Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

PRESENTATION

 

 

Contact: marcdhere.mdh@gmail.com 

 RECONQUÊTE est un  mouvement en construction. Ce n'est pas un parti politique, mais un Cercle de Réflexion et d'Action, ouvert à tous ceux, à quelque parti qu'ils appartiennent, ou sans parti, qui se reconnaissent dans ses valeurs et  principes. La Responsabilité et l'équivalence entre droits et devoirs à tous les niveaux,  le libéralisme économique,  la solidarité,  le choix d'une évolution réaliste et progressive dans le social et le sociétal,  l'Europe... 

 

Recherche

5 janvier 2012 4 05 /01 /janvier /2012 08:26

 

Personnages principaux

 

LA PRESIDENCE

Le Président

Hervé Tallec, 39 ans, premier conseiller

Michel Cervoz, 47 ans, directeur de cabinet

Catherine Liancourt, secrétaire particulière

                      

PERSONNALITES DE LA MAJORITE

Charles Forneray, 56 ans, Premier ministre

Noël Sermiand, 55 ans, ancien ministre de l’Intérieur, président du « Mouvement Républicain », principal parti de la majorité

Nicole Hougret, 49 ans, ministre de l’Emploi, vice-présidente du Mouvement Républicain (MR)

Emmanuel Romano, 40 ans, ministre des Universités et de la Recherche

André Sertanoff, 57 ans, ministre de l’Economie et des Finances

Jacques Durand-Wilème, 62 ans, sénateur, président du « Centre Réformateur », parti allié du « Mouvement Républicain »

Jean-Marie Ferneville, 71 ans, président du Sénat, MR

Irénée Gavinel, 45 ans, président des «   Sociaux Libéraux »,  petit parti de centre gauche qui a rejoint la majorité lors de l‘ élection présidentielle.

Claire Germaniaud, 48 ans, directrice de cabinet du Premier ministre

Nessim Tarik, 37 ans, conseiller politique du Premier ministre et son porte-parole

 

PERSONNALITES DE L’OPPOSITION

Henri Schmidt-Vercel, 60 ans, député, secrétaire général du « Parti Démocrate Socialiste », principal parti d’opposition de gauche

Hélène Rossio, 58 ans, députée, chargée des questions internationales du PDS

Jean-Louis Frey,  69 ans, sénateur,

Louise Fanchinelle, 49 ans, députée européenne, animatrice du courant « Toujours A Gauche » (TAG),  du PDS

Nicolas Brochet, 58 ans, député, centriste d’opposition, président du « Parti Humaniste de la Réforme »

Chantal Morellot, 39 ans, porte-parole des « Ecologistes Radicaux »

Henri Beringer, 68 ans, président du « Front Patriotique », extrême droite

 

AUTRES PERSONNALITES

François Lachise, 65 ans, industriel

Lucien Drivet, 42 ans, avocat, secrétaire général du club de réflexion « Les Modernes Causeries du Lundi »

 

XXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXX

Chapitre I

 

Dimanche 23 octobre, 20 heures 05, palais présidentiel.

 

« Vous venez de l’entendre, le  Président de la République a démissionné. Alors que l’on attendait une  confirmation  de  sa candidature à un deuxième mandat, il vient, dans une courte allocution, dense et grave, de créer la surprise en annonçant  qu’il  renonçait à exercer sa fonction. Nous vous invitons à regarder de nouveau la fin de l’intervention du  Président de la République.»

 

L’image du Président, quelque peu solennelle, revint à l’écran : 

« Si la  France n’est pas encore sortie de la crise, elle en a pris le chemin et  s’avère plus forte qu’elle ne l’était il y a quatre ans, pour affronter l’avenir. Mais, alors que des efforts restent indispensables, je ne dispose plus des moyens me permettant de  poursuivre l’œuvre de redressement et de modernisation de notre pays. La majorité est divisée en ambitions contraires,  plusieurs élus du parti majoritaire, inquiets et croyant  préserver leurs chances lors des élections prochaines, ne me suivent plus sur la voie des réformes difficiles qu’il faut encore entreprendre. Malgré l’action énergique du Premier ministre, dont je salue la loyauté, le projet « d’insertion des jeunes » et celui de « la prévention de la délinquance», ne trouveront pas de majorité au Parlement.  C’est pourquoi j’estime nécessaire, comme le veut la démocratie dans une telle situation, de redonner la parole au peuple, en démissionnant, à compter de demain lundi à 18 heures, du  mandat de Président de la République que vous m’aviez confié. Puissent les forces politiques, je pense en particulier à celles qui composent la majorité, se ressaisir et considérer l’intérêt de la France, avant le leur ou celui de leurs affidés.  Vive la République. Vive la France   »

 

-                    Voilà les termes par lesquels le Président de la République nous a annoncé sa décision. Nous vous ferons part, dans quelques  instants, des réactions recueillies auprès de personnalités de la majorité et de l’opposition, dont la surprise ne doit pas être inférieure à la nôtre. Que va-t-il se passer maintenant ? C’est ce que nous explique un  constitutionnaliste éminent, le professeur  Pierre-Louis Verdier, que nous avons interrogé.

 

-                     La situation, que l’on a déjà connue dans le passé, est prévue par notre Constitution. Dès demain  18 heures, puisque c’est le moment où la démission du Président prendra effet, le président du Sénat, Jean-Marie Ferneville assurera l’intérim de la Présidence de la République. Avec l’aide du gouvernement, il maintiendra la continuité de l’Etat, expédiera les affaires courantes et organisera une nouvelle élection présidentielle, qui devra avoir lieu dans un délai de 20 à 35 jours. Soit, pour le premier tour, les dimanche 13, 20 ou 27 novembre. Vraisemblablement,  c’est le 27 novembre qui  sera retenu afin de laisser à tous les candidats le temps de recueillir les 500 signatures d’élus exigées pour avoir le droit de se présenter,  et celui de faire campagne. Le  deuxième tour, qui doit avoir lieu 15 jours après le premier, serait alors fixé au  dimanche 11 décembre. 

 

Pour regarder son allocution, enregistrée une heure auparavant, le Président s’était installé dans le bureau de son premier conseiller, Hervé Tallec. Normalien sachant écrire, celui-ci était entré au cabinet du Président, alors ministre de l’Industrie et des Entreprises, pour rédiger ses discours. Venant de la gauche libérale, il s’était vite attaché à cet homme politique atypique, dont la tradition et les réflexes étaient de droite, mais qui, ennemi du conservatisme et opposé à toutes formes de privilèges, manifestait la volonté de faire évoluer la société pour mieux l’adapter au monde,  la rendre à la fois plus mobile  et plus équitable.  Le Président, quant à lui, avait vite remarqué  l’intelligence et la pertinence des analyses de ce jeune collaborateur et apprécié sa connaissance subtile du monde politique, qu’il observait en évitant soigneusement de s’y mêler. Devenu Président de la République, il en avait fait son principal conseiller, plus proche de lui encore que ne l’était son directeur de cabinet.

 

-                    Qu’en pensez-vous, Hervé ? c’était bon  je crois… Je n’ai pas trop dramatisé ? 

 

-                    Non, le ton était juste, Monsieur le Président, solennel mais avec la touche de proximité et même d’émotion contenue qu’il fallait, notamment sur la fin. C’est une très bonne intervention.  Ça doit être l’effervescence chez nos adversaires, et sans doute aussi chez nos amis.

 

-                    Nos amis, comme vous avez la délicatesse de les qualifier,  ne doivent pas être mécontents de ma démission qui  les libère, mais les plus lucides doivent se montrer anxieux aussi, car ils ne peuvent pas ignorer qu’ils vont entrer dans une féroce période de concurrence interne…  Mais écoutons un peu ce que disent d’intéressant les « personnalités de la majorité et de l’opposition », que nous a annoncées cette délicieuse présentatrice.

 

Ministres actuels ou anciens, parlementaires, dirigeants ou porte-parole de partis politiques,  universitaires, responsables économiques, qui se succédaient à l’écran, faisaient part  de leur surprise, voire de leur stupéfaction devant cette nouvelle, même s’ils l’interprétaient de manière différente. Dans la majorité et dans les milieux économiques, on   saluait, en général,  la dignité de l’attitude présidentielle. Ceux-là même  qui depuis des mois le critiquaient et s’opposaient à toutes ses initiatives, faisant mine d’être émus par son départ. Dans l’opposition,  on expliquait ce renoncement par la crainte d’une future défaite humiliante, certains allant même, comme Chantal Morellot, la jeune porte-parole des « Ecologistes Radicaux »,  toujours excessive et souvent agressive, jusqu’à parler de lâcheté et de désertion.

 

L’excitation pouvait se lire sur les visages. Sur ceux des leaders de l’opposition bien sûr, persuadés que le retrait d’un Président qui, malgré le rejet qu’il provoquait, restait leur adversaire le plus dangereux,  augmentait leurs chances de victoire.  La députée socialiste Hélène Rossio disant, comme à son habitude crument  ce que les autres se contentaient de suggérer  « c’était la meilleure chose qui pouvait nous arriver ! Maintenant il n’y a plus de doute,  on va gagner ». Les responsables de la majorité, la plupart d’entre eux au moins, ne pouvaient pas cacher – même s’ils montraient quelque retenue dans l’expression  – qu’ils voyaient avec soulagement sortir du jeu   celui qui leur barrait la route et évaluaient déjà les possibilités que  cela pouvait leur ouvrir. Rares étaient ceux qui saluaient l’action réformatrice du Président, ou, comme les ministres Nicole Hougret et Emmanuel Romano, lui exprimaient leur reconnaissance pour avoir su, mieux et plus vite que d’autres chefs d’Etat, réagir face à la crise mondiale et en  préserver, autant que cela avait été possible,  les Français.

 

Deux politologues, habitués des plateaux de télévision, où ils passaient à peine moins de temps que dans leurs bureaux, se livraient à des analyses subtiles et bavardes, tendant à montrer que, même s’ils avaient pu dire le contraire, ils avaient toujours estimé non seulement possible, mais probable cette décision et expliquant, ce qui n’avait échappé à personne, que cela rendait la situation politique particulièrement incertaine.

                                                                             

-                    Que ferait-on sans eux ! Heureusement que ces messieurs - vous avez remarqué, les politologues sont toujours des hommes, et toujours solennels et pompeux-  sont là pour nous expliquer les choses ! Je n’ai pas noté une tristesse excessive dans les déclarations de la majorité. Charles, peut-être, paraissait assez touché… ce qui n’est pas malhabile. Nicole et Romano ont été très bien.

 

-                     Aucun, dans la majorité n’a l’air de se souvenir que c’est en grande partie leur opposition à votre projet « d’insertion des jeunes » qui a provoqué votre démission, fit observer Hervé Tallec. Il faudra rappeler, je pourrais m’en charger si vous voulez, que, pour des raisons contradictoires, ils y étaient tous opposés,  les uns avec  Noël Sermiand parce que cela allait ajouter une charge supplémentaire aux entreprises, les autres, les centristes et certains amis du Premier ministre, parce que ça allait, disaient-ils,  à l’encontre  de la politique de rigueur qu’ils préconisaient, ou dont ils s’étaient fait une posture. On peut dire ou écrire quelque chose comme ça, si vous le souhaitez.

 

-                     Préparez quelques mots en ce sens, on verra ce que l’on peut en faire, mais il est peut-être préférable de ne pas trop insister sur leur responsabilité en ce moment. Et puis, c’est un peu de notre faute aussi. On aurait dû laisser Nicole Hougret présenter dès le début ce projet audacieux qui était le sien, au lieu de le faire porter par le ministre des affaires sociales qui n’y croyait pas et qui a toujours peur de ce qui peut lui arriver s’il sort des sentiers battus. Nicole, avec toute sa combativité et son talent, n’a pas pu ensuite rattraper les choses. Alors que c’était une mesure équilibrée qui aurait dû convenir aux deux parties, chacun n’a voulu en retenir que ce qui n’allait pas dans son sens ou  pouvait présenter quelque risque politique.

 

-                    En réalité, Monsieur le Président, il y avait surtout, vous le savez mieux que personne, la volonté de montrer leur indépendance à votre égard, voire leur opposition, et tout leur était bon. Ils s’opposaient d’ailleurs aussi au projet de prévention de la délinquance, sans que l’on comprenne très clairement les raisons qui les y poussaient.

 

-                    C’est évident,  ils voulaient tellement que je change ! eh bien ! au lieu d’un Président différent, ils doivent être encore plus satisfaits à l’idée d’en avoir bientôt un nouveau.

 

-                    Chacun se voit  déjà candidat et élu ! La bagarre ne va pas tarder à commencer, à gauche comme à droite. Le spectacle ne devrait pas nous décevoir.

 

Le Président sourit, haussa les épaules et  se leva  pour aller dans son bureau prendre un appel, dont sa secrétaire particulière était discrètement venue l’informer. J’en ai pour une minute dit-il en sortant. Ce fut nettement plus long.

 

…A suivre…

Marc d’Héré

 

  Voir la suite du Chapitre I : http://marcdhere.over-blog.com/article-la-declaration-du-president-chapitre-i-2-96270169.html

 

 

Repost 0
Published by Marc d'Here - dans Réflexion politique
commenter cet article
13 septembre 2011 2 13 /09 /septembre /2011 05:42

 

Trois critiques de mon livre «  La déclaration du Président »

 

 

Le genre du livre de politique-fiction  est un des plus difficiles qui soient … les ficelles y sont souvent trop grosses, les personnages à peine masqués par des pseudos y sont trop facilement reconnaissables et trop  grossièrement caricaturés, et leurs auteurs n’y font, en général, que régler des comptes personnels qui n’intéressent qu’eux-mêmes.

 

 Je tiens donc à saluer une réussite qui tranche particulièrement avec le genre ; et je le fais d’autant plus volontiers que son auteur, Marc d’Héré, est un adversaire politique,  un « social-libéral » dont les idées sont aux antipodes des miennes, que j’ai connu du temps où nous étions tous deux au Parti Socialiste, et avec lequel j’entretiens maintenant des rapports qu’on peut qualifier d’exécrables. 

Je n’en suis donc que plus particulièrement à l’aise pour faire ici l’éloge d’un livre qui tranche agréablement avec les lois du genre.

 

L’ouvrage débute par un coup de théâtre : la démission-surprise de Sarkozy, au moment où on s’attendait au contraire  à ce qu’il officialise sa candidature pour la présidentielle de 2012 ; je ne vous en dirai évidemment pas davantage sur le remue-ménage que cela entraîne dans les rangs de la majorité comme dans ceux de l’opposition, toutes deux prises totalement à contre-pied.

 

Je crois que sa réussite tient à plusieurs facteurs :

 

- l’ auteur a traîné ses guêtres, pendant près d’un demi-siècle, dans plusieurs partis politiques, à des postes de responsabilité ; il connaît donc tous les secrets sur la façon dont fonctionne tout ce monde-là (à droite comme à gauche), et sur les automatismes avec lesquels les hommes politiques fabriquent mécaniquement des discours qui n’ont que peu de rapports avec leurs idées, sur leurs ambitions personnelles qu’ils cherchent à masquer derrière des soi-disant différents idéologiques, sur l’importance méconnue des affaires sexuelles dans ce petit monde-là (le livre a été écrit avant les mésaventures de DSK) etc…  

 

- il a eu l’habileté de composer des personnages qui ne sont pas le simple décalque de ceux qui s’agitent sur la scène politique, mais qui mêlent, chacun, des caractères empruntés à plusieurs d’entre eux, ce qui les rend encore plus vrais que ceux que nous connaissons ;  

 

- il a trouvé le ton juste et si rare, celui d’un humour un peu (pas trop) distancié qui ne peut être que le fruit d’une longue pratique de cet univers très particulier auquel il appartient toujours, sans verser, pour autant, dans l’acrimonie des espoirs déçus : c’est la bonne distance, celle de celui à qui « on ne la  fait pas », mais qui n’a pas, pour autant, de comptes personnels à régler ;

 

- enfin, il a su le terminer par un coup de théâtre très habile, parce qu’on croit l’avoir deviné...mais ce n’est justement pas celui qu’on attendait (et que je ne vous révélerai évidemment pas) parce qu’il est aussi impossible que parfaitement vraisemblable.

   

Elie Arié

 

 

 

Comment classer cet ouvrage : roman, politique, science-fiction, description d'une réalité camouflée, pamphlet, chronique d'un scénario annoncé ?...On est plongé dès les premières pages dans la vie politique actuelle avec ses partis et ses hommes bien que l'auteur ait eu recours à des pseudonymes, mais aussi dans le futur à quelques mois des élections présidentielles !

Tout  y est dans ce livre :

Le pessimisme des français, moins heureux, même, que les peuples en guerre, le mal être des classes moyennes,  les réformes difficiles dont celle sur les retraites qu'a menées la majorité mais qui se sont retournées contre le président, du fait des dissensions internes et des critiques systématiques de l'opposition ! Les partis actuels de l'arène politique : l'extrême gauche, les écologistes, les socialistes et leur « primaire », les sociaux-libéraux, les démocrates chrétiens,  les différents courants centristes et de la majorité, l'extrême droite,…

On y retrouve la quête du pouvoir, l'ambition, « être tout en haut », la jouissance d’ y parvenir, le narcissisme, les luttes intestines,  les attaques personnelles, les polémiques, la médiocrité de la presse, les sondages, mais aussi  la reconnaissance du travail accompli par le gouvernement actuel.

C’est aussi une réflexion sur les idées "de la gauche moderne" : rendre la société plus mobile et plus équitable, partager les richesses, le libéralisme économique, la nécessité des réformes, l'irréalisme et l'archaïsme de la gauche actuelle, la flexisécurité, la diminution nécessaire des dépenses publiques, des impôts, des charges sur les entreprises.

Et puis l'originalité de l'intrigue qui pourrait être plausible voir devenir réalité !

Merci Marc pour ce bon moment de lecture.  

Patrick Rousselle

 

« Une fiction politique ? » Le point d’interrogation du sous titre du dernier livre de Marc d’HERE « La déclaration du Président », résume à lui seul tout le caractère ambigu du monde de la politique, l’incertitude qui y règne, avec ses rebondissements incessants, les plus inattendus, l’affaire Dominique STRAUSS KAHN venant encore d’en rapporter la preuve, avec  il faut bien le dire, l’aide du judiciaire qui n’est jamais très loin.

 

L’auteur a su aussi montrer le mystère et la complexité de ce monde où le mythe se mêle à la réalité, où la rouerie précède le coup fourré, où le cynisme l’emporte, où la fidélité à des idées et à des hommes  se mêle à l’ambition.

 

Marc d’Héré a également parfaitement analysé la recherche éperdue du pouvoir, préférée à l’exercice du pouvoir lui même,  souvent décevant et toujours trop évanescent pour ceux qui en jouissent. Il a su mettre en évidence la grande lucidité des hommes politiques qui ne se font aucune illusion sur leur prochain…comme sur eux mêmes.

 

Stratégies, calculs, billard à plusieurs bandes, Marc d’Héré passe en revue toute la panoplie du parfait politicien, avec tout ce qui gravite autour, notamment la presse qui n’est pas épargnée. Ecrit dans un style agréable, ce livre captivera aussi bien les passionnés de la politique, que les novices qui aimeraient découvrir un milieu qu’ils jugent par trop ésotérique.

 

Eric Seydoux

 

 

Le livre, « La déclaration du Président- une fiction politique ? » publié  aux Editions de Passy, est en vente dans les grandes librairies, notamment dans les FNAC.

 

Je peux aussi l’adresser (à des conditions préférentielles) à ceux qui m’en adresseront la demande à ies1@hotmail.fr

 

Enfin, je serai mercredi 14 septembre, de 13 à 19 heures,  à l’Entrepôt – lieu de culture-  7, rue Francis de Pressensé, 75014 Paris, pour le dédicacer.

 

Marc d’Héré

 

Le Président -le vrai- vient de me remecier de lui avoir remis mon livre...J'espère qu'il lui plaira...

 

 

 

 

Repost 0
Published by Marc d'Here - dans Réflexion politique
commenter cet article
19 août 2011 5 19 /08 /août /2011 10:33

 

Egalité des conditions,  égalité des chances, égalité des droits...

 

Par Raymond BOUDON.....

Pour bien des acteurs et des commentateurs politiques la recherche de l’égalité paraît représenter un objectif politique d’une valeur inconditionnelle, voire l’objectif politique ultime. Mais qu’en pense le premier concerné, à savoir le public ?

Égalité des conditions

Certains postulent que toute société doit tendre vers l’égalisation des conditions et que les inégalités sont toujours un mal. Mais le public exige-t-il une égalisation des conditions ? Les études dont on dispose suggèrent plutôt que, pour le public, une bonne politique économique et sociale est celle qui favorise la croissance et assure un filet de protection sociale efficace. Quant à la réduction des inégalités globales, elle n’est guère l’objet d’une demande de sa part. Car il voit bien qu’elles sont d’origines diverses et qu’il est par suite impossible d’apprécier le degré auquel, considérées en bloc, elles sont légitimes.

Le public accepte en effet selon les enquêtes que les rémunérations soient indexées sur le mérite, les compétences ou l’importance des services rendus. Quant aux limites au-delà desquelles ces inégalités seraient perçues comme excessives, elles sont indécises. Ne sont pas non plus perçues comme injustes les inégalités qui résultent du libre choix des individus. Les rémunérations des vedettes du sport ou du spectacle sont ressenties comme excessives plutôt que comme injustes, leur succès résultant de l’agrégation de choix individuels non contraints.
Le principe d’équité veut que, à contributions identiques, les rétributions soient identiques. Mais le bon sens refuse de considérer comme injuste que deux personnes exécutant les mêmes tâches soient rémunérées différemment du fait qu’elles appartiennent à des entreprises ou à des régions dont l’état de santé économique n’est pas le même. Le public ne considère pas non plus comme injustes des différences de rémunérations concernant des activités non comparables. Ainsi, il est difficile de déterminer si un chirurgien doit être plus ou moins rémunéré qu’un chef d’entreprise. Il ne considère pas comme injustes des inégalités dont on ne peut déterminer si elles sont fonctionnelles ou non.

Il considère en revanche comme injustes les inégalités qu’il perçoit comme des privilèges. Il admet fort mal qu’un responsable profite de sa situation pour s’attribuer des avantages illégitimes ou qu’un chef d’entreprise se fasse octroyer par son conseil un « parachute doré », surtout lorsque celui-ci « sanctionne » une mauvaise gestion. Il voit bien que certains régimes spéciaux de retraite recouvrent d’authentiques privilèges sous le voile pudique des « droits acquis ». Il désapprouve que les acteurs politiques utilisent leur pouvoir pour s’attribuer des avantages injustifiés. Il voit bien que, contrairement à ce qu’affirme un poncif facile, la sobriété affichée par les gouvernants des démocraties du Nord de l’Europe, ne s’explique pas par l’influence du protestantisme, mais par le fait que la démocratie y est plus avancée qu’en France. Sauf à supposer qu’ils aient des gènes culturels différents, on ne voit pas en effet pourquoi les exigences des Français en matière d’équité seraient inférieures à celles des Norvégiens ou des Allemands.

Égalité des chances

Cette forme de l’égalité est perçue comme une exigence des sociétés démocratiques. Il est normal qu’il en soit ainsi, car, à la différence des inégalités dites « de résultat », l’inégalité des chances est contradictoire avec les valeurs fondamentales des sociétés démocratiques. Sur ce chapitre, l’inégalité des chances scolaires – le fait que le niveau scolaire atteint par un individu soit lié, au sens statistique, à son origine sociale – a été l’objet d’une attention particulière.

Une deuxième raison de l’attention accordée à l’inégalité des chances scolaires est qu’elle s’est révélée très résistante aux médications. L’enseignement compensatoire n’a pas produit les résultats escomptés. L’extension du tronc commun, qui a donné naissance à l’« école unique » en France ou à la Gesamtschule en Allemagne, a engendré d’innombrables effets pervers : dégradation générale de l’efficacité du système d’éducation et du climat de l’école, échecs scolaires nombreux, morosité des enseignants, ratés dans la transmission du savoir. Les espoirs mis dans la réforme des méthodes pédagogiques ont été, eux aussi, largement déçus.

Parmi les facteurs responsables de l’inégalité des chances scolaires, certains apparaissent sous tous les horizons. Les enquêtes ont démontré que certaines « valeurs » varient avec l’origine sociale. Ainsi, on a plus fréquemment une attitude fataliste devant la vie au fur et à mesure qu’on descend dans l’échelle sociale. Cela a un effet sur l’inégalité des chances scolaires. D’autres ont insisté sur le fait que les apprentissages cognitifs effectués au sein de la famille facilitent les apprentissages scolaires. Les économistes ont insisté sur la variation avec l'origine sociale des coûts d'opportunité et des coûts directs résultant de la prolongation des études. Les sociologues ont insisté sur l’effet dit « des groupes de référence ». Cette notion traduit un mécanisme psychologique facilement observable et compréhensible : un adolescent issu d’une famille favorisée tend, comme ses parents, à considérer la perspective d’occuper un emploi de niveau moyen comme un échec, l’adolescent issu d’une famille défavorisée comme une réussite. A niveau de réussite scolaire égal, le second tend donc à avoir des ambitions sociales plus faibles.

En raison de l’incertitude sur l’importance relative de ces facteurs, une réponse consiste à en privilégier tel ou tel par facilité ou pour des raisons idéologiques. Quand on ne sait pas où l’on a perdu ses clés, pourquoi ne pas les rechercher auprès du réverbère ? C’est ainsi qu’il faut analyser la vogue de la théorie de la « reproduction » hier et du « pédagogisme » aujourd’hui. Ce sont en effet ces théories fumeuses qui ont surtout retenu l’attention de nombre d’enseignants et de politiques des années 1960 à la fin du XXe siècle : selon la première, l’école véhiculerait une culture, celle de la « classe dominante », facilitant la « reproduction » de cette dernière. Selon la seconde, une pédagogie d’inspiration rousseauiste permettrait d’atténuer l’inégalité des chances scolaires. On doit à ces théories : la méthode de lecture globale, la grammaire « structurale », les mathématiques « modernes » ou l’idée que l’école moderne doit être un « lieu de vie » plutôt que de transmission du savoir. Par voie de conséquence, on leur doit aussi : l’explosion des échecs scolaires, la régression régulière de la France dans les évaluations internationales des performances scolaires, les taux remarquables de chômage des jeunes et finalement la morosité particulière dont, selon les enquêtes, témoigne la jeunesse française.

Or on peut montrer que le mécanisme des « groupes de référence » contribue bien davantage à expliquer l’inégalité des chances scolaires que les autres, notamment que les « valeurs » caractérisant les différentes catégories sociales ou que les acquis cognitifs transmis par la famille à l’enfant. Si on parvenait à l’éliminer, on réduirait l’inégalité des chances de manière très sensible. En revanche, on la réduirait faiblement en essayant de compenser les différences d’aptitude à l’école résultant de différences dans les apprentissages cognitifs au sein de la famille.

Cette théorie, que j’ai défendue dans mon Inégalité des chances (Hachette, 2007 [1973]), explique correctement l’ensemble des données connues et notamment la résistance de la relation entre origine sociale et niveau scolaire. Elle permet de comprendre pourquoi les enseignements dits de « compensation » ont eu des effets décevants et pourquoi il ne faut rien attendre du « pédagogisme ». Une étude de V. Müller-Benedict parue dans la prestigieuse Kölner Zeitschrift für Soziologie (déc. 2007, 615-38) vient à nouveau de valider cette théorie dans le cas de l’Allemagne à partir de données de l’enquête PISA.

Loin d’inviter à la résignation et à l’inaction, cette théorie suggère que, pour obtenir une réduction de l’inégalité des chances, il faut 1) renforcer dans les faits la fonction essentielle de l’école, c’est-à-dire la fonction de transmission des savoirs ; 2) renforcer l’évaluation des élèves, ainsi que 3) la liaison entre les résultats de l’évaluation et l’orientation. En outre, les incertitudes relatives à l’évolution de la demande en matière de compétences jointes à l’hétérogénéité croissante de la population scolarisée invitent à 4) stimuler la différenciation du système scolaire en étendant au maximum l’autonomie des établissements scolaires. Bref, elle invite à mettre fin à une fiction qui s’est révélée porteuse d’effets redoutables, celle de l’égalité « républicaine » des établissements. L’abolition de la carte scolaire représente une pièce importante de ce dispositif d’ensemble. Celui-ci permettrait non seulement de réduire l’inégalité des chances scolaires, mais d’augmenter les chances que chacun trouve sa voie, d’atténuer l’échec scolaire et le chômage des jeunes, et de favoriser l’intégration des jeunes de toutes origines.

Une politique de ce genre est en effet susceptible d’entraîner une atténuation de l’inégalité des chances, non seulement scolaires, mais sociales. Les États-Unis ont réussi à créer une vaste classe moyenne noire en trois décennies (1960-1990). Cet effet résulte sans doute de la mise en place de la politique des droits civiques, mais celle-ci a porté ses effets grâce à l’autonomie des établissements d’enseignement américains et à la très grande diversification qui en résulte, ainsi qu’à la latitude consentie au citoyen d’inscrire ses enfants à l’école de son choix.

Égalité et solidarité

La croissance des Trente Glorieuses n’est plus. La population des nations européennes vieillit. Les dépenses de santé et d’éducation augmentent inexorablement. Les démocraties modernes, dont la France, sont donc confrontées au problème de la définition d’une politique de redistribution rationnelle, capable de satisfaire, en fonction de ces paramètres, le double principe de l’équité et de l’efficacité.

Un exemple révèle que ce double principe est effectivement une condition nécessaire et suffisante du consensus. À l’issue de discussions et de conflits prolongés, un consensus très général s’est établi il y a quelque temps déjà sur l’idée que l’impôt sur le revenu est une bonne chose, et qu’il doit être modérément progressif. La raison de ce consensus est que cette institution satisfait au double principe de l’équité et de l’efficacité.

En effet, les sociétés modernes sont grossièrement composées de trois classes sociales : les riches, qui disposent d’un surplus significatif ; la classe moyenne, qui ne dispose que d’un surplus limité ; les pauvres. La cohésion et la paix sociale, le principe de la dignité de tous impliquent que les pauvres soient subventionnés. Par qui ? Au premier chef par la classe moyenne, en raison de son importance numérique. Mais celle-ci n’accepterait pas d’assumer sa part si les riches ne consentaient pas à participer à la solidarité à un niveau plus élevé. Il résulte de ces raisons que l’impôt doit être progressif. D’un autre côté, il doit être modérément progressif sous peine d’entraîner des effets pervers nuisibles à la collectivité et violant ainsi le principe d’efficacité.

Le consensus qu’on observe ici s’est donc bien formé sur la base du double principe de l’équité et de l’efficacité. Une fois suffisamment informé, le citoyen quelconque, quelle que soit la classe à laquelle il appartient, a toutes chances d’accepter l’idée d’un impôt sur le revenu modérément progressif. Sans doute certains s’opposent-ils à ce consensus, sous l’effet de leurs intérêts, de leurs préjugés ou de leurs passions et quelques économistes recommandent-ils de revenir à un impôt proportionnel, voire d’abolir l’impôt sur le revenu. Mais c’est qu’ils ignorent les exigences du principe d’équité.

Le double principe de l’équité et de l’efficacité représente un guide indispensable en un temps où bien des décisions et commentaires politiques donnent l’impression de témoigner d’une « pertes des repères intellectuels ». Pour évoquer deux exemples entre mille : en vertu du principe d’équité, le citoyen quelconque estimerait certainement que les droits de propriété doivent être considérés comme étant à un plus haut degré intangibles s’agissant des richesses accumulées sous l’effet du mérite et de la compétence que des richesses acquises par héritage. Il recommanderait donc de préférer l’impôt sur les successions à l’impôt sur la fortune pour financer les dépenses publiques. C’est pour satisfaire à cette exigence du principe d’équité que les démocraties avancées ont toutes renoncé à l’impôt sur la fortune. Le citoyen quelconque estimerait aussi qu’il est profondément contraire au principe d’équité de boucler les fins de mois de l’Etat aux dépens de générations futures incapables d’accorder leur consentement. L’exception française sur ces deux points provient de ce que les acteurs politiques et les intellectuels français perçoivent facilement leurs concitoyens comme inspirés dans leurs jugements politiques par l’envie, l’égoïsme et la myopie plutôt que par des considérations d’équité et d’efficacité. Un point de vue aussi faux que désobligeant.

Le citoyen quelconque accepterait aussi que l’on renonce à la politique compassionnelle d’assistance aux déshérités au profit d’une politique rationnelle conforme au double principe de l’équité et de l’efficacité. Autant il est indispensable d’apporter de l’aide au citoyen en difficulté, autant il est négatif pour la collectivité et pour lui-même d’en faire un assisté. C’est pourquoi on observe dans toutes les démocraties, en Scandinavie, en Allemagne avec les mesures dites Hartz IV, au Royaume-Uni avec le nouveau New Deal de Tony Blair ou aux Etats-Unis avec le workfare de Clinton, une évolution tendant à substituer une politique rationnelle de solidarité à une politique compassionnelle, en l’occurrence à réformer le système d'allocations chômage en durcissant les conditions d'indemnisation. Les commentaires négatifs sur ces réformes se sont progressivement éteints parce qu’elles ont été perçues comme substituant à une politique d’assistance une politique à la fois plus respectueuse de la dignité humaine et fondée sur une représentation du citoyen quelconque comme sensible au double principe de l’équité et de l’efficacité. Parmi les démocraties avancées, la France a été de nouveau la dernière à mesurer l’inefficacité et l’iniquité des politiques compassionnelles.

Égalité des droits

Les sociétés modernes sont caractérisées par une demande de plus en plus pressante de la part du public, à savoir que chacun soit traité comme ayant une dignité égale et par suite comme étant habilité à jouir des mêmes droits : des mêmes libertés. C’est pourquoi la liberté a la préséance sur l’égalité dans la devise républicaine.

La notion de dignité humaine définit un programme permanent dont le contenu s’approfondit avec le temps. Il est aujourd’hui aussi actif que jamais. De nouveaux droits sont constamment revendiqués et créés. On parle même de « droits non opposables » dont l’application ne peut être exigée devant les tribunaux. Malgré cela, ils sont spontanément qualifiés de « droits », car on a le sentiment qu’ils ont vocation à devenir opposables à plus ou moins brève échéance. Ces bégaiements sont inévitables : la notion de dignité humaine étant intrinsèquement floue, son contenu est par la force des choses évolutif. D’où l’apparition d’interprétations utopiques. Ces bégaiements sont soumis à un processus de sélection qui s’opère sous le contrôle de l’opinion. Bien des utopies d’hier ont pris force de loi, dès lors que les circonstances s’y sont prêtées.

Ces bégaiements peuvent aussi donner lieu à des dérives, comme lorsque le droit du citoyen à être protégé par l’autorité publique s’est trouvé bafoué sous l’effet, non d’un sympathique angélisme, mais de l’idéologie profondément destructrice du lien social qui veut que le délinquant soit une victime de la société. Son influence a été telle qu’elle avait réussi à installer en France un droit tacite à l’impunité, heureusement rejeté aujourd’hui.

Sur la question de l’égalité des droits comme sur les autres questions soulevées par la notion d’égalité, le double principe de l’équité et de l’efficacité est un guide sûr. Il permet d’échapper à l’idéologie et à la confusion intellectuelle : confusion -pas seulement due à la racine commune des deux mots- entre l’égalité et l’équité ; confusion entre l’impérieuse égalité des droits, la désirable égalité des chances et l’utopique égalité des conditions.

 

Repost 0
Published by Raymond Boudon - dans Réflexion politique
commenter cet article
17 août 2011 3 17 /08 /août /2011 16:05

 

Extraits du livre « Plus belle la gauche – Pour une gauche moderne » de Marc d’Héré et Gilles Casanova

 

 

Il est vain d’opposer l’exigence de liberté à celle d’égalité, car, « la liberté n’a de sens que lorsqu’elle est associée à l’égalité [1]». Donner toute sa place à la liberté, interdit évidemment d’en refuser l’exercice à d’autres. Vouloir la liberté, c’est la vouloir pour tous, ce qui passe par la recherche de l’égalité ou de l’équité, ou, selon la belle expression de Monique Canto-Sperber « par la construction de libertés égales ».

 

De quelle égalité parlons-nous ? Certainement pas de l’égalité radicale des situations. Difficilement réalisable, elle n’est pas davantage souhaitable. L’inégalité est une réalité biologique comme une constante de nos sociétés, et, reconnaissons le, elle est aussi un de ses moteurs. Le nivellement, conséquence de l’égalitarisme, déviation et « maladie infantile » de l’égalité, est contre productif, ne pouvant se faire évidemment que vers le bas et ne poussant pas à progresser.

 

Cette constatation ne contredit pas notre volonté de voir se réduire les inégalités, car autant une société de « l’égalité parfaite » serait une société immobile et déjà « morte », autant les inégalités excessives déchirent les sociétés et peuvent les faire mourir.

 

Au-delà d’un certain niveau d’inégalités, il n’y a plus de monde commun, disait Orwell. Il y a des inégalités inacceptables, il peut y en avoir de légitimes ou de tolérables, notamment celles résultant de l’effort, du travail, ou du talent. Si toute inégalité n’est pas une injustice, la suppression des inégalités injustifiées et la réduction des inégalités excessives constituent des exigences.

Nous refusons la persistance des inégalités entre les hommes et les femmes, celles s’appuyant sur une origine sociale ou ethnique, celles liées à une orientation sexuelle ou une façon de vivre sa vie privée, celles encore résultant d’une situation privilégiée prédéterminée. Nous refusons les inégalités héritées, bien différentes de celles résultant d’un travail, ou d’une prise de risques.

Nous refusons l’idée d’inégalités dont on ne pourrait pas sortir. La gauche française se satisfait de l’existence d’une inégalité de fait au sein de la société en refusant de remettre à plat, dans une perspective de progrès équitable pour tous, les avantages que les salariés du secteur public possèdent sur ceux du privé, en terme d’emploi, de conditions de travail, de retraites, de revenus même pour certaines catégories.

Comment se prétendre les défenseurs de l’égalité quand, pour des besoins électoralistes, on fait de la perpétuation de ces inégalités, un objectif politique !

 

L’égalité à laquelle nous aspirons, au-delà de l’égalité de droits et qu’une défense cohérente de la liberté exige, est l’égalité des chances ou, mieux encore, celle que le sociologue Éric Maurin appelle « l’égalité des possibles ». C’est la possibilité, quelle que soit son origine, sa situation, son handicap éventuel, de s’insérer dans la vie sociale ou professionnelle, d’accéder aux biens collectifs – éducation, culture, emploi, santé – et de pouvoir en tirer un même profit. C’est l’égalité dans les opportunités offertes à chacun, et régulièrement renouvelées, d’utiliser au mieux sa capacité d’autonomie, ses talents et sa volonté.

 

De même que notre conception d’une liberté pour agir dépasse la liberté formelle, notre conception de l’égalité nous sépare de l’égalité de principe qui sert d’horizon abstrait à nombre de politiques sociales traditionnelles. Est-ce l’égalité que de vouloir la même école et les mêmes moyens pour tous, alors que l’on sait que les possesseurs d’un patrimoine culturel et vivant dans un environnement privilégié seront ainsi avantagés ? Est-ce égalitaire de laisser chaque individu dans la même situation face à l’emploi quand un jeune d’origine immigrée a trois fois moins de chances d’être embauché qu’un Français « de souche » ? Est-ce égalitaire d’attribuer, pour aider à élever leurs enfants, davantage aux familles aisées qu’aux familles défavorisées, avec des allocations familiales également réparties, ajoutées à un quotient familial qui avantage les hauts revenus? N’est-il pas plus conforme au concept d’égalité, à la nécessité de l’équité, de construire des dispositifs qui aident concrètement certains individus à combler leur retard ?

L’égalité formelle – curieusement baptisée républicaine par certains de ses défenseurs – pensée à travers le prisme de l’uniformité, est en elle même porteuse d’inégalités et vouloir traiter de la même manière des situations différentes est porteur d’injustice. C’est Louis Maurin, animateur de l’Observatoire des inégalités qui déclare « dans la pratique, l’égalité formelle proclamée par le droit est souvent un paravent qui laisse prospérer les inégalités réelles, compte tenu des avantages dont bénéficient certains. »

 

On ne peut poser le principe d’égalité en faisant comme si il n’y avait pas de différences au départ entre les individus, et que tous, passant dans le même moule, devaient en retirer le même profit. Quand une inégalité existe à l’origine, l’égalité de traitement est une manière de prolonger cette inégalité, alors qu’une forme d’inégalité compensatrice peut l’atténuer[2]. Il faut donner plus à ceux qui partent avec moins si l’on veut que tous aient des chances comparables de réussite et d’épanouissement. C’est le moyen de lutter contre l’exclusion sociale. C’est aussi la juste signification de la solidarité et la condition réelle de sa mise en œuvre.

 

Enfin, alors que la gauche traditionnelle ne se propose (d’ailleurs sans y parvenir) que de corriger par la redistribution les inégalités de l’organisation sociale, nous proposons d’intervenir en amont et de faire en sorte que la production de ces inégalités ne survienne pas, ou soit limitée.

Plutôt que de consacrer tous nos efforts à la redistribution, à aider ceux qui ne peuvent obtenir des revenus suffisants ou des situations acceptables, mieux vaut agir pour les en rendre capables, mieux vaut donner aux moins favorisés les moyens d’échapper à un destin qui bien souvent apparaît tracé dès les premières années de la vie. Il ne suffit pas d’agir par une redistribution financière quand bien d’autres inégalités que celles de revenus existent – inégalités d’accès à la culture, inégalité devant la santé, ou même l’espérance de vie.

Plutôt que de recourir à la correction ou à la compensation des injustices et des inégalités mieux vaut développer une logique d’incitation et de prévention, fondée sur la capacité donnée au plus grand nombre de prendre sa vie en main…  

 

 Agir en ce sens, c’est limiter les occasions qui peuvent favoriser la naissance des inégalités : c’est à l’école, et certainement avant, c’est dans les politiques du logement et celles de l’emploi, dans le rapport à la justice, dans la politique d’insertion et la lutte contre les discriminations, dans l’accès à la culture que cette action s’impose. C’est aussi mettre en œuvre des actions incitatives, qui poussent les individus à agir et à prendre des initiatives plutôt que de se borner à réclamer et attendre des allocations et des indemnités. Plutôt que de privilégier l’assistance aux plus faibles et aux plus démunis nous voulons diminuer les raisons qui poussent à avoir besoin d’assistance.

….

Marc d’Héré et Gilles Casanova

 

Extrait de « Plus belle la gauche - Pour une gauche moderne »

Repost 0
Published by Marc d'Here et Gilles Casanova - dans Réflexion politique
commenter cet article
27 juillet 2011 3 27 /07 /juillet /2011 17:55

 

Lisez l'article  "Le Cercle des Libertés Egales, une nécessité"  

http://libertesegales.canalblog.com/archives/2011/07/26/21679344.html

 

 

 

 

 

et inscrivez-vous au nouveau blog " Cercle des Libertés Egales" :

http://libertesegales.canalblog.com/ 

 

 

 

 

 

Marc d'Héré

Repost 0
Published by Marc d'Here - dans Réflexion politique
commenter cet article
24 juillet 2011 7 24 /07 /juillet /2011 17:12

 

Le billet d’Eric SEYDOUX*

 

Le Cercle des Libertés Egales, ultime espoir pour la gauche libérale.

 

J’étais heureux. Ma conscience bien tranquille, convaincu de me trouver du côté des justes, des bons, du droit et surtout de la morale, « moi qui suis de gauche », ne manquais- je jamais de glisser dans les conversations, phrase magique que je ne me lassais pas de m’entendre prononcer, sans crainte du qu’en dira-t-on. Elles me procurait bien être et fierté et rendait mon auditoire attentif, attentionné, intéressé, prudent, car j’évoquais pour mes interlocuteurs l’intelligence, la culture, la générosité, la solidarité, et aussi, le combat du bien contre le mal, de la modestie contre l’arrogance, du pauvre contre le riche, du travail contre le capital, de l’amour contre la haine. J’en étais même arrivé à me demander comment les autres pouvaient faire pour vivre à côté de toutes ces valeurs et de ce bonheur inouï qu’elles me procuraient.

 

J’étais heureux ! Ma vie n’était que rêve et enchantement, j’allais de congrès ouverts en comités fermés, de manifestations publiques en réunions privées, de meeting en symposiums, tous de la plus haute importance, tous à présence indispensable, pour réfléchir, intervenir, applaudir ; je dormais chez les camarades, je déjeunais aux buffets, je dépassais systématiquement mon forfait ; je militais pour une grande et belle cause. Ah, si vous saviez comme j’étais heureux.

 

Et puis le malheur est arrivé sur moi. Cela s’est fait peut-être même sans que je m’en rende compte tout de suite. Envahi par une impression bizarre, celle que l’on ressent souvent à l’adolescence lorsque le  monde d’amour, de solidarité, d’honnêteté dans lequel l’on vit, s’étiole, se fissure de mille lézardes pour faire une place au cynisme, à l’hypocrisie, à l’intrigue, vices ordinaires de la vie, que l’on croyait pourtant honnis du parti et de ses partisans.

 

Au début, je me suis trouvé mille justifications pour écarter mes doutes et mes interrogations, puis seulement cent, puis dix, et un jour je n’en ai plus trouvées malgré tous mes efforts, et là, j’ai commencé à voir des défauts apparaître dans mon édifice si amoureusement bâti, d’abord des détails, mais des détails qui travaillent l’esprit.

 

C’est un jour, un ami de toujours, nommé dans un cabinet ministériel qui ne répond plus à mes appels, ou plus exactement qui ne me rappelle pas alors que sa secrétaire, marque de son importance nouvelle,  m’assurait à chacun de mes appels qu’il le ferait …

 

Et un autre petit défaut et puis un autre plus gros, et d’autres encore, de plus en plus gros, et puis, comme cela arrive souvent avec quelqu’un qui vous trompe, on ne voit plus que des défauts, d’énormes défauts qui maintenant vous broient l’esprit jour et nuit, un en particulier choquant, nauséeux, l’avidité de ces petits cadres du parti, divisés en petits clans informels et mouvants, à se répartir le moindre des postes, à tous les niveaux, même les plus modestes, par principe et pas seulement pour garder la main comme certains le prétendaient cyniquement, mais pour asseoir toujours et un peu plus leur pouvoir pour le prochain coup.

 

Au sommet, une politique du chien crevé au fil de l’eau, sacrifiant sans vergogne un Jean-Pierre CHEVENEMENT, à des nationalistes corses aux idées peu recommandables, dont les amis venaient d’assassiner un préfet, une politique refusant obstinément la prise en compte d’une situation d’insécurité, opposant à une population modeste qui en souffrait, le subtil concept de « sentiment d’insécurité » avec le qualificatif de raciste pour ceux qui ne l’acceptaient pas, une politique bradant de façon irresponsable une croissance aussi avantageuse qu’inattendue, avec l’aberrante loi sur les 35 heures, une politique  refusant par lâcheté les réformes essentielles pour l’avenir du pays, une politique enfin qui conduisit à engager  des milliers de jeunes dans l’assistanat, avec de pseudos emplois que l’on savait déboucher sur rien d’autre que du vent …

 

Alors, il y eut l’espoir d’un BESSON ou d’un BOCKEL pour insuffler dans le parti majoritaire de droite, les idées de gauche, dans l’intérêt général. Mais le premier rejoignit le camp majoritaire, sans avoir eu le temps de faire le travail, quant au second à qui en incombait désormais la charge,  il ne s’en préoccupa point, trop assailli par les devoirs de sa propre charge qu’il préféra à toute autre, laissant par la même sur le bord du chemin des partisans de qualité, certainement parmi les meilleurs des socialistes, tant au niveau de l’intelligence politique que  de la rigueur morale, qui à chaque réunion demandaient sans recevoir de réponse, la construction d’un vrai parti de gauche au service du libéralisme,  déplorant sans plus de réponse, une inaction endémique, qui rendait totalement inaudible un mouvement qui de toute façon n’avait rien à dire, ainsi que le montre surabondamment son désolant site internet,  avec des leaders  qui ne surent briller ni par leur idées ni par leur talent et qui ne trouvèrent comme refuge, pour leurs médiocres déclarations, que quelques bienveillants journaux électroniques…

 

Justement éconduits du gouvernement ils s’en allèrent raccrocher leur petit wagon à la caravane BORLOO/RAMA en partance pour on ne sait où, avec pour seul viatique un discours opportuniste permettant toutes les voltes-faces, toutes les compromissions, toutes les trahisons et bien sûr si nécessaire, tous les repentirs.     

   

Mais au fait, « insuffler dans le parti majoritaire de droite les idées de gauche dans l’intérêt général », c’est quoi exactement ? Et bien je le reconnais, je n’en sais rien, car à vrai dire ce travail n’a jamais été entrepris par quiconque, même en dehors des mouvements politiques.

 

Le Cercle des Libertés Egales, se propose de s’atteler à cette tâche.

 

Le Cercle des Libertés Egales peut-il  y parvenir ?

 

Oui, je le pense car il n’y a pas d’autre choix. Une condition toutefois, éviter l’écueil qui consiste comme ceux qui n’ont rien à dire à sombrer dans l’énumération indigente et absurde de lieux communs tels ceux que Jean-Louis BORLOO ou RAMA YADE ânonnent à longueur de plateaux de télévision : humanisme, éducation, progrès, générosité, égalité…

 

Pas de doctrines non plus ou de théories fumeuses, le groupe de réflexion constitué autour de Marc d’HERE, n’aura de sens qu’à partir d’une analyse de situations, d’évènements concrets qui animent le quotidien des français.

 

Ce qui fera l’identité du Cercle des Libertés Egales ce sera sa position sur la crise, sur l’Euro, sur l’immigration, sur l’affaire DSK et la morale en politique, sur les primaires du parti socialiste, sur le défilé du 14 juillet, sur le fonctionnement de la justice, sur la Grèce, sur le mariage des homosexuels, sur l’opportunité d’une taxe sur les transactions financières... Tous sujets dont il devra s’emparer pour donner sa vision des choses, sa vision de la société.

 

Le Cercle des Libertés Egales devra s’ouvrir sur l’extérieur, diffuser au fur et à mesure ses contributions et réflexions aux  différents partis, mouvements, clubs, proches ou susceptibles d’y trouver intérêt, sans a priori, sans exclusive, sans crainte d’être stigmatisé.

 

Le Cercle des Libertés Egales doit contribuer ainsi à décomplexer la vie politique de ses tabous, des axiomes qui la rigidifient, et qui ne servent en réalité qu’à inhiber ceux qui sont en désaccord avec le parti dominant de gauche, le parti socialiste étant depuis longtemps devenu maître dans cet art, imposant son impérialisme, lui même d’ailleurs pris au piège de la plus belle manière qui soit par son extrême gauche qui s’est affublée du faux nez attrayant d’écolos ou/et de verts, alors qu’ils ne sont que les héritiers en moins talentueux des gauchistes irresponsables d’une autre époque.

 

Le Cercle des Libertés Egales est désormais l’ultime espoir pour la gauche libérale. Sa responsabilité est grande, il n’a d’autre alternative que de réussir.

 

Eric SEYDOUX

 

 *Mes billets n’engagent que moi, ils sont par conséquent publiés sous ma seule responsabilité

 

Repost 0
Published by Eric Seydoux - dans Réflexion politique
commenter cet article
29 juin 2011 3 29 /06 /juin /2011 11:29

 

 Elie Arié, donne son avis sur mon livre " La déclaration du Président" ...

 

Le genre du livre de politique-fiction  est un des plus difficiles qui soient ; si les livres politiques se vendent mal, ceux-ci se vendent encore plus mal, car les ficelles y sont souvent trop grosses, les personnages à peine masqués par des pseudos y sont trop facilement reconnaissables et trop  grossièrement caricaturés, et leurs auteurs n’y font, en général, que régler des comptes personnels qui n’intéressent qu’eux-mêmes.

 

Ils prennent parfois la forme de romans policiers (un meurtre à l’ Elysée, un meurtre rue de Solférino, etc.), qui ont le grand inconvénient d’être écrits par des gens qui ne maîtrisent pas les lois du genre, ce qui fait qu’on a deviné toute la suite dès la troisième page.

 

Je tiens donc à saluer une réussite qui tranche particulièrement avec le genre ; et je le fais d’autant plus volontiers que son auteur est un adversaire politique dont j’ai renoncé à fréquenter le blog, car mes capacités à m’y faire injurier et censurer par l’auteur lui-même ont des limites.

 

L’auteur est Marc d’Héré, un « social-libéral » dont les idées sont aux antipodes des miennes, que j’ai connu du temps où nous étions tous deux au Parti Socialiste, et avec lequel j’entretiens maintenant des rapports qu’on peut qualifier d’exécrables et des échanges qui se limitent à ceux de noms d’oiseaux.

 

Je n’en suis donc que plus particulièrement à l’aise pour faire ici l’éloge (qui ne me vaudra aucune reconnaissance...) d’un livre qui tranche agréablement avec les lois du genre.

 

L’ouvrage débute par un coup de théâtre : la démission-surprise de Sarkozy, au moment où on s’attendait au contraire  à ce qu’il officialise sa candidature pour la présidentielle de 2012 ; je ne vous en dirai évidemment pas davantage sur le remue-ménage que cela entraîne dans les rangs de la majorité comme dans ceux de l’opposition, toutes deux prises totalement à contre-pied.

 

Je crois que sa réussite tient à plusieurs facteurs :

 

-l’ auteur a traîné ses guêtres, pendant près d’un demi-siècle, dans plusieurs partis politiques, à des postes de responsabilité ; il connaît donc tous les secrets sur la façon dont fonctionne tout ce monde-là (à droite comme à gauche), et sur les automatismes avec lesquels les hommes politiques fabriquent mécaniquement des discours qui n’ont que peu de rapports avec leurs idées, sur leurs ambitions personnelles qu’ils cherchent à masquer (de plus en plus mal) derrière des soi-disant différents idéologiques, sur l’importance méconnue des affaires sexuelles dans ce petit monde-là (le livre a été écrit avant les mésaventures de DSK), etc.  ;

 

-il a eu l’habileté de composer des personnages qui ne sont pas le simple décalque de ceux qui s’agitent sur la scène politique, mais qui mêlent, chacun, des caractères empruntés à plusieurs d’entre eux, ce qui les rend encore plus vrais que ceux que nous connaissons ; ainsi y voit-on une Ségolène Royal élue de la région parisienne, un Jean-Marie Bockel qui ne doit son poste ministériel qu’au fait d’appartenir au quota de la  « minorité visible » de peau noire, etc. ;

 

-il a trouvé le ton juste et si rare, celui d’un humour un peu (pas trop) distancié qui ne peut être que le fruit d’une longue pratique de cet univers très particulier auquel il appartient toujours, sans verser, pour autant, dans l’acrimonie des espoirs déçus : c’est la bonne distance, celle de celui à qui « on ne la  fait pas », mais qui n’a pas, pour autant, de comptes personnels à régler ;

 

-enfin, il a su le terminer par un coup de théâtre très habile, parce qu’on croit l’avoir deviné...mais ce n’est justement pas celui qu’on attendait (et que je ne vous révélerai évidemment pas) parce qu’il est aussi impossible que parfaitement vraisemblable.

 

Cet ouvrage « La déclaration du Président. Une fiction politique ? », par Marc d’ Héré, ne sera en librairie qu’en Août, au prix de 20 €, mais l’auteur l’adresse dès à présent pour un prix très préférentiel à ceux qui le lui demanderont à l’adresse mail : ies1@hotmail.fr

 

Elie Arié

 

Repost 0
Published by Elie Arié - dans Réflexion politique
commenter cet article
28 juin 2011 2 28 /06 /juin /2011 08:40

 

A propos des « Libertés Egales »

Monique Canto-Sperber dans Le Monde Diplomatique d’Avril 2009

 

« L’idée républicaine et libérale de solidarité qui s’imposa progressivement en France à la fin du XIXe siècle appelait déjà une forme de redistribution. Le socialisme a inscrit cette idée au cœur de son programme politique. Mais sous quelle forme concevoir la redistribution ? Comme le fondement de la politique socialiste, ou comme son effet ? Si la redistribution est posée au principe, cela signifie que le mode privilégié de l’action socialiste est le transfert de revenus. Sous sa forme radicale, un tel principe conduit à donner des ressources supplémentaires aux plus démunis, en considérant comme secondaire l’impact qu’une telle politique peut avoir sur l’économie, sur les comportements des personnes, sur le sentiment que chacun peut avoir de sa responsabilité sociale. André Philip, dans un texte fameux écrit en 1971, appelle cela le “socialisme distributiviste”, lequel avait, selon lui, “atteint le maximum de ses possibilités au moment des grandes réformes de 1936”. C’est sous l’influence du “distributivisme” que la notion de “solidarité” est devenue synonyme de “fiscalité”, alors qu’au début du siècle on considérait que la redistribution fiscale était une forme de charité étatique. A l’inverse, si l’on considère la redistribution comme un résultat, on s’occupe d’accroître les ressources collectives et de s’assurer que la vie économique est assez fluide pour que chacun, et en particulier ceux qui en sont dépourvus au départ, retrouve des opportunités d’action et évolue dans un monde où il peut en faire usage et les mettre en valeur. (...)Pareille dualité dans la façon de comprendre la redistribution a pour correspondant deux façons distinctes de concevoir l’ambition d’égalité dans l’histoire du socialisme. Faut-il viser à une réduction progressive des écarts de revenus ? Ou à une égalité des opportunités et des moyens d’action, ce que les courants socialistes libéraux ont souvent désigné sous le nom de libertés égales ? Une interprétation libérale du socialisme, soucieuse d’émancipation individuelle, est naturellement favorable à la seconde sorte d’égalité qui seule garantit l’autonomie de la personne. Mais l’idée de libertés égales incite surtout à concevoir des modes d’aides concrètes aux personnes, plus individualisées et plus efficaces que les procédures de redistribution par l’Etat. »

Monique Canto-Sperber

 

Le Libéralisme et la Gauche, p. 218-220

 

 

Marc d'Héré et Gilles Casanova, dans "Plus belle la gauche-Pour une gauche moderne"

 

...Nous avons la certitude qu’un grand projet collectif ne peut se bâtir sans la liberté d’agir donnée à chacun et sans l’autonomie des acteurs, sans leur capacité d’initiative source de dynamisme, leur concurrence source d’efficacité et leur libre collaboration condition de la solidarité.

 

Il est vain d’opposer l’exigence de liberté à celle d’égalité, car, « la liberté n’a de sens que lorsqu’elle est associée à l’égalité [1]». Donner toute sa place à la liberté, interdit évidemment d’en refuser l’exercice à d’autres. Vouloir la liberté, c’est la vouloir pour tous, ce qui passe par la recherche de l’égalité ou de l’équité, ou, selon la belle expression de Monique Canto-Sperber « par la construction de libertés égales ».



[1] François de Singly

 

 

 

 

Repost 0
Published by Monique Canto-Sperber - dans Réflexion politique
commenter cet article
25 juin 2011 6 25 /06 /juin /2011 17:00

 

Eric Besson interrogé par Albert Zennou, Lefigaro.fr du 24 juin

 

Pour le ministre de l'Industrie, Nicolas Sarkozy incarne le «progrès» face à la gauche. 

LE FIGARO.- Vous devriez publier à la rentrée, dans le cadre des Progressistes, le cercle de réflexion que vous animez, un manifeste. Voulez-vous peser sur le débat?

Éric BESSON.- La majorité doit revendiquer son bilan et préparer l'avenir. Effectivement, un manifeste est en préparation. Il devrait être publié en octobre et sera une contribution au débat sur différents thèmes et enjeux de la prochaine présidentielle.

Quels seront selon vous les différents thèmes quidevraient structurer l'élection?

J'en vois au moins trois: le renouveau républicain, l'alliance du progrès technique et du progrès social et la compétitivité solidaire. Les Français veulent que l'équilibre des droits et des devoirs soit mieux assuré, ce qui renvoie aux dialectiques sécurité-liberté, immigration-intégration. Autant de sujets qui imposent le renouvellement du pacte républicain. Je forme aussi le vœu que face aux thèses absurdes de la «démondialisation», Nicolas Sarkozy soit le candidat du progrès, de l'émancipation, de la science, de l'innovation, de l'adaptation solidaire à la mondialisation. Le chef de l'État, en 2012, peut incarner le progrès face à un PS qui paraît avoir renoncé à une valeur qu'il a toujours historiquement revendiquée. Le quinquennat de Nicolas Sarkozy aura aussi permis l'émergence d'une régulation financière internationale. Il aura également été marqué par le retour de l'État-stratège et même de l'État-investisseur. Le capitalisme que nous prônons est celui qui favorise l'entrepreneuriat et le soutien aux PME, notamment les PME familiales. Le «discours de Toulon» sur la régulation du capitalisme est, selon moi, le discours le plus important du mandat. Associons davantage nos concitoyens au partage des fruits de la croissance et montrons-leur que nous pouvons, dans la mondialisation, à la fois conquérir et protéger.

Avec la candidature possible de Jean-Louis Borloo, la majorité ne risque-t-elle pas l'implosion?

Une élection présidentielle a ses lois. Au premier tour on se démarque, au second, on rassemble. C'est ce qu'avait réussi à faire Nicolas Sarkozy en 2007. En 2012, l'UMP devra être entièrement au service de son candidat, mais Nicolas Sarkozy ne pourra être le candidat de la seule UMP. Le moment venu, il faudra rassembler toute la majorité présidentielle, Jean-Louis Borloo compris évidemment, et même au-delà.

Ceux qui ont gouverné ensemble pendant des années ont vocation à se rassembler. Jean-Louis Borloo et Hervé Morin ont occupé des ministères importants et ont mis en œuvre la politique du président. Je reste persuadé que nous nous retrouverons.

Le Parti socialiste, qui a toujours les faveurs des sondages, a-t-il la capacité de remporter l'élection présidentielle?

Je continue de croire le Parti socialiste très mal armé pour affronter l'élection présidentielle. Cela n'a rien à voir avec les talents de ses élus, il en est de réels. Mais le PS traîne le boulet de sa vision doctrinale antédiluvienne: à côté du «projet socialiste» de 2012, le «manifeste progressiste Blair-Schröder», qui remonte à 1999, paraît avant-gardiste! La déconnexion entre l'adoption d'un projet et le choix du candidat est une absurdité: songez que si Dominique Strauss-Kahn avait été candidat aux primaires, il n'aurait pas inspiré un mot du «projet» récemment adopté! Le PS reste le parti du statu quo, de l'immobilisme et il est à présent gangrené par le germe mortifère de la décroissance. Qui peut croire qu'il réinstaurera la retraite à 60 ans? Qui peut succomber aux charmes supposés de la «démondialisation»? Qui chiffrera le coût environnemental, de dépendance, de pouvoir d'achat, de compétitivité de la «sortie du nucléaire»? Lisez aussi le projet numérique présenté cette semaine par Martine Aubry. Derrière le jargon technologique, ce sont des reculs insensés qu'il nous faut démasquer.

Faites-vous une différence entre François Hollande et Martine Aubry?

Ils ont des formations, des références et des qualités communes. Ils viennent de la même souche. Ils s'inspirent de Mitterrand, Jospin et, moins qu'ils ne le disent, Delors. Mais ils n'assument pas l'héritage réformiste de la gauche moderne et les jeux d'appareil les cantonnent au déni de la réalité, à la dépense publique ou à l'incantation.

Le procès DSK risque-t-il de peser sur la campagne du PS?

Politiquement, le PS semble avoir tourné la page DSK. Ses soutiens ont déjà rallié Martine Aubry, pour l'essentiel, ou François Hollande. Mais les socialistes seront probablement plus touchés qu'il n'y paraît par l'absence de Dominique Strauss-Kahn, qui ravive la crise de leadership interne au PS et fait renaître les affrontements entre clans. Dès aujourd'hui, renaît au sein du PS un clivage profond sur la mondialisation et sur la façon d'adapter la France au XXIe siècle.

Le «printemps arabe» a rappelé l'importance stratégique pour la France de la Méditerranée…

Par sa géographie, son histoire, la France a un rôle majeur à jouer en Méditerranée. C'est vers la France que se sont tournés les gouvernements arabes issus des révolutions. Beaucoup ont été sensibles à l'invitation par le président de la Tunisie et de l'Égypte au G8 de Deauville. Les révolutions arabes doivent nous inciter à relancer l'Union pour la Méditerranée, comme s'y attelle Alain Juppé. Nous sommes convenus que j'essaierai de l'y aider. Par exemple à concrétiser l'Office méditerranéen de la jeunesse que j'ai proposé dans mes précédentes fonctions. Ou pour relancer le plan solaire méditerranéen et soutenir les PME et l'innovation en Méditerranée.

Eric Besson interrogé par Albert Zennou, Lefigaro.fr du 24 juin

 

Repost 0
Published by Eric Besson interrogé par Albert Zennou, lefigaro.fr - dans Réflexion politique
commenter cet article
24 juin 2011 5 24 /06 /juin /2011 07:23

 

 

Depuis plusieurs mois, les sondages sont  mauvais pour le Président de la République (même s’ils s'améliorent nettement ces dernières semaines) et sa défaite à l’élection présidentielle peut être envisagée.

 

Aussi voit-on des responsables politiques abandonner progressivement la majorité et se retrouver opposants à une politique qui les satisfaisait jusque-là et à un gouvernement qu’ils soutenaient.

Certains anciens ministres qui approuvaient totalement l’action et les projets du gouvernement quand ils en faisaient partie (bouclier fiscal et discours de Grenoble compris), deviennent critiques maintenant qu'ils ont cessé d’y appartenir, et que les chances de succès paraissent s’éloigner. C’est dans l’ordre des choses et ce n’est pas très grave.

 

Mais on voit aussi un petit parti de gauche (La Gauche Moderne) qui soutenait franchement les réformes du Président de la République, prendre une autre direction, et soutenir un autre candidat à la présidentielle. Et cela c’est plus ennuyeux.

 

En 2007, deux responsables socialistes, Eric Besson et Jean-Marie Bockel ont choisi de rompre avec la gauche institutionnelle et de soutenir la politique de réforme de Nicolas Sarkozy. Pour affirmer et concrétiser ce soutien de gauche, Eric Besson créa « Les Progressistes » et Jean-Marie Bockel « La Gauche Moderne ».

 

Et puis les choses évoluèrent. Eric Besson en restant fidèle au Président, abandonna la référence à la gauche pour adhérer à l’UMP, et « Les Progressistes » disparurent quasiment.

 

 

Jean-Marie Bockel entraîna La Gauche Moderne à abandonner son positionnement à gauche pour rejoindre le marais centriste, et choisit de manifester son opposition au gouvernement accusé de « droitisation » et à Nicolas Sarkozy, en souhaitant que Jean-Louis Borloo représente une « alternative » à celui-ci, c'est-à-dire le batte à la présidentielle.

 

Il ne reste plus aujourd’hui, à l’exception de nos amis de la Diagonale, de mouvement se revendiquant de la gauche, moderne et sociale libérale, tout en soutenant clairement l’action réformatrice du Président de la République.

 

Or, c’est nécessaire.

 

Oui, on peut être de sensibilité de gauche et soutenir le Président de la République et son gouvernement : soutenir sa politique étrangère qui redonne une place et un rôle éminent à la France, défend les peuples victimes de leurs dictateurs-dirigeants et, ce qui n’est pas moins important, intervient avec énergie en faveur de la « moralisation » du capitalisme et pour renforcer la dimension sociale de la mondialisation.

 

Oui, on peut se sentir de gauche et soutenir la politique économique et sociale du Président qui a permis aux Français de moins souffrir de la crise que leurs voisins et leur permet d’en sortir plus vite que les autres.

 

Oui, on peut être de gauche et se féliciter des politiques courageuses et des réformes entreprises par le Président (réforme de la Constitution, limitation des dépenses publiques improductives, création du statut d’auto entrepreneur, autonomie des universités, service minimum, réforme des retraites permettant de sauver le système par « répartition », Grand Emprunt, politique d’environnement, RSA…), et souhaiter qu’il puisse les poursuivre.

 

Sur ce terrain, déserté par les Progressistes et La Gauche Moderne, un autre acteur doit s’imposer, affirmer l’existence d’un soutien de gauche au Président, et rappeler sa nécessité. Ce sera le « Cercle des Libertés Egales », qui veut à la fois approfondir et défendre les valeurs social-libérales - la solidarité, l’équité et la responsabilité - tout en s’engageant dans le soutien à la politique réformatrice et juste de Nicolas Sarkozy.

 

Sereinement, sans agressivité vis-à-vis de quiconque, ce Cercle, lieu de réflexion ouvert au débat, émergera, se constituera progressivement, sans exiger immédiatement d’adhésion formelle, sans manifester aucune rigidité, ni aucun sectarisme.

 

Y seront bienvenus tous ceux, engagés ou non dans un parti politique (de La Gauche Moderne à l’UMP), de sensibilité de gauche, et voulant soutenir le Président de la République et son action réformatrice. Il permettra, dans un premier temps, échange d’informations et de réflexions. Puis, nous travaillerons à l’élaboration de propositions et nous nous manifesterons, notamment à partir d’un site, de réunions publiques et de colloques, dans le débat politique.  

Que ceux qui peuvent être intéressés par ce cercle de réflexion, me le fassent savoir, en commentaires de cet article ou, par exemple, à ies1@hotmail.fr...

 

Marc d’Héré

 

 

Pour lire l'article sur le site du Nouvel Observateur:  

 http://leplus.nouvelobs.com/contribution/89183;le-cercle-des-libertes-egales-soutien-de-gauche-au-president-de-la-republique.html

 

Voir aussi l'autre article:   http://leplus.nouvelobs.com/contribution/2312;la-gauche-moderne-dans-le-piege-de-la-confederation-des-centres.html

 

 

 

 

 

Repost 0
Published by Marc d'Here - dans Réflexion politique
commenter cet article