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PRESENTATION

 

 

Contact: marcdhere.mdh@gmail.com 

 RECONQUÊTE est un  mouvement en construction. Ce n'est pas un parti politique, mais un Cercle de Réflexion et d'Action, ouvert à tous ceux, à quelque parti qu'ils appartiennent, ou sans parti, qui se reconnaissent dans ses valeurs et  principes. La Responsabilité et l'équivalence entre droits et devoirs à tous les niveaux,  le libéralisme économique,  la solidarité,  le choix d'une évolution réaliste et progressive dans le social et le sociétal,  l'Europe... 

 

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27 mars 2009 5 27 /03 /mars /2009 10:23

Par Eric Le Boucher, sur l'excellent site slate.fr
...



J'ai toujours été partagé sur le salaire des patrons. D'un côté je trouve bien qu'on puisse gagner de l'argent en France et même beaucoup d'argent. Ce pays est menacé par l'égalitarisme, virus de la médiocrité, et par l'envie, cancer du socialisme.

Qu'on ne soit pas obligé de s'exiler pour devenir millionnaire par son travail ou ses idées est un signe de dynamisme, d'inventivité, de compétition, bref de bonne santé de l'économie.


De l'autre, trop c'est trop. Trop surtout en ce moment de récession meurtrière où tout se conjugue avec du «moins». Qu'est-ce que «trop» ? Difficile de chiffrer. Allons : un plafond de 3-5 millions de revenu annuel brut pour un PDG du haut du CAC 40 ? Ce qui est sûrement «trop», c'est l'ensemble : parachute de bienvenue, gros revenu, stock-options, frais et sur-frais, bonus, parachute de sortie, pension complémentaire, etc.


Un patron n'est pas le propriétaire. C'est l'actionnaire qui prend les risques et on en voit la réalité aujourd'hui avec l'effondrement des cours de Bourses. Les propriétaires ont perdu la moitié de leurs avoirs. Le PDG est bien payé pour être incité à «servir l'actionnaire» qui l'a désigné pour cela. Il doit donc avoir, comme ses collaborateurs, une part «variable» importante, liée aux résultats. Quand le résultat fait défaut, cette part doit être nulle, c'est le contrat, et non pas attribuée quand même, comme c'est le cas souvent par des conseils d'administration qui restent composés en France des copains, les autres patrons du CAC 40, qui se tiennent ainsi les uns les autres «par la barbichette». Le système de «part variable» est légitime mais il est dévoyé.


Longtemps, les patrons français ont été moins payés que leurs homologues étrangers, en particulier américains. Ce fut un argument pour rattraper leur retard, très brutalement, après 1986 et les premières privatisations.
Le changement a été spectaculaire : de peu rémunérés sous la férule de l'Etat nationalisateur, les PDG des grands groupes privatisés se sont mis à toucher de quoi «devenir riches» en cinq-dix ans de mandat. Leurs prédécesseurs avaient pu accumuler l'équivalent de 2 millions d'euros en une carrière, eux ont pu mettre dix fois plus de côté, voire beaucoup plus encore. Ils se sont assez enrichis pour assurer leur propre avenir mais aussi celui de leurs enfants et de leurs petits enfants, acquerrant une «fortune» comme au XIXième siècle.


La raison pousse à dire que cela est allé «trop» loin. Quelle raison ? La raison morale ? Oui. En tout cas, au cours de cette crise. Quant la politique est impuissante à empêcher les drames - tout juste peut-elle les amoindrir un peu pour les plus secoués- alors l'opinion se tourne vers les symboles d'impunité et d'injustice. Nous y sommes.
Les patrons devraient ouvrir les yeux sur le monde normal et le comprendre d'eux mêmes.


Raison économique ? Les dirigeants français restent accrochés à l'argument que leurs groupes sont internationalisés et que leur salaire dépend du «petit marché mondial des bons patrons». En clair, ils doivent être rémunérés comme des Américains. La crise va-t-elle alors, mondialement, réduire leurs salaires ? Barak Obama en limitant à 500 000 dollars les revenus de ceux qui touchent des aides d'Etat a-t-il, au delà du symbole, enclenché une inflexion historique ? Le France ne ferait-elle finalement  que prendre le train mondial en marche ?


Deux tendances vont jouer dans des sens opposés. Un, nous entrons dans une phase où l'économie réelle peut espérer prendre sa revanche. L'argent facile, c'est fini. Dans ce cadre, on devrait assister à un retour du long terme, à un souci d'investir et de garder les équipes, à un besoin d'asseoir les rémunérations sur les performances de longue durée. Les patrons parachutés à prix d'or, ce pourrait être une période révolue. Deux, l'autre tendance, contradictoire, c'est la course à l'épargne qui va se durcir à l'échelle mondiale pour rembourser les dettes gigantesques laissées par la crise. Qui dit course à l'épargne dit rémunération élevée pour l'attirer et donc il y a peu de chance que l'actionnaire accepte des rendements abaissés.


En bref, on rentre dans une période qui devrait être favorable à une baisse relative des salaires des dirigeants mais avec des actionnaires qui exigeront toujours des rentabilités très élevées et qui voudront conserver des mandataires dévoués à leur cause et payés en conséquence. L'issue de cette bataille n'est pas facile à deviner, mais il y a de fortes chances pour que les salaires ne régressent que peu.


Que peut faire un gouvernement ? Nicolas Sarkozy a raison de ne pas
vouloir légiférer et de vouloir  éviter «la démagogie». Dans ces moments de tension de l'opinion en effet, le législateur fait toujours plus de mal que de bien. Il provoque des effets contraires à vouloir faire des lois pour seulement une poignée de personnes. Puisque les parts variables comme les bonus sont dénoncées, la loi risque d'élever en compensation la part fixe du salaire, au dépend de l'incitation à prendre des risques. Pressé, le législateur improvise souvent  dangereusement : les stock-options par exemple sont très utiles pour les start-up, comment rémunérer les salariés si on les interdit ? L'autre arme gouvernementale, l'impôt, Nicolas Sarkozy la refuse. Il veut être le président pour qui le travail paie, il ne veut pas augmenter les impôts.


Lui reste la parole, la dénonciation publique d'autant plus vive qu'on ne légifère pas. Ce n'est pas inutile. Sans doute les conseils d'administration vont-ils surveiller de plus près les rémunérations et trouver un peu de courage pour écrêter les salaires les plus hauts. Mais cette arme de la parole a aussi un risque : celui d'encourager les dénonciations à n'en plus finir et de faire des PDG des boucs émissaires. Ce n'est pas bon pour réconcilier les Français avec les entreprises et somme toute avec le juste profit.


Eric Le Boucher
http://www.slate.fr

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25 mars 2009 3 25 /03 /mars /2009 09:14

Par Christine Lagarde, ministre de l'économie et des finances
Le Figaro du 13 mars 2009
...


La Conférence économique mondiale s'est ouverte à Londres… il y a 76 ans. Le 12 juin 1933, pour mettre un terme aux désordres monétaires et aux guerres commerciales, 66 pays se retrouvaient dans la capitale britannique et tentaient de tirer les leçons de la grande dépression. Après plusieurs mois de négociations, les conférenciers se séparaient sur un constat d'échec.


Le 2 avril 2009, les chefs d'État et de gouvernement reprendront le chemin de Londres pour apporter une réponse à une crise économique et financière d'une ampleur sans précédent. Nous ne pouvons pas laisser l'histoire se répéter et l'inaction collective prévaloir, au risque de nous ramener aux impasses politiques et économiques des années 1930.


Pour préparer cette échéance, les ministres des Finances se réuniront ce week-end. Je proposerai à mes partenaires de poser les bases d'un système financier rénové fondé sur de nouvelles règles, les principes de responsabilité et de transparence.


Nous devons réagir ensemble en urgence à la dégradation de la conjoncture économique et à l'instabilité financière. C'est le rôle des plans de relance et des plans de sauvetage financiers mis en place, pour la première fois dans l'histoire, simultanément en Europe, aux États-Unis et dans certains grands pays d'Asie. Les plans européens sont plus importants que ne le disent certains : ils représentent 400 milliards d'euros, soit 3,3 points de PIB, en incluant les stabilisateurs automatiques. C'est aussi le rôle des institutions financières internationales d'apporter un soutien massif aux pays les plus fragilisés.


Mais il nous faut aller au-delà en redéfinissant les principes fondateurs et les règles de fonctionnement du système financier. Nous ne pouvons nous contenter de traiter les symptômes et réaliser demain que nous avons engagé un effort budgétaire considérable sans prendre les mesures structurelles d'accompagnement.

Il faut plus de transparence et de responsabilité, une meilleure régulation et une supervision efficace. Je suis convaincue que nous ne sortirons de la crise qu'en mettant fin aux zones d'ombre du système financier, soit en étendant significativement le champ de la régulation et du contrôle. Comment imaginer faire revenir la confiance entre les acteurs, quand certains échappent aux règles ?


Lors du sommet de Washington, le 15 novembre 2008, l'Union européenne avait proposé un principe fondamental : tous les marchés, tous les territoires et tous les acteurs présentant des risques pour le système financier dans son ensemble doivent être l'objet d'un contrôle ou d'une surveillance. Ce principe, adopté par tous les participants, doit être mis en œuvre, au risque de bousculer des habitudes et des rentes de situations confortables : ce sera un test de notre détermination.


Nous devons ainsi surveiller de près les acteurs des marchés financiers comme les hedge funds. Il n'est pas acceptable que certains, qui représentent jusqu'à plus de 50 % des transactions sur les Bourses, ne soient pas enregistrés et soumis à des règles de transparence. La supervision des banques doit elle aussi être renforcée pour prendre en compte leur exposition à l'égard de ces fonds.


Cette même exigence s'applique aux agences de notation, dont les dysfonctionnements ont contribué à la formation de la crise. Les principes sont simples : des règles plus strictes, notamment en matière de conflits d'intérêts, une échelle de notation spécifique pour les produits complexes et une publication régulière de leur performance. L'Europe s'est engagée en ce sens avec l'adoption prochaine d'un règlement européen préparé sous présidence française.
Nous attendons de tous nos partenaires qu'ils en fassent autant.


Lutter contre les zones d'ombre, c'est aussi mettre un terme à l'attitude des États qui refusent la coopération internationale dans les domaines de la fiscalité, de la lutte contre le blanchiment ou de la prévention des risques financiers. Nous ne construirons pas un système plus sûr en maintenant la possibilité d'échappatoires à ceux qui ne veulent pas respecter les règles.

L'Allemagne et la France sont prêtes à aller très loin : nous demandons que soient établies des listes de ces pays non coopératifs et que nous ayons une boîte à outils de sanctions. À tout le moins, une banque qui décide de travailler avec un pays ne respectant pas les meilleurs standards dans le domaine prudentiel devra en faire état publiquement chaque année. Son superviseur devra lui imposer des contreparties financières, en réponse à ces risques supplémentaires.


Je proposerai aussi à mes collègues de replacer le principe de responsabilité au cœur d'un système qui avait perdu le sens de la mesure. Les modalités de rémunération des opérateurs de marché sont représentatives des erreurs collectives qui ont été commises. La priorité était donnée au très court terme et tout pouvait inciter à prendre des risques excessifs. Je propose que nous revoyions ces principes en différant le versement des bonus dans le temps, pour prendre en compte la rentabilité finale des opérations. En un mot : pas de bonus en cas de positions perdantes.


Enfin, les normes comptables doivent également refléter cette approche responsable. Leur rôle est d'amortir les chocs et non de les amplifier. Lorsque la conjoncture est favorable, les banques doivent constituer des provisions pour garantir une plus grande solidité du secteur financier lors des ralentissements économiques. Par ailleurs, il ne doit plus être possible d'élaborer ces normes sans donner toute leur place aux acteurs publics et sans un objectif clair de stabilité financière.
C'est la raison pour laquelle j'ai appelé à une réforme de la gouvernance de l'IASB.


Toutes ces propositions, la France et ses partenaires européens, au premier rang desquels l'Allemagne, avec laquelle nous avons travaillé étroitement, les soumettront aux pays participant aux G20 pour que nous puissions agir ensemble. De même qu'une relance nationale est moins efficace qu'un effort coordonné, renforcer la régulation du secteur financier dans une région du monde en laissant le laxisme prévaloir ailleurs n'a pas de sens dans un monde globalisé.
La concurrence entre les systèmes de normes et le moins-disant réglementaire ayant aussi leur part dans cette crise, nous devons y mettre fin pour nous attaquer à ses causes.


Dans trois semaines, au sommet de Londres, tout ne sera pas réglé. Mais nous devons donner des signes clairs d'une véritable ambition collective. Non seulement pour lutter contre la crise, sauver les banques et réformer la gouvernance mondiale, mais aussi réformer le système financier vers plus de responsabilité, de transparence et une régulation renforcée. La France et l'Europe y sont prêtes.

L'histoire nous a enseigné qu'il était risqué de manquer certaines occasions. La France et l'Europe ne manqueront pas, j'en suis convaincue, celle de Londres. Les ministres des Finances sauront s'y appliquer
.

Christine Lagarde
Le Figaro du 13 mars

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23 mars 2009 1 23 /03 /mars /2009 10:22


Nous sommes au cœur de la crise mondiale, à son point le plus aigu, le plus douloureux, il n’est donc pas surprenant, compte tenu des coutumes françaises, que se déploient grèves et manifestations (même si, curieusement, la majorité de ceux qui manifestent,  les agents du public, sont ceux qui souffrent le moins de la crise).

  

La journée de protestation du 19 mars a été  importante, elle a montré la grande inquiétude et le désarroi  de la population,  mais je ne pense pas qu’elle ait témoigné, contrairement à ce que prétendent la plupart des commentateurs, une montée de la contestation vis-à-vis du gouvernement. Plusieurs faits illustrent cette opinion.

 

Les grévistes de la fonction publique ont été nettement moins nombreux que lors du 29 janvier dernier et si les manifestations ont attiré davantage de monde (environ 10% de plus), cela est sans doute dû au grand beau temps, à la présence accrue d’étudiants et de lycéens, et au plus grand nombre de manifestants du privé, victimes de licenciements ou menacés de plans sociaux. La crise a comme principale conséquence une progression très rapide du chômage, et les nouveaux chômeurs ou ceux qui craignent très directement pour leur emploi viennent très naturellement grossir les rangs des mécontents, des protestataires et donc des manifestants.

Mais ce n’est pas directement et prioritairement contre le gouvernement que ceux-ci manifestent: le Medef qui fait preuve de cécité et d’intransigeance, les patrons qui licencient brutalement ou qui refusent de négocier  étaient  -  à la différence de ce que l’on avait constaté lors de la journée du   29 janvier -   tout autant la cible des manifestants que le gouvernement et sa politique.
D’ailleurs, la moyenne des 8  sondages d’opinion réalisés au  mois de  mars vient confirmer que le gouvernement et le Président ne subissent pas une baisse de popularité, mais au contraire même une légère remontée par rapport au mois de février.

 

La réponse du gouvernement à cette journée de protestation a été responsable et  sensée: pas de nouvelles mesures sociales immédiates, évaluation dans les prochains mois, avec les partenaires sociaux, des importantes mesures déjà prises et de leurs effets ;  corrections éventuelles et mises en œuvre de  mesures complémentaires si cela s’avère nécessaire.
A cette réponse s’ajoute le plan très ambitieux  de Martin Hirsch sur l’emploi des jeunes, qui propose à 30.000 jeunes de s’engager dans un service civique avec une rémunération minimum, et une aide importante de l’Etat pour aider à l’embauche de jeunes dans les entreprises (1,5 milliards remboursés progressivement par les entreprises).

 

Doit-on faire plus ? Il y a eu, au sein de la majorité un débat sur des mesures propres à faire participer  davantage les très hauts revenus à l’effort national. Pierre Méhaignerie envisageait une contribution exceptionnelle, et limitée aux années 2009 et 2010, pour les revenus annuels supérieurs à 300.000 euros. Cette contribution, qui serait venue abonder le fonds d’investissement social créé à la demande de la CFDT, était un moyen de répondre au sentiment  que la politique menée n’était pas assez équitable et que l’on demandait moins d’efforts financiers aux plus riches.
Correspondant à la réalité ou non, sans doute exagéré, ce sentiment,  largement  partagé en tous cas méritait une réponse et celle proposée par Pierre Méhaignerie était, à mon avis, la bonne. Le gouvernement n’a pas jugé opportun d’aller dans ce sens. L’idée ne doit pas être abandonnée et il faudra l’évoquer à nouveau, même si le refus de François Fillon et de Nicolas Sarkozy de la prendre en compte a sa cohérence et  peut se comprendre.  

 

Quoiqu’il en soit, face à une  situation qui restera encore très  difficile pendant quelques mois,  les premiers effets positifs du plan de relance et des mesures sociales,  les résultats que l’on peut espérer significatifs de la réunion du G20, le 2 avril à Londres, et  l’action  à la fois responsable et ouverte du gouvernement,  peuvent contribuer à faire, lentement, diminuer l’inquiétude et renaître un début de confiance, condition nécessaire à une réelle reprise.

 

Marc d’Héré

 

 

 

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20 mars 2009 5 20 /03 /mars /2009 19:01


Editorial de Jean-Marie Bockel dans la dernière news letter de La Gauche Moderne...

La crise, d’abord boursière, puis financière, touche maintenant l’économie réelle. C’est le niveau d’activité des entreprises qui recule, c’est le chômage partiel et les pertes d’emploi qui se multiplient, alors que piétine la consommation des familles.

Face à cette réalité, une crise principalement apparue aux Etats-Unis, mais qui touche aujourd’hui le monde entier, le gouvernement développe un ensemble de mesures cohérentes qui permettent à notre pays d’être, aujourd’hui, moins violemment touché que nombre d’autres.

Ainsi la France est le pays au monde qui a le plus fort montant de transferts sociaux : 531 milliards d’Euro seront cette année versés par les dispositifs divers de solidarité nationale à nos concitoyens. C’est presque 75% du volume du plan de relance présenté par le président Obama aux USA.

C’est pour cette raison que le plan de relance français est centré sur l’investissement, car la partie d’aide directe au pouvoir d’achat, si nécessaire à certains autres états, est déjà présente dans notre système de solidarité et de transferts.

D’ailleurs, les chiffres connus le prouvent, pour prendre l’exemple des ventes de voitures neuves, si elles reculent en France de 13,1%, c’est de 32% en Italie et au Japon, plus de 45% en Grande-Bretagne et près de 49% en Espagne.

Nous avons dit combien ce système de transferts sociaux et ses mécanismes, nécessitent d’être profondément réformés, comment il ne mettent pas la priorité au bon endroit, comment souvent, ils sont peu efficaces au regard de leur coût. Il faut impérativement faire ces réformes nécessaires, qui rendront plus performant notre système. Il faut les faire pendant le temps de la crise, pour que nous soyons dans les meilleures conditions pour saisir pleinement la reprise qui viendra.

Mais il reste que la taille de ce système de transferts sociaux, caractéristique de la particularité française, garantit la présence d’une demande solvable dans la population, même si elle n’est pas répartie de manière optimale.

La réforme juste, que La Gauche Moderne a inscrite sur son drapeau, consiste à faire mieux, ce que l’on fait aujourd’hui moins bien. On se rendra compte qu’en le faisant mieux on le fera aussi pour un coût moindre.

Ce qui rend si couteux nos systèmes sociaux, nos hôpitaux, ou notre système éducatif, par exemple, ce sont leurs dysfonctionnements, pas leurs réussites. C’est le même phénomène qui les rend moins efficace. La réforme juste, cela consiste à se préoccuper d’abord de faire mieux. Et pour cela, mobiliser toutes les énergies, celles des acteurs, celles des utilisateurs, celles des bénéficiaires de ces services, pour partager équitablement les efforts, en pleine connaissance de cause, en pleine responsabilité.

En faisant mieux on se rendra compte qu’on fait aussi des économies. C’est ce processus gagnant-gagnant qui reste au cœur de notre projet et des propositions que nous faisons au gouvernement que nous soutenons, à la majorité dont nous sommes pleinement partie prenante.

Face à nous, que voyons nous ? La gauche traditionnelle, dans toutes ses variantes, agite les mots, sans chercher la cohérence de l’action. Les partis de l’opposition ont tous choisi de se payer de mots, chacun à sa manière. De Martine Aubry à Olivier Besancenot, c’est « y’a qu’à », « faut qu’on ».
C’est Olivier Besancenot qui donne le ton : il faudrait interdire tout licenciement par exemple – comme si on pouvait interdire la crise par décret —, et les autres partis suivent, chacun en mode dégradé de son voisin, mais tous, aussi peu en prise sur la réalité. Lançant des propositions qui sont faites pour agiter, mais pas pour agir. Pour s’opposer par principe, le Parti socialiste n’hésite pas à fédérer tous les conservatismes pour s’opposer aux réformes, comme sur le terrain de l’hôpital public.

S'il faut se désoler de cette surenchère rhétorique du Parti socialiste, il faut constater aussi la cécité et l'intransigeance dont le MEDEF a fait preuve récemment, nourrissant ces discours.


Le Président de la République a souhaité que puisse s'engager un véritable débat sur le partage de la valeur ajoutée dans notre pays. Si les PME-PMI, qui constituent le creuset de l'innovation et de l'emploi, témoignent bien souvent d'une répartition équitable entre capital et travail, il n'en va pas de même dans les grandes entreprises cotées. Leur management qui est souvent vécu comme brutal, tant par les salariés que par les fournisseurs et sous-traitants, demeure durablement convaincu qu’il faut servir aux actionnaires de substantiels dividendes, au détri-ment de l'investissement et de la rémunération correcte du travail. Cette question ne pourra rester tabou.

La Gauche Moderne a choisi la voie de l’action. Il faut que dans cette crise, nos concitoyens voient le cap qui est fixé pour retrouver la croissance et construire une société rénovée, dans laquelle chacun trouve sa place à la mesure des efforts qu’il fournit pour la collectivité. C’est le sens de notre action et de notre réflexion.

Nous travaillons pour nos concitoyens, nous agissons au sein de la majorité, au gouvernement, avec le Président. Ce que nous faisons, on peut en juger sur pièces. C’est notre force.

Jean-Marie Bockel

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19 mars 2009 4 19 /03 /mars /2009 11:10


Les grèves et manifestations du 19 mars

 

Face à la Crise dont le déroulement reste difficile à prévoir et dont nul ne sait encore donner une date de sortie, mieux vaut un monde du travail mobilisé qu’un monde du travail abattu. C’est le point de vue naturel d’un parti de gauche comme La Gauche Moderne.

 

Lors du précédent mouvement, le Président de la République et le gouvernement ont répondu par un sommet social dans lequel l’État a pris ses responsabilités. Des mesures ont été prises que Nicolas Sarkozy a détaillé aux Français à la télévision et dont chacun se souvient, des remboursements d’impôts, notamment.

 

A cette occasion, le Président a soulevé deux questions importantes dont il a souhaité qu’elles progressent sans passer automatiquement par de nouvelles lois ou règlements, mais par un effort de dialogue de la société française :

 

• Un meilleur partage des profits et de la richesse créée ;

• La fin des bonus et autres primes exceptionnelles — et souvent élevées —, pour les dirigeants des grandes entreprises qui font appel à l’argent de l’État ou qui licencient…

 

La Gauche Moderne, aile gauche de la majorité a eu l’occasion de dire à quel point ce propos présidentiel répondait tout à fait aux signes forts que la société française attendait.

 

Aujourd’hui, les grands syndicats appellent à une nouvelle initiative. Le soutien qu’accorde l’opinion à ces actions est très grand, mais force est de constater que leur message s’adresse d’abord au Medef :

 

• Aucune propositions sérieuse n’est venue de sa part pour proposer des solutions pour améliorer le partage de la richesse créée dans les grandes entreprises, alors que de nombreuses PME et PMI innovantes, sont la preuve que l’intelligence et la bonne volonté permettent, même en temps de crise, que chacun reçoive un juste retour de ses efforts ;

• Une course de lenteur semble engagée par le Medef contre le pouvoir politique pour ne pas répondre sur la question des bonus ;

• Sur les salaires et l’attitude générale vis a vis des salariés, le moins que l’on puisse dire est que les propos des dirigeants du Medef manquent d’ouverture et de sens du dialogue.

 

Le gouvernement, le Président ont fait leur travail, c’est aujourd’hui au Medef de répondre aux demandes des salariés, dont il est parfois difficile de dire qu’elles ne sont pas légitimes.

 

La Gauche Moderne

19 mars 2009

La Gauche Moderne : http://www.lagauchemoderne.org/

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18 mars 2009 3 18 /03 /mars /2009 21:28

INTERVENTION RADIOTÉLÉVISÉE

Du PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE

à l’issue de la réunion avec les partenaires sociaux

Mercredi 18 février 2009 – 20 H

 

 

Mes chers compatriotes,

 

Nous sommes au milieu de la crise. Les chiffres, nous les connaissons tous. Ils sont inquiétants pour les mois à venir. Ils sont pires ailleurs. Ce n’est pas une consolation. Mais la France résiste plutôt mieux que beaucoup d’autres. Ce qui me conduit à penser que la France a tout pour s’en sortir plus vite, pour en sortir plus forte, à la condition de ne pas refaire les erreurs du passé. Ces erreurs on les connaît. Ce sont celles d’une politique de facilité qui sacrifierait l’avenir au présent, qui conduirait à la banqueroute, qui ruinerait la compétitivité de notre pays.

 

Nous sortirons de la crise en modernisant la France, en misant tout sur l’investissement, sur la réforme, sur le travail, pas en embauchant davantage de fonctionnaires ou en rétablissant l’autorisation administrative de licenciement.

Nous ne nous en sortirons pas non plus en augmentant massivement le SMIC qui concerne à peine 1 salarié sur 10 parce que dans les circonstances actuelles ce serait aggraver les difficultés déjà grandes de beaucoup de nos petites entreprises qui seraient conduites à licencier et ce serait exclure du marché du travail un grand nombre de travailleurs peu qualifiés.

 

Alors cet après-midi j’ai rencontré les représentants des organisations syndicales et du patronat. Je leur ai dit ma conviction qu’au coeur de cette crise mondiale sans précédent, dont personne ne peut prévoir jusqu’où elle ira ni jusqu’à quand elle durera, qu’il était essentiel de garder notre sang-froid, je leur ai dit ma détermination à aborder cette période difficile dans un esprit de responsabilité et par dessus tout de justice.

 

L’esprit de justice, c’est de tout faire pour que la crise ne fasse pas souffrir davantage les plus fragiles d’entre nous et ne fragilise pas ceux qui travaillent dur pour faire vivre leur famille. Alors j’ai écouté les partenaires sociaux qui m’ont parlé des inquiétudes, des difficultés, des souffrances qu’ils perçoivent dans notre société. Nous avons discuté des attentes de chacun et des réponses qui pourraient leur être apportées. Avec le Premier ministre nous avons mûrement réfléchi etavec le Gouvernement, nous avons donc pris les décisions suivantes.

 

Désormais les salariés au chômage partiel seront indemnisés jusqu’à 75% de leur salaire brut et le Gouvernement va demander aux banques d’assouplir leurs échéanciers d’emprunt pour leur permettre de traverser cette période difficile.

 

Les chômeurs qui ne peuvent pas bénéficier de l’assurance chômage parce qu’ils n’ont pas assez cotisé en tout cas assez longtemps et qui ont travaillé au moins pendant deux mois, ce qui est le cas de beaucoup de jeunes, recevront une prime exceptionnelle de 500 euros et les entreprises qui bénéficient des crédits du plan de relance s’engageront à former et à recruter des jeunes.

 

Un fonds d’investissement social dont la dotation pourra aller jusqu’à 3 Mds d’euros pour l’emploi et pour la formation professionnelle va être créé.

Les dirigeants des entreprises qui recourent au chômage partiel ou au licenciement économique devront s’engager à renoncer à leurs bonus. C’est un élément de la justice.

 

Quatre millions de familles dont les revenus se situent dans la première tranche d’imposition verront cette année leur impôt sur le revenu réduit des deux tiers. Ce qui concrètement veut dire que ceux qui ont déjà payé leur premier tiers provisionnel ne paieront plus rien jusqu’à la fin de l’année. Pour une famille avec trois enfants, l’économie d’impôt atteindra en moyenne 400 euros. Mon devoir est de soutenir les classes moyennes. Deux millions de foyers supplémentaires dont les revenus atteignent ladeuxième tranche verront aussi leur impôt diminuer.

 

Trois millions de familles qui bénéficient de l’allocation de rentrée scolaire parce qu’elles ont des enfants de plus de six ans recevront dès le mois de juin une prime de 150 euros.

 

660 000 ménages bénéficiaires de l’allocation d’autonomie à domicile, 470 000 familles ayant de jeunes enfants, 140 000 familles ayant un enfant handicapé, ainsi que les chômeurs qui retrouvent un travail et qui ont besoin parce qu’ils ont retrouvé un travail de faire garder leurs enfants recevront chacun des bons d’achat de services à la personne pour un montant de 200 euros, ce qui donnera du travail et créera des emplois de service.

 

Au total c’est donc un effort supplémentaire de 2,6 milliards d’euros par rapport à ce qui a déjà été fait que l’Etat va consentir pour soutenir ceux que la crise met le plus en difficulté.

 

Mais au-delà de ces mesures de justice, et la justice ce doit être une priorité en ce moment, les réformes doivent continuer pour permettre à notre pays de sortir le plus vite et le mieux possible de la crise.

 

Je pense d’abord à la nécessité de mener jusqu’à leurs termes la réforme de l’Hôpital, celle des lycées, des Universités, de la Recherche, de la formation professionnelle, parce que ces réformes conditionnent en grande partie notre avenir et l’avenir de l’emploi de vos enfants.

 

Je pense aussi à la nécessité de poursuivre la réforme de notre Etat devenu trop lourd, trop coûteux, qui peine à remplir ses missions les plus essentielles.

Je n’oublie pas bien sûr ceux des fonctionnaires qui exercent un métier qui est devenu plus difficile et qui, s’ils ne sont pas menacés par le chômage, ont des conditions de travail qui se sont dégradées au cours des dernières années, des rémunérations souvent trop basses et ne sont pas assez considérés. Je pense aux personnels hospitaliers, aux enseignants, à tous ceux dont les mérites ne sont pas assez reconnus, dont les efforts ne sont pas assez récompensés.

 

Partout, il faut continuer à revaloriser le travail qui est la clé de tout et il faut inscrire cette perspective dans le grand chantier de la moralisation indispensable et de la refondation tellement nécessaire du capitalisme. Remettre la valeur travail au coeur de notre économie est une priorité absolue. On ne peut pas y parvenir si les salariés sont oubliés dans le partage de la valeur ajoutée et des profits. Nous devons nous réjouir que nos grandes entreprises gagnent de l’argent. Mais quand les entreprises du CAC 40 prévoient de distribuer près de cinquante milliards d’euros de dividendes pour 2008, il est normal et c’est mon rôle de chef de l’Etat de le dire qu’une part revienne aux salariés, parce que ces

salariés ont permis par leur travail que leurs entreprises deviennent aussi rentables.

 

Je le dis comme je le pense. Le statu quo n’est pas tenable. Cette question du partage sera débattue entre les partenaires sociaux et si des progrès ne sont pas

réalisés rapidement, l’Etat prendra ses responsabilités.

 

Mes chers compatriotes,

La crise nous devons l’affronter tous ensemble.

Plus que jamais le dialogue social est nécessaire. Désormais les organisations syndicales seront associées aux opérations de restructurations dans les entreprises. Elles participeront aussi au contrôle des aides publiques. Un décret rendra obligatoire la consultation du comité d’entreprise aussitôt qu’une aide publique sera attribuée. C’est une transparence que nous devons aux contribuables.

 

De nombreux sujets vont faire l’objet dans les semaines qui viennent d’une concertation approfondie. Je pense aux retraites complémentaires, au dialogue social dans les très petites entreprises, au rôle des représentants des salariés dans l’entreprise, mais aussi à l’égalité de rémunération entre hommes et femmes, ou encore à la nécessaire autonomie des jeunes.

 

Mes chers compatriotes,

Vous l’avez compris, au milieu des difficultés que nous traversons, je vous propose le seul chemin qui vaille, celui de l’effort, celui de la justice, celui du refus de la facilité.

 

Je vous propose de regarder vers l’avenir et non vers le passé.

Cette crise s’achèvera. Nous recueillerons alors les fruits de nos efforts. J’ai confiance dans les atouts de notre pays. J’ai confiance dans son avenir.

 

J’ai été élu pour prendre des décisions, pour assumer les difficultés et pour proposer des solutions. Aujourd’hui c’était ma réponse aux conséquences sociales de la crise. Dès demain je recevrai les élus d’Outre mer pour répondre à l’angoisse, à l’inquiétude et à une certaine forme de désespérance de nos compatriotes des territoires d’Outre mer.

 

Mes chers compatriotes,

Vive la République,

Vive la France.

 

Nicolas Sarkozy
( texte de l'intervention sur Lepoint.fr) 

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12 mars 2009 4 12 /03 /mars /2009 14:25


La crise mondiale, atteint la France comme tous les pays du monde, et même si ses effets touchent moins les Français que les autres, elle a, pour beaucoup, des conséquences douloureuses, parfois ressenties comme injustes.

 

La réponse du Président et du  gouvernement à cette crise a été rapide et pertinente.  Tout  en s’efforçant de ne pas augmenter les déficits de manière excessive, (les socialistes qui jonglent avec les milliards dans leur pseudo contre plan, s’en moquent bien !) ils ont pris des mesures permettant la relance de  l’  investissement, seule manière d’éviter une trop forte dégradation de l’emploi et une reprise de l’activité. C’est aussi le moyen de dépenser  l’argent public de manière efficace puisque ces dépenses se traduiront par des améliorations tangibles de nos infrastructures et de notre patrimoine, au lieu de disparaître dans une consommation immédiate.

 

Le gouvernement a d’autre part  décidé de poursuivre la politique de réforme nécessaire à la modernisation de la France. Quoiqu’ en disent certains commentateurs et malgré les cris  de la droite conservatrice Chiraco-villepiniste, les réformes de modernisation se poursuivent :  la loi logement (et des mesures importantes comme le relogement obligatoire en cas d’expulsion), la loi sur la santé et l’hôpital, la réforme de l’éducation et de la recherche,  celle de la formation professionnelle, le retour de la France dans le commandement militaire de l’OTAN, le plan jeunesse  de Martin Hirsh et la préparation des Etats-généraux des DOM,  se poursuivent, malgré les manifestations et les oppositions de tous les conservateurs.

 

Mais, nous dit-on, rien n’est fait pour le pouvoir d’achat et le soutien à la consommation, alors que d’autres pays (Etats-Unis, ou Grande Bretagne par exemple) y consacrent proportionnellement plus d’argent que nous. Il faudrait donc faire comme eux !

 

D’abord, on peut faire observer que ces pays sont dans une situation incomparablement plus grave que la nôtre et qu’ils y consacrent donc plus d’effort est donc logique (d’ailleurs ce n’est pas le cas de la Grande Bretagne dont les plans de relance sont plutôt inférieurs aux nôtres en pourcentage du PIB !).

 

Cette situation plus dégradée dans ces pays, atteint davantage la consommation  que chez nous, où malgré des difficultés évidentes, la consommation sur les 4 derniers mois reste positive, (et même si février  sera mauvais, on peut penser que sur les 5 derniers mois elle le restera encore, ce qui sera loin d’être le cas pour les autres.)

 

Par ailleurs, les premières mesures prises pour soutenir la consommation aux Etats-Unis (chèques de 1000 dollars adressés à des millions d’Américains, ou baisse de 2, 5% de la TVA en Grande Bretagne ont été des flops !. Les centaines de  milliards dépensés n’ont servi strictement à rien !)

Il n’est pas inutile d’ailleurs quand on évoque ces questions,  de rappeler la différence entre les Etats-Unis par exemple et nous. Nos transferts sociaux (qui contribuent au pouvoir d’achat et  soutiennent la consommation) se montent à plus de 500 milliards d’Euros en France, quand ils sont très faibles aux E.U…Quand les Etats-Unis consacrent des centaines de milliards de dollars pour soutenir le pouvoir d’achat, ils ne font que s’approcher de notre situation. Notre soutien au pouvoir d’achat et donc à la consommation reste, malgré les milliards dépensés par Barack Obama, supérieur à ce que font les Etats-Unis… et sans doute aussi la Grande Bretagne.

 

D’autant plus que,  prenant en compte certaines demandes des syndicats, des mesures destinées à soutenir les plus démunis et les plus vulnérables ont été prises, parmi celles-ci :

 

-          Pour ceux que le chômage menace, l’extension des Contrats de Transition Professionnelle qui permettent un quasi maintien du salaire,  et une couverture du chômage partiel proche de 90% du salaire net.

-          Une réduction de 66% de l’impôt sur le revenu pour 6 millions de contribuables, Une avance de 200 Euros, en avril, avant la mise  en place du RSA

-          Une prime de 150 Euros pour près de 3 millions de familles. Une prime exceptionnelle de 500 euros pour les chômeurs ayant travaillé de 2 à 4 mois.

-          L’augmentation de 7% du minimum vieillesse….et d’autres mesures à venir concernant des bons d’achat de services et des aides supplémentaires pour les jeunes, notamment ceux en recherche d’emplois.

 

Toutes ces mesures, visent, sans faire tout à fait exploser des déficits déjà énormes, à concilier la reprise de l’activité seule à même de sauver l’emploi, et le   maintien du pouvoir d’achat des plus défavorisés ou des plus menacés. L’effort du gouvernement est donc à la mesure du défi que la crise nous lance.

 

Faut-il et peut-on aller plus loin ? Il faudra, d’ici 2 ou 3 mois, juger de l’évolution de la crise et des premiers effets des mesures décidées. S’il le faut des efforts supplémentaires devront alors être décidés, et tout laisse à penser que le Président et le gouvernement y sont prêts, si nécessaire. D’ores et déjà, il me semble que quatre pistes sont possibles :

 

-  Un effort encore accru des investissements notamment dans le domaine du logement et dans celui de la recherche.  

- Une plus grande participation des plus fortunés aux efforts communs, car le sentiment existe, que la justice pourrait être plus grande et plus affirmée.

- Un effort accru des régions et des départements pour compléter et prolonger l’action   du gouvernement en terme d’investissements et de soutien aux plus défavorisés. Or ces collectivités, souvent d’opposition, semblent rester assez peu actives pour l’instant.

- Un  changement de cap du Medef, qui fait preuve jusqu’ici d’une intransigeance teintée d’inconscience,   pour négocier avec les syndicats des augmentations de salaires, là où elles sont possibles,  et plus généralement une nouvelle répartition des profits dans l’entreprise.

 

Dans cette crise, le choix du gouvernement de soutenir d’abord l’investissement est le seul capable de protéger l’emploi, ce qui ne l’empêche pas de prendre des mesures permettant le soutien aux plus démunis.  Cette politique devrait permettre de supporter la crise sans trop de dommage ou de souffrances, d’en sortir relativement vite, plus vite que les autres en tous cas, et d’en sortir plus forts. S’il apparaît, dans quelques mois, que des efforts supplémentaires sont  encore nécessaires, il faut que le gouvernement ait le courage de s’y décider, en conciliant toujours davantage, car c’est une nécessité que ne cesse de rappeler La Gauche Moderne,  recherche de l’efficacité et de la justice.

 

Marc d’Héré

 

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28 février 2009 6 28 /02 /février /2009 11:08

Par Jean-Louis Caccomo
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Même si les 2,6 milliards lâchés par le gouvernement à l’occasion du sommet social sont jugés insuffisants par la gauche, il faudra les financer par la dette laquelle atteint déjà les limites du supportable puisque la charge de la dette (le paiement des intérêts) est devenu le second poste du budget de l’Etat. Mais comment expliquer cela dans un pays conditionné par l’hystérie antiéconomique ? Dans leur grande majorité, les français accordent une faible confiance au marché et à l’entreprise. C’est pratiquement l’inverse dans la plupart des autres pays où la méfiance naturelle se porte envers l’Etat et ses administrations. La constitution américaine a pour fonction de limiter le champ de l’Etat et l’arbitraire du pouvoir politique, la constitution française a vocation à l’étendre. La plupart des jeunes étudiants ont pour objectif principal de passer un concours tandis que ceux qui veulent créer une entreprise pensent à s’expatrier. Et les étudiants qui manifestent dans les rues françaises ou qui occupent les amphis, grandement encouragés par des enseignants qui ne vont pas en cours, n’ont de cesse de s’en prendre à la « logique libérale ».

Il faut bien admettre que les efforts conjugués de l’Education Nationale (dont 80 % du corps enseignant votent à gauche) d’un côté et du monde médiatique (dont 80 % expriment ses sympathies pour l’extrême gauche) de l’autre côté, ont aboutit à un phénomène unique dans le monde développé : l’exception culturelle déclinée à tous les modes. Notre pays se complait de l’hystérie antiéconomique qu’elle tend à faire passer pour une sensibilité sociale exacerbée.

Cette exception culturelle se bâtit sur une vision archaïque de l’économie en vertu de laquelle la richesse des uns (des individus, des ménages ou des pays) génère forcément la pauvreté des autres. Dans cette conception, l’entreprise est réduite à un lieu d’exploitation du travail, d’exploitation de « l’homme par l’homme ». Ainsi, concurrence et profit ne peuvent être tolérés tandis que l’activité de l’entreprise se doit d’être encadrée par des lois et réglementations précises, sous le regard attentif des « partenaires sociaux » (syndicats) qui vont décider des salaires, des promotions, du temps de travail. L’outil de production est de fait collectivisé dans un pays où la gestion privée est d’emblée suspecte ! Aujourd’hui, on franchit un cran en socialisant la question du partage des bénéfices. Dans un pays qui inscrit le principe de précaution dans sa constitution, on veut bien partager les bénéfices mais sans doute pas les risques qu’il faut prendre pour espérer générer du bénéfice [1].

Le principe de « l’exception culturelle », revendiqué par la France, permet au gouvernement français par exemple de justifier, notamment auprès de ses partenaires européens, la pratique des subventions culturelles. C’est au nom d’une sorte « d’exception agricole » que la communauté européenne justifie de son côté l’existence des subventions européennes aux agriculteurs. C’est encore au nom de l’exception médicale que le secteur de la santé est encadré… Et c’est sans doute au nom du génie national que les universités sont subventionnées pour distribuer des diplômes en masse… Quel type « d’exception » va-t-on invoquer pour justifier les subventions aux entreprises publiques de transport ou d’électricité ? Au nom de ce principe, l’exception devient la règle et tout échappe peu à peu à la loi du marché dans un processus de collectivisation rampante qui détruit les soubassements même de notre économie. C’est uniquement pour cette raison que notre pays ne parvient pas à sortir d’une crise structurelle dans laquelle il est embourbé depuis 30 ans.

 

Une exception, dont la pratique est d’être indéfiniment et systématiquement déclinée, devient de fait une règle, sinon un modèle, qui nous rapproche toujours plus de l’économie administrée. En généralisant ce qui avait vocation à rester exceptionnel, on détruit du même coup l’efficacité et la légitimité de la subvention publique, et plus généralement de l’intervention étatique. Keynes lui-même, sans doute interventionniste mais néanmoins économiste, convenait que l’intervention de l’Etat dans l’économie n’était efficace qu’à la condition d’être limitée dans le temps (conjoncturelle) et dans l’espace (précisément définie). Pourtant, les partisans de l’intervention structurelle et systématique de l’Etat dans l’économie se réfugient aujourd’hui derrière l’invocation d’un « principe de régulation » qui incomberait nécessairement aux pouvoirs publics. Confier une tâche régulatrice à  l’Etat en matière économique, cela n’a jamais été une mission régalienne dans le contexte des économies de marché. En effet, cette fonction régulatrice est précisément assumée par le marché lui-même, à condition qu’on veuille bien le laisser fonctionner et en accepter ses règles. Or la régulation administrative risque précisément d’en perturber les règles et le fonctionnement.

On nous dit alors que le marché génère tellement d’inégalités qu’il revient naturellement à l’Etat de corriger ses effets, en régulant le régulateur en quelque sorte. La dénonciation des inégalités est un refrain qui fera toujours recette car certaines inégalités sont insupportables et illégitimes. Cependant, l'existence de différences dans les revenus n’est pas un problème en soi. La question est de savoir si ce sont toujours les mêmes qui s'enrichissent et en fonction de quels critères : le travail ou la naissance, l'effort ou le patrimoine, le mérite ou le piston, la compétence ou la corruption, l’échange ou le racket ? En s’intéressant à l’origine des revenus, l'économiste montre l'importance de l'effort, du mérite, des compétences et du talent dans la double détermination du revenu économique et des différences de revenus. La reconnaissance de la diversité nécessaire des talents et des efforts se traduit inéluctablement par une échelle des revenus, laquelle agit comme une incitation à l'effort ou à la formation. Il n’est donc ni raisonnable, ni efficace de vouloir réduire, à tout prix et aveuglément, cette échelle de revenus laquelle fait partie intégrante du fonctionnement normal d’une économie. A force de redistribution aveugle, sous la pression de la rue, et de forum social en forum social, on en arrive à détruire les classes moyennes, à subventionner les bas salaires et à faire fuir les salaires élevés. Le marché du travail s’en trouve totalement déséquilibré et le chômage structurel s’installe.

 

Finalement, l’économie a plus à voir avec la logique qu’avec l’idéologie. Certains de ses principes les plus fondamentaux n’ont pas été inventés par les économistes mais découverts par les plus brillants d’entre eux. Oublier que l’entreprise est d’abord et avant tout un outil formidable et sans équivalent de création des richesses, c’est condamner notre pays à vivre dans une économie de pénurie qui se généralisera peu à peu. En opposant le social à l’économique, on détruit non seulement l’économie mais avec elle, tout le lien social se délite. Quand tout le monde cherchera à vivre au dépend de l’Etat, c’est-à-dire sur le dos des autres, nous serons arrivés au bord de la guerre civile.

 

 

 Jean Louis Caccomo
http://caccomo.blogspot.com/

[1] Dans la constitution américaine, Jefferson mentionne le droit à la recherche du bonheur. Remarquons qu’il ne se permet pas de proclamer le « droit au bonheur », l’Etat ne pouvant pas promettre ce qu’il ne peut tenir. Mais l’Etat offre les conditions pour rendre possible la recherche du bonheur avec le risque non nul de ne jamais le trouver.

 

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25 février 2009 3 25 /02 /février /2009 13:19

Par Jean-Louis Caccomo
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D’aucuns considèrent que le capitalisme agonise. Pourtant, le capitalisme n’agonise pas, il se transforme car c’est dans sa nature d’innover et d’évoluer. Le capitalisme existe depuis que les hommes existent, et il est dans la nature des hommes d’entreprendre avec plus ou moins de bonheur, d’apprendre et d’évoluer [1]. C’est le moteur de la croissance et la croissance est source de développement.

 

Par contre, quel est le point commun avec les mouvements à l’université, dans les milieux hospitaliers, dans les tribunaux ou dans les D.OM…. ? C’est l’Etat centralisateur qui prétend tout réguler de Paris alors qu’il n’a plus les moyens de ses ambitions. Et les moyens sont rapidement limités quand les ambitions sont démesurées. La sagesse commande d’ajuster les ambitions aux moyens disponibles et non l’inverse. Ajuster les ambitions dans le domaine qui nous intéresse ici, c’est savoir limiter le périmètre de l’Etat en appliquant un principe né de la philosophie des Lumières : le principe de subsidiarité.


C’est donc bien l’Etat-providence qui est à l’agonie. Dans chaque secteur emporté par la tourmente des révoltes et des mécontentements, les mêmes causes engendrent les mêmes effets. Et l’on ne voit pas très bien comment sortir de cette spirale infernale dont la seule issue est la faillite.

Car si les motifs de mécontentement et les revendications sont légitimes, les moyens d’action sont inefficaces, contribuant à accentuer encore la source des problèmes.

Dans chaque cas, les manifestants critiquent l’Etat, ne sont pas d’accord avec la politique du gouvernement dont la fonction légitime est de conduire la politique de l’Etat. Mais, dans leur colère, ils se retournent vers qui ? Vers l’Etat !

 

Il semble que les gens ne parviennent pas à comprendre que l’Etat n’a pas de ressources propres. Il constitue une vaste machine à opérer des transferts. Autant le marché nous incite et nous oblige à vivre au service des autres puisque un actif tire son revenu de sa capacité à rendre des services à autrui, autant l’Etat-providence nous incite à vivre aux dépend des autres puisque les minorités les plus actives se serviront de la rue pour obtenir de nouvelles ressources publiques pour lesquelles il faudra trouver de nouveaux financements.


Mais comme l’Etat n’a pas de ressources propres, et que les ressources qu’il tire des prélèvements obligatoires ne suffisent plus à financer le fonctionnement des services publics fondamentaux, ces revendications aboutissent à un accroissement de la pression fiscale indirecte qui retombe en dernière instance sur les ménages eux-mêmes.


Au fur et à mesure que l’Etat prétend aider les gens, il contribue à resserrer l’étau qui les étouffe toujours plus
. Personne n’a vu que, dorénavant, pour financer le RSA, les intérêts des livrets d’épargne des familles font l’objet d’un prélèvement à la source supplémentaire, qui s’additionne aux prélèvements sociaux existants. Aucune tirelire n’est à l’abri et cette insécurité de l’épargne n’est pas de nature à mobiliser les capitaux.


Or l’Etat vient en aide aux banques, se porte au secours des constructeurs automobiles, gère et rénove les universités, soutient les D.O.M. ? Plus les missions de l’Etat-providence s’étendent, plus ses moyens se rétrécissent en conséquence, et plus les gens seront insatisfaits et frustrés alors que leur pouvoir d’achat se trouvera amputé par des prélèvements de plus en plus déguisés, destinés à financer cette machine infernale.


C’est à l’agonie d’un modèle centralisateur que l’on assiste. L’union soviétique ne s’est pas effondrée pour d’autres raisons. Dans tous les grands pays modernes, il appartient à des universités responsables de juger quels étudiants et quels enseignants-chercheurs elles vont recruter, de quelle manière elles vont les motiver pour optimiser les chances de réussite de l’établissement. En France, pareil projet suscite la révolution. Ce qui est terrible au fond, c’est que pareil projet est impensable.


Les mouvements des DOM vont bien au-delà du mécontentement social. Alors que la Martinique et la Guadeloupe bénéficient d’une position privilégiée dans le domaine de l’économie touristique, susceptible de nourrir une prospérité durable et respectueuse de son environnement, et alors qu’un nombre croissant de pays émergents voient leur économie décoller grâce au développement du tourisme, l’Etat français est parvenu à rendre ces territoires totalement dépendants de la métropole, en maintenant des relations de dépendance qui ressemblent à un néocolonialisme de plus en plus mal vécu par les habitants [2].

 

La multiplication incessante des conflits montre que notre pays ne parvient pas à entrer dans le monde moderne. Nous nous accrochons à des modèles organisationnels issus de l’économie de guerre. L’Etat providence a tué les sources de la prospérité et il prétend détenir ensuite les clés de la relance économique. On accepte rarement d’être soigné par celui qui vous a aussi mis mal en point.


Jean-Louis Caccomo

http://caccomo.blogspot.com/


 


 

 

[1] Caccomo J.L. [2005] L’épopée de l’innovation. Innovation technologique et évolution économique, L’Harmattan, Paris.

[2] Caccomo J.L. [2007] « Analyse économique du secteur touristique : application au cas des DOM » in Comprendre les économies d’outre-mer, sous la direction de Levratto N., L’Harmattan, Paris.

 

 

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10 février 2009 2 10 /02 /février /2009 18:18


Sur la crise internationale et sur ses répercussions en France, règne un discours unique et convenu, qui occulte ou refuse de reconnaître un certain nombre d’évidences que je vais essayer de mettre en lumière.

 

La crise que nous vivons est une crise internationale, venue des Etats-Unis, d’une ampleur que nous  n’avons jamais connue, et il est donc impossible que la France puisse  y échapper. Cela doit être constamment rappelé et devrait rester en toile de fond de toute explication ou recherche de solution.  Or, quand il est question de la crise en France, cet aspect est de plus en plus souvent « oublié », notamment par les divers opposants. On a presque l’impression à les écouter (vérifiez-le, c’est saisissant), que la responsabilité principale de la crise incombe à Nicolas Sarkozy et qu’elle ne touche la France que parce que les solutions qu’il propose et met en pratique sont inadaptées.
A l’inverse il semble, à lire certains, que  l’application des « solutions » du PS ou des syndicats (si elles étaient cohérentes entre elles et applicables !) agirait instantanément et que les Français se trouveraient alors miraculeusement transportés dans un monde « hors crise ».  Ce n’est pas dit comme cela, mais il suffit d’entendre les leaders de l’opposition, certains syndicalistes médiatiques (et la plupart des journalistes du service public) pour sentir que cela est largement sous-entendu.

 

 

La crise internationale n’épargne personne, aucun pays. Pourtant, la France est sans doute un des pays qui a été le moins touché par la crise financière et aujourd’hui par la crise économique. Cette réalité, fort peu souvent relevée en France, mais remarquée par la presse anglo-saxonne, n'est jamais reconnue par l’opposition, et toujours exclue des débats lorsqu’un orateur a la malencontreuse idée de la rappeler. Les raisons  de cette relative protection de notre pays sont diverses, dues certainement à notre organisation économique et sociale, mais on ne peut tout à fait exclure que la politique menée par le gouvernement depuis deux ans et sa réactivité depuis six mois n’y soient pour quelque chose.

 

Loin de rester inerte face à la crise (les bras ballants disait Mme Royal avec la justesse habituelle de ses expressions !), Nicolas Sarkozy a réagi très vite, a tout fait pour entraîner les autres Européens, a favorisé au  maximum la coordination des plans européens, et a provoqué la réunion du G20, qui devrait tenir une nouvelle réunion à Londres le 2 avril, dont l’objectif est tout simplement de lancer les bases d’une refondation du capitalisme. Si l’on a, bien sûr, oublié et passé par profits et pertes cette action particulièrement efficace (il est de bon ton dans le discours unique d’aujourd’hui de nier l’importance de la présidence française  de l’Europe !), il serait utile, au lieu de la dénigrer, de soutenir la volonté de Nicolas Sarkozy, de parvenir à faire de cette réunion capitale de Londres un succès et une étape vers une nouvelle régulation du capitalisme. Un appui des forces politiques  et sociales françaises et européennes donneraient à Sarkozy et à Angela Merkel, un poids, une légitimité et une capacité de convaincre supplémentaires.

 

Le plan de relance de 26 milliards (dont 75% doivent être utilisés en 2009) venant après les plans de soutiens aux institutions financières, suivi du plan de 7 milliards pour l’automobile, ainsi que par le milliard et demi d’ores et déjà annoncé pour le 18 février, représente un effort important, d’application rapide, et dirigé en priorité vers ce qui est essentiel, l’investissement, condition de la modernisation de l’économie, du renforcement et de la survie des entreprises,  de la préservation de l’emploi. J’ai beaucoup de mal à penser que les syndicats puissent croire qu’une autre orientation basée sur la consommation (à l’aide de primes versées une fois et dont l’effet s’évanouit immédiatement, ou d’augmentation du SMIC qui provoque hausse des coûts et, dans la situation des entreprises,  risques de licenciements), puisse être envisagée.

 

 

Les Français, sont forcément atteints par la crise internationale, mais ils le sont relativement moins, d’une manière  et dans des proportions, qui ne justifient guère l’allure des manifestations que diverses corporations animent  chaque semaine, ou de celle  que l’on nous annonce déjà pour le 19 mars !

En fait, la crise peut avoir des répercussions plus ou moins fortes dans deux domaines : l’emploi et le pouvoir d’achat.  Les actions envisagées par le gouvernement visent très précisément à aider les victimes de l’un et de l’autre.

 

 On peut constater d'abord que certains ne sont en rien exposés directement à la crise, qu’ils traverseront sans rien perdre, ce sont les membres de la fonction publique. 5 millions de personne que la crise ne touchera ni dans leur emploi ni dans leur pouvoir d’achat. Et pourtant, curieusement ce sont eux  qui manifestent. Est-ce par altruisme ? Ou plutôt pour une autre raison dont nous parlerons plus loin, en tous cas, dans ces circonstances encore, le terme de « salariés protégés » les définit parfaitement bien.

Les plus aisés des Français, possesseurs d’actions qui ont perdu une grande partie de leur valeur, titulaires de revenus financiers qui se sont écroulés,  chefs d’entreprises  en difficulté, commerçants atteints par la baisse de la consommation, ont eux été directement touchés par la crise…Mais ils devraient arriver à maintenir un niveau de vie suffisant et de toutes façons ils ne font pas partie de ceux que l’on « plaint », que l’on « défend », ils ne manifestent pas et ne sont donc pas considérés comme victimes de la crise.

 

Reste le cas des  autres salariés du privé cadres, employés, ouvriers. La hausse des prix qui sera vraisemblablement inférieure à 1% en 2009, permettra à l’énorme majorité des salariés de voir maintenu au cours de cette année son pouvoir d’achat. Pour ceux qui risqueraient de connaître des difficultés, des mesures on été prises : doublement en fin d’année 2008 de la prime de rentrée,   prime à la cuve, tarif social du gaz, RSA à partir de juin,  avec une prime « avance » de 200 euros fin mars, augmentations prévues de 5% (comme l’an dernier) de l’allocation adultes handicapés, de l’allocation vieillesse. A ces mesures s’en ajouteront d’autres que le président a prévu de négocier le 18 février avec les syndicats (exonérations fiscales pour 2 millions de personnes, augmentations des allocations familiales, développement de la participation…), peut-être d’autres encore si nécessaire. Au total,  quasiment tous devraient donc voir maintenu en 2009 leur pouvoir d’achat, malgré la crise mondiale. Pourquoi ne le dit-on pas ?

 

Reste le cas de ceux qui perdront leur emploi. C’est la vraie gravité de cette crise, son effet le plus cruel, le plus douloureux. C’est pourquoi tout le plan de relance du gouvernement est tourné vers la préservation de l’emploi, grâce à la poursuite de la politique de réforme et de modernisation de notre pays,  grâce aux efforts faits pour maintenir un  crédit utile à l’économie, grâce à une vigoureuse relance par l’investissement. Cette politique, avec le plan en faveur de la filière automobile, devrait permettre de limiter au maximum le nombre de ceux qui perdront leur emploi, même si, nous le savons ils sont déjà et seront encore trop nombreux.  C’est pourquoi l’autre volet relatif à l’emploi consiste à mieux défendre la situation et le revenu de ceux qui verront leur emploi menacé ou supprimé. Améliorer fortement l’indemnisation du chômage partiel, indemniser les jeunes sans emploi ou en fin de CDD qui se voient mal pris en charge aujourd’hui, augmenter les Contrats de Transition Professionnels qui permettent un maintien intégral du salaire, et une reprise plus rapide  d‘emploi, développer les emplois aidés, accélérer le "plan banlieues"….Tous ces éléments et d’autres que le Président est prêt à négocier avec les syndicats, devraient parvenir à limiter l’augmentation inéluctable du nombre de chômeurs, limiter la perte de revenus pour ces derniers et favoriser leur retour à l’emploi.

 

En définitive, si la situation sera difficile, difficile pour tous les pays du monde, la politique du gouvernement, les plans de relance, la poursuite des négociations avec les partenaires sociaux devraient en  limiter, pour les Français, les effets négatifs et douloureux. Dans ces conditions, voir annoncer, avant même que ne se tienne la réunion du 18 février, une grande manifestation pour le mois de mars, animée par  une fonction publique protégée des effets de la crise, n’a pas beaucoup de logique et peu de sens, sinon un sens politique.
Autant la grève du 29 janvier pouvait se comprendre et se justifier, manifestant un cri d’inquiétude et une demande d’explication et de mesures sociales, autant celle annoncée pour mars, n’a qu’un sens politique : arrêter toutes les réformes de modernisation en cours, conforter tous les petits intérêts corporatistes qui veulent avant tout que demain ressemble à hier, quel qu’en soit le prix et punir la majorité politique actuelle d’avoir osé lancer une politique de réformes pour la menacer d’une alternance qui promettrait un impossible immobilisme. Que des syndicats, comme la CFTC et surtout la CFDT,  prêtent la main à ces manœuvres par crainte de continuer à perdre des adhérents et des soutiens, est  bien triste et bien déconcertant pour ceux qui n’ont pas oublié le temps d’Edmond Maire ou de Nicole Notat.

 

Marc d’Héré 

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