne voit pas très bien ce qui lui permettrait de réunir sur son nom une partie significative de l’électorat.

Sans l’affaire Clearstream, il y a longtemps qu’il serait tombé dans les oubliettes de la politique.  

Il lui reste une capacité de nuisance non négligeable, pour tenter,  dans une élection « serrée », de barrer la route de Nicolas SARKOZY, ce qui semble bien être aujourd’hui sa seule ambition. Mais ce serait pour lui une ambition funeste.

 

Eric SEYDOUX

 

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16 mars 2011 3 16 /03 /mars /2011 21:42

 

Elisabeth Levy, dans Causeur.fr...

 

Réponse à Ariane Chemin et Laurent Joffrin...à propos des idées de Le Pen...

 

Si j’étais de très mauvaise foi, j’annoncerais avec la solennité requise que Laurent Joffrin et Ariane Chemin, respectivement grand patron intermittent et exécuteure des basses œuvres du Nouvel Obs après avoir excellemment assumé cette lourde tâche au Monde sous la direction d’Edwy Plenel, sont en train, dans la grande tradition des années 1930, d’inventer un nouveau complot juif dans lequel le danger judéo-lepéniste aurait pris la place de l’hydre judéo-maçonnique.

Dans la liste de suspects qu’ils dressent dans le dernier numéro de l’hebdomadaire, quatre noms reviennent en effet en bonne place: Alain Finkielkraut, Élisabeth Lévy, Éric Zemmour, sans oublier « tel « républicain-national » qu’on trouve à Marianne »(quoique combattu par ses collègues), élégante formule pour désigner Philippe Cohen et exiger à mots à peine voilés une épuration à Marianne. Chacun, écrit Joffrin, a son style, « « brillant ou laborieux », d’ailleurs j’aimerais bien savoir à laquelle de ces deux catégories j’appartiens, mais tous sont juifs, étrange coïncidence, non ?

 Il est vrai qu’il y a aussi Ivan Rioufol, mais on ne me la fait pas à moi – « j’ai d’excellents ennemis goys », on connaît la chanson. Je pourrais me draper dans ma dignité de victime, appeler mes concitoyens à résister à la bête toujours immonde et toujours frétillante avant de publier dans une semaine ou deux un opuscule à succès – « Dérapage à l’Obs », lettres rouges, peut-être gothiques, sur fond noir, ça aurait de la gueule. Ce serait chouette, à défaut d’être bien honnête. Encore que je parviendrais sans doute à croire à mes propres âneries1.

 

Marie-Noëlle Lienemann et Jean-Luc Mélenchon, merci !

Détendez-vous, ce cauchemar brun n’est qu’un rêve. Chemin et Joffrin ont beaucoup de défauts mais pas celui-là. Franchement ce n’est pas de leur faute si les agents actifs de la « décontamination de la pensée FN » sont presque tous juifs. Me voilà donc obligée de répondre, d’autant plus que les camarades Lienemann et Mélenchon qui ont volé au secours de l’ami Philippe Cohen (grâces leur soient rendues pour cela) n’ont pas jugé nécessaire de dire un mot sur les autres inculpés, lesquels n’ont pas le bonheur d’appartenir à la grande famille de la gauche. N’étant pas d’accord avec mes idées, ils ne se battront pas pour que je puisse les défendre et puis quoi encore ! Peut-être ces apôtres de la tolérance ont-ils fait leur l’amusante définition pêchée dans Libération sous la plume de Pierre Marcelle : ce qui « fonde la droite », chers amis, c’est « la progression de l’inhumanité marchande », au moins, on ne se plaindra plus de la disparition du grand clivage.

 

Tout s’explique : tout occupés que nous étions à faire progresser l’inhumanité marchande pour assouvir notre cupidité et celle des « brigands-actionnaires », nous n’avons pas hésité à cachériser les pensées les plus nauséabondes, ceci, toujours selon Joffrin, en « occupant sans relâche studios de télévision et colonnes de journaux pour clamer qu’on nous empêche de parler et jeter à tout va les clichés de la droite conservatrice ou nationaliste. »

Je ne me permettrais pas de donner des leçons de journalisme à quelqu’un d’aussi titré dans la discipline que Laurent Joffrin, mais j’ai bien dû déclarer publiquement une trentaine de fois au cours des six derniers mois qu’il serait absurde de « nous » (en supposant que « nous » il y ait ailleurs que dans leur tête à « eux ») prétendre victimes d’une quelconque censure.

C’est même pour moi un sujet d’interrogation récurrent: si on peut avoir l’impression que l’étau idéologique se resserre et que, traduit dans le langage des bistrots, « on ne peut plus rien dire », il faut bien reconnaître que les salauds – attention, au sens sartrien du terme – jusque-là simplement dénoncés comme « réacs » peuvent abondamment s’exprimer, beaucoup trop d’ailleurs aux yeux de certains qui répètent en boucle « ils se disent muselés et on n’entend qu’eux ». Je comprends que Joffrin qui doit porter sur ses seules épaules l’avenir de la presse de gauche et de la gauche tout court n’ait pas le temps de se pencher sur ce que les uns et les autres disent réellement. Mais compte tenu de notre omniprésence médiatique, il aurait pu s’apercevoir qu’aucun de ceux qu’il épingle ne se prétend censuré – ce qui serait effectivement cocasse.

 

Depuis l’époque où j’ai publié Les maîtres censeurs, le débat public s’est à la fois ouvert et fermé. Il me semble plutôt qu’au terme de cette évolution paradoxale, la liberté l’emporte : Zemmour est condamné mais il travaille dans plusieurs médias et non des moindres. Et les attaques de mes chers confrères n’empêcheront évidemment ni Causeur ni moi-même de poursuivre leur route et leur réflexion. Tout cela mériterait plus ample discussion mais ce sera pour une autre fois. En attendant, que Laurent se rassure4, je ne suis pas en train de « chercher censure à mon pied » – vous aurez reconnu la plume assassine de Muray.

 

Causeur, « puissant relais d’influence »

Vous me connaissez, j’aime assez, trop peut-être, l’odeur de la poudre. Mercredi après-midi, quand Philippe Cohen m’a envoyé les articles de L’Obs, j’avoue avoir d’abord pensé que la guerre recommençait et qu’on allait bien s’amuser. Et puis, après lecture attentive, mon excitation est un peu retombée. Tout cela était tellement réchauffé que je me suis sentie écrasée par le poids de la répétition. On dirait en effet que Chemin et Joffrin ont ressorti de vieux articles des tiroirs où ils prenaient la poussière avec les banderoles de la « quinzaine anti Le Pen » – lesquelles pourront sans doute reprendre du service itou pour peu que mes honorables confrères ne dévient pas de leur excellente ligne qui a réussi à amener Le Pen père à 20 % et au deuxième tour de la présidentielle. Sauf que moi, ce débat qui tourne en rond finit par me lasser.

 

Il est vrai qu’il arrive à L’Obs de varier les plaisirs. Depuis quelques années – et de mémoire – il a aussi proclamé en « une » avec grands roulements de tambour que les intellos viraient à droite et annoncé à plusieurs reprises et sous diverses formes le grand retour des nouveaux réacs qui finissent par n’être plus très nouveaux. Il me semble cependant que ça faisait un moment qu’il n’avait pas brandi aussi ouvertement l’étendard de la crypto-lepénisation. Mais enfin, c’est à peu près toujours la même histoire. La République est en danger, menace généralement incarnée par le spectre du vote lepéniste. Il s’agit donc de désigner les vrais coupables qui sont soit les idiots utiles, soit les agents actifs de l’extrême droite, d’où le goût de l’hebdomadaire pour les listes. Je précise que c’est la première fois que j’ai l’honneur de figurer dans le peloton de tête, étant désormais, avec Causeur, un « puissant relais d’influence ». Soyons honnêtes, Joffrin ne s’en tient pas là et reconnaît que la gauche, ayant abandonné le peuple, porte une lourde part de responsabilité dans le succès de Marine Le Pen.

 

Quant à Ariane Chemin, il faut reconnaître qu’elle n’a pas perdu le fil (d’accord, c’est un peu facile), depuis l’époque où elle était chargée par les patrons du Monde d’exécuter la toute jeune Fondation Marc Bloch où nous avions commis le crime, Cohen et moi, de rassembler des « Républicains des deux rives ». Non contents de croire qu’il fallait abattre le mur de Berlin de la politique française – ce que nous échouâmes d’ailleurs à faire lors de la campagne Chevènement -, nous étions plutôt anti-européens et prétendions qu’il était absurde et suicidaire d’abandonner la nation au Front national. Autant dire que notre dossier était chargé. Depuis, le mien s’est alourdi car après avoir avoué que je n’étais plus de gauche, j’en suis arrivée à penser que les « questions identitaires » comptaient autant dans les fractures qui minent la France que le chômage et la question sociale – contrairement d’ailleurs à mes amis Philippe Cohen…et Jérôme Leroy.

 

Les « monstres » de Jean-François Kahn

Ariane s’y colla donc gentiment et balança le missile qui était supposé nous laisser sur le tapis en nous qualifiant de « nationaux-républicains », injure dont nous décidâmes, grâce au talent de Régis Debray, de faire notre nom. Elle a de la chance, Ariane, elle pense toujours comme ses chefs, ce qui lui évite d’avoir avec eux les conflits qui m’ont parfois opposée aux miens. Aussi, quand Jean-François Kahn, auprès de qui j’ai beaucoup appris, notamment le plaisir qu’il y a à essayer de penser par soi-même, se désole de découvrir que je ne pense plus comme lui, ayant « basculé dans le discours réactionnaire le plus convenu, le plus éculé et le plus systématique »5, notre journaliste de combat en déduit que JFK a créé des « monstres ». En clair, ayant eu le privilège d’avoir été formée par un monstre sacré du journalisme (je suis sincère, c’est vraiment une chance) j’aurais dû rester sa créature docile. Je plaide coupable d’individualisme forcené, puisque je prétends avoir un cerveau, qui, bien que moins performant que celui de mes accusateurs, m’appartient en propre. J’ajoute que je n’ai pas bien compris l’enseignement de JFK, en ayant déduit qu’on pouvait être en désaccord sans se balancer les noms d’oiseaux pêchés dans le lexique antifasciste.

 

Mais je m’égare. J’en reviens donc au fil rouge – encore que brun serait plus approprié – qui guide la pensée de la tenace Ariane. C’était couru, on commence par défendre la nation et on finit par écrire qu’on ne « trouve pas raciste ou « moralement scandaleux » la proposition frontiste de « distinguer entre Français et étrangers, proposant de réserver certains droits aux premiers ». On me pardonnera de pousser la coquetterie jusqu’à restituer la citation exacte, extraite d’un article publié en décembre : « MLP ne distingue pas les Français en fonction de leur race, elle distingue entre les Français et les étrangers, proposant de réserver certains droits aux Français. On peut être hostile à cette idée, elle n’est pas moralement scandaleuse. » Si je comprends bien, Ariane Chemin estime au contraire que cette distinction entre ressortissants et non-ressortissants est parfaitement scandaleuse. L’ennui, c’est qu’elle est centrale dans tous les systèmes juridiques nationaux qui réservent effectivement certains droits, à commencer par celui de voter, aux détenteurs de la nationalité6. J’imagine qu’Ariane Chemin milite pour que l’humanité entière élise le président de la République française, que la gauche de tous les pays s’unisse pour choisir, lors d’une primaire vraiment très ouverte, le candidat du PS. Et tant qu’à faire pour la disparition des frontières. En attendant cet avenir radieux, je l’invite à troquer son infâmant passeport français qui lui vaut d’odieux privilèges, contre celui de son choix.

 

Au-delà de la délation, une vraie querelle

Au risque de la décevoir puisqu’il parait que « jeune, j’avais déjà réponse à tout », je dois confesser qu’il m’arrive d’avoir des doutes voire de me demander si mes adversaires n’ont pas en partie raison. Je vais donc tenter de résumer le fond de la querelle qui mérite mieux que ces sempiternels exercices de délation.

 

Contrairement à mes accusateurs, je ne crois pas que Marine Le Pen soit le clone de son père. Je peux me tromper – ce n’est pas une clause de style. N’étant pas l’analyste de « la peste blonde »7 et n’ayant pas de talent particulier pour deviner ce que pensent les gens, quelle que soit leur ascendance, dans leur petto, je considère que les discours sont des actes politiques en eux-mêmes. Quand Marine Le Pen, devant le congrès de son parti, prononce un discours où les références traditionnelles de l’extrême droite ont cédé la place à l’invocation de la République, peut-être n’en croit-elle pas un mot. Reste qu’elle a pris le risque de s’aliéner la vieille garde – qui d’ailleurs faisait franchement la gueule. Quand elle affirme que « le nazisme est la plus grande barbarie de tous les temps », il est possible qu’elle cherche à cacher son antisémitisme viscéral. Ce propos n’en constitue pas moins une rupture. J’ignore si elle réussira, à l’image d’un Gianfranco Fini, à mener la révolution culturelle qu’elle annonce mais je ne vois pas, en dehors de son patronyme, ce qui autorise la cohorte des commentateurs avisés de décréter que ce qu’elle dit n’a aucun poids. Pour autant, il ne s’agit pas de faire de l’angélisme à l’envers. « Sans doute y a-t-il encore au FN des gens qui confondent le refus des pratiques et le rejet des individus, l’assimilation et l’exclusion », écrivais-je par exemple dans le numéro 31 de Causeur – bizarrement, cela n’a pas retenu l’attention d’Ariane Chemin.

 

Diabolisation, cordon sanitaire et fariboles antifascistes

Il est donc vrai que la progression annoncée du Front national ne m’empêche pas de dormir parce que je ne pense pas qu’elle traduise une montée de l’intolérance. Cela dit, elle n’est pas non plus une bonne nouvelle dans la mesure où ce parti me semble parfaitement incapable de gouverner la France. En revanche, je suis convaincue que la diabolisation, le cordon sanitaire et autres fariboles antifascistes ont largement contribué à son ascension. Surtout, à la différence de Laurent Joffrin et de pas mal de monde, y compris à l’UMP, je ne crois pas que c’est en abordant les questions qui fâchent qu’on l’a fait passer de 12% à 20 % des intentions de vote, mais, au contraire, en poussant des cris hystériques pour qu’on ne les aborde pas, ce qui revient, selon l’expression d’Alain Finkielkraut, « à faire cadeau du réel au Front national ».

 

J’aimerais au passage qu’on m’explique pourquoi les angoisses exprimées par un certain nombre de nos concitoyens ne suscitent jamais la compassion et toujours la réprobation. Il est de bon ton d’affirmer, en ricanant ou en s’indignant, que le FN surfe sur la peur. Mais on ne se demande jamais si cette peur est, ne serait-ce qu’en partie, justifiée par la réalité. Etes-vous si sûrs, chers confrères, que ceux qu’inquiète la progression d’un islam identitaire ne manifestant pas aussi clairement que vous semblez le penser sa tolérance et son amour des autres cultures, ne sont que de petits blancs racistes qui ne méritent que des coups de pieds aux fesses et des leçons de morale ? Pourriez-vous jurer que l’immigration des trois dernières décennies n’a été qu’une chance pour la France ? Etes-vous prêts à affirmer publiquement que vous n’avez-vous-même jamais peur quand, dans un couloir du métro désert, vous vous trouvez nez à nez avec une « bande ethnique » ? Inscririez-vous vos enfants dans une école dont une partie des élèves – et des parents – refusent qu’on leur enseigne l’histoire de la seconde guerre mondiale ? Pouvez-vous sérieusement prétendre que, des Pays Bas à l’Allemagne, de la Suisse à l’Angleterre, les peuples européens sont devenus fous au point de céder à des craintes irraisonnées ?

 

Oserez-vous dire que depuis mon enfance très multiethnique à Epinay sur Seine, rien n’a changé ou plutôt, que si quelque chose a changé, c’est parce que nous avons collectivement cédé aux sirènes du lepénisme, discriminant à tour de bras ceux qui ne pratiquent pas la même religion que nous ? Ne voyez-vous pas, vraiment, ce qu’il y a d’indécent dans la comparaison que vous faites volontiers entre les musulmans d’aujourd’hui et les juifs d’hier ? Permettez-moi simplement de vous rappeler qu’on déniait aux seconds la possibilité d’être vraiment français alors qu’on aimerait seulement que les premiers le soient un peu plus.

 

Peut-on avoir d’autres idées que les vôtres sans être un salaud ou un idiot ?

Vous êtes convaincus que tout ça, c’est la faute au chômage. Je crois pour ma part, comme Hugues Lagrange, que les facteurs culturels jouent un rôle important dans la crise, sinon dans l’échec, de l’intégration d’une partie des Français issus d’une immigration récente. L’universalisme qui est au cœur de notre identité nationale nous a rendus incapables de penser les différences et plus encore d’admettre que nous ne pouvions pas vivre avec toutes les différences. Pour moi, si nous devons accepter tous les individus, nous avons le droit et même le devoir de refuser certaines pratiques parce que notre mode de vie, notre façon d’habiter le monde, les modalités qui nous permettent de concilier l’existence collective et la liberté de chacun, méritent d’être défendus. Peut-être ai-je tort de penser que tout cela est menacé par notre renoncement au modèle assimilationniste, par le délitement de l’école républicaine et aussi par le refus d’une minorité, qui prétend de surcroît, l’imposer à toute une « communauté » d’adopter la culture et les « mœurs » de son pays d’accueil. Cela fait-il de moi une « brouilleuse de repères », un « agent de notabilisation » (du lepénisme), comme l’affirme aimablement Ariane Chemin ? Vous est-il arrivé, au cours des vingt dernières années, de penser, ne serait-ce que pendant une minute, juste pour voir, que vous pouviez vous tromper ?
 

Contrairement à vous, je n’ai pas de certitudes. Il m’arrive souvent de me dire que j’accorde peut-être un poids excessif à ces problèmes qui taraudent une partie de la société. J’essaie, aussi honnêtement que possible, de me demander s’il n’entre pas dans mes convictions une part de préjugés, voire de xénophobie.

Il me semble en tout cas que ces questions mériteraient un véritable débat plutôt que les anathèmes que vous vous plaisez à lancer. Je n’attends pas de vous que vous tombiez d’accord avec moi. Est-ce trop vous demander, à vous qui faites profession de tolérance et qui affichez si volontiers votre amour des différences, d’envisager qu’on puisse avoir d’autres idées que les vôtres sans être pour autant un salaud ou un idiot, utile ou non ? Vous qui aimez tant l’humanité dans sa diversité, seriez-vous incapable de créditer votre adversaire d’une conscience, voire d’un peu d’intelligence ? Je me refuse à le croire. Car si c’était le cas, vous ne seriez pas responsables de la montée du Front national mais de la défaite de la pensée. C’est-à-dire de notre défaite à tous.

 

Elisabeth Levy

Causeur.fr

 

 

 

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15 mars 2011 2 15 /03 /mars /2011 11:20

 

Portraits de candidats, par Eric Seydoux 

 

Eva JOLY, un job de juge.

 

Eva JOLY, magistrat à la retraite, que rien ne prédisposait à une carrière politique, a rebondi chez les écolos en 2008, on ne sait ni pourquoi ni comment. Recrutée dans le cadre du scrutin de liste aux européennes, élue eurodéputée en 2009, elle a été propulsée en 2010 pour présenter sa candidature à la présidentielle pour le compte d’Europe Ecologie-les verts. Rien de moins.

 

On peut se demander ce qui a conduit à ce choix Daniel COHN BENDIT, ce vieux de la vielle de la politique, qui serait à l’origine de l’opération, alors que foisonnent au sein de la famille écologiste, sympathisants et militants de la première heure, aguerris, méritants et compétents, susceptibles de faire le job.

 

La question se pose d’autant plus que, si l’on connaissait les convictions de gauche de cette magistrate, en revanche, et jusqu’alors le nom d’Eva JOLY n’avait jamais été associé à celui de l’écologie.

 

Sa double nationalité a certainement séduit Dany l’européen, de même que le caractère atypique  de son parcours professionnel, qui l’a conduite à gravir tous les échelons de l’échelle sociale, de fille de pair jusqu’à la magistrature parisienne.

 

Mais c’est plus sûrement l’image positive du juge financier de l’affaire ELF, que le mouvement écologiste a cherché à capitaliser, en la proposant à ses électeurs, dans son offre électorale aux européennes.

 

Ce type d’opération est réalisée dans les mêmes termes avec les acteurs, les sportifs, les gens de télévision, que les mouvements politiques ont de tout temps cherché à utiliser pour des élections de proximité dans des scrutins de liste.

 

La présidentielle est toutefois d’une toute autre dimension. Le candidat est la pierre angulaire de toute aventure pour concourir à la magistrature suprême. C’est un homme ou une femme, qui incarne un programme, face à un peuple.

 

A programme identique, la configuration ne sera pas la même selon que l’on aura pour porter les idées écologistes, un Antoine WAECHTER ou un Daniel COHN BENDIT.

 

C’est dire, au-delà du projet, l’importance de la  personnalité et du talent que doit avoir l’impétrant.

 

Eva JOLY dispose-t-elle de ce « ce don particulier conféré par la grâce divine » qui transparaît dans l’expression, dans l’attitude et qui permet de voir se dégager de la personne qui en est pourvu, un certain charme, une certaine influence  que l’on appelle le charisme ?

 

A-t-elle cette image positive que confère la qualité de l’expression orale, l’art de savoir débattre, l’intelligence du propos improvisé ; a-telle ce que Bernard TAPIE a appelé de façon extrêmement triviale : « la gueule » ?   

 

Ce qui frappe au premier abord chez Eva JOLY, c’est l’harmonie parfaite qui se dégage entre son statut de retraitée et son look.

 

A 67 ans, elle apparaît physiquement, comme une femme lasse et sans entrain, dépourvue de ce que les sportifs appellent la niac, vraisemblablement émoussée par la vie professionnelle et les milles combats qu’elle a menés contre tous ces hommes politiques retors et leurs avocats pervers.

 

Son visage porte la marque de ces épreuves. Elle paraît triste à mourir, même quand elle sourit. Son image de juge d’instruction sévère et  impénétrable  lui colle à la peau, sans qu’on ait l’impression qu’elle cherche à s’en départir.

 

A cette première impression générale, s’ajoute une sorte de tic nerveux très agaçant, qui lui fait, sans cesse, crisper les lèvres, laissant apparaître tout autour d’elles, à chaque contraction, une multitude de petites rides du plus mauvais effet.

 

Ses célèbres petites lunettes rondes, épaisses et orangées, définitivement posées sur le bout de son nez, qui ont été longtemps la marque du magistrat financier que l’on a bien connu,   lui donnent aujourd’hui l’apparence pathétique de la retraitée recyclée, qui s’est trouvée un nouveau job.

 

L’expression orale ne  dément pas le personnage.

 

Elle parle d’une voix monocorde, juste audible, à laquelle vient se surajouter un accent nordique, vraiment handicapant pour ses auditeurs, qui doivent faire preuve de beaucoup d’attention. Ses phrases courtes et saccadées, accroissent encore cette difficulté et donnent une impression  générale plutôt peu agréable.

 

Pour compenser cette image, ou parce qu’elle n’a toujours pas réussi à sortir son esprit de son cabinet de juge, elle se montre, dès que l’occasion lui en est donnée, agressive, cassante, sans nuance, comme elle aurait pu  le faire avec ses mis en examen, qui n’avaient d’autre choix que de la subir.

 

Tant le parallèle qu’elle crut pouvoir faire entre Jacques CHIRAC et PINOCHET que le fait de se vanter d’avoir mis en examen Dominique  STRAUSS KAHN, que les piteuses mises au point qui ont suivi, sont assez peu glorieux.

 

Pas très à son aise en public, elle donne l’impression de s’être égarée au milieu d’un monde qui lui est étranger.

 

Elle se montre beaucoup plus sûre d’elle, hors de la présence de tout adversaire, le métier de juge lui ayant appris à disposer en sa faveur, de rapports de force déséquilibrés.

 

Plus habituée à questionner qu’à recevoir la contradiction, personne ne fut surpris de voir, à l’occasion d’un débat qu’elle a eu avec elle, Nadine MORANO n’en faire qu’une bouchée, se trouvant même obligée par moments de retenir ses coups, ayant  senti, en grande professionnelle, que le match étant trop inégal, il lui fallait, plus par habileté que par compassion, éviter le KO.

 

On ne voit vraiment pas en cette candidate, la tigresse qui fit trembler les politiques embourbés dans d’obscures affaires financières.

 

Novice en politique, peu préoccupée par la connaissance des adversaires à combattre, ceux au contraire qu’il convient de ménager, ceux qui seront demain des alliés, ceux qui ne sont plus des adversaires et qu’il est inutile d’accabler lorsque de plus ils ont avec eux une opinion publique favorable.

 

Eva Joly ne paraît pas consciente de ce que, à un certain niveau, la politique est un vrai métier, dans lequel l’amateurisme n’a pas sa place. Son passé professionnel ne suffit pas pour en faire un leader politique, non plus que le fait de s’être trouvée, sous la lumière des projecteurs, qui éclairaient des personnalités connues du grand public, qu’elle avait mis en examen.

 

COHN BENDIT à qui un journaliste demandait quel conseil il pourrait donner à Eva JOLY a répondu : « il faut qu’elle fasse disparaître son image de juge, au profit de celle de femme politique ».

 

Sage conseil. Mais le pourra-t-elle ? et que restera-t-il alors ?

 

 

Eric SEYDOUX  

 

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6 mars 2011 7 06 /03 /mars /2011 19:01

 

Portraits de candidats, par Eric Seydoux... 

 

Arnaud MONTEBOURG, dénonciateur public.

 

 

Sûr de lui, sûr de ce qu’il faut faire et de ce qu’il ne faut pas faire, grand donneur de leçons, sachant mieux que quiconque distinguer le bien du mal, le bon du méchant, l’honnête du malhonnête, il fonce droit devant lui, sans jamais se laisser effleurer par le doute, le verbe haut, rempli de ses convictions, de ses certitudes et de sa vérité.

 

Feignant de se maîtriser, il s’exprime toujours avec une colère rentrée, pour décrire des situations qu’il qualifie d’intolérables, d’ignobles, de scandaleuses, et dans la dénonciation desquelles il a acquis sa notoriété. Une sorte de dénonciateur public, y compris d’ailleurs de ses amis politiques ; la fédération des Bouches du Rhône du parti socialiste est en train actuellement d’en faire les frais. Sa voix est douce et trainante bien que ferme, son visage d’ange contraste avec les traits durs de ses lèvres, qui trahissent une intransigeance à la FOUQUIER TINVILLE.

 

Peu conciliant, il condamne, tout ce qu’il estime être déviance, dérapage, manquement, dans des jugements expéditifs et sans nuance. Avocat dans le privé, procureur en politique, il sanctionne, exclut, destitue,  sans état d’âme. Il a l’arrogance du bourgeois, l’assurance que procure le bien être, l’immodestie du parvenu.

 

Le culot est le secret de sa réussite, pas de complexe, outrecuidant au possible, beau causeur et beau gosse, ce quinquagénaire d’une élégance raffinée, servie par une décontraction naturelle, apparaît aux yeux de tous comme faisant partie des quadras du parti socialiste.

 

Sympathique pour ceux qui pensent comme lui, antipathique pour les autres, c’est une sorte de melting-pot entre Noël MAMERE et Jean-Luc MELENCHON.      

 

Ce n’est pas un doctrinaire, contrairement à l’impression qu’il donne. Pragmatique et éclectique, des projets pleins la tête, il a toujours une solution clé en main à proposer, pour régler chaque problème. Son programme s’intitule d’ailleurs: « Cent idées et le capitalisme coopératif. »

 

Sa grande ambition : la création d’une sixième République, qui serait une République idéale, mais qui à l’examen, n’est que le plagiat de la quatrième.

 

Il est vrai, à y regarder de plus près, qu’il y a chez cet homme un petit quelque chose de passéiste. Son éloquence toute radicale socialiste, sa verve surannée, la recherche d’une terminologie  précieuse, son admiration pour Edgard FAURE, son goût pour les grands déjeuners républicains et champêtres, font de lui un homme politique du siècle précédent. C’est le type de personnage que l’on aurait pu voir au lever du jour sur les prés, chemise blanche et pantalon noir, encadré d’hommes en noir et chapeaux hauts de forme,  régler ses comptes à la Gaston DEFERRE.

 

Candidat à l’investiture du parti socialiste, bien qu’il sache, même si d’aucuns lui reconnaissent une certaine prétention, qu’il n’a aucune chance.

 

C’est une candidature pour prendre date pour le court, le moyen et le long terme. Pour cette fois ci, il se contentera de se rallier à celui qui l’emportera aux primaires.

 

Ainsi, en cas de victoire il ne restera pas au bord du chemin. Il sera alors un Chevènement, prompt à la démission, ce qui cadrerait avec l’image qu’il veut donner de lui, ou bien, il rentrera dans le rang pour vivre benoîtement une douce vie ministérielle, ce qui correspondrait plutôt, selon ses adversaires,  à ce qu’il est réellement.

 

On ne voit toutefois pas très bien où il se situe vraiment, ni la plus value qu’il est susceptible d’apporter par rapport aux autres candidats. Le programme qu’il décline de temps à autres, à l’occasion de ses prestations télévisuelles, original et très personnalisé, fait plus penser à un programme de second tour de la présidentielle, qu’à celui d’un candidat au premier tour des primaires d’un parti.

 

Il a fait, comme l’on dit, le buzz à deux occasions, si l’on oublie la triste dénonciation des tribunaux de commerce, qui devaient, à raison de « leurs nombreux et graves dysfonctionnements » constituer le scandale du siècle dernier.

 

C’est indiscutablement la mise en cause de TF1 et de ses journalistes, faite off, ce qui a eu le mérite de la sincérité, et « l’ignoble injustice », dont sa compagne journaliste a été victime, au prétexte « fallacieux » qu’il était candidat aux élections primaires du parti socialiste.

 

Le premier évènement n’a pas eu l’air d’émouvoir plus que cela, le landerneau journalistique de notre bonne vieille France qui en a vu d’autres. Arnaud MONTEBOURG a été conforme à lui-même. Il a mis en cause avec une brutalité sans égal un grand média national, témoignant de son absence de mesure, assez inquiétante pour quelqu’un qui prétend vouloir jouer un rôle de responsable politique au plus haut sommet de l’Etat. 

 

Pour le second, avec sa compagne, ils ont reçu un unanime soutien de tout ce qui compte dans le paysage médiatique. Ils ont été déclarés grandes victimes du PAF, ce qui lui a apporté, à titre personnel, une grande jubilation intérieure, étant enfin à son tour, par compagne interposée,  la victime de l’une  de ces injustices qui jalonnent notre pays, et qu’il a tant dénoncées.

 

Cela lui a tout de même procuré l’avantage, ainsi qu’à sa compagne qui l’y a précédé, de passer chez Laurent RUQUIER dans son émission du samedi soir « On n’est pas couché ».

 

Même ZEMMOUR les a soutenus sans la moindre restriction.

 

Décision injustifiée, stupide, non fondée…attentatoire aux libertés, discriminatoire pour les femmes, injurieuse pour l’intégrité de la journaliste…a-t-on entendu de toutes parts.     

 

La mesure prise par l’employeur d’Audrey de la suspendre de son émission politique télévisuelle, serait donc une pure turpitude,  comme il vient d’être dit.

 

Mais en réalité, de quoi s’agit-il ?  

 

Des émissions sont produites sur de nombreuses chaînes de télévision, consistant à interroger des hommes ou des femmes politiques. A l’occasion d’une élection, le rôle du  journaliste, ou comme en l’espèce de la journaliste qui conduit les entretiens, est de poser des questions auxquelles des candidats vont devoir répondre. Ces émissions contribuent à forger l’opinion des téléspectateurs qui les regardent.

 

Selon les questions que le journaliste pose, selon la façon dont il les pose, l’intonation qu’il y met, l’ironie ou la gravité dont il peut faire preuve ; selon la manière dont il présente les faits qui sous tendent la question ou l’éclairage qu’il leur donne ; selon l’impertinence ou la bienveillance qu’il a à l’endroit de celui qu’il reçoit ; selon l’écoute dont il va faire preuve selon qu’il l’interrompe pour le contredire ou le laisse s’exprimer à loisir, selon les relances faites qui vont dans le sens de l’argumentation de l’invité  ou au contraire qui la contrarient, selon, selon, selon…le journaliste, même à son corps défendant,   va influencer   la qualité de la prestation, et peut influencer le téléspectateur.

 

La tenue d’une émission politique par la compagne -ou le compagnon- d’un responsable politique, lorsque des élections, auxquelles il est lui-même candidat se profilent, n’est pas une situation anodine.

 

Peut on en effet affirmer que la journaliste la plus honnête et la plus professionnelle qui soit, puisse questionner l’homme qu’elle aime, -ainsi qu’elle l’a elle-même qualifié- dans le cadre d’une épreuve de désignation à une élection majeure, sans que cela ne pose le moindre problème ni à elle-même, ni au média support de l’émission, ni aux téléspectateurs, ni aux autres concurrents, et que cela n’en posera pas plus lorsque ces derniers seront à leur tour, soumis à la question, sur le plateau de la compagne de leur adversaire ?

 

Si les politiques et les journalistes font de plus en plus bon ménage, l’amour qui les anime a une limite, la vertu.   

 

C’est étonnant qu’un Arnaud MONTEBOURG, grand pourfendeur devant l’éternel du conflit d’intérêt, n’y ait pas songé. Mais l’amour ne rend il pas aveugle ?

 

Eric Seydoux

 

 

 

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5 mars 2011 6 05 /03 /mars /2011 17:02

 

Le Figaro du 04 mars...

 

Le chef du gouvernement relativise les mauvais sondages à 14 mois de la présidentielle, et plaide pour un candidat unique de la droite et du centre en 2012

LE FIGARO. - Les mauvais sondages se multiplient. La cote du président est au plus bas. La droite peut-elle encore gagner en 2012?

 

François FILLON. - Primo, si loin de l'élection, les sondages se sont toujours trompés. Deuxièmement, nous venons d'affronter une crise économique et financière mondiale, une crise monétaire qui a failli mettre l'euro par terre. Les révolutions qui se déroulent sur la rive sud de la Méditerranée sont porteuses de grands espoirs, tout en comportant des risques pour la croissance et la prospérité de nos pays. Il n'y a rien d'anormal à ce que le gouvernement soit dans une situation difficile. La gauche veut nous attirer vers le débat électoral de 2012, alors que les Français attendent que nous continuions à gouverner sérieusement et le plus longtemps possible. Fiscalité, justice, dépendance, nous poursuivons les réformes. Nous n'aurons pas à rougir de notre bilan. Et, à l'automne 2011, quand nous entrerons dans le débat de la présidentielle, la confrontation des projets nous sera favorable.

 

Nicolas Sarkozy est-il le seul candidat possible à droite?

Non seulement il est le seul, mais il est le meilleur candidat possible. Il n'y a pas l'ombre d'un doute. C'est lui qui rassemble le plus largement possible la majorité. Et il pourra faire campagne sur la crédibilité. Toute autre candidature serait une candidature de division qui ouvrirait un boulevard à la gauche.

 

Vos relations avec le président sont passées par des hauts et des bas. Comment les qualifier aujourd'hui?

Je les ai toujours qualifiées d'excellentes. En quatre ans, nous avons tous les deux appris à nous connaître et nous travaillons dans une atmosphère extrêmement confiante. Bien sûr, comme dans tout mariage, il peut y avoir des nuages. Mais, dans l'histoire récente, vous ne trouverez pas beaucoup de couples exécutifs qui aient fonctionné aussi longtemps et aussi bien.

 

On vous a qualifié d' «hyper premier ministre» puis vous êtes apparu en retrait , Alain Juppé étant décrit comme un «premier ministre bis»…

Quand donc allez-vous vous lasser de ces formules vides de sens? Je n'ai jamais cru un instant à ce qualificatif d'«hyper premier ministre» qui est contraire à toute l'histoire de la Ve République. Quant à Alain Juppé, c'est une grande chance de pouvoir s'appuyer sur son expérience et sa compétence.

 

Michèle Alliot-Marie a dû quitter le gouvernement après ses vacances tunisiennes. Vous-même avez été critiqué pour vos vacances égyptiennes . Quelles conclusions tirez-vous de ces polémiques?

Je me suis expliqué sur ces vacances en Égypte. Ce séjour s'est effectué selon les règles qui valent pour les déplacements des premiers ministres. Dans le cas de Michèle Alliot-Marie, il n'y avait rien d'illégal, mais l'enchaînement de ses prises de parole a rendu sa voix inaudible. Avec le président, nous en avons tiré les conséquences, sans plaisir. L'intérêt de la France était en jeu à un moment où l'on a plus que jamais besoin d'être présent dans les pays de la rive sud de la Méditerranée.

 

Un candidat centriste serait-il utile à Nicolas Sarkozy pour le deuxième tour de la présidentielle?

Je suis clairement en faveur d'une seule candidature de la droite et du centre. S'il y avait des différences idéologiques, pourquoi pas, mais où sont-elles? Aujourd'hui la politique conduite par le chef de l'État est à équidistance des trois familles politiques qui composent l'UMP, gaullistes, libéraux et centristes. Souveraineté nationale, compétitivité et solidarité, Europe politique: ce sont là nos valeurs communes.

 

Et François Bayrou?

François Bayrou n'est pas dans la majorité présidentielle. Son positionnement consistant à emmener ses amis centristes vers la gauche a été une erreur. S'il souhaite établir un dialogue avec la majorité, nous y sommes prêts.

 

Êtes-vous prêt au même dialogue avec Dominique de Villepin?

Sa candidature serait une candidature de division supplémentaire, dangereuse pour la famille politique à laquelle il appartient. Faut-il lui tendre la main? Il faut toujours tendre la main… Simplement, il faut que la probabilité qu'il tende la sienne existe.

 

À l'UMP, Jean-François Copé a lancé beaucoup de débats (TVA sociale, 35 heures, laïcité). Le moment n'est-il pas plutôt à l'action qu'au débat?

Un parti a vocation à organiser des débats pour faire émerger des idées. Le chef du gouvernement a vocation à rassembler la majorité et à prendre des décisions pour résoudre les problèmes qui se posent au pays. Chacun est dans son rôle.

 

Que vous inspire le débat sur la laïcité ?

Il n'est pas anormal de réfléchir à des évolutions pour faire en sorte que la liberté de culte, le respect des règles du pacte républicain soient une réalité. Réfléchir ensemble à la manière d'apporter un soutien à nos concitoyens de confession musulmane pour qu'ils puissent se doter de lieux de culte est un débat utile, nécessaire et qui honore notre pays. L'absence de culture française de certains imams est aussi un problème.

Lorsqu'il était ministre de l'Intérieur, Nicolas Sarkozy avait mis en place une formation pour les imams. Il faut développer cette expérience positive et regarder comment certaines universités publiques pourraient s'engager dans cette voie. Nous devons veiller à ce que chacun respecte le pacte républicain car certaines dérives ne sont pas acceptables. La société française doit aborder ces questions sans tabou mais sans stigmatiser qui que ce soit.

 

À l'issue de ce débat, préconisez-vous une loi?

Je ne vois pas la nécessité d'une loi. Par exemple, la question des prières dans la rue doit se résoudre d'abord par une offre de lieux de culte.

 

À gauche, quel serait le candidat le plus «coriace» face à Nicolas Sarkozy?

On est dans un pays où le rapport droite-gauche est presque équilibré. Quel que soit le candidat qui représentera la gauche, il sera redoutable.

 

Que vous inspire l'avant-projet de Martine Aubry ?

Ce que j'en ai lu est désespérant, tellement il est éloigné des réalités économiques! On pouvait espérer que la longue période d'opposition traversée par le PS l'aurait amené à s'ouvrir aux réalités. Le PS se caractérise aujourd'hui par ses outrances: Martine Aubry a osé comparer le président de la République à l'escroc Bernard Madoff! Et les Jeunes Socialistes le comparent à Hitler! Le débat politique est rude mais est-on obligé de s'abaisser à ce niveau pour gagner les élections?

 

Que vous inspire le procès de Jacques Chirac ?

Le chef du gouvernement ne fait pas de commentaires sur les procès en cours. Je dirai simplement mon affection pour Jacques Chirac. Je suis triste qu'on lui impose cette épreuve.

 

 

 

 

Vous êtes à Matignon depuis quatre ans. Vous arrive-t-il d'avoir en­­vie de poser votre sac ?

Non. La succession de crises qu'on vient de connaître rend les choses plus difficiles mais aussi la mission plus exaltante. Je ne dis pas que, de temps en temps, je n'aimerais pas retrouver une vie normale. Le plus déroutant, c'est de se dire que, depuis quatre ans, je n'ai jamais passé un instant seul. Mais je n'ai jamais compris ceux qui disent que Matignon est «un enfer». C'est peut-être une question de caractère. J'essaie toujours de prendre du recul par rapport à l'actualité immédiate. J'essaye de ne jamais être prisonnier de l'urgence.

 

Le Figaro

 

 

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23 février 2011 3 23 /02 /février /2011 08:47

 

Evolution des opinions positives concernant Nicolas Sarkozy.  La moyenne est établie à partir de la publication régulière de  9  enquêtes. 

 

 

 

                                       AVRIL    MAI   JUIN   JU/AO   SEPT   OCT   NOV       DEC 

Sofres Figaro                          30        28        26      30          26         26         24          24

Opinion Way Metro               31        36        32      30          34        30        32             33

Ipsos Le Point                        32        36        35      34          34        31        30            35    

BVA Orange Express             40        36        36      33         32        30        34             33    

IFOP JDD                              31        33        34      36          32        29        32            31    

LH2 Nouvel Obs                   38        36        37       33         34         34        35            35

IFOP, Paris Match                 33        34        35       35         38       35        36             36

Via voice Libération              35        38        34       34         34        34        32              35  

CSA Le Parisien                    34        37        34       34          32      31         32             34              

 

 

Moyenne                               33,8     34,9     33,7     33,2       32,9  31,1      31,9        32,9

 

                                              

                                           JANV   FEV  MARS   AVRIL  MAI  JUIN  JUIL-AOU  SEPT             

 

Sofres Figaro                         27        24                                                                 

Opinion Way Metro               30        34              

Ipsos Le Point                        33        34

BVA Orange Express             34        30

IFOP JDD                              30        31                              

LH2 Nouvel Obs                    36        38                   

IFOP, Paris Match                  34        34                  

Via Voice Libération               34       30

CSA Le Parisien                     34        31                  

 

Moyenne                                32,4     31,8

 

 

Aucun commentaire particulier…Sinon que la situation internationale et les polémiques  sont venues  bousculer une tendance qui se remettait à devenir favorable. Cela changera.

 

Marc d’Héré

 

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21 février 2011 1 21 /02 /février /2011 15:36

 

Portraits de candidats, une série d'articles d'Eric Seydoux...

 

Aujourd'hui:

 

Dominique STRAUSS KAHN, l’expatrié. 

 

On le croyait bon à mettre au rancart, après avoir été écrabouillé par la Ségolène aux dernières primaires socialistes, d’autant qu’il avait ensuite trouvé un super job à l’international, plus de soucis, plus d’embrouilles foireuses, plus de Solférinos débiles, sa seule ambition, alors,  tenir le plus longtemps possible et se faire oublier.

 

Et puis patatras ! Les sondages ! Et le voilà payer le prix de son absence, de son silence et de son indifférence. Quand on ne dit rien, on en dit encore trop. Un vieux routier de la politique comme lui, aurait dû le savoir. Et du coup, sans n’avoir rien demandé à personne, le revoilà sur le chantier. Bon, tant pis, ce qui est fait est fait.   

 

N’empêche, vous avez vu le bonhomme ?  Un vrai rouleur de mécaniques, démarche chaloupée, râblé, costaud comme pas deux, sourire en coin, quelle assurance, quelle prestance, quelle superbe ! Bien, très bien, impeccable. Tout y est. A ses côtés, sa vedette de femme, super sapée, embijoutée comme il se doit, toute souriante elle aussi. Rien à dire, un vrai couple de magazine.

 

Et puis, quel professionnalisme, un as de la communication. Son truc : ne rien dire, ne pas parler, ou parler pour ne rien dire, en anglais ou en français, avec ou sans traducteur, peu importe, c’est ça qui paie, ne rien dire. C’est à Marrakech  qu’il a appris ce proverbe arabe  « tout ce qui sort de ta bouche servira à ton ennemi », il en fait désormais sa devise : être vu partout mais ne rien dire

 

Il a atterri en France vendredi, Il restera trois jours pleins. Oui, mais pas pour ce que vous croyez, il est là pour l’international. Il sera injoignable même pour ses partisans. C’est sûr.

 

Ah mais attendez ! J’oubliais ! Avant de partir, l’air de rien, il va  passer au 20 heures d’Antenne 2 dimanche soir. Pour quoi faire ? Cette question ! Pour parler bien sûr, pour parler ! Peut-être même, selon certaines sources, qu’il dira quelque chose.

 

Il a parlé ! Mais qu’a-t-il dit ?

 

Ce la n’a pas grande importance, vous l’avez vu comme moi, c’est vraiment la grande classe ! Ce n’est pas étonnant qu’il casse la baraque ! Ce n’est pas étonnant que les français aient annoncé aux sondeurs qu’ils voteraient pour lui, comme ils le firent, un an avant l’échéance, pour GISCARD, pour BALLADUR, pour JOSPIN, pour ROYAL… Et en plus, il n’a même pas encore dit que cela l’intéressait, alors imaginez quand il le dira. « Aujourd’hui je dirige le FMI, la tâche m’occupe à plein temps, je n’ai rien d’autre à l’esprit. » En attendant, allez y, gazettes, hebdos, magazines, portez les enchères : 50%, qui dit mieux, 54, 58, 65 !!!...Rien ne va plus…

 

Allons, cessons de tourner autour du pot, ira ou n’ira-t-il pas ? C’est cela la question, la seule véritable question, pas l’emploi, pas la sécurité, pas l’immigration et toutes ces balivernes. La seule question qui intéresse les Français selon tous les hebdomadaires, est celle de savoir s’il va y aller. Quel suspense !

 

Les sondages sont pour. A l’exception du papa de Martine, personne ne leur a jamais résisté et il a avoué ne pas y être insensible.

 

Il se rend bien compte que directeur du FMI, malgré tous les avantages, ce n’est pas toujours très marrant, même si Nicolas SARKOZY, a proposé au G20, de « rehausser » la fonction. Il est  une sorte de trésorier payeur ambulant qui ne décide de rien de par lui-même, ni de ce qu’il fait, ni de ce dit, ni de ce qu’il pense, ni même des décorations qu’il reçoit de BEN ALI.

 

Anne Saint Clair, avec qui il prend ses décisions, en a soupé des voyages, elle l’a déclaré à l’EXPRESS. Elle veut rentrer à Paris, elle ne souhaite pas que son mari fasse un deuxième mandat. Lui-même a confié au Parisien, « que la France lui manque comme elle manque à n’importe quel expatrié. »

 

L’alternative est désormais simple, rentrer au pays pour prendre une retraite bien méritée, ou se lancer dans la course à la présidence.

 

A ce niveau, la nostalgie du pays tant aimé a tout de même ses limites.   

 

Eric SEYDOUX (Le 20 février 2011)                                                                                

 

 

 

 

 

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11 février 2011 5 11 /02 /février /2011 08:43

 

le jdd.fr du 11 février...

 

La minute de vérité

  • Benjamin Bonneau, chef d’édition au JDD.fr  S'il a assuré que "pas un centime d’argent public n’a été dépensé", Nicolas Sarkozy a admis que "si on en avait parlé avec MAM, on aurait convenu que c’était pas la meilleure idée d'aller" en Tunisie.
  • Jérôme Guillas, chef d’édition au JDD.fr  La première, où tout était dit. La thématique de la sécurité, arme électoraliste, brandie d’emblée, absence contradiction et déroulé de la parole présidentielle, bue au calice par Pernaut et le panel.
  • Laurent Guimier, éditorialiste numérique  En début d’émission, il a raconté comment la famille d’accueil de Laëticia lui avait demandé de donner "sa parole d’honneur" de ne pas laisser le crime impuni. Premier… et dernier moment d’émotion.
  • Bruno Jeudy, chef du service politique  "Je m'inscris dans le long terme qui est le temps du président de la Republique" (a propos du chômage).
  • Nicolas Prissette, journaliste politique  Le récit par le Président de sa rencontre avec les parents adoptifs de Laetitia Perrais a constitué un moment fort de la soirée. Emotion, réaction politique, décision, c'est une marque de fabrique du Président qui a une nouvelle fois fonctionné.

Le style

  • Benjamin Bonneau  Sérieux, calme et appliqué, Nicolas Sarkozy a cherché à travailler son image de président protecteur. Mais aussi de futur candidat, multipliant les promesses et les annonces.
  • Jérôme Guillas Pas forcément convaincant mais convaincu. En tout cas suffisant pour un prime time de TF1 face à un panel docile. Côté langage, le "je suis stupéfié" n’aura pas convaincu les grammairiens.
  • Laurent Guimier Un chapelet d’exposés souvent arides, un tempo très lent, beaucoup de temps passé sur la retraite, les aînés ou Alzheimer… Jeudi soir, le Président a d’abord parlé à la France des cheveux blancs.
  • Bruno Jeudy Nicolas Sarkozy a puise dans le registre pédagogique pour convaincre ses interlocuteurs. Il s'est applique a être calme, a éviter les dérapages, s'excusant, s'exprimant lentement. Mais l'ensemble a donne l'impression d'une succession de monologues un peu ennuyeux.
  • Nicolas Prissette  Sobre et posé. Sans réel contradicteur, Nicolas Sarkozy a poursuivi la "représidentialisation" de son image, appuyant son sérieux avec force chiffres et exemples étrangers.

Le moment le plus convaincant

  • Benjamin Bonneau  Pour faire revenir les médecins dans les zones rurales, le chef de l'Etat souhaite rémunérer davantage ceux qui s'installeraient "dans un département où il n'y a pas assez de médecins".
  • Jérôme Guillas  Une consultation pour sonder le malaise des magistrats. En référence à l’affaire d’Outreau, Sarkozy a lancé: "Quelle a été la sanction pour le juge? Une réprimande avec inscription au dossier."
  • Laurent Guimier Prenant l’opinion à témoin, il a rappelé l’exemple du juge Burgaud, objet d’une simple "réprimande" de la part de ses pairs après l’affaire d’Outreau. Bien joué dans son face-à-face avec les juges.
  • Bruno Jeudy  Face à l'enseignante mécontente de la "dégradation du système scolaire", Sarkozy ne se dérobe pas. Il assume franchement à la télévision la rigueur et le non remplacement d'un prof sur deux.
  • Nicolas Prissette  Sur la future réforme de la dépendance, le chef de l'Etat a avancé. Il a évoqué "un panier de financements", entre assurance, CSG, recours sur succession et suppression d'un jour férié. Cela montre que la réflexion de l'Elysée progresse alors que les grandes décisions semblaient devoir attendre 2012.

Le flop

  • Benjamin Bonneau  Pour lutter contre la délinquance, Nicolas Sarkozy a annoncé une hausse des caméras de surveillance, citant l'exemple de la Grande-Bretagne, alors que leur efficacité est très critiquée Outre-Manche.
  • Jérôme Guillas  L’échec du multiculturalisme. "On s'est trop préoccupé de l'identité de celui qui arrivait et pas assez de l'identité du pays qui accueillait". L’axe Paris-Londres-Berlin est formé.
  • Laurent Guimier "Employer une femme, ça peut être une chance aussi!". Un bel acte manqué au cœur d’un exercice plutôt maîtrisé sur le fond, et qui a chatouillé les oreilles des téléspectateurs les plus féministes.
  • Bruno Jeudy  Ses explications sur les voyages de Fillon et MAM. Il justifie celui du Premier ministre au nom d'une attitude courante et passe sous silence l'avion du milliardaire tunisien, ami de la ministre des affaires étrangères.
  • Nicolas Prissette Sur l'industrie, qui concentre les pertes d'emplois, Nicolas Sarkozy n'a tracé aucune perspective. Il a fustigé de nouveau les 35 heures et rappelé la réforme de la taxe professionnelle et la détaxation des heures supp. Un regard davantage dans le rétroviseur que vers l'avant.

La note générale

  • Benjamin Bonneau  5,5/10
  • Jérôme Guillas  4/10
  • Laurent Guimier  6/10
  • Bruno Jeudy  6,5/10
  • Nicolas Prissette 5/10

 

Le JDD.fr

 

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