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Contact: marcdhere.mdh@gmail.com 

 RECONQUÊTE est un  mouvement en construction. Ce n'est pas un parti politique, mais un Cercle de Réflexion et d'Action, ouvert à tous ceux, à quelque parti qu'ils appartiennent, ou sans parti, qui se reconnaissent dans ses valeurs et  principes. La Responsabilité et l'équivalence entre droits et devoirs à tous les niveaux,  le libéralisme économique,  la solidarité,  le choix d'une évolution réaliste et progressive dans le social et le sociétal,  l'Europe... 

 

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29 juillet 2010 4 29 /07 /juillet /2010 08:06

 

L'  intervention que j'avais faite  lors de la journée nationale de La Gauche Moderne du 29 juin 2008...Deux ans plus tard, j'aurais bien peu de choses à y changer...

 

 

 Avec La Gauche Moderne, nous avons fait, il y a un an,  le choix de nous engager dans  la majorité présidentielle, et, malgré les difficultés du temps, malgré les « couacs », les maladresses ou les erreurs commises,  nous le confirmons, clairement.

 

Si nous avons fait ce choix, pas forcément évident pour des citoyens  à la sensibilité de gauche, c’est parce que l’on pensait (et on le pense toujours) que Nicolas Sarkozy serait capable, plus capable certainement que la gauche et les socialistes, de faire aboutir les réformes dont la France et les Français avaient besoin, de mener les politiques qui nous paraissaient nécessaires.

   

C’était :

 

La réforme d’un Etat, qui doit se  centrer sur ses missions essentielles, limiter ses  dépenses pour nous permettre de  retrouver des marges de manœuvre, notamment sociales,

 

la réforme des services publics comme l’éducation ou la santé que nous voulons tout à la fois, plus autonomes, moins coûteux et plus efficaces,

 

la réforme des retraites, dont nous savions qu’elle était difficile mais inéluctable,

 

le développement économique, condition de la solidarité, en favorisant l’initiative et la responsabilité, en  jouant le jeu d’une concurrence égale et loyale, en facilitant les partenariats public/privé,

 

une politique sociale capable de  cibler ses priorités, et qui loin d’une assistance démobilisatrice permette une égalité des chances ou mieux une   « égalité des possibles ».Une politique sociale qui soit un tremplin avant d’être si nécessaire un filet de sécurité,

 

une politique pour l’emploi qui réponde aux exigences de la flexisécurité, action emblématique du social-libéralisme, en permettant la liberté des entreprises et la sécurité  des salariés (et vice versa…),

 

une relance de l’Europe….

 

Il nous est apparu que ces changements, la gauche était dans l’incapacité de les réaliser, et que seul Nicolas Sarkozy pouvait y parvenir.

 

Nous en avons clairement pris conscience, la réforme a changé de camp.

 

La gauche ne peut pas faire les réformes que nous envisageons et elle ne le pourra pas. Non pas parce que ses leaders seraient moins intelligents ou moins imaginatifs que les autres, mais parce que la situation politique dans laquelle elle se place le lui interdit.

 

            D’abord parce que la majorité de ses militants, comme  sa clientèle politique (fonctionnaires et employés) craignant d’être les principales victimes du changement, s’accrochent à leurs statuts ou à leurs  droits acquis. La gauche, qui n’a jamais fait vis-à-vis d’eux la pédagogie nécessaire et a toujours choisi la défense de ces situations acquises ne prendra certainement pas le risque de les inquiéter et de perdre leur vote.  C’est la première raison. 

Ensuite parce que la gauche socialiste a impérativement besoin au 2ème tour, des voix du PC, des verts extrémistes, et même de celles l’Extrême Gauche…Or ces électeurs n’accorderont JAMAIS leur soutien à un parti qui se prononcerait pour des réformes économiques et sociales  telles qu’indiquées ci-dessus. En aucun cas. Soyons- en persuadés, malgré ses gesticulations, la gauche ne choisira pas, ne pourra pas choisir la réforme.

 

Alors, oui, la réforme a changé de camp. Non pas qu’elle soit passée à droite ; la droite traditionnelle, la vieille droite réac ou Gaullo- Chiraco-Villepiniste, n’en veut pas non plus (et on voit les difficultés que rencontre le gouvernement avec une partie de l’UMP), mais la réforme est représentée aujourd’hui par  Nicolas Sarkozy, soutenu par les réformateurs, les modernistes, les sociaux libéraux. 

 

 Nous le  soutiendrons d’autant mieux (et d’autant plus facilement) que les  réformes   répondront  à la définition qu’a toujours donnée Jean-Marie Bockel de ce qui est au cœur de nos choix et de notre action: LA REFORME JUSTE, c'est-à-dire à la fois efficace, équitable, solidaire.

 

Défendant cette conception de la réforme et du changement nous faisons non seulement un choix éthique, un choix militant  de gauche, nous faisons aussi  celui de l’efficacité.

 

On le sait, les réformes ne sont acceptées, et ne produisent vraiment leurs effets  que quand elles sont justes, ou, ce qui revient au même, quand elles sont ressenties comme telles.

 

Or, disons-le, ce n’est pas tout à fait le cas aujourd’hui où existe et se répand dans l’opinion le sentiment que les riches ne contribuent pas assez. Plus ou moins vrai, plus ou moins faux, en tous cas le sentiment que seules les classes moyennes ou les défavorisés sont mis à contribution et que les plus aisés sont épargnés, se répand. 

 

Il faut changer cela, il faut  donner un signe fort et visible.

 

Il faut faire admettre par le Président, le gouvernement, la majorité, (et Jean-Marie Bockel,  avec l’appui de La Gauche Moderne, est, avec d’autres, bien placé pour cela),… de prendre des mesures financières et fiscales, qui touchent les plus aisés, qui fassent clairement contribuer les plus riches à l’effort commun. On peut proposer deux types de mesures: la taxation des stock options, et la limitation des niches fiscales.

 

L’action de La Gauche Moderne en faveur de la Réforme juste se déploiera alors  de deux manières :

 

Pour le  court terme en obtenant que soit décidée cette nécessaire contribution financière  et visible des plus aisés aux efforts de tous. 

 

Pour  le moyen terme en travaillant sur les réformes à venir, en  faisant  des suggestions, des propositions afin d’obtenir qu’elles soient les plus justes et les plus solidaires possibles.

 

Agissant dans ce sens, nous serons fidèles à notre idéal de gauche mais nous serons  aussi les meilleurs soutiens de Nicolas Sarkozy et de ses réformes, qui sont aussi les nôtres, parce qu’on leur  aura permis d’être acceptées.

 

Oui,  La Gauche Moderne  soutient l’action du Président de la République et elle la soutient d’autant mieux qu’elle veut, en la rendant plus juste, plus équitable, plus solidaire lui donner toutes les chances d’être acceptée et donc de réussir.

 

Marc d’Héré

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25 juillet 2010 7 25 /07 /juillet /2010 12:20

 

Rappel de ce texte, qui peut être aussi une conclusion au dossier de la présidence de la République, sur les actions et les réformes entreprises en seulement trois ans...

 

 

Trois ans après l'élection de Nicolas Sarkozy à la Présidence de la République française, l'heure n'est pas au bilan. Face à la crise dont les effets perdurent, le temps demeure résolument à l'action. Le président de la République a été élu pour cinq ans par les Français. Ce n'est qu'au terme de ces cinq années qu'un bilan complet pourra être tiré. Il reste encore près de deux ans de travail au gouvernement et à la majorité pour tenir tous les engagements pris en 2007.

 

Cependant, après trois années de travail au service des Français, il est utile de détailler, pour chacun des objectifs principaux de l'action du chef de l'État, les réformes engagées, les résultats obtenus, ceux qu'il reste à obtenir et les nouveaux chantiers à venir.

 

Les Français ont élu Nicolas Sarkozy sur la base d'un programme clair, complet et précis. Pour le chef de l'État, il fallait « tout dire aux Français avant, pour pouvoir tout faire après ». Ce projet de Nicolas Sarkozy s'appuyait sur un diagnostic approfondi des difficultés, des injustices mais aussi des espoirs de la société française. Au terme d'une élection présidentielle marquée par une participation sans équivalent, ce projet a reçu le soutien d'une majorité très nette de nos compatriotes.

 

Jusqu'à ce que la crise financière éclate à l'été 2008, toute l'énergie du gouvernement et de la majorité a été tournée vers la mise en œuvre des priorités inscrites dans le projet présidentiel: restaurer l'autorité, réhabiliter le travail et replacer la justice au cœur du modèle français. Ce respect de la parole donnée aux Français constitue une rupture très profonde avec les pratiques antérieures: Nicolas Sarkozy est toujours resté fidèle à ses engagements de campagne.

 

Au second semestre 2008, face à la récession la plus grave que le monde et la France aient connue, l'ordre des priorités a dû être modifié. Naturellement, face aux périls qui nous menaçaient, la priorité a été donnée à la lutte contre la crise et à la limitation de ses effets les plus néfastes pour nos concitoyens. L'action du chef de l'État a d'abord consisté à engager l'État dans un soutien massif, sans précédent et indispensable à l'économie française.

 

Sur l'initiative de Nicolas Sarkozy, la France a, ensuite, pris la tête d'une vaste mobilisation européenne et internationale au sein du G20. Il était impératif de coordonner les efforts de relance pour consolider la perspective d'un retour de la croissance. Et il était tout aussi crucial de progresser, enfin, vers une véritable régulation du capitalisme financier.

 

À ce jour encore, sortir notre pays de la crise demeure la priorité absolue de l'action du Président. Pour autant, aucune des réformes annoncées n'a été différée. Dans la crise et malgré elle, les engagements de Nicolas Sarkozy ont continué à être mis en œuvre.

 

Dans la crise, les valeurs de travail, d'autorité, de responsabilité sont demeurées les valeurs essentielles du gouvernement. Dans la crise, certaines réformes ont même été accélérées, notamment les plus nécessaires à l'attractivité de notre territoire et à la préparation de l'avenir. Car c'est lorsque les temps sont les plus durs, qu'il faut travailler le plus ardemment au rebond à venir.

 

Il ne saurait être question ici de manifester la moindre autosatisfaction. La crise n'est pas terminée. Qui pourrait s'estimer satisfait alors que le chômage ne recule pas encore? Qui pourrait songer à relâcher les efforts, lorsque les conséquences de la crise fragilisent des pans entiers de notre protection sociale comme les retraites? Qui pourrait imaginer revenir au monde d'avant, lorsque les déficits publics creusés par les pertes de recettes menacent de faillite des pays voisins et amis? Partout, le travail à accomplir reste immense.

 

Mais il ne saurait être question non plus d'ignorer le chemin parcouru depuis trois ans, d'oublier les nombreuses réformes déjà accomplies ou de négliger les progrès déjà obtenus. Ignorer que la France a déjà changé, ce ne serait pas rendre justice aux Français des efforts importants qu'ils ont déjà faits.

Or, la justice est plus que jamais au cœur de l'action du président de la République. C'est elle qui guidera demain les réformes indispensables qui restent à accomplir, à l'instar de la réforme des retraites. C'est la justice, enfin, qui appelle désormais une mobilisation totale du gouvernement, de la majorité et des pouvoirs publics, pour mettre à la disposition des Français, dans les mois à venir, les résultats attendus et partager avec eux le fruit des efforts patiemment engagés depuis trois ans.

 

 

  A lire sur le Site de la  Présidence de la République

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21 juillet 2010 3 21 /07 /juillet /2010 08:31

 

 

Extrait de l'ouvrage "Plus belle la Gauche- Pour une gauche moderne", de Marc d'Héré et Gilles Casanova...

 

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La révolution technologique des dernières décennies et la mondialisation des échanges ont profondément transformé notre environnement, nos modes de production et de consommation, nos conditions de vie. Une société à dominante industrielle composée de grandes masses homogènes a progressivement laissé place à une société, hétérogène, fragmentée, une société dominée par les services et les activités du savoir, où les choix, les besoins et les attentes s’individualisent, où la concurrence s’exacerbe, où les liens sociaux se distendent. D’une société relativement stable et aux évolutions progressives et prévisibles pour chacun, on est passé à une société déconcertante, mouvante et précaire. Cette mutation mal comprise et mal appréhendée, l’affaiblissement des repères et des encadrements collectifs traditionnels sans qu’aucun autre ne se soit imposé, la perte d’énergie d’une démocratie insuffisamment participative, sont la source d’un malaise collectif et provoquent des déséquilibres que sont venus aggraver, en France, l’absence depuis 20 ans de projet politique mobilisateur, le maintien d’une organisation administrative ankylosée, dont plus personne ne sait à quoi elle sert mais dont tous ressentent combien elle nous coûte, la persistance d’inégalités injustifiables et une situation économique qui ne s’améliorait plus durablement – avant même la crise mondiale. Le sentiment d’abattement, la morosité, le retrait civique qui en résultent, ou à l’inverse le recours à la violence, nous contraignent à rechercher des solutions qui, nous le savons bien, ne peuvent être celles d’hier.

 

La gauche, ontologiquement préservée des dérives ultra-libérales, qui s’est longtemps voulue acteur du progrès et s’est toujours prétendue attentive aux exigences de justice et de cohésion sociale, aurait pu et dû mieux que d’autres incarner ce changement nécessaire, et en proposer les voies. A la différence d’une grande partie de leurs homologues européens, les socialistes français n’ont pu, et ne pourront sans doute pas davantage dans l’avenir, remplir ce rôle. La vision du monde qu’ils délivrent à l’usage de leurs électeurs, se cantonne à la diabolisation d’un capitalisme jugé intrinsèquement et définitivement « mauvais » – sans indiquer en rien les voies d’une nouvelle façon de produire les richesses – au refus de toute modernisation d’essence libérale qu’ils qualifient systématiquement de régression ultra-libérale et à un hypocrite et illusoire discours de résistance à la mondialisation auquel jamais aucun acte, durant les périodes ou ils ont été aux affaires, n’a donné consistance. Encore marqués par le sentiment que la gauche ne peut se rassembler ou attirer les suffrages que par une référence à la culture marxiste, enfermés dans les dogmes d’un programme socialiste qui renvoie à un monde qui a cessé définitivement d’exister, écartelés entre un réalisme économique sans souffle lorsqu’ils sont aux affaires et un alter mondialisme spontané lorsqu’ils sont dans l’opposition, ils brandissent les recettes de la social-démocratie d’hier, où le recours à l’assistance et à l’accroissement continu de la dépense publique faisait figure de baume universel, et ne peuvent offrir la moindre perspective. A regarder l’avenir dans le rétroviseur on ne fait que ressusciter un fantôme, celui de l’économie administrée. L’archaïsme des militants rassemblés sur ces bases et qui ne se renouvellent plus guère, la peur du changement exprimée par leurs électeurs issus de la fonction publique vis-à-vis desquels ils n’ont jamais fait œuvre de pédagogie, leur regards de Chimène pour la gauche protestataire dont ils évitent de trop s’éloigner pour ne pas perdre son soutien au second tour des élections, leur interdisent toute proposition novatrice et réaliste, les condamnent à l’immobilisme. Révolutionnaires il y a 40 ans quand toute la gauche européenne était sociale démocrate, les socialistes français se sont, sans le dire et avec un remords qu’ils ne peuvent dissimuler, convertis à une social-démocratie qui a épuisé ses capacités de création et d’innovation,  à l’heure où leurs homologues sont devenus sociaux libéraux. Toujours en retard d’une guerre et d’une idée, à moins qu’ils n’aient jamais été sincères dans leurs proclamations et ne le soient pas davantage aujourd’hui, ils sont engagés sur le chemin d’un déclin qui pour être lent n’en n’est pas moins inéluctable.

 

Face à cette gauche archaïque et nostalgique, réduite à la protestation et figée dans le respect des vaches sacrées que sont les avantages catégoriels et les situations acquises – dont le maintien, loin de garantir l’avenir renforce sa menace – une autre gauche a la lucidité et le courage de dire que le progrès social est aujourd’hui assis sur les succès économiques et sur les réformes de structure d’une société qui doit sortir du conservatisme.

Être de gauche aujourd’hui c’est vouloir réaliser un nouveau consensus social autour du projet d’une société dynamique, ouverte et solidaire, permettant une croissance forte et durable dont puisse profiter le plus grand nombre, assise sur la responsabilité, l’équité et la justice. C’est vouloir un mode de production de la richesse mieux contrôlé mais vigoureux, car avant de la répartir équitablement encore faut-il avoir produit cette richesse. C’est vouloir que le capitalisme – car nous n’avons pas encore de système alternatif à celui-ci – réponde à l’équilibre entre la liberté qui permet cette production de richesse et la régulation qui permet l’optimisation de son utilisation, entre le « libéral » et le « social », deux concepts que l’on veut arbitrairement opposer, quand s’impose leur complémentarité. C’est, au-delà des idéologies abstraites et des recettes dépassées, vouloir répondre, ici et maintenant aux questions que la vie pose aux gens. Pour apporter des solutions à cette crise, mais c’est aussi valable en situation de prospérité et de croissance, ce sont les orientations que nous proposons, compromis entre les dynamiques individuelles et les régulations collectives, les initiatives de la société civile et le volontarisme de l’État, les libertés et la solidarité, qui paraissent toujours les mieux adaptées.

Ce sont celles de ce courant de pensée tourné vers l’action qui s’est développé sous le nom de « social libéralisme », courant que nous prétendons incarner et dont la pertinence des analyses et des propositions est confirmée par la crise que nous vivons. En redonnant confiance dans l’avenir, il veut encourager chacun à réagir face aux difficultés, à s’engager dans la construction d’une société de croissance, de liberté et de justice, à s’affirmer acteur responsable d’une société où tous pourront se voir donner leur chance, une « société des possibles. »

 

Attentive à l’évolution du monde, résolument tournée vers l’avenir, engagée dans l’action, La Gauche Moderne, adaptation à notre époque et à notre société des aspirations fondamentales et des objectifs qui ont fait la gauche depuis deux siècles, représente un courant de pensée réformiste qui se trouve être le mieux placé pour contribuer à la rénovation intellectuelle, doctrinale, politique de la gauche, pour autant que cette dernière notion conserve encore tout son sens. Rénovation qui ne passe certainement pas aujourd’hui par une opposition frontale ou systématique à un Président et une majorité qui s’efforcent justement depuis plus de deux ans d’agir pour moderniser et transformer la France. Regroupant des militants venant de la gauche ou se reconnaissant en elle, La Gauche Moderne s’est clairement engagée dans la majorité présidentielle, car il lui est apparu que seul Nicolas Sarkozy, homme de mouvement, décidé à affronter les conservatismes, avait la volonté et la capacité de mettre en œuvre les changements nécessaires. En  soutenant la politique de réforme mise en œuvre depuis mai 2007 et en agissant pour qu’elle soit toujours plus équitable et plus solidaire, La Gauche Moderne permet à cette politique d’être mieux comprise, plus largement acceptée et lui donne ainsi davantage de chances de réussir.

 

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12 juillet 2010 1 12 /07 /juillet /2010 17:51

 

Extrait du livre "Plus belle la gauche -Pour une gauche moderne" de Marc d'Héré et Gilles Casanova...

 

 

La liberté que nous reconnaissons sous tous ses aspects, dans tous ses prolongements, nous la voulons complète et concrète. Au delà de la conception minimale qui consiste à vouloir garantir la liberté de droits, la liberté de conscience, la liberté d’expression, la liberté politique sans lesquelles il n’y a ni liberté, ni justice ni démocratie possibles, il y a une autre conception, plus large, positive et dynamique de la liberté assimilée à une capacité à agir. Liberté qui prend sa signification au moment et dans la mesure où on l’exerce, parce qu’elle est la condition de l’action. Être libre, c’est savoir et pouvoir exprimer son opinion et ses objectifs, sans se laisser contraindre par l’autorité ou brider par le conformisme, c’est surtout pouvoir faire ses choix – et les assumer – avoir la possibilité d’agir, d’abord sur sa propre histoire mais aussi dans et sur une société qui doit en fournir les moyens concrets. Notre conception de la liberté ne se résume pas à une liberté de droit, une liberté formelle, c’est celle d’une liberté concrète. Ce n’est pas celle du « laisser faire » c’est celle du « pouvoir faire ». C’est la liberté réelle donnée à chacun d’exercer sa responsabilité.

 

Refusant tout déterminisme, nous accordons toute la place, dans l’action de tous les jours comme dans la construction de l’avenir, à la responsabilité de l’individu mais aussi des groupes qui auront su se constituer. La responsabilité c’est la conscience des devoirs qui découlent de la liberté,[1] c’est donner un sens à la liberté en l’orientant vers l’engagement au sein de sa collectivité ou au-delà. La mise en œuvre de la responsabilité concerne aussi ceux qui ont en charge l’action collective et la conduite de la cité. Elle exige une éthique personnelle, mais également politique, consistant à dire ce que l’on estime juste et à assumer ses idées comme ses actes. Elle exige d’écouter, mais aussi de choisir et de décider. L’ambiguïté en politique permet peut-être des succès, et nous ne sommes pas particulièrement fiers d’avoir compté dans les rangs de la gauche française un orfèvre en cette matière, mais elle est corrosive pour la démocratie. Il revient aux responsables de faire de la politique au meilleur sens du mot, c’est à dire d’agir en fonction d’objectifs affichés, d’introduire la volonté humaine dans les mécanismes de la société et tout particulièrement du marché, d’insuffler une part d’équité dans les relations économiques et sociales, qui sans cette action suivrait la pente d’un « darwinisme social ». D’en faire, selon la belle expression de Vaclav Havel une « moralité agissante ». Il s’agit pour les gouvernants de permettre à chacun de trouver et d’utiliser les moyens concrets de sa liberté.

 

La liberté, entraîne la concurrence. La gauche traditionnelle refuse la concurrence qu’elle considère comme le vecteur de l’inégalité et de la destruction du lien social.  Pour nous, elle peut être la meilleure ou la pire des choses. La pire quand, non régulée, elle contrarie les démarches de solidarité et permet au plus fort d’imposer sa loi. Mais elle est la meilleure aussi car nécessaire au dynamisme de nos sociétés, alors que son absence conduit à des sociétés figées. En s’opposant aux situations acquises, aux rentes comme aux privilèges, la concurrence est la condition de la justice, de la mobilité sociale et de l’égalité[2]. C’est elle qui pousse à se dépasser, à vouloir mieux faire, c’est elle qui est à la base du progrès, et les sociétés qui ont voulu l’abolir ou l’entraver se sont écroulées au milieu de désastres économiques et humains. Nous voulons favoriser l’expansion d’une concurrence facteur de progrès, qui devra, pour produire ses effets bénéfiques, s’inscrire dans un ensemble de règles qui lui permettront de s’exercer sans se trouver niée par des phénomènes d’entente ou par la constitution de monopoles. Au lieu, comme on le souhaite trop souvent à gauche, de renoncer aux bienfaits de la concurrence pour éviter les risques qu’elle induit, nous voulons en permettre l’exercice dans des conditions qui la font aller de pair avec la justice. La liberté ne peut se concevoir sans règles et les lois destinées à assurer une concurrence loyale, comme les régulations de l’économie de marché, sont des exigences qui permettent à la liberté de fonctionner de manière efficace et équitable.

 

Cette exigence de liberté et d’autonomie effraie souvent dans la mesure où elle s’accompagne d’une plus grande insécurité et il est vrai qu’existe dans notre monde moderne, et chez nous en particulier, un fort besoin de sécurité que la liberté peut sembler menacer. Ne nions pas le risque qui est inhérent à notre société, et en est même une valeur à conserver dans la mesure où il constitue, outre le sel et l’aiguillon de la vie sociale comment expliquer sinon la passion millénaire pour la compétition sportive sans percevoir que la volonté de gagner n’existe que parce qu’il y a le risque de perdre –, un critère compris par tous, qui peut justifier certaines inégalités, comme par exemple, une distribution inégale des revenus. Pourtant nous devons comprendre de quoi est fait ce besoin de sécurité et chercher à y répondre sans brider la liberté. Reconnaissons d’abord que sans un minimum de moyens, matériels, financiers, culturels, il est illusoire de parler de liberté. Quelle peut être la liberté de celui qui ne possède rien, vit dans l’incertitude du lendemain, et subit tous les risques sans chance réelle d’y échapper ? La liberté exige un minimum de protection, ou un partage solidaire des risques. Ce minimum assuré, garanti, le besoin de sécurité ne doit pas se traduire par la recherche d’un refuge, par un refus de l’action, même s’il est vrai que dans notre « vieux pays », c’est ainsi, parfois, qu’on le comprend. Parce que toute action présente un risque, toute initiative un danger d’échec, certains auront tendance à sacrifier liberté et initiatives au profit d’une prudence conduisant à l’immobilisme et au repli sur soi. Alors on encadrera toutes les activités, quitte à les étouffer, on regardera avec méfiance les entrepreneurs, on favorisera des emplois publics à vie, on interdira les OGM sans distinction, on refusera tout changement, et sur le plan international on choisira la non intervention.

 

Pour nous, la sécurité ne doit pas limiter la liberté mais en être une condition, elle doit être moins un bouclier qu’un filet de sécurité qui rattrape en cas de chute, qui garantit en cas d’échec et qui pousse à l’action puisqu’elle peut corriger certaines conséquences néfastes engendrées par la liberté. Le « principe de précaution », malheureusement intégré à notre Constitution par un Président démagogue, ne doit pas être un prétexte pour renoncer à regarder vers l’avenir et à agir. Nous voulons, en conciliant le désir de liberté et le besoin de sécurité, dans un monde en constante évolution, encourager l’initiative au lieu de la freiner. Auxiliaire de la liberté, la sécurité permet l’exercice complet de la responsabilité, elle en est une des conditions.

 

La liberté ainsi considérée et la responsabilité qui l’accompagne sont le moteur de l’action, et favoriser la mise en œuvre de la responsabilité permet de donner à la société vitalité et dynamisme. C’est l’ignorance de ce principe qui maintient nos sociétés dans un immobilisme où certains ont cru voir une cause de déclin, et contre lequel le gouvernement aujourd’hui essaie de réagir. Une société où personne n’est incité à prendre et assumer ses responsabilités ne peut progresser. Un des enseignements de la société issue de la révolution de 1917, c’est que malgré le fonctionnement – parfois supérieur à celui des pays occidentaux de même niveau économique – de certains secteurs clefs, comme l’enseignement, l’absence de chômage ou de délinquance telle que nous la connaissons, la société soviétique était dépourvue de toute dynamique, dans quelque domaine que ce soit, le bouclier protecteur mis en place, diminuant encore plus l’autonomie des individus et renforçant les effets immobilisant de l’absence des libertés publiques. Ce n’est pas en insérant l’individu dans des réglementations et des prescriptions, en l’assistant ou en le protégeant en toutes circonstances que l’on favorisera le dynamisme social et le progrès, ni même la solidarité, mais bien en développant son autonomie et ses capacités d’initiative, en lui donnant l’ambition et les moyens d’agir. La vie sociale est le lieu d’application privilégié de la responsabilité qui n’est jamais autant fidèle à elle-même que lorsqu’elle s’exprime dans le « faire ensemble » et le « faire pour », c'est-à-dire dans la solidarité.

 

Mais, l’individualisation peut-elle se traduire par un désintérêt pour le collectif, le sentiment de l’inutilité de l’action collective ? Peut-elle être un obstacle à cette responsabilité sociale que la liberté permet par ailleurs ? Ce risque ne doit pas nous faire redouter ou nous pousser à vouloir contrecarrer la mutation sociale en cours. L’individualisation n’interdit pas le lien social, elle permet de choisir ses liens au lieu d’être prisonnier de ceux qu’impose la tradition ou l’autorité, elle ne s’oppose pas à l’engagement, même si elle refuse l’embrigadement. C’est donc une action proactive, non contre une liberté trop grande, mais pour un engagement plus fort qui doit être notre réponse. Cette liberté n’est pas l’individualisme égoïste, et peut, dans des conditions qu’il nous appartient de susciter, pousser à créer ou entreprendre. C’est l’individualisation de la société qui a été à l’origine d’acquis émancipateurs, c’est cette exigence d’épanouissement individuel qui a permis l’émergence et les succès des mouvements d’affirmation des droits des femmes ou des homosexuels, qui a conduit à une plus grande égalité dans les relations à l’intérieur des familles, qui sur un plan international a favorisé des progrès dans la défense et le respect des droits de l’Homme. Nous avons la certitude qu’un grand projet collectif ne peut se bâtir sans la liberté d’agir donnée à chacun et sans l’autonomie des acteurs, sans leur capacité d’initiative source de dynamisme, leur concurrence source d’efficacité et leur libre collaboration condition de la solidarité.

 



[1] « A l’expansion de l’individualisme doit correspondre une extension des obligations individuelles ». Anthony Giddens

[2]« L’introduction la plus large possible du principe de concurrence – dans l’économie, dans l’administration et la fonction publique, à l’école, dans les milieux de l’université et de la recherche….– accroît l’égalité. En revanche tout ce qui constitue des trajectoires obligées, des monopoles, des rentes de situation, des décisions prises sans information ni transparence, contribue à renforcer les situations acquises, les positions dominantes… » Nicolas Tenzer : « Les valeurs des modernes » Flammarion octobre 2003.

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28 juin 2010 1 28 /06 /juin /2010 15:59

 

Claude Imbert, Le Point du 24 06 10...

 

Au fur et à mesure qu'il s'éloigne, de Gaulle laisse la légende supplanter l'Histoire. Tant mieux si tant est qu'elle puisse inspirer nos temps présents. La légende vénère le sauveteur, en juin 1940, d'une France anéantie. Et le sauveteur, en 1958, d'une France asphyxiée par le drame algérien. Vertu du visionnaire et austérité patriote. Dans la France d'aujourd'hui, sommée d'en finir avec trois décennies de relâchement, l'admonestation du Commandeur garde sa pertinence.

 

Car, pour le reste, l'unanimisme bénin qui, à droite comme à gauche, accapare le gaullisme ne vaut pas un clou. La France a trop changé et le monde plus encore pour qu'on fasse dire n'importe quoi à son outre-tombe abusé. Mai 1968, déjà, l'avait désarçonné ; notre XXIe siècle serait impénétrable à ce géant du XXe, façonné par le XIXe. Les plus chenus rappelleront que quelques jours avant qu'il ne dégringole, en 1958, sur la pétaudière d'une République impuissante, il était traité d'inutile raseur, de vieillard fascisant. Et conspué ensuite en comploteur d'un " coup d'Etat permanent ". Alors, l'unanimisme...

 

On ne comparera pas 1940 et 1958 où s'illustra de Gaulle avec l'anxiété que le mot de " faillite "- dixit Fillon - fait rôder sur la Nation. Mais on appréciera, dans toutes ces misères, cette prophétie, constante chez de Gaulle, qu'en France " la médiocrité, à la longue, porte le drame ". Lorsqu'il éclate, c'est le même effarement d'un peuple douché en plein sommeil. Dans " L'étrange défaite " de 1940 (1), dans l'étrange aveuglement d'une Algérie française niant l'inéluctable émancipation des peuples, dans la découverte, aujourd'hui, que le panier percé d'une mirobolante providence d'Etat avait ruiné la Nation, c'est le même ahurissement, la même gueule de bois.

 

Pourtant l'isolement éclatant de l'" exception française " tirait toutes les sonnettes d'alarme. La retraite à 60 ans sous Mitterrand alors que toute l'Europe s'adaptait à la longévité accrue ! Les 35 heures, déclinant leur désastre sur la durée annuelle du travail, à rebours du monde entier ! L'acceptation cafarde du sempiternel et croissant déficit de la Sécurité sociale, la prolifération de services publics qui nous valent 400 000 fonctionnaires de plus qu'une Allemagne pourtant plus peuplée que nous de 20 millions d'habitants ; ces exorbitantes largesses des subventions nationales ou régionales, la décote inquiétante de l'innovation et de la compétitivité dans les classements internationaux, les niches à tricherie, le tout dans le ravissement festif et le culte du loisir, et toutes ces faiblesses au bout du compte entretenues par les déficits empilés de l'Etat, cette longue médiocrité, voici qu'elle crève, sous nos yeux, comme un fruit blet. Voici que la crise financière fait éclater la perversion, elle, bien enkystée, d'une dette publique qui approchera bientôt les 100 % du produit intérieur brut.

 

Ce sont, en vérité, après les trente années dites glorieuses de l'immédiat après-guerre, les trente piteuses (1981-2010) qui présentent l'addition. Et fragilisent la signature de la France.

 

Sarkozy, champion autoproclamé de la " rupture ", fut-il, est-il, sera-t-il le champion d'un redressement acrobatique ? Il n'aura pas profité de son avènement, brièvement populaire, pour amorcer le grand virage. Empêtré d'abord par des fautes tempéramentales de style et de méthode, il a noyé les 35 heures dans une sauce coûteuse. Il aura en revanche engagé une profusion de réformes, souvent inachevées, mais dont certaines portent déjà leurs fruits. Et sortent en tout cas le pays d'un mortel engourdissement.

 

Surtout, Sarkozy acquiert le mérite d'avoir, dans la crise, évité le pire par l'inspiration du G20 et du fonds de garantie européen. Et, dans un dialogue délicat avec l'Allemagne, d'avoir bien défendu ce qui reste d'Europe communautaire. Mais il n'aura que peu soigné la maladie endémique des déficits. Le voici, avec son énergie intacte, contraint, pour ne point se " chiraquiser ", d'affronter avec une rigueur enfin assumée les rêveries de l'opposition socialiste.

 

Martine Aubry a mis, dirait-on, de l'ordre au PS, ce qui n'est pas rien. Mais elle n'a toujours pas médité l'inanité de ses recettes dans le monde d'aujourd'hui. DSK pourrait lui expliquer qu'elles sont impraticables. Elles peuvent certes faire gagner le pouvoir, mais le pouvoir résigné d'un pays rabaissé.

 

La réforme des retraites - et sa forte symbolique - fut plutôt bien conduite. Elle a pour elle l'incontournable évidence démographique. Elle préface un plan de rigueur draconien dont la seule faiblesse est d'espérer des recettes nouvelles d'une croissance peu crédible. Mais enfin, le parti pris de rigueur commence de s'imposer...

La rigueur au service exclusif de l'intérêt national, ce fut de bout en bout le seul viatique du Général. C'est encore le seul que l'on puisse, sans abus, extorquer de la légende gaullienne.

 

 

Claude Imbert, Le Point

 

 

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12 mai 2010 3 12 /05 /mai /2010 10:18

 

 

Rappel de ce texte, qui peut être aussi une conclusion au dossier de la présidence de la République, sur les actions et les réformes entreprises en seulement trois ans...

 

 

Trois ans après l'élection de Nicolas Sarkozy à la Présidence de la République française, l'heure n'est pas au bilan. Face à la crise dont les effets perdurent, le temps demeure résolument à l'action. Le président de la République a été élu pour cinq ans par les Français. Ce n'est qu'au terme de ces cinq années qu'un bilan complet pourra être tiré. Il reste encore près de deux ans de travail au gouvernement et à la majorité pour tenir tous les engagements pris en 2007.

 

Cependant, après trois années de travail au service des Français, il est utile de détailler, pour chacun des objectifs principaux de l'action du chef de l'État, les réformes engagées, les résultats obtenus, ceux qu'il reste à obtenir et les nouveaux chantiers à venir.

 

Les Français ont élu Nicolas Sarkozy sur la base d'un programme clair, complet et précis. Pour le chef de l'État, il fallait « tout dire aux Français avant, pour pouvoir tout faire après ». Ce projet de Nicolas Sarkozy s'appuyait sur un diagnostic approfondi des difficultés, des injustices mais aussi des espoirs de la société française. Au terme d'une élection présidentielle marquée par une participation sans équivalent, ce projet a reçu le soutien d'une majorité très nette de nos compatriotes.

 

Jusqu'à ce que la crise financière éclate à l'été 2008, toute l'énergie du gouvernement et de la majorité a été tournée vers la mise en œuvre des priorités inscrites dans le projet présidentiel: restaurer l'autorité, réhabiliter le travail et replacer la justice au cœur du modèle français. Ce respect de la parole donnée aux Français constitue une rupture très profonde avec les pratiques antérieures: Nicolas Sarkozy est toujours resté fidèle à ses engagements de campagne.

 

Au second semestre 2008, face à la récession la plus grave que le monde et la France aient connue, l'ordre des priorités a dû être modifié. Naturellement, face aux périls qui nous menaçaient, la priorité a été donnée à la lutte contre la crise et à la limitation de ses effets les plus néfastes pour nos concitoyens. L'action du chef de l'État a d'abord consisté à engager l'État dans un soutien massif, sans précédent et indispensable à l'économie française.

 

Sur l'initiative de Nicolas Sarkozy, la France a, ensuite, pris la tête d'une vaste mobilisation européenne et internationale au sein du G20. Il était impératif de coordonner les efforts de relance pour consolider la perspective d'un retour de la croissance. Et il était tout aussi crucial de progresser, enfin, vers une véritable régulation du capitalisme financier.

 

À ce jour encore, sortir notre pays de la crise demeure la priorité absolue de l'action du Président. Pour autant, aucune des réformes annoncées n'a été différée. Dans la crise et malgré elle, les engagements de Nicolas Sarkozy ont continué à être mis en œuvre.

 

Dans la crise, les valeurs de travail, d'autorité, de responsabilité sont demeurées les valeurs essentielles du gouvernement. Dans la crise, certaines réformes ont même été accélérées, notamment les plus nécessaires à l'attractivité de notre territoire et à la préparation de l'avenir. Car c'est lorsque les temps sont les plus durs, qu'il faut travailler le plus ardemment au rebond à venir.

 

Il ne saurait être question ici de manifester la moindre autosatisfaction. La crise n'est pas terminée. Qui pourrait s'estimer satisfait alors que le chômage ne recule pas encore? Qui pourrait songer à relâcher les efforts, lorsque les conséquences de la crise fragilisent des pans entiers de notre protection sociale comme les retraites? Qui pourrait imaginer revenir au monde d'avant, lorsque les déficits publics creusés par les pertes de recettes menacent de faillite des pays voisins et amis? Partout, le travail à accomplir reste immense.

 

Mais il ne saurait être question non plus d'ignorer le chemin parcouru depuis trois ans, d'oublier les nombreuses réformes déjà accomplies ou de négliger les progrès déjà obtenus. Ignorer que la France a déjà changé, ce ne serait pas rendre justice aux Français des efforts importants qu'ils ont déjà faits.

Or, la justice est plus que jamais au cœur de l'action du président de la République. C'est elle qui guidera demain les réformes indispensables qui restent à accomplir, à l'instar de la réforme des retraites. C'est la justice, enfin, qui appelle désormais une mobilisation totale du gouvernement, de la majorité et des pouvoirs publics, pour mettre à la disposition des Français, dans les mois à venir, les résultats attendus et partager avec eux le fruit des efforts patiemment engagés depuis trois ans.

 

 

 Site Présidence de la République

 

 

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11 mai 2010 2 11 /05 /mai /2010 15:36

 

Dossier Présidence de la République (4)

 

 

Réhabiliter le travail

Le travail est la source de toute richesse. En réduisant le temps de travail et le taux d'activité des seniors, la France s'est considérablement appauvrie. Pire, elle a porté atteinte à une valeur fondamentale de notre société. Depuis son élection, Nicolas Sarkozy s'est appliqué à réhabiliter cette valeur, mise à mal par les 35 heures et minée par le développement de l'assistanat :

 

>>> Permettre à ceux qui le souhaitent de travailler plus et de gagner plus : d'une part, grâce à la loi TEPA d'août 2007, les heures supplémentaires sont désormais exonérées de charges et d'impôts. En 2008, déjà près d'un salarié sur quatre (5,5 millions) a bénéficié de ce dispositif, soit une redistribution de pouvoir d'achat de l'ordre de 150€ par mois. En 2009, malgré la crise, le volume des heures supplémentaires n'a diminué que de 7% par rapport à 2008, avec donc un gain en pouvoir d'achat presque équivalent à
celui de 2008 pour plusieurs millions de salariés. D'autre part, les possibilités de cumul d'un emploi avec une retraite ont été libérées, les préretraites limitées et la mise à la retraite d'office avant 70 ans, supprimée, car ces dispositifs faisaient arbitrairement sortir du marché de l'emploi des salariés riches en expérience et en savoir-faire. Grâce à ces mesures, en 2009 et malgré la crise, pour la première fois, le taux d'emploi des seniors a commencé à se redresser.

 

>>> Élargir les possibilités pour des salariés, volontaires dans leur entreprise, de travailler le dimanche en percevant une rémunération double de celle d'un jour de semaine, grâce à la loi votée à l'été 2009.

 

>>> Permettre à tous les Français souhaitant s'installer à leur compte, de tester leur savoir-faire en bénéficiant d'un cadre réglementaire et fiscal favorable, avec la création du statut d'auto-entrepreneur à compter du 1er janvier 2009. D'ores et déjà, plus de 320000 personnes utilisent cette mesure pour aller vers la création de leur entreprise.

 

Réhabiliter le travail passe aussi nécessairement par le fait de rendre la reprise d'un emploi toujours plus avantageuse que l'inactivité ou l'assistanat. C'est ce qui a été fait avec la création du revenu de solidarité active (RSA), annoncée par le président de la République, et financée grâce à un prélèvement supplémentaire sur le capital. Le RSA opère aussi une simplification en remplaçant les aides dédiées aux plus modestes (RMI, API).

Fin 2009, 1,7 million de foyers percevaient le RSA: 1,3 million l'ont perçu en remplacement du RMI ou de l'API et plus de 400000 foyers l'ont perçu en complément de revenus d'activité. En 2010, le RSA sera étendu aux moins de 25 ans, qui exercent une activité professionnelle, soit au moins 160000 jeunes actifs.

 

Enfin, réhabiliter le travail, c'est oeuvrer pour un meilleur partage de la valeur ajoutée. Dans cet esprit de justice, les prélèvements sur la rémunération des dirigeants ont été ramenés dans le droit commun: les stock options sont soumises à des cotisations sociales depuis 2008 et les prélèvements sociaux sur les retraites « chapeau » ont été doublés.

 

Pour renforcer le pouvoir d'achat aux salariés, la loi du 3 décembre 2008 sur les revenus du travail a renforcé l'incitation des entreprises à conclure des accords d'intéressement. Elle a assoupli encore les dispositifs de participation afin que le salarié puisse choisir lui-même entre l'obtention des sommes distribuées ou leur placement à long terme. Enfin, elle conditionne les allégements de charges sociales généraux des entreprises, à la tenue régulière de négociations sur les salaires.

Au-delà, cependant, le président de la République a affirmé un principe simple et structurant: quand il y a création de valeur, chacun dans l'entreprise doit être associé à son partage. C'est en ce sens que les pouvoirs publics ont demandé, l'an dernier, aux partenaires sociaux d'engager des discussions. Ces discussions n'ont pas débouché, à ce stade. Si cette situation devait persister, le gouvernement n'aurait alors d'autre choix que de préparer un projet de loi.

Garantir une véritable sécurité sociale professionnelle à chacun

Pour accompagner les salariés français face aux aléas de la vie professionnelle et à la précarité des parcours professionnels d'aujourd'hui, le président de la République s'est engagé à instaurer une véritable sécurité sociale professionnelle. Cet engagement est mis en oeuvre par l'adoption de mesures permettant de:

 

>>> Réussir les transitions professionnelles grâce à la réforme de la formation professionnelle, actée par la loi du 24 novembre 2009, qui offre aux plus fragiles les moyens de faire évoluer leurs compétences. Concrètement, avec la création du fonds de sécurisation des parcours professionnels, doté de 900 M€, 200000 demandeurs d'emploi et 500000 salariés peu qualifiés supplémentaires vont pouvoir chaque année accéder à la formation continue.

 

>>> Améliorer le reclassement des salariés licenciés: l'État et les partenaires sociaux ont revu les outils disponibles.140000 personnes ont bénéficié d'un contrat de transition professionnelle (CTP) ou d'une convention de reclassement personnalisée (CRP) en 2009. Ces dispositifs ont, en effet, été étendus aux bassins d'emplois les plus touchés par les restructurations. Ils garantissent le maintien du revenu
antérieur pendant un an.

 

>>> Mieux accompagner la recherche d'un emploi grâce à un service public de l'emploi performant. La fusion entre l'organisme d'accompagnement des demandeurs (ANPE) et celui qui indemnise le chômage (Assedic) offre désormais un guichet unique: Pôle emploi. Malgré un contexte très difficile en 2009, cette fusion a été menée en un an. 900 sites unifiés ont été déployés sur le territoire, sans qu'aucun retard ne soit pris dans l'indemnisation des demandeurs d'emploi. Pôle Emploi doit désormais monter en puissance pour accompagner toujours mieux tous les demandeurs d'emploi.

 

Les droits ont été améliorés par la nouvelle convention d'assurance chômage, entrée en vigueur en avril 2009: l'indemnisation des demandeurs d'emploi a été améliorée en abaissant à 4 mois (contre 6 auparavant) la durée minimale de travail nécessaire pour bénéficier de l'allocation chômage.

Pôle emploi a également reçu la mission de veiller au respect des devoirs des chômeurs : depuis 2008, tout demandeur d'emploi refusant plus de deux offres valablesd'emploi qui lui sont faites s'expose à des sanctions et à la perte de ses indemnités.

Réduire les prélèvements qui pèsent sur les classes moyennes

La France s'est trop longtemps résignée à des niveaux de prélèvements obligatoires parmi les plus élevés au monde, et reposant très fortement sur les revenus du travail. Afin de faire progresser le pouvoir d'achat des Français qui travaillent, Nicolas Sarkozy s'est engagé à réduire les prélèvements qui
pèsent sur les revenus d'activité.

 

Depuis 2007, malgré un contexte de forte tension sur les finances publiques, les prélèvements sur les ménages ont déjà été fortement réduits : sans même prendre en compte les mesures du plan de relance notamment la suppression des 2e et 3e tiers provisionnels pour près de 5 millions de contribuables modestes, le gouvernement a baissé les impôts de 16 Md€ entre 2007 et 2010, dont plus des deux tiers
(10,6 Md€) au profit des ménages et pour un petit tiers (5,7 Md€) pour les entreprises. Depuis 2007, le taux de prélèvements obligatoires a diminué de 2,5 points, en passant de 43,2 % en 2007 à 40,7 % en 2010.

 

Certaines impositions nouvelles ont été créées certes, mais l'allégement global reste massif au profit des classes moyennes et modestes. La défiscalisation des heures supplémentaires bénéficie essentiellement aux ouvriers et aux employés. Les droits de succession n'ont été conservés que pour les 5% des Français les plus fortunés. Pour tous les autres, c'est-à-dire les 95% des Français les moins riches, transmettre le fruit d'une vie de travail sans droits de succession est désormais possible. La déduction des intérêts d'emprunts immobiliers profite à tous les ménages, y compris tous ceux qui sont non imposables, afin de les aider à devenir propriétaires de leur logement. Quant au bouclier fiscal plafonnant les impôts à payer à 50% des revenus de l'année, il concerne aussi de nombreux contribuables modestes: plus d'un bénéficiaire sur deux n'est pas soumis à l'ISF.

Protéger les Français en investissant dans leur santé

Pour préserver l'excellence de son système de santé, la France doit investir sans relâche dans ce domaine, tout en améliorant l'organisation sanitaire pour garantir à chacun, quels que soient ses moyens, le meilleur accès à des soins de haute qualité.

 

C'est ce qui est fait depuis 2007, avec la réforme de l'hôpital qui vise justement, grâce à une meilleure organisation, à améliorer la qualité des soins offerts aux Français sur l'ensemble du territoire. Dans le même temps, la gouvernance du système de santé a profondément évolué: les agences régionales de santé (ARS), attendues depuis vingt ans et créées le 1er avril 2010, mettent fin à un cloisonnement incompréhensible entre l'hôpital et la médecine de ville.

 

Les plans de santé publique annoncés par le chef de l'État (plans Alzheimer, cancer et soins palliatifs) ont été engagés. Grâce à la recherche, ils offrent l'espoir d'améliorer la qualité de vie des malades et des aidants. Chaque année, ce sont 500000 patients supplémentaires qui sont susceptibles de bénéficier de ces plans. Plus largement, afin d'adapter notre protection sociale au vieillissement de notre population, le défi de la dépendance devra être relevé, dès la conclusion de la réforme des retraites.

 

Le principal chantier à venir est celui de la médecine libérale. Alors que la densité médicale en France va passer de 300 à 270 médecins pour 100000 habitants en 2020, il s'agit d'un sujet d'inquiétude, notamment en zone rurale. Reconnaissant le rôle fondamental des médecins généralistes dans l'offre de soins, le président de la République a annoncé une revalorisation de la consultation à 23€, à compter du 1er janvier 2011, tout en lançant une vaste concertation sur l'avenir de la médecine libérale avec des praticiens de terrain dans les régions.

 

Grâce à un système de santé mieux organisé, les dépenses d'avenir du Grand Emprunt consacrées à la santé (2,5 Md€) auront demain un effet amplifié sur la recherche et l'innovation biomédicales.

Rendre plus équitable le système français de retraite

Dans un domaine essentiel de la protection sociale comme celui des retraites, le président de la République s'est placé d'emblée sous le signe de la justice et de la responsabilité:

 

>>> Conformément à l'engagement du candidat Nicolas Sarkozy, la revalorisation du minimum vieillesse, de 25% d'ici 2012, est en cours: soit un gain de 1000 euros par an sur la durée du quinquennat. Au 1er avril 2010, pour les retraités les plus modestes, il a progressé de +4,8 %, soit un passage de 677 à 710 € par mois. Il en va de même pour les retraites agricoles et pour les pensions de réversion: pour les veufs et veuves les plus modestes, au 1er janvier 2010, le taux de la réversion est passé de 54% à 60%, soit un gain de +200€par an.

 

>>> La réforme des régimes spéciaux de retraite (SNCF, RATP, Banque de France, etc.) a été menée à bien dès l'automne 2007. Dans un but évident de justice, il s'agissait d'aligner ces régimes de retraite sur ceux de la fonction publique. D'ores et déjà, cette réforme a déjà permis de soulager les comptes des régimes de retraite du secteur public de 500 M€ d'ici à 2012, puis ensuite de 500 M€ par an au-delà.

 

Faire preuve de responsabilité en matière de retraites, c'est garantir leur pérennité. Or, nos régimes de retraite sont confrontés aujourd'hui à une situation très difficile: 1 retraite sur 10 n'est déjà plus financée et si nous ne faisons rien, ce sera 1 sur 6 en 2030. Sans correction, le déficit prévu en 2050 sera supérieur à 100 Md€par an. Et la crise accélère encore ce processus : avec la chute des recettes, le déficit du régime de retraite, cette année, est celui que le Conseil d'orientation pour les retraites n'attendait initialement
que pour l'année 2030.

La réforme des retraites est préparée en étroite concertation avec toutes les parties intéressées, les syndicats, les organisations patronales et les partis politiques. À la demande du président de la République, la concertation est d'ores et déjà engagée par le ministre du Travail, de la Solidarité et  de la Fonction publique. De nombreuses options sont sur la table des négociations. Une chose est sûre: la réforme des retraites devra avoir lieu en cette année 2010 pour préserver la solidarité de notre système par répartition.

 

Malgré la crise qui affecte durement notre pays, le cap du mandat confié par les Français à Nicolas Sarkozy, le 6 mai 2007, est aujourd'hui tenu. Depuis trois ans, les valeurs du travail, de l'autorité, de la justice et de la responsabilité face à l'avenir sont effectivement celles qui animent l'action du président de la République. Pour offrir aux Français les résultats qu'ils attendent, la mobilisation de l'État ne faiblira pas. De nombreux chantiers restent également à ouvrir dans les deux ans à venir.

 

Après trois ans d'action, toutefois, un constat s'impose: le changement est bel et bien possible dans notre pays. La démonstration en a été faite : la France n'est pas condamnée à la sclérose, à l'inertie et aux conservatismes. La France a déjà profondément commencé à changer, pour le bien de tous les Français et grâce à eux. Les efforts de chacun n'ont pas été vains. C'est forts de cette assurance, confiants et solidaires qu'il nous faut affronter les épreuves actuelles, qu'il nous faut continuer à travailler, qu'il nous faut continuer à tout mettre en oeuvre, pour demeurer fidèles au profond espoir de changement des Français.

 

 

 

 

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10 mai 2010 1 10 /05 /mai /2010 17:57

 

Dossier Présidence de la République (3)

 

Faire de la France une démocratie apaisée

La révision constitutionnelle du 23 juillet 2008 est la plus importante qu'ait connue la Ve République depuis 1958. Elle vise à corriger les déséquilibres observés jusque-là, encore aggravés par l'introduction du quinquennat en 2000 :

 

>>> Les pouvoirs du Président sont mieux encadrés : le Parlement dispose d'un droit de veto à la majorité qualifiée sur les nominations du chef de l'État. En outre, le président de la République ne peut accomplir plus de deux mandats consécutifs.

 

>>> Le Parlement est profondément revalorisé : il dispose de la moitié de son ordre du jour, pour examiner ses propositions de loi et pour contrôler l'exécutif. Les moyens de contrainte de l'exécutif (procédure d'urgence, article 49-3) sont fortement restreints et la procédure d'examen des textes par les commissions confère à ces dernières une importance considérable.

 

>>> Les droits des citoyens sont mieux protégés : les justiciables peuvent, depuis le 1ermars 2010, invoquer devant les tribunaux la conformité des lois à la Constitution. En outre, la possibilité d'introduire un référendum d'initiative populaire est désormais ouverte.

 

Sur la base de cette révision, Nicolas Sarkozy entend promouvoir une pratique institutionnelle nouvelle, plus transparente et apaisée. Elle s'accompagne de l'ouverture de postes ministériels et de postes éminents à des membres de l'opposition ou des personnalités issues de la société civile.

 

De même, jamais le dialogue social n'a été aussi dense et efficace que depuis mai 2007, entre le président de la République, les organisations syndicales et les représentants patronaux. Cette pratique s'appuie aussi sur des règles nouvelles et modernes : un accord collectif n'est valable que si une majorité de syndicats ne s'y oppose pas et si les signataires représentent au moins 30% des salariés. Enfin, la représentativité des syndicats et leur poids sont désormais fondés sur les résultats aux élections professionnelles, et non plus sur une présomption de représentativité fixée par un arrêté remontant à 1966.

Cette ouverture sur le dialogue social, n'exclut pas, néanmoins, la fermeté sur l'équilibre indispensable entre le droit de grève des uns et le droit au travail des autres. C'est ce qui a conduit le gouvernement à instaurer par la loi une obligation de service minimum, en cas de grève, dans les transports et à l'Éducation nationale. Ainsi, pendant les douze jours de la grève d'avril 2010 à la SNCF, les engagements en matière de service minimum ont été systématiquement respectés, permettant aux usagers d'être transportés sans trop de difficultés.

 

Parmi les chantiers importants en cours, figure, enfin, la réforme des collectivités locales, impliquant une meilleure articulation entre la région et le département grâce à la création des conseillers territoriaux en lieu et place des conseillers généraux et régionaux, l'élection des délégués intercommunaux au suffrage universel direct, et, enfin, la clarification des compétences entre les différents niveaux de collectivités. Cette réforme sera tout simplement la première de l'histoire institutionnelle française à simplifier les niveaux
d'administration, sans créer de structures nouvelles.

Donner une priorité absolue à l'enseignement supérieur et à la recherche

Les défis de l'université et de la recherche française sont immenses : offrir une formation adaptée et qualifiante aux étudiants, soutenir l'innovation, retrouver l'attractivité et le rayonnement scientifique et intellectuel d'un grand pays comme le nôtre.

 

Dès le début de son mandat, le président de la République a voulu relever ces défis en portant une réforme d'autonomie des universités.

Depuis lors, l'autonomie a été plébiscitée par les universités elles-mêmes : elle a été choisie librement par 51 universités sur 84 au 1er janvier 2010, et la quasi-totalité des universités françaises sera autonome au 1er janvier 2011, un an avant le terme prévu.

Ce changement de gouvernance manifeste ses premiers effets concrets: dès 2010, 31 bibliothèques font le choix d'être ouvertes jusqu'à 23 h 30 et le dimanche pour certaines. L'Université Paris-Diderot vient d'annoncer l'arrivée de George Smoot, prix Nobel de physique 2006, illustrant à la fois les nouveaux pouvoirs de recrutement offerts aux universités et l'attrait retrouvé de nos facultés.

 

Parallèlement à la démarche d'autonomie, des moyens inédits sont offerts aux universités et à la recherche : 15 Md€ supplémentaires seront mobilisés d'ici à 2012, auxquels s'ajoute l'opération Campus dotée de 5 Md€et consacrée à des opérations de rénovation immobilière pour une quarantaine d'établissements. Récemment, cette programmation a encore été renforcée par le Grand  Emprunt, ce qui porte le total des moyens nouveaux pour l'université sur le quinquennat au chiffre impressionnant de 39 Md€. Cet effort sera poursuivi avec constance et détermination dans les mois à venir.

 

Les étudiants sont les premiers bénéficiaires de cet effort national: la dépense annuelle par étudiant a progressé de 15 % depuis 2006. Et ces moyens nouveaux s'accompagnent d'une montée en puissance de dispositifs permettant de soutenir les étudiants les plus modestes et les boursiers dans toutes les formations de l'enseignement supérieur. L'objectif est clair : que les revenus et le milieu d'origine d'un étudiant ne soient plus jamais des limites à son ambition dans la poursuite de ses études.

Replacer l'Éducation nationale sur ses fondamentaux

Face aux nombreux défis de l'école, le chef de l'État a voulu remettre les valeurs du mérite, du travail et de l'égalité des chances au coeur de sa politique éducative. Elles constituent l'horizon des mesures mises en oeuvre depuis 2007:

 

>>> Donner la priorité à la maîtrise des savoirs fondamentaux, avec la réforme de l'école primaire, entrée en vigueur dès la rentrée 2008. Notre école primaire se transforme en profondeur grâce à de nouveaux programmes recentrés sur l'essentiel: lire, écrire, compter. La mise en place
d'évaluations nationales, à la fin du CE1 et du CM2 permettra de juger de l'assimilation des connaissances. Et pour soutenir les élèves en difficulté, deux heures par semaine d'aide individualisée en petits groupes ont déjà été instituées.

 

>>> Permettre à chacun de réussir, en donnant plus à ceux qui ont moins: pour « les orphelins de 16 heures » a été instauré dans tous les collèges ainsi que dans les écoles de l'éducation prioritaire l'accompagnement éducatif après les cours : 30 % des collégiens y étaient inscrits l'année dernière. Par ailleurs, afin de donner aux élèves méritants issus de milieux défavorisés les meilleures conditions de réussite, 200 M€ seront consacrés, dans le Grand Emprunt, à la création d'internats d'excellence. Après l'ouverture de l'internat de Sourdun à la rentrée 2009, 12 nouveaux internats ouvriront leurs portes dès la rentrée 2010.

 

>>> Permettre aux parents d'élèves de choisir l'établissement de leurs enfants grâce à l'assouplissement de la carte scolaire. En moyenne, 70 % des demandes ont pu être satisfaites lors de la dernière rentrée.

 

>>> Accueillir les enfants handicapés en milieu scolaire ordinaire: à la rentrée 2009, 185000 élèves handicapés étaient accueillis à l'école. C'est 10000 de plus qu'à la rentrée dernière et 40 % de plus qu'en 2005.

 

Après la réforme du lycée professionnel, entrée en vigueur à la rentrée 2009, ce sera au lycée d'enseignement général et technologique d'être réformé en 2010 avec notamment la création de deux heures d'accompagnement personnalisé par semaine pour tous les lycéens, une meilleure orientation, un véritable rééquilibrage des filières au profit notamment de la filière littéraire et une priorité donnée à l'apprentissage des langues.

 

L'objectif de l'ensemble de ces réformes reste de démocratiser profondément l'accès à l'université et aux grandes écoles. Pour mettre fin à la reproduction sociale des élites, Nicolas Sarkozy a rappelé que chaque classe préparatoire dans chaque lycée de France devait se fixer un objectif de 30% d'élèves boursiers, avant de parvenir, d'ici trois ans, à un taux équivalent dans chaque grande école.

 

Dans les mois à venir, la sécurité dans les établissements d'enseignement sera une priorité des pouvoirs publics. L'école n'a pas à subir les conséquences de phénomènes extérieurs de violence ou de démission parentale, qui la déstabilisent. Le gouvernement entend s'atteler au rétablissement de l'autorité dans les établissements scolaires, où les élèves et les équipes éducatives doivent se sentir en sécurité. À l'égard des parents qui ne feraient pas respecter l'obligation scolaire, les sanctions déjà prévues de suspension des allocations familiales, seront rendues effectives.

Ouvrir à tous l'accès à la culture et au patrimoine

La culture et le patrimoine de la France sont des richesses considérables. Depuis 2007, l'action tout entière de Nicolas Sarkozy a été tournée vers un objectif premier : faciliter l'accès à la culture au plus grand nombre. La suppression de la publicité sur les chaînes de la télévision publique a ainsi permis de sortir le service public de la contrainte d'audience, en lui offrant la possibilité d'une programmation ambitieuse et visant exclusivement la qualité. Rendre la culture populaire, c'est aussi le sens de la généralisation de la gratuité dans les musées pour les jeunes de 18 à 25 ans, afin qu'ils puissent former leur goût au contact des plus belles oeuvres nées de l'esprit humain.

Entrer dans le développement durable grâce au Grenelle de l'environnement

La France s'est dotée dès 2007, avec le Grenelle de l'environnement, d'un vaste plan destiné à inscrire notre pays dans le développement durable, pour mieux respecter l'environnement, pour lutter contre le changement climatique et pour anticiper la société de l'après-pétrole et l'épuisement des ressources naturelles. Deux ans plus tard, les engagements sont mis en oeuvre et portent leurs fruits :

 

>>> La rénovation thermique des logements est lancée grâce au succès de l'éco-prêt à taux zéro (100000 conclus en neuf mois) et les nouvelles normes de construction (BBC) dans le neuf, en vigueur l'an prochain, permettront à chaque ménage de réaliser demain une économie de 4 000 euros par logement en habitat collectif et 15 000 euros en maison individuelle, sur vingt ans. D'ores et déjà, de nouveaux emplois voient le jour et se développent pour répondre à la demande des Français.

 

>>> Jamais la France n'a engagé des moyens aussi importants en faveur des transports durables. D'ici à 2020, la France comptera 2000 kilomètres de plus de ligne à grande vitesse : 5 lignes seront construites en même temps dès l'an prochain, entre Tours et Bordeaux, vers la Bretagne et les Pays de la Loire, autour de Nîmes et de Montpellier, vers Strasbourg, entre Mulhouse et Dijon. Un canal à gabarit international sera creusé, le premier depuis un siècle, entre la Seine et le Nord. 1 600 kilomètres supplémentaires de transports en commun en site propre, notamment des tramways, seront construits, d'ici à 2020. Enfin, un plan fret doté de 7 Md€ vise à faire passer la part du rail et du fleuve de 14 à 25 % dans le transport
de marchandises d'ici dix ans.

 

>>> Les énergies renouvelables connaissent également un très fort développement: elles représentaient en 2009 12,5% de la consommation d'énergie, contre 10% en 2007 (+ 25% en deux ans), en ligne avec l'objectif de 23% à l'horizon 2020.

 

>>> La France se donne également les moyens de préserver la biodiversité : ainsi depuis l'activation de la clause de sauvegarde contre le maïs transgénique MON 810 début 2008, notre pays s'est doté, avec le Haut Conseil des biotechnologies, de moyens nationaux autonomes d'évaluation environnementale des OGM. À l'occasion du Grenelle de la mer, la France a engagé une procédure de classement d'aires marines, destinées à représenter 20 % de l'espace marin français d'ici à 2020, soit plus de 2 millions de kilomètres carrés de mer et d'océan sous toutes les latitudes.

 

>>> La fiscalité écologique a fait ses preuves : le bonus/malus automobile a permis à notre pays de se placer en tête des pays industrialisés pour les émissions de CO2 de ses véhicules neufs. Elle a vocation à s'étendre à compter de 2012, avec l'entrée en vigueur de la taxe kilométrique poids lourds sur le réseau non concédé. Quant à la taxe carbone, afin d'éviter toute distorsion à l'encontre des entreprises françaises, elle sera mise en oeuvre dès lors qu'un engagement européen aura été obtenu sur l'instauration d'une taxe carbone aux frontières permettant de taxer les produits importés de pays qui refusent de réduire leurs émissions de CO2.

 

Avec un niveau d'émissions de CO2 inférieur de 13 % en 2009 à notre plafond d'émission défini par le Protocole de Kyoto, la France est exemplaire en matière de lutte contre le changement climatique. À l'occasion de la présidence française de l'Union européenne, notre pays a obtenu l'adhésion de tous les États membres au paquet « climat-énergie » de réduction des émissions en Europe. Et malgré le demi-succès de Copenhague, notre pays entend demeurer leader dans ce combat, au travers notamment
d'une mobilisation contre la déforestation, responsable à elle seule de 20 % des émissions de CO2 mondiales.

 

Enfin, avec le projet du Grand Paris, la France se donne une ambition inédite de conjuguer, sur le territoire de la région capitale, la création de nouveaux pôles d'activités, un profond renouveau architectural et le développement durable, avec notamment la construction d'un vaste réseau nouveau de transports en commun pour un investissement supérieur à 30 Md€.

Préparer la France de demain avec le Grand Emprunt

Notre pays a trop longtemps négligé l'investissement au profit des dépenses courantes. Ce faisant, la France a pris le risque de réduire dramatiquement ses perspectives de croissance à long terme.

Annoncé par le Président devant le Parlement réuni en Congrès, le 22 juin 2009, au plus fort de la crise économique, le lancement d'un Grand Emprunt entend rompre avec cette facilité, en permettant à notre pays de reprendre l'avantage dans les domaines les plus stratégiques pour la croissance de demain.

 

La loi de finances rectificative pour 2010 vient de valider cet emprunt national, d'un montant de 35 Md€et destiné au financement des priorités d'avenir pour notre pays : l'enseignement supérieur et la recherche qui sont les clés de notre compétitivité future (19 Md€), les filières industrielles et les PME (6,5 Md€), le développement durable (5 Md€) ou l'économie numérique (4,5 Md€) notamment pour assurer la couverture du territoire en haut débit.

 

 

Dossier de la Présidence de la République...

 

(....Suite à venir...)

 

 

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9 mai 2010 7 09 /05 /mai /2010 18:02

Dossier Présidence de la République (2)

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Rétablir l'autorité de la loi et protéger les Français

Garantir la sécurité de nos concitoyens exige une mobilisation permanente des forces de sécurité. Engagée depuis 2002, sous la responsabilité de Nicolas Sarkozy alors ministre de l'Intérieur, la politique de lutte contre la délinquance a connu, depuis 2007, plusieurs étapes nouvelles et importantes:

 

>>> Instauration de peines planchers contre les récidivistes par la loi du 10 août 2007: désormais, les crimes ou délits commis en récidive sont punis d'une peine qui ne peut être inférieure à un seuil fixé par la loi et ne peut plus être aménagée après le prononcé de la condamnation. Depuis l'entrée en vigueur de la loi, 22380 peines planchers ont été ainsi prononcées par les juridictions. Par ailleurs, la pratique des grâces collectives est totalement supprimée depuis 2007.

 

>>> Création d'un délit d'appartenance à des bandes violentes, voté par le Parlement en février 2010: l'appartenance à une bande violente est désormais considérée comme un délit passible de trois années de prison.

 

>>> Création, par la loi du 25 février 2008, d'une « rétention de sûreté » vis-à-vis des criminels les plus dangereux. À la fin de leur peine, les personnes susceptibles de récidiver sont placées, par décision judiciaire, dans un centre dans lequel elles font l'objet de façon permanente d'une prise en charge médicale, sociale et psychologique. À l'égard des condamnés présentant une dangerosité moindre, la loi de 2008 a également créé la « surveillance de sûreté »: après l'exécution de leur peine, les condamnés demeurent sous surveillance étroite tant que leur dangerosité le justifie.

 

>>> Le rapprochement de la police et de la gendarmerie sous l'autorité du ministre de l'Intérieur, afin de parvenir à la meilleure coordination opérationnelle des forces de l'ordre sur l'ensemble du territoire. La police d'agglomération parisienne est, par ailleurs, mise en place depuis septembre 2009 pour optimiser les interventions des 33 000 policiers et gendarmes qui assurent la sécurité de 6,4 millions de Franciliens. La même réorganisation sera conduite, par la suite, à Lille, Lyon et Marseille.

 

>>> Ces initiatives importantes en faveur de la sécurité publique ont été accompagnées, en outre, de l'ouverture de 11 établissements pénitentiaires (Mont-de-Marsan, Roanne, Lyon-Corbas et Saint-Denis de La Réunion, Bourg-en-Bresse, Béziers, Poitiers, Rennes, Le Mans, Le Havre et Nancy), et de 6 établissements pénitentiaires pour mineurs (Meyzieu,Marseille, Porcheville, Quiévrechain, Orvault, Lavaur), entraînant déjà la création de près de 7500 places nouvelles de prison sur les 13200 attendues à l'horizon 2012.

 

Au final, grâce à l'effet cumulé de ces mesures et à l'action des forces de l'ordre, la France connaît sa 7e année consécutive d'amélioration dans la lutte contre la délinquance. Le nombre de crimes et délits constatés a baissé de près de 15 % entre 2002 et 2008. Il avait augmenté d'autant entre 1997 et 2002. En outre, le taux d'élucidation a progressé de 50%: il se situe aujourd'hui à 38% contre 25% en 2001.

 

Pour aller plus loin, le gouvernement a lancé un vaste programme de développement de la vidéoprotection. Près de 20000 caméras ont été installées en France à ce jour. Leur nombre doit tripler d'ici 2011 pour atteindre 60000 et permettre aux forces de l'ordre de démultiplier leur efficacité au service des Français. De même, le vote de la loi d'orientation et de programmation pour la sécurité intérieure apportera de nouveaux moyens. Face à un enjeu aussi essentiel que la sécurité des Français, tout sera mis en oeuvre pour atteindre l'objectif fixé : faire reculer la délinquance toujours plus efficacement.

Rendre une Justice plus humaine

La réforme de la carte judiciaire pour l'adapter aux nécessités d'aujourd'hui - la première réforme depuis 1958 - a été préparée, décidée et mise en oeuvre depuis 2007. Partant de 1200 juridictions, 318 juridictions ont été regroupées et 403, devenues trop petites, ont été supprimées. Dans un contexte d'accroissement des effectifs de la Justice (+ 2300 en trois ans), cette réforme permettra d'améliorer l'efficacité du service public de la Justice au profit de chaque citoyen.

 

Le président de la République a également souhaité que les victimes soient placées au coeur de la procédure judiciaire. Le juge délégué aux victimes veille désormais au respect de leurs droits dans l'exécution de la condamnation prononcée à l'encontre de leur agresseur. Par ailleurs, un service d'aide au recouvrement des victimes d'infractions (Sarvi) a été créé. Il permet de dédommager rapidement les victimes de préjudices corporels et c'est lui qui se retourne, parallèlement, vis-à-vis des coupables.

 

Enfin, la réforme constitutionnelle de 2008 consacre l'ouverture de la saisine du Conseil supérieur de la magistrature aux justiciables, qui pourront désormaisporter à la connaissance de cet organisme des requêtes mettant en cause le fonctionnement de la Justice et susceptibles d'entraîner des sanctions disciplinaires à l'encontre des magistrats.

 

Dans les mois à venir, la procédure pénale sera refondue pour une meilleure efficacité de la lutte contre la délinquance, une meilleure protection des libertés individuelles et une meilleure prise en compte des victimes.

Défendre l'immigration choisie et préserver notre identité nationale

Annoncées à l'occasion de la campagne présidentielle, les premières décisions du gouvernement ont permis une action décisive dans ce domaine:

 

>>> Création d'un ministère de l'Immigration, de l'Intégration, de l'Identité nationale et du Développement solidaire à compter de 2007 pour traiter l'ensemble des questions migratoires qui étaient auparavant morcelées entre plusieurs administrations.

 

>>> Adoption en 2008, sous la Présidence française de l'UE, d'un pacte européen interdisant désormais les régularisations massives de sans-papiers.

 

>>> Durcissement du cadre du regroupement familial: la maîtrise de la langue française est désormais impérative. Rien qu'en 2009, 100000 contrats d'accueil et d'intégration ont été signés, par lesquels les personnes admises sur notre territoire s'engagent à respecter les règles de la République. Le niveau de l'immigration régulière est stabilisé (173000 en 2009 contre plus de 200000 en 2002 et 2003). Depuis 2007, la moyenne annuelle du nombre de demandeurs d'asile est revenue à moins de 35000, à un niveau comparable à celui de la Grande-Bretagne et de l'Allemagne, contre plus de 50000 au début des années 2000.

 

La crédibilité de la France dans la lutte contre l'immigration illégale a été restaurée: 145 filières ont été démantelées en 2009, les éloignements ont triplé, passant de 10000 en 2002 à près de 30000 en 2008 et 2009. En outre, dans le cadre de la transposition de la directive « Retour », un projet de loi déjà approuvé par le Conseil des ministres permettra d'améliorer encore la procédure de reconduite à la frontière.

 

Enfin, le dialogue avec les pays d'origine est désormais l'une des clés d'une nouvelle politique destinée à favoriser la mobilité, tout en évitant le pillage des «cerveaux». Neuf accords de gestion concertée des flux migratoires ont été signés, notamment avec le Sénégal, le Bénin, la Tunisie ou le Cameroun.

Conserver à la France son rôle et sa place dans le monde

Depuis 2007, la France a retrouvé sa place centrale en Europe. C'est à l'initiative du Président Sarkozy que le blocage institutionnel dans lequel se trouvait l'Europe depuis 2005 a pu être levé, grâce à la proposition d'un traité simplifié, qui est devenu le Traité de Lisbonne. Ce traité, finalement ratifié grâce au compromis trouvé sous présidence française permet de doter l'Union européenne d'une gouvernance renforcée et adaptée à sa taille actuelle.

 

La présidence française de l'Union européenne de 2008 a été l'occasion de donner à l'Europe un rôle leader pour créer l'Union pour la Méditerranée (juillet 2008), pour mettre fin à la guerre entre la Russie et la Géorgie (août-septembre 2008), pour apporter une réponse commune à la crise financière qui menaçait d'emporter l'ensemble du système bancaire international (octobre 2008), pour jeter les bases d'une nouvelle gouvernance mondiale grâce à la première réunion d'un sommet du G20 (novembre 2008), et pour lutter contre le changement climatique en faisant de l'Europe le premier continent au monde à se doter d'un ensemble de mesures précises (décembre 2008). Parce que l'agriculture et la pêche sont des secteurs stratégiques pour la sécurité alimentaire de l'Europe, la France défendra une réforme de la PAC et de la politique commune des pêches destinée à mieux protéger nos agriculteurs et nos pêcheurs, plutôt qu'à les abandonner aux fluctuations des marchés.

 

Sur le plan international, la réforme de la Défense nationale et le retour de notre pays dans le commandement intégré de l'OTAN permettent à notre pays de disposer à nouveau d'une influence et d'une capacité d'action dans le monde entier, tout à fait considérables.

 

Enfin, la France entend continuer à oeuvrer pour la paix, sans naïveté mais sans relâche, comme elle a pu le faire, de manière décisive dans plusieurs crises internationales, entre la Russie et la Géorgie ou au Proche-Orient, voire en obtenant la libération de nombreux otages, comme les infirmières bulgares ou des compatriotes retenus dans des régions dangereuses de par le monde.

 

 

(...Suite à venir....)

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7 mai 2010 5 07 /05 /mai /2010 20:34

 

Le Figaro.fr du 07 05 2010...

 

Henri Guaino interrogé par Charles Jaigu et Jacques-Olivier Martin...

 

 

Le conseiller spécial du chef de l'État évoque le gel des dépenses publiques, la crise grecque et tire les leçons des trois premières années du mandat de Nicolas Sarkozy. 

LE FIGARO. - François Fillon a annoncé jeudi un gel des dépenses publiques jusqu'en 2013. La gauche dénonce un «plan de rigueur». Que lui répondez-vous ?

Henri GUAINO.- La «rigueur», c'est l'ajustement économique par la baisse du pouvoir d'achat. Ce n'est pas du tout la politique du président de la République et du gouvernement. Une telle purge déflationniste casserait la reprise et creuserait davantage les déficits au lieu de les réduire. Quelle est la politique du gouvernement depuis trois ans ? Ne pas augmenter les impôts, investir, réduire les dépenses courantes, poursuivre les politiques structurelles pour rétablir la compétitivité de notre économie. Cette politique ne change pas. Ceux qui hurlent à la rigueur aujourd'hui, ce sont les mêmes qui voulaient doubler le plan de relance, et qui après vociféraient contre les déficits.

 

Depuis trois ans, le déficit s'est beaucoup creusé…

Comme dans tous les pays, parce que la crise a provoqué une chute des recettes fiscales et une augmentation des dépenses sociales. Il y a bien sûr aussi le plan de relance. Mais il a été ciblé sur l'investissement plutôt que sur la stimulation à fonds perdus de la consommation. C'est dire s'il n'y a eu aucun laxisme dans la gestion de nos finances publiques. Depuis trois ans, le gouvernement tient fermement le cap entre ceux qui veulent jeter l'argent par les fenêtres et ceux qui ne voient de salut que dans les politiques sacrificielles.

 

La situation de nos finances publiques n'est-elle pas dangereuse ?

Il faut apurer le passif de la crise, mais sans étouffer le retour de la croissance. Le mot d'ordre du président c'est : «Garder son sang-froid.» Plus le climat est à la fébrilité, plus c'est nécessaire.

 

La crise grecque ne pousse-t-elle pas à une politique plus restrictive ?

La crise grecque n'a rien à voir là-dedans.

 

Trois ans après, que reste-t-il de la rupture ?

La fin du renoncement : nous ne sommes pas condamnés à subir. Malgré les difficultés de tous ordres, malgré les crises sans précédent qu'il a dû affronter depuis trois ans, il n'a pas un instant dévié de cette ligne. Après tant d'années de renoncements, d'inaction, de résignation, pour moi, c'est l'essentiel.

 

Nicolas Sarkozy voulait incarner le volontarisme, ne découvre-t-il pas les vertus de l'humilité ?

Croyez-vous vraiment qu'il ait jamais pensé un seul instant que ce serait facile ? Croyez-vous qu'il ne savait pas que la France est un grand pays difficile à gouverner ? Que la France n'est pas une page blanche ? Croyez-vous qu'il ignorait que la France n'est pas seule au monde et que son sort est lié à celui des autres ? Il est au contraire le premier président de la République à tirer toutes les conséquences de la complexité du monde moderne, de l'Europe, de la mondialisation… Non pour se résigner à une forme d'impuissance mais au contraire pour en faire un levier. Il est le premier à tirer toutes les conséquences du fait que dans le monde d'aujourd'hui on ne peut plus séparer la politique intérieure de la politique extérieure. Je suis convaincu que l'histoire lui rendra justice sur ce point.

 

Mais avec le temps, ce volontarisme ne tourne-t-il pas à vide ?

Heureusement qu'il y a eu le volontarisme de Nicolas Sarkozy face à toutes les crises traversées depuis trois ans. Sans la France, sans Nicolas Sarkozy, la Géorgie aurait été rayée de la carte, il n'y aurait pas eu de G20, ni de réponse européenne à la crise financière, ni de plan de sauvetage de la Grèce. Où en serions-nous s'il n'avait pas décidé avant tout le monde de ne laisser tomber aucune banque ? Que ce serait-il passé s'il n'avait pas mis en œuvre le plan de relance en brisant tous les tabous de l'orthodoxie ?

 

Mais les Français attendent toujours des résultats concrets…

La crise est passée par là. Elle aurait été bien pire sans ce volontarisme. Comparez les indicateurs économiques de la France avec ceux de ses partenaires ! Mais le plus important, c'est le retour à une politique structurelle qui prépare l'avenir. Je pense au Grenelle de l'environnement, à la politique industrielle, à la recherche, à l'autonomie des universités, au fond stratégique d'investissement, à la suppression de la taxe professionnelle, au grand emprunt, à la réforme de l'État… Cela portera ses fruits.

 

Reconnaissez-vous, comme François Fillon, avoir commis des erreurs ? Le président ne s'est-il pas trop dispersé ?

Il fallait provoquer une masse critique de changements pour remettre la société et l'économie françaises en phase avec la marche du monde. Quand on recule sur tous les tableaux, il faut se battre sur tous les terrains. La carte judiciaire attendait sa réforme depuis des décennies, la fusion de l'ANPE et des Assedic était un projet de Philippe Séguin, ministre des Affaires sociales en 1986, la taxe professionnelle était déjà jugée comme un impôt imbécile par François Mitterrand !

 

Et la taxe carbone, remise à plus tard, devait être le début d'une révolution fiscale…

Nous ne pouvons taxer nos entreprises que si un mécanisme compensatoire aux frontières de l'Europe les protège contre la concurrence déloyale des pays pollueurs.

 

Le grand emprunt porte sur 35 milliards. Vous réclamiez plus. N'est-ce pas une déception ?

C'est une rupture considérable par rapport à l'habitude prise pendant des décennies de sacrifier l'investissement public. Pour la première fois depuis longtemps, on reconnaît que l'on paye les dettes d'hier avec les revenus de demain et que les revenus de demain ce sont les investissements d'aujourd'hui…

 

Le style du chef de l'État est constamment critiqué. A-t-il désacralisé la fonction ?

Jamais depuis des décennies la France n'a été aussi écoutée, aussi présente, aussi influente sur la scène du monde. Cela ne rend que plus extravagant le procès en illégitimité que font au chef de l'État certains médias et certains milieux qui n'ont jamais accepté son élection. À voir tous les jours ce qu'il donne de lui-même dans l'exercice de ses fonctions, je ne peux m'empêcher de me demander s'il faut chercher la cause des attaques incessantes dont il est l'objet dans la bassesse ou bien dans la dérive d'une société qui, en détruisant toute forme d'intimité, désacralise toutes les fonctions et toutes les institutions. Dans tous les cas, c'est inquiétant.

 

Dans un récent rapport, le médiateur de la République, Jean-Paul Delevoye, décrit une société française au bord de la dépression. Cela fait-il partie du bilan ?

La dépression française est réelle mais elle n'a pas commencé avec Nicolas Sarkozy. Changer le rapport à l'avenir, c'est peut-être le plus grand défi que nous ayons à relever. Mais on ne change pas les mentalités, les représentations collectives du jour au lendemain.

 

Nicolas Sarkozy avait promis d'être le «président du pouvoir d'achat». Était-ce une formule malheureuse ?

Pas du tout. La question du pouvoir d'achat, comme celle de l'emploi, est au cœur du malaise français. Mais le pouvoir d'achat ne se décrète pas. La clef est dans la croissance, dans le partage de la valeur ajoutée, la revalorisation du travail, le recul du chômage… Si ceux qui travaillent sont de moins en moins nombreux et ceux qui sont à charge de plus en plus nombreux, c'est sans issue. C'est ce que Nicolas Sarkozy a toujours dit. Et je crois que de plus en plus de Français le comprennent. Depuis 2007, des heures supplémentaires au RSA en passant par la fin des 35 heures, le contrat de transition professionnelle, ou le cumul emploi-retraite, toute la politique économique et sociale va dans ce sens.

 

La crise de 2008 n'a-t-elle pas invalidé le projet de 2007 ?

Bien au contraire. A-t-il jamais été plus nécessaire de réhabiliter l'effort, le travail, l'esprit d'entreprise face à la spéculation, à la rente, à l'assistanat ? A-t-il jamais été plus urgent de restaurer la prééminence de l'économie réelle, de mettre en œuvre une politique industrielle, de sauver notre agriculture, d'investir à long terme ?

 

La crise grecque et ses risques de contagion ne démontre-t-elle pas que tout reste à faire en matière de régulation ?

Elle montre que tout le système financier, bancaire et monétaire doit être remis à plat. C'est dire ce que sera la responsabilité de la France pendant l'année où elle va présider le G20 à partir de la fin 2010.

 

Cela ne met-il pas en lumière les graves problèmes de gouvernance de la zone euro ?

C'est une évidence constamment rappelée par Nicolas Sarkozy depuis trois ans et qui commence enfin à s'imposer. Mais le problème n'est pas qu'institutionnel. Il nous faut aussi sortir des manières de raisonner, de penser qui nous ont menés au désastre de 2008. Sinon les mêmes causes produiront les mêmes effets.

 

Nicolas Sarkozy a beaucoup parlé de nation, de République. Finalement, la loi sur la burqa devrait voir le jour. Avec un risque juridique, puisque le Conseil constitutionnel pourrait la déclarer non conforme. N'est-ce pas un exemple de ces postures qui ne débouchent sur aucun changement concret ?

On disait la même chose pour le foulard à l'école… Si la burqa est indigne, contraire à nos mœurs, à nos valeurs, alors, la seule attitude cohérente est de l'interdire. C'est cela la République. Et chacun doit prendre ses responsabilités. C'est ce que fait le gouvernement. Je voudrais dire que derrière la burqa se trouve posée une question essentielle pour notre avenir : à la fin des fins, dans quelle société voulons-nous vivre ? Oui ou non voulons-nous la République ? Oui ou non refusons-nous le communautarisme ? Oui ou non voulons-nous l'égalité de l'homme et de la femme ? Oui ou non voulons-nous défendre notre identité, notre modèle de civilisation, notre conception de la laïcité ? Le moment est venu que chacun réponde.

 

Le président avait annoncé le retour de l'autorité et la liquidation de «l'héritage 68». Y êtes-vous parvenus ?

Toutes ces notions sur lesquelles l'idéologie de Mai 68 avait jeté l'opprobre - l'autorité, mais aussi le mérite, le travail, le devoir, la nation - Nicolas Sarkozy les a remises au centre du discours et de l'action politiques. Songez d'où l'on vient, et ce qu'était le politiquement correct d'il y a encore à peine quelques années.

 

Après trois ans à l'Élysée, éprouvez-vous de la lassitude ?

Il reste encore tant à faire…

 

 

Henri Guaino

Lefigaro.fr

 

 

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