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Contact: marcdhere.mdh@gmail.com 

 RECONQUÊTE est un  mouvement en construction. Ce n'est pas un parti politique, mais un Cercle de Réflexion et d'Action, ouvert à tous ceux, à quelque parti qu'ils appartiennent, ou sans parti, qui se reconnaissent dans ses valeurs et  principes. La Responsabilité et l'équivalence entre droits et devoirs à tous les niveaux,  le libéralisme économique,  la solidarité,  le choix d'une évolution réaliste et progressive dans le social et le sociétal,  l'Europe... 

 

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12 décembre 2007 3 12 /12 /décembre /2007 07:56

Si je peux me faire un peu de publicité.....

Vient de paraître :

De Rocard à Sarkozy

itinéraire d'un social-libéral

de Marc d'Héré

 

 Recueil d'articles

 

"Le parcours et la réflexion politique d'un homme de gauche, partisan des réformes et déçu par le conservatisme et l'immobilisme de son camp.

Marc d'Héré est le président-fondateur d'Initiative Européenne et Sociale et secrétaire général du mouvement politique fondé par Éric Besson, Les Progressistes".

 

 

 

Ouvrage imprimé sur papier vergé ivoire 100g & couverture à rabats en papier d’art 50 % coton teintée rouille.

 

 

 

ISBN : 978-2-84962-086-1

 

 

 

168 pages, 17 euros

 

 

 

 

 

 

Pour obtenir le livre :

 

 

-     directement auprès de l’auteur, dédicacé : ies1@hotmail.fr

 

 

- auprès de l’éditeur : « catalogue christophe chomant » dans Google ou christophe.chomant@wanadoo.fr ; chèque de 17 є + 1 є de port = 18 є à l’ordre de « Christophe Chomant Éditeur » et adressé au 37 rue des Frères Nicolle, 76000 Rouen (bon de commande ci-dessous)

 

 

- Sur commande dans toute librairie (ouvrage inscrit au fichier Electre)

 

 

 

 

……………………………………………………………………………………..

 

 

 

Merci de m’envoyer … exemplaire(s) des De Rocard à Sarkozy, itinéraire d’un social-libéral, contre ce  chèque de ….. € + 1 € de port = …… €, à l’adresse suivante :

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22 novembre 2007 4 22 /11 /novembre /2007 08:45

La chronique d’Alain-Gérard Slama. Le Figaro  du 19 novembre 2007.

Décidément, en ce point des grèves que l’on espère culminant, tout confirme que nous ne sommes pas en 1995. L’agitation de la rue contre le gouvernement Juppé avait été soutenue par les classes moyennes et exploitée par le PS. En novembre 2007, l’impopularité des grèves est générale, et le PS, qui ne cesse d’attendre son heure, est d’un silence assourdissant. En revanche, nous voyons la base s’obstiner à poursuivre le conflit, et l’extrême gauche se durcir. Ce peut être un baroud d’honneur, avant la reconnaissance par chacun de son intérêt bien compris. Mais ce peut être aussi un degré de plus dans l’escalade des tensions qui menace le modèle politique social français – de loin le plus fortement fragilisé en Europe, il ne faut pas se lasser de le redire, par le choc de la mondialisation.

Cette dernière hypothèse doit être prise au sérieux, dans la mesure où l’exploitation de cette situation par l’extrême gauche pourrait se révéler, à terme, beaucoup plus difficile à maîtriser que ne le fut l’opposition communiste sous la Ve République. En 1995, la prise en charge des mouvements protestataires avait transformé un rejet qui était, au départ, d’ordre idéologique en un phénomène sociologique. Il se pourrait que nous assistions aujourd’hui à un processus symétrique : la transformation d’une revendication sociologique en une contestation idéologique, exploitée par les mouvements gauchistes.

La crise de 1995 avait rendu manifestes en France la montée et la solidarité d’un corporatisme de type nouveau, consistant dans l’agrégation d’égoïsmes professionnels, ethniques et identitaires. Loin d’être révolutionnaire, cet individualisme tribal, en quête de reconnaissance et d’assistance, a condamné le pays à la prévention généralisée et à l’immobilisme. Il était conservateur d’un modèle social épuisé, voire réactionnaire. Ce processus a trouvé en partie son remède dans la prise de conscience par l’opinion de la gravité de la crise, et des réformes rendues nécessaires par la contrainte économique extérieure et par la faillite des comptes de l’État-providence. En évinçant Ségolène Royal pour cause d’irréalisme, l’élection présidentielle du printemps 2007 a confirmé l’ampleur de ce réveil, en même temps qu’elle ouvrait la perspective d’une alternance droite-gauche tempérée et régulée par les centres, alors qu’elle avait été auparavant entravée par les extrêmes.

Restait cependant une inconnue : le poids réel de l’extrême gauche, laminée par ses divisions, et par le souci du vote utile après la leçon de la présidentielle de 2002. Les élections législatives de juin ont permis d’évaluer le vote d’extrême gauche – PCF compris – à un étiage de 11 %, mais avec 40 % d’abstentions. La principale incertitude portait, et porte encore, sur la capacité des courants trotskistes – au nombre de trois ! –, des altermondialistes et des communistes à réaliser le rêve du chef de la LCR, M. Besancenot : ce dernier, fort de ses 4 % de voix au premier tour de la présidentielle, vise à rassembler à gauche de la gauche une formation comparable, voire supérieure à ce que fut le Front national dans ses beaux jours. En cas d’échec de la politique économique du gouvernement, et compte tenu de l’antilibéralisme quasi instinctif diffus dans l’opinion française, ce mouvement pourrait espérer se renforcer d’une partie des mécontents, et les entraîner dans sa haine du capitaliste et du bourgeois, de la même façon que le Front national a exploité le fond de xénophobie qui germe au cœur de toute frustration sociale.

Telle est la tactique testée en ce moment par l’extrême gauche. Celle-ci vise, en multipliant les blocages, à créer un climat de guerre civile, à la faveur duquel elle espère détourner au bénéfice de son objectif révolutionnaire les corporatismes qui paralysent le pays : titulaires de régimes spéciaux acharnés à protéger leur contrat, étudiants inquiets devant toute perspective de réforme, mal-logés et sans-logis impatients devant les lenteurs du plan Borloo.

Le principal danger qui guette la société française serait le détournement du néocorporatisme apparu en 1995, au bénéfice d’un gauchisme, dont l’idéologie, savamment banalisée, s’est emparée des sciences sociales, d’une partie de l’intelligentsia et des médias, depuis la chute du communisme, à la fin des années 1980. Tout le problème qui se pose au gouvernement est de dissocier le corporatisme et le gauchisme l’un de l’autre, et, pour cela, d’éviter le plus possible le choc frontal. Margaret Thatcher, dira-t-on, n’a pas eu peur d’une montée aux extrêmes. Mais elle est parvenue au pouvoir alors que son pays était au fond du gouffre ; l’ultrasocialisme de Tony Benn, l’idéologue du gouvernement travailliste Callaghan, était totalement discrédité, et elle avait à affronter des syndicats forts.

Dans la situation française actuelle, l’opposition radicale vient moins des syndicats que de leurs bases les plus radicales manipulées par l’extrême gauche. Malgré l’impopularité de la grève, le risque de blocage par ces bases est si lourd qu’il inquiète la CGT elle-même : son secrétaire général, Bernard Thibaud, ancien cheminot, se heurte de la part de SUD-rail à une opposition d’une violence qui donne la mesure du péril. Rarement virage aura été plus difficile à prendre. À sa sortie, la réforme des règles de la représentativité syndicale et le secret des votes de fin de grève seront à instaurer d’urgence.

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Published by Alain-Gérard Slama pour Le Figaro - dans Réflexion politique
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29 mai 2007 2 29 /05 /mai /2007 15:16

L’élection de Nicolas Sarkozy ouvre un nouveau cycle politique. Il convient aujourd’hui de tirer les leçons de cette campagne électorale et de préparer l’avenir en prenant nos responsabilités.

Certains d’ente nous dans cette élection ont fait le choix de Ségolène Royal, d’autres de Bayrou et certains, c’est mon cas, ont préféré soutenir Nicolas Sarkozy. Faut-il en rester là ?

Cela amène à répondre à deux questions :

-         Que devient la gauche après cette élection ?

-         Que faut-il faire pour poursuivre notre combat pour une société dynamique et solidaire ?

IES a apporté une contribution utile au débat depuis plus d’un an.  Son Blog se classe parmi les premiers de la catégorie politique. Dès notre création, nous avions annoncé la couleur : nous nous prononcions clairement pour un centre-gauche ouvert et moderne. Pour beaucoup d’entre nous venus du Parti Socialiste, ce qui s’est passé dans les derniers moments de la campagne de Ségolène Royal a le goût amer d’une victoire posthume. Pour nous qui avons connu la défaite au sein du PS en avançant la notion de social-libéralisme (0.67 % des voix au Congrès du Mans !), qui avons été conspués pour avoir  oser  parler d’une alliance au centre, les prises de position tardive de la candidate et de ses affidés ont le mérite de nous donner raison….. trop  tard. La campagne de Ségolène a été conforme à ce que nous avions pronostiqué : médiocre et confuse. Il n’en restera pas sans doute pas  grand-chose, si ce n’est ce ton d’institutrice donnant une dictée à des enfants retardés en lisant des textes parfois bien écrits lorsqu’ils étaient ceux… d’Aurélie Filippetti.

La modernité politique revendiquée par Ségolène Royal aura été à une véritable  modernisation ce que le Canada Dry est à l’alcool : la couleur et le goût (discutable) mais pas la réalité. Comme le dit Marc Lazar dans son article dans Libération : «  le PS est le seul en Europe a avoir choisi la politique de l’autruche »

Le PS et François Hollande ont voulu, par manque de courage ou de lucidité, faire l’économie d’un vrai changement politique,  voulant croire qu’une candidate new style (pour le dire vite) suffirait à faire vendre un produit dépassé, périmé,  déjà servi à maintes reprises. En s’obstinant à conserver le même logiciel politique ils ont perdu le contact avec la réalité et manqué leur rendez-vous avec l’histoire.

Je ne crois pas que la modernisation du PS soit aujourd’hui possible malgré les déclarations de notre ami D.S.K : l’histoire ne repasse pas les plats. Il est vraisemblable que le PS devienne une sorte de SFIO (comme le dit ce dernier) qui mettra 20 ans à mourir et n’a plus  d’autres fonctions que de préserver une solidarité alimentaire entre ceux qui vivent de ce système politique.

Quels bilans peut-on tirer à l’issue de ces élections ?

Le premier est que l’union de la gauche a vécu. Avec moins de 2 % pour le PC, à peine 1 % pour les verts, l’union n’a plus de sens électoral, ce que Baylet remarque à juste titre. Quand à l’impossible synthèse avec la gauche fière d’être antilibérale, il ne reste plus que Fabius a faire semblant de croire que cela pourrait être possible.

Le deuxième c’est que Bayrou cherche en quelque sorte à occuper la place social-démocrate vide laissée par le PS mais pour quel programme et quel projet politique autre que celui d’être l’entrepreneur de lui-même ?

Le troisième c’est que la diabolisation de Nicolas Sarkozy qui était finalement la seule stratégie de la gauche (et de Bayrou) a fait long feu. Quel scandale d’ailleurs que de vouloir jouer cette stratégie de la peur au lieu d’avancer des propositions utiles aux français.

Aujourd’hui les hommes qui luttent depuis des années pour moderniser la gauche ont finalement le choix entre deux options :

Ou bien poursuivre un épuisant combat pour essayer de faire rattraper au PS ces années perdues.

Ou bien saisir la main tendue par le nouveau président et accepter, tout en gardant sa liberté,  l’ouverture  qu’il  propose.

Que Bernard Kouchner ait saisi cette occasion de se rendre utile, qu’avec lui Eric Besson, Martin Hirsh, Jean-Pierre Jouyet, prennent ce chemin, ne relève pas d’une palinodie politique mais d’une constatation : une autre gauche est possible, un centre gauche moderniste  peut s'affirmer   dans le cadre de la majorité présidentielle et être utile. 
Militant de gauche de toujours je crois pouvoir dire ce que pour moi représente un idéal de gauche : ce n’est pas seulement se placer du côté des plus démunis mais aussi être du côté du mouvement plutôt que celui de la conservation, du côté des salariés des entreprises plutôt que des lords propriétaires comme ont su le faire  les travaillistes anglais…..

Les repères ont bougés, la réaction, pour parler comme les socialistes du début du 20° siècle, est aujourd’hui du côté d’un Parti Socialiste englué dans sa sociologie de fonctionnaires plutôt  que dans celui de Nicolas Sarkozy qui manifeste une véritable volonté de changement et de rénovation. La gauche traditionnelle est aujourd’hui  davantage une sorte de coalition des antis (libéraux, mondialistes) qu’une force de proposition. Et tout laisse à penser que cette politique tournant le dos aux réalités, serait bien moins profitable aux salariés et aux démunis que le projet de  Nicolas Sarkozy qui veut donner une nouvelle chance à chacun de profiter de la relance de la croissance et du dynamisme social … 

Il n’y a aujourd’hui rien d’indigne à s’affirmer de gauche et à s’inscrire, en toute indépendance dans  la majorité présidentielle. Comme aux grandes heures de l’Histoire (telle que le Général de Gaulle et Mendès-France ont su l’écrire) il faut dépasser les clivages partisans pour rassembler les forces qui œuvreront pour répondre aux défis de l’époque.

Comme dans de nombreuses démocraties modernes (Allemagne, Italie, Brésil….) une politique de rassemblement peut réunir sur des objectifs de transformation,  des hommes et des femmes qui diffèrent par leur sensibilité et leurs parcours.

Il faut donner acte à Nicolas Sarkozy de vouloir tenir ses promesses d’un gouvernement efficace, car resserré et ouvert à d’autres courants. 

Il ne s’agit nullement de lui  donner un blanc-seing, encore moins de souscrire à tous ses propos (je ne me retrouve pas par exemple dans son analyse de Mai 68) mais d’affirmer une contribution utile aux français, cohérente avec les valeurs de solidarité que nous défendons.

Quelle forme doit prendre ce pôle de gauche : rassemblement politique dans le cadre d’un parti radical regroupé, regroupement organique dans un parti-social libéral européen aux côtés de Christian Blanc, convergence intellectuelle autour de la République des Idées ? Nous retrouver autour de  Bernard Kouchner, exclu du PS, qui prendra peut-être, plus tard une initiative politique,….

Gilles NORROY

 
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22 avril 2007 7 22 /04 /avril /2007 06:43

Pour restaurer sa légitimité face aux mutations du monde contemporain, la gauche, ou sa  composante la plus moderniste,  doit incarner une ambition collective en s’affirmant  force de propositions et initiatrice  d’actions adaptées aux nouveaux enjeux. Elle doit pour cela se rénover profondément dans ses idées comme dans ses projets, sans craindre de remettre en cause certaines modalités d’action  qui avec le temps ont été  considérées comme des principes intangibles, alors qu’elles  n’étaient  en réalité que des moyens pour atteindre des buts, qui eux  demeurent constants.

Nos  valeurs convergent avec celles des premiers  socialistes, les buts ou les objectifs ont peu varié,  mais    les moyens politiques à utiliser pour les atteindre, par définition liés à un moment de l’histoire, à une situation et  un environnement donnés,  peuvent et doivent  changer pour rester efficaces. 

La  pensée traditionnelle  de gauche  considère  comme des idéaux ou des objectifs, et donc comme intouchables,  des concepts qui n’étaient que   des moyens définis dans les années quarante, comme la gestion étatique des services publics,  l’interventionnisme   de l’Etat, le statut de la fonction publique,  les mesures strictement égalitaires  ou le recours à  l’assistance.  Elle a,  pour cette raison, hésité à   les remettre en cause, ou l’a fait  avec un sentiment de culpabilité qui retarde  ou interdit les politiques nouvelles indispensables. Lorsque  Tony Blair écrivait   :    « nous avons confondu les fins et les moyens, tolérant qu’un ensemble d’outils économiques éclipsent les buts qu’ils étaient censés servir »[1], il touchait un point central de la critique qui peut être apportée à l’action de  la gauche et dessinait en creux l’objectif d’une nécessaire modernisation. Admettre le découplage entre les fins et les moyens, et en comprendre la nécessité  permet de se libérer du carcan de dogmes pesants, de se doter d’une liberté d’action sur les plans économiques et politiques, de se retrouver en phase avec l’évolution du monde et de la société.  Nous devons repartir des objectifs fondamentaux qui sont ceux de la gauche et trouver, pour les concrétiser,  les moyens de notre temps.

 

 

 

L’alliance entre le libéralisme et la justice sociale est souvent considérée  comme contre nature, et le libéralisme économique, notamment, parait  incompatible avec les objectifs de la gauche.  Nous voulons mettre  au contraire en évidence que cette  alliance  est possible, qu’elle est même sans doute nécessaire à la réalisation dans le monde d’aujourd’hui des finalités et des valeurs de la gauche. Depuis trente ans, l’anti-libéralisme est devenu, en France,  la pensée uniforme  à gauche comme à droite. Il s’agit pour nous de lutter contre cette « trouble évidence »  et de montrer à quel point cette intégration des idées libérales au socialisme peut le renouveler et lui apporter une efficacité nouvelle[2]. 

Tout au long de son histoire, d’ailleurs,  le socialisme s’est enrichi de nombre  d’idées venant du libéralisme, de la même manière que le libéralisme s’est d’une certaine manière   socialisé. Le libéralisme a reconnu les risques de l’injustice sociale engendrée par une liberté trop absolue, les dangers que la libre initiative sans contrôle ou la concurrence non régulée  pouvait faire courir à la cohésion sociale. Le socialisme moderne a su accepter le marché et la propriété, de la même manière qu’il est devenu plus soucieux de l’autonomie des individus et du rôle essentiel  qui peut être celui des pouvoirs intermédiaires. Socialisme et libéralisme peuvent cheminer de concert et s’épauler dans la recherche du progrès social. C’est  leur combinaison qui  donnera une modernité et une capacité créatrice nouvelle à ces deux concepts anciens.    

Socialistes et libéraux, nous ne pouvons continuer à  soutenir les principes d’un socialisme émollient qui confond justice sociale et assistance, qui ne comprend la régulation que globale et émanant de l’Etat,  qui veut limiter  le  recours à l’initiative et à la prise de responsabilité  parce qu’il  en craint les abus.  L’expérience nous permet d’affirmer au contraire  que c’est la liberté de la personne, l’engagement individuel et  collectif, qui ouvrent la voie au progrès et à  de nouvelles formes de justice sociale. L’initiative et la concurrence favorisent l’innovation et  sont, pour une société, des facteurs de dynamisme. La  compétitivité économique n’est pas l’antithèse de la cohésion sociale, elle peut même la favoriser.  L’abandon d’une  réglementation centralisée des rapports sociaux et économiques au profit du  contrat et de la négociation entre partenaires responsables, peut permettre de  reformer ce lien social qu’un Etat interventionniste tend à dissoudre. L’aide gagne en  efficacité, y compris pour ceux qui en bénéficient, si au lieu d’être   apportée de manière globale et automatique, elle est  ciblée et adaptée aux publics, aux individus qui en ont besoin et se présente comme un tremplin. 

Le refus des principes dépassés du socialisme, ne nous situe pas pour autant dans le camp des thuriféraires du capitalisme,  l’ensemble de nos propositions a même   pour objet de lutter contre  la dureté et l’injustice qu’il provoque.  Avec Lucien Jaume nous pensons qu’on ne peut assimiler le  libéralisme - et encore moins le socialisme  libéral - à un capitalisme débridé, comme les tenants du politiquement correct, de droite ou de gauche,  ont tendance à le faire ou à un ultra libéralisme synonyme d’absence de règles et de loi du plus fort.

Le libéralisme économique lui-même  qui repose sur l’échange, la concurrence égale, l’édiction de  normes permettant le fonctionnement libre et juste   du marché  a trop souvent été purement et simplement  assimilé au capitalisme, à sa  logique de puissance, d’accumulation ilimitée de richesses et  de destruction de l’échange, de concentrations tendant au monopole, à ses excès. Vouloir  bénéficier du dynamisme qu’il apporte, utiliser sa force motrice,  ne nous empêche pas d’agir pour limiter sa brutalité ainsi que  son emprise – et celle de l’argent – sur la société.  

Notre vision est celle d’un humanisme actif qui, faisant appel à la responsabilité de chacun, ouvre un large champ d’autonomie et d’épanouissement personnel,  d’initiatives sociales  et d’actions transformatrices. Elle exprime  une confiance en l’homme et en  ses facultés d’initiative, une confiance  dans la capacité d’une société libre à affronter le présent et à s’engager, de manière plus dynamique sur la voie du futur.

Marc d’Héré   



[1] Tony Blair: New Britain . My vision of a new country. 1996

 

 

 

[2] Ces idées sont exprimées dans deux ouvrages de Monique Canto-Sperber,  publiés en février 2003  «   Le socialisme libéral » édité aux éditions Esprit, diffusée par Le Seuil, et « Les règles de la liberté » édité chez Plon. 

 

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5 avril 2007 4 05 /04 /avril /2007 07:12

Le socialisme vit la fin d’un cycle: l’idéologie marxiste s’est effondrée, le monde communiste a disparu, et aujourd’hui  la social-démocratie atteint  ses  limites.  Cette grande idée devenue une grande force,  source de progrès social et économique pour la plupart des pays européens jusque dans les années 80, et dont l’influence dépassait  les frontières de la gauche,  a  épuisé ses capacités d’innovation et de création.  Sa  vision de la transformation sociale n’est plus en phase avec l’évolution du monde et les attentes des citoyens, ses méthodes et ses moyens ont perdu leur efficacité.

 

 

Se  dire social démocrate  n’a plus grand sens   à l’heure où, à gauche,   la réflexion porte, même si ce n’est pas toujours avoué, sur la manière d’envisager selon l’expression de   Gilles Martinet, une  « post social-démocratie ».  Sur le fond, l’inspiration sociale démocrate,  dans la conception élargie  qui pendant près de cinquante ans  a irrigué l’essentiel de  la pensée et de l’action politique de la gauche européenne,  consiste en un certain nombre d’idées  et de  principes devenus inopérants dans les conditions d’aujourd’hui.

 

 

Cette inspiration se caractérise par le recours à des  systèmes sociaux nationaux soumis à une faible contrainte extérieure,   nés dans une période de forte  croissance -  et qui,  confrontés à la baisse des recettes et à l’accroissement des dépenses, rongés par les déficits,  se trouvent  désormais démunis et impuissants face à l’aggravation  de la précarité et de l’exclusion. Le  vieil Etat providence qui  se paupérise face au champ infini des besoins, a perdu en efficacité et en légitimité.

 

 

 C’est la  philosophie de  l’assistance qui pouvait trouver  une  justification quand il fallait élever rapidement le niveau de vie de populations nombreuses et relativement homogènes, mais qui apparaît   aujourd’hui   comme un obstacle au développement de   l’esprit  d’initiative,  qui freine  le  dynamisme dont nos  sociétés ont  besoin.  C’est, sur le plan social,  une   prise en charge globale et  uniforme, qui représente un anti modèle   quand s’affirme la nécessité de sélectivité,  d’adaptation  aux situations particulières pour répondre aux conditions différenciées ainsi qu’aux  aspirations de plus en plus diversifiées des individus.

 

 

L’inspiration sociale-démocrate c’est aussi   l’attachement à  une égalité formelle, abstraite,  alors que c’est l’équité et une solidarité concrète qui permettront de  retisser un lien social distendu. C’est également la protection  des statuts, des droits acquis, parfois la défense des corporatismes qui représentent autant d’obstacles à la mobilité sociale et   aux  possibilités de réforme.

 

 

C’est, particulièrement en France,  une méfiance vis à vis des entreprises et du marché qui   se traduit par une limitation des conditions  de la compétitivité  et de la croissance. C’est la focalisation sur la redistribution des richesses - avec des  résultats de moins en moins significatifs -  en voulant ignorer les moyens de produire ces richesses.  C’est aussi le choix de l’augmentation  des  dépenses publiques et la confiance dans  l’interventionnisme d’un Etat, dont l’action se trouve pourtant  limitée de toutes parts aujourd’hui et  qui devrait au contraire se concentrer sur ses missions essentielles, alléger son fonctionnement pour dégager des marges de manœuvre notamment sociales.

 

 

Sur le plan international, c’était enfin au-delà d’un internationalisme militant, l’absence  de l’Europe dans le rapport de force mondial -  le parapluie américain lui ayant permis de  ne pas avoir à  financer sa propre défense -  alors qu’  il lui   appartient aujourd’hui de s’affirmer sur la scène internationale, d’être plus présente   et plus active  dans le monde.

 

 

 

 

S’éloignant d’une inspiration  devenue avec le temps  conservatrice,  délaissant   ces orientations  qui ne préparent pas à l’avenir, dans toute l’Europe une autre  gauche s’affirme, réaliste  dans sa prise en compte  de l’environnement mondial,   moderne et progressiste  dans sa vision  économique et sociale. Une gauche qui veut retrouver l’inspiration première, émancipatrice, « libérale » et  pré marxiste  du socialisme, la moderniser en l’adaptant aux conditions du monde et à l’état de la société  d’aujourd’hui.  On pourrait parler d’une  conception  « socialiste  libérale » qui animerait les gauches d’Europe, au premier rang desquelles le « labour » britannique,  alors que les socialistes Français  éprouvent  la plus grande difficulté  à abandonner   les schémas et les modes de pensée traditionnels. Derniers « révolutionnaires », il y  a trente ans quand toute l’Europe était sociale démocrate,  ils deviennent sociaux démocrates, quand les gauches européennes s’affirment« sociales libérales ».  

 

 

C’est à partir de cette réflexion et de l’examen de ce qu’ont su faire les partis de gauche et de centre gauche européens, qu’IES a  élaboreré et précisé son projet.

 

 

 

 

Marc d’Héré

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20 mars 2007 2 20 /03 /mars /2007 12:52

Une tribune que j'avais publiée il y a quelques années dans Libération.....Qui garde une certaine actualité...

Trois courants de pensée traversent la gauche française.  Pour les caractériser  schématiquement, on peut retenir  deux critères : celui de leur attitude face au marché, celui de leur conception du  progrès  social.

 

La gauche archaïque  manifeste une hostilité viscérale vis à vis du marché qu’elle voudrait  contraindre et enfermer dans  une réglementation émanant d’un Etat, par définition  omniscient et omnipotent. Elle estime  possible et nécessaire  d’administrer l’économie au moyen de règles contraignantes et   à l’intérieur d’illusoires frontières. Quant au progrès  social elle l’exprime dans un « toujours plus » égalitariste, sans tenir compte des possibilités ou des réalités politiques et  économiques. Curieusement pour des mouvements qui ne renient pas l’héritage marxiste, l’économie et  la production  sont  destinées à suivre, l’essentiel  est de redistribuer, ou de prétendre le faire. Deux termes pourraient caractériser  cette gauche, ceux de réglementation et d’égalitarisme.

  La  gauche traditionnelle, qui se découvre sociale démocrate trente ans après le reste de l’Europe, a vis à vis du marché une attitude faite de méfiance plus  que  de franche hostilité ;  elle en reconnaît du bout des lèvres  certaines vertus mais la crainte  qu’elle éprouve pour ses conséquences sociales la conduit à vouloir en limiter strictement  le champ. Consciente, avec nostalgie, qu’elle ne peut plus administrer l’économie, elle déclare vouloir  la « réguler », en   confiant  cette responsabilité exclusive à un Etat interprète et  défenseur unique de l’intérêt général, agissant par l’entremise d’ une administration pléthorique et envahissante. Cette régulation nationale a pour objectif  la justice sociale, entendue  comme une égalité républicaine théorique que l’on prétendra  atteindre par  la mise en œuvre  de mécanismes globaux et  centralisés.  Pour caractériser cette gauche sociale-démocrate, on peut retenir les termes de régulation étatique et d’égalité formelle.

 

 

 La gauche moderne ou sociale libérale, regarde le marché comme une donnée incontournable et veut utiliser toutes les opportunités d’innovation et de croissance  qu’il offre. Consciente des  inégalités qu’il  provoque elle estime, elle aussi,  qu’une régulation s’impose mais  elle ne l’attend que partiellement d’un Etat, acteur important mais pas unique de la société. C’est de la société elle-même, de sa prise de responsabilité,  que doit émaner pour  une large part la  régulation : des collectivités locales qui doivent pouvoir décider et gérer au plus près des réalités et des attentes; des médias qui doivent permettre la transparence nécessaire au contrôle démocratique ; des partenaires sociaux qui doivent pouvoir  prendre toute leur place dans l’évolution du « social » ; des associations, des citoyens dont les initiatives et  l’exigence de responsabilité contribueront à transformer et à revitaliser la démocratie. Pour cette  gauche responsable, la  justice sociale  ne peut résulter de réglementations nationales et  de caractère général,  mais d’actions ciblées, dirigées en priorité vers les plus faibles et les plus vulnérables, destinées à servir de tremplin  vers  une « égalité des possibles ». Pour caractériser cette gauche moderne les termes de responsabilité et d’équité sont  les plus adaptés.

 

 Aucun parti n’est  aujourd’hui constitué d’une seule « gauche », les trois se retrouvent parfois cohabiter plus ou moins harmonieusement,  comme c’est le cas au sein  du  Parti socialiste.  Dans ce parti, la gauche traditionnelle est  dominante.   Libre de toute « conviction pesante », elle est  disponible pour les synthèses les plus improbables, prête à des  propositions  d’inspirations diverses pourvu qu’elles puissent s’intégrer dans un  discours conforme  aux dogmes. La tendance archaïque participe fortement  au débat, auréolée  du curieux  « prestige » de ceux qui  s’obstinant à ignorer l’évolution du monde,  défendent encore  au 21ème siècle,  avec une constance qui force l’admiration militante,  les idées et les projets du  Front Populaire et de la Libération ….. Reste le pôle moderniste, qui  se fait discret, modeste, silencieux  de peur d’être accusé de « droitier », voire, ce qui serait politiquement meurtrier,  de « libéral ». Certes on en trouve la trace dans quelques organisations proches de la deuxième gauche, quelques personnalités, en ordre dispersé,  envoient des signes, esquissent des pistes de réflexion, posent des jalons,  mais  aucune force organisée  n’a, jusqu’à présent eu  l’audace  de faire sortir ce mouvement de pensée de sa clandestinité prudente. Pourtant  ces idées, constitutives de la pensée de gauche dès son origine,  appliquées par de grands partis en Europe, sont largement représentatives de l’opinion de gauche et du centre gauche et  ont sans doute  vocation à être majoritaires.  Mais, la politique est ainsi faite, les préjugés sont si forts, les rapports de pouvoir si prégnants,  que le social libéralisme campe aux lisières  de l’action politique sans y participer vraiment. Ses partisans, nombreux lors de  conversations privées  ne se découvrent  pas et donnent même  volontiers  des gages aux traditionalistes, voire aux archaïques,  dès lors  qu’ils se sentent soupçonnés d’hérésie sociale libérale  ….

 

 

 

Parce que je le sais désireux de   rénover la pensée, la pratique et la stratégie  d’une gauche qu’il veut imaginer responsable, parce que je le crois  attentif  à  ce qu’expriment   à l’extérieur de nos frontières nombre de mouvements sociaux-démocrates ou libéraux  européens,  je souhaite que le mouvement « Initiative Européenne et Sociale », sache  faire sortir le social libéralisme  de sa clandestinité  pour  lui  permettre   d’irriguer  un centre gauche audacieux et  modernisé.

 

            Marc d’Héré

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11 février 2007 7 11 /02 /février /2007 23:10

Un article que jai publié sur le blog d'IES en octobre dernier...

Le socialisme vit la fin d’un cycle: l’idéologie marxiste s’est effondrée, le monde communiste a disparu, et aujourd’hui  la social-démocratie atteint  ses  limites.  Cette grande idée devenue une grande force,  source de progrès social et économique pour la plupart des pays européens jusque dans les années 80, et dont l’influence dépassait  les frontières de la gauche,  a  épuisé ses capacités d’innovation et de création.  Sa  vision de la transformation sociale n’est plus en phase avec l’évolution du monde et les attentes des citoyens, ses méthodes et ses moyens ont perdu leur efficacité.

 

Se  dire social démocrate  n’a plus grand sens   à l’heure où, à gauche,   la réflexion porte, même si ce n’est pas toujours avoué, sur la manière d’envisager selon l’expression de   Gilles Martinet, une  « post social-démocratie ».  Sur le fond, l’inspiration sociale démocrate,  dans la conception élargie  qui pendant près de cinquante ans  a irrigué l’essentiel de  la pensée et de l’action politique de la gauche européenne,  consiste en un certain nombre d’idées  et de  principes devenus inopérants dans les conditions d’aujourd’hui.

 

Cette inspiration se caractérise par le recours à des  systèmes sociaux nationaux soumis à une faible contrainte extérieure,   nés dans une période de forte  croissance -  et qui,  confrontés à la baisse des recettes et à l’accroissement des dépenses, rongés par les déficits,  se trouvent  désormais démunis et impuissants face à l’aggravation  de la précarité et de l’exclusion. Le  vieil Etat providence qui  se paupérise face au champ infini des besoins, a perdu en efficacité et en légitimité.

 

 C’est la  philosophie de  l’assistance qui pouvait trouver  une  justification quand il fallait élever rapidement le niveau de vie de populations nombreuses et relativement homogènes, mais qui apparaît   aujourd’hui   comme un obstacle au développement de   l’esprit  d’initiative,  qui freine  le  dynamisme dont nos  sociétés ont  besoin.  C’est, sur le plan social,  une   prise en charge globale et  uniforme, qui représente un anti modèle   quand s’affirme la nécessité de sélectivité,  d’adaptation  aux situations particulières pour répondre aux conditions différenciées ainsi qu’aux  aspirations de plus en plus diversifiées des individus.

 L’inspiration sociale-démocrate c’est aussi   l’attachement à  une égalité formelle, abstraite,  alors que c’est l’équité et une solidarité concrète qui permettront de  retisser un lien social distendu. C’est également la protection  des statuts, des droits acquis, parfois la défense des corporatismes qui représentent autant d’obstacles à la mobilité sociale et   aux  possibilités de réforme.

 

C’est, particulièrement en France,  une méfiance vis à vis des entreprises et du marché qui   se traduit par une limitation des conditions  de la compétitivité  et de la croissance. C’est la focalisation sur la redistribution des richesses - avec des  résultats de moins en moins significatifs -  en voulant ignorer les moyens de produire ces richesses.  C’est aussi le choix de l’augmentation  des  dépenses publiques et la confiance dans  l’interventionnisme d’un Etat, dont l’action se trouve pourtant  limitée de toutes parts aujourd’hui et  qui devrait au contraire se concentrer sur ses missions essentielles, alléger son fonctionnement pour dégager des marges de manœuvre notamment sociales.

 

Sur le plan international, c’était enfin au-delà d’un internationalisme militant, l’absence  de l’Europe dans le rapport de force mondial -  le parapluie américain lui ayant permis de  ne pas avoir à  financer sa propre défense -  alors qu’  il lui   appartient aujourd’hui de s’affirmer sur la scène internationale, d’être plus présente   et plus active  dans le monde.

 

S’éloignant d’une inspiration  devenue avec le temps  conservatrice,  délaissant   ces orientations  qui ne préparent pas à l’avenir, dans toute l’Europe une autre  gauche s’affirme, réaliste  dans sa prise en compte  de l’environnement mondial,   moderne et progressiste  dans sa vision  économique et sociale. Une gauche qui veut retrouver l’inspiration première, émancipatrice, « libérale » et  pré marxiste  du socialisme, la moderniser en l’adaptant aux conditions du monde et à l’état de la société  d’aujourd’hui.  On pourrait parler d’une  conception  « socialiste  libérale » qui animerait les gauches d’Europe, au premier rang desquelles le « labour » britannique,  alors que les socialistes Français  éprouvent  la plus grande difficulté  à abandonner   les schémas et les modes de pensée traditionnels. Derniers « révolutionnaires », il y  a trente ans quand toute l’Europe était sociale démocrate,  ils deviennent sociaux démocrates, quand les gauches européennes s’affirment« sociales libérales ».  

 

C’est à partir de cette réflexion et de l’examen de ce qu’ont su faire les partis de gauche et de centre gauche européens, qu’IES travaille à  élaborer et préciser son projet.

 

 

Marc d’Héré

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