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Contact: marcdhere.mdh@gmail.com 

 RECONQUÊTE est un  mouvement en construction. Ce n'est pas un parti politique, mais un Cercle de Réflexion et d'Action, ouvert à tous ceux, à quelque parti qu'ils appartiennent, ou sans parti, qui se reconnaissent dans ses valeurs et  principes. La Responsabilité et l'équivalence entre droits et devoirs à tous les niveaux,  le libéralisme économique,  la solidarité,  le choix d'une évolution réaliste et progressive dans le social et le sociétal,  l'Europe... 

 

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27 juillet 2010 2 27 /07 /juillet /2010 13:22

 

EXTRAIT d'un article publié intégralement sur le site national de La Gauche Moderne...

 

 

Le contexte actuel et l’ampleur que revêt la crise économique et sociale impacte sur les 192 pays acteurs du débat sur le climat, les conséquences du dérèglement climatique et oblige ses derniers à revoir « à la baisse » les ambitieuses solutions à y apporter.

C’est pourtant avec persévérance qu’à lieu chaque année le sommet de la Convention cadre Climat de l’ONU pour tenter de trouver un accord entre l’ensemble des pays signataires de Kyoto en 1997. Ce n’est donc pas sans effort qu’un accord a minima fut trouvé à l’issu du sommet de Copenhague du 19 décembre 2009, laissant de profonds désaccords quant à l’efficacité de la méthode intergouvernementale à adopter.

Pour y voir plus clair, il convient  de poser les conséquences géopolitiques du dérèglement climatique et d’énumérer quelques outils ou solutions à mettre en place lors des prochains sommets de Cancun (fin 2010) et d’Afrique du sud (fin 2011).
 
.......
Le sommet Afrique-France du 1er juin 2010 et la présentation des plans d’action de l’Union pour la Méditerranée furent un succès de rassemblement, respectivement pour avoir parlé à « toute l’Afrique », et pour avoir considéré avec réalisme et pragmatisme les 450 millions d’habitants du bassin méditerranéen, Copenhague n’a pas trouvé d’accord à la hauteur des ambitions de certains pays industrialisés comme la France pour qui ce sommet devait être une référence « eco-politique ».

...........


1) Conséquences géostratégiques du dérèglement climatique

Il en va ainsi tout d’abord de la fonte des glaces qui peut entraîner l’apparition de nouvelles zones à fort potentiel géo-économique (ou zones d’influence) comme c’est le cas avec la zone arctique, et qui seraient source d’opportunités comme de convoitises.

Les publications du GIEC (Groupe d’Experts Intergouvernemental sur l’Evolution du Climat) qui contribuent généralement à un certain consensus scientifique sur le changement climatique, grâce aux travaux d’une centaine de scientifiques provenant de nombreux pays, avait listé en 2007 un certain nombre de conséquences directes du dérèglement climatique.
Ainsi, on y retrouve la hausse régulière de la température (2 à 3°C depuis 1990), la disparition de 20 à 30% des espèces animales, une augmentation de la consommation de carbone (2/3 du CO2 provenant des pays en développement qui correspond à une région possédant 80% de la population mondiale), la destruction de 80% des récifs corinthiens et un manque d’eau (sécheresse) pour environ 2 millions de personnes.

Ces conséquences directes se répercutent sur la géopolitique de la région concernée. La sécheresse au Sahel en Afrique par exemple entraîne la famine qui, déstabilisant les pays touchés par des soulèvements de population – caractérisés par l’émergence de mouvements séparatistes et sécessionnistes -peuvent aller jusqu’à exacerber des guerres civiles, pour en conclure par une destruction de la structure démocratiques et constitutionnelle du pays. Ce fut le cas en Ethiopie au début des années 80, comme c’est le cas de manière récurrente au Soudan ou en Somalie.
A cela s’ajoute le fait que les pays les plus touchés (en Afrique notamment) n’ont pas les moyens financiers déployés pour y faire face (mauvaise gestion des finances publiques, gabegie , prévarications et faibles PIB de ces pays).

Enfin considérant la marée noire causé par l’explosion d’une plate-forùme pétrolière de la compagnie anglo-néérlandaise BP au large des côtes de Louisiane, convient-il de prendre en compte que de telles accidents  sont de nature à influer « positivement » sur es Etats-Unis, plus enclins à changer leur position et à tenter de convaincre deux autres non-signataires de Kyoto (traité signé en 1997 par 183 pays et entré en vigueur en 2005), la Chine et l’Arabie Saoudite, pour trouver un accord global. Et de rappeler que Kyoto ne demandait que la réduction de 5% de gaz à effet de serre sur 5 ans d’ici à 2012, ce qui fut largement en dessous des ambitions de Copenhague.

A ce stade, dressons quelques pistes d’outils et solutions pouvant servir de base de travail pour les prochains sommets.

2) Les outils et solutions pour faire face à ces conséquences de dérèglement climatique

De fait l’Union pour la Méditerranée qui met en œuvre 6 axes d’effort qui visent à prévenir, répondre et développer le besoin de coopérer de manière solidaire entre riverains du bassin méditerranéen, est un exemple des réponses idoines à apporter pour faire face à d’inévitables menaces écologiques liées au dérèglement climatique :

a) Le Plan Solaire Méditerranéen (PSM) ;
b) La dépollution de la Méditerranée ;
c) Le développement des «autoroutes de la mer» en Méditerranée ;
d) Le programme méditerranéen de protection civile ;
e) La création d’une université euro-méditerranéenne ;
f) L’initiative méditerranéenne de développement des entreprises.

Le Plan Solaire Méditerranéen en est le projet phare. Il vise à accroître l’utilisation des énergies renouvelables et à renforcer l’efficacité énergétique dans la région. Il permettra ainsi de limiter les émissions de gaz à effet de serre et de réduire la vulnérabilité du système énergétique de chaque pays et de la région dans son ensemble.

Ainsi, la principale réponse ou solution qu’il est possible de donner aux conséquences du dérèglement climatique est le développement d’une Soft Policy européenne, qui pourrait s’assoir en trois axes :

Les aides structurelles concernent notamment, dans une logique de co-développement et de lutte contre les vulnérabilités, les politiques structurants au niveau :

social (conditionnalité de l’aide liée au respect des libertés fondamentales). La santé (lutte contre le sida et l’accès aux médicaments génériques), l’éducation et le développement rural durable font figure de priorités ;

sécuritaire (à l’instar du programme « Facilité de soutien à la paix » pour faire face, en cas de crise – à des déplacements massifs des populations et à la montée des milices, le tout par de l’aide au développement (moyens de coordination, gestion et reconstruction post-crise). La Facilité de Paix a ainsi soutenu. deux opérations en République centrafricaine (FOMUC, Force multinationale en Centrafrique) et trois opérations successives au Darfour et au Soudan (AMIS, Mission de l’Union Africaine au Soudan) ;

environnemental (projet « De l’eau pour la vie » qui vise à consacrer depuis 2002 plus d’un milliard d’euro en vue de l’accessibilité généralisée de l’eau potable aux populations qui en sont privées).

Cela induirait l’utilisation et de fait la création d’une protection civile au service d’une cohérence régionale et pouvant faire face à des besoins immédiats. Cela permettrait d’avoir un interlocuteur et de parler d’une même voix pour une plus grande efficacité face à une instabilité sociale et civile de plus en plus interconnectées.

Cette protection civile pourrait se matérialiser par l’union de politiques structurantes, par la mutualisation des ressources, la centralisation des solutions pour permettre la mise en place d’une réponse plus rapide, tout en protégeant les institutions démocratiques.

Il en va ainsi des travaux autour de la création imminente d’une Agence Européenne chargée de la reconstruction post-crise, comme le proposait l’ancien ministre des Affaires étrangères français Michel Barnier dans son rapport de mai 2006 sur l’agence Europe Aid synthétisant les réponses de l’Union européenne face aux grandes crises transnationales. Celle-ci aurait à faire le lien entre l’action humanitaire, la protection civile et l’implication des acteurs étatiques et ONG dans la reconstruction.

D’autres institutions déjà créées sont autant de réponses données à ces consensus que nous devons trouver pour faire face - en amont - aux conséquences des dérèglements climatiques. Ainsi :

la Direction de la Coopération de Sécurité et de Défense (DCSD)  HYPERLINK "http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/actions-france_830/defense-securite_9035/cooperation-securite-defense_9037/cooperation-securite-defense_26969.html" http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/actions-france_830/defense-securite_9035/cooperation-securite-defense_9037/cooperation-securite-defense_26969.html

la Politique de Sécurité et de Défense Commune (PSDC) avec une triple dimension sécurité, civilo-militaire et civile.

Concluons en évoquant les étapes indispensables pour une réponse efficace à ces conséquences, du moins au niveau européen

Anticiper la réponse à la crise, c’est surveiller l’environnement (à travers la mise en œuvre du système GMES - Global Monitoring for Environment and Security) opéré par l’Agence Spatiale Européenne permettra à horizon 2008 ;

Anticiper la réponse à la crise, c’est prévenir les catastrophes naturelles (à travers le système mondial d’alerte et de coordination en cas de catastrophe - GDACS, Global Disaster Alert and Coordination System ainsi qu’à travers le programme de réponse aux désastres naturels d’ECHO (DIPECHO), ou encore le Mécanisme Communautaire de Protection Civile qui permet de préparer les réponses éventuelles aux désastres, dont le cœur est le Centre de Suivi et d’information (MIC - Monitoring and Information Center) ;

Anticiper la réponse à la crise, c’est préparer une crise de santé publique. Il s’agit pour l’Union européenne d’avoir une vue d’ensemble des phénomènes de pandémies et d’épidémies. C’est le rôle dévolu au Centre opérationnel de gestion des crises sanitaires (HEOF - Health Emergency Operations Facility) ;

Répondre dans l’urgence, c’est alléger la souffrance humaine. L’urgence (aide alimentaire, accès à l’eau, fourniture d’hôpitaux, de tentes pour les réfugiés, mise à disposition de médecins) n’est pas restreinte aux seules catastrophes naturelles, celles-ci pouvant survenir dans un contexte de crise prolongée, notamment quand il s’agit de désastres majeurs ;

Reconstruire sur le long terme, c’est consolider et reconstruire les infrastructures vitales. Dans cette perspective, le Mécanisme de Réaction Rapide, créé en 2001, a permis de répondre rapidement aux besoins de pays traversant une grande instabilité politique ou souffrant des effets d’un désastre. Ce mécanisme est notamment mis en œuvre lorsque la réponse à la crise comporte un objectif de politique étrangère et que l’Union européenne apporte une réponse dans le cas de la PESD civile (mission de police de l’UE en Bosnie en janvier 2003).

Dès lors, les prochains sommets (G8- G20 en France – Cancun 2010 ou Afrique du Sud en 2011), tout comme la mission d’évaluation de Kyoto (dix ans après sa proclamation) confiée à l’ancien ministre Brice Lalonde devront tenir compte des changements géopolitiques comme l’anticipation par la Lybie ou l’Arabie des dérèglements climatiques par l’achat de terres moins soumis à ces aléas, hors de leur territoire (en Ukraine par exemple), ou encore la nouvelle forme de coopération et de solidarités sud/sud et non plus strictement nord/sud et enfin l’Esprit de Bandung (= contre le colonialisme, contre le racisme, contre la pauvreté et le sous-développement, et une coexistence pacifique) ; influences résurgentes qui sont de nature  à influer diplomatiquement et économiquement sur bon nombre de pays acteurs de ces sommets.

Emmanuel DUPUY

 

Extrait d'un article publié intégralement sur le site national de La Gauche Moderne

 

 

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3 octobre 2009 6 03 /10 /octobre /2009 19:41

Luc Ferry, Le Figaro 1 octobre 2009
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Chronique - Selon Luc Ferry, nous avons besoin d'une gouvernance politique mondiale. Mais elle seule ne guérira pas la crise.

Est-il permis de défendre dans un même point de vue deux idées qui se nuancent l'une l'autre, d'affirmer que, oui, en effet, nous avons un besoin vital de régulation mondiale, mais que non, la solution de la crise ne se trouve pas là ? Il est de bon ton aujourd'hui de jouer les sceptiques, de prendre l'air de celui à qui «on ne la fait pas» pour balayer d'un revers de main les décisions du G20. Facile ! La vérité, c'est que l'existence même de cette institution est déjà en soi un événement historique, le signe d'une prise de conscience que la mondialisation ne peut plus proliférer sans gouvernance politique. Sans parler même de l'Iran, les décisions touchant à la régulation financière sont décisives pour prévenir une prochaine crise, pire que l'actuelle, car la marge d'intervention des États sera désormais nulle. La régulation de la finance est donc cruciale, et nul ne peut le nier. Reste, bien entendu, à faire passer les mots dans les faits.

Reste surtout à comprendre enfin qu'à l'encontre de la rengaine désormais gravée dans le marbre, la crise ne vient pas au premier chef de la finance, de sorte que la régulation de cette dernière, essentielle pour prévenir, ne sert pas pour autant à guérir.

L'image d'Épinal selon laquelle il y aurait une «bonne économie», l'économie réelle, et une «mauvaise économie», l'économie «casino», image popularisée dans les années 1980 par le film Wall street, ne résiste pas à l'analyse. L'idée que ces deux économies seraient séparables est même absurde. Elle rencontre pourtant un large écho, notamment à gauche, parce qu'elle rassure : il «suffirait» (toujours ces bons vieux «y a qu'à» !) de faire «reculer» le capitalisme, de mettre ici ou là quelques garde-fous et le tour serait joué ! On reviendrait à la bonne pratique de banques destinées à financer l'industrie et non à faire de l'argent avec l'argent. Le problème, c'est que la vérité est tout autre. C'est bel et bien l'économie réelle, et non au premier chef la cupidité de quelques financiers fous, qui est à l'origine de nos ennuis. Voici pourquoi.

 

Un tassement des classes moyennes

 

Depuis les années 1980, comme l'a montré Patrick Artus, les États-Unis ont connu une bipolarisation croissante du monde du travail, avec, d'un côté, un nombre réduit de travailleurs à hauts revenus et, de l'autre, une masse de plus en plus nombreuse de salariés peu rémunérés. Au milieu, un formidable tassement des classes moyennes. Or ce sont elles qui tiraient la croissance. D'où une nouvelle équation à résoudre : comment booster l'économie malgré le déclin du milieu de gamme ? Réponse, imposée aux banques américaines par Clinton et Greenspan, donc par l'intervention de l'État : grâce à l'endettement massif des ménages les moins riches (le fameux subprime).

Conséquence : ce ne sont plus les salaires qui vont porter la croissance, mais les crédits. On va faire de la richesse, non plus avec de la richesse, mais avec de la dette. De là le recours aux prêts à très hauts risques. De là aussi le fait qu'aux États-Unis, les secteurs les plus touchés sont ceux, comme l'automobile, où il est souvent nécessaire de recourir à un crédit, désormais impossible parce que saturé.

 

Tout reste à faire

 

C'est donc seulement dans un second temps que la crise financière va se mettre en place. Car c'est bien après coup qu'on va titriser les crédits frelatés, puis les disséminer de par le monde en les dissimulant, avec la complicité des agences de notation, dans des produits financiers si peu lisibles que les banquiers eux-mêmes n'y retrouvent plus leurs petits. Bien entendu, cette opération engendrera une formidable crise de confiance interbancaire laquelle, à son tour, mais seulement dans un troisième temps, rejaillit sur l'économie. Si l'on admet le raisonnement qui précède, et que les chiffres de l'endettement américain corroborent sans faille, on comprend aussi que la sortie de crise ne passe à proprement parler ni par la régulation, ni par la morale. Les deux sont certes indispensables si l'on veut éviter une rechute. Mais la véritable équation à résoudre est avant tout la suivante : comment renouer avec une croissance saine, tirée par de la richesse et non plus par de la dette ? Où est la nouvelle «nouvelle économie» ? Dans l'économie verte ? Ailleurs, mais où ? Avec une sous-question désormais impossible à éluder : est-ce écologiquement tenable ? De ce point de vue, quels que soient les mérites du G 20 - dont le principal est d'exister -, tout reste à faire.

Luc Ferry, Le Figaro

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28 septembre 2009 1 28 /09 /septembre /2009 16:55

Par Claude Imbert, Le Point du 17 09
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La globalisation du monde,
ce mouvement brownien qui brasse désormais plus de 6 milliards d'hommes, précipite, sous nos yeux, deux phénomènes majeurs : la vulnérabilité croissante de la planète Terre et la crise financière qui n'épargne aucun continent. L'une et l'autre ne peuvent escompter d'apaisement relatif que dans une efficace concertation mondiale, encore utopique. En attendant, et sur les Français, Européens, Occidentaux que nous sommes, le tribut de la mondialisation s'appesantit.


C'est qu'en déferlant par portes et fenêtres aux étages nobles de la planète la mondialisation réévalue d'une aune nouvelle les pouvoirs et privilèges de l'Occident. Elle ne le « provincialise » pas, mais elle relativise sa puissance économique, son aura politique et son leadership scientifique et technologique. L'Occident ne peut plus « penser » le monde depuis le surplomb avantageux qui fut longtemps le sien.


Voyez d'abord le souci planétaire !
Jamais nous n'eûmes une telle conscience de la planète avant qu'on la proclame, comme aujourd'hui, vulnérable. L'alarme répandue évite prudemment de cerner la cause première des dommages : je veux dire la prolifération humaine. Mais l'écologie fait d'ores et déjà entrer, comme jamais, le monde dans nos destins nationaux. L'anxiété planétaire ignore nations et continents : glaciers polaires, forêt amazonienne, déserts en expansion s'invitent, entre deux faits divers, dans le train de nos journaux télévisés.


Et peu importe que l'activisme de la fourmilière humaine soit aussi responsable qu'on le dit du réchauffement climatique et de dommages réputés irréversibles : la communauté scientifique a rallié l'univers à son diagnostic. Il n'est pas de jour où le « développement durable » ne nous somme de mieux fermer nos robinets, éteindre nos lumières, rationner notre pétrole. Pour faire de la France-un peu vite, un peu tôt ?-le champion de la croisade écologique, voici la taxe carbone, voici les parades d'éoliennes au grand dam de nos paysages, alors qu'avec le nucléaire nous sommes déjà le plus « écologique » des pays industriels...


Et peu importe encore qu'on puisse douter de l'efficacité de nos propres sacrifices, dérisoire face à la goinfrerie énergétique des nouveaux mastodontes comme la Chine et l'Inde : car si convertis soient-ils au constat écologique, ces Etats restent, eux, soumis à l'appétit de masses impatientes d'accéder à un développement, sinon durable... du moins immédiat.


Une vigilance mondiale se dessine, mais elle balbutie pour diligenter les remèdes. Retenons, en tout cas, que le défensif succède à l'offensif, la précaution au risque et que le « logiciel » de l'Occident, son tonus collectif s'en trouve altéré. C'est, bien sûr, qu'un monde fragilisé n'apparaît plus aussi propice à l'optimisme prométhéen qui aura été le nôtre pendant trois à quatre siècles. La confiance de l'Occident dans les certitudes de la science n'en est pas ruinée, mais son esprit de conquête ébranlé.

L'idéologie du progrès, oxygène de l'Occident, imposa, dans l'ordre économique, une maîtrise impérieuse de la nature, or voici que la nature s'y découvre violentée ! Dans l'ordre politique, le même idéal de progrès aura prêché, pour un accès universel aux droits de l'homme, son modèle occidental. Or le voici de plus en plus récusé, en Afrique, en Asie !


Voyez ensuite les leçons du désastre financier,
et la défaillance morale et technique d'un capitalisme écervelé, dératé, emballé. L'admirable, c'est qu'aucun des Etats de la planète ne veuille pour autant renoncer à un système qui, certes, sortit de la détresse le gros de l'humanité. Comment alors civiliser le système ? Contre l'hystérie financière, la France de Sarkozy prend le taureau par les cornes et obtient-flatteur succès !-le soutien européen. Mais, là encore, la réglementation ne peut être que mondiale. Attendons de voir ce que donnera le proche G20 de Pittsburgh !


Et ne sous-estimons pas cette épreuve : la mondialisation a rapproché les vieux riches que nous sommes des pauvres de la planète... mais aussi de ses nouveaux riches. Les délocalisations de nos usines, les migrations sauvages de misérables vers nos eldorados affichent cruellement un « tamponnement » inéluctable.

Mais surtout les nouveaux grands-Chine, Inde-ajoutent à l'avantage concurrentiel d'un salariat qui reste pauvre les conquêtes nouvelles d'une élite performante. Ils n'ont pas inventé l'ordinateur mais ils s'en servent à merveille. L'Inde forme 100 000 ingénieurs par an et la Chine aligne des performances techniques chez nous sous-estimées. Ils ne se soucient pas de protéger des « avantages acquis » mais n'aspirent qu'à y accéder. Leur enseignement ultrasélectif aborde brillamment le high-tech. Ils s'affirment en conquérants du nouveau millénaire.

Alors, n'en soyons pas surpris, un certain spleen occidental flotte sur ce monde qui change.

Claude Imbert
Le Point

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26 septembre 2009 6 26 /09 /septembre /2009 10:10
AFP et Lepoint.fr...


Encadrement  des "Bonus"

La France a été "entendue sur la question des bonus" au sommet du G20 de Pittsburgh avec notamment "l'interdiction des bonus garantis au-delà d'un an" ou encore "l'instauration d'un système de bonus-malus", s'est félicité Nicolas Sarkozy, qui avait fait de la question des bonus son cheval de bataille.

"Il y a eu unanimité autour de la table pour que les erreurs du passé ne recommencent pas. (Le président américain) Barack Obama lui-même a pris la parole pour dire combien il se sentait engagé par cette nécessité de régulation", a expliqué le président de la République. Le G20 a ainsi défini un encadrement renforcé des bonus des traders et banquiers, dont les montants faramineux ont déclenché la colère de l'opinion publique.


"Trois points fondamentaux" ont été "actés" :

- "les règles de Bâle 2 (qui réglementent les activités bancaires en fixant, par exemple, le niveau de leurs fonds propres en fonction des risques pris) seront appliquées partout", notamment "dans les principaux centres financiers, dès 2011" ;


- les pays du G20 sont également "d'accord pour exiger que les banques qui ont des activités risquées soient obligées d'augmenter leurs fonds propres" ;


- enfin, la France a été "entendue sur la question des bonus" avec notamment "l'interdiction des bonus garantis au-delà d'un an" ou encore "l'instauration d'un système de bonus-malus".

"Les banques centrales disposeront désormais du pouvoir de limiter le montant global des bonus", a également affirmé Nicolas Sarkozy. Et d'ajouter : "Si une banque fait des profits, elle ne doit pas tout distribuer aux traders et aux actionnaires. Elle doit en conserver une partie importante parce que ça lui permettra, ensuite, de faire plus de prêts aux entreprises et aux ménages." "C'est la première fois que le pouvoir est ainsi donné aux superviseurs de plafonner le montant des bonus en fonction des revenus d'une banque", s'est-il félicité. Le G20 s'est aussi efforcé de renforcer la régulation financière afin d'éviter une nouvelle crise : "Là où l'inconscience et l'absence de responsabilité ont entraîné la crise, nous n'autoriserons pas un retour aux pratiques bancaires antérieures."
Lepoint.fr et AFP



Ultimatum à Téhéran

Vendredi, peu avant l'ouverture de la session du G20, à Pittsburgh, Gordon Brown, Barack Obama et Nicolas Sarkozy ont fait une déclaration commune . Ils accusent l'Iran d'avoir bâti une usine secrète pour fabriquer du combustible nucléaire, située à Qom, à environ 160 km au sud-ouest de Téhéran. Les officiels américains traqueraient ce projet depuis des années. Mais le président américain aurait décidé de le rendre public vendredi après que l'Iran eut découvert, il y a quelques semaines à peine, que les agences de renseignement occidentales étaient au courant.

Le président américain a pris la parole en premier. "L'Iran continue de ne pas vouloir répondre à ses obligations, a déclaré Barack Obama sur un ton grave. Nous voulons que l'AIEA (Agence internationale de l'énergie atomique) fasse une enquête immédiate de ces infractions." Pour le locataire de la Maison-Blanche, la décision de l'Iran est un "défi direct au contrat du Traité de non-prolifération nucléaire". "Ce contrat tient depuis des dizaines d'années, et grâce à cela, la terre est plus sûre", a rappelé le président américain. "Nous sommes toujours prêts à engager un dialogue avec l'Iran", a rappelé Barack Obama. Depuis son installation, la nouvelle administration américaine a engagé
une véritable politique de la main tendue avec la République islamique.

"Traîtrise du gouvernement iranien" (Brown)

Après Obama, Nicolas Sarkozy s'est exprimé : "L'Iran entraîne la communauté internationale sur une voie dangereuse. (...) Ce qui est révélé aujourd'hui est exceptionnel", a jugé le président français, qui dit attendre de l'AIEA une "enquête complète et rigoureuse". "Nous étions dans une grave crise de confiance, nous sommes face à un défi lancé à la communauté internationale", a prévenu Nicolas Sarkozy, pour qui "tout doit être mis sur la table". "Ne laissons pas les Iraniens gagner du temps pendant que les centrifugeuses tournent", a martelé le chef d'État français, appelant à des "sanctions" si la situation n'évoluait pas "d'ici décembre".

Enfin, Gordon Brown est intervenu. Sur un ton plus acerbe que ses homologues, le Premier ministre britannique a fustigé la "traîtrise du gouvernement iranien". "Cela fait des années qu'ils nous trompent, cela va choquer et irriter la communauté internationale et renforcer notre détermination." Le chef du gouvernement britannique fait référence au double jeu mené par les Iraniens, qui ont fini par accepter que des inspecteurs de l'AIEA contrôlent régulièrement l'usine de Natanz, au centre du pays, tout en construisant un autre site secret depuis plusieurs années. "Nous n'allons pas laisser les choses aller. Nous sommes prêts à mettre en oeuvre des sanctions plus rigoureuses. L'Iran doit abandonner toute ambition militaire dans le cadre de son programme nucléaire", a estimé Gordon Brown.

Cyriel Martin pour lepoint.fr

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25 septembre 2009 5 25 /09 /septembre /2009 09:54

Par Bernard Kouchner, Le Monde du 18 septembre 2009
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Lors de la conférence de Paris sur les financements innovants en mai, face aux besoins criants du monde en développement, j'ai remis sur l'agenda international une idée ancienne, proposée par le Parlement européen en 2000, votée par la France en 2001 et soutenue par les ONG. Cette idée trouve aujourd'hui toute sa pertinence. Pour financer le développement, nous devons réfléchir à l'instauration d'une contribution volontaire assise sur les transactions financières internationales. Le constat est clair et partagé. D'un côté, des besoins immenses. Les objectifs du Millénaire fixés à New York en 2000 restent une priorité. En novembre 2008, lors de la Conférence des Nations unies sur le développement, le Président de la République a réitéré notre engagement à les tenir.

 

 

D'ici à 2015, il s'agit d'éliminer l'extrême pauvreté et la faim, assurer l'éducation primaire pour tous, promouvoir l'égalité des sexes, réduire la mortalité infantile et améliorer la santé maternelle, combattre les grandes pandémies comme le sida, la tuberculose et le paludisme, assurer un environnement durable et mettre en place un partenariat mondial pour le développement. Pour les seuls objectifs de santé, il nous faudra trouver pas moins de 35 milliards de dollars par an.


La crise aggrave la situation : 1 % de croissance en moins, c'est, selon la Banque mondiale, 20 millions de pauvres en plus. La mortalité des enfants de moins de 1 an pourrait s'accroître de 700 000 du seul fait du ralentissement du PIB. L'aide publique au développement, qui a mobilisé 119 milliards de dollars en 2008, ne peut pas tout, même si elle demeure un levier indispensable. Véritables relais de ces efforts, les financements innovants doivent jouer un rôle moteur, pour que les objectifs du Millénaire deviennent un jour les "réalisations du Millénaire".


D'autre part, la mondialisation cherche à se doter d'outils de régulation. Après la crise financière qui a secoué les pays développés à l'automne 2008, un certain consensus se fait jour pour dire "plus jamais ça". Depuis l'encadrement des bonus, jusqu'aux outils permettant de lutter contre la spéculation financière et les turbulences économiques et sociales qu'elle engendre, les grands argentiers de ce monde ont ouvert un débat prometteur.


La France
, sous l'impulsion du président de la République, défend la vision d'une mondialisation plus juste et équilibrée. Les signaux encourageants d'une prise de conscience générale se multiplient. Immense encouragement, nous sommes maintenant rejoints par nos amis britanniques. Je salue l'analyse audacieuse d'Adair Turner, président de l'autorité des marchés financiers : il juge que le secteur de la finance est devenu un élément déstabilisateur de l'économie et en appelle à des mesures drastiques de régulation, comme une taxe sur les transactions financières. Celle-ci devrait être étendue à l'ensemble de la planète, en s'inspirant des travaux de l'économiste libéral et Prix Nobel James Tobin.


A nous de continuer à afficher ce même courage, cette même ambition après le G20 de Pittsburgh (les 24 et 25 septembre), dont nous attendons beaucoup.


Aux sceptiques, je veux dire que les financements innovants sont déjà un succès. Depuis la conférence de Monterrey en 2002, ils se sont multipliés. On compte désormais huit mécanismes qui ont dégagé plus de 2 milliards de dollars. Ainsi, la taxe sur les billets d'avion lancée à l'initiative de la France, aujourd'hui mise en place dans 13 pays, assure le traitement pédiatrique anti-VIH de 100 000 enfants par an ; de même, la Facilité internationale de financement et de vaccination (Iffim), dont la France est le deuxième contributeur derrière le Royaume-Uni, permet de vacciner plus de 100 millions d'enfants dans le monde.


A la suite de l'appel lancé par le président de la République à Doha en novembre 2008, la réunion du Groupe pilote sur les financements innovants qui s'est tenue à Paris en mai a marqué une nouvelle étape. La France, pays pionnier, veut continuer à proposer à ses partenaires de nouvelles ambitions au service des plus pauvres. Cette réflexion doit être menée dans l'intérêt de la communauté internationale, et tirer le meilleur bénéfice de l'interdépendance financière des marchés. Le financement du développement peut et doit devenir un impératif moral.


Je pense que le temps est venu pour la France, aux côtés des 58 pays du Groupe pilote, de discuter de la faisabilité d'une contribution volontaire à un taux faible et non distordant de 0,005 %. Que les financiers se rassurent, cette taxe est indolore : pour une transaction 1 000 euros, ce sont 5 centimes d'euros qui seraient détournés pour le bien commun !

Une telle contribution ne se conçoit que si son opportunité politique était décidée par l'ensemble de la communauté internationale, sous les auspices de l'Organisation des nations unies (ONU). L'Europe pourrait ouvrir la voie de la réflexion et les chemins de la décision. Les sommes ainsi récoltées représenteraient plusieurs dizaines de milliards d'euros. Elles viendraient financer des initiatives nouvelles, en faveur de l'Afrique notamment. Leur usage devra être contrôlé et audité en permanence pour garantir leur utilisation, en collaboration avec les bénéficiaires. Un tel levier financier serait le signe d'un retour de la volonté politique face à une certaine fatalité économique.

Je ne doute pas que ce système sera un jour adopté par l'ONU.

J'accueillerai à Paris cet automne une première réunion ministérielle de la task force que nous avons créée. Elle aura pour but d'expertiser, dans l'esprit du rapport de 2004 élaboré au ministère des finances par Jean-Pierre Landau, les modalités concrètes de mise en oeuvre de ce projet et de proposer des alternatives pour le débat politique. En apportant plus de solidarité, d'imagination et de volonté, les financements innovants ne constituent plus une option. Ils sont devenus une évidence nécessaire pour venir en aide aux plus démunis de notre monde.


Bernard  Kouchner est ministre des affaires étrangères et européennes.

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11 septembre 2009 5 11 /09 /septembre /2009 13:33

Par Jacques Marseille, Le Point du 10 09 09
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Il faut lire Daniel Cohen (1).
Rares sont en effet les économistes qui possèdent à ce point l’art de la pédagogie et de la synthèse. Faire comprendre Adam Smith, Malthus, Ricardo, Marx, Jean-Baptiste Say, Schumpeter, Kondratiev ou Keynes en quelques lignes accessibles à tous n’est pas à la portée du premier venu. Mais il faut aussi lire Daniel Cohen, proche de la gauche, président du conseil scientifique de la Fondation Jean-Jaurès et signataire de la liste des économistes ayant soutenu Ségolène Royal pour l’élection présidentielle de 2007. On prend ainsi la mesure des inquiétudes nourries et diffusées par nos élites face à la crise économique et au devenir du monde.


La thèse développée dans « La prospérité du vice »
témoigne d’une vision de l’histoire économique occidentale fort pessimiste. « Le principal risque du XXIe siècle, peut-on lire dès les premières lignes, tient moins à la confrontation des cultures ou des religions qu’à celui d’une répétition, au niveau planétaire, de l’histoire de l’Occident lui-même... L’Europe a fini dans la barbarie de la Seconde Guerre mondiale le bref espace de temps au cours duquel, à compter du XVIe siècle, elle fut l’épicentre de l’histoire humaine. Qui peut jurer que l’Asie échappera aujourd’hui à ce destin tragique ? »


« Destin tragique », tel serait en résumé l’histoire de l’Occident depuis la formidable expansion portugaise du XVe siècle et la découverte des Amériques au XVIe siècle. Uniquement guidée par le calcul de ses intérêts, fondant sa révolution industrielle sur la traite des esclaves africains, noyée dans les « eaux glacées du calcul égoïste », pour reprendre la formule de Marx à l’égard de la bourgeoisie, se nourrissant de l’accroissement des inégalités et de la misère des classes populaires, jalouse de ses frontières et épuisée par les querelles entre Etats-nations, l’Europe aurait fini sa course dans le suicide collectif des deux guerres mondiales. Un risque qui, selon Daniel Cohen, pourrait se répéter dans la mesure où « ni la richesse ni même l’éducation ne rendent meilleur un homme qui est mauvais » . Certes, on pourrait penser que l’actualité donne du crédit à cette vision «inquiète » sinon sinistre de l’histoire de l’Occident.
Si les hommes sont aujourd’hui incomparablement plus riches qu’il y a trente ou cinquante ans, ils ne sont pas plus heureux. Les massacres de Yougoslavie et du Rwanda, les conflits qui surgissent aux quatre coins du monde comme la violence des attentats terroristes ont douché les espoirs de paix universelle provoqués par la chute du mur de Berlin. Le krach financier de 2007-2008 réveille le spectre de 1929. L’entrée de la Chine et de l’Inde dans le monde industriel renforce la menace du krach écologique.


Cette vision tragique de l’histoire de l’Occident
ne correspond pas tout à fait à la réalité. Comme l’ont montré les recherches historiques, la thèse qui assigne aux traites négrières et à la colonisation un rôle important dans la révolution industrielle occidentale est difficilement défendable. Au XVIIIe siècle, les bénéfices moyens annuels de la traite ne dépassent pas 2,6 % pour les Hollandais, 4 % à 6 % pour les Nantais et 10 % pour les Anglais, soit moins que d’autres placements.
Comme l’a bien aussi montré David Landes, dont l’ouvrage « Richesse et pauvreté des nations » (Albin Michel, 2000) inspire fortement la première partie de « La prospérité du vice », l’Europe de l’Ouest a été le premier moteur du développement et de la modernité, et cela s’est fait dans le sens du « bien », même si la puissance intellectuelle a souvent été employée de manière abusive à des fins destructrices et mauvaises.


La monstrueuse tuerie de 1914-1918,
qui défie encore la raison, doit moins aux tensions économiques qui étaient en voie d’apaisement qu’à l’acceptation par les élites et l’opinion que la guerre était « inévitable ». La crise de 1929 doit beaucoup plus aux conséquences dramatiques de cette guerre sur les économies et les sociétés de l’Europe occidentale qu’à la cupidité des marchés financiers américains.
Enfin, la Seconde Guerre mondiale échappe largement à la rationalité économique et s’explique moins par l’effondrement du commerce international que par les conséquences du traité de Versailles, l’humiliation infligée au peuple allemand et sa fusion dans un « mythe du chef » perçu comme la personnification de la nation et le noble champion de l’intérêt national (voir Ian Kershaw). Autant de révisions historiques qui nous invitent à ne pas attribuer aux « vices » du capitalisme occidental la responsabilité de tous nos « malheurs ». Que nous ont finalement proposé les expériences « socialistes »? La fierté d’une histoire acceptée et la vision (optimiste) de ses acquis sont sans doute aujourd’hui le meilleur des antidépresseurs.

Jacques Marseille, Le Point 10 09 09
 

1. Daniel Cohen, « La prospérité du vice » (Albin Michel, 2009, 19 E ).

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28 août 2009 5 28 /08 /août /2009 09:25
par Jean-Louis Caccomo...



« Le commerce, qui a enrichi les citoyens en Angleterre, a contribué à les rendre libres, et cette liberté a étendu le commerce à son tour ».

 Voltaire (1694-1778)

 

 

Les meilleurs experts et les pires charlatans ont presque tout dit à propos de la « mondialisation ». En France, c’est l’intarissable fond de commerce de ceux qui s’attribuent le monopole de la pensée légitime et de l’engagement militant. La « mondialisation » est tour à tour considérée comme moteur de la croissance économique mondiale, responsable du développement des inégalités entre pays riches et pays pauvres, facteur d’éclatement des identités nationales et d’homogénéisation de la planète, la cause de tous nos malheurs et la chance du nouveau millénaire : il ne se passe plus un jour sans que la « mondialisation » soit convoquée au tribunal de la « conscience citoyenne » !


Il existe, dans l’opinion publique française, un fort courant de sympathie pour les idées et les mouvements antimondialisation. Et la crise est venue à point pour conforter les nostalgiques de Marx. Catherine Picar, coauteur d’une proposition de loi visant à interdire les sectes en France, expliquait dans un passé tout récent : « Il y a, avec les sectes, un vent de déstabilisation des démocraties. Tout cela va de pair avec l’impérialisme américain, l’OMC, le libéralisme avancé (sic !) » [1]. Associer l’O.M.C au libéralisme avancé est révélateur des confusions qui règnent sur les esprits contemporains alors que l’O.M.C est une organisation interétatique qui se propose précisément de réguler le commerce, devenant du même coup l’instrument d’un protectionnisme déguisé et l’arène de tous les patriotismes économiques. Or, le patriotisme économique est le premier pas vers la guerre économique, l’antithèse de l’échange.

 

Cette dénonciation permanente - qui frise la diabolisation - de la mondialisation s’apparente plus à la théorie du complot qu’à une analyse rigoureuse de l'économie. Mais la théorie du complot, c’est la culture des masses : cela ressemble à de la culture, cela a le même goût que la culture et ce n’est pourtant qu’un ramassis de clichés vulgaires.

Considérons tout d’abord un constat de base : les phénomènes économiques n’ont pas de nationalité. La vie des hommes en société est impulsée par deux tendances lourdes qui sont intimement liées à la nature profonde de l’homme : la tendance à échanger d’une part ; la recherche de l’efficacité qui induit l’évolution inéluctable des techniques d’autre part. Ces deux tendances sont intimement liées car la volonté et la nécessité même de faire des échanges reposent sur un souci d’efficacité dans la mesure où il est peu efficace de vouloir faire tout soi-même. Cela est vrai pour un individu, une famille, un village… ou un pays. Les communautés humaines (familles, villes, pays) et les organisations (entreprises, associations, fondations) sont nées de cette nécessité.


Depuis la nuit des temps (et cela n’a pas commencé avec la révolution industrielle qui a seulement vu s’accélérer un processus enclenché dès le néolithique), l’homme a donc recherché à améliorer ses conditions de vie en réaction à la nature fondamentalement hostile de son environnement naturel. Cette tendance est le moteur des innovations techniques et de l’amélioration des conditions matérielles de vie quel que soit le découpage géopolitique qui a prévalu dans le monde. Les régimes politiques qui ont contrarié cette tendance séculaire au nom de l’immobilisme, consacré en modèle et en vertu, n’ont connu que tyrannie et misère.

Ainsi, la dénonciation systématique de la « mondialisation » et l’utilisation même d’un tel vocable permettent d’esquiver les véritables questions alors qu’elle traduit une méprise – sinon une incompréhension profonde – sur l’essence même des phénomènes économiques et sociaux.

 

[1] Agence France-Presse, le 29 mai 2001.

 

Jean-Louis Caccomo

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6 avril 2009 1 06 /04 /avril /2009 16:21

Par Nicolas Baverez, Le Figaro du 03 avril
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L'essayiste tire les premières leçons de la réunion de Londres. Pour lui, le G20 a consacré le retour du FMI, l'émergence de la croissance verte et la fin de l'occidentalisation du monde, avec la place prise par la Chine et la Russie.

Le G20 a réussi à exorciser le spectre de la conférence de Londres de 1933, dont l'échec provoqua l'emballement de la grande déflation. Au point culminant de la récession, l'incapacité des 66 nations les plus développées à s'accorder sur des principes communs en matière de monnaie et de commerce provoqua l'effondrement des paiements et des échanges mondiaux au cours des années 1930 en lançant une course aux dévaluations compétitives et au protectionnisme. Parallèlement, sur le plan politique, les grandes démocraties affichèrent leurs divisions et leurs désaccords - symbolisés par la rupture brutale des discussions décidée par Franklin Roosevelt, qui dénonça les « vieux fétiches des prétendus banquiers internationaux » -, face à des régimes totalitaires en pleine ascension - de l'URSS stalinienne à l'Allemagne nazie en passant par l'Italie fasciste. Ainsi la ruine d'une stratégie concertée de lutte contre la crise, outre l'enfermement dans la déflation avec son cortège de chômage et de misère de masse, eut-elle des conséquences géopolitiques majeures en aggravant la crise et la mésentente des nations libres d'une part, en renforçant les empires idéocratiques d'autre part.

 

• Coopération effective des politiques économiques.

 

Le sommet du 2 avril 2009 s'est également ouvert à un moment critique d'une grande crise du capitalisme devenu universel. Après l'immobilier en 2006, le crédit en 2007, la finance en 2008, la déflation frappe de plein fouet l'économie en 2009, avec une croissance mondiale en recul de 2 %, un commerce international en chute de 9 %, 50 à 55 millions de chômeurs supplémentaires. Dans le même temps apparaissent les premiers signes de stabilisation, qu'il s'agisse des marchés boursiers, de l'immobilier aux États-Unis, des ventes d'automobiles, de la confiance des ménages. L'enjeu économique de la réunion des dirigeants des pays représentant 90 % du PIB de la planète était donc déterminant, qui consistait à démontrer, au-delà des intérêts divergents, l'existence d'une coopération effective des politiques économiques dans les mesures d'urgence comme dans les nécessaires réformes du capitalisme. Et cet objectif a été pleinement atteint. Au-delà, le G20 a acté une nouvelle hiérarchie des nations et dessiné les lignes d'un monde multipolaire, dont les États-Unis et l'Occident ont perdu le monopole.


Plutôt que de débattre des mérites comparés de l'autorégulation des marchés ou de leur encadrement par l'État ou de la moralisation du capitalisme, la priorité du sommet de Londres allait à prévenir sa désintégration et à fixer un cadre permettant sa remise en route. Quatre thèmes clés se détachaient : les deux premiers, qui avaient cristallisé les tensions entre pays anglo-saxons et l'Europe continentale, portaient sur la relance et la régulation du capitalisme ; les deux derniers, souvent sous-estimés, concernaient le commerce international, placé sous la double menace de l'extinction du crédit et de la montée du protectionnisme, et la situation des pays les plus pauvres, confrontés à la baisse simultanée du prix des matières premières, des transferts en provenance des diasporas, des investissements directs et de l'aide au développement. Force est de constater que le G20 a rempli son contrat en apportant des réponses concrètes à l'ensemble des problèmes, mais aussi en innovant dans la méthode.


La première réunion du G20, à Washington, avait été légitimement dominée par le signal politique et par des déclarations de principe. La conférence de Londres se devait d'être placée sous le signe des actes et des décisions. Tel est bien le cas. En matière de relance, l'estimation de 5 000 milliards de dollars des plans cumulés - soit 10 % du PIB mondial - agglomère des engagements très hétérogènes, la mobilisation de ressources supplémentaires n'étant envisagée que dans le cas d'une aggravation de la crise. Deux orientations neuves apparaissent cependant. D'abord, la levée de 750 milliards de dollars mis à la disposition du FMI pour stabiliser les pays émergents. Ensuite, l'accent placé sur la croissance verte et le lien explicite créé entre régulation du capitalisme et protection de l'environnement, dans la perspective de la conférence de Copenhague qui tentera de donner une suite au protocole de Kyoto à l'automne prochain.

En matière de régulation, le principe fondamental selon lequel aucun pays, aucun marché, aucune institution ou opérateur financier, aucun produit ne devait échapper à une supervision et des normes communes a été adopté. Il est décliné de manière systématique à travers l'instauration d'un système de supervision des banques et des produits financiers sous l'autorité d'un « Conseil de stabilité financière », la surveillance des rémunérations des opérateurs, l'encadrement des fonds d'investissement, l'enregistrement des agences de notation, la révision des normes comptables et prudentielles, la sanction des paradis fiscaux - illustrée par la spectaculaire affirmation selon laquelle « l'ère du secret bancaire est révolue ». La condamnation du protectionnisme est réitérée et mandat est clairement donné à l'OMC d'en assurer l'application effective, en même temps qu'est décidé un programme de financement du commerce et des investissements internationaux portant sur 250 milliards de dollars. Enfin, les pays les plus pauvres bénéficieront d'aides spécifiques financées par la vente d'une partie des stocks d'or du FMI.

 

• Renforcement du FMI

 

Le G20 a donc réussi à transcender les intérêts et les priorités divergents de ses membres pour définir un cadre mondial pour la lutte contre la déflation et la régulation future du capitalisme. Parallèlement, il a fixé une méthode qui rompt tant avec le néoconservatisme de l'ère Bush qu'avec la renationalisation à outrance des politiques économiques qui a prévalu depuis le déclenchement de la crise. Le FMI, moribond il y a deux ans, sort puissamment renforcé tant dans ses moyens d'intervention que dans ses missions, élargies à la supervision financière, qu'il partagera avec le Conseil de stabilité. Une articulation s'ébauche entre le G20, qui tranche les choix politiques, les organisations multilatérales en charge de leur déclinaison et de leur contrôle, les instances de régulation nationales ou continentales responsables de leur mise en œuvre quotidienne. En bref, un embryon de mondialisation politique prend forme autour des instances de régulation financière pour stabiliser et faire contrepoids à la mondialisation des marchés. Parallèlement, une coopération est ébauchée entre le FMI et l'OMC et un lien noué entre la supervision financière, les règles applicables au commerce international, la protection de l'environnement, soit les grandes thématiques qui, avec le régime des monnaies, structureront les négociations économiques du XXIe siècle.

 

• Fin de l'unilatéralisme américain

 

Sur le plan économique, le G20 n'a pas mis fin à la crise mais marque un tournant dans son déroulement, en fixant le cadre d'une stratégie coordonnée de lutte contre la déflation. La dynamique de la mondialisation, fortement menacée, devrait se poursuivre, au prix d'un rééquilibrage en faveur de la stabilité au détriment de la croissance, en faveur de la régulation au détriment du risque. Son modèle économique va cependant être durablement transformé par l'arrêt de l'addiction des États-Unis au crédit et à la consommation, du fait de l'indispensable désendettement des ménages et des séquelles de la crise (chômage, baisse des actifs immobiliers et financiers…), avec pour contrepartie la nécessité pour les pays émergents, notamment asiatiques, de jeter les bases d'un développement plus autonome et moins dépendant des exportations vers les pays développés. Sur le plan politique, il acte la fin de l'unilatéralisme américain et constitue un premier succès spectaculaire pour la diplomatie ouverte de Barack Obama, qui a resserré les liens transatlantiques tout en engageant un dialogue stratégique avec la Chine et la Russie. La principale nouveauté réside cependant dans le rôle central joué par la Chine, qui, aux antipodes du silence observé à Washington, n'hésite plus à se positionner ouvertement en superpuissance.

 

• Dimension historique du G20

 

La conférence de Londres comporte dès lors une dimension historique et restera le symbole de la fin de l'occidentalisation du monde et de l'émergence d'un système multipolaire. Les États-Unis voient s'achever la suprématie absolue dont ils ont bénéficié depuis le début du XXe siècle et entrent dans une phase de puissance relative. De même que la démesure de l'ambition impériale a ruiné la Pax Americana, les excès d'America Inc. ont dissous le leadership exercé sur le capitalisme. Avec pour conséquence la remise en cause progressive du monopole du dollar comme monnaie de réserve et de règlement mondiale. L'Europe reste l'otage de ses divisions et de son impuissance, incapable de s'accorder sur les principes qu'elle préconise pour le monde, comme le soulignent la non-coordination des plans de relance, le divorce entre la politique budgétaire et la politique monétaire - illustré par le nouveau retard de la BCE dans la baisse de ses taux directeurs - ou la balkanisation persistante de ses instances de régulation. Le paradoxe est éclatant qui voit l'intégration économique et politique de l'Europe régresser quand la mondialisation de la politique accélère. À l'inverse, le monde émergent entend prolonger son rattrapage économique par un rattrapage politique.

Pour n'avoir pas refondé le système monétaire, le G20 a finalement renoué, sinon avec l'agenda, du moins avec l'esprit de Bretton Woods, en rénovant le multilatéralisme, en prenant acte de la nouvelle donne du XXIe siècle placée sous le signe de la montée en puissance des pays émergents, en ouvrant enfin, après le temps de la mondialisation dérégulée des années 1990 puis de la mondialisation chaotique des années 2001 à 2008, l'ère de la mondialisation politique.

Nicolas Baverez
Le Figaro, 3 avril 2009

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15 mars 2009 7 15 /03 /mars /2009 08:53

Au moment où les ministres des finances du G20 se réunissent pour préparer la réunion capitale de Londres, il peut être intéressant de relire cet article  d'Henri Guaino...

Le Monde 18 02 09.

La France envisage-t-elle un plan de relance comparable à celui de Barack Obama, qui va octroyer des chèques de 400 dollars (315 euros) pour les plus pauvres ?

Henri Guaino. Face à une crise sans précédent, dont personne ne peut prédire ni jusqu'où elle fera reculer l'économie ni jusqu'à quand, il faut garder son sang froid. Quand la consommation s'effondre, ce type de mesure peut être nécessaire, ce qui pour l'instant est le cas aux Etats-Unis mais pas en France. Ici, pour qu'elle soit pleinement efficace, il faudrait qu'elle s'inscrive dans une relance européenne concertée et qu'elle soit mise en oeuvre au bon moment. Au printemps 2008, Georges Bush a envoyé des chèques à 130 millions de contribuables américains pour plus de 150 milliards de dollars. Au bout de trois mois, les effets se sont évaporés et l'activité a reculé. Quand l'économie est en pleine descente, ce genre de plan ne sert à rien, et il plombe les finances publiques. Si l'on emprunte pour investir on se retrouve avec des dettes et des actifs. Si l'on emprunte pour consommer, à la fin on n'a rien en face des dettes.


Quels risques le plan américain recèle-t-il selon vous ?

Les Etats-Unis n'épargnent pas. Ils vont donc devoir se financer par l'endettement. Le risque est qu'un doute finisse par naître sur leur capacité de remboursement. La situation risque d'être d'autant plus tendue que les excédents, notamment chinois, qui financent leur déficit, pourraient disparaître avec le ralentissement des exportations et la nécessité de stimuler la croissance interne. La seule issue serait alors le recours à la banque centrale et à la création monétaire.


Quelle en est la conséquence ?

La chute du dollar et à terme la hausse de l'inflation qui est depuis toujours le meilleur moyen de ne pas payer toutes ses dettes. C'est le schéma classique des crises de désendettement : la contraction des débouchés contraint à baisser les prix et enclenche un cycle déflationniste dont on sort par l'inflation.


Mais en Europe, la Banque centrale européenne (BCE) a pour mission essentielle de lutter contre l'inflation...

Déflation ou dévaluation, ce fut le grand débat des années 1930. Si la sortie de crise devait inaugurer un cycle d'inflation à l'échelle mondiale, la zone euro ne pourrait pas rester, sans risque majeur, un îlot de déflation. Il faudrait trouver un équilibre entre le risque de déflation et celui de voir la hausse des prix échapper à tout contrôle. La gestion monétaire de la crise est un défi redoutable pour les banques centrales. Pour l'instant, la BCE a plutôt bien fait son travail.


Pour endiguer la crise bancaire, les Américains envisagent de d'isoler les actifs pourris dans une "bad bank", comme les Français l'avaient fait pour le Crédit lyonnais.

Quelle que soit la sophistication du montage financier, les mêmes questions sont posées : qu'est-ce qu'un actif pourri ? Jusqu'à quel point est-il pourri ? Comment fixer son prix ? Au cas par cas, les bad banks peuvent être utiles. Mais compte tenu de l'ampleur de ce qui est envisagé (2 000 milliards de dollars), se tromper sur le prix et la définition des actifs peut avoir des effets systémiques considérables. Si le prix est trop bas, la définition trop large, tous les bilans bancaires du monde peuvent être plombés puisque les mêmes actifs y sont disséminés. Si l'opération était mal montée et échouait, le risque serait double : une nouvelle phase de la crise bancaire pénaliserait un peu plus l'économie mondiale qui est déjà mal en point et la nationalisation d'une grande partie du système bancaire mondial ne serait plus à exclure.


Les Européens jugent le plan de soutien français à l'automobile anticoncurrentiel et protectionniste.

Comme pour les banques, il n'y avait pas le choix. Qui, dans les circonstances actuelles, peut laisser s'effondrer un secteur qui emploie 10 % de la population active ? Mais je ne vois pas en quoi ce plan est protectionniste.


Le protectionnisme est-il une nécessité ou un danger ?

Si l'on ne définit pas en commun des règles de protection et d'intervention raisonnables, si on reste enfermé dans des dogmes on risque d'avoir le protectionnisme le plus déraisonnable, le populisme, la xénophobie... Il faut prendre ce risque très au sérieux. Regardez le fossé qui s'est creusé en Islande entre le peuple et la classe dirigeante ! Regardez les grèves des salariés britanniques dans l'énergie contre l'embauche d'intérimaires espagnols ou italiens ! Regardez ce qui s'est passé en Grèce ! Cette crise déroule tous les chapitres d'un manuel d'économie. Prenons garde à ce qu'elle ne déroule pas aussi tous ceux d'un manuel d'histoire...


La situation sociale en France vous préoccupe-t-elle ?

La crise économique génère beaucoup d'angoisses et de souffrances sociales, mais aussi un grand sentiment d'injustice parce que ceux qui souffrent ont le sentiment de payer à la place des responsables. C'est une situation dangereuse qui offre un terreau favorable à tous les extrêmes. On sait où peut mener l'anticapitalisme extrémiste. C'est pourquoi le combat pour la moralisation du capitalisme est si important.


Quelles décisions attendez-vous lors de la deuxième réunion du G20, qui réunira les vingt principales puissances de la planète à Londres le 2 avril ?

Ce ne sera sans doute pas encore le grand soir du capitalisme financier. Si les experts ont du mal à imaginer un autre monde que celui dans lequel ils ont vécu, les responsables politiques sont davantage conscients de la nécessité du changement. Pour refonder le capitalisme, ils doivent imposer des solutions non pas techniques mais politiques.


S'il n'y avait qu'une mesure à prendre, laquelle serait-elle ?

Il faut que les banques soient de nouveau incitées à faire leur métier qui est d'analyser le risque crédit. Par conséquent, il faudra bien finir par répondre à certaines questions : quelle part de risques la banque doit-elle conserver dans son bilan quand elle titrise ses crédits ? Dans quelle mesure peut-elle être autorisée à financer de la spéculation en particulier les hedge funds ? Comment s'assurer de la transparence de leurs opérations à travers les paradis fiscaux ? Comment rémunérer les opérateurs pour qu'ils ne soient pas incités à prendre des risques excessifs ? Comment contrôler les agences de notation pour que personne ne puisse prendre de risques sans savoir lesquels ? Les activités de crédit et les activités de marché doivent-elles ou non être totalement séparées ?


Henri Guaino

Propos recueillis par Françoise Fressoz et Arnaud Leparmentier

Le Monde daté du 18 02 2009

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