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Contact: marcdhere.mdh@gmail.com 

 RECONQUÊTE est un  mouvement en construction. Ce n'est pas un parti politique, mais un Cercle de Réflexion et d'Action, ouvert à tous ceux, à quelque parti qu'ils appartiennent, ou sans parti, qui se reconnaissent dans ses valeurs et  principes. La Responsabilité et l'équivalence entre droits et devoirs à tous les niveaux,  le libéralisme économique,  la solidarité,  le choix d'une évolution réaliste et progressive dans le social et le sociétal,  l'Europe... 

 

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20 juillet 2009 1 20 /07 /juillet /2009 14:37


Zaki Laïdi, dans Le Monde du 08 juillet 2009...

La défaite électorale du Parti socialiste aux élections européennes du 7 juin n'est pas une défaite comme les autres. Elle marque l'aboutissement d'un long processus d'affaissement rendant sa survie incertaine. Certes, le risque d'une mort subite est très faible. Mais cela ne rendra paradoxalement l'agonie que plus cruelle.

En la matière, le PS n'est d'ailleurs pas dépourvu de références. Celle de la SFIO, qui mit quinze ans à disparaître comme force politique nationale tout en continuant à prospérer dans ses fiefs locaux. Celle ensuite du Parti communiste, dont chaque défaite conduisait son appareil soit à la nier soit à l'expliquer par un assoupissement idéologique dont il fallait prendre congé.

Le PS conjugue aujourd'hui cette double dynamique. D'un côté, une balkanisation qui conduira les barons locaux à s'émanciper encore bien davantage de Solférino quitte à conclure à la faveur des prochaines élections régionales des alliances à géométrie variables qui ne simplifieront pas la lisibilité politique du PS ou qui l'isoleront si les Verts et le MoDem font localement alliance.

De l'autre, une logique de bunkérisation baptisée rénovation et qui ne vise en réalité qu'à garantir la survie d'un appareil aux abois. Car nous le savons. Si le Parti socialiste décidait de s'interroger sérieusement sur les causes profondes de son recul, il ne pourrait que conclure à la faillite de sa stratégie et à l'impéritie de ses dirigeants. Comment donc ce "grand parti d'alternance" en est-il arrivé là ?


Tout depuis vingt ans aurait dû logiquement conduire au renforcement du Parti socialiste. Or c'est exactement l'inverse qui se produisit. Le premier événement fut la chute du mur de Berlin en 1989. A priori, ce bouleversement aurait dû logiquement profiter au socialisme démocratique que le Parti socialiste incarnait face à un Parti communiste déchu. Mais il découvrit qu'abandonner le marxisme c'était abandonner aussi une partie de l'histoire du PS. Il se rendit aussi compte que prendre le contre-pied du marxisme l'exposait à perdre la seule balise idéologique dont il disposait.

Pour survivre, le PS choisit donc de se réapproprier toute la rhétorique du Parti communiste avec tout le manichéisme qui en découlait : diabolisation sans nuance de la droite, préalable de l'augmentation des moyens à toute réforme, disparition de toute critique de l'Etat, réduction de l'action politique au volontarisme de ce même Etat, refus de voir que la gauche pouvait devenir un parti conservateur défendant avant tout les salariés protégés et négligeant par là même ceux qui souffrent des fortes barrières à l'entrée sur le marché du travail. Aussi incroyable que cela puisse paraître, on peut donc dire que la chute du mur de Berlin a en réalité remarxisé l'idéologie du Parti socialiste. Ce paradoxe n'a toutefois été rendu possible que par la nature de ce parti, un parti intellectuel sans véritable base ouvrière populaire et qui a de ce fait toujours compensé ce péché originel par un maximalisme idéologique.


Puis vint le temps de ce qu'on appelle la mondialisation. Là encore le Parti socialiste se trouve à contretemps. Au moment où il se fait le chantre d'un compromis social-démocrate entre le capital et le travail à l'échelle nationale comme pour mieux acter son réformisme, il se trouve confronté à une situation mondiale où ce compromis précisément n'a plus de sens à l'échelle nationale... Du coup il se réfugie dans une position purement défensive, celle de la mondialisation dans un seul pays. Faute d'analyse propre, il se met à la remorque d'Attac.

La gauche revendique fort et clair son alliance avec l'altermondialisme en se croyant de nouveau du côté de l'histoire. L'important était de trouver dans ce combat les ressources idéologiques pour se reconstruire face à une droite qui pour son malheur était d'ailleurs aussi peu libérale qu'elle. Tout ceci dura jusqu'au débat sur la Constitution européenne de 2005 où une partie de la gauche découvrit alors la face sombre de l'altermondialisme français : un souverainisme marxiste dont le moteur idéologique était d'ailleurs moins la lutte contre le capitalisme que son rejet du réformisme. De fait le référendum de 2005 divisa le Parti socialiste et accentua son affaiblissement.


Mais de cette situation il ne tira aucune conclusion. Le Parti socialiste s'éloigna discrètement d'Attac tout en continuant à développer une rhétorique de dénonciation abstraite du libéralisme mondialisé. Survint enfin la crise financière de 2008, une crise dont l'ampleur et la gravité surprirent tout le monde. Dans cette crise dont certains dirent un peu rapidement qu'elle allait marquer la fin du capitalisme, le Parti socialiste y vit un véritable don du ciel, une divine surprise, celle qui vous donne la grâce que vous n'attendiez plus.

Comment ne pas y voir la preuve irréfragable de la résurrection. Pouvoir dénoncer dans un même élan le libéralisme sauvage qui aurait fait faillite et son épigone national Nicolas Sarkozy. Que demander de plus ? Le PS n'aurait eu donc pour seul tort que d'avoir eu raison trop tôt. Mais si la crise financière permit au Parti socialiste de rebrancher son pilotage idéologique automatique, elle ne l'aida nullement à regagner le terrain politique qu'il n'avait cessé de perdre. Car non seulement il était totalement incapable de promouvoir la moindre proposition, mais il s'obstinait à dénoncer l'ultralibéralisme d'un président de droite mais certainement pas ultralibéral. Mais un tel distinguo est précisément pour le Parti socialiste impensable. Impensable au sens propre comme au figuré. Au sens propre parce que la droite ne peut être pour elle que libérale puisque la gauche est antilibérale.

Au sens figuré ensuite, car cela l'oblige à sortir d'un manichéisme qui la déboussolerait. Pourtant le recul des sociaux-démocrates allemands montre qu'il ne suffit pas pour un parti de gauche d'en appeler au réengagement de l'Etat pour retrouver des électeurs. Bien au contraire ceux-ci se sont sentis trahis par un parti volant au secours des "gros" comme Opel. Ainsi la gauche se trouve enfermée dans une situation où elle ne peut critiquer que les réformes dites libérales du gouvernement alors que nous savons que certaines d'entre elles en sont véritablement la négation (réforme de l'hôpital).

En revanche, elle ne peut par conformisme idéologique critiquer des réformes destinées à stimuler la compétition, mais que le gouvernement n'a pas poussées assez loin sous la pression de certains intérêts (la loi de modernisation économique). De tout cela se dégage une conclusion simple : l'enjeu n'est plus de savoir comment sauver le PS mais de faire en sorte que sa survie ne contrarie pas l'émergence d'une gauche moderne et forte.


Zaki Laïdi est directeur de recherche à Sciences Po. Coauteur avec Gérard Grunberg de "Sortir du pessimisme social" (Hachette "Littératures", 2007).

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Published by Zaki Laïdi, Le Monde - dans Parti socialiste
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2 juin 2009 2 02 /06 /juin /2009 17:12
Par Marc Lazar...Le Figaro du 26 05 09...

À l'instar de la gauche réformiste européenne, le PS est confronté à un vide d'identité.

Chaque parti qui compose le socialisme européen présente des points communs avec les membres de cette famille et des particularités déterminées par une longue histoire et son insertion dans le système politique national. Le socialisme en France, quel que soit le nom que le parti ait pris au fil du temps, a néanmoins d'indéniables singularités au regard des partis sociaux-démocrates d'Allemagne, d'Autriche et des pays scandinaves.

À la différence des puissantes machines sociales-démocrates, le PS, doté d'une fragile organisation, n'entretient que des liens lâches avec les confédérations syndicales, à l'exception de ceux noués avec les syndicats des enseignants. De même, il n'a toujours eu qu'un faible enracinement dans la société, hormis dans le Nord-Pas-de-Calais. Son électorat était et reste moins important qu'ailleurs en Europe et la classe ouvrière y occupe une portion congrue.

 

Le tournant des années Mitterrand

 

En outre, le PS a été confronté à la vive concurrence du PCF, qui, de 1945 à la fin des années 1970, l'a largement dominé. Cela a accentué ses propres caractéristiques idéologiques et politiques : l'obsession de ne pas avoir d'ennemi sur sa gauche, le refus du réformisme, la réticence au compromis, l'inclination à la radicalité, un goût prononcé pour l'intransigeance doctrinale, une propension à la division, la difficulté à assumer l'exercice du pouvoir comme l'ont montré Alain Bergounioux et Gérard Grunberg dans L'ambition et le remords. Les socialistes français et le pouvoir.

Les années Mitterrand, de 1971, lorsque celui-ci s'empare du nouveau PS, à 1995, date de la fin de sa seconde présidence, représentent un tournant. Dans un premier temps, la stratégie de l'union avec le PCF accentue ses traits avec sa volonté de rompre avec le capitalisme, son vaste programme de nationalisations et sa critique de la «timidité» sociale-démocrate. Pa­reil­le continuité coexista avec les ruptures introduites par François Mitterrand, comme l'assimilation de la lo­gique présidentielle des institutions de la Ve République.

 

Crise du leadership

 

Dans un second temps, à partir du tournant de la rigueur, en 1983-1984, s'amorce une conversion forcée à une culture pragmatique de gouvernement, assez semblable à celle des autres socialistes européens, et, de manière quasi honteuse, au réformisme comme référence identitaire. Débarrassé du défi communiste (le PCF s'est effondré en quelques années), le PS se rapproche alors des partis sociaux-démocrates. Un rapprochement facilité par sa pleine intégration au sein de l'Internationale socialiste et du Parti socialiste européen (PSE).

La situation présente du PS est proche de celle du reste de la gauche réformiste européenne. Comme les autres partis, le PS est confronté à un dilemme de stratégie : faut-il s'allier avec les forces centristes ou avec celles qui sont sur sa gauche ? Son électorat présente une structure comparable à celle de la plupart des autres partis de gauche : des salariés de plus de 50 ans, appartenant plutôt au secteur public, vivant dans des grandes villes, diplômés, partageant des valeurs «libertaires» ; en revanche, il ne comporte guère de jeunes, de catégories populaires, de précaires ou de salariés du privé.

Le PS, à l'instar de toute la gauche européenne, est confronté à un vide d'identité : son réformisme ne s'avère guère tranchant ni mobilisateur et encore moins son socialisme. Enfin, il butte sur la question du leadership, non point par manque de talents mais parce que l'autorité du leader est affaiblie par sa traditionnelle culture des égaux et la compétition entre les ego.

 

Le poids considérablede la fonction publique

 

Connaître des tourments comparables signifie-t-il pour autant que le PS est désormais un parti socialiste comme les autres ? Le PS conserve encore des traits qui le spécifient. Ses traditionnelles faiblesses organisationnelles continuent de le différencier comme son positionnement idéologique. La grande entreprise de rénovation de la gauche des années 1990, symbolisée par le blairisme, visait à relancer une social-démocratie en voie d'épuisement par l'assimilation du libéralisme, la reconnaissance de l'économie de marché sans approuver la dérégulation généralisée et le déploiement de politiques publiques innovantes, notamment en matière d'éducation, de recherche et de formation professionnelle. Alors qu'elle a partout nourri discussions et controverses, le PS a majoritairement choisi de l'esquiver ou de la dénigrer. Aujourd'hui, avec la crise financière et économique, il pense que le «social-libéralisme» est mort et que le temps de l'État est de retour, ce qui lui donnerait rétrospectivement raison.

Le PS, qui n'a jamais procédé à un vrai bilan historique de la gauche et du communisme, cède une fois encore à ses vieilles inclinations : il gauchit son discours contre le capitalisme sous la pression de la gauche radicale désormais plus trotskiste que communiste. Les autres partis socialistes et sociaux-démocrates cherchent quant à eux à inventer de nouvelles formes de régulation et à lutter contre les inégalités sociales qui se sont creusées sans renoncer à leur acceptation de l'économie de marché, à l'impératif de la réforme de l'État et au refus de l'esprit d'assistance.

Enfin, le PS est plus dépendant du secteur public et de la fonction publique qui exercent un poids considérable et, en un certain sens, se servent désormais de lui pour imposer leurs propres intérêts. Ainsi, bien que le PS adhère au manifeste du PSE pour les élections européennes, il s'avère à la fois un parti socialiste comme un autre et irréductiblement différent.



Marc Lazar
* Professeur des universités à Sciences Po
.

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Published by Marc Lazar - dans Parti socialiste
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19 novembre 2008 3 19 /11 /novembre /2008 21:34



Deux textes, de nos amis Jean-Louis Caccomo et Christophe Chomant, avant le vote de jeudi

 

Il est pour le moins cocasse de voir les leaders socialistes, qui n’ont de cesse de décliner le refrain « des dégâts de l’individualisme et de la compétition effrénée qui sous-tend la logique capitaliste », s’étriper dans une compétition féroce pour prendre la direction du parti socialiste entretenant ce parti dans une crise permanente.

 Les partisans du tout-collectif et de la fraternité entre les hommes seraient-ils finalement comme quiconque habités par un égo incontournable les conduisant à mettre au second plan l’intérêt général de leur propre organisation, ou l’intérêt général tout court dont ils sont pourtant les ardents défenseurs (car il est dans l’intérêt général d’une démocratie saine d’avoir une opposition solide et organisée).

L’individualisme de fait des ténors de l’anti-individualisme ne surprendra pas un économiste si on admet l’idée que la politique constitue un marché. Et sur ce marché des idées et des projets politiques, il est sain qu’existe une concurrence entre différents porteurs de projets afin de faire émerger le meilleur candidat sachant que l’on ne connait jamais le meilleur par avance. C’est la fonction des primaires aux USA. Dans ce domaine aussi, le monopole serait la pire des choses puisqu’il signifierait la dictature.

Les socialistes seraient en tout cas les premiers à redouter un effondrement du capitalisme car ils n’existent que dans la critique de l’économie de marché. Mais pour peu que celle-ci s’effondre vraiment – ce que je ne crois nullement -, qu’auraient-ils à proposer comme alternative ? Oseraient-ils sérieusement nous dévoiler le commencement d’un projet d’une économie fondée sur les principes socialistes ? Il faudrait avoir le courage de présenter à l’opinion la réalité de ces principes car leur mise en application a toujours et partout produit les mêmes effets désastreux.

En tout état de cause, une économie socialiste n’aurait même pas le luxe d’entrer en crise car une économie socialiste n’a jamais fonctionné du tout. Pour entrer en crise, il faut d’abord exister ! La crise, comme la crise d’adolescence qui caractérise l’évolution et la mutation d’un individu, est la manifestation d’une évolution, ce qui est la caractéristique profonde des économies de marché (fondée sur l’innovation perpétuelle).

Par contre, l’innovation ne semble pas caractériser le discours socialiste figé dans des canons d’un autre âge. Or, le discours socialiste aura grandement besoin d’évoluer si le PS veut s’approcher un jour du parti travailliste britannique ou du parti démocrate américain dont le leader Obama, devenu président des Etats-Unis, a tant séduit les socialistes (et pas seulement les socialistes).

 Jean-Louis Caccomo

 

Ah, le beau spectacle ! Il faut dire qu’on a une sacrée équipe : entre
un premier secrétaire dont l’envergure intellectuelle se résume à
critiquer le moindre fait de N. Sarkozy ; une ex-épouse de premier
secrétaire qui s’échine à faire le grand écart entre ouverture
sociale-libérale et vieux boniments marxistes ; un maire de Paris qui se
prétend libéral… mais décide d’augmenter les impôts ; une maire de
grande ville favorable à une interdiction des licenciements… qui
provoquerait un doublement du chômage ; un ex-premier ministre ayant
rejeté l’Europe uniquement pour faire parler de lui ; un président de
FMI qui n’a jamais eu le courage de s’afficher clairement social-libéral ;
de jeunes loups dont les fausses colères n’ont d’autre ambition que de
servir leur propre carrière ; et des élus locaux qui n’en pensent pas
moins mais dont l’opinion est verrouillée par leur baron… Une belle
équipe, que nous envient les droites du monde entier !


Cette élite pensante qui, au 21ème siècle, n’a toujours pas compris que
l’économie de marché est celle qui fonctionne le moins mal ; que
l’entreprise est la première créatrice de biens, de richesse et
d’emplois ; que le chômage ne peut être combattu que par un allègement
des charges pesant sur l’entreprise ; que seule la maîtrise des dépenses
publiques permettra non seulement d’alléger ces charges mais également
d’insuffler une nouvelle politique sociale digne de ce nom ; que les
citoyens doivent être responsabilisés dans leurs dépenses de santé ; que
l’augmentation de l’espérance de vie imposera celle du temps de travail…

Qui n’a toujours pas compris que la prise en compte de ces contingences
n’empêche nullement d’être épris de justice sociale, d’équité et de
solidarité, en un mot d’être de « gauche ». Que l’engagement
progressiste n’interdit pas d’être lucide ou de responsabiliser les
citoyens, loin de là.


Et c’est ainsi que notre parti socialiste reste le dernier parti  européen à ne
pas s’affirmer clairement social-libéral, à demeurer embourbé jusqu’au
cou dans des refrains et démagogies marxistes hors d’âge.
Qui n’a pas compris… ou pire : qui fait semblant de ne pas comprendre.
Par électoralisme.

Mauvais calcul ! Car les citoyens, bien plus intelligents que ne le croient les apparatchiks, sanctionnent dans les urnes tout programme incohérent, médiocre, trompeur ou  
périmé, a fortiori les quatre à la fois comme ce fut le cas pour les dernières présidentielles.


Comment a-t-on pu en arriver là, vingt-cinq ans après Mitterrand ?
Prenez un zeste de militant soucieux de ne pas perdre de voix
communistes ; versez une dose de dirigeant plus égotiste que visionnaire ;
rajoutez un soupçon d’élu local dont l’opinion sincère est verrouillée
par des enjeux de carrière. Secouez énergiquement le tout, versez sur un
lit de glace pilée et rangez au congélateur.


Les vrais progressistes – Rocard, Allègre, Kouchner, Bockel, Besson…
Ils sont partis depuis longtemps ! Pour survivre intellectuellement,
pour rester progressistes. Ce qui fait qu’à présent, hormis quelque trop
rare Valls ici ou là, il ne reste plus au PS beaucoup de neurones qui  bougent.


Allez…! Bonne continuation sur le chemin de l’horizon radieux et de la
pensée zéro… et que le dernier éteigne derrière lui en sortant !


Christophe Chomant

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Published by Jean-Louis Caccomo et Christophe Chomant - dans Parti socialiste
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7 novembre 2008 5 07 /11 /novembre /2008 10:57


Alors que les résultats définitifs  du vote des militants du PS ne sont pas encore connus, les résultats provisoires m’amènent à quelques réflexions.


           
Le nombre de votants n’a pas été élevé (moins de 130.000 semble-t-il), malgré l’importance de l’enjeu et la dramatisation des derniers jours. Cela confirme que le parti socialiste  a perdu la quasi-totalité des nouveaux militants qui l’avaient rejoint lors de la présidentielle et que son déclin s’affirme. On s’en doutait mais cette faible participation en est une illustration.

            Le grand perdant de cette consultation est Bertrand Delanoë. C’est bien sûr une défaite personnelle pour le maire de Paris  dont le seul talent, celui de la communication, ne peut cacher la cruelle absence d’idées ou de propositions.  Alors qu’avec son arrogance habituelle il pensait recueillir 50%, des voix, il n’en regroupe que la moitié (à peine plus d’un tiers à Paris même). Défaite personnelle donc, mais aussi défaite collective de la vieille sociale démocratie, incapable de sortir de ses schémas usés et de ses dogmes dépassés. Le soutien apporté par les apparatchiks passéistes que sont Jospin, Hollande, Guigou, Eyraud  (et malheureusement aussi Rocard qui n’avait rien à faire dans cette galère…), ne l’a pas aidé. Pour eux aussi c’est un désaveu. Sauront-ils le comprendre et l’admette ?

            Ségolène Royal remporte la première manche. Elle termine en tête, mais avec un score moitié moindre que celui qu’elle avait obtenu lors de la consultation des militants pour la présidentielle.  Elle suscite trop d’oppositions internes, elle  divise trop le parti pour pouvoir être élue « premier secrétaire » (sauf combinaisons particulièrement obscures, qui, ne sont pas totalement impossibles).

            C’est peut-être Martine Aubry (autour de 25% elle aussi, comme Delanoë) qui pourrait tirer les marrons du feu, si elle abandonne sa rigidité naturelle  et parvient à un accord avec Benoît Hamon, qui, représentant la « gauche » du parti approche les 20%. Ce score, particulièrement élevé, et l’obstination dont fera certainement preuve Hamon (même si le départ annoncé de Mélenchon, de Dolez et de leurs amis l’affaiblit quelque peu), sont une garantie de l’impossible rénovation du parti.

            En effet, divisé comme il ne l’a jamais été, balkanisé en courants ou chapelles de force comparables, avec une gauche qui pèsera en interne, et une autre qui le concurrencera en externe et dont il recherchera l’alliance, le parti n’a aucune chance de pouvoir se moderniser.  Quel que soit le vainqueur, celui-ci  (ou celle-ci), vivra les mois et les années à venir soumis à une surenchère continuelle de gauche.  Sous le regard et le discours  attentif de ses « camarades », chaque proposition de rénovation sera critiquée et démolie. Le conservatisme et l’immobilisme continueront, sous un discours de gauche, à s’imposer, et les défaites à représenter l’avenir électoral de ce qui a été un grand parti.

Sans leader reconnu, sans projet affirmé, sans propositions fortes et avec de moins en moins de militants, le  déclin du parti socialiste est inéluctable. C’est ailleurs, que se construira la rénovation de la gauche, un ailleurs où La Gauche Moderne a bien l’intention de prendre toute sa place.  

 

Marc d’Héré

           

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4 octobre 2008 6 04 /10 /octobre /2008 11:32
Ségolène Royal a fait l’autre soir au Zénith, à Paris, devant une salle pas tout à fait pleine, venue sans doute autant pour le concert que pour elle, ce que certains ont à juste titre, semble-t-il, appelé un « show ». Nouvelle coiffure, nouvelle tenue,  nouvelle gestuelle récemment répétée, éclairages savants, c’était une  soirée qui se revendiquait clairement  people, branchée, théatrale et médiatique....C’était même plus que cela, et il y avait vraiment un côté télévangéliste ou secte que certains peuvent juger inquiétant et que je pense seulement un peu ridicule.

Qui n’a pas vu, à la télévision au moins, Ségolène Royal à la fin de son « show », le regard illuminé, les bras tendus, dans un faisceau de lumière bleue, faire répéter, en détachant bien les syllabes, et en criant de plus en plus fort,  à une salle  en extase,  Fra-ter-ni-té,  Fra-ter-ni-té….s’est privé d’un spectacle de choix. Surtout venant après le déjà célèbre et déjà drôle « aimez-vous les uns les autres »….Mais pas d’inquiétude cela restera dans les archives et les chaînes devraient nous le repasser souvent.

Dans ce « show », il y a eu aussi, quelques passages politiques, passionnants à plus d’un titre. D’abord  elle ne cite plus le PS, n’y fait plus référence….Ensuite, et cela peut être une explication, elle marche hardiment sur les plate bandes de Besancenot, affirmant, elle qui voulait un temps s’allier à Bayrou, qu’il fallait radicalement changer le système capitaliste, appelant au soutien des luttes sociales voire à…la révolte….Impressionnant !


Mais il y a mieux et plus réjouissant. Elle a quasiment annoncé, du moins c’est ce que, avec d’autres, j’ai compris, qu’elle serait, envers et contre tout et tous, candidate à l’élection présidentielle de 2012, son obsession. Très bien. Comme il y a toutes chances que le PS ne la choisisse pas comme candidate officielle, on aura vraisemblablement deux candidats socialistes en 2012, le candidat désigné par le PS (Hollande, Delanoë ou Aubry) et la candidate auto désignée et « appelée », Royal.


C’est, on s’en doute, une excellente nouvelle pour la majorité et bien sûr pour Bayrou, qui, quoique en perte de vitesse, serait ainsi assuré de terminer à la  deuxième place,  au  premier tour….Il doit déjà se réjouir, et se voir déjà disputant le second tour face à Nicolas Sarkozy…Dans l’hypothèse, bien sûr où ce dernier n’aurait pas été élu au premier tour….Mais c’est une autre histoire, et on y reviendra…

 

Marc d’Héré

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19 septembre 2008 5 19 /09 /septembre /2008 12:15
...Par Laurent Bouvet. http://laurentbouvet.wordpress.com


L’édition 2008 du festival socialiste de La Rochelle n’augure rien de bon pour la suite. Même si chacun des protagonistes de ce vaudeville a tenu à souligner, après avoir paradé devant micros et caméras, l’intérêt et la qualité des débats, on sent bien que le cœur n’y est plus. Le congrès de Reims s’annonce crépusculaire. Non seulement les socialistes ne travaillent plus depuis longtemps à leur évolution doctrinale et à l’élaboration programmatique qui va avec mais, de surcroît, ils se complaisent désormais dans un jeu d’autodestruction méthodique qui touche tour à tour chacun de leurs dirigeants.

Entre l’œuf doctrinal et la poule du leadership, nul ne sait plus par où commencer. Les uns refusent la présidentialisation du parti contre l’évidence même des institutions de la Ve République encore renforcée par le quinquennat. Les autres mettent en avant une « présidentiabilité » obtenue à coups de sondages d’opinion et de médiatisation tapageuse sans proposer le moindre projet politique en dehors de leur indispensable personne. Et tous d’élaborer des tactiques de congrès plus sophistiquées les unes que les autres pour prendre un pouvoir dont on comprend déjà, malheureusement, qu’ils ne sauront trop que faire si ce n’est de tenter de le conserver à tout prix. Le degré de cynisme vain et d’aveuglement coupable atteint par les dirigeants du PS est à son comble. Les différents courants et personnalités qui ont soutenu la direction insubmersible animée par François Hollande depuis 1997, et surtout 2003, y ont leur part. Ce sont pourtant les mêmes aujourd’hui qui sont à la manœuvre en protestant de leur volonté de « reconstruire » ou de « rénover ». Comment les croire ?

Dans ce champ de ruines, un problème est sans doute plus grave encore que les autres. Ce qui divise les socialistes est en effet désormais bien plus important et plus profond que ce qui les rassemble. Malgré les dénégations répétées sur l’air de «  ce qui nous unit est plus fort que ce qui nous sépare », entonné à tue-tête depuis le fiasco du référendum sur le Traité Constitutionnel Européen en 2005. Le dogme de l’unité socialiste, héritage lointain de Jean Jaurès et de la SFIO de 1905, réapproprié par François Mitterrand dans les années 1970, est devenu une illusion mortifère. Il a longtemps empêché l’harmonisation entre discours théorique et pratique du pouvoir ; il interdit désormais l’efficacité électorale et la conquête du pouvoir d’Etat, un comble !

Cohabitent aujourd’hui au PS trois partis distincts. En son centre, lieu névralgique du pouvoir dans ce qui est devenu une vaste association d’élus locaux entourés de leurs affidés, on trouve les tenants d’une gouvernance désidéologisée, gestionnaire et pragmatique dont la première préoccupation n’est pas le débat d’idées. A l’aile gauche, continue d’exister, et de se reproduire, une radicalité gauchisante dont l’ethos n’est plus tant le marxisme d’estrade d’antan qu’un robuste antilibéralisme accommodé à toutes les sauces et pleinement partagé avec l’extrême-gauche. Enfin, on trouve, niché sur l’aile droite, un attelage « social-démocrate », constitué à partir des oripeaux de la « deuxième gauche » et nourri des évolutions modernisatrices des partis-frères d’Europe du Nord des années 1990, dont les velléités programmatiques peinent à s’émanciper de schémas désormais datés, au cœur desquels une conception économiciste et technocratique de la réforme n’est pas le moindre défaut.

Aucun de ces trois partis dans le parti ne peut prétendre dominer l’ensemble à lui seul. Ils peuvent encore se rassembler en fonction des nécessités électorales du moment ou, temporairement, de la qualité de rassembleur d’un leader à la manière de François Mitterrand ou de Lionel Jospin. Mais ces blocs n’en restent pas moins irréconciliables quant à leur projet politique global, à l’image qu’ils se font du parti et quant à la stratégie électorale qu’ils souhaitent adopter. Une fois l’intérêt électoral amoindri par les défaites consécutives aux élections nationales, et tout leader de rassemblement durablement absent, on voit mal ce qui les tient encore ensemble.

D’aucuns objecteront à cet argument les succès récents aux élections locales qui ont fait du PS le premier parti (local…) de France. Mais qu’a-t-on pu observer, aux dernières élections municipales par exemple, sinon le triomphe de l’émiettement programmatique et stratégique ? Ce n’est pas le parti qui a gagné ces élections, ce sont ses élus et ses candidats locaux qui l’ont emporté en s’alliant ici au MODEM, là à l’extrême-gauche, ailleurs encore en reconstituant la gauche plurielle… Quelle leçon en tirer nationalement ?

Le PS devra dire clairement qui il est d’ici 2012 s’il veut espérer voir son candidat accéder à l’Elysée. Face au Triangle des Bermudes politique que représentent désormais pour lui Nicolas Sarkozy, François Bayrou et Olivier Besancenot, un PS qui n’aurait (re)défini ni son identité ni sa stratégie ni son leadership ne pourra survivre à une défaite de plus. Or il n’est pas certain, c’est un euphémisme, que le salut soit dans l’unité de façade à laquelle on veut nous faire croire du côté de la rue de Solferino, à coup de nouvelle « déclaration de principes » par exemple. Mieux vaudrait une explication franche entre socialistes, à Reims pourquoi pas, afin de proposer aux Français une orientation claire et nette, une stratégie électorale cohérente et un leader incontesté pour les porter. L’éclatement du parti peut être le prix à payer pour cette clarification en forme de nouvel espoir. Il n’est pas si élevé au vu de ce qu’est devenu le PS. Il est temps, en tout cas, pour le socialisme français d’entrer dans son siècle autrement qu’en brandissant le fantôme d’une unité depuis longtemps perdue.

Laurent Bouvet

http://laurentbouvet.wordpress.com


Cet article a été publié dans le quotidien LE MONDE daté du 18 septembre 2008 sous le titre “Les trois partis socialistes”.



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2 septembre 2008 2 02 /09 /septembre /2008 09:32


Elie Arié, qui n'est ni Gauche Moderne ni social-libéral, et avec qui je débats souvent vigoureusement sur ce blog, m'adresse ce texte que je trouve intéressant...


Le PS (comme tous les grands partis) a TOUJOURS été le lieu de
coexistence de visions très opposées sur des problèmes majeurs.

Sans remonter jusqu'à l'opposition majeure Jean Jaurès/Jules Guesde à la
fin du XIXè, puis à celle de Guy Mollet/Daniel Meyer après la Libération
(avec un courant ultra-gauchiste de Marceau Pivert), le PS de l'ère
Mitterrand a été marqué par le conflit permanent (qui n'était pas un
conflit de personnes) entre Mitterrand et Rocard (dont il a été obligé
de faire son Premier Ministre pendant trois ans, bien malgré lui).

L'idée de l'unité du PS est un mythe, et c'est vrai pour tous les grands
partis, et pas seulement en France.

La question qu'il faut se poser est: pourquoi ces tendances opposées
n'arrivent-elles plus à cohabiter de façon efficace, comme autrefois
(parce qu'elles arrivent quand même à cohabiter: grâce aux efforts de
Hollande, aucune, sauf Chevènement, n'a quitté le parti) ?

Je crois que c'est, tout simplement, parce que le parti n'a plus de
doctrine.

Ce qui opposait Jaurès à Guesde, Mollet à Meyer, Mitterrand à Rocard,
c'étaient vraiment des visions différentes du socialisme; et,
paradoxalement, ils arrivaient à cohabiter parce que leurs conflits
étaient réels et permanents, qu'il y avait un vainqueur et un vaincu en
permanence, mais que le vaincu espérait bien devenir majoritaire un
jour, et jouait le jeu en attendant.

Or, la différence, aujourd'hui, c'est qu'entre Royal, Delanoë, Aubry,
Moscovici, DSK et Fabius (les autres, c'est un peu différent, mais ils
sont trop marginaux); il n'y a plus aucune différence de vision du
socialisme PARCE QU'IL N'Y A PLUS, CHEZ AUCUN D'ENTRE EUX, AUCUNE VISION
DU SOCIALISME. Leurs discours sont totalement creux, leur antisarkozysme
de principe sans propositions alternatives crédibles ne peut pas
constituer une base suffisante pour une autre politique.

Et les opinions publiques ne s'y trompent pas: l'impopularité de Sarkozy
ne profite pas au PS, la majorité des Français ne pensent pas qu'il
ferait mieux; et il en est de même partout en Europe, où toutes les
gauches perdent le pouvoir les unes après les autres, parce qu'elles
sont incapables de penser ce que pourrait être une politique de gauche
dans l' Europe telle qu'elle est et dans l'économie globalisée telle
qu'elle l'est.

Alors, pour en revenir au PS français: précisément parce qu'il n'y a
plus de vision politique, il ne reste que les luttes de personnes; qui
n'ont plus, pour les maintenir dans certaines limites, comme autrefois,
ni une vision différente de celle de la droite, ni des visions
différentes entre elles justifiant l'affrontement dans le cadre d'un
parti qu'il faudrait préserver pour y triompher -un peu comme deux
équipes adverses de foot préservent en bon état le stade où elles
doivent s'affronter, mais n'ont plus aucune raison de le faire si elles
ne savent pas exactement à quel jeu elles sont venues jouer.

Il n'y a plus que des luttes d'ambitions personnelles, chacun reprochant
aux autres, en toute hypocrisie, ses "magouilles", alors que ce serait
si simple de se rallier tous à lui (ou à elle), pour mener, sous son
autorité, la même absence de politique.

Elie Arié

 

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27 août 2008 3 27 /08 /août /2008 15:08

Lancement du Nouveau parti anticapitaliste, coalition Verts-Bové-Hulot... à côté d’un PS divisé, d’autres gauches s’organisent

 

M.E. et P.V.

Libération : mardi 26 août 2008 (Extraits)

Aux marges du PS, l’heure est à l’optimisme. Des socialistes qui vont se regarder le nombril jusqu’à leur congrès ; une économie qui prend l’eau ; des Français de plus en plus sensibles au développement durable… Autant de données qui font le miel d’Olivier Besancenot et du pôle écologiste en voie de constitution…

……Le Nouveau Parti anticapitaliste (NPA), qui va se substituer à la LCR, entend bien se monter indépendant et refuser tout accord de gestion avec des socialistes «social-libéralisés». Les écologistes, dont le spectre s’étale de l’antilibéral noniste José Bové à l’europhile Daniel Cohn-Bendit en passant par les Verts, les amis de Nicolas Hulot et de nombreux associatifs, pourraient, eux, tailler des croupières au PS, puisque chassant peu ou prou sur les mêmes terres électorales.

Avec plus de 4% des voix à la présidentielle (et 1,5 million de voix), Olivier Besancenot occupe le vide laissé sur l’échiquier politique par les partis de l’ex-gauche plurielle. Le facteur trotskiste a su capter toutes les impatiences : les nouveaux militants du NPA (lire page 4) «ont des attentes extrêmement fortes d’efficacité immédiate», expliquait dans le Monde ce week-end, la chercheuse du Cevipof, Florence Johsua. «Nous, promet Besancenot, nous n’attendrons pas 2012 pour résister, pour combattre et chercher à stopper la politique de Nicolas Sarkozy.»….

…..Sur un autre créneau, le NPA entend aussi faire pièce aux partis de la gauche institutionnelle : celui de la riposte au gouvernement. «Nous creusons le même sillon : continuer à paraître comme les opposants les plus efficaces à la politique de Nicolas Sarkozy et du Medef», revendique Olivier Besancenot……

Si la dynamique de rassemblement des écologistes lancée ce week-end à Toulouse prend, voire permet aux Verts de se dépasser en un «nouveau parti écologique» , elle donnera du fil à retordre à Sarkozy comme au PS. Le paradigme écolo remet en cause «le logiciel traditionnel de la croissance avec plus ou moins de redistribution des richesses selon qu’on est de droite ou de gauche», explique un «nouvel écologiste»…..

…..Et quid côté PS ? Pour l’heure, les Verts continuent de participer au comité de liaison de la gauche et un séminaire d’une journée est prévu. «Hollande croit qu’on va surtout mordre sur le Modem. Mais un duel Harlem Désir face à Dany pendant les européennes ça leur fout les chocottes», sourit un député Vert.

 

Le PS pris dans ses grandes manœuvres

 

Les stratégies des leaders en vue du prochain congrès empêchent le PS de se faire entendre.

DAVID REVAULT D’ALLONNES

Libération: mardi 26 août 2008 ( Extraits)

 

Une rentrée socialiste placée sous le signe de la concurrence tous azimuts. A la compétition interne exacerbée par l’approche du congrès de Reims, en novembre, s’ajoute désormais, pour le PS, la pression externe. Pression qui, ces derniers jours, s’est accentuée, entre le rassemblement de la «galaxie écologiste», initié lors des journées d’été des Verts, et les avancées d’Olivier Besancenot sur la voie de son Nouveau Parti anticapitaliste (NPA)…….

…….Les socialistes, pourtant, ne peuvent l’ignorer : «Les autres partis de gauche se nourrissent de nos faiblesses», résume Benoît Hamon. Alors que le PS, qui n’a guère réussi à faire entendre sa voix depuis l’élection de l’omniprésident, offre plus que jamais le visage d’un syndicat d’écuries rivales, le député européen juge la situation «symptomatique». «Les Verts, Dany [Cohn-Bendit] en tête, proposent une liste allant de Bové à Hulot, un vrai rassemblement politique dépassant les clivages, alors que nous en sommes encore à préserver boutiques et prés carrés. Quant à Besancenot, par la manière dont il arrive à incarner concrètement l’opposition à Nicolas Sarkozy en parlant hôpitaux, services publics et conditions de travail, il crée un débouché politique au mécontentement des gens.»

Calendrier oblige, ces absences socialistes ne devraient pas, du moins à court terme, se résorber. «On est conscient que, d’ici la mi-novembre, les grandes manœuvres vont nous occuper, estime le député européen Henri Weber, proche de Laurent Fabius. Et qu’on ne sera toujours pas audible. Sur la question du pouvoir d’achat ou de la croissance, nos propositions glissent comme sur les ailes d’un canard…»

L’offensive des Verts et d’Olivier Besancenot présente tout de même un mérite : souligner, en creux, le déficit d’unité et de combativité du PS. Et fournit du coup des pistes pour la suite des opérations.

Candidat à la succession de François Hollande, le député Pierre Moscovici brosse ainsi le profil idéal du futur patron du parti : «Nous avons besoin d’un premier secrétaire qui se coltine le sale boulot, qui mette le parti au travail et fasse de l’opposition tranchante, entre dans le lard, soit sans arrêt sur le créneau, et qui ne cherche pas à se ciseler une image pour la présidentielle. Il nous faut aussi une équipe de direction organisée en contre-gouvernement, et non plusieurs voix qui s’expriment dans le désordre.»……

David Revault d’Allones

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29 décembre 2007 6 29 /12 /décembre /2007 07:07

La chronique d’Yves de Kerdrel, Le Figaro du 18 décembre 2007.

 

«Méfiez-vous des gens qui parlent de renouveau, écrivait Montesquieu, c’est qu’ils cherchent à produire avec des mots, des effets qu’ils ne savent pas produire avec des idées.» On ne saurait mieux résumer le travail dit de «renouveau» entamé par le Parti socialiste ce week-end. Un travail initié avec le thème de l’économie de marché.

Au moment où les particuliers chinois placent toute leur épargne à la Bourse de Shanghaï, où l’Europe centrale montre chaque jour à quel point elle a su apporter une réponse appropriée aux défis de son insertion dans le monde libéral, et où seuls Cuba et la Corée du Nord restent au ban de l’économie de marché qui a accompagné la mondialisation, c’est assez sympathique de voir quelques éléphants socialistes se pencher sur la question. Le rapport réalisé notamment par Harlem Désir, et qui est davantage rempli de fautes d’orthographe que d’idées percutantes, constitue un morceau d’anthologie.

D’abord parce qu’à trop embrasser, il étreint bien mal des sujets comme le marché, la place de l’État, la régulation, le partage de la création de richesse, mais surtout les conditions de cette création de richesse. Et les deux seuls sujets sur lesquels il montre une certaine cohérence sont ceux qui concernent le développement durable et la nécessité d’une «forme de mondialisation solidaire». Ce qui ressort du même coup, c’est le vide de la pensée socialiste concernant la mondialisation et l’économie de marché. Le rapport ne veut pas assumer ces deux notions, à la différence de ce qu’ont fait les travaillistes britanniques, les sociaux-démocrates allemands, les socialistes espagnols et même la plus grande partie de la gauche italienne. Du même coup, cette trentaine de feuillets ressemble à un long filet d’eau tiède, à côté duquel même la prose de Lionel Jospin paraissait plus claire.

Le deuxième point curieux de ce rapport s’attache à la manière dont doivent être réparties les richesses créées par l’économie de marché. Redistribution, répartition, réduction des inégalités font partie de la logorrhée socialiste et du fonds de commerce traditionnel de la gauche. Mais ces mots auraient plus de poids dans ce rapport s’il était expliqué comment on optimise la création de richesse, de manière à pouvoir ensuite effectuer cette éventuelle grande redistribution au banquet de l’État, dans la tradition des accords Matignon ou Grenelle. Et à la lecture des quatre pistes, gentillettes et archaïques, formulées pour relancer la croissance, les édiles de la Rue de Solferino risquent de tomber de haut lorsqu’ils prendront connaissance des conclusions de la commission Attali.

Le troisième point frappant de cette réflexion, c’est qu’elle est censée marquer la première étape du renouveau de la pensée socialiste en France. Si tel est le cas, le parti a encore beaucoup de travail à faire, à moins qu’il abandonne cette idée de «renouveau». Surtout on comprend mieux désormais, à la lecture de ce catalogue de bonnes intentions, pourquoi les éléments les plus éminents de la gauche ont préféré rejoindre la majorité, et avec elle une vision plus réaliste de la mondialisation et de l’économie de marché.

Il reste que tout au long de ce rapport revient la lancinante question de la place de l’État dans l’économie. Depuis que Lionel Jospin a affirmé, en pleine affaire Michelin, «l’État ne peut pas tout», les socialistes sont gênés aux entournures. Ils voudraient voir l’État intervenir davantage. Mais où ? Comment ? Quand ? Et selon quelles modalités alors que Bruxelles et les lois de la gravitation universelle poussent dans un sens contraire ?

Le simple fait qu’un parti qui a rassemblé autour de sa candidate 47% des voix à la dernière élection présidentielle se pose cette question avec une telle acuité est troublant. Cela prouve que le gouvernement actuel a encore un travail de pédagogie énorme à mener. Car la France, on a tendance à l’oublier, est le pays occidental où l’État est hélas le plus présent. Plus de 54% de la richesse nationale est absorbée par la dépense publique. Ce qui représente environ 1 000 milliards d’euros par an. Et si nous revenions à des étiages plus en phase avec nos compétiteurs, notamment l’Allemagne, l’État pourrait dégager 150 milliards d’euros d’économies par an, soit trois fois le montant de l’impôt sur le revenu.

Ce sujet est aujourd’hui la question majeure pour la droite comme pour la gauche. Les deux doivent se poser les questions suivantes : quels services l’État doit-il assumer ? Les rend-il bien ? Au meilleur coût ? Sinon doit-il s’en décharger au profit de prestataires extérieurs ? C’est le travail que le Comité de suivi des politiques publiques placé sous la responsabilité de Claude Guéant, de Jean-Paul Faugère, le directeur de cabinet du premier ministre, et de Michel Pébereau, le président de BNP Paribas, a commencé à mener en passant déjà au peigne fin 20% de la dépense publique. Ce qui a donné lieu à 96 mesures pratiques de simplification de la vie administrative. Mais l’essentiel, c’est bien de répondre à la question : en 2008, pour avoir un pays agile et désireux de renouer avec la croissance, comment reconfigurer la place de l’État, et donc son coût. À voir les travaux rendus publics cette semaine, à droite comme à gauche, on peut constater que le renouveau et le progrès ne sont pas du côté où on les claironne.

Yves de Kerdrel

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